...Moins de reviews pour le dernier chapitre...Il y a quelque chose que vous voulez que je change? Faire avancer l'histoire plus vite? Plus d'intrigue? N'hésitez pas à me dire ce qui cloche.


Severine se figea.

Elle se trouvait dans les cachots, durant la pause de midi. Pour faire simple, elle avait autant de chance de tomber sur un Serpentard que de s'embrouiller avec Plott. Et dans son impatience de retrouver sa Salle Secrète, elle avait négligé ce paramètre.

Dampell demeurait immobile. Severine tenta de passer outre sa surprise, et adressa son regard le plus terrifiant au petit Serpentard.

Il tressailli.

La Griffondor ne l'avait pas remarqué, mais Dampell paraissait terrorisé. La peur se lisait dans ses grands yeux vert-marron, et il semblait fournir un effort surhumain pour ne pas trembler.

Elle profita de cette faiblesse pour lui suggérer de déguerpir, mais il ne bougea pas, pétrifié par la peur.

-Je ne te le répéterai pas deux fois, dit-elle en prenant bien soin de rouler le « r » de « répéterai ». Fiche le camp. Immédiatement.

Mais Dampell était toujours incapable de tout mouvement. Severine rit intérieurement : c'était bien la première fois qu'elle terrorisait autant un élève...Et dire qu'il suffisait simplement de devenir une blondinette de première année!

Voulant pousser la terreur à l'extrême, elle se rapprocha du Serpentard, le plaqua contre le mur le plus proche, et planta ses yeux noirs dans les siens.

Les pupilles de Dampell rencontrèrent alors celles de Severine. En bonne Occlumence, la Griffondor tenta de pénétrer l'esprit - s'il en avait - de son interlocuteur. A sa grande surprise, la peur du jeune garçon se dissipait peu à peu, faisant place à une confusion sans égale. Etonnée, Severine décida d'approfondir ses recherches et poussa un peu plus la puissance du sort de Legilimens. Mais Dampell brisa le contact visuel qui s'était peu à peu instauré entre les deux premières année et profita de la perplexité de Severine pour prendre la fuite.

La Griffondor tenta de le rattraper, en vain.

Dampell avait déjà regagné sa salle commune, et Severine, après avoir essayé tous les mots de passe possibles et imaginables, pour passer à travers le tableau des Serpentards, dû, à contre coeur, admettre sa défaite.


Le cours d'Histoire de la Magie n'était pas si inutile que ça. Après tout, il permettait aux élèves de vaquer à certaines occupations, toutes plus ou moins dénuées de sens.

La majorité des élèves, comme Black ou Potter, profitaient de cette heure pour récupérer leurs heures de sommeil.

Les plus studieux, et donc, par définition, Rémus Lupin, affrontaient la somnolence avec acharnement dans le but de prendre quelques notes.

D'autres tentaient de s'occuper comme ils le pouvaient. Par exemple, Severus avait lancé un défi à Lily au début du cours : c'était à celui qui réussirait à énumérer le plus de choses en rapport avec les mathématiques commençant par un « S ». Et comme aucun d'eux n'avait jamais été doué dans cette matière, cela leur prenait généralement toute l'heure.

Et enfin il y avait ceux, comme Severine, qui se torturaient l'esprit afin de résoudre des problèmes autrement plus importants que de savoir comment les Gobelins avaient réussi en 1492 à coiffer Christophe Colomb au poteau.

Voyons, pensa-t-elle, pourquoi Dampell était-il si terrorisé? Et pourquoi s'est-il presque détendu lorsque je lui ai adressé mon plus mauvais regard? Ce garçon n'est pas normal...Merlin ce que je peux haïr les questions sans réponse.

Son crayon gigotait entre les doigts de sa main droite, tandis qu'elle se mordillait l'intérieur de ses joues à l'aide de sa main gauche, signe de réflexion intense.

Et une fois pour toutes, qu'est-ce que Lucius peut bien foutre dans le couloir de la future Salle sur Demande? A moins qu'il n'y trouve un attrait qui m'échappe totalement, je ne vois pas ce qu'il pourrait bien faire là haut. C'est décidé, une fois que Severus aura acquis un niveau correct en Défense, je vais me retourner à ce que je sais faire le mieux après les potions : l'espionnage.

