Bonjour tout le monde ! Désolé, j'ai encore pris du retard par rapport à ce que j'avais annoncé. Heureusement que Jubei-Kazuki est là pour me le rappeler ^^
Disclaimer : Les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.
Avertissement : Rien de choquant dans ce chapitre (pour une fois...) mais ayez un paquet de mouchoir à portée de main.
***
On frappa à la porte de Remus. Deux coups espacés, un temps, puis trois coups rapides. Le signal convenu au sein de l'ordre. Le loup-garou eu un grognement. Il ne voulait qu'une seule chose, c'était qu'on le laisse tranquille.
Il était rentré au beau milieu de la nuit, complètement transi, après s'être enfui de chez les Potter. Il s'était enfoui en grelottant sous ses couvertures mais n'avait guère dormi, hanté par ce qui s'était passé. Au petit matin, renonçant à trouver le sommeil, il était allé s'asseoir dans un fauteuil, une bouteille de whisky pur-feu dans une main et un verre dans l'autre, et n'en avait plus bougé, sauf pour remplacer la bouteille vide par une autre, pleine. D'ailleurs, il craignait de se retrouver bientôt à sec, ses réserves d'alcool étant limitées. Sur la table devant lui s'entassaient trois lettres envoyées par James qu'il n'avait pas ouvertes.
On frappa de nouveau. Le problème, c'était qu'étant donné qu'il était censé être chez lui, celui qui frappait risquait de s'inquiéter et d'appeler des renforts qui fouilleraient ciel et terre pour le retrouver, en commençant par enfoncer la porte de son appartement. Autant être clair, donc.
-J'suis pas là ! aboya-t-il à l'intention de son visiteur.
-C'est moi, Moony !
La voix de Sirius. Malédiction. Lui ne lâcherait pas le morceau. A contrecœur, Remus s'extirpa de son fauteuil et se traina jusqu'à la porte.
-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il d'un ton peu amène à travers le battant.
-Attends, je dois d'abord vérifier que cette personne ronchonne derrière la porte est bien mon Moony, rétorqua Sirius. Quelle sorte de chocolat préfères-tu ?
-Le chocolat noir fourré au caramel et aux noisettes de chez Honeydukes, soupira Remus d'un ton las. Quel est l'objet auquel tu tiens le plus ?
Il y eu un bref silence puis :
-Tu sais, c'est peut-être pas une bonne idée de faire des questions convenues à l'avance. Vigilance constante ! Tu devrais plutôt me demander si ta tâche de naissance en forme de fleur est sur ta fesse droite ou sur ta fesse gauche.
Remus ne savait pas quel était le plus grand inconvénient à être un loup-garou, mais être obligé de se retrouver nu devant ses amis les matins de pleine lune figurait en bonne position sur la liste.
-Sirius ! Tu réponds à ma question ou tu restes dehors !
-D'accord, d'accord. L'objet auquel je tiens le plus, c'est ma moto. Et ta tâche de naissance est sur ta fesse droite.
La porte s'ouvrit sur un Remus cramoisi et fulminant.
-Je vois que mes fesses t'intéressent au plus haut point, persifla-t-il.
-Que veux-tu, je n'y peux rien si elles sont magnifiques, rétorqua nonchalamment Sirius.
Il était enveloppé de la tête au pied dans une longue cape en soie noire dont il avait rabattu le capuchon. Ses cheveux étaient lissés en arrière, son visage était fardé de blanc et il avait peint ses lèvres en rouge sang. Il était extrêmement séduisant en vampire, songea Remus qui se hâta de demander pour cacher sa gène :
-Tu veux boire quelque chose ?
Son ami hocha la tête.
-Du thé, si ça ne te dérange pas.
« Au contraire », se dit Remus en courant se cacher dans la cuisine pour faire bouillir de l'eau.
Sirius alla s'asseoir dans le salon pour l'attendre. Il fronça les sourcils d'un air soucieux en voyant le cadavre de bouteille qui trainait dans un coin et l'autre qui trônait sur la table aux trois-quarts entamée.
