Chapitre 9

Le lendemain, je m'étais levée en retard, j'avais pris ma douche, mon petit-déjeuner et maintenant, il fallait aller en cours. J'allai vers ma voiture à reculons, comme à chaque fois que j'allais au lycée, il me restait une année de torture avant le diplôme, il fallait tenir bon jusque là. Charlie ne s'attendait pas à ce que j'entre à l'université après de toute façon, je me trouverais un boulot facile et advienne que pourra.

Lorsque je tournai la clé de contact, la voiture ne démarrait pas, je tentai à nouveau et toujours pas. Pas question d'aller au lycée à pied donc je rebroussai chemin, quand même contente de cette journée de repos imprévue.

Je passai ma journée devant la télé jusqu'à ce que Charlie revienne de son travail.

« Kiara, fit celui-ci, tu n'est pas allée en cours aujourd'hui ?

« Ma voiture ne démarre pas.

« Y a 20 minutes de marche pour y aller, c'est pas si loin. Rouspéta-t-il

« Faudrait l'emmener au garage.

« Je m'occuperai de ça la semaine prochaine. Soupira-t-il.

« Que la semaine prochaine ? M'écriai-je.

« Un peu de marche ne te fera pas de mal. Ça te fera peut-être réfléchir.

Je soupirai et montai à l'étage, je grimpai immédiatement sur le toit, adossée à la cheminée, je repensais à tout ce que j'avais appris ces derniers jours. Vampires, loups, moi... j'étais en train de rêver, depuis plus d'une semaine... je devais être dans le coma, c'était la seule explication du fait que je ne me réveillais pas.

Je fus sortie précipitamment de mes pensées par Edward, qui venait de sauter sur le toit.

« Mais qu'est-ce que tu fous ? lui lançai-je.

« Je te rends visite. Fit-il guilleret en s'asseyant devant moi.

« Pourquoi ?

« C'est ce que font les amis.

« Pas sur le toit. Soufflai-je.

« Qu'est-ce que tu fais sur le toit ? S'enquit-il.

« Je tente de sortir du coma. Je préférais quand tu me détestais.

« J'imagine qu'avoir appris tout ça doit être éprouvant... C'est pour ça que tu n'es pas venue en cours ? Et je ne t'ai jamais détesté, j'étais tendu, j'ignorais si tu garderais le secret une fois que tu aurais compris. C'est la première fois, à ma connaissance, qu'un humain apprend notre existence. Nous ne savions pas comment tu allais réagir.

« Je ne suis pas allée en cours parce que ma voiture ne démarre pas, rien à voir avec vous.

« En parlant de vous, Repris-je, c'est quoi ton don ? Si tu n'as pas de vision comme moi, comment se fait-il que tu ais pu savoir pour moi ?

« Je lis dans les pensées. M'expliqua-t-il souriant.

« Tu... quoi ?

« Les pensées me parviennent, toutes celles des gens autour de moi.

Je te déteste !

« Je sais et tu ne peux rien me cacher, rigola-t-il.

« Déjà que tu m'énervais mais là, la haine que je te voue a atteint son paroxysme.

« Je suis flatté. Railla-t-il.

« Tu es exaspérant. Soupirai-je. Comment ta famille fait pour te supporter ?

« Des années d'entraînements... blagua-t-il.

« Il faut au moins ça... lançai-je. Et ça leur fait rien que tu entendes leurs pensées ?

« Ils font avec, j'essaye de ne pas y prêter attention.

« Ce pourrait-il que tu acceptes de faire de même avec les miennes ? Tentai-je.

« Impossible, c'est trop distrayant. Dit-il, un sourire moqueur sur les lèvres.

Je lui collerais bien une croix sur son visage trop parfait !

« Ça ne me fera rien. Pouffa-t-il.

« De l'eau bénite ?

« Non plus.

« Un pieu dans le cœur ?

« Il finirait en lambeau.

« Et tous les mythes s'effondrèrent un à un... murmurai-je.

« Désolé... Je viens te chercher demain. Fit-il, en se levant.

« Hors de question !

« Alors tu iras avec Charlie, il compte t'y emmenée jusqu'à ce que ta voiture soit réparée.

« C'est pas vrai ! Soufflai-je.

