Auteur : DeeDeeINFJ
Traductrice : Moi
Spoilers : Tous les livres
Rating : M
Genre(s) : Romance
Disclaimers : Tout l'univers de Sookie et Eric appartient à Charlaine Harris. L'histoire que vous allez lire appartient à DeeDeeINFJ. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.
Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.
- Chapitre 9: Hauts Risques -
Eric s'installa dans un coin sombre du bar, où il s'appuya contre le mur et sirota une bouteille de sang tout en discutant poliment avec tous ceux qui se trouvaient près de lui. Sookie ne le remarqua pas lorsqu'elle entra, mais elle attira toute son attention dans sa robe d'un or pâle qui soulignait son corps délicieux. Il fit lentement courir ses yeux de haut en bas sur son corps avec l'appréciation que l'on accorde à une oeuvre d'art. Bien que personne n'ait probablement envie de sauter Mona Lisa.
Considérant que c'était la pleine lune ce soir, rien de bien intéressant ne se passa jusqu'à ce que Sookie - qui ne l'avait toujours pas repéré - et son amie Tara, celle de l'orgie, commencent à danser. Il était clair qu'elles avaient répété et exécuté cette danse auparavant, et c'était comme sexy comme tout. Elle bougeait des hanches et des fesses comme une déesse, et ses joues étaient rougies par un sang qu'il ne se lasserait jamais de goûter.
Les clients se dispersèrent après avoir applaudis et il croisa finalement le regard de Sookie. Toujours rouge, elle lui fit un large sourire. Elle l'accueillait rarement avec un tel plaisir. Le sentiment le plus fort qu'il ressentait en elle était la fierté. Il était bien trop obsédé par son désir pour elle pour répondre à son sourire, mais elle sembla comprendre l'idée.
Les choses se calmèrent à nouveau, et il commença à discuter avec une femelle Lycanthrope qui lui fit clairement comprendre qu'elle voulait s'envoyer en l'air avec lui. Soudainement, près du bar, il entendit la voix de Sookie crier avec panique: "Pieu!"
Il fit volte-face, assommant presque la Lycanthrope, et il commença à se frayer un passage à travers la foule. Pourquoi te précipites-tu vers un pieu, alors que ça ne peut pas tuer un humain? lui demanda son côté rationnel. Que son côté rationnel soit damné. La foule se dispersait rapidement, s'éloignant de la bagarre, et il fut repoussé par une marée de personnes malgré ses efforts pour avancer. Il jura dans un souffle.
Sookie tenait le bras de l'homme et refusait de le relâcher alors même que le compagnon de son assaillant la frappait. Elle était quelque chose d'autre. Ce crétin sembla finalement réaliser qu'il pourrait tout simplement faire passer le pieu dans sa main libre. Sookie vacilla légèrement sur ses talons noirs alors que le compagnon de l'homme au pieu se précipitait vers la porte. Une partie des clients se lança à sa poursuite, permettant à Eric de s'approcher enfin.
Mais alors qu'il regardait avec horreur et furie - avec une impuissance rageante - l'homme enfonça le pieu dans le flanc de Sookie. L'odeur intoxicante de son sang flotta vers lui, et il ferma les yeux pendant une seconde. Pas maintenant, se dit-il. Il reporta son attention sur la scène, à l'instant où le bras droit d'Edgington tuait le bâtard, volant ce plaisir à Eric.
Le cadavre et Sookie tombèrent au sol. Eric força brutalement le passage jusqu'à ce qu'il se trouve dans le petit cercle qui entourait Sookie. Il ne pouvait pas donner la moindre indication qu'il la connaissait, où leurs vies à tous les deux seraient encore plus en danger. Russell Edgington n'était pas stupide. Et s'il s'approchait trop d'elle et de ce sang délicieux...
Tara cria et se laissa tomber à genoux à côté de son amie. "Appelez les secours!" hurla-t-elle.
L'idiote. Comme si une bande de changelings et de vampires allaient appeler le 911 sur une scène incluant des cadavres humains. D'une voix étranglée, Sookie expliqua ça à son amie.
"Les vampires ne te laisseront pas tomber," insista Tara. "Tu viens d'en sauver un!" Elle ne connaissait clairement rien aux vampires, malgré le fait qu'elle semblait sortir avec l'un d'entre eux."
"Tara, il faut que tu fiches le camp d'ici," dit-elle faiblement. "Ça part en vrille. Si jamais les flics débarquent, il vaut mieux que tu ne sois pas là."
"Je ne te quitterai pas tant qu'il n'y aura pas quelqu'un pour s'occuper de toi." Tara regarda autour d'elle, s'attendant à ce que quelqu'un s'avance et fasse quelque chose. Elle ne sembla pas reconnaître Eric sous son déguisement. Mais là encore, il lui avait effacé les souvenirs après le massacre de l'orgie.
Si les circonstances avaient été différentes, Sookie serait déjà dans les bras d'Eric et en route vers un docteur de confiance. Il essaya de croiser son regard pour communiquer silencieusement avec elle. Son visage pâlissait de seconde en seconde.
"Le grand blond va m'aider," lui dit-elle en le pointant du doigt.
Non, non, non, songea-t-il. Sookie, sois prudente. Grâce aux dieux, elle n'avait pas prononcé son nom.
Tara le regarda. "Sauvez Sookie, je vous en prie!"
Son cavalier lança un regard menaçant à Eric. "Ce jeune homme se fera un plaisir de secourir ton amie.
Jeune homme, en effet. "Absolument," confirma calmement Eric. "Je suis un bon ami d'Alcide."
L'idée qu'un vampire et un Lycanthrope soient 'bons' amis était hilarante, mais à ce moment-là, personne ne semblait prêter la moindre attention aux détails. Bordel, elle aurait pu crier, "Eric Northman va m'aider parce que je suis Sookie Stackhouse, la télépathe inestimable!" et personne n'aurait bronché.
Il s'agenouilla à côté d'elle, et l'odeur de son sang devint irrésistible. Oh putain. Putain. Il essaya de se concentrer sur le visage de Sookie, essaya de forcer son esprit à prendre le contrôle de ses instincts. Il lui attrapa presque la main avant de se reprendre. "Tu ne peux pas savoir ce que ça me coûte de ne pas me baisser pour lécher," lui dit-il doucement.
Les yeux de Sookie étaient emplis de douleur et de peur. "Si tu fais ça, ils vont tous se jeter sur moi. Et ils ne se contenteront pas de lécher ma plaie, ils me mordront."
"C'est bien la seule chose qui me retient."
Russell Edgington était apparu entre temps, et il se pencha sur Sookie. "Qui êtes-vous?" demanda-t-il à Eric.
