Note: l'heure des explications est arrivée, enfin... seulement certaines...
Je remercie ma bêta TontonSweetness, qui a corrigé ce chapitre en quatrième vitesse pour que je la publie aujourd'hui.
Merci pour les follows et favoris, ainsi qu'à tout ceux qui lisent cette fanfiction.
Chapitre 9 : Des explications
John entra dans la pièce, les muscles raides, le corps complètement tendu, de sa posture droite ressortait son expérience militaire. Son regard franc et direct s'appuya directement sur moi. Il savait que j'étais désormais au courant de son secret.
Je l'attendais, là installé confortablement dans le canapé, dans mon habituelle tenue vestimentaire, c'est-à-dire habillé d'une chemise violette et d'un pantalon noir. Après quelques secondes où John semblait jauger la situation, il partit dans la cuisine préparer du thé. Fixant sans s'arrêter la théière, comme si celle-ci allait se mettre à converser, pure absurdité. La discussion promettait d'être tumultueuse. Je savais déjà qu'il avait été voir Mycroft, mon abruti de frère, qui lui aussi devait être au courant de la réalité de ce monde et n'avait pas osé m'en parler. Pourquoi donc ? Il aurait pourtant pu, ce n'était pas les occasions qui , j'abandonnai cette question, la réponse sans doute niaise aurait voulu que les sentiments interviennent encore une fois. Ce n'était pourtant pas mon frère qui étalait ses sentiments, cependant son obsession pour la surveillance laissait croire autre chose.
Tandis que j'observais John en silence, je remettais de l'ordre dans mes pensées. Jill m'avait dit tant de choses incompréhensibles, que je me devais de vérifier la véracité de ces paroles. Je m'éclaircis alors la gorge et m'apprêtai à commencer la conversation. Mais, avant qu'un seul mot ne sorte de ma bouche, John m'interpella.
- Sherlock, Mycroft m'a dit que tu as été voir Jill après que je sois parti. Et ne me regarde pas ainsi, tu sais très bien que j'aurais été au courant un jour ou l'autre. J'aimerais savoir ce que Jill t'a expliqué pour que je puisse compléter les données qui te manquent.
John s'installa dans le fauteuil, attendant une réponse quelconque de ma part.
- Il m'a parlé d'une autre réalité de ce monde. Un monde dans lequel l'impossible est possible, où tous les délires sur une force surnaturelle sont fondés …
Il m'arrêta, me lançant un regard averti.
- Sherlock cesse de philosopher, et dis moi mot pour mot ce qu'il t'a raconté.
Je soupirai, radoter était vraiment ennuyeux, mais je ne pouvais m'y soustraire, alors je lui répondis sans la moindre motivation.
- L'homme avec qui tu as passé la nuit m'a dit que la magie existe, et que tu es une sorte de sorcier qui combat des créatures maléfiques appelées ombres. