Chapitre 8 :
L'inconnu
…Un parfait inconnu. Il avait pour toutes armes deux Saï (armes en forme de trident dont les deux pointes extérieures sont plus longues), qu'il maniait à la perfection. Sa vitesse était trop rapide pour que Kyo puisse percevoir ses mouvements. De plus, les gémissements de Yuya qu'il percevait ne l'aidaient en rien. Il réussit enfin à se concentrer, mais seulement après avoir subi plusieurs blessures. Heureusement, elle n'était guère profonde, son adversaire étant joueur. Il étant grand et fort comme l'avait décrit Yuya. Mais personne n'était plus fort quel le démon ! Cependant, celui-ci n'avait pas encore vu son adversaire, déconcentré par la douleur de sa belle qu'il pouvait sentir d'ici.
Il éclipsa les bruits sonores et se concentra davantage : il ferma les yeux, resserra sa prise sur son katana, respira profondément et chercha à percevoir l'aura de son ennemi. Il parvint à éviter de justesse un coup et para le second. Lorsqu'il rouvrit les yeux, le visage de son ennemi s'offrait à son regard. Il n'était ni beau, ni laid mais tout ce qu'il y a de plus commun. Rien ne le différenciait des autres outre, bien sur, sa force physique et son habileté à combattre. Et le démon ne le connaissait pas, il ne l'avait jamais vu autrement qu'en dessin.
Un combat harassant s'ensuivit où chacun des combattants devaient se donner à fond pour pouvoir espèrer vaincre l'autre. Les coups donnés étaient gracieux et légers, donnant l'impression d'une mort douce et harmonieuse contrairement à la souffrance procurées par ces lames acérées. Des morceaux de vêtements et des taches de sang étaient répandus sur le sol, irrégulièrement. Les corps couverts de sueur et de blessures criaient de douleur d'être ainsi maltraités, et Kyo, qui d'habitude souriait lors de ses combats, avait le visage plus fermé qu'une tombe. Son adversaire ne cessait de lui lancer des piques sur le viol de sa femme. Alors, celui-ci lança un magnifique Suzaku de feu. Il était impressionnant, tant dans sa taille, que dans sa couleur. Il n'était pas orange, mais d'un bleu éclatant, véritables flammes entremêlées. Lorsque l'inconnu reçut le coup de plein fouet, il ne put se relever. Il gisait sur le sol, inerte. Kyo leva son sabre pour l'achever, mais au même moment, il entendit les gémissements de douleurs de sa belle.
Il suspendit son geste et courut à sa rencontre. Elle était attachée à un arbre par une corde rugueuse et trop serrée. Elle avait un baillon improvisé grâce à une manche, trempé de larmes. Ses larmes qui avaient par trop coulés ces derniers temps, et surtout, par sa faute. Ses vêtements étaient en lambeaux, tout comme son esprit par trop meurtri. Elle était souillée, blessée, trahie et apeurée. Elle s'affaissa dans ses bras lorsqu'il finit d'enlever les liens. Ses sanglots ne cessèrent que lorsqu'elle s'endormit bien plus tard. Tandis qu'il la transportait dans ses bras blessés, il remarqua que le corps de l'inconnu avait disparu. Il resta sur ses gardes, ne désirant pas se faire attaquer tandis qu'il portait Yuya. Mais, ses craintes n'étaient pas fondées, car il put la ramener chez elle sans encombres.
Tandis qu'il la déposait sur son futon, elle s'agrippa à lui, lui intimant silencieusement de rester près d'elle. C'est ce qu'il fit, tout en pansant ses blessures. Il put constater qu'outre les bleus autour de ses chevilles et des ses poignets, elle avait de minuscules coupures partout autour de l'aine. Ce sadique avait encore joué avec elle... Il ne put retenir un soupir de rage tandis qu'il la soignait. Elle ne devait sûrement plus avoir toute sa tête car elle répétait qu'elle était désolée et qu'elle ne recommencerait plus. Elle ne s'indigna même pas lorsqu'il entreprit de lui enlever ce qu'il lui restait de kimono pour lui en enfiler un propre.
Enfin, elle s'endormit, d'un sommeil agité et douloureux tandis qu'il se reposait tout près d'elle, la rassurant du mieux qu'il pouvait...