Eric resta calme grâce à un entraînement et un instinct de survie qu'il avait cultivé au cours des siècles. "Je suis un ami d'Alcide." Il ferait tout aussi bien de ne pas ajouter le 'bon' cette fois-çi; ça devait rester plausible. "Il m'a invité ici ce soir pour me présenter sa nouvelle petite amie. Je m'appelle Leif." Ne me demande pas pourquoi je n'étais pas été me présenter au Sheriff local. Ne me pose aucune question.
Edgington plissa les yeux. "Alcide n'a pas beaucoup de vampires parmi ses relations."
"Je suis l'un de ses rares amis vampires."
Heureusement pour eux deux, Edgington semblait plus intéressé par la survie de Sookie que par l'histoire nébuleuse d'Eric. "Il faut faire sortir cette jeune femme d'ici," ordonna-t-il.
"Nous devrons faire attention en la transportant," dit Eric, en haussant la voix pour couvrir les grognements des changelings qui se disputaient la carcasse de l'assaillant. "Peut-être que le pieu n'a touché aucun de ses organes, mais on ne peut pas en être sûrs. Et elle aura besoin d'un docteur. Le pieu a peut-être touché un rein."
Russell hocha la tête. "Nous allons la transporter chez moi. Ma limousine est en route." Il croise paisiblement le regard d'Eric. "Je suis sûr qu'un visage familier la mettrait plus à l'aise. N'êtes-vous pas d'accord?"
Ce qu'il voulait dire c'était, Je n'ai pas fini de t'interroger.
"Je vais venir avec vous. C'est le moins que je puisse faire pour Alcide." Après ce petit mensonge, il reporta à nouveau toute son attention sur Sookie. "Elle transpire beaucoup." Elle avait aussi une vilaine coupure sur le bras, probablement causée par un des verres qui avait été brisé pendant la lutte. Il lui enleva ses chaussures et baissa ses collants le long de ses jambes, avant de rouler le tissu en boule et de le presser contre la plaie. En y pensant, il aurait pu utiliser autre chose mais ça aurait voulu dire la laisser toute seule. Et ça aurait voulu dire qu'il n'aurait jamais vu le sexy porte-jarretelle noir qu'elle portait. Concentre-toi.
"En parlant de votre ami Lycanthrope, où est-il?" demanda Edgington en regardant tout autour de lui. "On aurait pu croire qu'il ne laisserait pas sa petite-amie toute seule comme ça;"
Tu ne croirais pas le nombre d'hommes qui ont abandonné cette femme quand elle avait besoin d'eux. "Alcide s'est changé en loup et s'est lancé à la poursuite du type qui accompagnait le meurtrier," expliqua-t-il.
"Leif..." murmura Sookie. Elle bougea légèrement ses jambes nues. "Leif... On voit mon porte-jarretelles. Est-ce que...?"
Elle était incohérente. "Oui, Sookie?" demanda-t-il d'une voix apaisante. Mais elle s'était évanouie.
"Allons-y" dit Edgington en refermant son portable. "Ma limousine nous attend devant la porte."
Eric glissa un bras sous la nuque de Sookie et la souleva légèrement pour presser sa tête contre son torse. Ça lui aurait fait un mal de chien si elle avait été consciente. Puis il glissa son autre bras aux creux de ses genoux pour la soulever. Il s'assura que son bras était sur sa robe et pas contre ses jambes nues. Même évanouie et avec un pieu dans le flanc, Sookie voudrait être une dame. Et Eric ne voulait pas que des douzaines de changelings voient les atouts de sa future amante avant qu'il ne les voit lui-même. Il se releva maladroitement à cause de ses efforts pour ne pas trop la bouger, puis il suivit Russell dehors.
Le chauffeur de la limousine ouvrit la portière pour lui, et il allongea Sookie sur le siège de la voiture. Il fit le tour de la limousine alors que le roi et deux de ses hommes s'installaient en face de Sookie. Il souleva la tête de la télépathe et la plaça sur ses genoux avant de repousser les cheveux qui lui collait au visage. Le sang séchait autour du bois planté dans sa peau, et il se força à ne pas regarder.
Ils firent le trajet en silence bien qu'Eric sache qu'Edgington le surveillait. Il prit bien garde à ne pas croiser son regard.
"Heureusement que le centre-ville est désert, les nuits d'hiver," dit l'un des hommes.
Eric eut un petit rire, comme s'il savait à quoi ressemblaient les nuits d'hiver à Jackson. Le front de Sookie était couvert de sueur, mais elle frissonnait, et elle respirait difficilement. Il s'assura que le bas de sa robe lui couvrait les jambes comme elle l'aurait voulu, et que le décolleté de sa robe dissimulait toujours ses seins avec autant de modestie que possible. Ce soir, il lui donnerait son sang - en grande quantité cette fois. Il mettrait plus de lui-même dans ce corps humain fragile et têtu. Pourquoi?
Sookie ouvrit les yeux plusieurs fois pendant le trajet, avant de les refermer quelques secondes plus tard. Bien. Elle ne devrait pas ressentir tout ça.
"Comment elle a su ce qu'il allait faire?" s'interrogea le bavard à voix-haute.
Ça l'inquiétait que l'homme d'Edgington pense que Sookie ait su ce que quelqu'un allait faire, au lieu d'assumer l'évident : qu'elle avait vu le pieu. Savaient-ils qu'ils emmenaient la télépathe de Bill au manoir? Eric mentit rapidement et avec aisance. "Elle l'a vu tirer le pieu de sa veste, m'a-t-elle dit. Elle allait au bar commander un autre verre."
"Une chance pour Betty Joe," répliqua Russell. "Je suppose qu'elle chasse toujours celui qui s'est échappé."
Ils passèrent la sécurité aux portes du manoir et s'arrêtèrent devant la maison. Sookie était consciente, et Eric plaça un des bras de la télépathe autour de son cou lorsqu'il la sortit aussi doucement que possible de la voiture. Elle reposa lourdement sa tête sur son épaule alors qu'il la portait à l'intérieur.
Ils furent entourés par les locataires et les visiteurs du manoir, presque que des hommes, presque tous très jeunes, et presque tous nus. La femme blessée dans ses bras était certainement une curiosité et une tentation, mais Eric sentit la plupart des regards sur lui. Il distribua sourires et clins d'oeil généreusement. Leif n'avait rien à cacher.
"Voici l'un de mes docteurs," dit Edgington en pointant un vieil homme du doigt. "Il ne s'occupera pas vraiment d'elle. J'ai un guérisseur vampire à l'étage pour ça."
Eric hocha la tête. Le guérisseur d'Edgington avait probablement le même don que le sien. Ce n'était pas si rare que ça - comme les humains ultra-flexible.
Le docteur s'approcha de Sookie avec une seringue, et Eric le regarda avec méfiance. "Anti-douleur," lui dit le docteur. Il désinfecta une petite zone de l'avant-bras de Sookie et y enfonça l'aiguille.
Une minute plus tard, Sookie ouvrit les yeux, et Eric la regarda étudier leurs alentours. "De l'eau, de l'eau, partout, et pas une goutte à boire," murmura-t-elle. Il rigola de bon coeur alors qu'elle lui faisait un lent sourire endormi.
