- … Et voilà, efficacité garantie! Conclut George devant un Harry ébahi par tant d'inventivité.

- Et pour couronner le tout, Ron nous sera redevable à tout jamais! En plus d'avoir accès à toutes les informations que nous voulons, on aura un moyen de faire chanter Ron pendant toute notre vie, car évidemment, il ne faudra jamais qu' Hermione l'apprenne! commenta Fred.

Harry ne put tout simplement rien dire pendant quelques secondes, mais finit quand même par réagir.

- Ouaouh! Euh... parfait! Bien joué, les gars! Vous avez une imagination débordante. Je mets Ginny au courant, et on se rassemble dès qu'on peut pour mettre notre plan à exécution, ça vous va ?

- Bien sûr, alors à plus Harry!

- Bonne soirée! Et fais-nous signe rapidement!

Sur ce, les jumeaux disparurent dans la foule de la Grande Salle aussi vite qu'ils étaient apparus.


A peine les jumeaux avaient-ils disparu qu' Harry vit Cho s'approcher. Il se sentit soudain très mal à l'aise, et se mit à chercher frénétiquement dans sa tête un moyen efficace de disparaître. Il ne savait pas vraiment ce qu'il allait lui dire. Ou plutôt, il savait ce qu'il voulait lui dire, mais il ne savait pas trop comment le faire... En effet, leur rendez-vous de midi n'avait pas été particulièrement réussi. En fait, il s'était même terriblement mal déroulé! Comme après la dernière réunion de l'AD, Cho ne s'était arrêtée de pleurer que pour lui parler de Cédric, lui expliquer combien il lui manquait, à quel point ils s'entendaient bien tous les deux... Harry avait trouvé ça très bizarre. Presque même effrayant. Et il ne se voyait pas vraiment écouter Cho lui parler de Cédric à chaque fois qu'ils passaient du temps ensemble. En fait, même si cela changeait, il sentirait toujours l'ombre du jeune homme parti trop tôt sur leur couple. Il aurait certainement toujours l'impression d'être observé, de ne jamais vraiment être seul avec Cho. C'était assez gênant. Dans l'après-midi, Harry en avait donc conclu qu'il valait mieux qu'il rompe avant que les choses n'empirent, ou que Cho ne soit trop attachée à lui. Car malgré tout, il l'aimait bien, et il n'avait en rien l'intention de lui faire du mal. Elle avait déjà assez souffert jusque là.

Harry en était là de ses réflexions quand ladite jeune fille arriva à sa hauteur, un air indéchiffrable sur le visage.

- Salut Harry! commença-t-elle. Ça t'embête si je m'assieds, il y a quelque chose dont je voudrais te parler...

- Non, bien sûr, vas-y! répondit-il, priant pour que ladite chose ne soit pas encore Cédric...

- Euh... C'est assez difficile à dire, en fait... fit la Serdaigle, l'air incertaine. Écoute Harry, tu sais que je t'apprécie beaucoup, mais j'avoue que je ne sais pas trop quoi penser de nous... J'ai l'impression qu'on va un peu trop vite, tous les deux. Je n'arrive même pas encore à savoir ce que je ressens envers la mort de Cédric, alors ressortir avec quelqu'un, je crois que je ne suis pas encore prête.


Pendant ce temps, Hermione tentait de réconforter Ginny.

- Écoute, tu connais Harry, il ne t'en veut certainement pas. Il ne s'est pas assis avec nous parce qu'il avait peur de se faire agresser, mais si tu vas t'excuser et que tu lui promets de ne plus recommencer, il aura oublié en un rien de temps!

- Ouais, peut-être... répondit Ginny, franchement pas convaincue.

- Écoute, je vais partir, j'ai beaucoup de travail, et je voudrais passer donner une part de gâteau à Ron avant d'aller me coucher, alors je vais devoir te laisser, je suis désolée. Mais justement, c'est le moment d'en profiter! Quand tu vois qu' Harry a l'intention de partir, tu te lèves en même temps, tu l'attrapes par le bras, et tu l'emmène dans un coin plus tranquille, comme le bord du lac, par exemple. Ce sera le coin parfait pour t'excuser, et passer un peu de temps avec lui...

- Mmmm, tu as raison, bougonna Ginny, peu sûre d'elle.

- Ça va aller ? Tu es sûre que je peux te laisser, ou tu préfères avoir un peu de compagnie ?

- Non non, c'est bon, vas-y, vas donner son gâteau à Ron. Mais n'oublie pas ce que tu t'es promis, hein! Ne lui donne rien d'autre que le gâteau! taquina Ginny.

- Hin hin hin! Très subtil! fit Hermione, l'air ironique.

