Victime : Emmett
Demandeur : Cendrine
Auteur : Laurie-E
Enfin les cours étaient finis… Je n'en pouvais plus… Ma tête ne pouvait plus rien encaisser d'autre pour le reste de la semaine. Je récupérais rapidement mes affaires pour les fourrer dans mon vieux sac et quittai la rangée de l'amphithéâtre. Quelle idée d'avoir quitté la France pour venir étudier en Amérique. Je n'aurais jamais imaginé que se serait si différent de mon ancienne petite vie. Cette université était gigantesque, je me perdais presque à chaque fois. De toute façon qui m'aurait remarqué faire trois fois demi-tour dans le même couloir ? Je passais littéralement inaperçue. Je n'étais pas comme ces Américaines superficielle et excentriques. Rien qu'à voir ma pauvre dégaine négligée et fatiguée…
Mon jean me glissait sur les hanches tant j'avais perdu du poids avec ces horaires de cours intensive. Je me trainais dans un pull à l'effigie du campus trois fois trop grand pour moi. Ma queue de cheval partait dans tout les sens et je me débattais pour tenir tout mes livres entre mes bras. Je me désespérais toute seule, comment vouliez-vous qui quelqu'un d'autre fasse attention à moi et m'invite à l'une de ces génialissime soirée étudiante ? Je bifurquai rapidement à l'angle du couloir quand je reçu un choc violent et atterrissais sur les fesses en faisant tomber tout ce que je tenais. J'entendis grommeler et quand je relevai les yeux je tombai sur le joueur de football américain que je venais de percuter de plein fouet. Il se frotta le bras et me toisa avec agacement.
- Regarde devant toi quand tu marches ! Siffla-t-il de toute sa hauteur, réajustant la superbe veste de son équipe sur son corps massif.
Je devins rouge de honte, tandis que trois pom-pom-girls gloussaient derrière lui. Je me jetai sur mes genoux en balbutiant de vagues pardons pitoyables en regroupant mes affaires éparpillées au sol. Il m'enjamba presque, suivit par ses groupies, et ils disparurent derrière l'angle du couloir. Je détestais cet endroit et je détestais ce pays… Je sentis mes yeux s'humidifier. Tout à coup quelqu'un s'agenouilla en face de moi. Je relevai mes prunelles marron et contemplai ce nouvel arrivant avec perplexité. Il était tout aussi imposant et grand que son confrère, et portait lui aussi la veste de l'équipe. Son visage était penché sur les feuilles qu'il regroupait et je ne voyais que ses cheveux aussi noirs que le jais. Son odeur délicieuse me sauta au nez, un parfum masculin frais et piquant. Il releva soudain la tête et mon souffle se coupa quand son visage m'apparu. Il était d'une beauté sans pareille, une beauté dure. Ses pupilles d'or se posèrent dans les miennes et il m'offrit un sourire en coin des plus superbes.
- Ne fais pas attention à eux. Me dit-il doucement, et sa voix grave et somptueuse me fit perdre pied.
Je ne fus même pas capable de dire un traître mot, tant j'étais pétrifiée. Il releva des sourcils amusés devant mon air stupide et il rit dans sa barbe en se redressant avec mes livres sous son bras. Il me tendit la main, et je la contemplai comme s'il s'agissait là de ma bouée de sauvetage… L'unique chose qui pouvait me sauver de cet endroit infernal. J'y glissai ma main, et frémissais au contact de sa peau glacée et si douce. Il me releva avec une facilité déconcertante et me tendit les bouquins. Je les recevais avec des gestes frêles et les serraient contre ma poitrine fermement, comme si je craignais quelque chose. Il me dévisagea un court instant, et j'eus l'impression de me consumer sous ses prunelles irréelles. Il me fit un sourire réconfortant puis me fit un petit salut de la tête avant de partir à la suite des autres membres de l'équipe. Je mis plus d'une trentaine de seconde avant de réaliser ce qu'il venait de se passer.
Quand enfin tout parvint à mon esprit, je relevai mon visage crispé vers le plafond en m'insultant entre mes dents. Mais quelle idiote !!! Cendrine ce que tu pouvais être nulle bon sang !!! Tu étais en face de lui !!! Devant le Quater back de l'équipe, le type le plus magnifique et le plus désiré du campus, et toi tu restais planté là, la bouche grande ouverte comme une débile !!! Que devait-il penser de toi… Je me tapai le front contre le mur du couloir en me maudissant intérieurement. Je finis par m'y adosser en soufflant. J'essayai de me remémorer ce court mais merveilleux moment. Son odeur, sa voix, son visage, ses yeux… Comment se nommait-il déjà ? Oh, je devais le savoir ! Tout le monde le savait ! Soudain son prénom me revint et je fermai les yeux en souriant doucement, me le répétant encore et toujours. Emmett Cullen.
