Disclaimer : Les personnages cités dans la septualogie (?) d'Harry Potter sont propriétés de son auteur, madame Rowlings, les autres sont de mon cru...
Pairing : Lily/James et un peu de Sirius/Oc pour étoffer. Et des relations inter parentales pour se marrer..
Résumé : Quand Lily démontre son originalité, quand Sirius et Remus sont meilleurs amis et chefs de la bande la plus en vue, quand les parents ont des amours tortueux, quand tout ce beau monde vit en harmonie dans la petit ville sorcière écossaise de Rasp Hollow… Voilà que débarque James Potter, londonien et ancien de Poudlard, bien décidé à remettre les choses à leur place !
Résumé des épisodes précédents : Tout commence dans la petite ville sorcière de Rasp Hollow, où règnent en "maître"sur les autres adolescents un groupe de cinq garçons : Sirius Black, Remus Lupin, et trois de leurs amis. A côté d'eux, étudie la discrète Lily Evans, Préfète et fan de musique non commerciale. Bien assez vite, on apprend que Lily a une relation secrète avec Remus. Les amis de la préfète sont partis, au début de l'année, étudier dans un collège privé à Londres. Il s'agit de Tania Samltine et Peter Pettigrow. Nous apprendrons ainsi qu'avant l'entrée dan sle cycle supérieur, Sirius, Remus, Tania, Peter et lily étaient amis- de plus, Sirius et Tania sont sortis ensemble un long moment.
Arrive alors James Potter, tout frais renvoyé de Poudlard pour une raison inconnue, il semble en même temps être charmant et très semble caché un grave secret, lié d'uen manière ou d'une autre avec ses relations avec les filles. Lily et lui se lient d'amitié (après quelques gentilles disputes) - une des raisons de ce lien est leur passion commune pour la musique. Sirius, qui héberge James chez lui, ne supporte pas le jeune homme - pas plus que Remus qui voit en lui une menace pour son couple.
Pour l'anniversaire de Lily, James décort un mur de l'école en Poudlard, puis, Champignard, le proviseur, nomment James et Sirius cocapitaines de l'aquipe de Quidditch. Pendant ce temps, la relation Evans-Lupin gagne en officialité. On apprend également que Remus est un loup-garou et Tania et Sirius se remettent ensemble, bien que pour des raisons étranges.
Enfin, Le père de Sirius, Orion Phines - Phin - Black, est le propriétaire du café à la mode 'le get out' et la mère de Lily, Eva, une cliente plus que fidèle. Les parents Black se sont séparés suite à une aventure de la mère de celui-ci avec le père de Peter.
Où nous en sommes exactement : C'est le soir de l'anniversaire de Lily, James et elle vont à un concert ensemble car, puisqu'il s'agit d'un soir de pleine lune, Remus ne pouvait y aller.
Merci à tous pour les reviews, je vous adore, gros bisous à tous! … donc, Merci àmalilite , tchingtchong , Noriane , Chocolatine , Lexou , SinkShadow , Ocee , Love-pingo, Tantine Fongus , Miss Enola Addams, nono-chan230En espérant que la suite vous plaise autant à tou(te)s !
Bonne lecture !
Rasp Hollow
Chapitre 9
Quand les amitiés du passé se renouent, celles du présent doivent-elles disparaître ?
Peut-on être ami avec quelqu'un qui vous cache des choses ? Peut-on faire confiance à quelqu'un qui passe sa vie à protéger ses secrets ? Peut-on se fier à quelqu'un dont on ne cesse de vous dire qu'il faut en rester éloigné ?
Faut-il suivre son cœur ou sa raison ?
La réponse m'a toujours semblée évidente. Elle l'avait toujours été. J'étais sentimentale. Jusqu'à ce qu'un James Potter mystérieux m'oblige à me poser réellement ces questions. Jusqu'où étais-je prête à aller pour lui ?
Trop loin, évidemment. Maintenant qu'il n'est plus – enfin, maintenant, je comprends.
« Et tu feras la vaisselle, Peter, ton père et moi rentrerons tard. »
« Vous n'êtes pas ma mère »
« Cesse ce genre effronté immédiatement jeune home. Tu feras ce que je dirai »
« Non. C'est l'anniversaire de Lily ce soir. Je rentre à peine de Londres. Je suis fatigué et je ne laisserai pas tomber ma meilleure amie. Votre vaisselle, vous pouvez vous la foutre là où je pense, madame Black »
« Ecoute-moi bien sale petit morveux. Tu vas frotter ces assiettes. Ensuite, tu monteras dans ta chambre et tu y resteras tant que je ne t'aurai pas donné l'autorisation d'en sortir. Je ne sais pas quel genre t'éducation tu as reçu, mais ça va changer. Immédiatement. »
Peter Pettigrow donna un coup dans sa valise qu'il n'a pas encore eu le temps de défaire, se dégagea de la poigne de Walburga Black qui l'avait saisi au bras et monta dans sa chambre. Pour se changer, et aller rejoindre les autres adolescents de son âge qui préparait une sauterie chez les Evans pour Lily. Cette femme n'avait pas d'ordre à lui donner.
« Tu ne t'en sortiras pas comme ça ! » Cria-t-elle du bas des escaliers. Il haussa les épaules. Après tout, ce n'était pas très important, ce qu'elle pouvait penser. Et puis, il la voyait deux jours sur sept, quand il rentrait chez lui. Ce n'est pas comme si elle pouvait réellement faire de sa vie un enfer.
« Je vous l'ai dit, madame Black » Répondit-il, d'un ton condescendant et moqueur. « Ma meilleure amie a seize ans aujourd'hui. Et ça, c'est plus important que toutes vos menaces »
Il rentra dans sa chambre et claqua la porte derrière lui. Dans les moments comme celui-ci, il détestait son père d'avoir choisi une telle belle-mère. Parce que sous son toit, le proverbe, arrangé aux circonstances, 'Tel mère, tel fils', avait toute sa place. Elle était peut-être même pire que le gosse.
