LA DECLARATION DE GUERRE
Avertissement : J.K. Rowling est une déesse et tous les personnages lui appartiennent. L'auteur de cette fanfiction est Jeconais, que nous remercions de nous avoir accordé les droits de publication en français.
Equipe de traduction : Alana Chantelune, Alixe, Ann de Montréal, Beru ou Bloub, Eva, Fenice, Fidjii, Gabrielle-trompe-la-mort, m4r13, Popoyo2706, Steamboat Willie, Ttazz, Vert.
NOTE IMPORTANTE : Considérant que nos lecteurs et les membres de l'équipe commencent à partir en vacances, et qu'en outre la suite n'est pas entièrement traduite, nous avons décidé de faire une pause et de vous retrouver en septembre.
Merci à tous pour vos nombreux petits mots.
Chapitre 6 - Sur un air gay (Partie 3/3)
"Tu es superbe", sourit Harry.
Elle portait une lumineuse robe jaune, ressemblant à celle qu'elle portait le jour où elle lui avait adressé des excuses. Il la serra contre lui, désireux de sentir la douceur tiède de son corps contre le sien, et plongea son visage dans sa chevelure.
"Je ne le dirai jamais assez, lui confia-t-il, mais je t'aime, Ginny Weasley. "
Elle se blottit d'avantage contre lui en souriant.
"Je me sens tellement aimée et protégée quand je suis dans tes bras ! murmura-t-elle si bas qu'il dut tendre l'oreille pour l'entendre. J'ai la certitude que tu ne laisseras rien m'atteindre, ni personne ne me faire de mal. J'ai l'impression d'être la personne la plus importante au monde."
Harry sentit son coeur fondre à cet aveu et il l'enserra encore plus étroitement :
"Tu es la femme la plus importante au monde, lui chuchota-il en retour. Tu l'as toujours été."
Ginny renversa la tête en arrière et vit les yeux de Harry lui sourire. Elle se rapprocha ensuite pour atteindre ses lèvres. Ce fut un baiser chaste, un concentré d'émotion dans lequel ils firent passer tout ce qu'ils venaient de se transmettre par les mots. Enlacés, ils sortirent, sans se préoccuper de l'expression dégoûtée de Ron.
"Harry, pourrais-tu nous faire transplaner à Llanddewi Skirrid, cela nous ferait gagner du temps.
- Nous faire transplaner là-bas ? demanda Harry en grimaçant. Je ne suis même pas sûr de pouvoir prononcer ce nom."
Dumbledore riait de bon cœur, quand Harry prit sa main et celle de Ginny pour les faire transplaner. Harry franchit les protections de Poudlard si rapidement qu'aucun de ses passagers ne put voir le Nulle-Part. Ils atterrirent sur le parvis de l'église St David, au son d'un orgue W.G. Volwes. Harry et Ginny tournèrent lentement sur eux-mêmes pour admirer le panorama bucolique qui s'offrait à eux.
"Nous sommes à Skirrid Fawr ou 'Montagne sacrée' leur indiqua Dumbledore, les voyant interloqués par l'affleurement rocheux qui semblait presque en suspension au dessus du village. Ça fait longtemps que les paysans des environs excavent la base de la montagne pour répandre la terre obtenue sur leurs champs. Ils considèrent qu'elle va les protéger du mauvais œil.
Un fin brouillard semblait suspendu dans les airs, donnant à la scène une allure surnaturelle.
"Abe habite par là", indiqua Dumbledore en leur montrant le chemin.
Harry ôta sa veste et la passa autour de Ginny. Ils portaient tous les deux des vêtements moldus. Elle le remercia d'un sourire, passa son bras sous le sien et ils cheminèrent de concert. Albus les mena jusqu'à un petit cottage aux abords du village. Il ouvrit la barrière et s'arrêta voyant une chèvre trottiner vers lui.
" Que c'est bon de te revoir, Albus, l'accueillit gaiement la chèvre.
- Moi de même, Michaël. Comment vas-tu ?
- Bien, très bien, répondit la chèvre esquissant ce qui semblait être un sourire. Bon voisinage, bonne herbe, qu'est-ce qu'une chèvre peut demander de plus ?
- Très bonne question, approuva Albus. Nous sommes attendus.
- Bien sûr, dit Michaël en reculant de quelques pas et les saluant. Abe vous attend à l'intérieur. "
Les trois invités s'avancèrent et furent immédiatement entourés d'une délicieuse odeur.
"Abe, tu nous a préparé ton ragoût ! se réjouit Albus.
- Pour des invités aussi émérites, je pouvais difficilement m'y soustraire", répondit gaiement Aberforth.
Ses longs cheveux blancs semblaient fraîchement lavés et il portait une robe de sorcier brun foncé très simple.
"Je suis enchanté de faire votre connaissance, Monsieur Dumbledore, dit Harry en tendant la main. Je suis Harry Potter et voici ma petite amie, Ginny Weasley.
- Je pense que ce soir, vous pourriez m'appeler Abe, et Albus Albus. Avec deux Dumbledore dans la même pièce, cela porte à confusion."
Il serra la main de Harry et baisa celle de Ginny.
"Tu sais être charmant, maintenant ? grogna Albus levant les yeux au ciel. Tu étais loin de l'être la dernière fois que j'ai amené une dame ici.
- C'était en 1922, protesta Abe. Et puis ce n'était pas vraiment une dame.
- Je lui faisais la cour !
- C'est ce que je disais.
Ginny se mit à rire, et Harry dévisagea Aberforth avec attention.
"Vous êtes le barman, de la Tête de Sanglier, réalisa-t-il.
- Je plaide coupable, admit-il. C'est un des rôles que je tiens pour rendre service à Albus. C'est étonnant ce que les gens peuvent raconter à un barman anonyme quand ils ont quelques verres dans le nez.
