Chapitre 9
- « Phil ! Comme on se retrouve ! » S'exclama Léna.
Elle lui prit sa baguette des mains et leva le sort en le menaçant avec la sienne. La colère se lisait sur le visage de Phil. Léna l'avait attaqué par derrière puisque son adversaire était trop fort pour elle.
- « Espèce de … !
- Non, non, non, Phil ! Cela suffit pour les insultes ce soir. Maintenant, dis-moi la vérité. Pourquoi as-tu utilisé du Polynectar pour prendre l'apparence de Tom Jedusor ? Le coupa-t-elle.
- C'est lui qui m'a envoyé pour te passer le mot.
- Pourtant, il pouvait le faire lui-même. D'ailleurs, pas plus tard qu'hier, j'ai reçu un hibou de sa part, répliqua Léna, dubitative. De plus, il devait me dire quelque chose d'important.
- Il n'a pas pu venir ce soir.
- Certes, insista la jeune femme. J'aurais voulu savoir ce qu'il en était.
- Eh bien, tu sauras tout samedi, répondit Phil, en se levant. Maintenant laisse-moi partir. J'ai fait ce qu'il m'a demandé donc je n'ai plus rien à faire ici ».
Léna le repoussa en arrière ce qui lui fit perdre l'équilibre. Le jeune homme la regarda avec fureur.
- « Qu'est-ce que tu f…
- Fais-le venir » Ordonna la jeune femme.
Comme il n'esquissait pas le moindre geste, elle réitéra son ordre. Mais Phil avait la tête dure. Le regard de Léna fit transparaître toute sa colère. Le jeune homme éclata de rire.
- « Qu'est-ce que tu vas me faire ? Demanda-t-il, mort de rire. Tu vas me faire du mal ? Toi ? Pfff ! Laiss … ».
Léna lui balança un coup de pied bien placé. Il étouffa un juron et reprit difficilement sa respiration.
- « Maintenant, contacte-le, insista la jeune femme toujours avec sa baguette pointée vers lui. Je suis sûre que tu as un moyen rapide pour communiquer avec lui ».
Phil la fixa avec un sourire carnassier. Dans son regard, Léna y vit toute la folie que contenait son être. Doucement, il remonta sa manche et tout aussi lentement, ses doigts s'approchèrent d'un tatouage qui recouvrait tout son avant-bras. Puis, soudain, son expression se fit plus féroce et il se jeta sur la jeune femme en criant :
- « Tu l'auras voulu ! ».
Mais Léna lui jeta un sort de Stupéfixion ce qui eut pour effet de le repousser contre le mur. Sa tête cogna fortement puis Phil sombra dans l'inconscience. La jeune femme en profita pour lui prendre la main et la poser sur son tatouage. Mais rien ne se produisit. Elle insista en réitérant le geste plusieurs fois. Elle lui fit même faire tout le contour du tatouage. Vaincu, elle se remit debout et s'aperçut que Phil revenait parmi eux alors elle pointa sa baguette vers lui et serra celle du jeune homme dans son autre main comme pour se donner du courage.
- « Tu n'as même pas le cran de m'achever, sale sang de bourbe ! On pourrait croire que tu es une cracmole tellement tes sorts sont minables, ricana Phil.
- N'importe quoi. Les cracmols ne peuvent pas lancer de sorts. Je croyais que même un crétin dans ton genre le savait, répliqua Léna.
- Tu ne fais que te défendre sans jamais m'attaquer, fit le jeune homme en se levant difficilement. Vas-y, montre-moi ce que tu as dans le ventre ! ».
Il se tenait maintenant debout en titubant néanmoins et affrontait courageusement ou stupidement – cela dépendait du point de vue – Léna avec sa baguette pointée droit sur lui.
- « Vas-y ! » Hurla-t-il en esquissant un mouvement rapide vers elle pour la défier.
Par réflexe, elle lança un sort qui le projeta à nouveau contre le mur. Phil rit en se levant lentement malgré l'apparente douleur qu'il ressentait. En effet, à force de se prendre le mur, le jeune homme était salement amoché. Léna continua à le menacer de sa baguette. En apparence, elle montrait que la situation ne lui faisait pas peur le moins du monde mais, intérieurement, elle avait tellement envie que cela s'arrête et qu'il s'agisse d'un mauvais rêve.