Et merlin savait pourtant que Sirius Black était un cas social irrécupérable.
Un bruit de serrure le fit sursauter. De l'autre côté de la porte, la femme de remplacement de son père lança « Tu es privé de sortie tant que tu ne changeras pas de comportement jeune homme » Et, comme pour prouver que la punition était sérieuse, elle ajouta un collaporta au tour de clé.
Peter haussa à nouveau les épaules, dans le vide, échangea un regard avec son reflet et décida de se changer. Il était temps de se remuer un peu. Il prit le cadeau de Lily, enfila sa veste et observa son père et la mère Black s'éloigner en direction de la voiture. Il entendit son paternelle le défendre, d'une voix éteinte, « tu y vas un peu fort quand même »
Mais, tel maître qu'elle était, elle coupa court à la conversation. Ils s'éloignèrent, menés par le moteur ronflant de l'automobile. Lorsqu'il fut sûr que plus aucun bruit de circulation ne lui revenait, Peter réduit la boite pour Lily et la mit dans sa poche, ouvrit la fenêtre et observa la gouttière.
Immonde. Pris d'un léger geste de panique, il saisit le tuyau gris à pleines mains et le secoua, pour s'assurer qu'elle tenait encore suffisamment. Il ne tenait pas à mourir ce soir.
Heureusement pour lui, la tuyauterie semblait tenir bon. Se forçant à ne pas regarder en bas, il rangea sa baguette à côté du paquet cadeau et repéra, trois mètres plus loin sur la façade, une sorte d'échelle en corde de quelques centimètres de large, installée des années plus tôt par sa mère.
Avant que – peu importe. Même si le lierre magique n'avait jamais pris, c'était l'installation qui le sauverait ce soir. Il se concentra et bientôt, à la place de l'adolescent un peu rond se tenait un rat blanc, une longue queue rose et grise traînant derrière lui. L'animal escalada la monture de la fenêtre et se laissa tomber dans le matelas de feuilles qui remplissaient la gouttière.
Il courut à petit pas jusqu'à l'échelle à lierre qu'il dévala, prenant de plus en plus de vitesse, ses griffes s'accrochant dans la corde humide. En moins de cinq minutes, l'animal était dehors. il se dirigea vers la remise, au fond du jardin, dans laquelle il rentra grâce à une planche dégradée par un autre rongeur.
Il veilla à se placer au centre de la pièce et s'immobilisa, paraissant attendre que la magie opère. Quelques secondes plus tard, le garçon avait repris la place de l'animal. il soupira et tenta de forcer son cœur à reprendre un rythme normal – car descendre une façade lorsqu'on a le vertige était une action très courageuse, même pour un rat, et il reprit sa route.
Car ce soir, c'était l'anniversaire de Lily. Et rien, pas même Walburga Black, ne l'empêcherait de fêter ça.
« Je sais ce que tu avais dit – pas de sorties, mais c'est important. » James soupira et s'appuya contre la table de la petite cuisine « Si ce n'était pas le cas, j'y aurais été sans même te le demander »
Phin soupira. « de toute façon, vous irez, peut importe ce que je dis »
James sourit ; « Je n'aurais pas osé le dire de cette façon mais … »
« Ca finit à quelle heure ? »
« On peut être rentré pour, disons, dix heures et demi si on revient immédiatement »
Orion Phineas Black jeta un coup d'œil à l'horloge, qui indiquait un peu plus de six heures, et prit sa décision au moment où la porte d'entrée de l'appartement situé au-dessus du Get out sonnait.
James se précipita sur l'entrée – ce qui amusa l'adulte, plus habitué à un comportement d'ignorance totale de la part du jeune homme. Il semblait vraiment vouloir aller à ce concert. Ce que, par contre, il ne lui avouerait jamais, c'était que la mère de Lily avait tout prévu lorsqu'elle lui avait acheté ces places.
Un jeune homme blond et rondelet entra dans l'appartement, un paquet sous le bras. « Peter, Je te présente James Potter. James, voici Peter Pettigrow. » Fit-il les présentations.
Les deux adolescents acquiescèrent, puis, avec une quasi-simultanéité, déclarèrent : « Lily m'a parlé de toi »
« Tu ramènes Lily chez elle directement après » Finit par déclarer Orion, alors que les deux garçons se fixaient en chien de faïence. « Peter, j'ai encore quelques petites choses à terminer, tu peux aller m'attendre dans la chambre de Sirius »
Les deux garçons prirent le couloir, l'un pour récupérer sa veste, l'autre en traînant les pieds. « Je te préviens » Déclara le cousin des Black « Il est de mauvais poil ce soir »
Peter renifla d'un air désespéré. « Il est toujours de mauvais poil » Fit-il remarquer « Je déteste ce mec » Il reçut un drôle de regard. « Pardon, je suppose que toi et lui, vous vous adorez. Tout le monde adore Black de toute façon »
Et à James d'éclater de rire. Il prit Peter par les épaules. « Ah, je t'aime bien Pettigrow. Et t'en fais pas, avant que j'apprécie cousinet-débilounet, Lily ratera son année à l'école »
Peter, autrement surnommé Queudver des années auparavant par le dit cousinet, sourit à son tour « J'aime ce surnom » Confia-t-il « Alors, c'est toi qui te charge d'occuper Lily pendant qu'on prépare la fête ? »
James se figea. « Attends. Tu veux dire que c'était prévu ? » Il secoua la tête, désespéré « Quand je pense que je viens de me ridiculiser à demander la permission alors qu'ils avaient besoin que je l'emmène là-bas »
Il détestait se faire avoir. Et plus que tout, être utilisé par les adultes. « Bonne soirée » Le salua Pettigrow en rentrant dans la pièce alors que James disparaissait, manteau en main. Il jeta un regard circulaire. Cela avait beaucoup changé depuis qu'il n'avait pas mis les pieds dans cette pièce. La venue de James Potter devait y être pour quelque chose.
