MAIS OUI! 4 ANS. 4 ans après le dernier update! Comme quoi tout arrive! Je finirais cette fic, en espérant que ça ne prenne pas 4 ans de plus! S'il y a encore des lecteurs après tant de temps, sachez que vous êtes de vrais warriors dignes d'un dinosaure du cosmos et vous avez tout mon respect! Sérieusement, bravo! Les morceaux seront peut être durs à recoller, en 4 ans mon style a surement changé, mais après tout, qui lira verra! :)


Chapitre 9 : Look past the end

3 semaines plus tard

Hermione était assise sur un banc en bois des plus inconfortables, se tordant nerveusement les mains en regardant le fond du couloir du tribunal. L'audience avait déjà commencé depuis plus d'une heure, et les choses n'allaient pas dans le meilleure des sens. Lux était là pour défendre les intérêts de Morgana Snape, et elle menait la vie dure à la partie adverse. Mais même l'avocate hargneuse avait du mal à faire face aux arguments qu'on lui opposait.

La mère de Morgana était là, et visiblement elle ne voulait pas entendre parler d'une quelconque sortie pour sa fille. Elle et son avocat brandissaient les rapports de police et de l'hôpital concernant l'agression de son frère et tout un tas d'autres histoires dont Hermione n'avait pas entendu parler. Bien évidemment, Lux avait attaqué la crédibilité de ses opposants et faisant un exposé des rapports médicaux rédigés par Hermione après son entrée au centre de détention. Mais comme il n'y avait aucune preuve formelle d'agression, les convictions du personnel soignant n'étaient pas suffisantes.

La jeune femme tapait machinalement du pied sur le sol, et s'en rendit compte.

Elle avait fait tout son possible, remuée terre et ciel pour qu'il y ait une nouvelle audience et tout était en train de tomber à l'eau… S'ils ne se montraient pas, ils n'avaient aucune chance de l'emporter. Et ni le père, ni le fils n'était présent à cet instant. La sorcière ne pouvait pas y croire, comment osaient-ils leur faire ça maintenant ! Morgana était assise là-bas, comme une accusée, prenant pleinement conscience de toute la haine que sa mère lui vouait et personne n'était là pour la soutenir à part des étrangers. Elle n'avait personne qui tenait à elle. Si Hermione avait su que cela allait se passer ainsi, elle aurait renoncé depuis longtemps.

Quelqu'un ouvrit la porte de la salle d'audience et appela son nom, c'était son tour de comparaitre comme témoin. La jeune femme se leva péniblement et lança un dernier regard dans le couloir désespérément désert. Si ni Severus ni Tobias ne se montraient à cette audience, c'était fini.

Dehors, la pluie était battante et le ciel sombre. La silhouette de Snape s'enveloppa un peu plus dans un manteau noir, cherchant à se protéger du froid. Il regardait les nuages fixement, se demandant ce qu'il devait faire ou non. Il était appuyé contre un muret, sous le parvis du tribunal où se tenait l'audience de Morgana. Il savait que Hermione l'attendait là-bas, qu'il devait s'y rendre. Mais il ne pouvait s'y résoudre. Que pouvait-il dire ? Donnez-moi la garde de cette inconnue, j'en prendrais soin ? Quel mensonge ! Il ne savait prendre soin de personne, ni de lui, ni des gens qu'il avait aimé. Comment aurait-il pu promettre à cette gamine un avenir meilleur alors qu'il savait que ça n'arriverait jamais. Il ne valait pas mieux que les autres. Rien que d'imaginer tous ses regards posés sur lui, le scrutant, le jugeant, lui expliquant pourquoi il n'était pas un digne être humain capable de prendre soin d'autrui… Il n'avait pas été là pour elle ces seize dernières années, qu'est-ce que ça pouvait changer désormais ? Même si Morgana se retrouvait dans un foyer moldu, est-ce que ça n'était pas mieux pour elle ? Il ne voulait pas la détruire plus qu'elle ne l'était. La famille Snape était maudite, aucun d'eux n'était capable de rendre heureux une autre personne. Il le savait, il avait essayé, mais il était cassé. Quelque chose n'allait pas chez lui.

