AN : Un nouveau chapitre arrive (vite)…
Il faut croire qu'il y a de l'inspiration dans l'air ! Et puis toutes vos gentilles reviews m'ont bien stimulée…
Avant tout… BON ANNIVERSAIRE (un peu en retard) à Eriakins ! J'espère que tu as eu de beaux cadeaux (c'est pas tous les jours son anniversaire) !
Titou… merci de t'inquiéter, et crois-moi, ayant aujourd'hui les résultats en main, je peux te dire que ça a valu le coup de vous priver pendant aussi longtemps ! Ça en a *vraiment* valu le coup !
Coucou spécial à Sam, ma petite chérie, dragonwing4, kikoup (encore une fois, ton mail m'a fait plaisir ^-^ ), Mariposa, Tangerinedream, Nefra, Gody…
Pour Click… et pour tout le monde, d'ailleurs… Je tiens à rappeler que sans Fred et George, cette version miroir de « Parfois, les Serdaigle aussi sont courageux » n'existerait pas… Pas un chapitre n'est publié sans qu'il n'y ait eu lecture attentive de leur part pour déceler ce qui ne plaît pas, ce qui pourrait éventuellement ne pas correspondre avec le futur de la fic originale (et de même, pas un chapitre des jumeaux Weasley n'est édité sans que je ne l'ai lu avant… mais principalement pour d'autres raisons :p ). Je crois que sans le merveilleux travail d'équipe avec Fred et George j'aurais depuis longtemps abandonné le merveilleux monde des fanfictions. (Qu'est-ce que je m'ennuirais !) Alors voilà… tout mon amour à vous, les jums ! ^-^
J'ai fait le tour de tout le monde ? Ah ! Bienvenue à Claire ! ^-^ Et gros bisous à Lunenoire, Kyarah et Sandrine Lupin !
Et puis, si par hasard j'en aurais oublié, je m'excuse platement…
Il est maintenant temps pour moi d'aller dormir, alors… bonne lecture ! J'espère que ce chapitre vous plaira !
9 – Vol au-dessus d'un nid de Sorciers.
Les elfes de maison avaient positivement assailli Remus quand il avait osé murmuré qu'il avait un peu faim. Le pauvre garçon ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Il était venu assez souvent ici pour savoir qu'il ne fallait pas dire de telles choses dans cet endroit.
Il avait beau faire, les elfes refusaient d'arrêter de bourrer son sac à dos avec le maximum de victuailles possible. Et quand le sac fut plein à ras bord, impossible même à fermer correctement, ils cherchèrent à remplir ses bras de ce qu'ils n'avaient pas encore réussi à lui refiler.
- Non, merci, ça va aller… ouioui, je vous assure, j'en ai assez ! Je ne mourrais pas de faim !
Il dut pratiquement fuir à toutes jambes pour finir, submergé par le flot des petits êtres serviables. Non seulement maintenant, il était chargé comme une mule, mais en plus, il allait être en retard ! Et sacrément en retard…
Ce n'aurait encore rien été si le chemin n'avait pas été absurdement long. Il courut dans les couloirs aussi vite qu'il put, en prenant tous les raccourcis auxquels il pouvait penser, mais il ne glissa devant Kyana qui, par chance, attendait encore devant le grand escalier de marbre, qu'un long moment après l'heure prévue.
- Excuse-moi, je suis en retard ! dit-il en jetant un coup d'œil à sa montre. Très en retard, d'ailleurs. Tu étais pile à l'heure, je suppose. Ça arrive toujours quand on est en retard. Je suis allé chercher des trucs et ça m'a pris plus de temps que prévu. Je suis sincèrement désolé.
- Ce n'est pas grave, voyons, dit Kyana en souriant gentiment. Chacun son tour d'être en retard.
- Oh, ce n'est pas mon genre de me venger, je n'ai réellement pas fait exprès.
- Je m'en doute bien. Pourquoi tu traînes ton sac à dos ?
Remus réajusta justement le lourd poids des victuailles sur ses épaules et fit un petit sourire mystérieux.
- Bah… tu verras.
Ceci dit, il passa devant elle pour lui ouvrir la lourde porte de chêne de l'entrée et ils sortirent. Le soleil était justement en train de se coucher, et le paysage était magnifique. C'était dommage qu'ils ne soient pas à la corniche pour le voir. De là-haut, tout était si magnifique…
Le chemin était terriblement long, mais il ne fut ni fastidieux, ni ennuyeux. Il ne l'était jamais quand il n'était pas seul.