« Fabuleux, manquait plus que toi » l'attaque le jeune Black quand il eut pénétré le lieu de tant de connivences. Jadis.
« Tu la fermes, je la ferme- et on sortira tous les deux vivants d'ici » Coupa l'autre garçon. Il se dirigea vers la collection de cd de Potter en ignorant l'autre, étalé sur son lit. L'impression étrange qu'il se trouvait l'étagère à disques de Lily le saisit. Il comprenait à présent ce qu'elle voulait dire par 'les mêmes goûts'.
« T'as de la terre sur les genoux. » Fit remarquer Sirius, sans prêter attention à l'ordre reçu. Il n'était pas du genre à se conformer aux règles, de toute façon.
« Ta mère a essayé de m'enfermer dans ma chambre »
Sirius sourit, puis, peu à peu, il éclata de rire. Il fallut plusieurs minutes avant que le jeune Black se reprenne. « Tu… tu vis avec ma mère ! » Se moqua-t-il.
Peter eut l'air inquiet. « C'est pas comme si ça faisait plus d'un mois que c'est le cas »
Sirius secoua la tête, apparemment en prise à une crise de fou rire. « Je veux dire … ma mère. Je croyais qu'elle serait moins sévère avec sa nouvelle famille mais … » Peter grimaça. « Elle t'a déjà fait le truc de la vaisselle alors que tu n'as même pas participé au repas ? »
« Ouais » Avoua l'autre « Et le fait que je lui ai dit de la faire elle-même l'a un peu énervée »
Sirius se calma. « J'aurais voulu avoir le cran de le faire »
Les deux garçons échangèrent un regard de connivence. Puis, lorsqu'ils se rendirent compte qu'ils plaisantaient ensemble, leurs visages se détournèrent dans un silence tendu.
« Le noir ou le rouge ? » S'exclama Lily en rentrant comme une tornade dans la cuisine. Sa mère était plongée dans un catalogue de décoration, ses lunettes sur le nez et un crayon en main. « Maman ! Le noir ou le rouge ? »
Eva leva les yeux, observa les deux pulls « Le rouge » Déclara-t-elle, puis se replongea dans sa lecture. Lily secoua la tête, enfila le pull par-dessus sa blouse et s'observa dans le miroir de l'entrée. « T'es sûre ? »
« Ca fait un rappel de couleur avec la couture sur le bas du jeans » Assura la mère, alors qu'un sourire flottait sur ses lèvres. « Tu y vas avec Remus ?» Lily fit les gros yeux « Quoi ? Les rumeurs circulent vite »
Cela n'empêcha pas Lily de se sentir dépassée. Depuis la 'scène' de l'après-midi, la rumeur comme quoi la préfète et le capitaine de Flysqua sortaient ensemble s'était répandue comme une traînée de poudre. A une telle vitesse que c'en était effrayant. Même sa mère était au courant le jour même !
Elle observa à nouveau son reflet dans le miroir. Quelque chose clochait. Elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, mais quelque chose n'allait pas. « On vit dans une ville remplie de vieilles commères » Finit-elle par déclarer, agacé du regard amusé dans son dos.
Elle avait seize ans par Dieu ! (Dix-sept en fait depuis ce jour) Elle avait le droit de sortir avec des garçons sans un, devoir demander l'autorisation à sa mère et deux, avoir besoin de subir ce regard qui signifiait clairement 'Oh, elle est mignonne la petite fille, elle a un amoureux'.
« Vrai » Concilia la dite adulte qui refusait de voir sa fille grandir. « Mais Phin tient le bar officiel de ton lycée chérie, et je passe quasiment chaque heure de ma vie entre mon boulot et son resto »
Lily grimaça. « Et ton lit. Tu ne dors pas là il me semble » Pas encore du moins, dû-t-elle s'empêcher d'ajouter.
Eva se contenta de sourire en observant sa grande fille, puis, le sourire s'agrandit, plus dans le genre 'elle est trop craquante. « Les chaussures, Lils »
Les yeux de Lily s'agrandirent sur la surprise. Elle regarda à nouveau son reflet et son regard descendit sur le bas du jeans, d'où dépassait ses orteils et leur vernis pastel « Et merde » Murmura-t-elle en remontant les escaliers à toute allure, alors que sa mère riait « Il te fait vraiment perdre la tête ! »
Elle jeta un œil à l'horloge. Bientôt, le jeune homme viendrait chercher sa fille pour aller à ce concert. Elle se souvenait le jour où Lily avait appris que les Marit'as allait jouer pas loin de la ville. Elle avait même offert de payer la moitié des deux places que Lily avait voulu. Parce que ça tombait le jour de son anniversaire et que l'occasion de lui organiser une fête était parfaite.
On n'était pas majeure tous les jours n'est-ce pas ?
Dix autres minutes passèrent, avec Lily tournant en rond, en répétant inlassablement, « Mais qu'est-ce qu'il fait ? On n'y sera jamais à temps, peu pas compter sur lui » et Eva la rassurant du mieux qu'elle pouvait et priant – priant pour que personne n'ait la mauvaise idée de se présenter à l'avance pour les préparatifs.
« Lily! Occupe-toi, tu me donnes le tournis »
L'adolescente grimaça. Elle le savait. Elle savait que Potter ne pouvait pas être à l'heure. C'était un mec – un stupide mec avec aucune notion des distances du coin. Il fallait plus d'une demi-heure pour arriver sur les lieux du concert. Et ça commençait dans trois quarts d'heure. Elle allait le tuer.
Accessoirement, il faudrait qu'elle pense à passer son permis de transplanage, ça lui ferait gagner un temps fou dans ce genre de situation.
Elle finit par prendre un magazine de mode elle aussi, avant de s'apercevoir que c'était un de ses magazines à elle – elle se demanda vaguement pourquoi il n'était plus dans sa chambre, puis se rendit à la rubrique art et couture.
Elle prit sa baguette et, suivant les indications dans le livre, fit apparaître une grande fleur noire– disons, les contours tissés d'une fleur – sur son jeans. Elle créa un trou au niveau du cœur de la fleur, mais sur l'autre cuisse, et un autre en- dessous du genou.
