Vraiment désolé pour le retard, je cours partout en ce moment ! Et ce chapitre n'est même pas très long... mais je vous en promets un autre pour la fin de la semaine, pour me rattraper ! Et j'espère que vous l'apprécierez quand même !

CHAPITRE 9

Le lendemain de la grande réunion, un peu après le départ de Lancelot et Morgane pour les Cornouailles, Merlin se souvint qu'il avait quelqu'un à remercier pour avoir rendu le fantastique projet « Rêve d'Albion » possible, et il s'empressa de contacter Uther par SMS. Il était ému en le faisant. Il n'aurait jamais pensé que le vieux roi ait mis son temps à profit pour concocter un tel plan à son insu, qu'il décide spontanément de léguer toute sa fortune à ses enfants. Mais en un sens, il aurait dû s'en douter. Uther Pendragon n'était pas du genre à faire les choses à moitié.

De : Merlin à Uther : Quel fantastique cadeau vous avez offert à Morgane et Arthur ! Si vous étiez là, je vous prendrais dans mes bras !

La réponse du vieux roi ne se fit pas attendre :

De : Uther à Merlin : Dieu merci, je ne suis pas là.

Merlin ne put s'empêcher de sourire stupidement à cette réponse acerbe.

Uther était tellement pince-sans-rire.

S'en-suivit une série de messages serrés qui reflétait bien leurs joutes verbales habituelles.

De : Merlin à Uther : Ce que vous pouvez être coincé. Mais merci pour eux quand même. Vous avez fait un geste très noble. Je suis vraiment fier de vous.

De : Uther à Merlin : Pas la peine d'épiloguer là-dessus pendant cinquante ans, Merlin.

De : Merlin à Uther : Est-ce que vous avez lu le projet de la fondation Rêve ?

De : Uther et Merlin : Non, j'ai utilisé les pages comme Sopalin pour éponger mon dernier dégât des eaux... BIEN SUR QUE JE L'AI LU IDIOT

Merlin se mit à rire tout seul.

-Qu'est-ce que tu fais ? demanda Arthur en passant à côté de lui.

Il cacha son téléphone et se mit à bafouiller.

-Rien, je...

Arthur haussa les sourcils.

-C'est mon père. Tu es encore en train d'envoyer des SMS à mon père.
Merlin s'empourpra.

-Qu'importe, ça ne me regarde pas, dit Arthur d'un ton vexé.

-Peut-être qu'on pourrait l'appeler ensemble..., tenta Merlin en courant derrière lui.

-Je n'ai pas le temps, j'ai promis à Perceval de l'aider à préparer ses affaires, répondit Arthur en fuyant dans les escaliers.

Merlin soupira et revint à son téléphone.

De : Merlin à Uther : Ouh ! Vous êtes VRAIMENT de bonne humeur aujourd'hui ! Vous ne voulez pas m'inviter à prendre une pizza pour en parler ?

De : Uther à Merlin : Tu me coûtes trop cher en pizzas, espèce de crève-la-faim... mais s'il le faut vraiment il doit bien me rester deux euros pour t'acheter un sandwich.

Merlin fronça les sourcils.

De : Merlin à Uther : Vous êtes trop généreux, votre Majesté.

De : Uther à Merlin : Et ça me perdra. RDV à midi, à notre sandwicherie habituelle. Arrête de m'envoyer des SMS ou je ne vais plus avoir de forfait.

De : Merlin à Uther : A vos ordres XD

De : Uther à Merlin : XD n'est pas un mot, Merlin.

De : Merlin à Uther : Non, c'est un émoticône composé de deux lettres, qui traduit la bonne humeur et le sourire...

De : Uther à Merlin : MERLIN LA FERME.

Ce fut alors qu'il sortait de la maison, que Merlin se souvint que le nom d'Uther n'apparaissait nulle part dans le projet d'Arthur et Morgane, sauf à la page deux, en tant que président d'honneur, ce qui n'était qu'un titre un peu creux.

Peut-être que le vieux roi se sentait un peu exclu ? Peut-être était-ce pourquoi il semblait être de si mauvaise humeur ?