« Qu'est-ce qu'il lui prend de boire comme ça, en plein milieu de l'après-midi ? »
La voix de Remus le tira de ses pensées alors qu'il demandait depuis la cuisine :
-Et qu'est-ce qui t'amène ici, au fait ?
-Je suis venu te chercher pour la fête, répondit-il.
Sa cousine Andromeda organisait un bal masqué pour Halloween, auquel les Maraudeurs étaient conviés. Pour des raisons de sécurité, James avait dû décliner l'invitation, mais Sirius avait sauté sur l'occasion et insisté auprès de Remus pour qu'il vienne également.
-Il est beaucoup trop tôt pour partir, objecta le loup-garou, la voix presque couverte par le sifflement de la bouilloire.
-Oui, mais tu n'es pas déguisé. Et tel que je te connais, tu n'as rien prévu. Donc il va falloir que j'y remédie et ça risque de prendre un peu de temps.
-Je suis déguisé, lui rétorqua Remus en entrant avec une tasse fumante qu'il tendit à son invité.
-Ah oui ? Et en quoi, je te prie ?
-En loup-garou ronchon.
Sirius gloussa.
-Je trouve ça plus mignon qu'effrayant.
Remus eu l'ombre d'un sourire et s'affala dans le fauteuil vis-à-vis de son ami, un verre d'alcool à la main.
-De toute façon, je ne sais pas si je vais aller à cette fête. J'ai pas la forme.
Sirius manqua d'en recracher son thé.
-Quoi ! Mais Moony, justement, ça te changera les idées !
Remus haussa une épaule. Des images de la nuit précédente lui tournaient dans la tête. James qui l'embrassait et se frottait contre lui alors que sa femme et son fils dormaient à l'étage ; lui, Remus, qui le repoussait violemment contre le mur ; et le froid mordant de la pluie alors qu'il s'enfonçait dans les ténèbres tandis que Prongs lui hurlait de revenir.
Un frisson le parcouru. Qu'allait dire James quand il le reverrait ? Serait-il vexé ? Furieux ? Peut-être ne voudrait-il plus de lui comme ami et l'accuserait de l'avoir agressé, comme le dangereux loup-garou qu'il était. Ou pire, peut-être lui pardonnerait-il et recommencerait-il comme si de rien était. Et puis Lily allait finir par se poser des questions : que lui dirait-il à ce moment-là ? Lui avouerait-il tout, brisant du même coup son bonheur ? Ou se tairait-il et continuerait-il à la trahir ?
-Quelque chose ne va pas ? demanda Sirius d'un ton inquiet en voyant ses lèvres trembler.
Il secoua faiblement la tête et se leva rapidement.
-Je vais aller te chercher du sucre, annonça-t-il d'une voix enrouée en se dirigeant vers la cuisine.
Sirius le rattrapa à mi-chemin et le retint fermement par le bras.
-Moony, s'il te plaît, dis-moi ce qui ne va pas.
Il prit délicatement le visage de Remus entre ses mains et le força à le regarder dans les yeux, pour qu'il y voie toute son angoisse. Puis il murmura :
-Tu peux me faire confiance tu sais ? Vraiment.
Alors Remus céda. Il se mit à sangloter, comme la nuit précédente mais au lieu de repousser Sirius, il se jeta dans ses bras, se pressa éperdument contre sa poitrine et agrippa sa chemise de toutes ses forces comme s'il craignait qu'on lui arrache ce secours. Et d'une voix hachée, tremblante, il lui dit tout. Il lui raconta la fois où tout avait commencé, lui dit son incapacité à contrôler la façon dont les choses dérapaient, sa honte, sa faiblesse devant le plaisir qu'il éprouvait puis son refus dans les vestiaires ; il lui dit son désespoir quand lui, Sirius, l'avait trahi, la manière dont il s'était de nouveau fait piéger, la fatigue, le silence, la solitude face à ce qui lui arrivait, l'humiliation, la culpabilité ; et enfin, il lui dit comment la veille, il avait atteint ses limites et s'était enfui précipitamment. Quand il eu finit, il avait la voix complètement cassée et éraillée, mais il parvint tout de même à supplier :
-Je n'en peux plus, Sirius. Il faut que tu m'aides. Je ne m'en sortirais pas tout seul.
Sirius avait l'air d'un homme qui, après avoir été frappé par la foudre, se serait pris une tonne de briques sur la tête. Il fixait Remus d'un air horrifié. Pendant un instant, celui-ci eu peur que Sirius le trahisse encore une fois devant l'énormité de ce qu'il venait de lui avouer, qu'il refuse de l'aider à supporter ce poids colossal qui pesait sur son corps. Mais à peine avait-il senti cette angoisse monter en lui que les lèvres de Sirius remuèrent, d'abord sans qu'aucun son n'en sorte puis pour murmurer lentement :
-Oh, l'enfoiré...
Puis, comme si cela l'avait libéré, il rugit brusquement :
-JE VAIS LE TUER !
Remus sursauta alors que Sirius s'écartait de lui et commençait à arpenter la pièce en s'arrachant à pleines poignées ses cheveux soigneusement peignés et en fulminant :
-Je vais le tuer ! Comment a-t-il pu ? Moi qui croyais... Ah, l'enfoiré ! Le salopard ! Si j'avais su...
Il s'arrêta soudain et saisit les mains de Remus en le regardant d'un air catastrophé.
-Merlin, Moony, je suis tellement désolé. Si j'avais su... Quel crétin je fais de n'avoir rien vu plus tôt !
Remus secoua la tête.
-C'est ma faute. J'aurais dû t'en parler. Mais j'avais honte...
Il se sentait misérable. Brusquement, Sirius fit un pas vers lui et le serra dans ses bras en murmurant :
-Ne t'inquiète pas. C'est fini, maintenant. Je vais régler son compte à James et tu seras tranquille. Tu peux me faire confiance.
Remus l'entendit à peine, absorbé par la sensation de bien-être que la chaleur de cette étreinte lui apportait. Ce ne fut qu'à regret qu'il laissa Sirius s'éloigner.
-Je serais vite de retour, lui promit celui-ci en sortant.
Remus le regarda descendre les escaliers d'un pas furieux, le visage terrible. Mu par une soudaine impulsion, il lui lança :
-Fais attention à toi !
Sirius se tourna vers lui et sourit. Un instant, son visage s'éclaira alors qu'il lui envoyait un baiser. Puis ses traits se crispèrent à nouveau et il disparut.
***
Remus ne dormit presque pas cette nuit-là ; l'anxiété le tint éveillé à arpenter son salon dans tous les sens et à guetter la venue de Sirius. Vers trois heures du matin cependant, la fatigue eu raison de lui et il s'assoupit, affalé sur un fauteuil.
Il fut tiré de son sommeil à l'aube alors que les premiers rayons du soleil entraient par la fenêtre. Aucune nouvelle de Sirius n'était arrivée. Remus commençait à s'inquiéter sérieusement pour son ami. Et si James lui avait fait du mal ? Il tâcha de se raisonner : James vivait avec Lily et celle-ci serait intervenue si lui et Sirius s'étaient battus. Mais alors, pourquoi cette attente ? Remus allait devenir fou si ça continuait.
Vers neuf heures, alors qu'il s'attablait sans enthousiasme devant un petit déjeuner frugal, la sonnette de la porte d'entrée retentit soudain, le faisant bondir. Il se rua vers la porte et l'ouvrit à la volée, au mépris de toutes les règles de sécurité.
-Siri... Oh, c'est vous professeur.
Il ne parvint pas à cacher sa déception. Sur le seuil se tenait le professeur Dumbledore qui arborait l'air grave et compatissant de qui s'apprête à annoncer une mauvaise nouvelle.
-Bonjour Remus. Puis-je entrer ? demanda-t-il aimablement alors que le jeune homme restait planté là les bras ballants.
Remus rougit en se rendant compte de son manque de courtoisie. Il s'empressa de s'effacer en balbutiant :
-Oui, bien sûr, je vous en prie.