Alors qu'il allait ouvrir la bouche pour dire encore des sornettes, Léna le prit de court en lui envoyant un coup de pied pour l'éloigner d'elle. Celui-ci le repoussa légèrement. La force du coup traduisait son manque de conviction. Phil hurla de rire.
- « C'est tout ce dont tu es capable ? S'écria-t-il. Je me demande pourquoi le Seigneur des Ténèbres te donne autant d'importance ! »
Puis il se passa plusieurs choses simultanément mais trop rapidement pour que Léna assimile tout d'un coup. En effet, alors que Phil fonçait encore tête baissée vers elle, la jeune femme se redressait prête à lui lancer un sort cette fois, sa baguette tendue bien devant elle. Cependant, un bruissement de cape se fit entendre derrière Léna ce qui alerta les deux adversaires et les interrompit dans ce qu'ils faisaient. Puis, une main se posa sur celle de Léna et l'autre, qui tenait une baguette, lança un sort qui stoppa Phil. Léna et ce dernier regardèrent le nouvel arrivant l'un avec surprise et l'autre avec peur.
- « Je t'avais dit de déposer le mot sans te montrer, fit le jeune homme aux cheveux couleur corbeau.
- Mais Maître …
- Tais-toi, le coupa-t-il sans élever sa voix douce. Maintenant disparaît ».
Aussitôt dit, aussitôt fait. Phil décampa si vite que Léna se demanda s'il avait vraiment été présent. Puis, Tom Jedusor se tourna vers la jeune femme.
- « Eh bien, Léna ? Je t'envoie quelqu'un qui est censé t'aider dans ta quête et voilà, que je te trouve à le menacer avec ta baguette. Et encore si ce n'était que cela, dit-il en terminant sa phrase en jetant un coup d'œil alentour. Vous en avez fait du bazar ».
Maintenant qu'il le disait, la jeune femme s'aperçut que la pièce était sens dessus dessous. Un vrai capharnaüm régnait dans la chambre de garde.
- « Je … Euh … Balbutia Léna qui avait du mal à se remettre de ce qui venait de se passer. Phil … C'est … a dégénéré.
- C'est que j'ai pu constater lorsque je suis arrivé. Cela fait un petit moment que je vous observe ».
Léna leva les sourcils ce par quoi le jeune homme répondit par un sourire qui voulait dire « Eh oui ! J'ai toujours un coup d'avance ».
- « Je suis arrivé juste après que Phil, ou plutôt toi apparemment, m'a appelé » Expliqua-t-il finalement après quelques secondes de silence.
Soudain, le jeune homme sembla remarquer quelque chose sur le visage de Léna. Il y posa sa main et caressa son menton.
- « A ce que je vois, il n'y est pas allé de main morte ».
Léna se rendit compte qu'il essuyait le sang qui devait avoir coulé de sa bouche lorsqu'elle avait encaissé les sorts de Phil. Il promena ses doigts et son regard sur sa peau. La jeune femme se crispa en esquissant un pas en arrière et retint un cri de douleur lorsqu'il toucha un point sensible. Il continua néanmoins son inspection puis il remit une mèche de cheveux derrière l'oreille de la jeune femme. La douceur de ses gestes la toucha. Son cœur se serra. Elle cala sa joue contre la paume de la main de Tom Jedusor et posa sa main sur la sienne. Leurs yeux ne se quittèrent pas un instant pendant un long moment. Celui du jeune homme semblait néanmoins songeur. Puis ce dernier retira doucement sa main comme s'il ne voulait pas la brusquer et la laissa tomber le long de son corps. En silence, il reporta son attention sur leur environnement. D'un coup de baguette, la pièce retrouva son aspect d'origine.
- « Tu devrais aller te soigner et te reposer » Lui dit-il simplement.
Sa voix douce contrastait avec la violence des événements quelques minutes plus tôt. Le silence aussi d'ailleurs. Léna ne résista pas plus longtemps et embrassa son sauveur. Ce dernier ne répondit pas avec autant de conviction qu'elle mais elle ne fit pas trop attention et le serra dans ses bras. Au bout d'un moment, le jeune homme mit fin à l'étreinte.