La sonnette de l'entrée la fit sursauter.
Elle se précipita dans le salon, attrapa le pull noir, l'enfila, le retira, retira le rouge qu'elle n'avait pas enlevé, et ré-enfila le noir. Elle sauta dans ses chaussures – des sortes de baskets en toile très plate – attrapa sa veste, son sac – puis se rappela qu'ils allaient à un concert, et qu'une pochette serait plus pratique qu'un sac à main, et se mit à gravir les marches quatre à quatre.
Lorsqu'elle redescendit enfin, sa mère avait ouvert au pauvre jeune homme qui avait sonné trois fois déjà, et fixait Lily avec des yeux de reproche. Parce que, contrairement à ce que Eva avait cru, ce n'était pas Remus qui était venu la chercher.
« On devra discuter à ton retour » murmura-t-elle quand Lily la dépassa.
« C'est une sortie entre amis » se contenta-t-elle de répliquer. « Tu es en retard » Fut le bonsoir qu'elle adressa au garçon.
« J'ai une surprise » Répliqua-t-il avec un sourire en coin
« Je crains le pire » Il sortit de la poche arrière de son pantalon un petit sachet avec de la poudre blanchâtre. Il se foutait d'elle ou quoi ? « Potter ! C'est peut-être un bled paumé mais on connaît la poudre de cheminette ici »
« Cool » Se contenta-t-il de répondre en s'approchant de la cheminée. D'un coup de baguette, un feu ronflant avait pris place. Il mit la main dans le sachet et lança une poignée dans l'âtre. Les flammes devinrent vertes.
« Qu'est-ce que tu fais ? » Lily s'approcha de lui par derrière, sa voix sonnant plus accusatrice qu'interrogative
« C'est bien d'avoir de la poudre » Expliqua-t-il « Mais c'est mieux de savoir s'en servir »
Les deux filles Evans retinrent un hoquet d'offense. « Potter ! Je ne sais pas à quoi t'ont nourrit tes parents, mais je n'ai pas de places VIP moi ! On ne peut prendre la cheminée »
James Potter rentra dans l'âtre, les flammes léchant ses vêtements et le faisant ressembler à une apparition. Il tendit la main en avant « Tu me fais confiance ? »
« Lily, je t'interdis de rentrer là dedans ! »
La jeune fille lança un regard à sa mère et observa la main de James. « On sera rentrer tôt »
Elle se raccrocha à cette main, s'y accrochant tant et si bien qu'elle n'entendit pas la destination, pas plus qu'elle ne vit les foyers défiler devant ses yeux. Elle détestait ce mode de transport. Puis, l'atterrissage ne fut pas trop brutal. Et pour cause, deux bras l'avaient attrapée et la maintenait bien debout- presque en suspension au dessus du sol.
Elle échangea un regard avec James puis se dégagea brutalement et sortit. Ils se trouvaient dans une sorte de salon. Il y avait une série de canapés en velours, à l'aspect bien entretenus bien que vieux. Plusieurs personnes s'y trouvaient, la plupart habillés comme s'ils sortaient tout juste d'un gala, et tous âgés d'une quarantaine d'années.
Dans le fond, elle repéra un nuage de fumée grise, et en dessous, un groupe de jeunes. Un groupe de ces jeunes qui semblent tout avoir eu, du bavoir haute couture à la gourmette en or véritable dès la naissance. Lily était persuadé qu'en passant devant eux, elle entendrait ce que les étrangers appelaient l'accent 'typique anglais'. Très hautain et guindé.
Le problème n'était pas tant la présence de tous ces gens – ils étaient de ceux à aller dans les loges spéciales, les balcons et autres endroits où la véritable atmosphère de la fête était insaisissable. La question que se posait Lily était 'Qu'est-ce que je fais ici, au milieu de tous ces gens moi ?'
Elle jeta un coup d'œil sur son jeans, avec la fleur noir et les trous – tout ce qui faisait de ce jeans costumisé son jeans préféré, et sur son pull – son merveilleux pull noir en laine sorcière, chaud dans le froid et léger dans la chaleur. Il n'y avait pas mieux pour sortir. Mais elle se sentait si mal à l'aise, dans cette pièce, avec ces gens habillés si chiquement. Elle n'était pas à sa place.
James fit un pas hors de la cheminée, et l'entraîna avec lui. Elle s'apprêtait à lui poser une question- la seule question qu'elle avait en tête en fait : pourquoi l'avoir emmenée ici ?, quand un homme plutôt massif apparut devant eux. Il avait un costume trois pièces noir, son crâne était rasé et des lunettes teintées reposaient sur son nez. Un agent de la sécurité.
Lily se sentit frémir et le sang quitter son visage. La main de James dans son dos la rassurait un peu. Elle fit un pas vers lui, alors que l'homme demandait les tickets.
« Bob, comment vas-tu ? » S'exclama alors James Potter, avec un peu trop d'emphase au goût de Lily. Et il avait repris ce tic de langage, cette manière de parler typique des bourges. L'impression qu'elle ne le connaissait plus s'empara de Lily. Dans quoi s'était-elle engagée ?
« James Potter, ça alors ! » Répondit l'homme aux lunettes, un peu trop fort au goût de la jeune fille. Plusieurs personnes se turent dans un périmètre proche. Ils se mirent à observer la scène. Elle se sentit crisper – et elle avait la nette impression que tout le monde la dévisageait à présent. « On avait fini par te croire mort »
Le dit jeune homme haussa les épaules. « Je suppose que les nouvelles ont vite fait le tour de tout le monde ? » Questionna-t-il en pointant du menton le reste de l'assemblée. C'est là que la pire crainte de Lily se réalisa. James connaissait tous ces gens – il faisait partie de ces gens.
