Merci pour toutes vos gentilles review une fois de plus (et merci à fane d'harry potter pour ses nombreuses review). Vous remarquerez que je poste ce chapitre un peu tard (désolée ?) et là je n'ai pas eu le temps de répondre à toutes les review par MP. Je me suis dit qu'entre une réponse et un nouveau chapitre vous préfériez un nouveau chapitre, donc voilà. J'essayerais de répondre ce week-end.
Sinon je n'ai pas non plus eu le temps ce soir de relire et de corriger suffisamment (à mon gout) ce chapitre, surtout la fin, mais je ne voulais pas vous faire attendre plus d'un mois. Donc il est possible que je corrige tout ça ce week-end et que je poste une nouvelle version, je vous tiendrais au courant.
Je vous avais prévenu que j'aurais peut-être du mal à tenir les délais mais je suis quand même désolée de vous avoir fait attendre si longtemps. Promis, le prochain chapitre arrivera plus tôt. Ça devrait se calmer un peu côté études donc cette fois j'écrirais plus vite.
Chap 9 : La clé des secrets de Poudlard
A la lumière de quelques bougies, assises en tailleurs autour d'un morceau de parchemin étalé à même le sol, Laura, Roxanne et Ashley avaient tout l'air de procéder à un vieux rituel de magie interdite. Laura positionna son doigt sur une page du vieux grimoire ouvert sur ses genoux et leva sa baguette. Elle ferma les yeux un instant puis, dans un silence tendu, elle commença à prononcer la formule :
– Video Totam Cognescivit…
Elle essayait de garder les yeux fixés sur le parchemin mais par moment elle était obligée de lire sur la page jaunie la suite de l'incantation. Elle n'avait pas l'habitude de prononcer des formules si longues, elle n'était même pas sûre de prononcer correctement les lettres en latin. Elle acheva sa litanie d'un ample mouvement de baguette. Geste souple mais rapide, disait le grimoire, du nord-est au sud-ouest.
Le silence retomba dans la pièce mal éclairée, perturbé seulement par le grésillement d'une flamme de bougie se noyant dans la cire fondue.
Laura laissa brusquement retomber sa baguette sur le parchemin à ses pieds.
– Rien ne marche ! s'exclama-t-elle. Je ne sais plus quoi essayer.
Les trois jeunes filles s'étaient rassemblées une fois de plus dans les appartements d'Helga pour tenter d'accéder au contenu de la carte. Cela faisait maintenant deux semaines qu'elles l'avaient volée mais elles n'avaient toujours pas trouvé le moyen de l'utiliser. Et pourtant elles avaient tout essayé, vraiment tout.
Après avoir épuisé toutes les formules de révélation qu'elles connaissaient elles avaient entamé une campagne de recherche à la bibliothèque. Elles avaient noircis des parchemins entiers de formules, enchantements, rituels pour révéler ce qui avait intentionnellement été caché mais la carte restait toujours illisible. Elles s'étaient alors lancées sur une autre piste : les livres de Potion. Roxanne avait préparé des dizaines de mélanges censés révéler une encre invisible ou refaire apparaitre tout ce qui avait été effacé ; sans résultat. Par désespoir de cause, elles étaient retournées dans la chambre des Trimardeurs pour lire leurs livres sur la cartographie mais il n'y avait aucune indication dedans sur la dissimulation d'une carte.
Même après tout ça elles n'avaient pas encore abandonné. La résistance de ce stupide bout de papier titillait leur orgueil et elles étaient décidées à lui extraire ses secrets, de gré ou de force ! Elles s'étaient enfoncées un peu plus loin dans la difficulté. Le sort que Laura venait de lancer n'était qu'une ultime tentative pour entrer en contact avec l'intelligence artificielle qui se cachait peut-être entre les fibres du parchemin et extraire sa mémoire pour la projeter sur la surface du document. Vous n'avez pas tout compris ? Elles non plus quand elles avaient lu le paragraphe explicatif, page 156 de « Tout ce savoir artificiel qui nous entoure », mais elles avaient quand-même essayé. Elles avaient couru tellement de risques pour pénétrer dans la réserve interdite un peu plus tôt dans la nuit et subtiliser ce grimoire qu'il fallait au moins qu'elles essayent.
Et elles en étaient toujours au même point, c'est-à-dire nulle part.
Ashley bailla.
– De toute façon, maintenant, on est trop fatiguées pour réussir un sort aussi dur, dit-elle, si on allait se coucher ?
