AN : Merci Marina pour toutes tes reviews ! Je suis contente que tu ais aimé le chapitre 8 vu le temps qu'il m'a fallut pour trouver quelque chose qui tienne la route. Je m'étais demandée quelle forme aurait le nouveau monde... Résultat, j'avais imprimé les cartes de Sylvarant et Tethe'alla, et puis je les avait superposé selon les deux pôles pour voir comment ça faisait. Ce qui m'a donné la description du nouvel agencement du monde... Et puis je me suis soudain rendue compte que j'avais confondu la tour du Salut et la tour du Mana sur Sylvarant et que tout ce que j'avais fait était donc... faux.
Voilà donc le nouveau chapitre ! J'espère que tu l'aimeras autant !
While we thinks we witness
We are part of the scene
Et voilà, son rôle allait se terminer. Une nuit, encore, et au petit matin... Il les trahirait. Kratos se leva, incapable de se reposer plus longtemps. Vérifiant que tout le monde ne lui prêtait aucune attention, il sortit de l'auberge et s'approcha de Noïshe.
«Je vais devoir te laisser encore, vieux camarade.»
Noïshe gémit doucement.
«Je suis désolé, mais quand je ne serai plus là... tu devras le protéger à ma place.»
L'animal hocha la tête, scellant sa promesse. Pendant un instant, une vague de souvenirs assaillit Kratos, le coupant du reste du monde. Sa jeunesse, sa brève vie de soldat, Mithos, sa rencontre avec Anna... Un avertissement le fit revenir au présent. Il se retourna, dégaina et stoppa l'assassin. Il ne put guère le voir, il avait déjà disparut. Lloyd courut vers lui.
«Tout va bien ?
-Oui.»
Et une petite voix lui sussura que c'était la dernière fois qu'il entendrait Lloyd s'inquiéter ainsi pour lui. Il la combattit, elle se réfugia dans un coin de son esprit. Apparemment son moment d'absence était passé inaperçu, car Lloyd continuait de babiller sur l'assassin. Il l'écoutait sans entendre ses paroles et songea fugitivement à tout lui dire, tout lui révéler... Mais cela lui était interdit. Après tout, il méritait bien ça, lui, le meurtrier d'Anna.
Kratos s'obligea de sortir de ses pensées et remercia l'épéiste, puisque le jeune garçon venait de sauver sa vie par une ironie amère. Demain, ne le regretterait-il pas ? Incapable de soutenir la vision de Lloyd encore plein d'espoir, il songea à rentrer à l'auberge. Mais les mots lui échappèrent quand même.
«Ne meurs pas, Lloyd»
Le jeune garçon le regarda sans comprendre et Kratos ne dit rien de plus – il venait de faire encore une fois une erreur. De retour dans la solitude de sa chambre, il secoua rageusement la tête. Ses sentiments devaient rester sous contrôle ! Il se l'était promis, promis de ne faire que son travail de mercenaire, de ne pas s'attacher avec eux. Même si Lloyd était... son fils.
Mais le temps passant – cela faisait bien trois mois qu'ils voyageaient ensemble – il s'était attaché à eux. Peut-être parce que Lloyd lui rappelait Mithos parfois... Peut-être parce qu'il aspirait à retrouver l'atmosphère qui régnait quand il venait à peine de connaître Yuan, Martel et Mithos... Peut-être parce qu'il était destiné à expier ses pêchers de la manière la plus douloureuse qu'il soit avant d'avoir le droit de mourir. Cette idée n'était pas si bizarre, après tout. Il avait contribué à faire un monde tordu, avait obtenu la vie éternelle, et quand il avait voulu quitter cette existence, il s'était retrouvé à tuer la femme qu'il aimait ! Si les dieux existaient vraiment, nul doute qu'ils avaient des raisons de le maudire...
Et voilà qu'il était repartit dans ses pensées noires ! Il s'était promis de ne pas penser ainsi – pas ce soir. Il ne devait pas se compliquer la tâche. Les regrets seraient pour plus tard. Plus rien n'avait d'importance, après tout. Plus rien ne devait avoir d'importance pour lui.
Colette vint le chercher au petit matin. Elle avait frappé doucement à la porte et se tenait dans l'embrasure, le regardant avec ses yeux pleins de résolution –et de peur aussi.
«Tu es sûre de toi ?, vérifia-t-il une dernière fois»
Elle hocha la tête, résolument.
«Alors allons-y.»
Sans un mot de plus, ils se dirigèrent vers le sommet où les attendait le marchand. Il sembla un instant soupçonneux de les voir seuls, mais Kratos l'informa que les autres arriverait plus tard – en ajoutant quelques flouz 'pour qu'il attende'...
Rentrer à l'intérieur fut un jeu d'enfant et il n'y avait aucun monstre jusqu'au dernier sceau. Là, le gardien se dressa, mais Kratos n'eut aucune véritable difficulté pour le vaincre, même s'il ne s'était pas transformé en ange devant Colette.
Et l'élue s'agenouilla pour prier la déesse Martel. Et il entendit le téléporteur se mettre en marche. Les autres s'étaient dépêchés. Il se cacha, peu enclin à se montrer tout de suite.
Il entendit Rémiel révéler les buts du Cruxis et en fut irrité. Ne pouvait-il pas se contenter de les laisser avec leurs croyance ? Cela serait tellement plus facile pour eux pour se séparer de Colette ! Mais cette colère tint peu de temps tandis qu'il retrouvait la placidité habituelle qu'il affichait en tant que membre du Cruxis, depuis ces quatre cents dernière années.
Le moment des adieux vint, et une fois de plus, il admira la force de l'élue pour garder le sourire.
Et tout fut fini. Enfin, ce fut ce que Kratos crut, mais le destin décida de jouer encore contre lui. Il observa le combat de Lloyd contre l'ange, la défaite de Rémiel. Et il sut qu'il ne pouvait plus reculer. Kratos se montra, gardant une façade aussi froide que possible. Il suivit l'enchaînement normal des événements, finit par dégainer son épée et se battre contre l'équipe. Il retenait juste assez ses coups pour ne tuer personne mais il apparut qu'il avait fait encore une erreur de calcul, car il vit le moment où Lloyd et les autres allaient le déborder.
Ce fut le moment où Yggdrasill choisit de se montrer. Mithos ne retint pas son mépris dont il abreuvait le monde qui l'entourait – autant pour lui que pour les autres. Ce faisant, le chef du Cruxis s'assurait en fait encore une fois de sa loyauté. Mais Lloyd fut encore une fois Lloyd et engagea le combat avec Mithos. Il grimaça en voyant que l'ange ne montrait aucune pitié, vit venir l'affreux moment où il devrait assister – ou peut-être apporter, au vu du l'humeur d'Yggdrasill – à la mort de...
Mais quelque part, quelqu'un dut avoir pitié de lui, car Botta apparut au même moment et ses hommes emportèrent les cinq corps inconscients. Remerciant la chance qui venait de tourner de camp, il n'écouta guère le discours de Mithos, dont il connaissait déjà les paroles. Et il s'attarda sur le lieu où il venait de jouer sa dernière scène, s'autorisant un dernière pensée, toujours la même.
«Ne meurs pas, Lloyd...»