Hermione… Elle avait cru qu'elle avait vu quelque chose de bien en lui, au début. Et pendant un temps, il y avait cru aussi. Ils s'étaient trouvés un peu par hasard, et elle lui avait apporté de l'espoir. Il s'était senti vivant pour la première fois depuis longtemps, et aimé aussi. Puis il avait compris que ça ne pouvait pas durer éternellement. Aussi fort qu'elle essayait, elle ne pouvait s'empêcher de remarquer ses fêlures, ses absences, sa façon de se retrancher, de la laisser à l'extérieur… Et la laisser s'approcher plus l'avait tellement effrayé qu'il n'avait pas été capable de la protéger de sa part de lui la plus sombre. Il l'avait blessée, avec des mots cruels, comme il l'avait fait avec Lily. Il l'avait regretté et s'était excusé. Et l'inconcevable c'était produit, elle l'avait pardonné.

Hermione croyait tellement en lui, qu'elle lui avait pardonné de l'avoir meurtrie. Elle croyait tellement en tout le monde à la vérité, toujours à penser que chacun portait une petite lueur intérieure, toujours à vouloir aider son prochain. Pas de doute, elle avait choisi la bonne carrière… Mais Severus n'était pas un de ses patients, et c'était bien le problème. Elle ne pouvait pas le soigner, elle ne devait pas le réparer. Elle n'avait pas à faire ça. Il aurait dû être capable de lui offrir sa meilleure moitié sans qu'elle ne doive descendre avec lui pour saluer ses démons. Elle méritait mieux, quelqu'un d'autre. Quelqu'un que la vie n'aurait pas abîmé. Alors même s'il l'aimait, il l'avait laissée partir. Il l'avait chassée plutôt, mais elle ne pouvait pas le savoir. Alors Morgana ? Comment aurait-il pu s'en montrer digne ? Cette sœur dont il ne savait rien à part qu'elle avait souffert, qu'elle souffrait toujours, et qu'il ne savait pas comment l'aider.

Pourtant, il était là, il était venu. Et il ne savait pas exactement pourquoi.

Il regarda une fois de plus sa montre gousset avant de la remettre dans la poche de son pantalon. Tobias non plus n'était pas là… Est-ce qu'il allait encore une fois tourner le dos et fuir ses responsabilités ? Laisser tomber encore un de ses enfants ? C'était, après tout, ce qu'il faisait de mieux. Toute la haine que ressentait Severus envers son père bouillonnait toujours en lui, et les années n'y changeraient probablement rien. Est-ce que Hermione avait raison à propos de ça ? Est-ce qu'il tenait vraiment à elle ? Si c'était le cas, il aurait être là ! Mais il n'y avait que lui, et la culpabilité qui le rongeait n'en finissait pas. Il ne voulait pas ressembler à son père. Toute sa vie, il n'avait eu de crainte que de tomber dans les mêmes tords que le vieil homme. Aigri, violent, froid… Il avait perdu cette bataille également. Il était tous ce qu'il haïssait chez son père finalement, et il se trouva pathétique, un moins que rien. Au fond de lui, il n'avait qu'un seul souhait trouver le courage de changer tout cela, mais il avait peur qu'il ne soit déjà trop tard.

À son tour, Hermione fut installée sur une chaise derrière un pupitre pourvu d'un micro et on la pria de décliner son identité pour les jurés. Elle se présenta, expliquant qu'elle était la psychiatre en charge du dossier de Morgana et on lui demanda de bien vouloir prêter serment de respecter son intégrité. Une fois les formalités expédiées, les deux avocats eurent l'autorisation de lui poser tout un tas de questions auxquelles elle s'efforça de répondre le plus calmement possible. Son attention se reportait souvent sur la porte du fond de la salle, qu'elle espérait se voir ouvrir d'une minute à l'autre et reconnaitre une tête familière, qui que ce puisse être.

« — Docteur Granger ?

— Oui ? demanda-t-elle en sursautant un peu sur sa chaise.

— Est-ce que vous pouvez nous raconter votre première prise de contact avec Morgana ? »

Hermione jeta un regard en coin à Lux, la voyant serrer les mâchoires et elle se demanda pourquoi la question de son adversaire semblait lui déplaire tellement. La jeune femme se replongea néanmoins dans ses souvenirs et tenta de décrire la rencontre.

« — Eh bien, la patiente avait des difficultés à interagir avec le personnel soignant. Comme j'étais de garde ce jour-là, ils m'ont demandé de faire une rapide évaluation.

