Holaaaaa a todos! J'espère que vous allez bien. On se retrouve pour ce huitième chapitre fort en émotions et avec un petit (gros) tournant dans cette histoire pour la suite! (d'ailleurs le titre m'a fait chanter du Lorie toute l'après midi, j'en peux plus)
A partir d'aujourd'hui, je ne pourrais plus poster deux chapitres par semaine comme je le fais de temps en temps, dès fois j'ai le temps le mercredi, et dès fois non donc dans ces cas là je posterai le jeudi ou durant le week end. Excusez moooi! J'avoue que les chapitres sont de plus en plus difficiles à écrire et ça devient dur de faire un minimum de 10 pages open office... Bref! J'espère que ça ne vous dérange pas trop!
Sur ce, bonne lectuuuure!
Chapitre huit: Ma meilleure amie tu resteras.
Side of Sakura.
-Promets-moi que plus jamais tu recommenceras.
Après que Sasuke se soit occupé de moi, je m'étais réfugiée sous mes draps. Là où je pensais que personne ne pourrait m'atteindre, où j'étais en sécurité. Il s'était installé à mes pieds et jouait avec ses doigts d'anxiété, je supposais. Je voulais lui répondre mais aucun mot ne sortait de ma bouche. J'étais comme paralysée. Je n'avais aucune envie de lui mentir. Pas à lui. Il faisait tout pour moi, pour que j'aille bien, que je souris sans cesse et que j'oublie mes soucis. Lui mentir serait le trahir. Alors je prenais la facilité, une nouvelle fois, et restai silencieuse.
- Réponds-moi.
- Te répondre quoi ? Que oui, je ne recommencerai plus, que je te le promets, pour te faire plaisir ? Désolée, mais ce serait te mentir.
- Alors dis-moi que non.
- Je n'ai pas envie de te faire du mal, Sasuke. Alors je ne te répondrai rien.
- C'est en me disant rien que tu m'en fais, sache-le.
Je me fis petite et ne bronchai pas. A dire vrai, le silence était mon allié dans ce genre de moment.
- Tu as ces idées depuis longtemps dans la tête ?
- Non.
- Alors pourquoi ça t'est venu subitement ?
- Je ne sais pas.
- Tu as aimé ?
- Oui.
Lorsque le sujet me prenait aux tripes, mes seules réponses valides étaient oui, non, peut être ou je ne sais pas. Faire des phrases me paraissaient si compliqué. Me confier, encore plus.
- Et tu recommencerai si tu en avais l'opportunité ?
J'avais beau réussir à répondre aux questions précédentes d'une façon si simple et anodine que pour la peine, sur celle-ci, je restai muette. Sasuke croyait pouvoir me berner mais je n'étais pas dupe, loin de là. Il attendait un « oui ». Aussi bref soit-il mais je ne dis rien. Il souffla d'agacement, je le sentais.
Une personne toqua au travers de ma porte puis entra. Je perçus mon père sur le seuil qui me fixait étrangement. Sasuke disposa je ne sais où me laissant seule avec mon père. Je voulais qu'il revienne, qu'on parte loin, une destination inconnu mais une chose était sûr, je ne voulais pas affronter mon paternel.
- Ta mère m'a appelé en panique au travail. Elle m'a dit que tu t'étais faite vomir. Est-ce que tu trouves ça normal ?
- Avant que tu dises quoique ce soit, je tiens à dire que je ne me suis pas fait vomir.
Foutue fierté. Foutu mensonge.
- Arrête, Sakura.
- Non, c'est vrai ! J'ai vomi parce que le repas n'était pas bien passé. Mais en aucun cas, j'ai fait ce que Maman a dit.
- Cela fait plusieurs jours qu'on se posait la question avec ta mère. On avait des doutes. Des soupçons. Je ne suis pas dupe.
- Mais je te promets Papa !
Il prit place sur ma chaise de bureau et se tourna vers moi. Un face à face qui était déplaisant.
- Tu ne penses pas qu'il y a quelque chose qui ne tourne vraiment pas rond ? On en a tellement parlé Saku. J'ai l'impression que tu n'en as rien à faire, ça rentre par une oreille mais en ressort aussitôt. Je ne cherche pas à te faire la morale, loin de moi cette idée, mais je voudrais que tu commences à comprendre et que tu te remettes en question. C'est de ta vie qu'on parle là. Tu étais pleine de joie avant, toujours à rire et à chercher la petite bête. Tu crois que ça ne me manque pas que ma fille vienne m'embêter chaque soir pour un oui ou pour un non ? Je n'aime pas la Saku que tu es devenue. Je veux retrouver l'ancienne. Celle qui ne se souciait pas du regard des autres et du poids. Elle me manque beaucoup. Trop même.
J'étais incapable de répondre quoique ce soit. Mon cerveau se stoppait et mes muscles me lâchaient. Il venait de m'atteindre, en plein cœur, ça faisait mal. Horriblement mal. Mais c'était mon nouveau moi, je ne pouvais pas revenir en arrière. C'était bien trop compliqué et au fond de moi, je ne le voulais pas.
- Qu'est ce qui ne va pas. Pourquoi tu agis comme ça, Sakura.
Mon père venait de m'appeler par mon prénom complet. Bien qu'il le prononce assez régulièrement, celui-ci sonnait différemment, ce qui me surprit davantage. Il y avait de la tristesse, de l'inquiétude, des sentiments que je ne voulais pas affronter, pas tout de suite. Je n'osais pas le regarder dans les yeux. Des larmes silencieuses se mirent à couler le long de mes joues sans que je ne puisse rien retenir. Je ne pouvais plus retenir mes émotions, elles étaient beaucoup trop fortes. L'instant suivant, je craquai définitivement, bien trop épuisée pour lutter. Des sanglots sortirent de ma bouche. Mon père vint rapidement s'installer à mes côtés et me prit aussitôt dans ses bras. Réellement, je n'avais besoin que de ça. Il me serrait plus fort contre lui ce qui me rassura. J'entendis des reniflements dans mon dos et compris que mon père pleurait. Cela me tua encore un peu plus. Je gardai tout en moi, je ne fis pas de remarques mais mon dieu ce que mon esprit était embrouillée.
- Tu as raison, déclarai-je en pleurant.
- Raison sur quoi ?
- Je me suis faite vomir.
- Pourquoi tu as fait ça ? dit-il en me caressant la joue.
- Je ne sais pas.
Bien sûr que si je savais pourquoi. Je ne voulais tout bonnement pas l'en informer. J'ai horreur du mensonge mais je ne faisais que ça, mentir à tord et à travers.
- Donc là, tu n'as plus rien dans l'estomac ?
Je secouais négativement de la tête.
- Tu ne veux pas au moins prendre un yaourt ?
- Je n'ai pas faim.
- Oui, mais tu n'as rien dans l'estomac. Et il a besoin de se nourrir.
- Sûrement.
- Allez, fais un effort s'il te plaît et descends manger un yaourt.
J'acceptais. Rien qu'une fois, je voulais faire plaisir à mon père. Je sortis de sous mes couvertures et me mis sur mes pieds. Je voulus descendre mais celui-ci m'arrêta en pleine lancée en me prenant dans ses bras. Un geste qui me réchauffa le cœur. Il me fit un bisou sur la tempe et cette fois ci je pus m'en aller. La crainte de croiser ma mère grandissait au fond de moi. Comment vais-je devoir me comporter lorsque je la verrai, que vais-je devoir lui dire et devais-je m'excuser ? Toutes ces questions hantaient mes pensées. Cependant, je ne vis aucune trace de ma mère. J'allai au frigo et restai plantée devant l'espace yaourt. J'avais pris le soin de les ranger du plus caloriques au moins caloriques. J'avais besoin de faire cela pour me sentir bien dans ma tête ce qui dérangeait beaucoup mon frère et mes parents qui ne comprenaient pas. Au fond, je pus distinguer les crèmes brûlées, les parfums chocolat, café et vanille tandis que devant mes yeux se trouvaient ceux à zéro pour-cent saveur nature. J'avais tellement envie d'allonger mon bras au fond de ce rayon et de déguster une de ces fameuses crèmes sans pour autant me faire vomir par derrière. Mais encore une fois, ma conscience m'en empêchait. Je restai là, debout, pendant cinq minutes à me torturer à me demander lequel vais-je prendre. Pourtant je savais pertinemment vers quel yaourt mon choix allait se porter. J'empoignais un nature, pris une cuillère et m'installai sur le bar. Je n'avais définitivement pas faim.