Les yeux fiévreux de ces deux amies brillèrent à cette évocation. Des draps chauds ! Un matelas moelleux ! C'était ce que réclamait le corps de Laura à grands cris. Puis, d'une seule phrase, Roxanne chassa ce doux rêve.
– Avant d'aller se coucher il faut qu'on remette ce livre dans la réserve, rappela-t-elle en se frottant les yeux.
Laura et Ashley s'entre-regardèrent.
– Ça ne peut pas attendre demain ? argumenta Laura d'une petite voix. Si Rusard nous cours de nouveau après je ne pense pas que je serais encore capable de lui échapper dans cet état.
– Laura a raison, c'est vraiment trop risqué. Ce vieux grimoire poussiéreux ne manque à personne.
Roxanne leur sourit.
– Bon, c'est bon. Pour cette fois ça ira, accepta-t-elle. Mais on range au moins ce bazar.
Elles regardèrent autour d'elles. Des feuilles étaient étalées un peu partout, parfois recouvertes d'assiettes rapportées des cuisines, dans lesquelles ne subsistaient que des miettes. Au milieu de cette étendue de formules magiques pointaient de multiples tasses de thé, comme autant de bouées auxquelles elles avaient dû se raccrocher pour poursuivre, malgré la fatigue, leurs assauts contre le parchemin impénétrable.
Elles se levèrent lentement, frottant leurs articulations douloureuses. Laura referma le grimoire en prenant garde à n'égarer aucune des pages déchirées ou décollées. Elle fit une pile approximative avec tous les morceaux de papier à sa portée puis elle s'apprêta à replier la carte.
Elle se demanda tout d'abord si sa vue lui jouait des tours. Elle frotta énergiquement ses yeux bouffis et les cligna au moins quatre fois. Elle voyait toujours les mots écrits à l'encre noir sur le parchemin. C'était la fatigue. Peut-être, qu'après tout, elle s'était réellement endormie. C'était sans doute un rêve. Ce n'était pas le premier d'ailleurs. Ces dernières semaines, elle avait tellement été obsédée par ce parchemin vierge qu'il hantait ses nuits. Mais pouvait-elle se sentir si fatiguée alors même qu'elle dormait ? Elle se pinça. Elle ne se réveilla toujours pas et, en plus, elle se fit mal. Elle se dit alors qu'il faudrait peut-être qu'elle prévienne les autres.
– Roxanne ? Ashley ? articula-t-elle doucement. Je pense que vous devriez venir voir ça.
Les deux autres s'approchèrent de Laura, alarmées par sa voix étrangement étranglée. Elles se penchèrent vers elle et Laura leur montra les quelques lignes d'écriture sur le parchemin :
Mr Cornedrue pense que ces jeunes filles ont assez cherché et qu'elles méritent qu'on les aide un peu.
Mr Patmol est entièrement d'accord.
Mr Lunnard plussoie ses deux camarades et fait dire aux jeunes méritantes que la carte ne se révèle qu'à ceux qui promettent de ne l'utiliser que pour une noble cause.
Roxanne prit une rapide inspiration et mit sa main sur sa bouche sous la surprise. Elle se laissa tomber à genoux devant le parchemin et promena son doigt sur l'encre comme si elle voulait vérifier elle aussi que ce n'étais pas qu'une illusion.
– Cornedrue, Patmol, Lunard,…murmura-t-elle pour elle-même. Cette carte appartiens aux Maraudeurs !
– Aux Maraudeurs ? demanda Laura. Tu veux dire la bande de délinquants dirigée par le grand-père de Potter ?
Roxanne tourna un visage choqué vers Laura qui continuait sans rien remarquer :
– Je croyais qu'ils s'appelaient James, Sirius et – c'était qui le dernier déjà ? – Romulus ?
– Remus, souffla Roxanne entre ses dents, le dernier c'était Remus Lupin. Comment tu peux ne pas connaître leurs noms Laura ? C'est un blasphème ! Les maraudeurs n'étaient pas 'un groupe de délinquants'. C'étaient les farceurs les plus géniaux que le monde magique ait jamais connu ! Mon enfance a été bercée par les récits de leurs plus brillantes farces !
– C'est bien le genre de conte que ton père doit raconter à ses enfants pour les endormir, rit Ashley.
– Cornedrue, Patmol et Lunard sont leurs surnoms, continua Roxanne.