— Et comment l'avez-vous trouvée ? reprit l'avocat.

— Elle était agitée, et anxieuse, suite à l'internement, comme la plupart de tous les nouveaux patients.

— Vous avez dû lui administrer un calmant si j'en crois ce rapport, exact ?

— C'est le cas, expliquant Hermione, un peu tendue.

— En fait, expliqua l'avocat, le personnel soignant dut immobiliser et sédater Morgana Snape ce jour-là car elle tentait de mettre fin à ses jours.

— Objection ! intervint Lux. Il n'est dit nulle part que la patiente a fait une tentative de suicide ! »

Hermione observa l'expression des jurés, certains parlaient entre eux en feuilletant sans doute les rapports du centre de détention. Soudain elle capta le regard brillant de l'avocat posé sur elle.

« — Dr. Granger, diriez-vous que Morgana Snape voulait se faire du mal à cet instant ? »

Hermione se sentit soudain piégée comme un rat. Evidemment, elle ne pouvait pas répondre que la jeune fille avait glissé par accident et s'était plantée une lame dans l'estomac sans le vouloir.

« — Je pense qu'elle cherchait de l'aide, sans savoir comment la demander.

— Vous ne répondez pas… Est-ce que Morgana s'est volontairement infliger des blessures dans sa cellule d'isolement ?

— C'est exact…, souffla Hermione.

— Cellule d'isolement, dans laquelle elle se trouvait, rappelons-le, pour avoir agressée une de ces codétenues ! Vous pensez vraiment qu'il serait sage de remettre dans la nature une jeune fille de toute évidence perturbée, qui est un danger pour elle-même, et pour les autres ?

— Nous ne parlons pas de la lâcher dans la nature comme un animal sauvage, susurra Lux de fort mauvaise humeur. Je rappelle aux jurés, que nous sommes ici car nous demandons un placement de Morgana chez un parent proche, hors d'un contexte familial destructeur !

— Ah oui ? Et où est votre proche parent ?! cracha l'avocat à la face de Lux. Vous faites perdre un temps précieux à tout le monde ! »

Quelques têtes se tournèrent vers Lux Black, cherchant une réponse.

« — Vous permettez que j'utilise le témoin également, où vous préférez faire un procès tout seul ? rétorqua Lux avec fougue. »

L'avocat de Céline Douglas remit ses lunettes en place déstabilisée par cette remarque et battit un peu en retraite.

« — Dr. Granger, commença Lux, vous étiez donc présente lors de l'examen médical de Morgana ?

—Oui, répondit la jeune femme en attendant la suite…

— Pourtant vous n'êtes pas le médecin de garde, je me trompe ? Il s'agit bien du Dr. Erik Doyle ?

— C'est ça, oui.

— Etait-il présent à ce moment ? Etait-il occupé ?

— Non…

— Alors pourquoi c'est vous qui avez effectué cet examen de routine ?

— Il nous a semblé à tous préférable que je m'en charge, parce que je suis une femme et que la patiente présentait des signes d'angoisse vis-à-vis du Dr. Doyle.

— Vous avez écrit ici, que Morgana a refusé que le Dr. Doyle la touche…

— C'est exact, elle s'y ait fermement opposé.

— Qu'avez-vous pensé ce cela ?

— Eh bien, ça nous a paru étrange et nous avons suspecté que la fille ait subi des violences. Vous savez, c'est le genre de réactions de défenses assez fréquentes, nous le voyons très souvent lorsqu'on nous amène des femmes victimes d'abus. »

Il y eut un murmure dans la salle. L'avocat des Douglas se leva de nouveau et s'approcha de la sorcière.

« — Et sur quoi reposent vos présomptions ? demanda-t-il de but en blanc.

— Sur l'expérience. En tant qu'avocat j'ose croire que vous ne prêtez pas de foi aux coïncidences, il en est de même pour moi. J'ai donc interrogé la patiente...

— Et elle vous a donc confirmé de vive voix qu'elle subissait des violences de la part de son demi-frère ? demanda Lux d'une voix blanche.

— Oui, elle l'a dit explicitement.

— Vous avez des témoins de cet aveu ? demanda l'homme à lunettes.