Une semaine s'était écoulée depuis l'évènement du couloir, et je n'avais jamais recroisé mon sauveur. Par contre, maintenant que j'y faisais attention, je réalisais que j'entendais son nom dans toutes les conversations. En littérature les filles se pâmaient même devant une photo de lui. Je les écoutais se morfondre sur le fait qu'il ne fréquentait jamais la gente féminine, et que personne n'avait réussi à lui mettre le grappin dessus. La cloche sonna, et le campus explosa dans l'effervescence. Les cours se finissaient plus tôt car cette après-midi notre équipe affrontait le campus voisin sur notre stade. Il y avait des affiches partout, et tout ce qui n'avait pas de rapport avec le match semblait s'être arrêté. Je n'étais jamais allée à un de leur match auparavant… Mais il fallait que je le revoie.
Le match faisait rage depuis une bonne heure et demi, et heureusement qu'il faisait toujours nuageux, car j'aurais étouffé dans les gradins. Je me sentais vraiment à part, assis sur mon bout de gradin sans écharpe ni chapeau rouge et bleu. De plus, je ne comprenais rien aux règles du jeu. J'essayai juste de me concentrer sur le Quater back… Sur Emmett. Il jouait comme un dieu, et personne n'avait une telle présence sur le terrain. Son casque, ses protections, son maillot… Dieu qu'il était beau. Il s'accroupit au sol, derrière la mêlée, et à son signal l'équipe fonça dans le tas. L'équipe adverse fut démolie, et quand le signal de fin retentit, les feux de Bengale jaillirent en un millier d'étincelles. Les joueurs éclatèrent de joie et le public hurla en se levant. J'applaudis moi aussi, ne le lâchant pas des yeux.
Une énorme fête était organisée dans la salle de réception du campus. L'alcool coulait à flot et les filles ne s'étaient jamais habillées aussi court. Je ne sais même pas pourquoi j'avais décidé d'y mettre les pieds. Je n'étais pas de ce monde, c'était ridicule. A quoi bon se tenir contre un mur et faire tapisserie. Je ne voyais même pas celui pour qui j'étais venue. Je me précipitai vers la table des boissons et attrapai un gobelet de punch. Je l'engloutissais d'un trait et le reposai sur la table. Je fis la moue quand l'alcool glissa dans mon estomac, puis m'emparai d'un second verre. Je m'apprêtais à lui donner le même sort que l'autre quand une main se referma sur mon poignet, m'empêchant de le porter à mes lèvres. Son contact glacé me fit virer les joues au pourpre. C'était lui. Je tournai mon visage ahuri vers lui.
- Tu étais pour l'équipe adverse ? Me dit-il avec une expression amusée.
- Pas du tout ! Clamai-je gênée.
- Dans ce cas pourquoi te saouler de désespoir ? Sourit-il en me prenant le gobelet des mains pour le reposer sur la table.
Je soupirai en baissant le visage. Alors ça se voyait tant que ça que je détestais être ici ? Je me rendis compte qu'un groupe de filles me montraient du doigt et piaillaient d'un air mécontent. Qu'est-ce que j'avais fait ? Emmett paru un peu embarrassé, jouant nerveusement avec le col de sa superbe chemise noire qui relevait le teint pâle de sa peau. Il me fit signe de le suivre et j'obtempérais sans même hésiter. Il posa une main dans mon dos pour me conduire jusqu'à la sortie. L'air frais me fit du bien, mais l'idée d'être seule avec lui me replongea plus profondément dans la timidité. Il m'emmena beaucoup plus loin, près des premières baraques étudiantes. Il s'arrêta près d'un banc et s'y assit. Je restais figée, ne réalisant toujours pas que c'était bien avec moi qu'il voulait se promener. Il paru amusé et tapota le banc à coté de lui. Je m'y assis toute tendue.
- Comment t'apelles-tu ? Me demanda-il gentiment, inclinant un peu son corps pour me faire face.
- Cendrine. Lui répondis-je la voix un peu étranglée
- Tu as un très bel accent, c'est mignon. Sourit-il en posant ses prunelles dorées sur ma bouche.
- Merci, je suis Française. Continuai-je en rougissant comme jamais.
- Alors dis-moi Cendrine… Commença-t-il d'un air sérieux. Rien que d'entendre mon prénom dans sa voix me brula le ventre. Il hésita un instant, comme s'il réfléchissait. Il releva enfin les yeux vers moi.
- Pourquoi sembles-tu si triste dès que je te regarde ? C'est en rapport avec l'incident du couloir ?