Quand ils arrivèrent à la corniche, les dernières lueurs du coucher de soleil se reflétaient encore sur le lac, et Remus savoura l'expression émerveillée du visage de Kyana.
- C'est merveilleux, murmura-t-elle, comme hypnotisée par le paysage.
- Je savais bien que ça te plairait.
Et il se pencha pour déballer son sac parce que son estomac le titillait et il était bien connu, de toute façon, qu'il vaut mieux observer une belle vue avec un ventre plein !
- Tu m'as emmenée en pic-nique ? demanda Kyana.
- Hein ? Oh, eh bien… oui ! Il semblerait. J'avais faim alors j'ai apporté de la nourriture. J'ai des bonnes idées sans m'en rendre compte, c'est curieux.
Il lui fit un sourire et étala une grande couverture rouge et blanche bien moelleuse, qu'il enchanta pour être chauffée, et étala les provisions dessus. Le temps qu'il en arrive aux bouteilles de Bièraubeurre, bien emballées au fond de son sac pour ne pas qu'elles cassent, il se rendit compte que la Serdaigle ne touchait à rien, et il leva le regard vers elle.
- Mais toi, tu as faim ?
- Eh bien… oui justement ! Je n'ai pas beaucoup mangé au dîner.
- Ah bon ? Pourtant, c'était bon.
- Oh… je n'avais pas faim à ce moment-là.
Il hocha la tête.
- Je comprends l'idée… Alors profites-en, j'en ai apporté beaucoup trop, je crois. C'est pour les réserves du QG, tu vois… Mais on n'y va plus beaucoup.
- Ouais, je vois, dit-elle avec une mimique compréhensive. Ils étaient encore en train de se battre, quand tu m'as écrit ?
- Oh, non… Sirius allait à sa détention hebdomadaire et Lily donnait une leçon de rattrapage à des quatrième années. C'était donc tranquille niveau engueulade.
Il s'allongea sur le dos sur la couverture en savourant un morceau de tarte pour mieux regarder le ciel sur lequel les étoiles commençaient tout juste à apparaître, une à une. Il n'avait pas vraiment envie de s'attarder sur le sujet de la guerre des Gryffondor.
- Tu ne préférais pas rester avec tes amis ? demanda-t-elle, un soupçon de surprise dans la voix.
- Eh bien… tu n'es pas mon amie, toi ? s'inquiéta-t-il.
- Oui… oui, bien sûr. Mais je pensais que tu préférais… être avec eux.
Il rit et croisa la main derrière la tête, ayant fini sa part de tarte. Il poussa un petit soupir satisfait avant de répondre.
- On dirait que je m'entends parler, c'est marrant. Et pour répondre à ta question, ce n'est pas que je préfère l'un ou l'autre. Je suis toujours avec eux. Je n'en suis pas lassé, mais c'est facile pour moi, passer du temps avec eux, nous sommes dans la même maison. Je m'étais dit, la dernière fois que je suis venu, que tu aimerais cet endroit et, jusqu'à aujourd'hui, on a rien fait d'autre que des trucs pour l'école. J'ai pensé que ça serait bien de faire autre chose, non ?
- Je suis tout à fait d'accord avec toi, approuva Kyana avec un sourire.
Remus, après avoir contemplé le ciel un instant en silence, eut un petit ricanement.
- Mais j'avoue que moi aussi, j'étais convaincu que tu aurais beaucoup mieux à faire que de venir te balader avec moi. On fait un joli duo, non ?
- Uh uh !
Là-bas, les innombrables fenêtres de Poudlard s'illuminaient une à une comme les feux et les torches étaient rallumés pour la soirée. Remus se retourna sur le côté pour mieux admirer – malgré le reflet du lac qui lui montrait le château à l'endroit, il allait finir par avoir un torticolis.
Ce fut alors, en ouvrant une bouteille de Bièraubeurre, qu'il remarqua le trognon de pomme que Kyana tenait encore dans ses mains.
- Oh, attends ! J'ai amené un sac pour faire une poubelle…
La jeune fille sembla sortir avec difficulté de sa contemplation du lac tandis que Remus farfouillait dans son sac à dos.
- Quoi ?
- Un sac poubelle… pour ton trognon de pomme ! A moins que tu ne comptes le garder toute la soirée ?
- Oh… je pourrais aussi le laisser ici et attendre qu'il fasse un pommier ! C'est drôle… ma maman me disait toujours que, si j'avalais les pépins de pomme, j'aurais peut-être un pommier qui pousserait dans mon ventre.