Une heure plus tard, alors qu'ils commandaient leurs sandwichs, Merlin constata que c'était bien plus que de la mauvaise humeur Uther avait l'air vraiment dépité.

-Ca ne va pas, nota-t-il, d'un ton inquiet.

Uther haussa les sourcils d'un air ironique.

-Si vous me disiez ce qui se passe ? insista Merlin.

Le vieux roi soupira.

-Tu n'es pas mon fils, Merlin, dit-il d'un ton résigné.

-Oui, je suis au courant, répondit Merlin avec humour.

-Tu n'es pas mon fils, mais c'est toi qui m'envoies des SMS pour me remercier d'une donation qui ne te concerne pas qui demande à me voir pour manger un sandwich avec moi et qui t'inquiètes de ce que je n'aie pas l'air d'être dans mon assiette. Et pourquoi ? Parce que mon fils... se contrefiche de mon sort. Arthur ne m'a pas plus appelé que Morgane au cours de ces derniers jours. Je suis à peu près certain que ni l'un, ni l'autre n'ont l'intention de le faire dans les semaines qui viennent.

Uther avait l'air franchement malheureux.

-Ils ont juste... besoin d'un peu plus de temps, dit Merlin.

- J'ai été trop dur avec eux, pendant trop longtemps, murmura le vieux roi. Je me suis comporté comme un crétin obtus, et maintenant, j'en fais les frais. J'ai été stupide de penser que ce legs serait suffisant pour réparer nos querelles...

-Que voulez-vous dire par là ? demanda Merlin.

-C'est sans importance, répondit Uther.

-Si vous ne me dites rien, comment voulez-vous que je comprenne quoi que ce soit ? s'énerva le magicien.

-Ils n'ont rien prévu pour moi, lâcha Uther. A part l'hélicoptère et la voiture, et uniquement parce que je les leur avait expressément demandés. Pas de travail dans leur future fondation, pas de rente sur laquelle vivre.

Merlin arrondit les yeux, sous le choc.

-Ce n'est pas possible, dit-il. Ils ont dû oublier.
-Non.

Uther secoua la tête.

-Ce n'est pas un oubli, c'est une vengeance délibérée. Sans doute bien méritée. Mais il n'empêche... que je suis désappointé de voir qu'ils ont la rancune aussi tenace.

-Je vais aller leur parler, dit Merlin avec détermination. Je suis sûr que je pourrai régler ça. Arthur m'écoute toujours quand...
-Non.

Le regard d'Uther se fit étincelant.

-Je te l'interdis. J'ai ma fierté, je ne demanderai jamais la charité à mes propres enfants. Si c'est m'obliger à repartir de zéro qu'ils veulent, c'est ce que je ferai, de mon côté. Mais après ce que j'ai fait pour eux, j'estime que ce n'est pas à moi de faire l'effort de reprendre contact. S'ils en sont incapables, chacun continuera sa route de son côté.

Uther tut délibérément le fait que sa maison allait probablement être bientôt mise en vente. Il espérait toujours vaguement qu'Arthur et Morgane prendraient conscience de ce qu'ils faisaient, et qu'ils se raviseraient au dernier moment. Et puis, Merlin n'avait vraiment pas besoin de savoir ce détail. A en juger par ses grands yeux trop brillants, il avait l'air d'être sur le point de pleurer sur son sort même sans le connaître.

A croire que c'était le monde à l'envers.

-Je suis sûr que si je parlais à Arthur..., répéta le magicien d'un ton malheureux.

-Est-ce que tu comprends quand on te dit quelque chose ? s'énerva Uther. Je ne veux pas que tu le fasses. Je t'interdis de le faire. Si j'apprends que tu l'as fait, je ne voudrai plus jamais entendre parler de toi, et tu auras beau m'envoyer 50 SMS par jour, tu n'auras aucune réponse.

Merlin soupira, les bras croisés sur sa poitrine.

-Vous êtes un vieil entêté, maugréa-t-il.

Uther eut un petit sourire.

-Peut-être, reconnut-il. Mais ce n'est pas à mon âge que je changerai.