- Sakura, tu es prête ? m'interpella Sasuke une fois que j'eus fini mon laitage.
- Ou..oui.
Je culpabilisais et Sasuke le comprit immédiatement. A croire qu'il lisait en moi.
- Zéro pour-cent. Tu as juste à lire ce pourcentage et tes craintes s'envolent.
- Alors pourquoi je culpabilise comme une malade ?
- C'est dans ta tête, ça. Allez, viens te changer les idées.
Nous nous préparâmes pour la patinoire et sortîmes de la maison. Un grand soleil illuminait cette journée qui avait pourtant si mal commencé. La chaleur était au rendez vous mais mon corps, lui, demeurait refroidi. Nous arrivâmes rapidement et chaussâmes nos patins. Sasuke me prit la main et me guida vers la patinoire. A peine avais-je posé mon pied sur ce sol glacé qu'un frisson parcourut tout mon corps. Tout cela m'avait manquée. Je me laissai glisser sur la glace comme au premier jour. Sasuke me sourit puis patina afin de se dégourdir les jambes. Chose que je ne tarda pas à faire. J'étais bien. J'étais heureuse. Et je me devais d'en profiter car je savais pertinemment que ce n'était pas le bonheur mais simplement la douleur qui faisait une pause.
Ellipse.
Deux jours plus tard.
Mes doigts se mêlaient ensemble. Ma gorge était nouée et mes sens envolés. Mes jambes qui reposaient sur la moquette de la voiture ne restait pas en place et mon regard vagabondait à travers le paysage. J'étais en route pour l'hôpital. Sasori se trouvait à mes côtés et Sasuke aux siens. La voiture était calme, personne n'osait parler. Ces deux derniers jours étaient catastrophique. J'avais enchaîné les crises de boulimie jusqu'à en avoir trois par jours et m'étais mutilée une nouvelle fois. Je virai mal, je le savais mais je n'avais guère envie d'arrêter. Hinata me rejoindrait à l'hôpital suite à ma demande. Je n'avais pas envie de la quitter. En fait, j'étais très bien chez moi.
- Arrête la voiture, criai-je.
- Tais-toi ! renchérit mon père.
- Je ne veux pas y aller ! Je vous jure que je vais manger. Je ferai des efforts, pleurai-je. Mais me laissez pas seule. Sasori, me tournai-je vers lui, les laisse pas me prendre, je t'en supplie.
- Tu as besoin de ces soins Sakura, calme toi, déclarai mon frère.
- Alors toi aussi tu es contre moi ? Stop, je veux sortir d'ici, laissez moi !
J'essayai d'ouvrir la porte à plusieurs reprises mais mes parents avaient pris le soin de la bloquer. Je tapai contre la vitre de rage et la seule chose que je réussissais à faire était de me fatiguer. J'avais beau dire ce que je pensais, plus personne ne prenait mon avis en compte. J'allais devoir obéir comme un vieux toutou à sa maîtresse. Je pleurai à chaudes larmes contre mon carreau, Sasuke n'avait même pas osé prendre la parole pour me défendre, j'étais définitivement seule contre tous. Enfin non. Il y avait ma plus fidèle amie avec moi : l'anorexie.
Nous arrivâmes un quart d'heure plus tard et fîmes pris en charge immédiatement par une femme qui s'avérait être ma psychologue.
-Veuillez me suivre à mon bureau, nous serons beaucoup mieux pour parler, dit-elle en souriant.
Je voulais lui faire ravaler son sourire qui me paraissait des plus hypocrites. Cette femme ne me correspondait pas, je savais donc pertinemment que je ne confierai pas. Je détestai toutes ces personnes qui voulaient me faire reprendre du poids. Me laisser tranquille était trop leur demander ?
Nous suivîmes ma psychologue. Sasuke et Sasori avaient décidé de ne pas entrer préférant nous laisser entre adultes. Eux aussi, je les maudissais.
- Je m'appelle Alexandra et je serai ta psychologue tout au long de ton séjour dans cet hôpital. Je tiens tout d'abord à préciser que quoique tu puisses me dire jamais je ne porterai de jugement sur ta façon de te comporter et évidemment tu peux me faire confiance. Je suis ici tous les jours mis à part le jeudi après midi et le week-end mais si tu as un problème, tu peux demander à me voir et je viendrais.
Je ne répondais pas. A quoi bon ? La seule chose que j'avais envie de lui dire était de me laisser partir. Ils étaient tous contre moi, tous, sans exception. Je n'allais donc pas pouvoir me lier avec eux.
- Je sais ce que tu penses Sakura mais tu as tord, je ne suis pas ton ennemie. Au contraire. Je suis ici pour t'aider et tu le comprendras plus tard.
Ma mère me donna, discrètement, un coup de pied afin que je réponde quelque chose. Alors la seule chose qui sortait de ma bouche était un bref et sec "je sais".
- Sais-tu pourquoi tu es ici ?
- Oui.
- Tu es d'accord quant à la décision de tes parents ou tu es venue de force ?
Je regardais mes parents tour à tour et baissai rapidement mon regard.
- On m'y a forcée.
Ils allaient me rabaisser plus bas que terre alors pourquoi devrais-je leur faire plaisir en mentant ? L'hôpital était leur décision et non la mienne.
- Elle ne mange rien et se fait vomir. Avec mon mari, nous ne savons plus quoi faire pour qu'elle s'arrête. Les menaces ne changent rien et lui parler calmement non plus.
Je voyais Alexandra noter tout ce qu'on disait sur son calepin. Ma mère avait les larmes aux yeux en parlant et mon père osait à peine ouvrir la bouche. La psychologue me montra trois assiettes en photo. De la plus petite à la plus grande. Elle me demanda qu'elle était, selon moi, l'assiette que je mangeais chaque jour. C'était sans surprise que je lui montrai la plus grande. Elle se tourna en vain vers ma mère qui lui montra la petite.
- Je vais prendre ton poids et ta taille si tu le veux bien.
Comme si mon avis changerait quelque chose.
Elle m'emmena dans une deuxième salle où plusieurs machines étaient installées. Je ne savais plus où me mettre. Mon visage était triste et mes doigts continuaient de jouer entre eux. Alexandra m'indiqua le pèse personne du regard. J'hochai négativement la tête. Cela était plus fort que moi, je ne pouvais pas. Elle me comprit et me mit contre le mur afin de noter ma taille.
- Je suis désolée Sakura, je sais que c'est dur, mais il va falloir que tu montes sur la balance.
Je la regardai les larmes aux yeux. Je ne voulais pas. Exhiber mon poids devant tout le monde me passait au dessus.
- Je peux vous demander de sortir un instant s'il vous plaît ? dit-elle à mes parents. La pesée est une passe délicate et difficile pour nos jeunes anorexiques.
Ils obtempérèrent. Alexandra m'encouragea du regard et je finis par y monter dessus. 40 kilogrammes. J'étais contente même plus que ça. Mais au fond de moi, je me détestais. J'avais promis à Sasuke de ne pas perdre avant mon entrée à l'hôpital. Je voulais vraiment m'y tenir et comme d'habitude je n'avais pas réussi. Je ne savais pas tenir une promesse.
- Tu es dans une anorexie sévère. Il faut vraiment que tu te rendes comptes à quel point tu mets ta vie en danger. T'arrives t-il de perdre tes cheveux ?
- Oui, par poignée même.
- Es-tu à un stade où tes dents commencent à tomber ?
- Euh.. .
Cela voulait-il dire que mes dents allaient tomber si je continuais sur cette voie ? Non, enlève toi ça de la tête Sakura, ce n'était simplement que pour te faire peur.
- Tu te fais vomir combien de fois par jours ?
- Trois fois.
- Tu as déjà eu des idées noires ?
- Oui.
Et elle continuait comme ça pendant cinq bonnes minutes. Je détestais ses questions encore plus que cet endroit. J'avais l'impression de subir un interrogatoire avant de m'envoyer en prison. Et contre toute attente, c'était ce qu'y allait se passer.
- Très bien, je vais arrêter de t'embêter avec mes questions. Nous allons te mettre dans une chambre avec une seconde anorexique. Ta famille pourra t'aider à t'installer après ça elle devra partir. Tu n'as pas le droit aux visites, ni à ton portable et encore moins à l'ordinateur. S'il advienne que tu prennes du poids, en fonction du nombre, tu auras l'opportunité de prendre des nouvelles de l'extérieur. Des questions ?
- Je vais rester combien de temps ici ?
- Le temps que tu guérisses.
Je ne répondais plus et sortis immédiatement de la pièce. Devant moi se trouvaient Sasuke, Sasori et mes parents. Je tournai mon regard vers la sortie et Hinata apparut comme par enchantement. Mes larmes se mirent à couler. La voir devant moi alors que durant un long séjour, je n'allais plus avoir de nouvelles d'elle, c'était beaucoup trop dur à supporter. J'accourrai rapidement vers elle et la pris dans mes bras. Nous n'arrivâmes plus à nous quitter. Je sentais ses larmes dans mon cou ce qui me fit encore plus mal au cœur.
- Allez, ça va aller, dit-elle en me prenant les joues dans ses mains.
- Tu mens.
- Je sais. Mais j'ai pas le choix , c'est le seul moyen pour que je me rassure.
- Je veux tellement pas y aller Hinata. Kidnappe moi.
- Si seulement c'était aussi simple. J'ai tout fait pour que tu reprennes goût à la nourriture, la vie et ton corps. Mais tu es beaucoup trop têtue. Je n'ai plus de force et mon courage part en fumée jours après jours quand je te vois aussi mal en point. Il est temps que des personnes spécialisées prennent le relais. Tu vas t'en sortir.
- Je ne veux pas m'en sortir, Hinata. Je ne veux pas reprendre du poids.
- Tais-toi. Juste, tais-toi.
- Mesdemoiselles, c'est l'heure pour Sakura de découvrir sa chambre, je vous prie.
Mes parents ainsi que Sasori prirent les devant. Sasuke resta stoïque en face de moi. Ses yeux se perdirent dans les miens. Je voyais à quel point il était touché. Il me prit ma main et la serra. Je lui souris timidement et me perdis dans ses bras si protecteurs. Il me déposa un tendre baiser sur le front et nous partîmes vers ma chambre toujours mains entrelacées. Nous n'avions pas parlés mais nous nous étions compris. C'était ce que j'adorais avec lui. Les mots ne servaient à rien, on se comprenait par les regards ou bien même par la pensée.
- Nous n'avons pas beaucoup de temps, me fit ma mère. Ça va aller ?
- Tu veux te débarrasser de moi ?
- Ne dis pas de bêtises Sakura.
- Tu vas me manquer sœurette. Il va y avoir un vide sans toi à la maison.
- T'es adorable mais je sais très bien ce que tu penses. Inutile de mentir pour calmer la douleur.
- Tu te fais beaucoup trop de films, tu n'as pas la bonne image de la réalité, je t'aime et tu vas réellement me manquer.
- Toi aussi Sasori, commençai-je à pleurer, toi aussi.
Il me fit rapidement un câlin en voyant mes pleurs. D'un seul coup, c'est comme si tout ce qui était autour de moi s'écroulait alors que je n'avais rien demandé. Je prenais sur moi pour ne pas hurler ma douleur. Mon père succéda mon frère. Il me chuchota doucement "on croit en toi. Reviens nous en bonne santé mon ange. Je t'aime." ce qui me transperça le cœur, une nouvelle fois. Ma mère me prit également dans ses bras. J'avais beau râler contre elle, j'avais beau la détester, son affection j'en avais besoin. Et dieu merci elle m'en donnait à ce moment. Les aux revoir avec Hinata étaient d'autant douloureux qu'en plus celle-ci pleurait à nouveau dans mes bras. Je ne voulais pas les quitter.
-Où est Sasuke ? dis-je en paniquant.
Était-il parti sans me dire au revoir ? Non, non !
- Je ne sais pas, me répondit Sasori.
- Je l'ai vu sortir dans le couloir, renchérit Hinata.
Je me précipita aussitôt vers celui-ci et ma meilleure amie avait raison. Il était là. Face à la fenêtre du fond en train de regarder le paysage. Je m'avançai silencieusement et posai une main sur son épaule. Il sursauta puis se retourna. Sasuke pleurait. Il pleurait devant moi. Cela n'était même pas comparable à la larme qu'il avait pu laisser couler l'autre fois. Non, là, des milliers de perles salées dévalaient ses joues.