- « Vas dormir maintenant, dit-il en gardant une main posée sur l'épaule de la jeune femme. Nous nous revoyons samedi prochain au manoir Malefoy à quatorze heures précises ».
Mais alors qu'il allait partir, il vit l'expression sur le visage de Léna et s'arrêta.
- « Comment vais-je faire pour venir là-bas alors que je suis surveillée vingt-quatre heures sur vingt-quatre ?
- Tu n'es pas surveillée, ma chère. Et, il s'agit d'un fait important, expliqua Tom Jedusor, comme un véritable professeur. Tu es protégée. Les aurors qui te suivent ne te regardent pas vingt-quatre heures sur vingt-quatre mais ils surveillent les environs en continu, reprit-il à cause du regard interrogateur de Léna.
- Ah oui, je n'avais pas vu cela de ce point de vue.
- Tu n'as qu'à trouver une excuse pour te rendre là-bas. Au pire des cas, tu peux emmener ton cousin pour qu'il te serve d'escorte. Je te fais confiance pour cela » Sourit-il.
Léna le regarda dubitative. Il continua à lui sourire de façon entendue et, comme elle ne disait toujours rien, il s'avança vers elle et lui colla un baiser sur le front.
- « Bonne nuit, Léna ».
Et, il disparut pour de bon cette fois.
La nuit se termina rapidement. Léna se reposa deux heures et retourna voir ses collègues. Le lendemain matin, le mardi, elle retourna chez elle escortée par son père. Durant le trajet, la jeune femme se demandait quelle excuse elle allait inventer pour se rendre chez les Malefoy le samedi suivant. Son père remarqua qu'elle n'était pas dans son assiette malgré le fait qu'elle avait réussi à faire disparaître les plaies et ecchymoses la nuit dernière.
- « Qu'est-ce que tu as ?
- Rien, je suis juste un peu fatiguée. Je vais aller me coucher directement » Répondit-elle alors qu'elle montait l'escalier qui menait à sa chambre.
Elle ne lui laissa pas le temps de poser davantage de questions car elle disparut dans le couloir du premier étage pour s'enfermer dans sa chambre où elle se changea et s'allongea dans son lit où Mela l'attendait sagement. Contrairement à ce qu'elle pensait, elle trouva rapidement le sommeil.
Durant le reste de la semaine, Léna n'arrêtait pas de se remémorer les événements de la nuit du lundi au mardi et de se poser des questions sur le comportement de Phil et de Tom Jedusor. Le premier s'était fait passer pour le second. Elle savait qu'il ne l'aimait pas, il la haïssait même et elle avait compris qu'il avait voulu la tester en prenant l'apparence de son « maître ». La jeune femme se demandait s'il l'aurait tué si l'ancien Préfet-en-Chef ne les avait pas arrêté. En tout cas, elle ne le saurait jamais. Concernant Tom Jedusor alias le Seigneur des Ténèbres, Léna ne savait pas trop quoi penser de son attitude. Il ne l'avait pas repoussée mais il avait instauré une certaine distance entre eux alors qu'ils étaient seuls. Cela la blessait un peu, il fallait l'avouer. Peut-être était-il fatigué ou de mauvaise humeur tout simplement ? De toute façon, elle ne savait jamais avec lui …
Léna n'avait pas envie d'impliquer son cousin dans le plan de Tom Jedusor. Il lui fut difficile de trouver une excuse pour se rendre au lieu de rendez-vous. Cependant, elle trouva. Elle mentit à tout le monde même à Nathanaël en leur disant qu'elle devait rencontrer une de ses amies, en l'occurrence Carla, pour son anniversaire. Avec la complicité de celle-ci, la jeune femme alla chez elle accompagnée par un auror qui attendrait dehors pendant toute la durée de le soi-disant anniversaire puis elle utilisa le réseau des cheminées qui lui permit d'atterrir directement dans le salon des Malefoy. Ceux-ci l'accueillirent chaleureusement et la menèrent dans l'une des pièces luxueuses de leur manoir. Là, la jeune femme attendit seule dans la pièce. Il s'agissait d'un autre salon rempli de canapés et de fauteuils tous plus confortables les uns que les autres – elle pouvait en attester puisqu'elle les essaya tous. Cela ne faisait qu'une dizaine de minutes que Léna se trouvait dans la pièce mais elle ne tenait plus en place. Elle était un peu stressée.