Difficile de faire un choix... qu'est-ce que je détestais le plus, me trimbaler dans la voiture de police de mon père ou l'agaçant Cullen ?

« A demain. Fit-il avant de disparaître.

Je restai sur le toit quelques minutes avant de redescendre.

Le lendemain, Charlie était encore là lorsque j'étais descendue prendre mon petit-déjeuner. Il avait raison, mon père était bien décidé à m'emmener au lycée.

« Dépêches-toi, Kiara, tu vas être en retard ! Gronda Charlie.

« J'ai pas pris mon petit-déjeuner.

« Prends un truc rapide, alors.

C'est pas censé être le repas le plus important de la journée ? Je sortis un pain au chocolat de son emballage et l'engouffrai rapidement.

Quelqu'un frappa à la porte. Cullen... Charlie ouvrit.

« Bonjour, monsieur Swan.

« Bonjour, Edward. Fit mon père, surpris de la visite matinale.

« Je viens chercher Kiara, comme sa voiture est en panne elle m'a demandée de l'emmener jusqu'à ce que sa voiture soit réparée.

« Mmh, d'accord. Charlie se tourna vers moi. Kiara, ton ami t'attends.

C'est pas mon ami ! Grondai-je intérieurement, je pris mon sac et sortis de la maison, en passant devant Charlie, je sentis qu'il était ravi.

Je montai, côté passager, dans la Volvo grise garée sur le bord de la route.

« Ton père est content que tu te sois trouvée un ami. Lança Edward une fois installé devant le volant.

« S'il savait, il ne serait pas si content.

« Je doute qu'il m'apprécierait autant.

« Parce qu'il t'apprécie ?

« Oui, il trouve que je suis poli et bien élevé et il pense que j'aurais une bonne influence sur toi.

« Il est trop optimiste. Déclarai-je. Il déchanterait s'il voyait à quelle vitesse tu roules en ce moment.

« J'aime la vitesse.

« Jusqu'à combien tu l'as poussée ?

« 190.

« Taré ! Même moi, je n'oserais jamais conduire à cette vitesse.

« J'ai de meilleurs réflexes, il n'y a aucun risque d'accident.

« Je n'en doute pas... sale vampire !

Il rigola, on était déjà arrivé au lycée, il y avait du monde sur le parking et devant les bâtiments, c'était inhabituel pour moi d'arriver si tôt.

Je sortis de la voiture, tous les élèves nous fixaient, ahuris que j'accompagne quelqu'un et le fait que ce "quelqu'un" soit un Cullen attisait leur curiosité bien plus.

En rejoignant le bâtiment où j'avais anglais, l'agaçant Cullen à mes côtés, je percevais plusieurs sentiments différents, de la curiosité chez la plupart des élèves, de la jalousie chez d'autres.

« On se voit plus tard. Dit-il tandis que j'entrai dans la salle de cours.

Alice était déjà à sa place, je m'installai à côté d'elle.

« Salut. Lança-t-elle joyeusement.

« Salut Alice.

c'était curieux qu'elle continue de me parler malgré toutes les fois où je ne lui répondais pas.

« Pas trop déboussolée par ce que tu as appris à notre sujet ?

« Non ça va, y a juste le fait de savoir que ton frère peut lire dans mes pensées qui me perturbe.

« Je comprends.

Mr Mason entra dans la salle.

« Bonjour tout le monde. Nous salua-t-il. Aujourd'hui, nous allons étudier les méthodes pour faire une rédaction. Ouvrez vos livres page 42.

« C'est frustrant de savoir qu'il peut toujours tout savoir sans que nous puissions le cacher ou presque. Reprit-elle ignorant le prof.

« Ouais... Han, mais j'avais pas réalisé ! y a des trucs que j'ai pensé sur lui quand il était pas loin...

« Des pensées peu avouables ?

« J'ai pensé à différentes manières de le tuer dans la forêt...

Elle retint un rire.

« Je comprends maintenant pourquoi il te trouve amusante. Généralement, c'est un autre genre de pensées qui traversent l'esprit des filles quand elles le voient. À l'opposé de ce que toi, tu penses.

« Je vois... donc je devrais me mettre à penser à ce genre de chose pour qu'il me laisse tranquille.