Le docteur eut l'air satisfait. "Parfait. La piqûre commence à faire effet." Il se tourna vers Edgington. "Vous avez encore besoin de moi?"
Tout en s'arrangeant avec le docteur, Russell fit signe à Eric de monter à l'étage. Eric fut plus qu'heureux de partir. Si Sookie était droguée, il n'avait aucun moyen de savoir ce qu'elle allait raconter.
"Rhett Butler et Scarlett O'Hara," marmonna-t-elle.
Elle semblait être à nouveau incohérente. Soit ça, ou soit il ne voyait pas le rapport entre Autant en Emporte le Vent et leur situation actuelle. Mais là encore, il était un homme charmant à la poursuite d'une femme têtue qui refusait de répondre - ou même d'accepter - son affection. "Je ne comprends pas," dit-il en suivant les hommes d'Edgington à l'étage.
"Tu n'as pas vu Autant en Emporte le Vent! Il faudra que tu loues le DVD." Elle fronça les sourcils. "Qu'est-ce qui me prend de débiter ce genre de débilités? Pourquoi je ne suis pas morte de trouille?"
Il lui fit un large sourire. "L'homme qui était en bas, et qui se prétend médecin, vient de t'injecter une grosse dose de médicament par intraveineuse. Et je monte te coucher pour que tu puisse te reposer."
Il montait la coucher... ah, c'était ça la référence à Autant en emporte le Vent à laquelle elle pensait. Peut-être qu'elle lui céderait plus tôt que ce à quoi il s'attendait, si elle l'associait à un moment aussi romantique. Il avait été connu pour laisser les femmes souriantes et satisfaites. Il retint un rire.
"Il est ici," dit-elle soudainement.
Il lui lança un regard d'avertissement et espéra qu'elle n'était pas trop droguée pour le comprendre. "Oui. Russell est là. Mais j'ai bien peur qu'Alcide n'ait pas fait un excellent choix, Sookie. Il t'a abandonné pour partir à la poursuite du second agresseur. Il aurait dû rester auprès de toi." Tout comme Bill l'avait abandonné après l'attaque de la Confrérie à Dallas.
"Qu'il aille se faire foutre."
Eric lui sourit à nouveau. "Il aimerait bien, surtout après t'avoir vu danser." Tout comme moi.
"Ce n'était peut-être pas une si bonne idée que ça de me shooter," dit-elle. Ses paupières étaient lourdes.
"Je suis assez d'accord," lui dit-il franchement. Et avec tout autant de franchise, il ajouta, "Mais je suis heureux de ne plus te voir souffrir."
Ils entrèrent dans une grande chambre qu'il lui fit penser à celle de Pam, il y a bien longtemps. Il allongea Sookie sur le magnifique lit à baldaquin et approcha sa bouche de son oreille. "Fais attention."
"-devrait pas être trop horrible," disait Edgington à l'un des témoins morbidement fascinés. "Il peut l'hypnotiser et ça aidera. C'est le lit que nous utilisons généralement pour les blessés vu qu'il est si haut." Le roi fit courir son doigt sur la joue du jeune homme.
"Que va-t-il se passer?" lui demanda Sookie, d'une voix craintive, et il reporta toute son attention sur elle.
Avant qu'il ne puisse répondre, Edgington leur présenta un vampire torse nu et qui portait un pantalon en skaï. "Mademoiselle Stackhouse, je vous présente Ray Don."
"Enchantée," lui dit Sookie, groggie mais toujours aussi polie.
"Ravi de vous connaître," lui répondit Ray Don. "Je ne vous demande pas comment vous allez, vu le gros trou rouge que vous avez au flanc droit."
Sookie lui sourit légèrement. "C'est ce qu'on appelle l'ironie du sort, hein? Que ce soit une humaine qui se soit pris le pieu?"
Ray Don ne semblait pas savoir comment répondre à Sookie, donc il demanda de l'aide à Eric du regard.
"Je vais t'expliquer, Sookie," lui dit-il pour répondre à sa première question. Il parla lentement, comme s'il s'adressait à une enfant. "Tu sais que quand nous avons besoin de sang, nos canines s'allongent et produisent une petite quantité d'anticoagulant?" Elle fit un petit bruit qu'il prit comme un oui. "Et que, quand nous avons terminé, avant de se rétracter, nos dents produisent de l'anticoagulant et un peu de...de..." Il chercha un mot qu'elle pourrait comprendre.
"De ce truc qui vous aide à guérir si vite?"
"Précisément."
"Donc, Ray Don va m'en refiler?"
"Aux dires de ses frères de nid, Ray sécréterait des réserves supplémentaires de cette substance chimique. C'est son don particulier. Tous les vampires ont un talent caché. Donc il va amorcer le processus sur un volontaire et, quand il sera repu, il nettoiera ta blessure et commencera à la soigner."
"Okay. Faites chauffer la colle," dit-elle avec résolution.
Il regarda patiemment Ray Don rouler un patin au volontaire et de le mordre avant de se reculer avec une érection convenable tendant son pantalon et - plus important - une bouche pleine de fluides nécessaires à Sookie.
Maintenant, il devait 'hypnotiser' Sookie pour que personne ne réalise qu'elle était spéciale. Il s'assit à côté d'elle et l'attrapa par les épaules. "Regarde-moi," lui dit-il sévèrement. "Regarde-moi, Sookie." S'ils voulaient être plausibles, elle devrait garder ses yeux sur lui, et elle devrait rester stoïque face à la douleur qu'elle était sur le point de ressentir. Même s'il n'avait pas sentit la peur provenir d'elle par vague, ses yeux lui auraient tout dit. Ne le montre à personne d'autre que moi, la supplia-t-il silencieusement.
Ray Don se pencha vers Sookie et tira doucement sur le pieu, son visage sombre confirmant ce qu'Eric savait déjà, à savoir que le pieu était trop profondément enfoncé. Même ce petit mouvement fit pâlir Sookie encore plus, et il pouvait sentir la panique monter en elle à une vitesse inquiétante.
"Non, Sookie!" Il la fixa avec toute l'intensité qu'il avait, comme s'il pouvait l'hypnotiser par pure volonté. "Regarde-moi!"
Mais elle ne lui obéit pas. Elle regardait son flanc, là où Ray Don était entrain de retirer le pieu. Elle cria, et ce son le déchira jusqu'au point où il eut l'impression d'être la chair à vif de son flanc. Ray Don soignait sa blessure maintenant, et Eric garda ses yeux plongés dans ceux de Sookie alors qu'elle enfonçait ses ongles dans les mains d'Eric jusqu'à ce qu'il saigne. Elle luttait contre la douleur comme si elle refusait de ne pas la ressentir.