- Je dois vous confesser que lorsque j'ai entendu le professeur dire que vous aviez pratiqué des sortilèges interdits sur une chèvre, je n'avais pas songé à un sortilège de parole.
- A quoi aviez-vous pensé ?"
Harry rougit et refusa de répondre. Albus et Aberforth se regardèrent et éclatèrent de rire.
"Ben quoi ?" demanda Ginny, perplexe.
Harry se pencha et murmura à son oreille. Une seconde plus tard, elle devint rouge Weasley et éclata de rire à son tour. Abe fit les honneurs de son cottage et se saisit de la veste qui était sur le dos de Ginny.
"Ne restez pas debout. Asseyez vous donc. Puis-je vous servir à boire ?
- Merci, accepta Harry, s'installant sur une banquette qui n'avait pas l'air très confortable.
Ginny s'installa à ses côtés. Ils se regardèrent avec stupéfaction quand la couchette s'incurva pour mouler leur corps.
"Ça alors !"fit Harry.
Cela amusa Aberforth :
"Merveilleux, n'est-ce pas ? Récupéré lors de l'exode vers Hong Kong de 1937. Enchantée pour s'adapter à n'importe qui. Bien sûr, un des Seigneurs de Guerre chinois a été très contrarié que je la lui ais soufflée sous le nez et j'ai été persona non grata dans le secteur pendant quelques temps."
Il disparut dans une petite alcôve et revint une seconde plus tard avec quatre chopes fumantes, qu'il leur distribua, tout sourire.
"Allez, buvez, là où y'en a, y'en a plein.
Ginny tenta une gorgée expérimentale et haleta de ravissement.
"Qu'est ce que c'est ?" demanda-t-elle.
Cette boisson était à la Bièraubeurre ce que le Dom Perignon était à la piquette bon marché
"C'est ma recette personnelle. Je l'ai mise au point juste avant la première Guerre Mondiale. Bien sûr, c'était avant que le gouvernement sorcier ne mette la main dessus, l'affadisse pour donner la pisse d'âne dont vous avez l'habitude et en dépose un brevet. Je ne leur ai jamais pardonné ça.
- Attends une seconde, l'interrompit Albus, visiblement surpris, es-tu en train de nous dire que tu as abandonné le monde sorcier pour une boisson ?
- Bien sûr, pourquoi pensais-tu que je l'avais fait ?
- Je ne sais pas, moi : leur incompétence et leurs erreurs de commandement pendant la Grande Guerre.
- Ne dis pas n'importe quoi, Albie. Je ne serais jamais parti pour si peu."
Harry et Ginny, qui observaient les deux frères se mettre en boîte mutuellement, se mirent à rire. Ils appréciaient vraiment la version plus mince de leur directeur. Un carillon retentit harmonieusement des profondeurs de la maison.
"J'espère que vous avez faim, dit Abe en sautant sur ses pieds, témoignant de la même énergie inépuisable que son frère.
- Si ce n'était pas le cas avant, l'odeur nous aurait mis en appétit ", admit Harry.
Aberforth se dirigea vers le coin cuisine. Quatre assiettes surgirent du buffet pour se précipiter vers le chaudron, d'où de généreuses portions de ragoût s'éjectèrent docilement pour les remplir. A proximité, un pain fraîchement sorti du four se découpait commodément en huit tranches qui vinrent se poser par paire sur les assiettes. Les couteaux et les fourchettes s'élevèrent du plateau à couverts pour flotter le long des assiettes.
"Que diriez vous de passer à table ?"
Les invités se levèrent et se dirigèrent vers la table, qui s'éloigna d'eux.
"Arrête tout de suite, grommela Aberforth. Désolé, cette satanée table a son petit caractère. Fabriquée par un Suisse à la fin du siècle dernier, elle a des principes au-dessus de sa condition."
Il s'avança vers elle et lui donna un bon coup de pied. La table jappa et s'arrêta. Harry s'installa à l'opposé de Ginny, laissant les deux Dumbledore face à face. Une assiette se posa devant chacun d'eux. Les deux adolescents échangèrent un regard entendu. Ils avaient déjà vu des démonstrations de magie sans baguette auparavant, mais jamais témoignant d'une facilité aussi déconcertante et d'une compétence aussi insouciante. Si leur professeur était bon, son frère était un expert en la matière.
Ils se plongèrent dans leur assiette sans plus de cérémonie. Le pain était délicieux tout comme le ragoût.
"Coquille d'oeuf d'Opaloeil des Antipodes ? demanda Albus.
- Nan ! répondit Abe avec délectation.
- Poudre de Corne de bicorne ?
- Tu as déjà demandé, rappelle-toi, en 76, pendant la sécheresse.
- Figues pelées ?
- Nan !
- Que cherchez-vous ? s'enquit Harry.
- Cela fait des années que Albus cherche à deviner avec quoi j'agrémente mon ragoût. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi persévérant dans l'échec.
- C'est de la marjolaine, pensa Ginny à haute voix.
- C'est ça ? demanda Albus à son frère.
- Oui, répondit Abe en lançant à Ginny un regard de reproche.
- Une épice moldue ?
- Ouais !"
Le vénérable et âgé professeur sauta sur ses pieds et dansa une gigue profane. Il bondit claquant ses talons l'un contre l'autre.
"Cent points pour Gryffondor, hurla-t-il, fou de joie.
- Albus, assieds-toi, tu te rends parfaitement ridicule, fit remarquer Aberforth avec acidité.
- Pas du tout, répondit malicieusement Albus. C'est toi qui es ridiculisé, c'est complètement différent.
- Désolée, s'excusa Ginny en rougissant.
- Ce n'est pas de votre faute, mon petit, lui sourit Abe. De toute façon, il n'est pas près de deviner ce qu'il y a dans ma Bièraubeurre."
Albus interrompit brusquement sa danse et demanda, bougon :
"Inutile de te demander de me le révéler, je suppose.
- Jamais de la vie, mon très cher grand frère. Jamais de la vie."