Alors, après avoir fait le tour des canapés et des fauteuils, elle arpenta le salon en observant tout le mobilier et les décorations. Puis, un bout de trois allées et retours, elle se posta devant la fenêtre d'où elle put apercevoir l'ensemble du jardin de la demeure. Immense et magnifique, il était très bien entretenu – aussi bien que celui de Rachel et de Nicholas. A la pensée de ses parents, la jeune femme se demanda si les partisans de Tom Jedusor savait qu'elle était issue de la famille Powell. La porte s'ouvrit à ce moment-là et mit donc fin à la torture psychologique que constituait l'attente. Cependant, lorsqu'elle découvrit le visage du nouvel arrivant, elle fut déçue de ne pas voir celui de son ancien Préfet-en-Chef.
- « Bonjour, je m'appelle Nolan Gordon » Se présenta-t-il avec un sourire aimable.
Il avait beaucoup de charme et son sourire en ajoutait beaucoup. Ses cheveux châtains clairs étaient décoiffés mais de façon élaborés ce qui fit penser à Léna que cela devait être fait exprès. Ses yeux bleus foncés scrutaient la jeune femme en quête d'une réaction.
- « Bonjour, je suis Selena Jones mais tout le monde m'appelle Léna, répondit-elle.
- Je sais » Dit simplement le jeune homme dont le sourire s'agrandit davantage.
Sacrebleu ! Mais c'était qu'il flirtait avec elle ! Léna, gênée mais charmée, lui fit un petit sourire avant de se rappeler la raison pour laquelle elle se trouvait ici. Elle se reprit et attendit que son interlocuteur brise le silence.
- « Bien, je pense que nous pouvons y aller » Déclara le jeune homme en lui faisant signe de le suivre.
Tout au long du chemin, il commenta chaque pan de mur et chaque tableau devant lesquels ils passaient. Plus rien ne pouvait arrêter le flot de paroles jusqu'à ce qu'ils arrivent dans une autre pièce qui contenait simplement une longue table et plusieurs chaises où étaient déjà installés trois personnes. Lorsqu'elle reconnue l'une d'elles, le cœur de la jeune femme se mit à battre plus rapidement et son réflexe fut de mettre une main sur sa baguette dans sa poche. Heureusement, personne n'y fit attention car Nolan faisait les présentations. Tout doucement, elle retira la main de sa poche de la manière la plus naturelle possible.
- « Voici, Rosalie, alias Rosa, Daniel et …
- Elle me connaît déjà » L'interrompit Phil avec froideur.
Toutes les personnes présentes dans la pièce avaient les yeux fixés sur lui. Léna n'avait pas le souvenir qu'il était aussi amoché. En effet, de nombreuses plaies et ecchymoses recouvraient les parties visibles de sa peau. Lorsqu'il se redressa sur sa chaise en grimaçant, la jeune femme se rendit compte que les blessures étaient graves ou en tout cas assez importantes. Puis, la lumière se fit. Phil avait dû recevoir une correction de la part de son « maître ». Même si elle ne l'aimait pas, elle fut horrifiée à cette idée. Soudain, elle entendit un rire.
- « C'est elle qui t'a mis une raclée ?! Fit la dénommée Rosa, hilare.
- La ferme, la rabroua le jeune homme.
- Non ?! Ce n'est pas vrai ! S'exclama Nolan. Tu es super forte !
- Je … commença Léna, gênée.
- Elle a eu de la chance, c'est tout. Mais la prochaine fois, je ne la louperais pas, cracha Phil en allumant une cigarette.
- Pauvre Phil » Se moqua Rosa.
Le seul qui n'avait pas dit un seul mot était le jeune homme prénommé Daniel. Celui-ci se trouvait à l'autre bout de la table et observait les autres pendant qu'ils parlaient. Léna se dit que cela devait faire partie de ses habitudes. Il croisa le regard de la jeune femme et l'observa avec le visage mutique. La jeune femme détourna les yeux.