— Il n'y a pas besoin de témoin ! Hermione Granger est un membre du personnel soignant, son témoignage n'est pas à remettre en doute ! s'indigna Lux Black. »

Il y eut un moment de flottement dans la salle d'audience et Lux cacha un petit sourire en coin. Elle savait qu'elle venait de marquer des points auprès de son auditoire. En général, ils n'appréciaient pas tellement que des experts dans leur domaine puissent être remis en cause par des avocats. Elle pourrait peut-être s'en sortir sans trop de casse si elle arrivait à les faire pleurer un peu et que Snape se décidait à ne pas être un connard pour aujourd'hui. Tout mais pas aujourd'hui ! Il fallait qu'il se montre et vite !

Comme si la chance se décidait enfin à leur sourire un peu, à la fin de la comparution de Hermione, le juge accéda à la demande de Lux et déclara que l'audience reprendrait après une pause de quinze minutes. L'avocate rejoignit l'adolescente dans un coin de la salle et Hermione se rapprocha discrètement d'elles pour échanger quelques mots avec Morgana.

« — Tout ça ne doit pas être facile pour toi, mais tu t'en sors bien, sourit-elle.

— C'est vrai, confirma Lux pour encourager la jeune fille. »

Pour toute réponse, elle leur lança un regard inquiet. Visiblement, elle n'était pas convaincue. À de nombreuses reprises, Hermione avait remarqué les coups d'œil furtif que Morgana lançait en direction de sa mère et de son demi-frère. Ce devait être une rude épreuve pour elle de se trouver de l'autre côté de la ligne, en confrontation avec elle, comme une ennemie. Elle n'était pas certaine de comment la jeune fille allait réagir à cela, surtout en voyant qu'elle était seule…

Comme si elle avait lu dans ses pensées, l'adolescente regarda la porte de la salle d'audience, le regard triste et désabusé, ce qui fendit le cœur de la sorcière.

« — Je croyais qu'il viendrait…, dit-elle. »

Hermione ne savait pas si elle parlait de son père où de Severus, et elle n'osait pas demander.

« — Ne t'en fait pas, intervint Lux. Le plus important c'est qu'on te sorte de cet hôpital et qu'on te trouve un foyer sympa où tu seras en sécurité. »

Alors voilà où nous en sommes, pensa Hermione. L'avocate était probablement plus réaliste que son amie. Elle semblait avoir abandonné l'idée de pouvoir compter sur les Snape pour sortir Morgana de son enfer. En un sens, c'était aussi ce qui faisait la force de Lux Black, elle était réaliste et pragmatique et si quelque chose n'allait pas dans son sens, elle en tirait toujours le meilleur parti. Hermione aurait voulu pouvoir en dire autant, mais elle était profondément affectée par l'absence du sorcier… Elle avait cru pouvoir compter sur lui. Elle était tellement persuadé qu'au fond de lui, il choisirait de faire ce qui était juste. Elle y avait cru si longtemps, que la chute était rude… Mais elle n'avait pas le droit de le montrer devant sa patiente, qui était celle dont il fallait se soucier à présent.

Les quelques minutes de pause étaient bientôt écoulées, et la sorcière soupira, résolue.

Soudain, la porte de la salle d'audience s'ouvrit et un homme entra, hésitant, jetant des coups d'œil à droite et à gauche comme pour être certain de se trouver au bon endroit. Ses yeux tombèrent sur des têtes familières et il se raidit, le regard sec et sombre, comme s'il se préparait à la suite des évènements. Hermione le dévisagea, la bouche entre-ouverte, incapable de masquer sa surprise ou de faire quoi que ce soit d'autre. Était-elle en train de rêver ? Derrière lui, une autre silhouette le suivit, et après une certaine hésitation, ils avancèrent tous les deux dans leur direction sans échanger un mot, les mâchoires aussi crispées l'un que l'autre.

Sous le regard médusé de Hermione, Lux et Morgana, les deux Snape s'arrêtèrent côte à côte, près de la table où se tenaient les trois femmes. Ils évitèrent soigneusement de se regarder, comme si ça avait pu leur porter malheur.

« — Alors ça…, lâcha l'avocate. C'est une surprise ! »

Après cette brève expression de surprise, Lux tenta de se recomposer une expression plus professionnelle, consciente qu'elle devait ajuster son plan de bataille sur le champ. Mais ce n'était pas un problème pour elle, c'était ce pour quoi elle était venue. Hermione quant à elle avait bien plus de mal à procéder l'information, elle avait tellement de questions pendues aux bords des lèvres.