Après le dîner que Harry qualifia digne de Molly Weasley, ils retournèrent s'installer dans les merveilleux sièges.
"Harry, commença Aberforth, je t'ai invité aujourd'hui pour que nous parlions de magie sans baguette. Que sais-tu à ce propos ?
- Eh bien, répondit Harry en se renversant dans son siège et plissant son front de concentration, la magie sans baguette, c'est littéralement ça. C'est faire de la magie sans utiliser le composant magique de la baguette comme catalyseur. C'est beaucoup plus difficile à réaliser, mais en revanche bien plus pratique, notamment quand on vous a pris votre baguette ou que votre adversaire possède une baguette jumelle à la vôtre. Elle se déclenche quand on ressent des émotions fortes comme la colère ou la haine.
- Très bien, le complimenta chaleureusement Aberforth. Et as-tu déjà essayé d'utiliser un autre sentiment ?
- Oui, indiqua Harry, il y a deux jours, j'en ai fait consciemment, et je n'étais pas en colère à ce moment là.
- Et qu'as-tu fait ?
- J'ai fait léviter Ginny de sa couchette vers mon lit, admit-il en rougissant légèrement.
Aberforth rugit de rire :
"Merveilleux. Pourrais-tu nous le montrer, maintenant ?"
Harry accepta et eut un sourire rassurant pour sa rougissante petite amie. Il la regarda dans les yeux et progressivement, commença à penser à ce qu'elle représentait pour lui. Ginny se sentie transportée, comme la première fois où Harry l'avait embrassée correctement. Elle sentit le feu qui brûlait en lui. Elle pouvait voir cette flamme, à l'intérieur de lui et en perdit le souffle. Elle ne s'était même pas sentie flotter dans les airs, tout ce qu'elle ressentait était le brasier qui faisait rage en lui et elle savait qu'elle ne craignait rien, autant qu'elle pouvait le comprendre.
Harry la redéposa en douceur sur le divan et se pencha vers elle. Il avait vu en elle, elle s'était révélée à lui autant qu'il l'avait fait pour elle et il en avait perdu le souffle. Il avait vu son désir, son amour, combien elle le voulait et il en avait été touché en plein coeur. Ils s'embrassèrent doucement, oubliant leur public et en réaffirmant leurs voeux mutuels. Ils se tournèrent ensuite d'un même mouvement vers leurs hôtes octogénaires.
"Parfait", les approuva Abe.
Il ne fit aucune mention de leur baiser mais se sentit privilégié d'y avoir assisté. Il avait pu ressentir toutes leurs émotions et en avait eu le souffle coupé. C'était exactement le genre de choses que Voldemort ne comprendrait jamais.
"Puis-je voir votre baguette ?"
Harry la lui tendit. Le vieux sorcier marcha jusqu'à sa cheminée et en retira un morceau de bois. Il le coupa d'une longueur semblable à la baguette, et se concentra. Le rondin parut se brouiller, avant de prendre l'aspect exact de la baguette magique. Il donna la reproduction à Harry et la vraie à Albus.
"Un de mes professeurs, un type d'une intelligence effrayante avec qui j'ai étudié dans l'Himalaya au cours du siècle dernier, a fait la même chose pour moi. Je veux que tu utilises cette fausse baguette dorénavant. Cela te permettra de pratiquer la magie sans baguette en public, sans que personne ne se doute de rien.
- Merci", dit Harry à son professeur qui hocha la tête, les yeux étincelants.
Puis Aberforth se plongea dans une commode, fouillant bruyamment les tiroirs.
"Tu as perdu quelque chose, s'enquit Albus.
- Tout le monde n'a pas une galerie de portraits dans son bureau pouvant lui rappeler où sont rangées ses affaires, répondit Aberforth, émergeant de ses tiroirs pour lancer un regard vengeur à son frère. Ah, voilà !"
Il s'avança vers le jeune couple et prit les mains de Harry et Ginny dans la sienne :
"Un petit souvenir de votre visite ici. C'est un couple charmant qui me les a donnés à Venise, il y a une quarantaine d'années. Je suis certain qu'ils seraient d'accord pour que vous les ayez."
Harry et Ginny prirent les deux colliers, ornés d'une petite pierre d'ambre, dont une face était gravée d'une rune. Ils se les passèrent autour du cou et eurent une exclamation de surprise. Abe se réjouit :
"Ah, j'étais certain que cela marcherait avec vous. Ils ont le pouvoir de vous faire ressentir les émotions de l'autre. Je vous les confie, vous laissant le soin de les utiliser au mieux.
- Merci, dirent les deux jeunes gens, touchés par ce geste.
- Je vous en prie. Au fait, est-ce que je vous ai raconté la fois où Albus et moi étions en vacances et qu'Albus a été arrêté dans une affaire impliquant deux bonnes soeurs, un salami, deux pintes de sauce tomate et un petit chien nommé Jarvis ?"
De : Harry
A : Les Maraudeurs en activité
Sujet : Blague
Les gars,
Puis-je passer vous voir aujourd'hui ? J'ai besoin de quelques conseils pour une blague.
Harry
De : Patmol
A : Harry
Cc : Lunard
Sujet : Re : Blague
Harry, viens donc déjeuner. Juanita voudrait te parler et elle a proposé de faire la cuisine. Lunard, sera là.
S.
--
Ouaf, ouaf
De : Lav
A : Celui qui va faire une farce
Cc : Parvati
Sujet : Vêtements
Harry,
Les costumes sont terminés et ont belle allure, en toute modestie. Nous nous demandons seulement à quoi ils vont servir. Je veux dire, ils peuvent être associés à plein de situations embarrassantes.
Lavande
De : Harry
A : Mes couturières préférées
Sujet : Re : Vêtements
C'est une excellente nouvelle. Je passerai les prendre cet après midi. Faites bien attention à ne pas les montrer à Ginny – vous savez qu'elle est terriblement tenace quand elle veut.