« Ça ne marcherait pas.

« Pourquoi ?

« Déjà parce que tes pensées te trahiront à un moment ou un autre et dans l'immédiat parce qu'il doit déjà connaître tes plans, tes pensées lui parviennent fatalement et il doit sûrement être en train d'espionner notre conversation vu la tournure que tes pensées doivent prendre.

Maudit vampire agaçant, je te hais !

« Il peut nous entendre ?

« Tous nos sens sont sur-développés. M'informa-t-elle.

« Ça doit être cool, ça.

« C'est assez utile.

L'heure de cours terminée, je filai en salle d'économie. Je ne sortis pas mes affaires, l'économie c'était barbant, je sorti mon portable de ma poche et commençai une partie de ''snake''.

À l'intercours, je croisai l'agaçant Cullen.

« Tu devrais suivre le cours plutôt que jouer avec un serpent sur ton téléphone.

« Qu'est-ce que ça peut te faire, Cullen rabat-joie ? Lui lançai-je.

« Je me demande combien de surnoms différents tu vas encore me trouver. Blagua-t-il.

« Tu ne me laisseras donc jamais tranquille ?

« Tu devrais plutôt me remercier, Lauren compte bien te faire passer tout un interrogatoire dès que tu seras seule, je te sauve la mise en te tenant compagnie.

« Je saurai me débrouiller, t'en fais pas.

« Comme tu veux. Railla-t-il en s'éloignant.

J'entrai en cours de philosophie, Lauren suivait ce même cours, elle aussi. Elle se dirigea vers moi lorsqu'elle me vit en entrant mais Mme Carter la coupa dans son élan en arrivant juste après.

Cependant, je ne fus tranquille que peu de temps car Lauren s'était installée à ma table lorsqu'elle m'y avait vu, seule, au déjeuner.

Elle ne prit pas la parole tout de suite, me voyant les sourcils froncés, elle hésita d'abord.

« Tu l'aimes bien ? Me demanda-t-elle finalement.

Elle n'avait pas besoin de me préciser de qui elle parlait, elle savait que je devinerais par moi-même. Je la maudissai intérieurement. Je regardai vers la table des Cullen et Edward me souriait de toute ses dents, je le maudissai lui aussi.

« Non !

« Pourtant, c'est le seul avec qui tu... traînes. Hésita-t-elle. Et les Cullen ne parlent à personne, pourtant la petite brune et Edward te parlent.

Évidemment, elle ne retenait que le nom de celui qui l'intéressait, c'était tellement... Lauren. Elle n'était pas dans notre cours d'anglais mais je savais que l'information qu'elle tenait venait de Jessica qui elle, était bien dans ce cours.

« Alice.

« Quoi ?

« La petite brune s'appelle Alice.

Elle haussa les épaules se fichant bien de son nom.

« T'as fini ? Repris-je.

« Fini quoi ? Questionna-t-elle.

« Ton interrogatoire ! Comme je te l'ai dit l'autre jour, si tu veux des infos sur Cullen, vas le voir directement, il se fera une joie de répondre à toutes tes questions de femelle en chaleur.

Elle parut offusquée et retourna à sa table habituelle. Je regardai à nouveau la table de celui qui l'intéressait tant, il rigolait joyeusement, un rire communicatif car je ne pus m'empêcher de rigoler intérieurement, mon don ne jouant pas en ma faveur.

Arrivée en bio, je m'installai à la place qui était devenue la mienne depuis que Cullen était arrivé. Je m'étais trop habituée à ce changement pour profiter de son absence et reprendre mon côté de la paillasse.

« Tu sais, Fit-il en arrivant, tu me l'aurais demandé, je te l'aurais laissée, cette place.

« Y a-t-il un moyen quelconque pour t'empêcher de t'immiscer dans ma tête ?

« Aucun, désolé.

« Tu mens, tu n'es absolument pas désolé. Lui lançai-je.

« Je pensais que ton échange avec Lauren aurait duré moins longtemps que ça. Changea-t-il de sujet. D'ailleurs je me disais qu'elle n'aurait pas eu le temps de te poser la moindre question avant que tu ne l'envoies promener.

« Elle aurait insisté, elle est tenace... pas autant que toi, par contre.