Le jeune Gryffondor faillit avaler sa gorgée de Bièraubeurre de travers et se rallongea sur le côté, moitié toussant, moitié riant.
- Ça doit être un truc typiquement maternel, alors. J'ai eu droit à cette histoire aussi… J'ai bien essayé de m'en servir pour les carottes, mais comme les carottes n'ont pas de pépins, ça n'a pas march
Ce fut au tour de Kyana d'éclater de rire. Mais elle, au moins, n'était pas en train de manger ou de boire, et ne s'étouffa pas, ce qui était profondément injuste. Remus lui jeta un coup d'œil amusé, se demandant s'il allait devoir poursuivre son histoire…
- Les carottes ? s'étonna la jeune fille. Mais… pourquoi ?
Ce qui aurait été sans compter une curiosité bien naturelle… voilà ce que c'était de parler trop vite !
- Eh bien… tu vois, quand ma maman essayait de me faire manger des carottes, ce qui n'est pas, et de loin, mon plat favori, je lui disais :
Il se redressa à moitié, imitant un tout petit Remus avec un poing sur une hanche et un index pointant de manière accusatrice le vide devant lui.
- « Et les pépins des carottes, alors ? Y'a pas des carottes qui vont pousser dans mon ventre ? » Bon, ça ne l'empêchait jamais de me faire finir mon assiette, et aujourd'hui, elle n'hésite pas à ressortir cette partie peu glorieuse de mon enfance… Alors je me demande si c'était une bonne manœuvre, finalement. D'ailleurs, toi aussi, tu te moques de moi !
Kyana essaya de camoufler son fou rire, tant bien que mal, et se força à retourner son attention à sa part de tarte, mais elle fut reprise d'une crise de fou rire quand Remus lui fit une moue boudeuse, et manqua de s'étouffer à son tour.
- Je suppose que demander une histoire semblable de ton enfance est inutile ?
La Serdaigle eut soudain l'air innocent d'un agneau qui venait de naître.
- Je n'ai pas d'histoires à raconter ! S'il y avait une bêtise à faire ou à dire, c'était mon frère et ma sœur !
- Oh, je vois, tu es la petite dernière !
- Tout à fait ! Jethro, mon frère, c'est le plus grand. Quand quelqu'un faisait une bêtise, c'était toujours lui qui se faisait gronder, même si c'était Karen et moi les coupables. Normal, les garçons sont toujours plus turbulents que les filles.
- C'était pas gentil pour Jethro…
- Tu veux dire que c'était bien fait pour lui ! Il est grand et fort, et il nous chatouillait tout le temps !
- Alors comme ça, tu es chatouilleuse ? releva Remus en haussant les sourcils.
Kyana ouvrit grand les yeux, bouche encore ouverte, se rendant compte qu'elle venait de révéler quelque chose de crucial.
- Ne t'en fais pas, je ne le dirais pas à Sirius. Ni à Cathy, d'ailleurs… elle aime bien chatouiller. Etrangler, surtout, mais chatouiller aussi. Et puis tiens, tu parlais de garçons plus turbulents que les filles ?
- Ah, non ! Cathy, ça ne compte pas !
Ils se jetèrent un coup d'œil et éclatèrent de rire.
Il faisait complètement noir, maintenant, et ils cherchaient en tâtonnant les friandises sur la couverture. Les étoiles scintillaient de plus en plus brillamment, dans le ciel, et se reflétaient dans le lac, de sorte qu'il semblait y avoir un morceau de ciel étoilé étalé au-dessous d'eux dans la pénombre. Puis la lune se leva, éclairant de son parfait demi-disque le paysage.
Parfois ils se contentaient d'admirer, parfois ils discutaient, se pointant des étoiles et des constellations.
- Et celle-là, là, à droite ?
- Celle-l ?
- Non, non, à droite… enfin, ta gauche.
- Ah. Euh… on l'a vu en Astronomie ?
- Oh que oui, confirma Remus avec un sourire moqueur aux lèvres.
- Je dois dire que ce n'est pas ma matière de prédilection…
- C'est Sirius !
- Hein ?
- C'est l'étoile qui s'appelle comme ça !
- Oh… oh ! Je me rappelle !
- C'est Sirius qui nous embête avec celle-là… Nommé d'après une étoile, tu te rends compte ? S'il avait pas déjà la grosse tête…
Il lui fit un clin d'œil, oubliant qu'il était difficile de se voir dans l'obscurité, alors qu'elle éclatait de rire.
- Ce n'est vraiment pas que je m'ennuie, dit Kyana au bout d'un moment de confortable silence, mais… il est quelle heure ?