Concernant la blague j'avoue ressentir des sentiments contradictoires. Évidemment, je dois marquer le coup, c'est une question de fierté, mais d'un autre côté, je ne dois rien faire de trop humiliant non plus. Je ne veux pas être à l'origine d'une rupture entre Ginny et sa famille. Je sais qu'elle s'en fiche en ce moment, mais pas moi. Je veux retrouver mon meilleur ami et avoir la certitude que tout le monde sera content de me recevoir au Terrier cet été.
Et, j'ai un plan.
Harry
De : Harry
A : Membres de la SPA
Sujet : Assistance
Mesdames,
Hermione m'a dit que vous seriez d'accord pour m'assister dans ma blague contre la fratrie Weasley – en échange de places au premier rang. La farce se tiendra ce soir, vers 19h. Je vais vous fournir des Portoloins pour vous amener à Poudlard, mais j'ai besoin de mettre quelque chose dans la nourriture de ces messieurs.
Pourrais-je vous voir pour vous donner ce qu'il faudra ajouter à leur repas ce soir ?
Cordialement,
Harry.
De : Fleur
A : Chéri Harry
Sujet : Re : Assistance
Harry, je peux te rencontrer aux Trois Balais à 15h. Ce sera bon de te revoir.
Gabrielle demande souvent de tes nouvelles. Elle a été bouleversée d'apprendre que tu avais une petite amie, maintenant.
Fleur
De : Tonks
A : Harry
Sujet : Re : Assistance
Aïe, Harry. Nous avons un problème. Charlie est en voyage en Roumanie pour quelques jours.
T
De : Pénélope Deauclair
A : Harry
Sujet : Re : Assistance
Je serais ravie de t'assister ce soir. Percy fait des heures supplémentaires à son bureau cet après-midi. Je me trouverai dans notre appartement toute la journée.
Cordialement,
Pénélope.
De : K et A
A : Notre attrapeur préféré
Sujet : Re : Assistance
Tout baigne de notre côté. Nous avons dit aux garçons que nous leur apporterons des sandwiches en fin de journée. Passe quand tu veux.
Attendons le spectacle avec impatience.
De : Hermione
A : Mon meilleur ami
Sujet : Re : Assistance
Harry, as-tu réellement besoin de mon aide pour empoisonner Ron ?
H
De : Harry
A : L'autre femme de ma vie
Sujet : Re(2) : Assistance
Pour être franc : non :-) Dobby s'est déjà proposé pour s'occuper de Ron. Le Professeur Flitwick m'a secondé pour certains sortilèges. Patmol et Lunard ont participé à l'élaboration d'une poudre dont j'avais besoin pour les amener là où je veux. Lav et Parv ont fait un travail fantastique pour les costumes. J'ai la permission du professeur Dumbledore de procéder à quelques aménagements dans la Grande Salle, donc je pense être paré.
Harry.
Harry transplana dans le jardin public qui se trouvait à proximité de la maison de Tonks. Il frappa à la porte.
"Tu vas bien Harry ? l'accueillit Tonks en lui ouvrant. Entre donc."
Harry suivit la Métamorphomage dans le petit deux-pièces et sourit en voyant l'aménagement. Tous les meubles avaient été poussés le long du mur, laissant le centre de la pièce sans obstacle. Considérant la maladresse de la maîtresse de maison, c'était une bonne idée.
"Est-il utile que je te demande ce que tu fais ici au lieu d'être à Poudlard ?
- Inutile en effet. J'ai besoin de ton aide.
- Je t'ai dit que Charlie était en Roumanie, non ?
- Oui, mais peu importe."
Il se pencha en avant et lui saisit la main. Il avait préalablement regardé dans l'esprit de Ginny pour savoir où se trouvait Charlie. Une seconde plus tard, ils étaient arrivés à destination.
"Tu viens de faire un transplanage d'escorte en Roumanie, s'écria Tonks, stupéfaite.
- Dans les Monts Carpates, plus exactement. J'ai appris deux ou trois petites choses utiles, ces derniers temps.
- Et que dois-je faire ? soupira Tonks.
- Charlie doit être dans un campement, par là-bas. On reconnaîtrait un gamin blanc, mais pas une petite bohémienne.
- D'accord, attends-moi là", dit Tonks en riant doucement.
Elle s'avança vers le camp des dragons. Harry la vit rapetisser et ses vêtements se modifier.
De : Harry Potter
A : Professeur Rogue
Sujet : Assistance
Professeur,
Si je vous apprenais que ce sont les jumeaux Weasley qui ont repeint vos cachots en rose il y a quelques années, me donneriez-vous un coup de main ce soir ?
Harry
De : Professeur Severus Rogue
A : M. Potter
Sujet : Re : Assistance
Harry,
Mais où diable êtes-vous ? L'école bruisse de rumeurs selon lesquelles vous auriez disparu pour aller combattre Voldemort en combat singulier.
Pour être franc, cela fait des années que je veux pendre ma revanche sur Fred et George, alors comptez sur moi. De quoi avez-vous besoin exactement ?
Je voulais aussi vous remercier pour les derniers mots à Voldemort. Si vous saviez depuis combien de temps j'avais envie de les lui envoyer à la figure.
S.
--
S'oppose aux gesticulations stupides de baguette magique depuis quinze ans
De : Harry
A : Professeur Rogue
Sujet : Re(2) Assistance
Professeur,
Je suis en Roumanie. J'ai envoyé Tonks mettre quelque chose dans la nourriture de Charlie. Concernant l'aide que vous pourriez m'apporter, j'aurais besoin d'un coup de main pour installer une scène dans la Grande Salle, vers 18h55.
Un Harry reconnaissant
Harry
De : Sev
A : Albus
Sujet : Harry
Albus, histoire de mettre un terme à certaines rumeurs ridicules, je vous informe que Harry est actuellement en Roumanie, avec Tonks. Il m'a demandé de lui donner un coup de main pour monter une scène dans la Grande Salle et j'ai accepté.