-'Rine? Severus va finir par me battre, t'aurais pas un truc mathématique quelconque qui commence par « s » ?

-SOHCAHTOA, répondit-elle sans lever les yeux de la pierre murale qu'elle fixait depuis près d'une heure.

-Merci!

Il y a tellement de mystères dans cette nouvelle vie...Par exemple, Il y a beaucoup d'éléments flous dans ma tête. Je ne parviens pas à me souvenir de mes anciens professeurs de Défense. Je ne me rappelle plus non plus du caractère de Waylon Dampell. Même si on ne s'est jamais beaucoup parlés, nous avons tout de même partagé le même dortoir pendant sept ans!

Elle soupira.

Et le plus étonnant, c'est que je n'ai AUCUN souvenir des...comment pourrais-je le formuler? Des « plaisanteries » que m'ont fait subir les Maraudeurs. Mis à part celle qui m'a coûtée l'amitié de Lily...

Subitement, le crayon qu'elle tenait entre son pouce et son index cessa de tournoyer. Elle se redressa, comme si elle venait de prendre conscience de quelque chose.

Je...Je ne me souviens d'aucun détail de cette attaque...J'ai simplement le souvenir d'avoir traité Lily de Sang-de-Bourbe, c'est tout.

Jamais je n'aurais oublié mon pire souvenir.

Il se passe quelque chose d'anormal.

-Hey, Rogers, tu n'aurais pas un mot mathématique commençant par « S » ?

Elle se leva de sa chaise, prononça un bref « Symétrie axiale » à Severus, puis se précipita hors de la classe, sous l'étonnement général de ses camarades de classe.

Elle n'eut à peine le temps d'entendre le professeur Binns demander aux élèves ce qui se passait exactement, qu'elle était déjà en marche vers le bureau de Dumbledore.


-Ho, Severus! Je suis ravi de vous voir ici...Un bon-

-Non, Albus, je ne veux PAS de bonbon au citron ! Je suis venu vous parler de choses très sérieuses.

-Mais ne devriez-vous pas être en cours d'Histoire, en ce moment?

La jeune fille fronça les sourcils.

-Heu..Oui. En effet. Tout à fait correct. Mais voyez vous, ce que j'ai à vous dire est...Houlala, bien plus important que la cent quatre-vingt douzième révolte des Gobelins...

-Il n'y a eu que cent quatre-vingt onze révoltes, Severus.

-Si vous le dites, répondit-elle en levant les yeux au ciel.

-Écoutez, Severus...Aussi importante que soit cette nouvelle, je me vois contraint de vous punir pour avoir quitté votre salle de classe en plein cours.

-Mais...

-Pas de « Mais »...Pour la peine, vous allez me faire le plaisir de déguster ce merveilleux sorbet citron avec moi.

Severine regarda le dessert que lui tendait son directeur avec un effroi sans égal.

-Vous...vous n'oseriez pas...

-Ho que si! Vous voulez une cuillère en plastique ou à café ?

-Ce dessert est bourré de sucres! Vous voulez que je devienne diabétique, Albus ? C'est ça votre but dans la vie?

-Ne dites pas de bêtises, et installez-vous, répondit Dumbledore en lui désignant d'un mouvement de tête un fauteuil confortable.

-Vous êtes diabolique, soupira-t-elle en plongeant sa cuillère dans le dessert si redouté. Vous savez que la SEULE fois où j'ai accepté d'ingurgiter une de vos glaces, j'ai écopé d'une migraine atroce, qui a durée UNE SEMAINE !

-Non, je ne le savais pas, Severus. Cela ne s'est pas encore produit. Maintenant cessez de faire l'enfant et mangez votre sorbet.

La jeune Griffondor poussa un terrible grognement, puis mit la cuillère dans sa bouche.

Ses papilles gustatives furent envahies par un horrible goût acido-sucré tandis que le froid de la glace se répandait lentement le long de sa langue, puis de son palais, pour enfin se frayer un chemin jusqu'à se tête.