Remus sursauta. A vrai dire, il était tellement bien installé là, à regarder les étoiles et discuter de tout et de rien qu'il avait fini par somnoler doucement, porté par un étrange bien être, sans doute dû au soulagement de tant de tensions. Cela faisait au moins des semaines qu'il n'avait pas été aussi bien.
Il cligna des yeux à plusieurs reprises. Il pencha sa montre du côté du premier quartier de lune pour essayer de voir sa montre, en vain. Le rire moqueur de la jeune fille à côté de lui l'interrompit, et il fut ébloui par la lueur d'une baguette.
- Ça va aller mieux comme ça, tu ne crois pas ?
- Ouais, je pense aussi. Il est… Wouah ! Je t'ai encore fait manquer le couvre-feu !
Il leva un regard angoissé vers elle, juste à temps pour la voir soupirer avec un air ennuyé. Oh, c'était entièrement sa faute ! Le temps avait passé si vite, il avait eu l'impression d'être là depuis seulement quelques minutes. Et maintenant, Kyana allait être en colère après lui !
- Je… suis désolé, balbutia-t-il, je…
- Oh, non, interrompit-elle. C'est juste que… j'espère ne pas me faire encore coincer par Spite.
Ah… si ce n'était que ça… il roula à nouveau sur le dos, riant encore à l'image mentale de Kyana lançant son maintenant fameux « La ferme » au terrible professeur. Il se détendit à nouveau, retrouvant exactement la sensation confortable et somnolante là où il l'avait laissée.
- J'irais te reconduire, dit-il pour la rassurer. Je vais surveiller s'il arrive.
- Serais-tu en train de t'endormir ?
Ouch. Touché. Mais il ne pouvait pas s'en empêcher… d'ailleurs, ce n'était pas comme s'il faisait des efforts.
Jusqu'à ce qu'une main venue de nulle part le frappe en plein milieu du ventre. Il sursauta violemment, immédiatement assis, se tenant son pauvre petit ventre maltraité.
- Tu t'endors, gros paresseux ! dit Kyana avec un rire dans la voix.
- Hey ! Je suis peut-être paresseux, mais je ne suis pas gros.
Elle rit et se réinstalla confortablement sur la chaude couverture, apparemment peu pressée de partir. Il se rallongea également. Après tout, ce ne serait pas si mal de passer la nuit ici. Ils étaient au chaud, ils avaient des vivres. Si ce n'était les rumeurs qui ne manqueraient pas de courir s'il découchait pour revenir, au matin, avec Kyana.
Il était peut-être un peu naïf, mais il savait très bien à quoi cela ressemblerait. Alors que ce n'était qu'une soirée entre amis, et rien de plus. Et la Serdaigle n'avait certainement pas besoin de ce genre de rumeur sur elle, et encore moins avec lui ! Il avait déjà surpris des regards de désapprobation sur leur passage…
- Oh, la ferme… dit soudain Kyana.
Remus éclata de rire, tandis que la jeune fille se cachait le visage dans les mains, désespérée.
Il fallut bien partir, à la fin. Il faisait un peu froid en se levant de la couverture magiquement chauffée, mais ils s'emballèrent bien vite dans leurs capes. Remus emballa ce qui restait du pic-nique dans le sac, devenu beaucoup moins lourd, sous la lumière de la baguette de Kyana, et ils se mirent en route.
- Tu n'allumes jamais ta baguette ? s'étonna Kyana. On n'y voit pas à deux mètres, et sur le petit chemin, on ne verra plus la lune, il fera noir comme dans un four.
- Oh… c'est que… j'aime bien marcher dans le noir. Mais dis-moi, petite Kyana… serais-tu dépendante de la magie ?
- Hein ? Bien sûr que non !
- Et pourtant, tu utilises tout le temps ta baguette ! taquina-t-il.
- Eh bien… eh bien… puisque c'est comme ça, très bien ! s'écria-t-elle en mettant sa baguette dans sa poche. On va rentrer au château sans baguette ! On va voir qui est dépendant de la magie !
- Oui, mais il y a un passage o
- Tant pis ! C'est un défi ! Interdiction d'allumer les baguettes !
Remus ricana à la furieuse détermination de Kyana. Elle se mit à rire doucement elle aussi, et bientôt, ils cherchaient à se débarrasser d'un furieux fou rire, pas tellement arrangé par le fait qu'ils ne voyaient pas où ils mettaient les pieds.
- A ce rythme-là, on n'est pas arriv ! commenta Remus.