– C'est bizarre comme surnoms, observa Laura, on dirait des noms d'animaux de compagnie.
Roxanne lui envoya un regard noir et ne daigna pas répondre à ces accusations. Comme toujours c'est Ashley qui les ramena au cœur du problème.
– Moi, ce que je me demande, c'est ce qu'ils veulent dire par : « la carte ne se révèle qu'à ceux qui promettent de ne l'utiliser que pour une noble cause ».
– Ils veulent un serment ? Je veux bien prêter serment, proposa Laura.
Elle posa sa baguette sur la carte et leva sa main gauche. Elle eut un moment d'hésitation.
– Vous croyez que je devrais la poser sur mon cœur ?
Ses deux amies haussèrent les épaules. Elle choisit de la laisser en l'air.
– Je jure, énonça-t-elle, de n'utiliser cette carte que pour une noble cause.
Les trois premières lignes d'écritures s'effacèrent et une nouvelle phrase apparut.
Mr Cornedrue demande à celle qui se présente si humblement devant les Maraudeurs de préciser ce qu'elle entend par : « une noble cause ».
– Euh…Eh bien, nous voulons utiliser la carte pour explorer Poudlard.
Mr Patmol se voit désolé d'insister mais… quels coins de Poudlard exactement ?
S'en suivit une longue suite de questions. Redoutaient-elles d'aller dans les coins interdits ? Pourquoi voulaient-elles explorer Poudlard ? Leurs expéditions avaient-elles un but particulier ? Laura avait l'impression de subir un entretien de motivation en même temps qu'une interrogation policière dans laquelle on essayait de lui tirer des aveux. Elle voyait plus au moins où les Maraudeurs essayaient de la mener sans pour autant arriver à dire exactement ce qu'ils attendaient d'elle. C'était devenu un grand jeu de devinette où Roxanne, Ashley et Laura criaient toutes les réponses qui leurs venaient à la tête. La fatigue n'aidant pas, plus ça allait, moins ce qu'elles disaient n'avait de sens.
– On veut… faire tourner bourrique MacGonagall ! s'écriait Roxanne.
– Rendre Rusard dingue ! surenchérissait Ashley.
Mr Patmol s'indigne. Il fait remarquer qu'ils ne se seraient pas donné la peine de créer un tel chef d'œuvre juste pour tourmenter MacGonagall !
Les Maraudeurs, sous la surface de leur parchemin, commençaient à perdre patience. Laura se massa les tempes, à chaque nouveau cris de ses deux amies sa tête la lançait.
Mr Lunard pense que ce que Mr Patmol veut dire c'est qu'une « noble cause » comprend quelque chose de beaucoup plus global que cela. Qu'espérez-vous accomplir avec cette carte ? Attraper ceux qui enfreignent le règlement ou vous affranchir vous-même des règles ?
– Nous affranchir des règles, bien sûr ! répondit Roxanne, les joues rouges et les yeux brillants.
Le cerveau de Laura tournait à toute allure (du moins aussi vite qu'il pouvait à cet heure avancée de la nuit). S'affranchir des règles, aller dans les couloirs interdits, un but particulier, espérer accomplir…Ce qu'ils essayaient de leur tirer du nez c'étaient leur intention. Quelle était leur intention ? Bonne ou mauvaise ? Ni l'une ni l'autre en réalité mais peu importait, elle dirait aux Maraudeurs ce qu'ils voulaient entendre.
– Je sais, dit-elle d'une voix ferme.
Roxanne et Ashley se turent.
– Nos intentions sont mauvaises, articula-t-elle à l'intention de la carte.
Il y eu un moment de silence, rien ne s'affichait sur la carte. Puis de l'encre se répandit de nouveau sur la surface jaunie.
Mr Lunard rappelle qu'un serment est exigé.
Laura leva de nouveau sa main en l'air.
– Je jure que mes intentions sont mauvaises, dit-elle d'une voix tendue.
Mr Cornedrue minaude peut-être mais il aimerait bien quelque d'une peu plus…solennel.
Laura leva les yeux au ciel.
– Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.