Il hésita un instant puis reconnut :

-J'espère que tu n'iras pas contre ma volonté. Parce que ça me ferait plaisir qu'on continue à se voir de temps en temps. Avec Guenièvre si elle est d' je crois qu'elle ne m'aime pas beaucoup, et je ne voudrais pas la forcer. Je préfère suivre sa grossesse de loin plutôt que d'aller à la dispute. Mais quand Galaad sera né... étant donné que c'est toi qui le garderas... j'espère que tu voudras bien me l'emmener pour que je puisse le voir aussi ?

-Evidemment, dit Merlin.

Le visage d'Uther s'éclaira.

-Bien, dit-il. Peut-être réussirai-je à faire en sorte que mon petit-fils ne me déteste pas autant que mes enfants.

-Il ne vous détestera pas, dit gentiment le magicien. En fait, je pense même qu'il vous appréciera beaucoup.

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Deux jours plus tard, Lancelot et Morgane rentrèrent de leur escapade en Cornouailles, avec de drôles de têtes. Merlin s'attendait à les retrouver rayonnants après leur grand festival de théâtre, mais ils avaient tous les deux l'air préoccupé quand ils franchirent le seuil du 22, Bayswater Road.

-Alors, dit-il, en s'avançant vers eux, pressé d'entendre leurs histoires. Comment est-ce que ça s'est passé ?

Lancelot et Morgane échangèrent un bref regard avant de détourner la tête avec une expression embarrassée.

-Bien, s'exclamèrent-ils à l'unisson, le premier, les yeux fixés sur le mur, la seconde, visiblement fascinée par le plafond.

-Bien... ! Vous étiez à la manifestation la plus passionnante de l'année ? Vous étiez excités comme des puces au moment de partir ? Vous n'avez vraiment rien d'autre à raconter ? demanda Merlin, stupéfait. Je ne sais pas, moi, comment était le spectacle, qu'est-ce que vous avez mangé...

-Je dois faire mes bagages, coupa Lancelot.

-Et moi, passer à la banque, enchaîna Morgane.

Merlin les suivit des yeux tous les deux d'un regard perplexe tandis qu'ils empruntaient résolument des chemins différents.

Etait-ce parce qu'ils étaient sur le point de se séparer qu'ils arboraient des mines pareilles ?

Qu'est-ce qui clochait chez eux ?

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Arthur suivait Gauvain et Perceval partout en regardant leurs sacs de voyage se remplir avec une fascination obsessionnelle.

De son côté, Gwen était complètement démoralisée.

Elle ne se remettait pas de certaines choses qui avaient été dites pendant la réunion et Merlin ne pouvait s'empêcher de remarquer qu'elle broyait du noir.

-Mais enfin, qu'est-ce que tu as ? finit-il par lui demander, en désespoir de cause, quand il la trouva encore enfermée dans la salle de bains.
-Ce que j'ai ? L'impression d'être un poids mort qui ne sert à rien, dit-elle, d'un ton désespéré.

-A rien, répéta Mordred, qui était assis à côté d'elle, d'un ton plein d'empathie.

Ils étaient à deux heures du départ de la mission Kivu et Merlin ne savait plus où donner de la tête.

Entre Morgane et Lancelot qui s'évitaient pour des raisons incompréhensibles, Arthur qui louchait sur les bagages des autres, Gaïus qui remplissait de livres les valises de Perceval à son insu et Gauvain qui refusait de laisser Léon empaqueter la collection de chaussettes qu'il lui avait préparées, la maison ressemblait à un véritable capharnaüm.

Pourquoi fallait-il que Gwen choisisse précisément ce moment-là pour déprimer ?

-Arrête de dire ça, s'exclama Merlin. C'est stupide, et c'est faux.

