9- Dans la peau d'une rousse.

Alors, pas trop fâchés par le cliffhanger de la dernière fois ?

Disclaimer : rien de neuf à l'horizon ; malgré mes demandes d'adoption, Severus Snape n'est toujours pas à moi.

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9- Début du compte à re-bourre.

Nul ne sait si l'étincelle eut pour origine une goutte de la sève des lys si précieux, une surtension neuronale due au soleil estival ou les rougeurs et l'envolée de robe d'une Ginnus en fuite mais l'évènement est cependant à noter dans les annales : Harry Potter eut une géniale idée. Dans son cerveau il y eut enfin une pensée étonnante, une association intéressante entre les mots « Ginny, lys, potions, Molly, mon lit ».

C'est d'un cœur aussi bondissant et léger que sa démarche qu'Harry suivit son femme, sa Ginny en direction du Terrier. Il en était certain, aucun doute n'était possible, elle serait à nouveau à lui. La magie de la Salle sur Demande aurait à nouveau lieu même si elle ressemblait encore pour l'instant, cette foutue attente, à celle dans la Salle d'Attente d'un médicodentaire.

Appuyé négligemment contre le chambranle de la porte d'entrée, il regardait sa jeune épouse disposer avec tendresse ses chers lys dans un vase tandis que sa mère lui apportait de l'eau fraîche et son père feuilletait l'encyclopédie magico-botanique que Ginny lui avait réclamé un peu plus tôt.

- Tu vois, Ginny chéri, il est justement écrit que les Lilium peuvent développer les propriétés les plus rares à condition d'être associé à des…

- Je sais Ar…. Arfff ! Papa, l'interrompit un peu trop rapidement Ginnus. Mais je voulais savoir si on l'utilisait en magie noire !

- Désolée ma chérie, ce n'est pas marqué.

Harry n'était pas le seul à contempler avec de nombreuses arrière-pensées cette scène familiale si potionnante à défaut d'être passionnante. Hermione, touillant son thé avec tant d'application qu'elle finirait par rayer le fond de la tasse à ce rythme-là, ne cessait de les observer, son regard naviguant de Harry à Ginnus en passant par Mr Weasley. Au froncement de sourcils, Harry devina qu'aucune réponse n'avait vu le jour sous la tignasse désordonnée de la brunette. Mais quand la cuillère stoppa net dans la tasse et que le visage d'Hermione se fendit d'un sourire triomphant, Harry lui lança un clin d'œil en guise de confirmation. L'ex-Miss-Je-Sais-Tout-Et-Je-Vous-Défends-De-Penser-Le-Contraire venait de comprendre. Et oui, lui, Harry qui ne pouvait il y a peu encore, finir un devoir sans l'aide d'Hermione, avait enfin trouvé un « truc », un « truc pas classique » à lui tout seul.

D'un geste gracieux de la main elle l'invita à finir d'entrer et acheva son geste en désignant en douce Ginnus toujours très occupée à parler potions et plantes avec son « père ». Le sourire canaille de la brune semblait le convier à se lancer.
Ce qu'il fit sans plus attendre.

- Ginny ma douce, tout cela est tout à fait passionnant, s'immisça-t-il dans la conversation dont il n'avait pas saisi un traitre mot, mais où comptes-tu trouver les livres contenant les réponses à toutes ces passionnantes questions ?

- A la bibliothèque de Poudlard pardi ! rétorqua-t-elle sèchement, comme si elle s'adressait à un élève de première année particulièrement encornichonné.

- Mais tu vas devoir attendre pour cela ma douce. Ça va être loooongg !

- Vingt-et-un jours, cinq heures et… onze minutes, grinça-t-elle après avoir jeté un coup d'œil à la comtoise familiale ; encore, elle se retint de préciser les secondes.

- Et il te faudra attendre les prochaines vacances pour tester tes trouvailles. Crois-tu que tes lys vont attendre jusque là ?

- Bougre de veracrasse ramolli du bulbe ! Bien sûr que non ! commença à s'emporter Ginnus. La patiente n'avait jamais été le point de fort de Ginny ; en rajoutant l'impatience notoire de Severus Snape, des sommets étaient atteints dans Ginnus, mais du côté de l'impatience. Je vais en extraire la substantifique moelle avant et la conserver.

- Et tu comptes transformer la cuisine de ta mère en laboratoire ? demanda-t-il ingénument en tournant la tête en direction de la cuisine et surtout, en évitant de penser qu'il préfèrerait mille fois, un trilliard de fois que Ginny s'occupe d'extraire la moelle de sa propre tige.

Il ne fut pas déçu.. par la réaction attendue de sa belle-mère car pour le reste….

- Ah NON ! Ginny Weas…. Ginny Potter ! Je t'interdis de recommencer comme la semaine dernière ! Mon meilleur chaudron sent encore la tripe de scrouts à pétard faisandés macéré dans le nuoc-man. Impossible d'y faire le moindre potage sans qu'il en prenne le goût.