"Tu dois lâcher prise," lui dit-il doucement. Il sentit les petites plaies de sa main se refermer alors qu'elle relâchait sa prise. Il lui sourit avec toute l'affection qu'il ressentait pour elle. "Mais non, pas moi. Tu peux t'agripper à moi aussi longtemps qu'il te plaira." A sa plus grande surprise, il sentit une confiance inébranlable provenir d'elle, et ça le laissa abasourdi. "Laisse aller la douleur, Sookie," lui dit-il d'une voix apaisante. "Il faut que tu lâches prise."
Et elle le fit.
"J'ai presque fini," dit Ray Don, en relevant la tête. Il avait la bouche barbouillée de sang. Le doux sang de Sookie gâché sur lui. "Je ne pense pas qu'un de ses organes aient été touché. Dommage qu'elle n'ait pas pu garder ses yeux sur vous. Ça lui aurait épargné de la douleur."
"Oui, quel dommage."
Les autres vampires, dont la plupart avait quitté la pièce pour la partie la plus déplaisante de la procédure, étaient graduellement revenus dans la pièce. Ils se positionnèrent autour du lit, un demi-cercle de faim et de désir. Eric ne retira pas sa main de celle de Sookie.
"On ferait mieux de lui enlever cette robe," suggéra Edgington lorsque Ray Don se releva pour leur faire signe qu'ils avaient fini. "Elle est dégoûtante et couverte de sang."
"Je vais m'occuper d'elle." Eric parla rapidement mais sans montrer trop d'enthousiasme à l'idée de déshabiller la petite amie de son 'bon ami', Alcide. "Est-ce que quelqu'un a des vêtements qui pourraient lui aller?"
"Moi," dit l'un des hommes qui avaient fait le trajet en limousine avec eux.
"Merci. Vous pourriez peut-être les ramener plus tard, ou juste les laisser devant la porte?" Il regarda Edgington. "Je pense qu'elle devrait se reposer maintenant."
"Très bien," dit Edgington, qui n'avait pas arrêté de le regarder avec suspicion. Il lui lança un couteau de poche et Eric l'attrapa d'une main. "Ça vous aidera à couper la robe. Ma contribution." Il fit signe à tout le monde de partir.
Eric les regarda sortir de la pièce jusqu'à ce que le dernier referme la porte derrière lui. Il verrouilla la porte avant de retourner aux côtés de Sookie. C'était vraiment du gâchis de ruiner une si belle robe, pensa-t-il en la coupant. Il coupa les manches pour libérer ses bras et tira lentement sur le tissu. Elle ne réagit pas. Il roula la robe détruite en boule et la jeta au sol.
Et il se trouva devant Sookie, allongée sur un lit en sous-vêtements en dentelle. De l'eau, de l'eau, partout, et pas une goutte à boire, songea-t-il avec ironie. Il passa quelques minutes à l'admirer, ses yeux voyageant sur chaque délectable centimètre de sa peau; ne pas le faire aurait été une insulte à la nature. Elle pouvait lui appartenir maintenant que Bill était mort. Il avait vu la confiance dans ses yeux plus tôt, lorsqu'il avait veillé sur elle, et avant ça, il avait parfois senti l'attirance que Sookie éprouvait pour lui. Mais même si ça lui prendrait un peu plus de temps, elle serait à lui un jour.
Il effleura son pied et fit lentement courir ses doigts le long du mollet de Sookie, jusqu'à son genou, sur sa cuisse pour finir sur sa hanche. Pas assez. Avec impatience, il jeta ses lunettes et l'élastique qui avait retenu ses cheveux dans la tresse compliquée qu'elle avait admiré plus tôt dans la soirée. Il fit glisser sa veste le long de ses épaules, se débarrassa de sa chemise, ôta ses chaussures et ses chaussettes avant d'enlever son pantalon.
Il fit tout ça hâtivement, mais il la rejoignit au lit lentement et prudemment, en essayant de ne pas la réveiller. Remarquant qu'elle avait la chair de poule, il tira les couvertures sur eux, puis passa une de ses jambes au-dessus de celles de Sookie avant de se coller autant que possible à elle. En fermant les yeux, il pressa son nez contre l'épaule de Sookie et inhala. Il sentit surtout son sang, mélangé à une pointe de sueur pas vraiment déplaisante causée par tout ce qu'il lui était arrivé, et en-dessous de tout ça, il y avait une trace du parfum qu'elle avait dû mettre avant de sortir. Il lui embrassa l'épaule avant de toucher rapidement sa peau du bout de la langue. Il traça sa clavicule du bout des doigts, avant de passer entre ses seins dont il dessina les courbes à travers le soutien-gorge en dentelle. Il pressa ensuite la paume de sa main contre l'estomac de Sookie avant d'enrouler complètement son bras autour d'elle.
Il ne réalisa pas qu'il s'était 'mis en veille' jusqu'à ce que Sookie repousse ses couvertures, et il ouvrit les yeux. Sookie regardait sa hanche, là où sa main reposait, à quelques milimètres de la plaie.
"C'est beaucoup mieux," lui assura-t-il.
Elle haleta de surprise avant de le regarder. "Merci, Eric."
Il fit glisser sa paume sur le ventre de Sookie, dessinant des cercles sans même s'en rendre compte. "De quoi?"
"De ne pas m'avoir laissée tomber au club," dit-elle. Sa lèvre trembla. "De m'avoir accompagnée jusqu'ici. De ne pas m'avoir abandonnée avec tous ces gens."
Il se tourna un petit peu pour pouvoir la regarder droit dans les yeux. Les lèvres de Sookie n'étaient qu'à quelques millimètres des siennes. Quand il se rappela de leurs baisers à l'orgie, il lui fallut toutes ses forces pour s'empêcher de se pencher. "Et jusqu'où va ta reconnaissance?"
Lorsqu'elle répondit, sa voix était douce et détendue, bien qu'il pouvait entendre son coeur battre la chamade. "Ça gâche tout, quand tu sors des trucs comme ça. Tu ne voudrais tout de même pas que je couche avec toi juste parce que je te dois une fière chandelle."
Mais ça ne serait pas la seule raison, elle se voilait la face si c'était ce qu'elle croyait. Elle le découvrirait bien assez tôt. "Je me moque de la raison pour laquelle tu couches avec moi," murmura-t-il en baissant sa bouche vers celle de la télépathe, "du moment que tu le fais."
Non, ce n'était pas la gratitude qui la poussa à répondre à son baiser de la manière dont elle le fit, ou glisser ses mains sur les épaules d'Eric alors qu'il se plaçait au-dessus d'elle, ou de gémir doucement sous lui. Elle l'aimait bien, et à cet instant, elle le désirait. Il caressa ses seins à travers le doux tissus de son soutien-gorge, et ses crocs sortirent lorsqu'elle se pressa contre ses mains. Les mains d'Eric voulaient toucher chaque centimètre de son corps, et il les laissa faire. Les mains de Sookie étaient tout aussi occupées que les siennes alors qu'elles exploraient son torse et son dos. Sookie glissa une de ses jambes le long de sa hanche. Il fut content de s'être mis en caleçon, parce qu'un pantalon n'aurait vraiment pas été confortable à cet instant. Il l'embrassa sans retenir la passion et le faim qu'il ressentait pour elle.