-Non, c'est la vérité, dit-elle, frustrée, en lui jetant un regard étincelant. Si je n'avais pas été enceinte, je suis certaine qu'Arthur et Papa auraient tous les deux sauté sur l'opportunité de ce voyage en Afrique. As-tu vu comme Arthur soupirait tout à l'heure en écoutant Gauvain pavoiser ? Et maintenant, il le suit partout avec son regard pâté en croûte... Et Papa ? Il est en train de rêvasser devant ses cartes avec l'air de penser à ses escapades de jeunesse avec Alice...et de regretter de ne pas pouvoir être de la partie. Mais bien sûr, aucun d'eux n'envisage de partir pour éviter de me laisser toute seule, comme si j'étais un bébé au lieu d'être une future maman. Je déteste les voir comme ça, Merlin ! Je déteste l'idée qu'ils sacrifient leurs envies... pour moi !

-Il y aura d'autres voyages, dit Merlin avec philosophie. Ne t'inquiète donc pas pour eux...

-Je déteste être enceinte, lâcha Gwen, amèrement. J'en ai assez, je veux que Galaad naisse.

Merlin arrondit les yeux.
-Encore un peu de patience, et...

-Ca fait six mois ! Je n'en peux plus d'être patiente !

Merlin battit en retraite avant d'être attaqué par une brosse à dents. Gwen fondit en larmes.

-Ne pleure pas...

-Je ne pleure pas, c'est à cause des hormones !

Merlin se mordit la lèvre.

Les trois derniers mois de cette grossesse risquaient d'être particulièrement difficiles à supporter pour tout le monde.

-Câlin, dit Mordred en nichant sa tête contre l'épaule de Gwen.

Gwen lui tapota gentiment la tête.
-Toi, au moins, tu me comprends, murmura-t-elle d'un ton dépité.

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L'heure vint d'accompagner à l'aéroport Lancelot, Gauvain et Perceval.

Tout le 22, Bayswater Road et la plupart des disciples de la magie étaient présents pour souhaiter bon voyage à l'expédition.

Lancelot semblait brûler d'impatience à l'idée de monter dans l'avion. Perceval avait apporté ses notes en médecine tropicale pour le voyage et il avait le nez fourré à l'intérieur. Léon et Elyan ne cessaient d'exorter leurs deux compagnons à leur envoyer des nouvelles régulières du front pour qu'ils puissent suivre leurs aventures à distance tandis que Gaïus leur donnait ses dernières recommandations d'un ton docte en s'efforçant de leur fourrer de nouvelles cartes entre les mains.

Arthur les regardait tous en poussant de grands soupirs et Merlin pouvait pratiquement le voir se languir de participer à l'expédition. Il ne pouvait s'empêcher de jeter des regards paniqués en direction de Gwen sachant qu'elle arrivait exactement aux mêmes conclusions que lui et s'assombrissait d'instant en instant à la pensée que son mari se retrouvait coincé à Londresne à cause d'elle.

Il ne comprenait pas non plus ce que fabriquait Morgane.

En principe, elle aurait dû être occupée à une dernière conversation avec Lancelot... au lieu de quoi elle se trouvait à l'entrée du hall de départ, l'oreille vissée à son téléphone.

En désespoir de cause, Merlin la rejoignit.

-Morgane, tu devrais...

-Un instant.

Elle s'immobilisa et se retourna vers lui.

-Que se passe-t-il ? demanda-t-elle, en clignant des yeux.

-Lancelot sera bientôt dans l'avion, lui rappela-t-il. C'est le moment de lui dire au revoir et...

-J'arrive dans cinq minutes, Merlin. J'ai l'agent immobilier au téléphone, il a besoin de moi pour une transaction urgente.

-Mais...

-Cinq minutes ?

Merlin soupira, et se retourna vers Lancelot, à temps pour capter à la volée un de ses regards malheureux en direction de Morgane.

-J'aimerais savoir ce qui s'est passé entre...

-Merlin, coupa Morgane d'un ton dur. J'ai l'agent immobilier au téléphone, il a besoin de moi pour une transaction urgente.

-D'accord,dit Merlin, en faisant demi-tour pour revenir vers le groupe.

Au moins, tout le monde ne semblait pas avoir perdu le Nord.

Gauvain se chamaillait gentiment avec Mithian entre deux baisers passionnés, et ils avaient l'air plus enjoués que jamais.