La première partie du chemin, en plein clair de lune, était plutôt facile, et ils purent discuter gentiment sans trop faire attention à où il mettait leurs pieds.
- Tu connais le dernier jeu qui circule ? demanda Kyana. Où il s'agit d'essayer de trouver quel animal serait une personne si elle devenait Animagus ?
- Euh… pas du tout, non !
- Bon, ben alors on va commencer simple… Que dirais-tu de… Lily ?
- Lily la tigresse ?
La jeune fille laissa échapper un léger rire.
- Elle n'est pas si féroce !
- Que tu crois… et toi, que dirais-tu de… James ?
- Oulà… euh… un cygne ?
- Un cygne ?
- Ben oui, l'élégance, la noblesse…
- C'est drôle, je voyais plus les cygnes comme des oiseaux fiers et méchants !
- Bon, d'accord, admit Kyana après un rire. De ce point de vue là, c'est pas approprié… Spite ?
- Vieille chauve-souris aigrie et rabougrie.
- C'était trop facile.
- Peu importe… Daniel ?
- Un crabe !
- … ?
- Il est plus large que haut, souvent rouge, a décidé que « droit devant » n'est pas la meilleure manière de marcher, il a l'air méchant avec ses grosses pinces, mais il ne fait pas très mal.
Remus plaqua rapidement la main sur la bouche pour étouffer son ricanement. C'était une description assez exacte du Professeur de Potions, mais cependant un peu trop cynique pour la gentillesse de l'homme.
- Désolée, s'excusa Kyana. Il est gentil ! Je l'aime bien ! Mais…
- Va pour le crabe ! A toi…
- Ah ! Question piège : moi, je serais quoi ?
- Un agneau ! répondit Lupin sans hésiter. Parce que tu es douce et innocente.
- Ah, c'est gentil, dit-elle en rougissant un peu. Mais si je grandis, et que je deviens un mouton ? Ça fait plaisir que tu me considères comme une personne stupide !
- Oh non, ce n'est pas ce que je voulais di…
Il s'interrompit en l'entendant rire, abandonnant bien vite sa culpabilité.
- Je me suis encore fait avoir, hein ?
Ils auraient pu continuer comme ça longtemps, mais soudain, en plein milieu d'une de ces questions, Remus perdit Kyana de son champ de vision et entendit un « Aouch ! » sonore.
Paniqué pour un moment, il se pencha, et trouva très vite la jeune fille qui, ayant trébuché, avait atterri sur les mains et les genoux.
- Kyana ? Ça va ? demanda-t-il en la prenant par les épaules pour l'aider à se relever.
Les épaules tressautaient dans ses mains et il se rendit compte qu'elle était en proie à un fou rire.
- Tu es sûre que tu n'as pas mal ?
- Non, non, ça va ! Juste un peu aux genoux, mais…
Son rire redoubla de plus belle, l'empêchant de parler, et il ne put s'empêcher de rire également, revoyant la scène : Kyana qui disparaissait brusquement de son champ de vision en se ramassant sur le chemin.
Bientôt, ils riaient tellement qu'ils durent s'asseoir, incapables de rester debout.
Ils parvinrent finalement aux portes du château, mais bien plus tard qu'ils n'auraient dû. Ils avaient tellement ri sur le chemin que Remus avait mal au ventre, aux muscles des joues, et ses yeux en pleuraient. Ils firent un gros effort, cependant, pour reprendre leur sérieux avant d'entrer dans le château.
- Si on continue comme ça, on va se faire attraper au premier couloir !
Et il était maintenant bien, bien trop tard après le couvre-feu pour prétexter un simple oubli de l'heure. S'ils se faisaient attraper, ils n'échapperaient pas à la retenue, ni l'un ni l'autre, et pourrait coûter un certain nombre de points à chacune de leur maison.
- Voilà ce qu'on va faire, dit-il tout bas avant qu'ils ne franchissent les grandes portes de chêne. Je surveille à l'avant pour te ramener, et tu vas surveiller s'il n'y a personne qui arrive par derrière… d'accord ?
Un léger sourire aux lèvres, Kyana hocha la tête pour montrer qu'elle entrait dans le jeu.
Le château était désert sur la première partie du chemin, ce qui ne les empêcha pas, à jouer les petits soldats, de continuer à rire comme des gamins, s'arrêtant à chaque intersection pour reprendre leur souffle et essuyer les larmes de rire qui les aveuglaient.
Mais finalement, à une intersection, il entendit ce qu'il avait guetté depuis le début. Des bruit de pas.
- Rem…
Il l'interrompit par un signe de main, très concentré à écouter. Il y avait des bruits de pas devant eux… mais aussi derrière. Paniqué, il regarda précipitamment autour et avisa le seul moyen de retraire : une large et grande statue ayant un espace sombre entre le piédestal et le mur juste suffisant pour cacher deux adolescents en cavale.
- Viens, vite !
Il lui attrapa le bras et l'entraîna sur leurs pas.
- On va du mauv…
- Je sais… interrompit-il.
Il lui montra l'interstice derrière la statue. Rabattant sa capuche pour cacher ses cheveux trop clairs, il se glissa dans l'espace étroit derrière elle et rabattit sa cape sur eux deux en la pressant contre lui. De cette manière, quiconque regardait dans la direction générale de la statue ne pouvait se douter que quelqu'un se cachait là. Sans doute consciente du danger, Kyana n'avait plus rien dit d'autre et attendait, son souffle chaud chatouillant le cou de Remus.
Dans le silence qui suivit, les bruits de pas se rapprochèrent. Remus s'aperçut que son cœur battait à tout rompre lorsque Spite passa devant eux, heureusement sans les voir. Et si malgré tout, ils étaient découverts ?
Mais Spite passa son chemin pour rencontrer, à l'intersection des deux couloirs devant, deux autres professeurs : McGonagall et Adam.
Ils allaient passer leur chemin tous les trois, et… mais non. Ils s'arrêtèrent pour discuter tranquillement. S'ils tenaient absolument à faire salon de thé là, dans ce couloir, alors Kyana et lui était coincé là pour un bon bout de temps.
La conversation fut finalement assez courte, Spite étant déçu de n'avoir pas trouvé des élèves qu'il soupçonnait d'être sorti cette nuit, et dont Remus ne doutait pas de l'identité. Si seulement il savait que les élèves en question n'étaient à quelques pas de l
Puis Spite partit et les deux professeurs restant s'apprêtèrent lentement à lever les voiles eux aussi, sans se presser.
- Spite a un excellent instinct, disait McGonagall à son collègue. C'est certain que Lupin n'est pas dans son dortoir. Et il doit probablement être avec Wald, comme l'a suggéré Spite. Ils ont l'air de bien s'entendre, tous les deux. Il doit faire son entraînement intensif de « comment errer dans les couloirs sans se faire prendre ». Mais malheureusement pour notre cher professeur de Défense contre les Forces du Mal, Lupin est beaucoup trop malin pour se faire coincer.
Remus fit un large sourire à Kyana, non sans rougir un peu du compliment de son professeur de Métamorphoses. La jeune fille lui répondit distraitement, très concentrée sur les voix qui s'éloignaient pour de bon, cette fois.
Quand enfin il fut persuadé que tous professeurs étaient partis pour de bon, il se détacha de la jeune fille, enleva sa capuche, et ils sortirent en silence de leur cachette.
Ce petit incident avait considérablement refroidit leur bonne humeur, mais s'il ne riaient plus autant sur la fin du chemin, qui se passa sans incident, ils se quittèrent tout de même en bonne amitié devant la salle commune des Serdaigle.
Remus retourna sans problèmes à la tour Gryffondor. Contrairement à ce qu'il avait craint, il n'y avait pas de sang sur les murs du dortoir des garçons, ce qui voulait dire que Peter avait réussi à maintenir un niveau d'animosité moindre. A ce moment, tous ses amis dormaient à poings fermés, comme il rejoignait son lit à pas de loup, et il était facile d'oublier encore, jusqu'au lendemain, les tensions qui étaient apparues entre de si bons amis.
Aussitôt que le jeune homme posa sa tête sur l'oreiller, il tomba dans le sommeil avec un léger sourire aux lèvres.
La semaine suivante passa comme la semaine précédente… presque. Il venait de s'apercevoir – et il était peut-être temps – que Kyana et lui étaient amis. Son vieux dilemme datant de sa première année à Poudlard revint au galop grignoter les coins de son esprit, hanter les heures où il n'écoutait pas ses amis se disputer à côté de lui, hanter jusqu'aux heures de cours, jusqu'à ses nuits de sommeil.
Etait-il vraiment honnête d'être l'ami de quelqu'un si cette personne ne connaissait pas toute la vérité sur vous ? Est-ce qu'il pouvait se considérer comme l'ami de Kyana s'il lui cachait sa nature de monstre ? Mais s'il en était autrement, voudrait-elle encore être son ami ? Et si elle était assez intelligente – ce dont il ne doutait pas – pour découvrir un jour son secret, elle allait en plus le considérer comme un odieux dissimulateur…
Bien sûr, les données étaient bien différentes que pendant sa première année, où ce petit secret était susceptible de lui faire perdre les seuls amis qu'il avait jamais eus de sa jeune vie. Aujourd'hui, il pouvait toujours compter sur eux, bien que leur amitié fut à ce moment moins… disponible. Et cela ne le rendait pas moins angoissé quant à la réaction de Kyana.
Il parvint cependant à repousser ce furieux cas moral sur lequel il était si partagé pour ce consacrer aux devoirs à faire, aux fréquentes disputes à tempérer. Sans compter la lune qui s'arrondissait chaque soir.
Aussi revint-il dans la salle commune, le mercredi au soir, d'humeur joviale, après avoir passé une soirée à travailler avec Kyana. Il n'était pas peu fier, d'ailleurs, d'avoir réussi à trouver un nom à la petite voix qui l'embêtait tant. La Serdaigle ne s'était pas montré très enthousiaste, au premier abord, en particulier avec la perspective que Jasper allait la taquiner sans fin sur le sujet, mais par la force des choses, elle avait dû admettre que c'était bien plus pratique ainsi.
La salle commune des Gryffondor était plutôt calme – ce qui était rare, ces derniers jours – et pour cause, l'équipe de Quidditch était à l'entraînement. Remus rejoignit Lily, Sirius et Peter qui travaillaient dans un coin.
Le calme ne dura pas longtemps, cependant. A peine avait-il salué ses amis et s'était-il installé pour lire tranquillement qu'il entendit l'équipe revenir, en faisant un vacarme monstre dans le couloir. Ce fut pire encore quand ils entrèrent dans la salle commune, et c'était assez inhabituel pour l'équipe dont le capitaine et préfet respectait généralement le travail et la concentration des autres.
La première rentrée fut Malicia Lafleur, qui tenait deux balais dans une main, et soutenait de l'autre une Serena furieuse. « Traîner » aurait peut-être mieux convenu que « soutenir », car la jeune Gonzales, bien qu'elle tenait son épaule gauche, qui semblait douloureuse, n'avait pas besoin d'être soutenue. Bien campée sur ses deux jambes, elle était retournée pour crier toute une floppée d'injures espagnoles au pauvre Sean Pearson qui suivait en essayant de s'excuser. Malheureusement, Serena ne lui laissait pas placer un mot. Suivait le reste de l'équipe, notamment James et Cathy, inhabituellement subjugués par la verve de l'Espagnole.
Quand enfin Sean s'esquiva, désolé et misérable, elle consentit à ne plus hurler et s'assit à côté de Remus, seul endroit de la salle commune où il restait encore quelques sièges libres. Cathy et James s'assirent également.
- Qu'est-ce qu'il s'est pass ? demanda Peter, parlant pour tout le monde.
- Pearson a fait une fausse manœuvre…
- ¡ Qué tonto ! Tan gilipollas como un burro… ¡ Hijo de marrana !
- … et Serena a pris un Cognard en pleine épaule. Elle a failli être éjectée de son balai et s'est démis l'épaule. Mme Pomfresh lui a remis en place, mais…
- ¡ Joder !
Serena venait de défaire sa robe et repoussait le col de son pull boueux pour tenter de voir, en se tordant le cou, comment se portait son épaule. Sa peau prenait doucement une nuance noire violacée sur une large partie de l'épaule visible. Grimaçant, la volcanique espagnole laissa son pull revenir à sa place et lâcha un nouveau chapelet d'injures colorées.
- Ça fait mal, dit Sirius avec une grimace de compassion, ayant apparemment déjà vécu cette douleur.
- Mme Pomfresh m'a dit que ye devais la laisser au repos pour au moins une semaine ! gémit Serena.
- Ça tombe plutôt mal… le match est juste dans dix jours ! dit James, qui était plutôt pâle.
Sirius releva la tête vers James, les sourcils froncés, et Remus soupira de lassitude, prévoyant facilement ce qui allait suivre.
- Pauvre petit capitaine, siffla méchamment Sirius. Il ne pourra pas exploiter son Attrapeuse d'ici le match. Tu es inquiet pour ta précieuse victoire ?
- Sirius, protesta Serena, ye ne vais pas…
- Ce n'est pas ce que je voulais dire ! cria James, furibond, en bondissant sur ses pieds. Tu crois que je ne m'inquiète pas de la santé de mes joueurs ? Si elle n'est pas en état de jouer le jour du match, alors elle ne volera pas ! Je préfère encore perdre la coupe que mes équipiers !