S.
--
S'oppose aux gesticulations stupides de baguette magique depuis quinze ans
De : Albus
A : Severus
Sujet : Re : Harry
Ravi de l'apprendre. J'ai donné à Harry la permission d'aller voir ces dames pour leur demander de l'aide. Même si je n'aurais jamais pensé que cela le mènerait jusqu'en Roumanie, je ne peux pas dire que j'en suis étonné.
Je suis enchanté de vous voir travailler de concert. Sans vouloir insister, ainsi que je l'ai déjà souligné Harry n'est pas son père. C'est une bonne chose que vous le considériez pour ce qu'il est réellement.
Albus
--
Enchanteur en chef du Magenmagot, Manitou suprême de la confédération internationale des Sorciers
De : Rogue
A : Monsieur suffisant
Sujet : Re (2): Harry
Pourquoi ne dites-vous pas carrément "Je vous l'avais dit ! " comme ça se sera fait.
D'accord, vous aviez raison.
Alors, heureux ?
S.
--
S'oppose aux gesticulations stupides de baguette magique depuis quinze ans
De : Albus
A : Severus
Sujet : Re (3) : Harry
Très.
Une Larme de citron ?
Albus
--
Enchanteur en chef du Magenmagot, Manitou suprême de la confédération internationale des Sorciers
Harry croisa ses mains derrière sa nuque et regarda la course des nuages. Il s'était jeté sur lui-même un sort de réchauffement, lui permettant d'être à l'aise malgré l'altitude. Il se surprit à regretter l'absence de Ginny et se promit, qu'une fois tout ceci terminé, il l'amènerait rendre une petite visite à Charlie. Ce serait sympa de voir les dragons dans leur habitat naturel, surtout s'ils n'étaient pas en train de défendre leur œuf d'or.
"Mission accomplie, lui annonça une petite bohémienne avec une voix qui ne pouvait appartenir qu'à Tonks.
- Parfait ! approuva Harry, en la regardant se transformer en femme de haute taille à la longue chevelure blonde. Je t'emmène à Poudlard ?
- Ça marche."
Harry lui prit la main, sans même prendre la peine de se relever. Une seconde plus tard, ils se trouvaient à proximité du bureau de Dumbledore. Harry passa la gargouille, prit l'escalier et frappa à la porte du bureau du directeur sous les yeux stupéfaits de Tonks.
"Harry, Nymphadora, entrez donc", les interpella Dumbledore.
Harry s'exécuta et prit son siège habituel. Tonks finit par le suivre, toujours abasourdie.
"Eh bien, tout est en place pour notre spectacle de ce soir ? demanda le directeur avec entrain.
- Tout va comme sur des roulettes.
- Et vous Tonks, tout va bien ?
- Il est impossible de transplaner dans Poudlard, répondit-elle hors propos, encore sonnée.
- Bon, je vous laisse, répondit Harry, en sortant.
- Pas impossible, ma chère Nymphadora, seulement très difficile."
Harry s'installa aux côtés de Ginny et Hermione pour le dîner. Il eut la vague et tenace impression d'avoir oublié quelque chose. Il était un peu nerveux aussi : c'était sa première farce d'envergure, après tout.
"Calme-toi, lui dit Ginny en souriant d'un air rassurant. Tout va bien se passer.
- Oh ! grinça Harry. Quel idiot ! Je sais ce que j'ai oublié : tes parents ! Je reviens dans deux minutes", ajouta-t-il après avoir regardé sa montre.
Il s'élança hors de la Grande Salle, ignorant les regards des autres élèves et des professeurs, et transplana dès qu'il fut hors de vue. Il émergea devant le Terrier. Il frappa à la porte.
"Harry ? s'étonna Molly en le voyant.
- M. Weasley est là ? demanda-t-il avec un sourire rassurant pour lui indiquer que rien de grave n'était arrivé.
- Oui, nous venons de terminer de dîner.
- Parfait, se réjouit Harry. J'avais oublié de vous prévenir que la blague va commencer dans un quart d'heure. Je suis venu vous chercher."
Arthur, qui avait suivi sa femme, sourit d'anticipation.
"Je prends mon appareil photo et j'arrive.
- Nous n'y serons pas à temps, se désola Molly en enfilant son manteau. Il faut au moins dix minutes pour faire le trajet depuis Pré-au-Lard.
- Quel trajet ? demanda malicieusement Harry. "
Dès que M. Weasley fut de retour avec son appareil, Harry leur prit les mains et les fit transplaner dans le hall d'entrée.
"C'est…commença Molly, qui fut interrompue par son mari.
- Pour un sorcier normal, ma chérie. Mais pour notre Harry, rien n'est impossible."
Molly se tut et suivit Harry dans la Grande Salle. Tous les étudiants se retournèrent pour observer Harry introduire les deux parents dans le réfectoire.
"Papa, maman !" cria de joie Ginny, sautant de sa chaise pour venir les embrasser.
Un peu plus loin à la grande table, Ron pâlit soudain en comprenant que la seule raison plausible de la présence de ses parents était l'imminence de la blague. Harry sortit sa fausse baguette et annula le sort d'invisibilité placé sur une rangée de chaise se trouvant devant la table des professeurs.
"Je vous ai prévu des sièges confortables, offrit-il aux deux personnes qu'il considérait comme ce qui ressemblait le plus à des parents pour lui.
- Parfait, se réjouit Arthur. Je suis tellement content que tu aies pensé à nous."
Pendant qu'ils s'asseyaient, Harry retira sa robe se sorcier et apparut en smoking moldu. Il se passa la baguette dans les cheveux, pour les ébouriffer, du moins encore plus que d'habitude. Sa tenue le faisait paraître plus âgé : sa veste ajustée soulignait ses larges épaules et enserrait sa taille mince. L'effet que cela eut sur la population féminine de Poudlard fut identique à celui de la présence d'une Vélane sur les mâles. Un gémissement sourd se fit entendre dans la salle, alors que Harry se penchait pour nouer son lacet défait.