- Oh non ! Pas du tout ! Tu n'y es pour rien ! Rétorquai-je inquiète.
- Je suis tout le temps triste. Achevai-je dans un faible sourire. Il fronça les sourcils, la mine attristée, comme si mes derniers mots l'avaient réellement touché.
- Je ne m'intéresse pas aux autre gens en général, mais là je ne peux pas simplement fermer les yeux. Tu es quelqu'un de spécial Cendrine, je peux le sentir au fond de moi, et tu ne devrais pas être triste. Ce n'est pas juste. Reprit le beau brun avec une voix réconfortante et sûre d'elle.
J'acquiesçai doucement, émue par ses paroles. J'avais tant besoin d'entendre de telle choses, moi qui me pensais plus bas que terre. Il m'offrit un tendre sourire et son visage s'approcha doucement du mien. Mon cœur se mit à battre si fort, c'était dément. Son souffle me caressa et je pouvais sentir son odeur si particulière et délicieuse. Mes mains se mirent à trembler et il me les prit délicatement entre ses doigts si froids. Il me regardait avec tant d'intensité que je ne parvenais pas à détacher mes yeux de lui.
- Laisse-moi t'aider. Murmura-t-il alors que son visage s'approchait toujours.
Mon cœur battait maintenant à tout rompre, et ma respiration s'accélérait. Je le voyais si près maintenant, je pensais que j'allais me pétrifier sur place. Pourtant je ne le fis pas ! C'était comme si le désir s'était mis aux commandes. Mes yeux se fermèrent en même temps que les siens et ses lèvres frôlèrent les miennes, aussi froides et douces que le marbre. Il posa une main sur l'arrête de mon menton, m'inclinant doucement le visage pour prolonger notre baiser. Ses lèvres s'entrouvrirent et sa langue embrasa notre échange. Bien vite j'abandonnais toute retenue, entourant son cou de mes bras et me pressant contre lui sous nos baisers passionnés. Nos souffles rapides s'entremêlaient dès que nos lèvres se quittaient quelques instants. La sensation de chaleur au creux de mon ventre s'intensifiait à chaque seconde.
Il
me souleva tout à coup entre ses bras avec une facilité
déconcertante, et sans jamais lâcher mes lèvres, il me porta
jusqu'à l'une des baraques derrière nous. Il monta les quatre
marches de bois et me posa sous le porche alors qu'il fouillait
frénétiquement sa poche pour sortir ses clefs. Je ne l'aidais pas
beaucoup à ouvrir, en m'emparant sans cesse de son visage pour lui
dévorer les lèvres. Enfin la porte s'ouvrit et il me saisit à la
taille pour me soulever contre lui. Je relevai une jambe comme une
pin-up en gloussant de plaisir alors qu'il m'emmenait dans la
chambre. Il m'allongea sur le lit et s'empressa de refermer la
porte pendant que j'envoyais par terre tout les classeurs et les
livres présents sur le matelas. Il grimpa sur le lit et nous
échangeâmes des rires complices alors qu'il m'attrapait dans
ses bras musclés.
J'agrippais ses cheveux alors qu'il
rejetait les miens en arrière, pour pouvoir reprendre nos baisers
passionnés.
Le temps semblait défiler si vite, je ne voulais jamais que le matin arrive. Je finissais enfin de déboutonner sa chemise et je pus explorer son torse merveilleux et en dessiner chaque relief du bout des doigts. Il me fit un sourire des plus ravageurs en se redressant pour retirer complètement le vêtement. Il m'attira à lui et je l'aidais à enlever mon pull. Je retombais lourdement sur le matelas en l'entrainant par la nuque dans ma chute, m'emparant de sa bouche. Il frôla la dentelle de mon soutien-gorge du bout des doigts et je ne pus m'empêcher de frémir. Sa main se glissa alors à l'intérieur du bonnet et je lâchais un souffle de plaisir quand elle se referma sur la courbe de mon sein. Mais bien vite le tissu le gêna et il le dégrafa le rabat-joie avant de l'envoyer voler avec les autres vêtements. J'étais si excitée que je ne ressentais plus le moindre embarras. Il dessina la forme de ma poitrine avec des gestes lents et minutieux, se délectant de l'extrémité qui durcissait sous ses caresses expertes.