Le jeune Black ne prit même pas la peine de répondre, son expression dubitative seule étant la pire insulte qu'il put proférer. James, au comble de la fureur, jeta son précieux balai par terre et s'en alla à grandes enjambées vers les douches.
Lily se leva, et tendit la main vers le balai abandonné, mais Cathy la devança et, emportant deux balais, le sien et celui de son capitaine, s'éclipsa à son tour, non sans un regard venimeux à la pauvre Evans.
- Mais… ye ne…
Serena semblait avoir perdu une bonne partie de sa fureur au milieu de cette nouvelle dispute de ceux qui avaient été les meilleurs amis du monde. Elle semblait même malheureuse d'en avoir été à l'origine. Compatissant, Remus posa une main sur son bras valide.
- S'ils ne s'étaient pas crié dessus à propos de ce sujet, lui confia-t-il à voix basse, ç'aurait été autre chose.
- Ye n'aime pas les voir se crier dessus comme ça !
- Ce n'est jamais agréable de voir des gens se crier dessus. D'ailleurs, tu n'as pas été très polie avec Sean. En particulier pour ce que tu as dit sur sa maman.
Elle le regarda soudain avec de grands yeux ébahis, rougissant jusqu'aux oreilles.
- Ye ne savais pas que tu savais parler espagnol !
- Bah… pas si bien que ça, dit-il en rougissant légèrement à son tour. Et peu importe que Sean n'ait pas compris… Tu étais plutôt agressive.
- Tu as raison… s'il commence à y avoir des disputes dans l'équipe, ça ne pourra yamais fonctionner. Ye vais m'excuser…
Et elle se leva
sur-le-champ. De là où il était assis, Remus put voir Pearson se rétrécir sur
son siège en voyant arriver l'Espagnole. Il les entendit s'excuser l'un à
l'autre avec une grande profusion de « désolé(e) », et puis Pearson
souhaita à Serena de se rétablir bien vite pour « mettre la pâtée aux
Serpentard ».
Serena revint avec un grand sourire, malgré la grimace qu'elle fit en essayant
d'utiliser son bras douloureux pour s'asseoir.
- Alors, raconte-moi, pressa Remus. Comment s'est passé l'entraînement ?
Elle sourit d'autant plus largement et raconta, avec son exubérance naturelle et son excessive abondance de détails qui la rendait parfois difficile à comprendre, jusqu'à la fausse manœuvre qui avait failli la mettre à terre, mais dont elle ne tenait plus aucune rigueur à Sean qui était, malgré cela, un excellent batteur.
Remus écouta avec attention, regrettant que ses amis n'aient pas la même capacité que Serena à pardonner et s'excuser.
- Oh ! gémit Serena à la fin de son récit. Dzames avait dit qu'on ferait un entraînement dimanche, et ye ne pourrais même pas me mettre sur un balai. Y'irais bien assister des gradins… mais ye serais toute seule. Ce n'est pas que ye n'irais pas même si y'étais toute seule. Ye ne veux pas rater un seul entraînement, même si ye ne peux pas voler…
- Je pense que je viendrais aussi. Comme ça, tu ne seras pas toute seule… De toute façon, je ne crois pas que tu aurais été toute seule. Il y a toujours quelques Gryffondor qui viennent regarder…
- C'est vrai ?
- Tu n'as jamais remarqu ?
- Ben… y'avoue que, quand ye suis à l'entraînement, ye cherche le Vif – parce qu'après tout, c'est tout de même mon rôle dans l'équipe – et ye ne vois rien d'autre que ce qui se passe sur le terrain. A l'avenir, ye vais quand même faire plus attention aux Cognards…
Ils continuèrent à discuter longuement de Quidditch, puis de tout ou de rien. Malgré la réticence de Remus, elle parvint même à le faire parler espagnol.
- Mais où as-tu appris ? demanda-t-elle dans sa langue maternelle.
- J'ai appris dans les livres, avant d'aller à Poudlard. Mais je manque de pratique, alors… je ne dois pas bien parler la plupart du temps, répondit-il en espagnol également.
- C'est faux, tu te débrouilles très bien !
Remus rougit, et elle éclata de rire. Lily, Sirius et Peter, qui laissaient parfois traîner une oreille de leur côté les regardaient bizarrement. Ils passèrent le reste de la soirée à les taquiner en glissant leurs noms dans leur conversation en espagnol.
Ils ne revirent ni James, ni Cathy, de toute la soirée.