Il remarqua qu'elle grimaça légèrement lorsque les doigts d'Eric effleurèrent ses flancs en voyageant vers ses hanches. Il ne l'aurait pas ce soir, pas dans son état affaiblit. Mais il s'assurerait de lui donner quelque chose dont elle pourra se rappeler...quelque chose qui lui fera attendre la nuit où ils coucheront finalement ensemble avec impatience. La plupart de son poids était toujours posé à côté d'elle sur le lit, donc il s'appuya sur un coude avant de faire glisser une de ses mains entre eux deux. Le petit bout de tissus entre les cuisses de Sookie était chaud et humide, et il passa un doigt en-dessous pour le glisser dans sa douceur. Ils ne rompirent pas leur baiser, mais elle gémit d'approbation lorsqu'il découvrit son point le plus sensible et qu'il le caressa en rythme avec le mouvement de leurs langues. Tirer ce plaisir d'elle était une expérience presque aussi puissante que de le ressentir lui-même. Presque. Quand il lui donnerait son sang, ce serait encore meilleur.
Le bruit de la fenêtre qui s'ouvrit fut comme une douche froide. L'apparition de Bubba qui trébucha du rebords de la fenêtre dans leur chambre fut encore pire. Putain putain putain putain PUTAIN.
"Mam'zelle Sookie! M'sieur Eric!" s'exclama-t-il joyeusement. "Je vous ai retrouvé!"
Eric sépara ses lèvres de celles de Sookie et ravala sa colère et sa déception intense. Mais sa voix fut tout de même sèche. "Oh! Bravo, Bubba!"
La main de Sookie se referma sur son poignet et guida sa main sur son ventre. Il pouvait sentir les fluides de Sookie sur ses doigts, et ça le frustra encore plus.
"Bubba! Ça fait longtemps que t'es là?" lui demanda Sookie d'une voix tremblante. "A Jackson, je veux dire?" Tout son corps était rougis de désir, et des petites gouttes de sueurs recouvraient son front. Putain.
"M'sieur Eric m'avait dit d'pas vous lâcher d'une semelle." Bubba s'assit sur la chaise en face du lit et ne sembla pas pressé de repartir. "Vous avez été gravement blessée dans cette boîte de nuit, mam'zelle Sookie?"
"Ça va beaucoup mieux maintenant."
"Désolé d'pas avoir pu faire mon boulot, mam'zelle Sookie," lui dit tristement Bubba, "mais ce maudit lutin qui gardait la porte a pas voulu me laisser entrer. Vous allez pas m'croire, mais y semblait même pas savoir qui j'étais. Mais quand j'vous ai vue sortir dans les bras de m'sieur Eric, j'vous ai aussitôt suivie."
Sookie lui sourit, quelque chose qu'Eric ne pouvait même pas trouver la volonté de faire. "Rudement futé, Bubba. Merci."
"Dites, mam'zelle Sookie, qu'est-ce que vous faites au lit avec m'sieur Éric si c'est Bill vot'petit copain?"
Eh bien, cet interlude est désormais ruiné d'une manière ou d'une autre.
"Très bonne question, Bubba," répondit Sookie en essayant - sans succès - de se redresser en position assise.
"Jävla idiot," jura-t-il dans un souffle. "Je vais devoir lui donner de mon sang, Bubba. Mais avant, je vais t'expliquer ce que je voudrais que tu fasses pour moi."
"Okay."
"Puisque tu as réussi à franchir le mur d'enceinte et à entrer dans la maison sans te faire prendre, je vais te demander de fouiller les lieux. Nous pensons que Bill est quelque part dans cette maison. Les vampires d'ici le gardent prisonnier." S'il est encore vivant, ce dont je doute. "N'essaie pas de le délivrer, tu m'entends ? C'est un ordre. Dès que tu l'as trouvé, reviens me le dire. S'ils te voient, ne cherche pas à fuir. Contente-toi de tenir ta langue. Ne leur dis rien. Pas un mot. Ni sur moi, ni sur Sookie, ni sur Bill. Rien de plus que: "Bonjour, je m'appelle Bubba."
Bubba hocha la tête en entendant ces instructions et répéta, "Bonjour, je m'appelle Bubba.
"C'est bien."
"Bonjour, je m'appelle Bubba," dit-il à nouveau.
"Parfait," répondit Eric avec impatience. "Bon, maintenant, file! Et surtout sois discret. Fais-toi invisible." C'était comme de parler à un enfant. Un enfant stupide en plus. Mais Bubba était loyal et doué pour suivre les ordres.
"Bien, m'sieur Eric. Mais après, faudre que j'trouve à manger. J'ai vachement les crocs."
"D'accord, Bubba. Et maintenant, va chercher Bill." Ce fut beaucoup plus facile pour lui d'éprouver de la gentillesse pour ce grand crétin une fois qu'il les laissa seuls. Il s'éclaircit les idées, ce qui fut difficile à faire alors que flottait dans l'air une odeurs entêtante de sang et de sexe - le sang de Sookie et le... Pas maintenant. "Sookie, je sais que tu n'as pas envie de boire mon sang. Mais il faut regarder les choses en face: le soleil ne va pas tarder à se lever. Je ne sais pas si tu seras autorisée à passer la journée ici. Quant à moi, je vais devoir me trouver un abri, ici ou ailleurs. Je veux que tu sois assez forte pour être à même de te défendre toute seule. Ou, du moins, assez vive pour pouvoir réagir rapidement, en cas de problème."
Elle y réfléchit avant de hocher la tête. "Je sais que Bill est ici. Et peu importe ce qu'on a failli faire - merci, Bubba! -" Comment peux-tu arquer ton corps contre mes mains un instant et me gifler la seconde suivante? "Je dois le retrouver. Et je ne vois pas de meilleur moment pour le faire sortir que pendant la journée, quand tous les vampires seront endormis. Est-ce qu'il pourra se déplacer, en plein jour ?
"S'il se sait en grand danger, il sera peut-être capable de mettre un pied devant l'autre, mais il tiendra à peine sur ses jambes..." S'il est encore en vie. "Tu vas être quasiment obligée de le porter. Raison de plus pour que je te donne de mon sang. Et puis, tu devras le cacher, le recouvrir entièrement. Tiens! Tu prendras cette couverture. Elle est grande et épaisse, elle fera parfaitement l'affaire. Comment comptes-tu le faire sortir d'ici?"