Pendant ce temps, les autres continuaient à se chamailler. Rosa assise en face de Phil s'amusait à le taquiner avec l'aide de Nolan toujours debout à côté de Léna. Celui-ci n'arrêtait pas de se tourner vers elle lorsqu'il parlait comme s'il attendait son approbation. Son regard enjôleur et son sourire charmeur collé à son visage tentaient de la faire tomber dans ses bras. Le petit manège ne passa pas inaperçu.
- « Nolan, tu la connais à peine mais tu n'arrêtes pas de la dévorer des yeux, intervint Rosa.
- Ce n'est pas coiffé comme cela que tu vas plaire à une femme, enchérit le fumeur.
- Mêle-toi de tes affaires, Phil, répliqua Nolan.
- Tu as vraiment mauvais goût en la matière. Enfin … Si nous pouvons qualifier Léna de femme » Poursuivit Phil, sans prendre en compte la remarque de son ami.
La moutarde monta au nez de la jeune femme.
- « Qu'est-ce que tu viens de dire ? S'énerva-t-elle.
- Houla ! Tout doux, Miss, tenta d'apaiser Nolan en la retenant par le bras.
- Ce que je viens de dire » La provoqua Phil en souriant largement, la cigarette fumant encore entre ses doigts.
Léna ne dit rien mais se débattit comme une folle dans les bras de Nolan. Celui-ci la contint avec un peu de difficultés mais il réussit quand même en l'encerclant de ses bras.
- « Ben, dis donc. On m'avait dit que tu ne te laissais pas faire. Ils n'ont pas menti, fit le jeune homme. Ne l'écoute pas, Léna. Il est juste en colère parce que tu l'as battu, ajouta-t-il devant l'air contrarié de la jeune femme.
- Elle ne sait pas se tenir, commença Phil qui expira la fumée de sa cigarette. Les femmes doivent savoir rester à leur place et obéir aux hommes. Le seul endroit qui leur convient est la cuisine. Elles ne servent qu'à procréer et à faire plaisir à leur mari … dans tous les sens du terme si vous voyez ce que je veux dire, poursuivit-il avec un grand sourire à la fin de sa phrase ».
A ces mots, Rosa se leva brusquement de sa chaise ce qui la fit tomber par terre. Ses joues étaient rouges de colère.
- « Ah non ! Je ne peux pas te laisser dire cela. Arrête de te croire au-dessus des autres, intervint Rosa, indignée. Sale machiste !
- Ce n'est pas en tenant ce genre de propos que tu vas plaire à une femme, fit Nolan en s'adressant à Phil en reprenant ses mots ce qui fit lever les yeux au ciel au fumeur.
- Vous êtes tous pareil ! J'en ai assez que vous nous rabaissiez à longueur de journée, s'exclama Rosa, hors d'elle, visiblement excédée par ces paroles qu'elle devait souvent entendre de la part de Phil et des autres hommes de son entourage.
- C'est normal. Nous sommes supérieurs aux femmes.
- Vas-tu la fermer, Phil !
- Pff ! C'est pour cela que personne ne veut de toi, Rosa. Tu seras toujours seule sans jamais pourvoir trouver un mari, ricana le machiste.
- Fais attention à ce que tu dis ! » S'énerva la jeune femme en sortant sa baguette.
Nolan tenait toujours Léna dans ses bras et prenait visiblement un malin plaisir à voir ses « amis » se disputer et prêts à en venir aux mains ou plutôt aux baguettes ainsi que d'avoir la jeune femme aussi proche de lui. Il la fit reculer pour l'éloigner du jet de magie qui pétillait au bout de la baguette de Rosa. Son visage à quelques centimètres de celui de Léna, il lui dit tout sourire :
- « Attention ! Cela va être un grand spectacle, prépares-toi ».
Léna se mit à prier pour que le « maître » de ces jeunes gens apparaisse à ce moment-là. Cependant, c'était peine perdue. Il semblait les avoir oublié. La jeune femme finit par se demander ce qui lui avait pris de venir. A cause du vacarme que faisait la bataille entre Rosa et Phil qui en était finalement venu aux baguettes, Léna se rapprocha de l'oreille du jeune homme pour se faire entendre. Par-dessus les insultes et les reproches tel que « Tu es mal placée pour me dire cela. C'est bien toi qui nous a grugé avec Daniel la dernière fois » de la part de Phil et « Tu n'es qu'un gros porc hypocrite et stupide » de Rosa, Léna cria :
- « Nous n'étions pas censé parler de Richard et de sa planque ? ».
