Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.
Précision : cette histoire se situe en gros après la fin de la saison 4, vu que je n'ai aucune idée de ce qu'il va advenir dans la saison 5.
Chapitre 8) Premier jour avec Monica
Neal à peine sorti de la salle de bains Boris l'entraîna vers la cour où attendait Monica, la riche femme d'affaires était pressée de repartir, ils avaient de la route à faire pour rejoindre l'aérodrome le plus proche. Anatoli et elle s'étaient déjà mis d'accords sur les détails, elle avait rempli et signé les papiers du contrat de location, réglé la note en faisant un chèque au montant vertigineux qu'Anatoli avait rangé dans sa mallette avec les documents sans sourciller, pour lui comme pour elle 60.000 dollars n'étaient qu'une broutille.
Le chauffeur de Monica fonçait autant que pouvaient lui permettre la route et la voiture qu'il conduisait et Neal cessa rapidement de regarder dehors, c'était bien trop effrayant à son goût. Il avait un certain attrait pour le risque, mais celui que leur faisait courir le conducteur n'entrait pas dans la liste des risques que Neal appréciait.
L'arrêt brutal sur le parking de l'aérodrome lui arracha un soupir de soulagement. Au moins ils étaient arrivés et en vie, il ne lui restait plus qu'à espérer que ce ne serait pas cet homme qui allait également piloter l'avion, même si il y avait moins de risques dans les airs.
L'avion était tout aussi beau que celui qui avait amené Neal, ils y étaient à peine installés qu'un jeune homme en uniforme, ce détail amusa Neal, leur servait à boire. Pas une simple tasse de café cette fois mais une coupe d'un excellent champagne que Boris refusa d'un signe de tête. Le garde du corps préférait garder les idées claires. Anatoli l'avait mis en garde contre la malice de l'escroc, chose inutile, Boris savait très bien à quoi s'en tenir avec Neal, après tout son précédent patron avait été victime de cette malice. Neal lui ne se fit pas prier, tant qu'à servir de jouet à Monica, autant profiter des avantages qu'il pouvait en retirer.
Monica elle se plongea dans l'étude de documents qui l'attendaient, pianota sur son ordinateur portable, eut des discussions animées au téléphone, Neal n'aurait pas aimé être à la place des interlocuteurs. Elle était visiblement une patronne intraitable qui ne pardonnait aucune erreur et une femme d'affaires qui ne s'en laissait pas compter. Le jeune escroc enregistra les informations qu'elle laissait percevoir sans avoir l'air. Comme dans le cadre d'une escroquerie le domaine de la séduction exigeait de connaître la personne que l'on voulait convaincre.
Lorsque l'avion se posa finalement sur une des pistes de l'aéroport de Cannes et qu'ils en descendirent Neal avait retrouvé le sourire. Il était en terrain familier, étant déjà venu dans cette région des années auparavant. Il avait donné sa parole de ne pas chercher à s'échapper à Benjamin mais si les clientes d'Anatoli lui offraient de pareilles occasions d'être retrouvé il n'y pouvait rien. Ils n'avaient pas atteint le parking où se trouvait la limousine de Monica que plusieurs appareils photos avaient déjà cliqueté autour d'eux.
Monica ne s'en souciait visiblement pas, Neal faisait mine de ne pas s'en soucier non plus, mais il espérait du fond du cœur que certaines de ces photos finiraient sur des pages de journaux américains, des pages que Peter ou n'importe qui d'autre faisant partie du FBI et le connaissant pourraient voir. Des photos qui finiraient sur le bureau de Peter, qui mettraient Peter sur sa voie, qui permettraient à Peter de savoir qu'il allait bien. Qui lui donneraient l'impression qu'il était libre et menait la belle vie en France. Le cœur de Neal se serra à cette pensée. Peter allait croire qu'il s'était vraiment enfuit s'il voyait ces photos. Peter allait être en colère... lui en vouloir... Neal savait que le temps que Peter reçoive ces photos ils auraient déjà quitté Cannes, il était plus qu'improbable que le FBI puisse découvrir qu'il était à Cannes en compagnie d'une femme d'affaires avant que les dix jours n'aient pris fin et qu'il soit de retour dans la villa grecque. Neal était bien placé pour juger de la lourdeur du système, quand bien même par miracle les photos arrivaient sur le bureau de Peter avant le terme des dix jours il n'aurait jamais le temps d'obtenir les autorisations nécessaires et de parvenir jusqu'à lui à temps. Au mieux ils ne feraient que se croiser, s'apercevoir brièvement à travers une vitre.
Neal n'était pas certain de vouloir voir l'expression de Peter si cette éventualité se produisait.
Non, pour leur bien à tous les deux il valait mieux que Peter n'ait pas ces photos sous les yeux, qu'il n'ait pas l'espoir de le retrouver à Cannes. Cette déception supplémentaire. Peter ne méritait pas cela.
Une fois à Cannes Monica ne perdit pas de temps, avant même de prendre du repos dans sa villa en bord de mer, elle n'était pas une riche femme d'affaires pour rien, elle fit prendre à son chauffeur la direction des boutiques de luxe qu'elle affectionnait pour habiller ses escortes. Ce n'était pas tout de louer un jeune homme séduisant, il fallait également lui donner une allure convenable.