Cette fois c'était la bonne. La dernière ligne écrite par Cornedrue s'effaça et l'encre commença à suinter de la page, comme si elle avait jusque-là été piégée et qu'elle venait tout juste de remonter à la surface. La Carte de Maraudeurs, c'était son nom. Puis le titre s'effaça à son tour et le parchemin se couvrit de dessins. Des traits partaient du centre puis s'étiraient, courraient, serpentaient. Des courbes s'esquissaient, des angles. Les traits fusionnèrent, s'écartèrent à nouveau. Là, on reconnaissait un couloir, là-bas le tracé d'un escalier. Après quelques minutes le plan précis du rez-de-chaussée du château s'étalait sous les yeux émerveillés des trois jeunes filles. Mais elles n'avaient pas encore vu le plus beau. La carte prit vie. En bas à gauche, longeant le mur de la grande salle et s'engageant dans le couloir des cachots, des petits points noirs apparurent. Comme des traces de pas dans le sable effacés au fur et à mesure par la mer, les points noirs mouraient quelques secondes après êtres apparus. En se penchant les filles virent que ce n'étaient pas des points mais les empreintes d'une patte d'animal, un chat sans doute. D'ailleurs, alors qu'elles se penchaient, une étiquette se déplia.
– Miss Teigne, indiquait-elle.
Roxanne poussa une exclamation de pur éblouissement. Les deux autres restaient sans voix.
Elles découvrirent bientôt qu'un glissement de la baguette vers le haut ou le bas leur permettait de passer d'un étage à l'autre. Dans leur enthousiasme, elles passèrent tout le château en revue. Il était presque désert à cet heure plus que tardive (ou très matinale, tout dépend de quel point de vue on se plaçe) mais elles dénichèrent Rusard qui rodait encore près de la bibliothèque – le brave homme ne dormait donc jamais ? – et la directrice assise à son bureau – s'était-elle endormie sur les papiers administratifs qu'elle lisait ? Puis elles allèrent faire un tour du côté des dortoirs de Gyffondor. Macy Pattinson et Gordon Blow étaient encore dans la salle commune, côte à côte sur un canapé. Roxanne ne voulait même pas savoir ce qu'ils faisaient. Sinon, tous leurs sages camarades, y compris les Trimardeurs, dormaient dans leurs petits lits. Des petits « ZZZ » flottaient même à côté de la tête de certains et elles se demandèrent en riant si la carte savait détecter les ronflements. Puis elles voulurent voir leurs propres étiquettes, elles se dirigèrent vers le sixième étage, couloir nord. Elles ne voyaient aucun couloir étroit relié au couloir de l'aile nord. Elles tapotèrent toute la longueur du couloir mais rien n'apparut.
– Peut-être que les Maraudeurs ne connaissait pas ces appartement, dit Ashley, Altaïr nous a bien dit qu'elle n'avait laissé entrer personne depuis plus de 2000 ans.
Cela alluma une flamme de fierté dans le regard de Laura et Roxanne.
– C'est pour ça que Potter veut absolument savoir où nous étions la nuit où ils nous ont piqué nos matelas ! s'exclama Laura. Ça doit lui rester en travers de la gorge de savoir que nous connaissons des endroits à Poudlard que ses ancêtres adulés ne connaissaient pas !
Roxanne leva les yeux au ciel dans un bâillement.
– Et il faut toujours que tu ramènes tout à James, dit-elle avec un regard lourd de sens.
Laura rougit et se jeta sur son amie. Elles roulèrent au sol en se chamaillant. Ashley soupira et tourna la carte vers elle.
Elles continuèrent à explorer Poudlard virtuellement une bonne partie de la nuit. Elles cherchaient les passages secrets qu'elles ne connaissaient pas, décidaient lesquels elles iraient visiter en premier. Puis la fatigue eut raison d'elles et elles tombèrent l'une après l'autre, leurs cheveux s'éparpillant sur la carte.
C'est le froid qui réveilla Laura mais, à peine sa conscience avait-elle refait surface, son corps la lança de tous côtés. Où était-elle ? Certainement pas dans son lit. Elle releva sa tête qui reposait sur ses bras croisés. Le soleil, passant à travers ses cheveux, lui brûla les yeux. Elle grommela et roula sur le dos. Les souvenirs de la nuit dernière lui revinrent, les sortilèges, la carte. Elle tenta de nouveau d'ouvrir les yeux et elle vit Ashley en positions assise à côté d'elle qui la regardait.
– Tu as une tête affreuse, lui dit-elle en guise de bonjour.
– Je te retourne le compliment, grogna Laura.
Elle tenta difficilement de s'assoir. Le sang ne circulait plus dans ses avant-bras et sa bouche était pâteuse.
– J'ai mal partout, se plaignit-elle à Ashley
– Pareil. Tu crois que Roxanne a une potion pour nous remettre d'aplomb ?