- Pleure pas Sasuke, s'il te plaît, ne pleure pas.
- Comment tu veux que je tienne ? Je me rends compte que je vais passer mes vacances sans toi finalement.
- Non, je vais revenir. Très vite même.
- Non Sakura. S'il faut que je sois seul, je le serai. Mais toi, tu prends soin de toi et tu me combats cette putain de maladie.
- J'ai..
- Je veux qu'elle soit ton ennemie. Pas ton alliée. Je veux que tu la bouffes comme elle peut te bouffer à l'heure qu'il est. Promets le moi.
- Je..
- Promets-le moi Sakura.
- Je te le promets.
Ma promesse allait une nouvelle fois ne pas être tenue.
Tout le monde était parti. Me voilà maintenant seule face à ma prison. Pour le moment, je ne comptais faire aucun effort. On m'avait arrachée de tout. J'étais sans repère. Je retournai dans ma chambre dans le but de me laisser aller sous les draps comme une larve. Je n'avais envie de rien mis à part qu'on me laisse tranquille. Ma camarade de chambre se trouvait sur son lit. Elle était tellement belle mais pourtant si fine. Pourquoi cela me frappait chez elle et pas chez moi ? Pourquoi ? Elle me sourit amicalement tandis que je me laissai aller sur mon lit. Sasuke m'avait laissée son gilet en souvenir et surtout, m'avait-il dit, pour que je ne l'oublie pas. Je le pris et le mis. Il était si doux et si chaud. Je passai la manche sous mon nez et sentis son odeur. Sans que je ne commande quoique ce soit, je fondis en larmes. Ma voisine vint rapidement sur mon lit et me prit dans mes bras.
- C'est toujours comme ça au début, ne t'inquiètes pas. On s'y fait à force.
Je n'allais pas tenir longtemps, je le savais, je le sentais. Ce n'était pas moi dans cet hôpital. Je ne l'admettais pas. Je n'étais pas tombée aussi bas. Je savais me contrôler et m'arrêter. Alors que faisais-je là ? Pourquoi m'enfermer et m'interdire tout ce dont j'avais besoin ? Mes journées ne rimeront à rien dorénavant. Les minutes passeront comme des heures. Et mon mal-être, lui, augmentera. J'étais fichue mais surtout faible. Faible face à cette terrible maladie qu'est l'anorexie.
« Laisse moi te serrer dans mes bras jusqu'à t'étouffer, ne laisse plus Ana seule et deviens ma meilleure amie. »
Et voilàààà l'hospitalisation que vous attendiez est là! J'espère que je ne vais pas vous décevoir parce que j'avoue que j'ai beaucouuup de mal à écrire ces chapitres, et j'ai peur d'écrire des choses incohérentes, bref je doute à chaque mot que j'écris ça devient pesant. Mais ce n'est pas pour autant que je vais abandonner non non nooon!
Réponses aux commentaires:
Isabella-57: Oh oui qu'il était intense, sûrement un des chapitres qui a le plus d'événements dans ce style. Tu avais raison, l'hospitalisation est là! Merci pour ton commentaire et ton soutient! :)
poppy-cherry: Et ouuui! Tu as bien raison, Sakura se braque, ce qui est normal car pour elle justement ça ne l'est pas du tout. Car pour ces personnes, elles ne sont pas malades, juste plus maigre que la normale. Meeeerci pour ton commentaire, c'est gentil! A la prochaaaine! :)
emoDragibuus: Bonjour! Tout d'abord merci beaucoup, le fait qu'elle te touche me rend vraiment heureuse car je me dis que j'ai réussie à au moins faire ressentir ce genre d'émotions, et je t'en remercie pour ça. Surtout le fait de recevoir ce compliment de quelqu'un qui a vécu ça, ça me met encore plus la pression car je ne veux pas vous décevoir par la suite! Milles merci pour ton commentaire, et félicitation pour t'en être sortie, tu peux être fier(e?)! A bientôt!
Prochain chapitre: Me quitter tu ne devras.
Des hypothèses sur les événements du prochains chapitre? ;)
Je vous dis à mercredi! Portez vous bien! Oveeer!