Nolan continua à regarder le combat pendant quelques minutes encore pendant que Léna se demandait s'il l'avait vraiment entendu puis il finit par intervenir et stopper la guéguerre.
- « Je vous rappelle que le Seigneur des Ténèbres nous a demandé d'aider cette jeune demoiselle ».
La mention de leur « maître » sembla remettre les pendules à l'heure car les deux jeunes gens s'arrêtèrent net. Ils rangèrent leur baguette après avoir remis en ordre la pièce et s'assirent sagement sur leur chaise. A la plus grande surprise de Léna, celle-ci s'aperçut de la présence de Daniel qui n'avait pas bougé d'un millimètre. Il était resté à l'autre bout de la table sans intervenir. On aurait dit un robot … Mais sa surprise fut plus grande encore lorsqu'elle entendit pour la première fois sa voix.
- « Maintenant que vous en avez enfin terminé avec ces enfantillages, nous pouvons nous mettre au travail ».
Puis il se tourna vers les deux autres qui étaient resté en retrait.
- « Nolan, Léna, vous pouvez vous asseoir ».
Ils s'exécutèrent en s'asseyant à côté de Rosa – Léna préférant s'installer aussi loin que possible de Phil – et attendirent qu'il reprenne la parole. Visiblement, c'était le chef de la petite bande, étant le plus âgé et le plus mature probablement. Toutefois, ce fut Léna qui brisa le silence car Daniel n'avait pas l'air décidé à commencer ces explications.
- « Donc … Vous savez où se trouve Richard ?
- Oui, nous avons découvert qu'il se cache dans une petite ville non loin de Cardiff, lui répondit le chef.
- Au Pays de Galles ? S'étonna Léna.
- En effet. Apparemment, il aurait établi tout un réseau de malfrats là-bas, comme une petite communauté. Ils sont tous à sa botte, expliqua Rosa. Nous ne savons pas encore comment il souhaite s'y prendre en se servant de toi pour trouver le collier qui contient la potion d'invincibilité.
- Mais nous avons un plan, enchérit Nolan.
- Enfin, plutôt le dessein de s'introduire dans son antre en se faisant passer pour ses partisans. Pour l'instant, nous ne savons pas encore comment nous allons procéder » Corrigea Daniel.
Il y eut un silence, ce qui permit à Léna d'assimiler toutes les informations qu'elle venait d'entendre.
- « Richard est organisé et très méfiant. Il faudra donc être prudent, intervint Phil.
- Léna, il faut que tu prennes conscience que nous allons risquer nos vies là-bas. Es-tu prête à cela ? » Fit Daniel.
Phil éclata de rire. Tout le monde le regarda, étonné.
- « Elle n'a même pas compris qu'on était censé le tuer ! Alors ne lui en demandez par trop ».
Il la prenait carrement pour une idiote. Ceci dit, il avait raison sur un point. La jeune femme n'était pas sûr de leur intention lorsqu'ils avaient exposer leur idée de se rendre dans l'antre de Richard. En fait, elle ne se sentait pas capable de le tuer. Pour elle, il était simplement question de l'attraper et l'amener à Azkaban. Nolan posa une main sur son épaule.
- « Léna ?
- Je vous préviens tout de suite, je n'ai jamais tué personne et je ne tuerais personne » Déclara-t-elle.
Un silence pesant s'installa.
- « Ben voyons, lâcha Phil.
- Tais-toi un peu. Nous ferons comme elle nous le dira. Le Maître nous a demandé de l'aider et de faire ce qu'elle nous dit de faire, lui rappela Daniel. A moins que tu souhaites désobéir au Seigneur des Ténèbres.
- C'est bon, ça va. J'ai compris » Fit le jeune homme, mal à l'aise.
Daniel fit passer des parchemins à Léna.
- « Voici toutes les informations que nous avons recueilli sur Richard ».
La jeune femme se plongea immédiatement dans la lecture. Pendant ce temps, les quatre autres jeunes gens se regardèrent de façon entendu. Rosa et Phil eut un sourire un carnassier digne des pires films d'épouvantes.