Elles se tournèrent toutes les deux vers leur amie étendue à plat ventre sur le plancher. Son visage était entièrement recouvert par ses boucles rousses mais on pouvait voir sa respiration soulever régulièrement quelques mèches de cheveux.
Laura dégagea le visage pâle de la rouquine dans un geste plein de douceur.
– Qu'est-ce qui serait le plus sympa à ton avis ? demanda-t-elle à Ashley sans se retourner. La laisser dormir sur un plancher ou la réveiller pour qu'elle puisse se rendormir sur quelque chose de plus confortable ?
– Réveille-là, répondit Ashley. Je vais faire le thé.
Une heure plus tard Laura marchait seule vers la salle commune des Gryffondors. Elle se sentait un peu mieux, elle avait avalé un thé bien fort et une potion que Roxanne avait dénichée au fond de son armoire à ingrédients. Ashley et Roxanne étaient allées tout droit des appartements bleus à la grande salle pour profiter du petit-déjeuner tardif offert les dimanches matins mais Laura voulait d'abord passer par son dortoir pour changer son uniforme froissé et peut-être mettre un peu d'ordre dans sa chevelure hirsute. Elle allait donner le mot de passe à la grosse dame quand le tableau glissa de lui-même et quelqu'un sortit de la salle commune manquant de lui rentrer dedans. Essayer donc de passer une nuit blanche et on verra comment sont vos réflexes le lendemain matin !
– Holà ! Wellington ! s'exclama celui qui venait de sortir. Tu as une tête proprement effrayante ! Passé une mauvaise nuit ?
Laura releva la tête. C'était bien son jour de chance, devant elle ne se tenait nul autre que James Potter. Elle lui grommela de la laisser passer mais il fit comme s'il n'avait rien entendu. Remarque, il est fort possible qu'il n'ait réellement rien entendu, elle semblait incapable d'articuler quoi que ce soit d'intelligible ce matin. Il tenta d'apercevoir son visage sous les mèches folles qui lui retombaient sur le visage.
– Vous avez encore passé une nuit blanche à chercher des sortilèges pour déchiffrer la carte ?
Elle cligna des yeux et chassa les cheveux de son visage pour mieux le regarder. Il les avait encore espionnées ?
– Je vous ai vues à la bibliothèque, dit-il en réponse à son regard interrogateur.
Il pencha la tête sur le côté comme pour mieux la regarder et fit une petite moue.
– Franchement, Wellington, ça me fait de la peine de te voir dans cet état. Mon offre tiens toujours tu sais…
Quand Laura pensa à l'assurance de James deux semaines plus tôt quand il leur disait qu'elles ne trouveraient jamais le moyen de lire la carte toutes seules, elle ne put empêcher une lueur de triomphe de passer dans son regard. James dû voir son expression furtive car il fronça les sourcils et se redressa.
– Ou alors vous avez réussi toutes seules, dit-il lentement en guettant sa réaction.
Laura essaya de maintenir une expression neutre mais les deux coins de ses lèvres se soulevèrent quand même dans un sourire moqueur. James se pencha un peu plus vers elle et baissa la voix.
– Vous avez réussi ? Vous avez trouvé le mot de passe ?
Sa voix avait perdu sa hauteur habituelle. Il parlait très vite et ses yeux étaient écarquillés par la surprise. Mais cet élan de spontanéité fut bref. Le seconde d'après il s'était repris.
– Comment vous avez fait ? demanda-t-il quand même en feignant la curiosité désintéressée.
Laura laissa son sourire s'élargir.
– Tu peux ajouter ça à la liste des choses que tu ne sauras jamais, Potter ! lui répondit-elle en se faufilant entre lui et le bord du portrait.
Sa mauvaise humeur était complètement oubliée. Elle se dirigea vers l'escalier du dortoir des filles un sourire satisfait étalé sur les lèvres. La tête de Potter quand il avait compris n'avait pas de prix !
Elle pila sur le seuil des escaliers. Une silhouette venait de sortir de la pénombre dans laquelle se trouvaient les marches et lui bloquait le passage. Laura mit la main sur son cœur qui venait de faire un bond et recula précipitamment. Elle dévisagea la poupée de cire – pardon, la jeune fille – qui se tenait devant elle. La créature tout droit sortie d'un film d'horreur la fixa de ses yeux noirs alourdis pas le mascara et descendit lentement la dernière marche. Puis elle la frôla de ses longs cheveux platine avant de marcher tout droit vers la sortie de la salle commune.