Bob acquiesça solennellement. « Tes parents ont tout fait pour couvrir les rumeurs mais c'était dans les journaux – l'expulsion, le procès, le, le -»
« Et tu me crois coupable aussi ? » Coupa James, en jetant un coup d'œil paniqué à Lily. C'est là que la jeune fille comprit exactement de quoi ils parlaient. L'expulsion de Poudlard. Et comme à son habitude, il faisait tout pour qu'elle ne découvre pas de quoi il était question. Il n'avait pas peur ou mal de discuter de ça – il ne voulait juste pas le faire avec elle. Avec personne à Rasp Hollow en fait.
« Tes parents ont des arguments plutôt convaincants » Bon se tordit les mains, puis jeta un coup d'œil sur les billets d'entrée que Lily tenaient en main « Et heu… ils ont laissé des règles »
James grimaça. « Bob, tu me connais depuis que je suis né. Tu sais que je ne ferais une chose pareille. S'il te plaît – dis moi que tu me crois » Il soupira et se passa la main dans la nuque, évitant à tout prix le regard de son amie. « J'ai besoin que quelqu'un me croit »
« Je voudrais bien James » Soupira l'homme « si je ne te savais pas si habile à manipuler les autres, garçon, je – j'ai refusé d'y croire quand je l'ai appris, mais tes parents avaient l'air tellement convaincus »
« Ils se trompaient »
« Mais ce sont tes parents gamin. Si il y en a qui devraient croire en ton innocence dans cette affaire, c'est bien eux, non ? »
James secoua la tête ; il refusait de s'engager sur le chemin pentu de cette conversation. Pas maintenant, pas comme ça. Et pas devant Lily bon sang ! « On peut entrer ? »
« Si on te demande, j'étais occupé avec quelqu'un d'autre quand t'es arrivé » Répondit Bob vivement, en jetant un coup d'œil autour de lui. Lily se demandaient à quoi servait ce mensonge – tout le monde les regardaient. Tout le monde les fixait. N'importe qui saurait dire qu'on les avait laissé rentrer.
Cependant, les deux ados s'avancèrent dans la salle et James l'emmena d'une démarche autoritaire vers une grande porte noire, en verre. Derrière celle-ci, on apercevait des lumières et des centaines de têtes – on était à côté de la scène.
« Mesdames, messieurs, nous vous demandons de rejoindre vos places ; le spectacle commencera dans vingt minutes » S'exclama alors une voix doucereuse sortie de nulle part. Lily observa quelques personnes se lever, mais la plupart ignorèrent simplement le message. Typique des riches, ça ne put-elle se retenir de penser ironiquement.
James pressa le pas vers la porte, au moment où elle remarqua que les jeunes du fond avaient aussi entendu le message. Ils s'avançaient, vers eux. « Et merde » Dit James, alors qu'ils ne restaient qu'un mètre avant la sortie.
Un adolescent d'une petite vingtaine d'année s'écarta du groupe, une cigarette à la main, bien que Lily ne soit pas sûre que ce soit réellement du tabac. Il était plutôt grand et élancé, bien que des muscles apparaissent au bord de son tee-shirt conventionnel. Des yeux bleus, des cheveux paille et une assurance en lui-même à se casser les dents dessus.
Elle n'avait même pas besoin de fermer les yeux pour parfaitement l'imaginer dans sa tenue blanche impeccable sur son cours de tennis privé avec trois profs à la botte. Caricatural, d'accord, mais vrai.
« Hey, Potter! » Cria le dit garçon, en se passant la main dans les cheveux. Lily se retourna à temps pour voir James faire l'exacte même chose. Prendre cet air cool et assuré, se passer la main dans les cheveux et sourire, comme s'il présentait une pub pour un dentifrice de seconde zone.
« Thompson » Grinça-t-il entre ses dents – et bien qu'il sourisse toujours. « Ca fait un bail »
L'autre rit, comme si cette simple phrase était follement amusante. « Un bail, ouais. J'dirais même, un virginie de distance » Et les autres derrière lui éclatèrent de rire. James ne perdit rien de sa contenance – à la grande surprise de Lily, puisqu'il était, d'après ce qu'elle comprenait, sujet aux moqueries du groupe « Il paraît que t'es devenu un homme, un vrai depuis la dernière fois »
James fit un pas dans sa direction, une aura de puissance émanant de lui. A cet instant, même Lily le trouvait immensément impressionnant. L'autre fit un pas en arrière, et son sourire fana.
« Tu as quelque chose de précis à me dire, Thompson, ou je peux aller retrouver mes copains truands ? On avait l'intention de violer une ou deux vierges ce soir » Lily, qui se sentait de moins en moins à sa place, dut se retenir violement de ne pas reprendre James. Il se comportait tellement abjectement – et ces mots, dans sa bouche. Elle n'aurait jamais pu l'imaginer comme ça. Même lorsqu'elle pensait à ce qu'il était avant d'arriver dans leur petite ville, jamais elle n'aurait pensé ça de lui. « T'as sœur est pas dans le coin par hasard ?- Oh mais c'est vrai, elle ne fait plus partie de cette catégorie là »
Et ça se passa en un instant. Thompson fonça sur James et le colla au mur, maintenant son adversaire en plaquant ses mains sur son torse et ses épaules. James semblait pourtant ne rien avoir perdu de son contrôle. Lily jeta un regard au reste du groupe – il devait y avoir au moins quatre ou cinq autres garçons, prêts à aller porter renfort à l'agresseur. Du bout des doigts, elle caressa sa baguette, dans la poche de son jeans. Juste au cas où, se dit-elle.
« Potter ! Regarde-moi ! Elles sont où tes couilles mec, elles sont où pour s'en prendre à des - »
« Tu veux les voir peut-être ? » Hurla à son tour James, en abattant son genou dans le ventre de Thompson, puis, profitant de l'avantage, collant à son tour le garçon sur le mur « Tu veux les voir ? » Répéta-t-il, le visage déformer de fureur, en secouant l'autre par sa veste. Lily sortit un peu sa baguette de sa poche. Juste au cas où.