Elle semblait de plus en plus sûre d'elle et de son plan à chaque minute qui passait. "C'est là que tu interviens : il me faut une voiture - une voiture avec un très grand coffre, genre Lincoln ou Caddy. Et tu devras te débrouiller pour me faire passer les clés. Pour ce qui est de te trouver un abri pour la journée, tu as intérêt à aller dormir ailleurs. Il vaut mieux que tu ne sois plus là quand les vampires de la maison se réveilleront et découvriront que leur prisonnier s'est fait la malle!"
Il l'écouta parler, impressionné par sa capacité à réfléchir aussi clairement à un tel moment. Se pourrait-il que les sentiments de Sookie soient désormais détachés de Bill, ou n'était-ce qu'un voeu pieux de sa part? "Où compte-tu l'emmener, Sookie?"
"Dans un endroit souterrain." Elle y réfléchit pendant un moment. "Peut-être dans le parking de l'immeuble d'Alcide! Ce sera toujours mieux que de rester à découvert."
Il ne restait plus qu'une seule chose à faire, alors. Il se redressa et s'appuya contre la tête de lit en bois avant d'écarter les jambes pour qu'elle puisse s'allonger contre lui. Apparemment, elle vit plus que ce qu'elle voulait; ses joues s'enflammèrent et elle ferma les yeux. Il ne put pas s'empêcher de rire de sa réaction choquée après ce qu'ils avaient partagé à peine quelques minutes plus tôt.
"Assieds-toi en me tournant le dos et cale-toi contre moi, Sookie," lui dit-il. "La position sera plus confortable pour toi." Il l'aida à bouger en enroula ses deux bras autour d'elle. Puis il porta son poignet droit à ses lèvres et se mordit de toutes ses forces. Il offrit ensuite son poignet à Sookie et posa sa tête contre le bois. "Ça te guérira de tout." Sauf de tes doutes sur moi.
Mais il ne s'attendait pas à la réaction qu'il eut lorsqu'elle but son sang. Ce n'était pas comme de sucer une balle hors d'une plaie. C'était Sookie qui se nourrissait de son sang, qui tenait son poignet contre sa bouche, et qui buvait librement. Personne n'avait jamais fait ça à moins qu'il n'ait l'intention de les transformer en vampires. Le petit lien de sang qu'ils avaient partagé était désormais renforcé. Ça, aussi, nourrit son plaisir. Il ne put pas s'empêcher de gémir et de se frotter contre elle; son corps voulait prendre son pied. L'odeur de sexe flottait toujours autour d'elle, et la pression du corps de Sookie contre le sien alors qu'elle se nourrissait de lui fut trop. Bien que Sookie resta immobile, il sentit son excitation, et ça ne fit qu'augmenter la sienne à travers leur lien renforcé. Que ce soit intentionnellement ou non, elle commença à sucer son sang en rythme avec les mouvements de reins d'Eric. Elle aimait ça.
Finalement, il ne put plus se retenir. Il se pressa une dernière fois contre elle et grogna lorsque son orgasme le submergea. Une partie du liquide traversa son caleçon et atterrit sur le bas du dos de Sookie, mais au lieu de s'éloigner de lui, elle aspira de toutes ses forces sur son poignet. Elle le voulait, réalisa-t-il avec un autre grognement, et il fit courir ses lèvres dans son cou.
Mais non, elle semblait toujours tenacement décidée à lui résister. Elle repoussa son poignet de sa bouche et lui dit d'une voix haletante, "Ne me mords pas!"
Il laissa ses crocs effleurer la peau satinée de son épaule et il était sur le point de glisser une de ses mains entre les cuisses de Sookie pour lui donner le plaisir qui avait été interrompu plus tôt, mais elle bondit loin de lui à vitesse presque vampirique. Bordel, elle venait de boire son sang. Ça pouvait très bien être à vitesse vampirique.
Avant qu'il ne puisse l'en empêcher, elle ouvrit la porte de la chambre en grand et se retrouva nez à nez avec le vampire qui avait promit de lui rapporter des vêtements. Il arqua un sourcil tout en faisant courir ses yeux sur le corps presque nu de Sookie avec appréciation. "Eh bien! Regardez-moi ça!"
Se rappelant sagement qu'elle devait jouer la comédie, Sookie feignit un accès de faiblesse. Eric en fut ravi. "Vous vouliez me parler?" demanda-t-elle.
"Oui," répondit l'autre vampire. "Etant donné que nous avons été obligé de découper votre jolie robe, Russell m'a demandé de vous trouver une tenue de rechange. J'avais ça dans mon armoire, et comme nous sommes à peu près de la même taille..."
"Euh, merci beaucoup. C'est très aimable à vous."
"Vous avez l'air beaucoup mieux," dit-il en l'étudiant du regard.
"Je ne suis pas encore très solide...Je me suis levée parce que je voulais aller me laver."
Mais le vampire ne l'écoutait plus. Ses yeux avaient trouvé Eric et ils étaient emplis de désir. "Si vous ne savez pas où dormir, Leif, vous pouvez partager mon cercueil, si vous voulez."
"J'ai une course à faire pour Sookie. Je ne sais pas si je serai de retour avant le si c'est le cas..." Il emplit sa voix de promesse et laissa la luxure envahir chacun de ses mots. "Vous pouvez compter sur moi."
Le jeune vampire jeta un coup à Sookie, qui avait enfilé un peignoir en satin qu'il venait de lui apporter. "Miam," dit-il, et Eric ne sut pas si le compliment lui été adressé à lui ou à Sookie. Mais vu comme le peignoir collait au corps de Sookie, il supposait que c'était pour elle.
"Merci encore," dit Sookie en faisant un signe de la main vers le peignoir et les vêtements qu'il lui avait donné. "Pourriez-vous m'indiquer où se trouve la sale de bain la plus proche?" Le vampire pointa le bout du couloir du doigt, et Sookie s'excusa rapidement.
"Quel délice," dit le vampire avec un large sourire. "On dirait que vous l'avez eu. Ça se sent aussi."
Dans n'importe quelle autre situation, le bâtard aurait déjà été mort. Mais pour cette fois, Eric lui sourit paresseusement. "Je ne pourrais pas faire ça avec la petite copine de mon ami. De plus, je voulais garder mon énergie pour quelqu'un de plus à mon goût." Il se lécha les lèvres.
"Bernard," balbutia le vampire. "Demandez Bernard."
Eric envoya autant de désir que possible dans une oeillade langoureuse. "Croyez-moi, je le ferais."
Quand il fut enfin seul, Eric se lança à la recherche des vêtements qu'il avait négligemment jeté quelques heures plus tôt. En moins de cinq minute, il fut à nouveau Leif de pied-en-cap, avec les lunettes et les cheveux plaqués en arrière. Pas le temps de refaire sa tresse, cependant. Son caleçon était inconfortablement humide, mais il ne pouvait rien y faire.
Il y eut un coup contre le carreau, suivi par le retour peu gracieux de Bubba. "J'ai inspecté tout le secteur, M'sieur Eric," dit-il fièrement.