Elle eut soudain un air étrange, entre la curiosité et l'inquiétude, et Ginny se demanda ce qu'il se passait, jusqu'à ce qu'elle regarde dans la même direction qu' Hermione. Elle vit alors Cho se lever et s'éloigner, tête baissée, de la place où elle avait été assise, en face d' Harry. Ginny serra les dents, maudissant cette fille, et Hermione s'excusa auprès de Ginny avant de partir rapidement vers Harry.

Harry sourit en voyant sa meilleure amie arriver près de lui et s'asseoir à la place que Cho avait occupé quelques secondes plus tôt. En voyant son air interrogateur, il remercia mentalement cette jeune fille d'être aussi géniale, et surtout d'être toujours là pour lui. L'avantage avec Hermione, c'était qu'il savait qu'il pouvait tout lui dire, il pouvait totalement lui faire confiance. Et avec elle, il ne courait aucun risque de quiproquo gênant ou d'histoire qui risque de mal finir. Elle était la sœur qu'il aurait aimé avoir.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi elle pleurait ? demanda Hermione.

- Ah tiens, toi aussi tu l'as remarqué ? répondit Harry, cynique. Tu avais raison, elle pleure tout le temps, même quand c'est elle qui m'annonce qu'elle me quitte... finit-il, désabusé.

- Oh Harry, je suis désolée que ça n'ait pas marché entre vous deux.

- Ne t'inquiète pas, de toute façon, si elle ne l'avait pas fait, c'est moi qui m'en serais occupé.

- Ah bon ? Je croyais qu'elle te plaisait beaucoup... s'étonna Hermione.

- La fille souriante et joyeuse que j'ai croisé dans le train l'année dernière me plaisait beaucoup. Celle qui était timide mais toujours battante, la talentueuse et énergique attrapeuse de Serdaigle me plaisait. Mais cette Cho-ci, qui n'arrête jamais de pleurer, qui n'a pas souri depuis presque six mois, j'ai plus de mal... Je crois que je ne suis pas fait pour réconforter les filles. J'ai besoin de quelqu'un de battant, joyeux, énergique, qui a du caractère. Alors que Cho a besoin de quelqu'un qui saura prendre soin d'elle, la réconforter, l'écouter, tout ces choses avec lesquelles je suis loin d'être doué... expliqua Harry à une Hermione ébahie par tant de sagesse.

- Eh bien, je ne sais pas trop quoi dire... répondit-elle. Dans ce cas, c'est peut-être mieux comme ça ? ajouta-t-elle, incertaine.

- Oui, je crois que c'est mieux comme ça, sourit Harry, pour confirmer les propos de sa meilleure amie. Ne t'inquiète pas pour moi, ça va aller, ajouta-t-il devant son air inquiet. Vas donc voir Ron, je suis certain qu'il attend impatiemment la visite d'une infirmière un peu plus jolie que Mme Pomfresh...

- Imbécile! C'est la soirée des remarques stupides ou quoi ? pouffa Hermione sous la remarque.

- Pourquoi tu dis ça ? demanda Harry.

- Ginny vient de me sortir le même genre de remarque...

Passant le plus vite possible à autre chose, elle lui sourit de la façon la plus chaleureuse et réconfortante dont elle était capable et lui lança en s'éloignant :

- Passe une bonne nuit, Harry, c'est un ordre.

Harry la regarda partir en souriant.


Hermione retourna auprès de Ginny, et sans même s'asseoir, lui annonça la nouvelle :

- Cho vient de quitter Harry!

- Quoi ? s'étouffa Ginny dans son verre de jus de citrouille. Elle est folle ! Pourquoi elle a fait ça ?

- Bonne question. Le principal intéressé ne me l'a pas dit. Par contre, il m'a dit que c'était mieux comme ça, et que ça lui évitait de le faire lui-même.

- Il voulait la quitter ? demanda Ginny, un grand sourire apparaissant soudain sur son visage. Je le savais, il vaut mieux que ça! ajouta-t-elle triomphante.

- Profites-en. Excuse-toi, réconforte-le, sois gentille, et dans quelques semaines, quand ça ira mieux, il se jettera dans tes bras! Le tour est joué!

Elle commença à s'éloigner, puis revint sur ses pas et tendit la main vers Ginny.

- Passes-moi ta veste s'il te plaît! Allez! ordonna-t-elle.

- Euh, tiens... Pourquoi tu la veux ? Eh mais reviens, rends-la moi ! s'écria Ginny, voyant sa meilleure amie s'éloigner. Je vais avoir froid si je sors sans!

- Justement! lui lança Hermione quelques mètres plus loin. Tu auras une bonne excuse pour te serrer contre lui!

Ginny pouffa à cette idée parfaitement hermionesque. C'était digne d'un livre à l'eau de rose. Elle imaginait déjà la scène, dehors, dans le soleil couchant, à discuter avec Harry, qui la serrerait contre lui en la voyant frissonner. C'était complètement mièvre comme idée, mais puisque son amie s'était enfuie avec sa veste, ce serait très certainement ce qui arriverait!