Disclamer: Les personnages de MFB ne m'appartiennent pas.
Chapitre 8: Sortie - mauvaise rencontre
Bien que ce n'était pas un trait essentiel de son caractère, Kyoya s'était dirigé vers les entrepôts abandonnés par curiosité. Il les vérifia un par un mais même ces lieux étaient plus délabrés que ceux d'origine. Et il n'y avait personne. La seule chose vivante en ce lieu était Kyoya. Ou sinon, elle se montrait extrêmement discrète pour réussir à échapper à son regard. C'était désert au point qu'il trouvait le Wolf Canyon débordant de vie en comparaison.
Il se promena en observant attentivement ce qui l'entourait. Puis, il longea les rives d'un fleuve asséché. Plus il avançait, plus le lit de ce fleuve était profond. En suivant ce chemin, il finit par rejoindre l'endroit où ils étaient arrivés. Il eut la même impression de vide que la veille. Il jeta un regard à la ville. Elle était entourée par un vaste désert, comme une île perdue au milieu de l'océan. Rien jusqu'à l'horizon hormis la vaste étendue de sable.
Une fois de retour en ville, il décida d'aller à l'aéroport, en partie parce que tous les bâtiments privés à côté desquels il marchait semblaient plus inhabités les uns que les autres. Mais aussi parce qu'il se souvenait que son double en avait parlé et que celui de Ginga n'avait pas démenti ce point lors de leur dispute.
-Rah! C'est du n'importe quoi! s'exclama une voix.
La colère de son propriétaire était presque tangible. Kyoya cessa de marcher, dérouté. Il était sûr d'avoir déjà entendu cette voix quelque part. Voulant voir à qui elle appartenait, il avança jusqu'à l'angle de la rue. Il fut tant surpris par ce qu'il dit qu'il ne parla pas immédiatement. La personne se trouvant à quelques pas de lui était un adolescent aux cheveux verts sombre, plus jeune que lui, et aux grands yeux bleus.
-Kakeru? murmura-t-il, choqué.
L'interpellé se tourna vers lui. Kyoya savait que c'était le double de son petit frère. Il ne voulais pas voir ça. Il ne voulait absolument pas voir ça. Lorsqu'il vit son expression, son impression se confirma. Ce Kakeru ne souriait pas. Au contraire, il semblait même en colère. Il regretta aussitôt d'être venu dans ce coin de la ville.
-Pas encore toi… soupira l'autre, excédé.
-Comment ça?
-Je t'ai déjà dit que ce n'est pas parce qu'on fait parti de la même famille que tu dois me coller tout le temps le pleurnichard. J'en ai marre de toi! Tu ne peux pas savoir à quel point tu me gonfles.
Le visage du maître de Leone se décomposa. Il n'avait jamais entendu Kakeru parler de cette façon. Il commençait à comprendre ce que ressentait le Ginga d'Hansha. Bien qu'il ne l'admettrait jamais devant ce dernier.
-Alors? Quand te décideras-tu à me laisser tranquille?
Totalement son contraire, songea Kyoya. Exactement comme les autres. C'est quand même trop bizarre.
-Qu'est-ce que t'as? Tu vas te remettre à pleurer?
Les yeux bleus de Kakeru d'Hansha s'arrondirent de surprise lorsque Kyoya saisit le col de sa veste. Il s'approcha de lui en plongeant son regard dans le sien pour être sûr d'avoir son entière attention.
-Écoute-moi bien. Je…
-Qu'est-ce qui te prend?
-Ne me coupe pas! La prochaine fois que tu me manqueras de respect, je t'exploserai.
Il le lâcha. Le jeune le dévisagea avec un mélange de surprise et de curiosité. Plus aucune trace d'énervement n'était visible sur son visage. Il semblait presque admiratif.
-Qu'est-ce que tu fais ici? J'avais cru comprendre que tu n'étais pas en ville.
Bon. Il y avait mieux pour débuter une conversation avec un inconnu, comme se présenter par exemple. Ça pourrait éviter quelques problèmes… Mais il n'arrivait pas à le considérer comme tel. Avec l'autre Ginga, c'était facile: il y avait le vrai et le faux en même temps dans le même lieu. Là, c'était différent. Son petit frère se trouvait à l'autre bout du monde. De plus, il ne les avait pas accompagné dans leur voyage dimensionnel.
-Je reviens toujours. Tu le sais bien. De toute façon, ce n'était pas comme s'il y avait un autre endroit où aller…
-Et les États-Unis? demanda Kyoya sans réfléchir.
-Les États-Unis? C'est quoi ça?
-Le pays où tu vis enfin…
Le blader au lion soupira. Il s'enfonçait de plus en plus.
-Ne dis pas n'importe quoi. Je vis à Hansha. Il n'y a rien d'autre… T'es vraiment bizarre aujourd'hui.
-Que veux-tu dire par "rien d'autre"?
-Tu le sais bien. Pas la peine de remuer le couteau dans la plaie.
-Tu parles du désert qui entoure la ville?
-Kyoya… gémit Kakeru comme une supplique.
-Ou du fait qu'Hansha est délabrée?
-Arrête! Tais-toi! Ne dis plus rien! Pourquoi tu me poses des questions alors que tu connais les réponses?! Pourquoi?! Je ne comprends pas… Tu es tellement étrange… Tu ne pleurniches pas. C'est pourtant ce que tu fais d'habitude. Même quand il n'y a aucunes raisons pour le faire d'ailleurs.