Elle fronça le nez en se massant le milieu du front.

-Vous vous sentez bien? Demanda innocemment Dumbledore.

-Est-ce que j'ai l'air d'aller bien?

Le directeur éclata de rire.

-Les coups de froids ne sont pas drôles, Professeur!

Et tout en ingurgitant une nouvelle cuillerée du dessert glacé, elle maudit jusqu'à la dernière génération le crétin qui avait inventé le citron.

-Alors, Severus...qu'aviez vous de si important à me dire?

-J'ai le cerveau glacééé ! Pleurnicha-t-elle.

-Severus! Qu'aviez-vous à me dire?

-Pardon? ...Ha oui. Je souffre de trous de mémoire. Certains événement de mon ancienne vie m'échappent. Des détails importants, qui ne devraient pas m'échapper.

Albus réfléchit quelques secondes tout en caressant sa longue barbe blanche.

-Quels sentiments éprouvez vous envers le jeune Severus?

-Heu... Je ne sais pas vraiment...J'ai envie de lui venir en aide, mais pas pour lui. Je le fais pour Lily, car je sais que cela la rendra heureuse. Je ne le déteste pas, mais je ne peux pas dire que l'apprécie.

Albus hocha la tête.

-En tout cas, reprit-elle, je suis sûr de ne pas m'être éloigné de mon but, puisqu'il y a de ça quelques mois, je ne pouvais pas supporter sa présence.

-Très bien, très bien...

Albus plogea sa superbe cuillère en argent dans sa coupe de glace, puis prit bien soin de déguster son dessert favori le plus lentement possible.

-Je vais être franc, trancha -t- il après avoir léché sa cuillère jusqu'à la dernière parcelle de citron. J'ai fait quelques recherches sur votre type de réincarnation, et il se trouve que vous êtes la première personne dans votre cas. Personne avant vous n'a jamais écopé de « seconde chance ». Tous ceux qui furent condamnés à errer dans les Limbes le restèrent pour l'éternité, sans échappatoire. Les seuls documents que j'ai pu trouver ne sont que des hypothèses.

Severine ne répondit rien, se contentant de manger péniblement son dessert en se demandant comment des vivants pouvaient bien être au courant de ce qui se passait dans l'Au Delà.

-Je ne sais pas quel genre de personne vous étiez au paravent, Severus, mais j'espère que vous réalisez que si on vous a accordé une telle chance, c'est que vous n'étiez pas n'importe qui.

-Venez-en aux faits, Albus. Pouvez vous répondre à ma question et me dire pourquoi je subit ces pertes de mémoire?

-Je crains que je ne puisse répondre avec exactitude...

-Au moins, ça ne changera pas trop de d'habitude, ricana-t-elle pour masquer sa déception.

Albus se leva, en se rapprochant de Fumsec, qu'il caressa affectueusement. Severine, à force de discuter avec le vieux sorcier, avait remarqué qu'il n'adoptait cette attitude que lorsqu'il cherchait ses mots.

-D'après les minces informations que j'ai pu dénichées, déclara Albus, les parties de votre mémoire qui ont été effacées sont les événements qui, si vous les aviez en mémoire, pourraient trop modifier la vie du jeune Severus.

-C'est à dire ? Dit-elle en haussant un sourcil.

-Hum...Je prend un exemple. Imaginons qu'un professeur vous ait infligé une retenue injustifiée dans votre première vie, et que vous en ayez souffert. Si vous aviez gardé cette mésaventure en mémoire sous les traits de Severine Rogers, vous seriez beaucoup trop tenté de dire à Severus quoi faire pour éviter cette retenue, ce qui pourrait modifier votre futur...Vous me suivez?

-Je crois que oui.

-Mais encore une fois...il se peut qu'il y ait une autre raison. Je suis navré mais une partie de votre question devra rester sans réponse.

Elle reprit une bouchée du sorbet, puis se massa de nouveau le front, la glace lui gelant de nouveau chaque minuscule et incongrue parcelle de son cerveau.

-Jurez moi simplement, reprit-elle une fois la douleur passée, que vous ne connaissez réellement pas la réponse.