Ginny se renfrogna, pâlit. A quoi bon être encore en vie si on lui interdisait le seul plaisir qui lui restait dans la vie. Oui, son seul et unique plaisir puisqu'elle avait fini d'écumer la maigre bibliothèque du Terrier. Veuve Poignet et ses cinq orphelines, plaisir arrivant en seconde place auparavant, ne lui étaient plus accessible depuis qu'elle avait perdu son service trois pièces. Pour tout dire, elle ne s'était pas encore résolue à une exploration manuelle des nouveaux attributs de remplacement. Non par peur de ce qu'elle allait y trouver. Il y a longtemps qu'elle avait appris à quoi servait un miroir et à quoi pouvait servir également le corps d'une femme. Non, son dégoût était beaucoup plus récent. Surtout depuis le désastre de sa nuit de noce. Elle était condamnée à l'ennui.

- Ginny, et cette fois-ci Harry n'ajouta aucun des qualificatifs qui avaient le don d'irriter au plus au point la rousse, que dirais-tu de vingt journées emplies de potions avant la rentrée des classes. Vingt jours avec une vaste bibliothèque et un laboratoire à porté de mains et à ton usage exclusif. Je ne sais pas s'il y a tous les ingrédients nécessaires mais d'un coup de cheminette, l'aller et retour au Chemin de Traverse sera vite fait. Et tu sais qu'il n'y a rien que je ne ferais pour te rendre heureuse.

La réaction de Ginnus valait le détour. Harry venait tout simplement de lui clouer le bec. Sauf qu'elle gardait le sien grand ouvert, presque autant que ses yeux et pour la première fois depuis son réveil sur le lit d'infirmerie improvisée, elle regardait son mari sans animosité. Oh, il n'y brillait encore aucune passion (sauf pour l'idée de pouvoir à nouveau faire mumuse dans ses chers chaudrons) mais son regard n'était empli ni de menaces, ni de reproches, ni de rancœur. C'était déjà un net progrès. Hermione sembla même y discerner quelques lueurs de reconnaissance. Quand elle pensa que ce n'était pas Ginny mais Ginnus, l'âme de Severus Snape, qui regardait Harry Potter ainsi, elle se promit d'aller brûler un cierge à Sainte Sybillus sorcière patronnesse des causes perdues .

Sortant de sa torpeur, Ginnus ne parvint à articuler que deux mots :

- Où ? Quand ?

- Chez moi, à Square Grimmauld et tout de suite si tu veux.

A peine les deux premiers mots prononcés, Ginnus avait à nouveau froncé les sourcils sentant qu'il y avait une couille dans le jus de citrouille. Enfin une couille potterienne car pour les siennes… Elle n'était pas née du dernier crachin britannique et se doutait bien de ce que son mari avait derrière la tête en plus d'une soyeuse tignasse ébouriffée. Une idée très certainement perverse à n'en pas douter. Et ce n'est pas l'air angélique ou niais (question de point de vue) qu'il affichait qui risquait de la détromper. Elle préféra mettre les bouchons sur les cornues avant de prendre la moindre décision fatale à sa vertu et sa santé mentale. Car il y a un monde entre admirer une belle musculature sous le soleil d'été et se faire sauter par elle au fond d'un lit rembourré.

- Square Grimmauld ? Je croyais que tu ne voulais plus y mettre les pieds depuis la mort de Black ?

Toussotement d'Hermione. Elle comprit qu'encore une fois elle avait lâché la bride à son ancien moi.

- Dumbledore m'a fait promettre de ne pas m'en séparer… enfin, son portrait.

- Et depuis quand obéis-tu à ce qu'on te demande de faire ?

- Depuis que j'ai été éjecté d'une certaine chambre du premier étage, il y a de cela quelques jours, eut-il envie de répondre. Qui te dit que je vais lui obéir ? Enfin, tu fais comme tu veux ma douce. C'est toi qui décide.

- Et toi tu seras là aussi ? demanda avec méfiance la rouquine.

- C'est chez nous, notre maison. Oui, j'y serai. De toute façon, qui irait chercher l'ingrédient qui te manque pendant que tu surveilleras tes potions ? Pas Kreattur, il comprend tout de travers surtout qu'il ne t'aime toujours pas. Tu as besoin de moi.

Dans son fort intérieur, Ginnus était bien obligée de reconnaître que les arguments se tenaient. L'offre était bien tentante, trop même pour qu'elle résiste davantage.

- Alors viendras-tu ? insista Harry en se rendant compte de ses hésitations.

- Oui.

- A la bonne heure ! s'exclama Molly qui avait tout suivi de la cuisine d'une oreille aussi indiscrète qu'attentive. Elle aimait beaucoup sa fille mais était certaine que d'être un peu seule avec son mari lui ferait le plus grand bien. Ce n'était ni le large sourire d'Arthur ni le regard complice que jeta Hermione à son ami qui la démentit. Le compte à re-bourre avait démarré.

20 jours.

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Une très bonne année à vous toutes et gros zoubis !!!!