Il fallait s'y attendre. Deux autres garçons, dont un plus baraqué que James, et l'autre, comme lui, le saisirent dans le dos et l'éloignèrent de Thompson, en brandissant leurs poings. Lily sentit sa gorge se nouer. James atterrit durement sur le sol – il toussa puis se releva et fit face aux autres – mais il était encerclé.
L'un des garçons – un grand brun à la peau basanée – asséna un coup de poing à l'arrière de la tête de James. Lily sortit sa baguette de sa poche. James était con. Il avait provoqué tout le groupe, alors qu'il était tout seul. Il les avait insulté. Il avait insulté la sœur de celui qui semblait être le chef du groupe. Il n'avait que ce qu'il méritait. Mais ce garçon l'avait tapé par derrière – il l'avait pris en traite. Et s'il y avait bien une chose que Lily ne supportait pas, c'était bien ça. L'attaque par derrière. Et puis, James était son ami. C'était suffisant pour le défendre.
« Lâchez le ! » Cria-t-elle, en s'approchant d'un pas. Le blond, qui tenait James par le tee-shirt, obéit, et se retourna vers elle. Elle déglutit. Génial, c'est quoi la suite du plan, Lily ?
« hé Potter, regarde, ta copine veut te défendre » Se moqua-t-il en observant le petit corps de Lily, et la main qu'elle avait plongé dans la poche arrière de son jeans. C'était une attitude étrange.
« Dis Potter » Reprit Thompson, un sourire presque sadique apparaissant sur ses lèvres, « Elle sait pourquoi tu t'es fait viré, ta copine ? »
Un éclair d'angoisse passa par les yeux chocolat de James. Et Lily le vit. Très clairement. Elle ne l'avait pas vu avoir peur de toute la soirée, même encerclé par cinq garçons. Mais l'idée qu'elle apprenne quelque chose sur son passé semblait le terroriser.
Elle comprit aussi très clairement ce qu'il fit par la suite. Dire n'importe quoi dans le but d'attirer l'attention de Thompson, tant qu'il oublie de révéler cette information. Même quelque chose d'aussi bas et horrible qu'il le fit.
« Et toi, Larry » Cracha-t-il « Tu sais qu'elle bruit elle fait ta sœur, quand on la baise ? »
Le poing du frère en fureur lui déboîta la mâchoire. Les autres garçons levèrent le poing aussi. Lily sortit sa baguette. « Attention » Essaya de crier une des filles qui jusque là, avait assisté à la scène sans rien dire, mais Lily avait nettement articulé son « Expelliarmus » avant elle.
La puissance du sort fut fulgurante, c'était comme si un mini- ouragan s'était levé et avait envoyé les garçons cinq mètres plus loin, tous en même temps, sans leur laisser le temps de réagir. Une des filles en face d'elle sortit sa baguette à son tour, mais James attrapa la main de Lily et se précipita sur la porte.
Ils coururent à travers tout et tout le monde. Ils traversèrent la scène sous les cris du régisseur qui réglait les derniers détails, ils traversèrent un couloirs aux murs blancs, renversèrent un homme avec une longue chevelure brune à la hippie, prirent à droite, à gauche, puis encore un dédale de couloirs. Lily s'y serait perdue même avec une carte et une boussole. Mais James la tirait, et il semblait savoir où aller, alors elle suivait, elle courait et elle regardait derrière elle, mais les bruits de pas qui les avaient suivi au début s'étaient évanouis.
James s'arrêta brusquement, ouvrit une porte, et la tira. Ils se remirent à courir, à en perdre haleine, tournèrent encore sur la gauche, descendirent des escaliers à toute allure puis se retrouvèrent face à un des gardes de sécurité qui leur ouvrit une porte – comme s'il était courant que deux jeunes à bout de souffle sollicite la sortie.
Ils se retrouvèrent dehors, où l'air nocturne les piqua à vif, rendus sensibles par leur essoufflement. Lily s'appuya contre un mur et rangea sa baguette qu'elle avait toujours en main. Elle ne voulait pas penser. Pas maintenant. Tout ça, c'était trop.
James était abject. C'était un monstre. Un sale petit morveux grossier. Elle le détestait. Elle détestait tout du James Potter qu'elle avait vu ce soir. Tout de ce garçon-là, de ce garçon qu'il avait été, qu'il était sans doute toujours. Tout de ses cachotteries, de ses secrets. Qu'avait-il pu faire de si horrible, quand il était à Poudlard ? Pourquoi tenait-il tant à ce qu'elle ne l'apprenne pas ?
Rien ne pouvait excuser un tel comportement. Elle avait beau l'aimer très fort – ça faisait deux mois maintenant qu'il était là – et elle s'était attachée à lui, vraiment beaucoup. C'était son ami, presque son meilleur ami. Celui avec qui elle écoutait de la musique à n'en plus finir. Celui avec qui elle discutait art. Celui avec qui elle riait et s'amusait comme avec personne. Il était son James, son petit sauveur. Son petit miracle. Celui qui avait transformer sa vie monotone et ennuyeuse en quelque chose d'agréable et de mille fois plus vivable.
Mais ce qu'il avait fait ce soir – ce qu'il avait dit, cette manière de se comporter… Rien n'excusait ça. Pas même le meilleur magistrat au monde n'enlèverait ces mots de sa bouche. Pas même le meilleur magicien ne lui ferait oublier l'effroi qu'elle avait ressenti quand il disait ces choses. Aller violer quelques vierges. Les bruits que ta sœur fait quand on la baise. Mais quel genre de garçon était-il ?
Certainement pas un de ses amis.
Quelques minutes après leur sortie à l'air frais, il releva la tête et ouvrit la bouche. Mais elle fut plus rapide.