"Très bien, Bubba. Est-ce que..."
Avant qu'il ne puisse finir sa question, Sookie revint. Son odeur était fraîche et délicieuse après sa douche, et ce peignoir était vraiment très attirant sur elle. Le sang d'Eric l'affectait déjà, à en juger par le léger éclat de sa peau.
"Bubba a inspecté tout le secteur, Sookie," dit-il avec un léger sourire.
"J'l'ai trouvé, mam'zelle Sookie. J'ai trouvé Bill!" s'exclama Bubba. "Il est pas en très bon état. Mais il est vivant."
Eric la regarda se laisser tomber sur la chaise qui se trouvait juste derrière elle, la mâchoire légèrement pendante. Il essaya de lire son expression, mais elle était impassible. Il se sentait lui même impassible. D'un côté, c'était un véritable soulagement. Pas besoin de supplier le pardon peu probable de Sophie-Anne. Mais d'un autre, Bill serait de retour dans la vie de Sookie. Sous quelle forme, il ne le savait pas, mais elle pardonnerait probablement à son amant, surtout que sa désertion n'était pas de sa faute. Dans tous les cas, il avait l'impression qu'il l'avait perdu pour le moment.
"Où est-il?" demanda-t-elle après un silence qui sembla interminable.
Bubba bougea les mains avec enthousiasme alors qu'il leur disait l'endroit où se trouvait Bill. "Y'a un gros bâtiment, là, derrière, comme un grand garage mais avec des apparts au-dessus et une pièce sur le côté."
"Est-ce qu'il y a d'autres bâtiments avec lesquels je pourrais le confondre ? Je ne risque pas de me tromper ?"
Alors que Bubba leur décrivait les bâtiments autour, Eric prit quelques secondes pour se reprendre. C'était pour ça qu'ils étaient venus. Il était avant tout un Sheriff, et pas un amoureux transi. Il y avait un travail à faire, bordel, et il s'assurerait qu'il soit fait!
"Dans quelle partie du garage Bill est-il enfermé?" demanda-t-il à Bubba.
"La pièce à droite. Ce s'rait une ancienne écurie qu'ça m'étonnerait pas. C'te pièce, c'est là qu'on d'vait mettre les selles et tout ça. C'est pas bien grand."
Eric hocha la tête avec satisfaction. "Combien sont-ils à l'intérieur, en dehors de Bill?"
"Y'en a trois, m'sieur Eric. Deux hommes et une femme. Des vampires, les trois. C'est elle qu'a le couteau."
Et elle était sans doute Lorena.
"Le couteau," murmura Sookie.
"Ouais, mam'zelle," répondit sombrement Bubba. "Et elle l'a pas raté."
Sookie garda la tête haute et sembla se forcer à garder confiance. "Et il a tenu tout ce temps!"
Eric hocha la tête. "Oui. Sookie, je vais aller te chercher une voiture. J'essaierai de la garer près de l'ancienne écurie." Il savait déjà où il trouverait une voiture, un ancien résident de la Cinquième Zone - un sujet loyal - vivait désormais à Jackson et il avait toute une collection de voitures. Encore mieux, il devait plusieurs faveurs à Eric.
"Ils ne vont pas t'arrêter quand tu reviendras?" lui demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
"Pas si j'emmène Bernard."
"Bernard?"
Il sourit malgré lui. "Le petit brun."
"Tu veux dire..." Puis la compréhension se dessina sur ses traits et elle eut l'air un peu embarrassée. "Oh, si tu prends Bouclette avec toi, ils te laisseront revenir parce qu'il vit ici?"
"Oui. Mais je serais sans doute obligé de rester ici. Avec lui." Il se demanda comment elle réagirait à ça.
"Tu ne pourrais pas...euh...te défiler?"
"Peut-être, peut-être pas," dit-il en haussant les épaules. "Je n'ai aucune envie de me faire prendre ici au saut du lit, quand ils découvriront que Bill s'est échappé, et toi avec."
Bubba avait silencieusement écouté leur échange mais maintenant il reprit la parole. "Y vont poster des loups-garous pour le garder, dans la journée, mam'zelle Sookie. Les loups-garous qu'y'z'ont lancés après vous, mam'zelle Sookie. Y vont surveiller Bill pendant qu'les vampires dormiront."
Merde.
"Oui, mais ce soir, c'est la pleine lune," remarqua Sookie. "Ils seront sur les rotules lorsqu'il sera l'heure de reprendre leur service. S'ils se présentent seulement à leur poste."
Elle ne manquait jamais de l'impressionner. "Tu as raison," approuva-t-il. "On n'aura pas de meilleure occasion pour agir."
"Peut-être que je pourrais faire semblant d'être encore très faible. Comme ça, je pourrais rester ici un jour de plus, et ça donnerait le temps à quelqu'un de Shreveport de venir m'aider."
"J'appellerais Shreveport dès que j'aurais la voiture. Je veux m'assurer d'être assez loin du manoir d'abord, juste au cas où. Mais tu sais, peut-être qu'Alcide pourrait t'aider demain matin."
Sookie y réfléchit pendant un moment avant de secouer la tête. "Je ne pense pas qu'on puisse faire ça, Eric. Il en a déjà tellement fait, et il doit travailler avec ces personnes. Ça le mettrait en danger."
"C'est vrai," reconnu Eric à contre-coeur. "Assez parlé. Le soleil va bientôt se lever et on a beaucoup à faire. Je vais aller chercher Bernard et le convaincre de venir avec moi. Bubba, tu dois partir d'ici et te trouver un endroit où dormir. Aussi loin que possible d'ici, compris?" Bubba hocha la tête. "Tu as de la chance que ça ait été la pleine lune ce soir. C'est probablement la seule raison pour laquelle tu es toujours en vie. Sookie, tu vas continuer à faire semblant d'être faible et impuissante jusqu'à ce que les vampires aillent se coucher. Puis... d'une manière ou d'une autre, tu vas sauver Bill et le dissimuler dans le coffre de la voiture que je t'aurais trouvé. Personne ne te suspectera, et personne ne sait qui tu es, donc ça ne devrait leur poser aucune problème que tu t'en ailles." Il s'interrompit, sourit et secoua la tête. "C'est le plus mauvais plan qui m'ait jamais été proposé."
Sookie répondit à son demi-sourire par le sien. "C'est bien possible, mais c'est le seul qu'on ait."
"Z'allez assurer comme un chef, mam'zelle Sookie." Bubba avait l'avantage de toutes les personnes stupides, à savoir qu'il n'avait pas vraiment conscience de la situation dans laquelle il se trouvait.
"Merci, Bubba," lui dit Sookie. Elle avait l'air bien trop sûre d'elle pour son propre bien... et bien sûr, elle l'était.