"Waou, il en jette, fit Hermione du ton d'une soeur complimentant son frère.
- Oui, il est à croquer, convint Ginny. "
Elle se pourlécha les lèvres en le regardant avec convoitise. Elle ne se préoccupait pas de l'effet qu'il faisait sur les autres. Elle avait suffisamment confiance en lui pour savoir qu'elle serait la seule qui pourrait l'embrasser.
La première des autres invités de Harry arriva en utilisant le Portoloin qu'il lui avait procuré.
"Fleur, l'accueillit Harry en l'embrassant sur la joue
- Arry, c'est si bon de te voir ! ", s'écria la demi-vélane en l'étreignant.
Harry l'accompagnait vers la rangée de chaises quand il fronça soudainement les sourcils en remarquant l'expression hagarde des mâles de l'assistance.
"Tu pourrais arrêter, s'il te plait", demanda-t-il entre ses dents, faisant allusion à ses pouvoirs particuliers.
Il remarqua que seuls deux hommes semblaient ne pas y être sensibles : les professeurs Dumbledore et Rogue, tous deux rompus en occlumencie et dans l'art de protéger leur esprit. Fleur rougit de façon adorable :
"Je suis navrée, répondit-elle, mais c'est venu tout seul."
Ginny, qui ne perdait pas une miette du spectacle, sembla très satisfaite de remarquer que Harry avait semblé impénétrable aux pouvoirs de Fleur. Hermione par contre, faisait grise mine : Ron ne s'en était pas aussi bien tiré et semblait avoir besoin d'un bavoir.
Ensuite arrivèrent Sirius, Juanita et Remus. Harry les accueillit d'une chaleureuse étreinte. Tous trois étaient sur leur trente-et-un et rayonnaient de fierté. Sirius et Remus semblaient rajeunis. La liberté retrouvée, et la présence de Juanita, avaient effacé chez Sirius les dommages causés par son emprisonnement injustifié.
"Il ne fait rien à moitié, hein", fanfaronna Sirius à l'intention de Molly.
Il débordait de fierté et il était clair qu'il se faisait une joie de l'événement en cours.
Ensuite, se fut le tour de Pénélope Deauclair, toute aussi élégante que les autres. Après avoir embrassé Harry, elle prit place aux côtés de Juanita. Ron était maintenant livide. Son esprit échafaudait toutes sortes de scénarii et il envisageait sérieusement de tenter de s'enfuir. Les autres élèves, quant à eux, avaient entendu des rumeurs faisant état d'une blague de la part de Harry et rien ne les aurait fait bouger de là.
Tonks apparut ensuite. Bien qu'elle ait été dans le château depuis un bon moment, elle avait préféré faire semblant d'arriver comme les autres. Enfin, Katie et Angelina vinrent les rejoindre. Elles saluèrent les membres de leur ancienne équipe de Quidditch avant de s'asseoir.
Harry fit un signe de la tête à l'intention du professeur Rogue et, ensemble, ils créèrent une large scène, pourvue de nombreux projecteurs, à l'extrémité de la Grande Salle. Harry y monta et se campa nerveusement devant tout le monde. Il utilisa sa fausse baguette pour lancer un Sonorus sur sa gorge :
"Pour avoir interrompu votre petit-déjeuner la semaine dernière, j'ai pensé qu'il serait approprié de vous offrir un petit spectacle du samedi soir, en guise de compensation", annonça-t-il aux élèves dans l'expectative.
Il regarda sa montre et, quand elle annonça dix-neuf heures précises, Ron disparut dans un "pop".
Les six frères Weasley, se retrouvèrent propulsés à travers l'espace par Portoloin au même instant. Ils se retrouvèrent tous dans les cachots de Poudlard et plus exactement dans la classe de potion. La porte était étroitement verrouillée et ils ne tardèrent pas à se rendre compte qu'ils n'avaient plus leur baguette magique.
"Mais qu'est-ce qu'on fait là ?" s'étonna Charlie.
De tous, c'est lui qui avait le plus été pris de court car, quelques instants auparavant, il se trouvait en Roumanie. Ils se tournèrent tous vers Ron qui arborait maintenant une jolie teinte verte.
"J'étais dans la Grande Salle. Papa, maman, toutes vos petites amies et les Maraudeurs sont là. Ça y est, c'est la blague de Harry.
- Ça y est ! C'est terminé, firent les jumeaux en foudroyant leurs frères du regard, cela suffit maintenant. Quand tout ceci sera terminé, nous nous excuserons de notre intervention et nous leur assurerons qu'ils ont notre bénédiction pour approfondir leur relation de la manière qui leur paraîtra souhaitable
- Mais…, commença Percy.
- Pas de mais, Perce, intervint Bill. Je suis d'accord avec eux. C'était marrant au début, mais trop c'est trop."
Leurs vêtements semblèrent devenir flous un moment et ils se retrouvèrent vêtus des costumes que Lavande et Parvati avaient fabriqués. Se regardant mutuellement, ils gémirent en réalisant l'ampleur de la blague de Harry.
"Je ne veux pas sortir comme ça, gémit Charlie. Je ne m'en remettrai jamais, si quelqu'un me voit ainsi.
- Vous ai-je dit que papa avait amené son appareil photo ?" demanda Ron, contemplant son propre costume avec dégoût.
"Sans plus attendre, permettez-moi de vous présenter nos artistes vedettes de la soirée, Weasley, Weasley, Weasley, Weasley, Weasley eeeet Weasley !"
Derrière lui, les six garçons apparurent un par un, salués par les rires et les sifflements d'approbation. Colin, qui avait été chargé officiellement par Harry des photos, se mit immédiatement à les mitrailler. Katie et Angelina se regardèrent en se léchant les babines :
"Ils ont fière allure, hein ?