« Je remercie sa ténacité alors, grâce à elle, j'ai pu confirmé une de mes hypothèses.

« C'est-à-dire ? Lui demandai-je.

« Tu aimes bien Alice. Répondit-il simplement.

Ce pourrait-il qu'il ait raison ? Oui, je crois que j'aimais bien Alice, du moins, je ne la détestais pas.

« Comment tu pouvais le savoir alors que je n'y avais pas pensé moi-même ?

« Et bien, en passant outre tes dernières pensées, tu as discuté avec elle comme si vous étiez amies et tu as repris Lauren quand elle t'a parlé de la petite brune.

« Ton raisonnement est valable... concédai-je. Donc tu espionnes mes conversations ?

« Je n'ai pas eu le choix, j'étais trop curieux de la conversation qui accompagnait tes pensées.

« Kiara, Edward, vous voudriez bien nous faire connaître vos commentaires ?

Je me redressai vers le prof, je ne m'étais même pas rendue compte que le cours avait commencé.

« Vous seriez trop choqué. Lui lançai-je moqueuse.

Il secoua la tête en soupirant.

« Suivez le cours ou je vous change de place.

On avait gardé le silence le reste du cours.

En littérature, la moitié des groupes de deux passèrent devant la classe pour présenter oralement leur exposé. Heureusement, la sonnerie de fin de cours retentit avant que ce fusse notre tour.

En sortant du bâtiment, je me rappelai que je n'avais pas ma voiture, j'allai devoir faire le trajet retour avec Cullen ou rentrer à pied.

« Tu ne vas quand même pas rentrer à pied. Lança-t-il en arrivant à mon niveau.

« Je suis sûre que tu trouveras le moyen que ça n'arrive pas.

« Tu ne veux toujours pas lire l'exposé avant le prochain cours ?

« On a le droit de lire ce qu'on a fait, je le lirai donc à ce moment-là.

Il déverrouilla sa voiture et nous nous y installâmes.

« Deux jours de vacances. Soupirai-je.

Deux jours sans le lycée et sans ce fouineur d'esprit.

« Tu me places au même niveau que le lycée ? S'offusqua-t-il.

« Bien sûr que non ! Tu es bien pire.

« J'espère que le jour où tu commenceras à m'apprécier n'arrivera pas trop tôt... Dit-il songeur.

« Ça ne risque pas ! Lançai-je.

« Je n'en suis pas aussi convaincu que toi.

« Qu'est-ce qui te fais dire ça ?

« J'ai vu ça quand tu as parlé avec Lauren ce midi, tu ne t'es peut-être pas rendue compte mais tu commences à mettre une barrière entre tes émotions et celles des autres. Bientôt tu feras clairement la différence.

« Comme Jasper... mais moi, je ne suis pas un vampire, donc tu ne peux pas être sûr que je réussirai à faire cette différence comme lui ?

« Ça aurait été logique que tu ne puisses pas, vu que tu n'es qu'une petite humaine, Je le maudis intérieurement en entendant ces derniers mots, cela dit, c'est déjà illogique que tu ais un don si développé, quel qu'il soit. Mais je t'ai étudiée depuis ta visite chez nous, tu avais déjà compris que les émotions que tu ressentais ne venais pas de toi ou pas seulement de toi et depuis ce jour, ça a évolué.

« Tu m'étudies ? Me vexai-je. Genre comme un rat de laboratoire ?

« Désolé, j'aime bien comprendre les choses qui m'échappent. M'expliqua-t-il. Donc quand la barrière sera complètement érigé dans ton esprit, tu n'auras plus de saute d'humeur, de malaise face à quelqu'un et donc ta haine contre les autres, contre moi n'aura plus lieu d'être.

« Tu as tort.

« Vraiment ?

« J'aurais toujours une bonne raison de te détester... tu lis dans mes pensées. Lui signalai-je.

« C'est vrai, je n'y pensais plus. Je parlerai à Carlisle de tout ça, peut-être que ça l'aidera dans ses recherches.

Il se gara devant chez moi.

« Tu me diras quand il aura trouvé quelque-chose.

« Bien sûr. Bon week-end, Kiara.

« Salut, Cullen. Lui lançai-je avant de sortir de la voiture.