-Bien sûr que je ne connais pas la réponse.

-Parfait. Parce que le Dumbledore de mon époque à une fâcheuse tendance à garder certains secrets pour lui. Et j'ai réellement horreur de rester dans le vague.

Albus soupira et vint s'asseoir à côté de Severine. Il prit une cuillerée de sorbet dans la coupe de la Griffondor, et la mit à la hauteur de ses yeux noirs.

-A votre avis, dit-il. Qu'y a -t-il dans cette glace.

-Du jus de citron glacé, et un peu de sucre, je suppose, répondit-elle en levant les sourcils, légèrement prise au dépourvu.

Dumbledore sourit

-Et si je vous disait qu'il y avait beaucoup, beaucoup plus que ça, que me diriez vous?

-Et bien, je crois que dans un premier temps, je vous dirais que je n'en ai pas grand chose à faire. Mais ma curiosité l'emporterait et je vous demanderais ce qu'il y a dans ce foutu sorbet au citron.

-Severus...Je ne sais PAS ce qu'il y a dans ce dessert.

-Pardon? S'exclama-t-elle en s'étouffant presque avec sa cuillère. Vous en mangez au moins six par jour, et vous n'êtes même pas curieux de savoir ce qu'il y a dedans?

Albus rit de nouveau. D'après ce qu'il avait compris, Severus adulte était âgé d'environ trente ans. Et pourtant, le vieux sorcier ne pouvait que s'attendrir devant le manque de maturité évident de l'ancien Maître des Potions.

-Qu'est-ce que ça m'apporterait, demanda Dumbledore en souriant. Si je savais ce qui rend ces sorbets si irrésistibles, en aurais-je toujours autant envie? Parfois ne pas savoir est essentiel, Severus. N'oubliez pas que c'est la part de mystère qui rend les questions attrayantes. C'est pour cela que je désire ne jamais savoir ce qu'il y a dans mon dessert favori.

Elle jeta un regard suspicieux au vieux sorcier, puis, sans le quitter des yeux,prit une dernière cuillère de sorbet et tenta de l'analyser, dans le seul but de le provoquer.

-...Citron...Sucre...

-Severus...

-Hmm..Quelques pépins. Et...

-Severus!

Dumbledore attrapa les mains de Severine, ce qui lui fit lâcher sa cuillère.

-Je suis très sérieux, dit-il. Vous devez accepter ne ne pas savoir si vous voulez avancer dans la vie...(il jeta un coup d'oeil à la coupole vide de Severine), je pense que votre punition est terminée. Vous n'avez plus rien à faire dans ce bureau...

-Bien. Trancha-t-elle, ses yeux lançant des éclairs.

-Au revoir, Severus. Et ne faites aucune recherche sur les Sorbets au Citron! Je le saurai!

Elle grommela quelque chose, puis se hâta de quitter le bureau de son mentor.

Pff! Comme si elle allait perdre son temps à deviner les ingrédients d'un crétin de dessert...


-Lily, tu ne saurais pas ce qu'il y a dans le sorbet au citron, des fois?

-Heu...

-Moi je crois qu'il y a du citron, répondit Severus d'un ton amusé.

Lily gloussa alors que Severine soupira en levant les yeux au ciel, un petit sourire aux lèvres. D'acord, parfois, Severus pouvait être drôle.

Ils durent cependant cesser leur hilarité lorsqu'ils furent interropus par un "Chuuuuuut" provenant de Madame Pince.

Severus et Lily s'échangèrent un regard complice, qui devait signifier quelque chose comme " Chut toi même, vieille Harpie", puis la rousse recentra son attention vers Severine.

- Et pourquoi veux-tu connaître la composition du sorbet citron ?

Elle n'eut pas le temps de s'expliquer, que deux ou trois parchemins se placèrent devant son visage. Elle se retourna et aperçu Sirius Black, arborant un magnifique sourire.

-Salut! Lui dit-il. Comme tu a loupé une bonne partie du cours d'histoire, j'ai pensé que tu aurais peut-être besoin de mes notes...

Elle lui arracha les parchemins des mains, les parcouru rapidement, puis soupira.