« Tais-toi » Elle s'éloigna, quand il voulut poser la main sur son épaule. « Et ne me touche pas ! » Elle fit demi-tour, se passa la main dans les cheveux, expira lentement. « Tu me dégoûtes » fut la seule manière qu'elle trouva d'exprimer tout ce qui bouillait en elle. « Je me demande pourquoi je t'ai aidé »
« Lily, attends »
Elle s'arrêta, se retourna et lui tendit un des billets d'entrée. « Tiens. Amuse toi bien. Baise, viole et tape qui tu veux. Je rentrerai en bus. » Puis, elle se fondit dans la foule, sans entendre les cris derrière elle.
Elle le détestait. Il était un horrible garçon. Et elle l'aimait. Il était son ami.
Il ne restait plus grand monde à la caisse. Elle donna son entrée et se vit imposer un cachet à l'encre noir sur le poignet. Puis, elle fonça à l'intérieur. C'était son anniversaire ce soir. Elle avait le droit d'en profiter. James Potter ou pas.
La salle était un bar agrandi pour l'occasion. La scène misérable – petite et démontable. Les murs étaient recouverts d'affiches de différents groupes de rock moldus et sorciers et, là où la peinture apparaissait, elle était jaunâtre et effritée. Il régnait une odeur rance de tabac et de sueur.
Lily leva la tête. Au-dessus, il y avait une sorte de plafond bleu, transparent, donnant l'impression d'être liquide et en suspension. C'était un plafond magique. Au dessus, c'était les balcons. Eux n'avaient pas droit aux odeurs, aux bruits, aux cris. Il fallait que tout soit parfait.
Mais Lily n'avait cure de cela. Elle aimait l'endroit. Il y avait cette sorte d'électricité dans l'air, l'anticipation avant que la musique ne commence, les fans qui se rencontrent, le bruit des voix. Et puis, l'excitation, les rires, certains chantaient, d'autres hurlaient déjà. C'était une ambiance. Une ambiance qu'on ne pouvait pas saisir de l'autre côté du plafond aux riches.
Lily se dirigea vers le bar, où elle se prit, sans une once de remord, un vodka fruit des bois, puis un élixir maison, qu'elles but tout deux cul sec. Lorsqu'elle se retourna vers la salle, quelque chose lui semblait déjà différent. Sa tête tournait légèrement, parce qu'elle avait bu trop vite, le son était un peu assourdi, une douce chaleur émanait de l'intérieur de son corps. Et puis, tout allait bien.
Elle était clame. Elle se sentait bien. Elle allait pouvoir profiter à fond de sa soirée. Et ne plus penser à James Potter.
Il l'avait retrouvée à l'entracte. Ou plutôt, il avait retrouvé le courage de l'aborder à l'entracte.
Ce qui c'était passé ce soir était sans explication. Il ne lui devait rien, non ? Même si elle était Lily, même si elle était celle qui était là depuis son arrivée à Rasp Hollow, il ne lui avait jamais rien promis. Elle n'avait pas le droit de lui demander de tout expliquer. Il avait le droit d'avoir des secrets.
Mais, il avait beau se résonner, rien n'y faisait, jamais. Il se sentait coupable. Pas de ce qu'il avait fait, ou dit ce soir, car tout avait été mérité bien avant qu'il connaisse même l'existence de Lily – et c'était une chose qu'elle ne pourrait jamais comprendre. Non, il se sentait coupable d'avoir obligé Lily à voir et entendre ça.
Elle ne méritait pas ça – elle ne méritait pas de voir qu'elle s'était trompée sur lui. Elle ne méritait pas de comprendre ce soir – et en plus ce soir, le jour de son anniversaire – que tous ceux qui lui disait qu'elle devrait se tenir loin de lui, pour sa propre sécurité, avaient raison.
Que ce soit sa mère ou Sirius ou Remus qui le lui répète, elle avait toujours pris sa défense, elle l'avait toujours protégé – protégé leur amitié en tout cas. Lily était là pour lui. tOujours et en tous cas. Même ce soir, alors qu'il aurait mille fois mérité de se faire, pour parler poliment, éclater la gueule, elle l'avait sauvé.
Parce qu'elle était Lily et qu'elle avait confiance en lui. Et lui, pour la remercier, qu'est-ce qu'il faisait ? Il se comportait odieusement, plus qu'il ne l'avait jamais fait dans sa vie entière. Et il lui cachait des choses. Il avait pleins de secrets pour elle, et elle, elle lui faisait confiance, malgré tout.
Et elle n'avait pas mérité de voir, comme ça, ce soir, qu'elle avait peut-être eu tort.
James n'était pas un monstre. Il le savait. Et il n'était pas vulgaire, ni grossier et encore moins insultant. Il était un peu provocateur parfois, quand il s'ennuyait principalement, et bagarreur – mais seulement quand c'était mérité.
Celui qu'il avait été ce soir n'était pas James Potter – il voulait dire le vrai James Potter. Celui qu'il avait été jusqu'à son renvoi de Poudlard. Non, le James de ce soir était rancunier et il avait besoin de se venger. Il avait besoin de blesser – que ce soit physiquement ou oralement – ces sales petits fils de – pas la peine d'être grossier.
Avant, il faisait partie de ce groupe. Et il en avait presque honte. Sa mise au banc avait commencé plus tôt que ses problèmes – au moment où il avait brisé le cœur de Thompson (la sœur). Puis, quand l'événement avait eu lieu au château, c'était comme s'il n'avait jamais existé. Comme si jamais un fois auparavant, ces garçons et ces filles n'avaient été ses amis.
Et Larry Thompson avait fait pire. Autant lui et James s'étaient bien entendu par le passé, autant le fait que le blond vienne témoigner contre lui à son propre procès le mettait en rage. Il avait eu besoin de le blesser – oralement ou physiquement – et avait dit des choses horribles, il s'en rendait compte, tiré du passé et de sa mésaventure. Et ça, ça rendait ses menaces encore plus véritables.
Il avait juste oublié que Lily était à côté de lui. Que Lily avait tout vu et tout entendu. Mais que Lily n'avait aucune idée de la gravité de la situation. Il ne savait pas ce qu'elle avait imaginé pour combler les silences – et en particulier sur son expulsion – mais certainement pas quelque chose d'aussi horrible que la vérité.