Je me mordais la lèvre alors que la chair de poule recouvrait l'ensemble de mon corps. Mes mains déboutonnèrent son jean tandis qu'il s'emparait de ma nuque. Il m'aida à retirer le pantalon et il revint sur moi avec hâte. Sa main suivit la courbe de ma taille, remontant jusqu'à ma cuisse. Il la saisit et la releva pour la presser contre sa hanche. Il lâcha ensuite ma jambe repliée pour partir à l'exploration de l'intérieur de ma cuisse. J'eus un soubresaut et m'agrippai à ses épaules. Un doux sourire se dessina sur les lèvres et il m'embrassa de nouveau, juste au moment ou ses doigts frôlaient le léger tissu. Il recula ses lèvres de quelques minimètres, lâchant un souffle de désir alors que je me cambrais sous ce contact glacé, contrastant avec le feu qui me brulait. Il parcouru le frêle tissu de haut en bas, dessinant les formes qu'il moulait. J'haletai désormais, ne pouvant plus respirer à une cadence normale tant le plaisir m'asphyxiait.
Il retira alors le dernier bout de tissu qui me recouvrait et quand ses doigts glacés se posèrent sur moi je poussai mon premier gémissement étouffé. Mon propre plaisir agrandissait son sourire, et il cessait de m'embrasser juste pour pouvoir me contempler. Je me consumais sous ses doigts experts, frémissant et m'agrippant à sa nuque comme si je craignais qu'il ne s'échappe et ne m'abandonne. Mais il ne m'abandonna pas, et quand mon plaisir grimpa inexorablement, proche de son apogée, il retira sa main pour me presser contre lui. Quand nos corps ne firent qu'un, je plantai mes dents dans son épaules musclée, luttant pour ne pas crier. Je sentais son souffle délicieux contre ma nuque, de plus en plus intense. Je priais pour que tout soit réel, et que jamais je ne me réveille. Sa main agrippa ma cuisse repliée contre lui, et je la sentais se presser en même temps que ses souffles.
Je le serrai fermement contre moi, pour me rappeler de chacun des contacts de nos peaux, du dessin de chacun de ses superbes muscles, des moindres traits de son visage divin, crispé par le plaisir. Mais son épaule ne suffit plus à étouffer ma voix, et mes gémissements soutenus brisèrent le silence de la nuit. La chaleur qui me dévorait explosa alors en rejetant ses flammes dans chacun de mes membres. Je me cambrais violemment dans mon dernier cri alors qu'il enfonçait son visage glacé dans le creux de ma nuque, serrant ma cuisse presque trop fort. Il se laissa rouler sur le coté en respirant fort, son torse divin se baissant et se relevant à la cadence de son souffle. Ses yeux d'ambre fixaient le plafond tandis qu'un sourire se dessinait sur ses lèvres. Il tourna la tête vers moi et me caressa la joue. Nous restâmes là longtemps, à nous contempler en silence. Pour la première fois depuis que j'avais quitté la France, je m'endormis avec le sourire.
Le lendemain, il avait disparu. Je me redressais en m'étirant sous les draps, essayant de me rappeler ou j'étais. Mes joues s'empourprèrent alors, aux souvenirs de la nuit brulante de la veille. Je me jetai hors du lit, cherchant mon amant des yeux. Mes prunelles tombèrent alors sur sa veste, posée sur la chaise de son bureau. Un mot était posé dessus. Je l'ouvris frénétiquement.
« Cendrine,
Je te remercie de m'avoir permis de me sentir vivant le cours d'une nuit. Malheureusement j'ai bravé les interdits, et ma nature me contraint à disparaitre. Je ne regrette rien, car t'avoir redonné le sourire mérite bien certains sacrifices.
Tu es quelqu'un d'exceptionnel, ne l'oublie jamais, je suis bien placé pour le savoir, alors ne laisse jamais personne te persuader du contraire. Je t'avais promis que je t'aiderai, alors regarde sur cette chaise. Cette veste est à toi, voici toute l'aide que je peux t'apporter.
Avec mes remerciements infinis,
Emmett »
Je me mordis la lèvre en serrant la lettre contre mon cœur. J'étais si heureuse et émue à la fois. Je pliais le bout de papier et le fourrai dans la poche de la veste de l'équipe de football. Je l'enfilai sur mes épaules, respirant son odeur si délicieuse. Je lançai un dernier regard à la chambre avant de sortir du baraquement. Au revoir Emmett… La cloche sonna et je me dépêchai d'entrer dans l'établissement, serrant mes bras autour de la veste bien trop grande pour moi, aux initiales de son ancien porteur. Dans le couloir, tout le monde se retourna sur mon passage, et certaines filles me saluèrent de la main avec des sourires ahuris. Je baissai le visage, rouge et heureuse. Je finis de traverser le couloir et pénétrai dans l'amphithéâtre, dans lequel d'autres têtes se tournèrent sur mon passage, ponctués de murmures et de grands sourires dans ma direction. Je m'assis rapidement et ressortais le petit mot de ma poche. J'inspirai une dernière fois son odeur puis le serrai tendrement dans mon poing. Le cours commença alors.