-Tu es vraiment extraordinaire, Black. Tu as réussi à trouver un moyen de dormir tout en prenant des notes? Quelle que soit ta méthode, tu devrais la faire breveter. C'est sûrement la trouvaille du siècle.

Severus ricana, tandis que le teint hâlé de Black prenait progressivement une couleur pâle.

-Écoute moi bien, Black, dit-elle en tendant les parchemins au Griffondor. Je ne suis pas une carotte.

-Heu...

-Alors tu remercieras Lupin d'être plus doué et plus attentif que toi, et, à l'avenir, évite de te payer ma tête, d'accord?

-Hey, dis donc, 'faut te calmer, toi! S'indigna Sirius. Tu te crois tout permis parce que t'es jolie? Mais qu'est-ce que ça peut me faire, à moi? Des jolies filles, y'en a plein à Poudlard, et des bien plus aimables que toi...

Severine regarda Black s'exciter tout seul d'un air qui voulait clairement dire « vas-y, énerve toi un bon coup, ça ira mieux après... »

-Alors te crois pas irremplaçable, okay? Et puis d'abord, ça veut rien dire « je ne suis pas une carotte »! Je le vois bien que t'es pas une carotte!

-C'est vrai que c'est pas la meilleure réplique que tu aies sortie, Rogers, murmura Severus.

Elle soupira. Elle avait toujours eu tendance à traiter les gens stupides, incapables, niais, etc..de noms de légumes ou de fruits : cornichons, carottes... Et lorsqu'on avait pas l'habitude, ça pouvait paraître assez débile.

-Très émouvante tirade...Maintenant, si tu pouvais mettre ta menace à exécution et aller embêter une autre fille? Déclara-t-elle très simplement.

Sirius grogna et retourna auprès de ses amis. Severine le vit chuchoter quelque chose aux trois autres Maraudeurs. Potter lui lança alors un regard mauvais, alors que Lupin pouffa en lui adressant un sourire malicieux.

Sourire qu'elle ne put s'empêcher de lui rendre.

Lupin n'était peut-être pas si insupportable que ça...


-Encore une fois...Un...Deux...Trois!

-Petrificus Totallus !

Severine dévia sans problème le sort lamentable que venait de lui lancer son nouvel élève. Cela faisait maintenant une heure et demie que Severus s'entraînait au sortilège du saucisson, et même s'il le maîtrisait, il manquait cruellement de puissance.

-Trop faible, déclara-t-elle.

-Pas étonnant! S'écria le jeune garçon. Je suis épuisé! On ne peut pas faire une pause?

-Les Maraudeurs ne feront pas de pause.

-Qui?

Severine se rendit compte trop tard de son erreur : Potter, Black, Lupin et Pettigrow ne s'étaient pas encore donné le nom de « Maraudeurs ». Elle choisit de ne pas répondre.

-Il faut encore t'entraîner.

-Très bien, parfait...dans ce cas, on pourrait peut-être s'entraîner à des sortilèges d'un autre niveau? Je ne suis pas sûr que Potter et Black se contenterons d'un simple-

-On passera à un niveau plus élevé lorsque ton sortilège sera parfait. Or, tu manques encore de puissance.

Un mince rictus s'étira sur les lèvres de la jeune fille.

-Aurais-tu peur de me blesser?

Severus fit la sourde oreille. Il savait très bien que Severine essayait de le provoquer, et il n'entrerait pas dans son jeu.

-Ou peut-être que le Pétrificus Totallus n'est pas digne du grand Severus Rogue? Peut-être que le grand Severus Rogue réserve son puissant potentiel magique pour un sortilège digne de lui ?

-Ça suffit ! Arrête !

-Alors concentre toi et montre moi toute ta puissance.

-Si tu me disais comment faire, peut-être...

Severine tenta de se calmer. Merlin ce qu'elle pouvait avoir envie de l'étrangler...

-Tu dois lâcher prise. Si tes sorts ne sont pas assez puissants, c'est parce que tu te crispes trop. Tu dois être plus...naturel.

-Je ne comprend pas, lui répondit Severus avec toute la fierté dont il était capable.