- Oh oui ! Il faudra penser à remercier Harry, après."
Ginny se tourna vers Hermione en chuchotant :
"T'ai-je déjà dit que j'aimais ce type ?
- Une ou deux fois, sourit Hermione.
- Bon, je persiste et signe. C'est une bien meilleure blague que ce que j'avais envisagé."
Les six garçons se dandinèrent maladroitement sur la scène, jusqu'à ce que Harry envoie la musique, aussitôt accueillie avec enthousiasme par ceux qui venaient du monde moldu qui reconnurent instantanément ce classique de la musique disco. Bill avança sur le devant de la scène, perdant le contrôle de ses mouvements. Il portait des bottines noires et un pantalon blanc très ajusté. Une large ceinture lui ceignait la taille sur laquelle étaient accrochés un pistolet moldu en plastique noir et une fausse paire de menottes. Il portait également une chemise bleue, une cravate blanche, et une veste noire avec des étoiles sur les revers. Une casquette noire avec une visière blanche complétait son accoutrement. Il entama la chanson sur un rythme de disco :
" Young man, there's no need to feel down. I said, young man, pick yourself off the ground. I said, young man, 'cause you're in a new town there's no need to be un-hap-py"
Fleur contempla les menottes d'un air gourmand. Elle avait toujours eu un faible pour les hommes en uniforme.
Charlie prit la relève pour le couplet suivant. Il avait des bottes marron et un jean incroyablement serré, dont les déchirures révélaient les endroits stratégiques, le faisant rougir furieusement. Il portait en outre un large ceinturon marron, une chemise blanche déboutonnée qui laissait voir son torse glabre, de larges lunettes de soleil et un casque de chantier blanc orné d'un éclair scintillant.
"Young man, there's a place you can go, chanta Charlie avant de prendre une profonde inspirationet de continuer, I said, young man, when you're short on your dough. You can stay there, and I'm sure you will find many ways to have a good time. "
Tonks, gobant les mouches, prit immédiatement la décision de mettre fin à l'exclusion de Charlie de la chambre à coucher. Ensemble, les six Weasley se mirent en ligne au bord de la scène. Les élèves se laissaient porter par la chanson et les compagnes des artistes étaient complètement hystériques. Même Minerva McGonagall souriait.
" It's fun to stay at the Y-M-C-A, chantèrent les garçons à l'unisson. Ils mimèrent chacune des lettres, en lançant leurs bras en l'air, laissant tomber leurs avant-bras pour le "M", sautèrent pour se mettre de profil en donnant la forme d'un demi-cercle à leurs bras avant de conclure avec leurs mains au-dessus de leur tête une fois de plus.
" They have everything for young men to enjoy. You can hang out with all the boys "
- C'est donc là que Drago est allé pendant ses vacances," cria Dean par-dessus la musique.
Ce fut le tour de Percy d'être en vedette, après qu'ils aient tous rechanté le refrain. Il semblait parfaitement horrifié par son costume. Il était vêtu d'un pantalon en cuir noir tellement serré, qu'il ne laissait aucune part à l'imagination. Son blouson de cuir s'ouvrait sur des chaînes argentées qui se croisaient sur son torse dénudé et sa casquette de cuir était ornée d'un emblème de motard sur le devant. Il avait en plus été affublé, à son insu, d'une large moustache noire.
" Young man, are you listening to me? I said, young man, what do you want to be? I said, young man, you can make real your dreams. But you got to know this one thing!" chanta-t-il, les mouvements saccadés par l'effort qu'il faisait pour combattre la magie qui le contrôlait.
Pénélope était très convenablement assise sur sa chaise, un léger sourire aux lèvres. Seule une légère coloration de ses joues montrait à quel point elle appréciait de voir son petit ami tout vêtu de cuir.
Fred s'avança ensuite. Il avait regardé George au début du spectacle et ils avaient échangé un rire silencieux. Il adorait son costume et avait apprécié le sens du détail que Harry avait mis dans l'élaboration de sa blague. Il prévoyait déjà de lancer avec son frère un bonbon qui aurait ce genre d'effet. Il bondit et fit un atterrissage sur les genoux, les pans en cuir de son déguisement de cow-boy lui permettant de glisser en douceur, avant de sauter sur ses pieds et de parader sur le bord de la scène, saluant la foule. Il inclina davantage son chapeau, se sépara de son gilet de cuir et commença à chanter :
"No man does it all by himself. I said, young man, put your pride on the shelf, And just go there, to the Y.M.C.A. I'm sure they can help you today"
Tous se retrouvèrent pour la mise en scène du refrain, avant que ce soit le tour de George. Il prit une pose spectaculaire sous les projecteurs, avant de se laisser tomber sur les genoux, le dos arqué en arrière et le bassin basculé en avant. Il entendait les hurlements de Katie et d'Angelina, qui s'égosillaient depuis la performance de Fred, et il sourit jusqu'aux oreilles. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas autant amusé. Son costume de marin blanc ajusté luisait sous la lumière éclatante des projecteurs et son foulard flottait derrière lui. Il sortit son bâton blanc et le balança au rythme de la musique :
" Young man, I was once in your shoes. I said, I was down and out with the blues. I felt no man cared if I were alive. I felt the whole world was so tight."
Ginny se tenait droite sur sa chaise, partagée entre rire et fierté. Elle retira sa robe d'uniforme et la posa sur une chaise derrière elle. Elle portait en dessous un jeans et un tee-shirt, conçus pour souligner ce qu'elle avait de plus saillant.
"Mais qu'est-ce que tu fais ? lui chuchota Hermione.
- T'as déjà essayé d'enrouler tes jambes autour d'un garçon en portant ta robe d'uniforme ?
- Euh, oui, admit Hermione en rougissant.