Dumbledore entra et s'assit dans le fauteuil que son hôte lui désignait avec politesse. Remus s'installa en face de lui et attendit avec anxiété. Dumbledore parut chercher ses mots puis annonça :
-Voldemort a été défait la nuit dernière.
Remus s'attendait à tout sauf à ça. Il en eu me souffle coupé.
-C'est... c'est formidable, parvint-il à dire. Mais... comment ? Que s'est-il passé ?
-Il a tenté de tuer Harry Potter mais, pour une raison dont je ne suis pas sûr, son sort s'est retourné contre lui. Il n'est pas mort mais il est extrêmement affaibli. Harry, lui, s'en tire avec une simple cicatrice.
Remus fronça les sourcils, prit d'un mauvais pressentiment.
-Il a tenté de tuer Harry ? Mais comment... comment a-t-il pu... ? Je veux dire, Harry était caché, non ?
Le visage de Dumbledore s'assombrit encore.
-Les Potter ont été trahis. Sirius les a livrés à Voldemort. Et avant d'être défait, Voldemort a tué James et Lily.
Remus sentit son cœur tomber comme une pierre alors qu'un étau d'acier se refermait sur sa poitrine.
-Non... Non, c'est impossible... Il n'a pas pu...
-Peter a été averti avant vous, poursuivit Dumbledore, et il a voulu faire payer à Sirius ce qu'il avait fait. Malheureusement, quand il l'a retrouvé, celui-ci lui a jeté un sort qui l'a réduit en poussière ainsi que douze moldus qui se trouvaient à proximité.
Remus se prit la tête dans les mains. Il avait la sensation que le monde s'effondrait autour de lui. Deux larmes brûlantes roulèrent sur ses joues.
-C'est impossible, répéta-t-il.
Et pourtant, dans sa tête résonnait le rugissement de Sirius : « Je vais le tuer ! ». Mais jamais il n'aurait pensé qu'il était sérieux, jamais il n'avait réellement voulu ça. Et pourquoi Lily ? Pourquoi Peter ? Pourquoi tous ces moldus ?
Il sentit à peine la main de Dumbledore se poser sur son épaule, n'entendit pas les mots de réconfort que celui-ci lui murmurait. Son esprit tentait désespérément d'échafauder une explication. Peut-être Sirius avait-il agi sans réfléchir en livrant les Potter à Voldemort, sans se rendre compte des dommages collatéraux que cela entrainerait. Ou peut-être ce que Remus lui avait révélé l'avait-il rendu si furieux qu'il en avait voulu au monde entier de ne pas avoir su arrêter James. Dans les deux cas, la cause était de toute façon la même.
-C'est ma faute, chuchota-t-il horrifié.
-Non, Remus, dit fermement Dumbledore en pressant légèrement son épaule. Vous ne pouviez pas deviner que Sirius était un traître. Personne ne le pouvait.
Mais Dumbledore ne pouvait pas comprendre ; il ne savait pas tout. Il ne pouvait pas savoir que James lui avait offert son amitié et que lui l'avait trahi. Il ne pouvait pas comprendre ce qui s'était réellement passé. Il ne pouvait pas savoir que Remus avait tué tous ceux qui lui avaient offert leur amitié.
-Qu'est-ce que j'ai fait ? sanglota Remus sans se soucier des protestations du directeur. Merlin, pardonnez-moi !
***
Et voilà *snif*. L'avantage, c'est que James est mort (mais vous avez encore le droit de le torturer, si vous voulez).
Le prochain chapitre devrait être le dernier, à moins que je ne décide de le couper en deux. Je ne sais pas quand je pourrais le poster parce que je reprends lundi et que je ne sais pas quel va être le rythme des cours ou la charge de travail (mais étant donné que je fais déjà 9h-21h15 lundi, c'est mal parti). En plus, je ne sais pas si j'aurais Internet dans la semaine, donc si ne réponds pas tout de suite à vos messages, c'est normal.
Et n'hésitez pas à reviewer évidemment !