L'adolescent aux cicatrices le regarda. Il l'avait complètement déstabilisé. Il soupira en regrettant de ne pas avoir commencé par se présenter.
-En fait… Il faut que je t'explique quelque chose…
Il raconta au double de Kakeru ce qui s'était passé depuis le combat du rouquin, la veille, jusqu'au jour présent. Plus il parlait, plus le jeune semblait étonné pour ne pas dire ahuri. Il l'écoutait attentivement, les yeux écarquillé, ressemblant davantage au petit frère de Kyoya.
-C'est pas banal ça… Je n'aurais jamais cru ça possible.
-Tu me crois? Comme ça, sans preuves?
-C'est normal. T'es tellement différent de mon frère… Je trouvais bien que c'était trop beau qu'il devienne courageux du jour au lendemain.
La voix de Kakeru était remplie d'amertume. Il s'était assis par terre pendant que Kyoya parlait. Il leva son visage vers lui pour le regarder dans les yeux.
-À quoi il ressemble?
-Qui?
-L'autre moi.
-Oh lui… il est toujours de bonne humeur, enthousiaste, souriant… mais il est aussi tête en l'air et très naïf. En plus, il a un très mauvais sens de l'orientation. Je crois même qu'il en est dépourvu.
-Ça a l'air d'être un sacré boulet.
Ce bref résumé fit sourire Kyoya.
-Et toi, tu as l'air de l'adorer.
Il haussa les épaules alors que Kakeru se mettait tranquillement debout.
-Je vais venir avec toi. J'ai envie de savoir à quoi ressemblent les autres doubles.
-Comme tu veux.
Le maître de Leone reprit la route, suivi par l'habitant d'Hansha.
-Tu ne prends pas ta moto? Demanda-t-il, surpris.
-Ma quoi?
-Moto. Tu sais le truc à deux roues que tu conduis n'importe comment et que…
Le vert s'interrompit subitement. Il faisait encore la description de son petit frère au lieu de considérer son double comme une toute autre personne. Il posa une main dans ses cheveux, gêné.
-Désolé. Ça, c'est ce que pense l'autre Kakeru.
-Pas grave. Il aime les motos?
-C'est une des choses qui l'amuse. Pas toi?
-Non, il n'y en a pas ici. En fait, le peu des moyens de transport qui restaient ont été emmenés et désassemblés il y a trois quatre ans. Il ne reste plus qu'un avion pour transporter des marchandises.
-Mais ton frère a dit qu'il allait te chercher à l'aéroport…
-C'est parce qu'en échange de mon aide, le pilote accepte que je l'accompagne.
Ils continuèrent de marcher en silence un moment. Bien que ce fût la fin de la matinée, personne d'autre qu'eux n'arpentait les rues. Ce détail interpella Kyoya.
-Cette ville est déserte? finit-il par demander.
-Non. Les gens sont calfeutrés chez eux.
-Même en dehors des couvre-feux? s'étonna-t-il.
-Oui. Ils ne sortent que pour aller chercher de quoi se nourrir.
-Mais toi et les autres, vous êtes toujours fourrés dehors.
-C'est parce qu'on n'a pas peur. On obéit juste au couvre-feu. La plus grande partie des habitants d'Hansha sont terrifiés à l'idée même de sortir.
-Donc, tous ces immeubles sont habités.
-Exactement. Tu voudrais qu'on aille dans l'un d'eux? Histoire de te prouver que c'est vrai.
-Pourquoi pas.
Kyoya regarda le plus jeune ouvrir la porte la plus proche et se précipiter à l'intérieur d'un bâtiment. Il le suivit plus calmement. La pièce était aussi délabrée que l'extérieur. Rien ne montrait que ce lieu était habité. Une épaisse couche de poussière recouvrait le sol et les débris d'objets qui s'y trouvaient. Les meubles étaient soit cassés, soit renversés.
-Il y a des gens ici?
-J'en suis sûr. Viens, on va vérifier l'étage.
En voyant que Kyoya le suivait toujours, Kakeru sourit. Ce n'était certainement pas son frère qui aurait fait ça. Il serait resté dehors en disant que c'était trop dangereux. Le jeune grimpait les marches quatre à quatre.
-Il y a quelqu'un? demanda-t-il, une fois à l'étage.
Seul le silence lui répondit. Il jeta un regard par-dessus son épaule pour s'assurer que le vert le suivait toujours. Comme c'était le cas, il se concentra de nouveau sur l'étage.
-Kakeru!
Il vit apparaître devant lui un homme armé d'un couteau. Ce dernier essaya de le poignarder mais l'adolescent fut tiré en arrière. Il sentit une main attraper son poignet et le tirer dans les escaliers.
-Ramène-toi!
Kyoya l'entraîna en courant dans les rues. Il en traversa plusieurs, sans chemin précis à suivre, avant de s'arrêter. Il se retourna, observa s'ils étaient suivis puis son attention se reporta sur son cadet.
-Tu n'as rien?
-Non, répondit l'autre confus.
-Tant mieux. On va directement aller au point de rendez-vous. D'accord?
Kakeru hocha silencieusement la tête. Il lui emboîta le pas dès qu'il se remit en marche. Il était encore plus déboussolé que lorsqu'il l'avait rencontré. Il l'admirait. Vraiment. Le seul problème était sa ressemblance physique avec son frère. Cela lui montrait comment il aurait pu être. Il regrettait sincèrement que les doubles n'aient pas un caractère identique.