- Tu sais combien ce n'est pas pratique, alors, indiqua Ginny.
- Cela signifie-t-il que tu as l'intention de faire ça à Harry ?
- Dès la fin du spectacle, admit Ginny radieuse.
- C'est une occasion particulière ?
- Eh bien, c'est en partie parce que cela irritera mes frères, mais, la raison principale, c'est que je meurs d'envie de l'embrasser, là, maintenant. Il a réussi l'impossible : coincer tous mes frères en même temps et le faire de telle manière qu'ils ne pourront s'en offusquer éternellement."
La soudaine fascination de Hermione pour la scène mit fin à la conversation.
Ron passa en dernier, ne pouvant que reconnaître que Harry avait bien agencé son affaire. Il était évident que Harry se vengeait particulièrement du rôle actif de Ron dans l'affaire. Son costume était le plus réduit, un habit peau-rouge en peau tannée. Une large ceinture de perles dissimulait son pagne noir et il avait des bottes fourrées. Il sut que cet épisode lui collerait à la peau, tant qu'il serait à Poudlard. Et à la maison aussi, si l'on considérait que son père était en train de le mitrailler de photos.
" That's when someone came up to me, and said, young man, take a walk up the street. There's a place there called the Y.M.C.A. They can start you back on your way."
Les autres le rejoignirent et ils terminèrent la chanson avec Fred, George et Ron accroupis devant les trois autres qui se tenaient les jambes largement écartées et les bras levés.
Les acclamations qui retentirent dans la Grande Salle furent assourdissantes, tout comme l'amusement de Harry qui pleurait de rire. Les frères Weasley étaient figés sur place, attendant que Harry les délivre du sortilège. Ce dernier avança sur le devant de la scène, mais il oublia totalement ce qu'il avait l'intention de dire quand Ginny se jeta sur lui. Elle enroula ses jambes autour de sa taille et s'en servit comme appui pour prendre le visage du jeune homme entre ses mains et l'embrasser de toute son âme.
Harry la soutint en l'enlaçant d'une main et lui rendit son baiser, l'exultation qu'il ressentait en voyant le succès de sa blague s'accordant parfaitement à la passion de la jeune fille. Quatre des frères grimacèrent en choeur et luttèrent contre les liens magiques qui les immobilisaient. Deux d'entre eux, les jumeaux, semblaient trouver le spectacle à leur goût.
"Tu crois que Gin pourrait apprendre à Katie à embrasser comme ça ? demanda l'un d'eux.
- Je ne sais pas. Mais quelle capacité pulmonaire, n'est-ce pas ?
- Fred, George, s'indignèrent les autres, c'est de notre soeur dont vous parlez !
- Parfaitement, répliqua Fred, et elle parait incroyablement heureuse ! C'est bien gentil de nous mêler de sa vie, mais regardez-la, enfin ! Ouvrez-les yeux ! Cela fait des années que nous ne l'avons pas vue aussi épanouie. Elle a retrouvé ce regard qu'elle avait quand elle était plus jeune, avant cette histoire de journal intime.
- Ils ont raison, admit Charlie à regret. Je voyais toujours Ginny comme à une petite fille de onze ans, sauvée de la Chambre des Secrets par Harry. Mais, ça crève les yeux qu'elle a grandi depuis. Et que c'est le baiser le plus impressionnant que j'ai jamais vu.
- Ouais, soupira Bill. Il y a quelques temps à peine, elle était haute comme trois pommes, bondissante comme une sauterelle et tellement mignonne que ç'aurait dû être interdit… on se retourne deux secondes et voilà qu'elle a grandi… Elle ne devrait pas être asphyxiée, depuis le temps ? Bon sang, elle l'embrasse encore ! D'accord, j'admets qu'elle semble heureuse, mais elle est obligée de faire ça juste sous nos yeux ?
- Cela veut dire que je peux récupérer ma soeur, ma petite amie et mon meilleur ami, se réjouit Ron. Harry l'aime vraiment, vous savez. Vous auriez dû les voir, tous les deux, hier, dans la salle commune, tellement mignons tous les deux que ç'en était écoeurant. Mais, une fois qu'on a vu ça, rien ne peut être pire, plus rien ne me dérange maintenant. Dites donc, je sais qu'ils sont de solides joueurs de Quidditch mais il va finir par lui faire mal, à la serrer comme ça. Je me demande pourquoi Rogue n'intervient pas."
Ron regarda les professeurs qui semblaient s'amuser du spectacle. Quant aux élèves, ils riaient et encourageaient les amoureux.
"Dès qu'elle aura réussi à décoller ses lèvres de celles de Harry, nous lui diront qu'elle a gagné et je pourrai retrouver ma bonne petite vie d'avant."
Harry mit doucement fin au baiser et sourit à son amie, ignorant complètement les huées d'encouragement qui retentissaient dans la Grande Salle. Il la fit doucement pivoter pour que le dos de Ginny s'appuie son torse. Ses mains entourèrent sa fine taille et elle mêla ses doigts à ceux de son petit ami. Ginny rit nerveusement en constatant l'inconvénient d'avoir un petit ami plus grand qu'elle : elle se tortilla contre ses cuisses pour trouver une position confortable.
"Je voudrais remercier "L'invincible fratrie Weasley" pour nous avoir offert le spectacle de ce soir, déclara Harry après s'être appliqué un nouveau sort d'amplification vocale. Messieurs, plutôt que de continuer dans une surenchère qui nous mènera invariablement vers une guerre totale de blagues, j'ai une proposition à vous faire : un match de Quidditch. Vous six, plus une personne supplémentaire de votre choix, contre l'équipe que je formerai. Si vous gagnez, j'arrêterai de sortir avec Ginny. Si vous perdez, vous nous donnerez votre bénédiction.
- C'est d'accord", répondit immédiatement Percy, avant que quiconque ait pu réagir.
Bonnes vacances à tous. On se retrouve au mois de septembre.