Et Lily ne connaissait que le Rasp-James, le James gentil. Le James conciliant. Le James qui ne se moquait plus de n'importe qui. Celui qui ne rabaissait plus les autres. Celui qui avait perdu sa légendaire confiance en lui, au profit d'une existence normale dans un bled paumé au milieu de nulle part.
Le James que connaissait Lily était le résultat de toutes les épreuves qu'il avait traversées. Et si des gens comme Phin n'avait pas été là, pour croire en lui et en son innocence, il serait sans doute dans un asile d'aliénés aujourd'hui. James avait besoin d'être entouré- et tout le monde l'avait abandonné.
Ou pire. Si ses parents n'avaient pas eu besoin d'un descendant direct en état de reprendre l'entreprise familiale pour ne pas perdre leurs actions à la dernière crise, il serait certainement en train de croupir à Azkaban, pour quelque chose qu'il n'avait pas fait.
S'il avait un jour eu confiance en la justice magique, ce n'était certainement plus le cas aujourd'hui.
Mais Lily ne pourrait pas comprendre ça. Lily était innocente et naïve. Lily avait foi dans les institutions. Lily croyait en la bonne foi des gens. Elle ne pourrait pas comprendre. Pas encore du moins. Et même si elle acceptait de le croire, quand il lui dirait la vérité, rien, jamais, ne serait pareil entre eux. Il y aurait toujours cette ombre, cette question, cette angoisse : disait-il vrai ou pas ? Il y avait des jours où James lui même doutait de lui.
Il la vit se diriger vers l'extérieur de la salle, alors que la première partie prenait fin. Et il la suivit. Il devait s'expliquer. Trouver quelque chose à dire. Un garçon s'approcha d'elle et lui proposa un verre qu'elle déclina. Ce n'était pas le premier. James ne l'avait pas quittée des yeux pendant toute la durée du concert.
Mais Lily savait se défendre. Elle disait non d'une voix assurée, et n'hésitait jamais à gifler ceux qui était trop injurieux envers sa morale. Elle acceptait parfois des verres de la part d'inconnus, mais ne prêtait plus attention à eux après. C'était une bonne technique pour économiser de l'argent, s'était-il dit. Et il avait vérifié que jamais, après ces boissons, Lily semble plus blanche, perdue ailleurs. Il avait vérifié qu'aucun des dits gars ne l'emmènent à l'écart. Et il avait surveillé qu'aucun n'essaye de la faire boire.
Et maintenant, c'était à lui d'entrer en scène.
« Tu es très belle. Je n'ai pas eu l'occasion de te le dire tantôt, mais le noir te va bien »
Elle se retourna, et un sourire, très léger, très vaporeux, apparu sur ses lèvres. « C'est d'ailleurs la dernière fois que j'en porte, j'en ai marre d'être accostée tout le temps »
Lui aussi sourit. « Rien n'empêchera ça Lily, quand on est magnifique… »
Elle plissa les yeux, et se rapprocha d'un pas de lui, pour tapoter son torse du doigt. « Si tu crois que me faire des compliments va tout pardonner ! »
Elle planait. C'est là que James comprit. Elle n'était pas ivre. Elle marchait encore plus ou moins droit, et ses idées étaient encore cohérentes. Mais elle était joyeuse. Elle semblait décidée à tout pour s'amuser. Et franchement, l'idée de ne pas devoir d'explications ce soir plaisait à James. Il aurait le temps d'inventer un mensonge convenable.
Le jeune homme ouvrit la bouche, prêt à ajouter quelque chose, quand un cri à mi-chemin entre surpris et outré, retentit derrière lui. « James ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? »
Il gémit « J'ai la poisse, c'est pas possible » Et Lily éclata de rire.
Un couple, une quarantaine d'année, vint à leur rencontre. La femme avait des cheveux noirs, très long, retenus en une queue par une pince dorée. Elle portait une robe de soirée élégante, qui mettait sa silhouette fine en valeur. Ses yeux étaient d'un brun surprenant – presque envoûtant, pour tout le monde. L'homme, lui, avait des cheveux plus clairs, châtain foncé peut-être. Il était grand et large, bien que pas gros pour un sou. Il portait une veste de costume. Mais, en dessous, il n'y avait qu'un jeans et un tee-shirt blanc. C'était étonnant, surtout pour quelqu'un de son âge. Et de sa classe, à voir son maintien.
James souffla. Et la femme parla d'une voix hautaine et guindée, de cet accès appelé 'typique anglais' à l'étranger, de cette façon que Lily détestait tant « quelques semaines passées dans la cambrousse t'ont-elles déjà retirer toutes tes bonnes manières, jeune homme ? »
James renifla – exprès, c'était très visible. Il ne fit aucun effort pour se tenir droit, comme il l'avait fait plus tôt, et un masque arrogant n'apparut pas sur son visage. Lily observa silencieusement la scène. « Mère, Père, ce serait trop que de me dire heureux de vous voir »
Lily éclata de rire. Ces gens étaient ses parents. Elle trouvait cela follement excitant. D'accord, l'alcool y était pour un peu – mais très peu. Elle pourrait peut-être, enfin, apprendre la vérité sur James Potter, sans que celui-ci se montre réellement grossier – car c'était ses parents. Et puis, la manière dont il avait répondu : en mâchant ses mots, avec l'accent écossais et à la vitesse d'un américain type, était fabuleuse de moquerie.
« Tu les appelles Père et Mère ? » Questionna-t-elle en se reprenant un peu, car elle s'était aperçue que les trois personnes la fixaient d'un air étonné. « je croyais que ça ne se faisait plus depuis un siècle ! »
Un sourire éclot sur les lèvres du garçon, bien vite reprit par une tape sur l'arrière du crâne. « Arrête de te moquer de nous, jeune homme »
« Bien, bien » Râla-t-il, avant de faire les présentations officielles.
« Lily, voici mes parents. Papa, Maman, voici Lily, une amie »