Laura resta pétrifiée au pied de l'escalier. Le corbeau va rapporter à son maître, pensa-t-elle dans un frisson.
Toute la journée Laura fut sur les nerfs. Elle sentait sur elle les regards insistant de hordes de jeunes filles dans les couloirs, dans la salle commune. Elle n'y avait jamais fait attention jusque là mais elles occupaient chaque coin du château, jusque dans les toilettes où elles se rassemblaient autour du miroir et arrivaient encore à envoyer des œillades meurtrières à Laura tout en retouchant leur eye-liner. Laura n'avait rien raconté de la scène de ce matin à Roxanne et Ashley et elles ne semblaient rien remarquer, ni les attroupements qui les suivaient du regard ni le teint légèrement vert de Laura.
Laura était persuadée que c'était à elle de régler le problème elle-même. C'était elle et elle seule qui avait déclenché la furie du fan club de Potter. Elle s'en voulait d'ailleurs. Avant les vacances elle avait fait très attention à éviter Potter et à faire en sorte qu'il ne lui adresse pas la parole en public. La dernière chose qu'elle voulait, en plus de ses petits…différents avec les Trimardeurs, c'était un conflit avec les autres filles. Elles étaient de bien moins bonnes joueuses et leurs vengeances promettaient d'être beaucoup plus humiliantes, elle avait compris cela. Et voilà qu'elle avait tout gâché. Il lui avait suffit d'un petit moment d'inattention, une seule petite faiblesse et la trêve fragile entre elle ces furies tombait en poussières.
Elle avait tout d'abord pensé demander à Potter d'aller calmer ses groupies lui-même mais en y repensant bien elle s'était dit que ça ne lui rendrait peut-être pas service. En fin de compte il était préférable que Potter ne se doute de rien, s'il commençait à se mêler de ça, ce serait le chaos assuré.
Laura était en train de réfléchir à des manœuvres de négociations de paix, le dimanche soir, en remontant seule à son dortoir pour y déposer ses devoirs d'astronomie. Il faudrait d'abord qu'elle trouve un moyen d'approcher les harpies, repérer un troupeau pas trop important…
Perdue dans ses pensées, elle avança la main pour ouvrir la porte de sa chambre. A peine avait-elle appuyé sur la poignée que quelque-chose lui tomba sur le visage. Le stress dans lequel elle avait été toute la journée eu raison de ses nerfs : elle cria et lâcha tout, la poignée comme son devoir d'astronomie dont les pages allèrent voler plusieurs marches plus bas. Elle avait le cœur au fond de la gorge. Elle avança une main tremblante pour saisir ce qui lui était tombée sur la figure. Une poupée vaudou qui présentait de très vagues ressemblances avec elle (elle avait juste de longs cheveux bruns) se balançait doucement au niveau de ses yeux, retenue par une ficelle nouée autour de son cou. Une longue épingle était plantée droit dans son cœur. Embroché à l'épingle se trouvait un morceau de parchemin sur lequel était écrit dans une écriture ronde d'adolescente : « On t'avait prévenue … ».
Le point sur le i de « avait » était dessiné en forme de petit cœur.
Laura arracha la poupée de sa ficelle et se barricada dans sa chambre. Avant qu'elle ne claque la porte elle était sûre d'avoir entendu des rires dans les étages inférieurs. Ils raisonnaient dans la cage d'escalier et répandaient des frissons le long de ses bras.
Voilà. Je ne peux pas vous laisser comme ça, j'aimerais expliquer un peu le pourquoi du comment de la facon dont elles déchiffrent la carte.
Certains l'ont fait remarquer, Roxanne aurait pu demander à son père. Mais ça me semblait un peu facile comme solution et du coup ça me permet d'introduire ma propre petite théorie sur la façon dont les jumeaux eux-même ont pu avoir le mot de passe. C'est simple : ils ont été aidés. Après tout, si la carte peut insulter Rogue pourquoi ne peut-elle pas aider les étudiants mal intentionnés ?
Par contre je ne me rappelais plus exactement comment sont présentés les "paroles" des Maraudeurs dans les livres et je ne les ais pas sous la main (shame on me ! je n'aurais pas du les laisser chez mes parents !) donc excusez moi si il y a une incohérence.
C'est tout ! Dites moi ce que vous pensez de ma petite théorie.