« —Papa…, chuchota Morgana. »

Elle ne trouva rien à ajouter. Son père lui coula un regard embarrassé, ne sachant pas exactement comment se comporter face à elle, ce qui rappela à Hermione une autre personne. Père et fils avaient plus en commun qu'ils ne voulaient bien se l'avouer.

« — Oui, euh… commença Tobias. Désolé pour le retard. »

Comme si cette remarque s'adressait plus à Lux qu'aux autres, il la regarda avec autorité.

« — Peu importe, coupa-t-elle. Il est encore temps de vous faire comparaitre. Tous les deux. »

L'avocate appuya sur les mots, dévisageant les deux hommes comme pour avoir confirmation de leur part. Severus croisa les mains derrière son dos, mal à l'aise, mais hocha la tête faiblement. C'était suffisant pour Lux. Finalement, le sorcier baissa les yeux vers Hermione, rongé par l'appréhension. Mais lorsque leurs regards se croisèrent, il n'y lut aucun reproche, seulement du soulagement et même une pointe de joie. Recevoir cette note d'estime de sa part lui réchauffa le cœur plus qu'il ne l'aurait cru, et il déglutit péniblement, osant enfin lancer un regard à sa sœur. L'adolescente souriait timidement tandis qu'elle discutait avec son père. Leur père. Aussi étrange que cela lui paraisse, Hermione avait dit vrai, Tobias ne s'était pas toujours comporté comme un raté avec elle. Du moins pas tout le temps.

« — Qu'est-ce qui t'as fait changer d'avis ? »

La question de Hermione le fit sortir de ses pensées brusquement.

« — Je n'en suis pas certain… Mais je pense que c'est toi.

— Moi ? sursauta la jeune femme.

— Indirectement. Toi et moi, nous avons passé beaucoup de temps ensemble… Les mots que tu m'as dit par le passé, je ne les ai peut-être pas tous écoutés, mais je les ai entendus, Hermione. »

Elle fronça les sourcils, interdite devant l'intonation grave de Snape. Quelque chose d'important venait de se produire, même si elle n'était pas certaine de savoir quoi. Et elle voulait savoir, elle en avait besoin. Sous son regard inquisiteur, Severus se retrancha derrière son aura impassible et se racla la gorge, balayant la salle du regard.

« — Je n'ai pas envie qu'une autre Snape finisse dans un asile, nous avons assez de dérangés dans la famille. Et puis… J'avais envie de faire le bon choix, une fois dans ma vie. »

Ses mots, il les avait presque murmurés, de sa voix basse et dangereuse. Mais Hermione les avait entendus comme s'il les avait hurlés dans toute la pièce.

« — Tu as fait le bon choix, dit-elle.

— Nous verrons…

— Tobias…, tu l'as persuadé de venir, n'est-ce pas ?

— C'est étonnamment difficile de transplanner dans une ville pleine de moldus, nota-t-il sans vraiment répondre à sa question. »

Hermione sourit à demi.

« — Oui, je sais.

— Mesdames, messieurs, l'audience va recommencer. Veuillez prendre place ! ordonna un fonctionnaire. »

Hermione hocha la tête en direction de Lux pour l'encourager, avant de retourner s'assoir sur une rangée de chaise un peu en retrait. Severus prit place à côté d'elle sans un mot, elle pouvait sentir le stress qui émanait de lui comme d'une bouilloire. En apparence, il était calme et discipliné mais elle savait qu'au fond de lui, il devait être terrorisé et prêt à disparaitre dans un nuage de fumée à la moindre complication. Lentement, elle posa une main sur son bras pour l'apaiser. Un simple geste de proximité, qui lui rappela cruellement à quel point sa présence lui manquait près d'elle.

« Il ne s'agit pas de toi, Hermione. Il n'est pas ici pour toi, tu ne dois pas tout confondre. »

Mais de toute évidence, Hermione ne semblait pas très douée pour tracer une ligne à ne pas franchir avec la famille Snape.


Si vous avez lu jusqu'ici, laissez une micro review pour me faire coucou :)
Prochain chapitre, spécial Sev/Hermione. (oui j'ai même déjà commencé à l'écrire, trop de préparation je sais c'est fou haha) xxx