"Sookie," ajouta Eric, "mon sang va te donner l'impression d'être de plus en plus forte. Ne t'emballe pas trop. C'est souvent le problème avec les gens qui prennent du sang de vampire: ils se sentent si forts qu'ils se lancent dans les entreprises les plus folles. Mais, parfois, ils ne sont pas à la hauteur. Ils finissent par se faire tuer. Tu as entendu ces histoires. Et mon sang est puissant."
Ils furent interrompus par un coup frappé à la porte, et il ne fallut qu'une fraction de seconde à Bubba pour disparaître par la fenêtre. Sookie se jeta dans le lit et prit un air malade, pendant qu'Eric s'asseyait à côté d'elle comme pour la veiller. "Entrez," dit-il doucement.
Le vampire qu'il séduisait entra dans la pièce. "Comment va-t-elle?" demanda Bernard. "Elle semble avoir retrouvé des couleurs."
Elle n'avait pas seulement reprit des couleurs. Elle rayonnait. Bernard ne semblait pas très observateur. "Elle souffre toujours," lui dit Eric de sa voix la plus compatissante, "mais sa guérison est en bonne voix, grâce à la générosité de votre roi."
"Il sera heureux de l'apprendre, mais...euh...eh bien, il le serait encore plus si elle pouvait rentrer par ses propres moyens demain matin. Il est certain que, d'ici là, son petit ami aura regagné son appartements, après avoir profité de la pleine lune de cette nuit." Bernard avait l'air de s'inquiéter réellement pour elle, mais c'était plus parce qu'il ne voulait pas ruiner ses chances avec Eric qu'autre chose. "J'espère que ça ne vous paraît pas trop brutal?"
"Non, je comprends son inquiétude." Il fit un large sourire à Bernard. "Je vais lui procurer une voiture et la garer à l'arrière de la maison, afin qu'elle puisse repartir par ses propres moyens dès demain. Pourriez-vous vous assurer qu'on ne lui barrera pas la sortie - j'imagine qu'elle est gardé durant la journée?" Il s'interrompit et Bernard hocha la tête. "Je crois que, de la sorte, je n'aurai pas failli à mes devoirs envers mon ami Alcide."
"Tout cela me paraît très bien." Bernard regarda Sookie et sourit. "Je laisserai un message au gardien en partant, afin que votre amie ne soit pas importunée à la porte. Cela ne vous dérange pas si on prend ma voiture?" Parfait. Le jeune vampire était prêt à l'accompagner sans même qu'il ait besoin de lui le demander. "Ce n'est qu'une vieille guimbarde, mais elle nous emmènera bien jusqu'à... Où vouliez-vous aller, déjà?"
"Chez un de mes amis. Je vous indiquerai le chemin en route. Ce n'est pas très loin. Cet ami connaît quelqu'un qui me louera un véhicule pour un jour ou deux sans poser de question." Complètement faux, mais Bernard n'avait aucune raison de douter de sa parole.
Eric fit un signe de la main vers Sookie, qui avait fermé les yeux, et Bernard hocha la tête et recula prudemment. Son sang sembla chanter dans ses veines lorsqu'il s'approcha d'elle, et il se demanda si leur lien était déjà assez fort pour qu'elle le ressente. Il lui embrassa la joue.
"Sookie, tu m'entends?" Elle hocha légèrement la tête. "Bon. Ecoute, je vais aller te chercher une voiture. Je laisserai les clés sur ta table de chevet en rentrant. Demain matin, tu vas devoir retourner chez Alcide. Tu as compris?"
Elle hocha à nouveau la tête. "Au revoir. Et merci pour tout," murmura-t-elle.
"Tout le plaisir était pour moi." En tout cas, une partie de toute cette affaire avait été plaisante.
Hank Danos vivait à Pearl, dans la banlieue de Jackson, ce qui donna plus de temps à Eric qu'il ne voulait en passer avec Bernard. Le jeune vampire était ennuyeux et insipide, mais il était facile pour Eric de flirter avec lui et ça ne coûtait rien, donc il fit ce qu'il avait à faire avec son aplomb habituel. Bernard n'eut jamais le moindre doute sur lui. Il parla à Hank seul, pour éviter que Bernard n'entende son ancien sujet l'appeler 'Eric' ou 'Sheriff'. La voiture fut trouvée en moins de dix minutes, et il fut ravi de pouvoir faire le trajet de retour seul.
Il gara la Lincoln blanche aussi près que possible de l'immeuble décrit par Bubba, puis il suivit Bernard dans la maison. Il était temps de donner un remerciement à son complice involontaire. Avant qu'ils ouvrent la porte, il poussa Bernard contre l'une des hautes colonnes de marbre blanc et l'embrassa de toutes ses forces. Il avait déjà embrassé des hommes auparavant, et il était doué. Lorsqu'ils stoppèrent le baiser, Bernard était dur dans sa main, et Eric était pratiquement certain qu'il avait un suçon.
"Ma chambre," dit âprement Bernard.
"Je vais juste aller dire bonne nuit à Sookie et m'assurer qu'elle va bien." Eric lui lança une oeillade langoureuse. "Et ensuite, je suis tout à toi."
Il laissa Bernard lui montrer où se trouvait sa chambre, avant de retourner à la chambre de Sookie qui était sombre et silencieuse. Il posa les clés de la Lincoln sur la table de chevet, et Sookie poussa un petit halètement de surprise. Une ouïe et des réflexes sur-développés, grâce à son sang.
"Je suis revenu," Il parla d'une voix basse parce que la plupart des vampires dormaient probablement déjà. "J'ai trouvé une Lincoln blanche. Elle t'attend en bas, près du garage. Malheureusement, il n'y avait pas de place à l'intérieur. Je n'ai pas pu m'approcher davantage pour vérifier les informations de Bubba." Elle n'avait pas ouvert les yeux, mais il savait qu'elle était réveillée. "Tu m'entends ?" Elle se contenta de hocher la tête. "Bonne chance!" Il resta là, silencieux, à attendre la moindre réaction de sa part, mais elle semblait étrangement détachée. "Si je parviens à me libérer, je te retrouverai dans le parking, chez Alcide, à la tombée de la nuit. Si tu n'es pas là, je repartirai directement pour Shreveport." Ses yeux s'ouvrirent finalement, et elle le regarda. Le retour de Bill - s'ils réussissaient à le sauver - entraînerait une autre question, et ils le savaient tous les deux. "On aura une petite conversation plus tard."
"Merci pour la voiture." Elle sembla sur le point d'ajouter quelque chose d'autres, mais elle se ravisa.
Pourquoi ce qu'elle disait ou ce qu'elle ne disait pas l'importait autant?
"Je n'aime pas éprouver des sentiments." Il parla plus pour lui même que pour elle, alors qu'il faisait volte-face et la laissait seule dans le noir. C'était vraiment une nuit pleine de déceptions, au moins, il recevait enfin une satisfaction: l'aube était trop proche pour que Bernard s'attende à une baise.
Prochain chapitre : Fuite
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