-C'est la deuxième fois que tu m'abandonnes, signala la princesse. Mais cette fois-ci, tu n'as plus aucune excuse pour justifier le moindre silence radio. Nous ne sommes plus au temps des pigeons.

-Ne t'inquiète pas, ma douce. Je t'enverrai des photos de moi tous les jours, promit Gauvain. Regarde, j'ai acheté ça exprès.

Il exhiba son nouveau Réflex numérique d'un air victorieux.

-Tu vas pouvoir faire un album photo entièrement dédié à moi, reprit-il d'un ton enchanté. Gauvain dans la jungle, Gauvain sur le fleuve Congo, Gauvain au dispensaire...

-Gauvain désespérément imbu de lui-même, se moqua Mithian, incrédule.

-Ce n'est pas de ma faute si je suis photogénique ! se défendit Gauvain.

-Oh ! Oui, mieux vaut t'avoir en photo qu'en vrai...

-Cruelle, pourquoi dis-tu ça ?

-Parce que tes pieds sont inodores en photo,mon amour.

Gauvain jeta un coup d'oeil à Thomas qui était en train de rire sous cape et lui dit solennellement :

-Glousse tant que tu voudras, tu glousseras moins quand je ne serai plus là... Je te la confie, mon frère. Veille sur elle comme la prunelle de tes yeux.
-Tu n'as pas besoin de me le dire, Gauvain, dit Thomas avec un sourire en coin. Mithian est la prunelle de mes yeux, et si tu ne lui envoies pas un message par jour, avec ou sans photos de ton brushing du moment, j'ouvre un couloir jusqu'au Kivu pour te botter les fesses personnellement. J'espère que je me suis bien fait comprendre ?

-Ma parole, tu ferais presque peur ! s'étonna Gauvain.

-Je suis un sorcier très effrayant, lui répondit Thomas en haussant un sourcil. Et je ferais n'importe quoi pour ma princesse.
-J'aime ce garçon, dit Mithian à Gauvain, en attrapant le bras de Thomas. Si tu tardes trop à revenir, je te préviens, c'est avec lui que je me marie.

-Tu es contre le mariage ! lui rappela Gauvain.

-Seulement quand il s'agit d'un mariage avec toi, lui répondit Mithian.

-Française.

-Vaurien !

A quelques pas de là, Mona et Amy ne tenaient pas en place.

Leurs parents, qui les avaient accompagnées jusqu'à l'aéroport, avaient l'air proprement terrifiés. Surtout ceux de Mona. Qui ignorait superbement leurs conseils de dernière minute.

Elle était en train de murmurer furieusement à l'oreille de Paul.

-Je me fais du souci pour Papa et Maman, regarde-les ! J'ai l'impression qu'ils vont être complètement perdus sans moi Occupe-toi d'eux quand je ne serai pas là...

-Je ferai de mon mieux, promit-il. Mais essaie de m'aider, hein. Ne raconte pas à ta mère toutes les bêtises que tu fais, essaie de lui mentir un peu pour changer.
La mère de Mona, qui était en train de s'accrocher à la manche de Gauvain d'un air désespéré.

-S'il vous plaît, Monsieur Strenght, vous qui êtes un adulte responsable, ne laissez pas ma fille faire n'importe quoi. Elle est tellement indisciplinée... elle est capable de s'attirer des ennuis impossibles si personne ne la recadre.

Mona fit la grimace à Gauvain par-dessus l'épaule de sa mère.

-Ne vous inquiétez pas, Madame, je suis le champion du recadrage, promit Gauvain, d'un ton solennel.

Derrière lui, Elyan cacha son visage pour éviter d'éclater de rire.

Matthias souffla : « la tête d'Elyan » en enfonçant son coude dans les côtes de Paul qui eut tout le mal du monde à garder son sérieux.

-A la moindre bêtise, ces deux jeunes filles seront dans l'avion pour l'Angleterre, menaça Gauvain, d'un ton sérieux. Mesdemoiselles, vous êtes prévenues...

Amy se mordit la lèvre très fort.
Lancelot donna une tape amicale sur l'épaule de Gauvain et lui souffla :

-Très convainquant, mon vieux, on y croirait presque...