Neal souriait lorsqu'elle l'introduisit dans une boutique au nom prestigieux. Il se prêta bien volontiers aux caprices de Monica, essayant tenue après tenue, jouant bien volontiers les mannequins pour elle en souriant. Cela c'était une chose qu'il pouvait faire, un domaine dans lequel il excellait. Il en oublia presque Peter. Peter qui n'aurait pas compris le plaisir que l'on ressent à enfiler des tenues hors de prix et à parader avec. Peter qui ne voyait pas l'intérêt de dépenser des fortunes dans des habits, qui préférait des tenues pratiques et solides. Peter qui était Peter et l'obligeait à garder les pieds sur terre. Peter qui n'était pas là. Peter qui ne devait plus jamais être là, près de lui, pour sa propre sécurité. Neal manqua trébucher en songeant que Peter ne serait plus jamais là. Brusquement il avait envie que Peter soit là, qu'il se moque un peu de ses goûts de luxe. Le regard de Monica le ramena à ce qu'il faisait. Il devait lui plaire et non penser à l'agent du FBI. Il lui sourit et reprit son défilé.
Une fois Monica satisfaite ils gagnèrent sa villa et elle abandonna pour un temps Neal pour aller se reposer en vue de la soirée, non sans lui avoir conseillé d'en faire autant et de se préparer pour 19 heures. Un conseil qui ressemblait beaucoup à un ordre.
Pris en charge par les employés de la villa Neal et Boris furent installés dans deux chambres contiguës. Neal qui n'avait pas vraiment sommeil pour le moment sortit sur le petit balcon commun à sa chambre et à celle de Boris. Il profita longuement de la vue sur mer, de la sensation de liberté qu'il ressentait. Même si ce n'était qu'une illusion il s'y accrochait de toutes ses forces. Après tout Benjamin ne l'avait pas forcé, juste fortement encouragé. Il consacra ensuite une bonne heure à se préparer, à choisir la tenue qui serait le plus à même de plaire à la femme d'affaires.
Lorsque Monica sortit de sa chambre vers 18h30 Neal était fin prêt.
Monica le considéra des pieds à la tête.
- Satisfaisant. Bien, allons y.
Neal la suivit docilement et fit en sorte d'être un partenaire prévenant mais discret tout au long de la soirée. Il fit ce qu'il était censé faire, l'aida à sortir de la voiture, lui tint sa chaise au restaurant, la laissa choisir pour lui, fit honneur aux plats et aux vins qu'elle commandait, parla un peu lorsqu'elle le souhaitait et resta silencieux le reste du temps. Le restaurant de luxe ne l'impressionna pas, pas plus que l'entrée VIP dans une boite de nuit. Il n'était pas porté sur ce genre d'endroits bondés et bruyants mais il n'en montra rien. Monica en aurait pour son argent. Il dansa avec elle à sa convenance, se blottit dans un coin du carré privé où elle s'était installée lorsqu'elle dansa avec d'autres fêtards de sa connaissance et l'attendit en sirotant une coupe du champagne qu'elle avait fait poser sur la table.
Même s'il n'appréciait guère d'être dans ce lieu il ne pouvait s'empêcher d'être impressionné par Monica et par l'énergie dont elle faisait preuve sur la piste de danse. Il était à deux doigts de réviser certaines de ses convictions, les femmes d'un certain âge étaient visiblement différentes de ce qu'il pensait. Plusieurs heures plus tard, lorsque Monica donna enfin le signal du départ, Neal avait définitivement cessé de penser qu'une femme de cet âge n'avait pas d'énergie et se fatiguait vite, il était plus de deux heures du matin et Monica semblait en pleine forme. Lui par contre n'aspirait plus qu'au repos, avait la tête bourdonnante et douloureuse après tant de temps passé dans ce lieu peu familier.
Il allait devoir s'endurcir , serrer les dents et s'entraîner s'il voulait réussir à tenir le coup pendant dix jours. Sans compter qu'il y avait de fortes chances pour que les clients suivants soient des clientes sorties du même moule.
Tassé contre la portière de la limousine, les yeux dérivants de l'extérieur et de la nuit réconfortante vers l'intérieur et Monica visiblement ravie qui buvait encore, il luttait contre le sommeil avec de plus en plus de peine. Lui avait décliné l'offre d'un dernier verre. Boris silencieux et distant restait dans son coin.
Neal songea que des soirs et des nuits de ce genre allaient être son quotidien pour les neuf prochains jours.
Après avoir accompagné Monica jusqu'à la porte de sa chambre et avoir pris congé Neal regagna la sienne et se réfugia à nouveau sur le balcon. Boris le laissa faire et se coucha, certain que l'escroc ne tenterait rien.
Il avait raison, Neal était trop fatigué pour avoir la moindre envie de fuir. Trop fatigué et trop triste. Malgré ses efforts, malgré le luxe dont s'entourait Monica, un luxe dont il raffolait avant, il n'avait pas réussi à apprécier cette soirée, il doutait de réussir à apprécier les suivantes.
Lui qui avait toujours couru après ce genre de choses il se découvrait avec surprise blasé de cela. Il aurait préféré être en train de boire une bonne bière en compagnie de Peter et de Jones.
Il calcula l'heure qu'il était être à New York, 20 heures passées, Peter devait être chez lui, auprès d'Elizabeth.
Neal sourit tristement dans l'ombre. Les imagina l'un près de l'autre, en train de discuter autour d'un bon repas préparé par Elizabeth. Il aurait aimé être avec eux.
Il resta longuement sur le balcon avant de se coucher. La fraîcheur de la nuit apaisa son crâne douloureux mais pas son cœur.
A suivre