Severine réfléchit quelques secondes, puis pointa sa baguette vers son alter-égo.

-A trois, nous lancerons tous les deux le sortilège du saucisson. Celui qui mettra le plus de puissance frappera donc l'autre. Ainsi, tu seras obligé de lâcher prise, si tu ne veux pas être pétrifié.

-Heu...

-Un...Deux...Trois!

Pétrificus Totallus !

Deux rayons jaillirent des baguettes de Severine et Severus. Ils se heurtèrent, et Severus dû lutter de toutes ces forces pour contrer la puissance de la Griffondor.

Et pourtant, Severine n'était pas au quart de sa puissance totale. Juste de quoi bloquer le sort de Severus.

Elle pouvait ressentir le flux magique qui déferlait du Serpentard. Il y mettait ENFIN toute sa puissance!

Satisfaite, Severine abaissa sa baguette, et évita de justesse le rayon de Severus.

Ils se regardèrent. Seuls la respiration accélérée de Severus venait brisait le silence.

-J'ai réussi...finit-il par murmurer, incrédule. Severine...J'ai réussi!

Le Serpentard éclata d'un rire franc, en s'écriant "J'ai réussi! J'ai réussi!" entre chaque inspiration.

Severine hocha la tête, le félicita (à sa manière) puis lui donna un verre de pimentine. Elle l'incita ensuite à se calmer en le faisant s'asseoir sur le bord de l'estrade.

Elle ne dit rien. Elle l'observait.

La joie de Severus était toujours lisible, son large sourire en était la preuve.

Il était heureux.

Il avait réussi à maîtriser un simple Petrificus Totallus et il était heureux.

Quand l'enfant innocent qui se trouvait devant-elle allait-il devenir l'insensible et infecte chauve-souris des cachots?

Quand avait-elle perdu définitivement sa candeur ?

Etait-ce après la mort de Lily? Non...C'était bien plus vieux que ça.

Elle l'observa de plus près.

Il avait l'air presque amical lorsqu'il souriait. Il ne souriait pas à grand monde. Juste à Lily et, quelques fois, à elle même.

Déjà à l'âge de onze ans, Severus refusait de sourire en présence de personnes qu'il ne considérait pas comme "amis".

Le fameux masque de froideur...

Elle s'attarda sur ses cheveux.

A la lueure des chandelles, elle pouvait appercevoir quelques reflets plus clairs.

Etait-ce dû aux nombreux sorts capilaires des Maraudeurs où Severus était-il naturelement doté de ces reflets? Elle ne l'avait jamais remarqué, même sous son ancienne identité..

Mais...Qu'avait-il dans les cheveux?

Elle tendit la main vers le jeune garçon et en extirpa une goûte de cire qui, de toute évidence, avait perlé dans la masse capilaire du Serpentard.

-Qu'est-ce que tu fais, Severine?

Elle lui montra la cire, avant de s'en débarrasser, la jetant au loin.

-Tu m'appelle "Severine", maintenant ?

-Tu préfères Rogers ?

Elle lui dit qu'elle voulait bien qu'il l'appelle "Severine", que dans le fond, ça lui était égal.

Le silence s'installa de nouveau entre les deux protagonistes.

-Et...dis moi, reprit Severus. Comment en es-tu arrivé à un tel niveau de magie?

Elle ne répondit pas. Le Serpentard soupira et s'allongea sur l'estrade.

-Tu sais, parfois quand je te regarde...(il joignit le geste à la parole et planta ses yeux dans ceux de Severine) j'ai l'impression de voir quelque chose d'autre qu 'une blonde de onze ans.

Il se redressa.

- Comme si parfois, tu étais quelqu'un d'autre. Et j'enrage car je n'arrive pas à l'expliquer.

Severine se leva en lui faisant comprendre que le cours était fini. Puis, avant que le Serpentard ne rejoigne sa salle commune, elle lui dit :

-Tu sais, Severus.

Il se retourna.

- Parfois... certaines questions doivent deumeurer sans réponse...

Severus lui sourit faiblement, puis, après lui avoir souhaité une bonne nuit, s'engouffra dans son dortoir.