-La ferme, Monsieur Parfait, lui répondit Gauvain entre ses dents serrées.
Les hauts parleurs de l'aéroport résonnèrent pour clamer :

-Dernier appel pour les passagers à destination de Kinshasa vous êtes invités à passer le contrôle de police et à effectuer les dernières formalités avant l'embarquement, porte A 23.

-Il est l'heure, dit Lancelot à Perceval.

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-Je ne peux pas vous donner de réponse maintenant, dit Morgane au promoteur immobilier

-Entendez-moi bien, Mademoiselle Pendragon il est très peu probable que vous receviez jamais une deuxième offre aussi intéressante pour la villa de Londres, c'est pourquoi j'insiste autant l'affaire est excellente, mais l'acheteur est pressé j'ai besoin de votre réponse immédiatement pour valider la transaction, sans quoi il se mettra en quête d'une autre proposition...

Pourquoi fallait-il qu'Edmond Weiss vienne l'ennuyer maintenant avec ça ?

Affolée, elle écouta l'annonce se répéter : « dernier appel pour les passagers à destination de Kinshasa... »

Lancelot, Perceval et Gauvain avaient terminé les grandes embrassades; maintenant, ils se dirigeaient vers la douane.

-Est-ce que je peux vous rappeler, dans cinq petites minutes ? dit-elle, excédée. Je suis à l'aéroport, et...

-C'est urgent, Mademoiselle Pendragon. Vraiment urgent.

-Votre client est si pressé d'emménager ?
-D'emménager, non, mais de signer, certainement.

-Mon père vit à l'intérieur de cette villa, Monsieur Weiss. Je n'ai encore pris aucune disposition par rapport à lui. J'ai besoin de temps pour ça.

-Vous aurez tout le temps nécessaire une fois que la transaction sera validée, Mademoiselle Pendragon. Le client veut acheter, il y aura un délai avant qu'il ne prenne possession du bien. Il vous en donne près de quatre millions, je pense vraiment que vous devriez dire oui.
-Je...

Et zut ! Perceval et les filles venaient de franchir la douane, maintenant, c'était le tour de Lancelot...

Elle ne pouvait tout de même pas le laisser partir comme ça !

Ils s'étaient évités depuis leur retour au 22 Bayswater Road, pour éviter de gaffer devant les autres...

Mais il s'écoulerait sans doute des semaines avant qu'ils ne se revoient, et...

-Mademoiselle Pendragon...

Lancelot venait de sortir son passeport.

-Allez-y, Monsieur Weiss. Je vous fais confiance. Vendez, dit Morgane.

Elle raccrocha son téléphone et se précipita en direction de la douane, le cœur battant dans sa poitrine. Avant qu'elle ne soit à mi-chemin, Lancelot avait disparu de l'autre côté.

-Non ! murmura-t-elle, en ralentissant, et elle retint de justesse l'envie de fracasser son portable par-terre. Non, non, non, non...

-Morgane !

Merlin immobilisa ses mains dans les siennes.

-Il est parti, Merlin, dit-elle d'une voix étranglée. Il est parti... Lancelot est parti.

-Je n'ai pas arrêté de te dire de venir tant qu'il en était encore temps, dit-il, d'un ton stressé. Qu'est-ce que tu faisais, pendue au téléphone ? Tu ne pouvais pas reporter ce maudit appel ?

-Oui! Non ! C'est ce maudit agent immobilier, il.

Elle sentit des larmes stupides lui monter aux yeux et se mordit la lèvre.

-Morgane ? dit Merlin, avec inquiétude.

Elle secoua la tête.
-Il est parti, répéta-t-elle d'une voix fêlée.
-Ca va aller, Morgane, promit Wildor en arrivant auprès d'elle et l'entourant de son bras.

-Je sais que ça va aller, c'est juste que...

Elle secoua la tête.

Merlin la regarda avec sollicitude.

Elle serra les dents et redressa la tête, mais intérieurement, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir affreusement triste.

Comment est-ce que ça pourrait aller ?

Lancelot était dans l'avion, et ils ne s'étaient même pas dit au revoir.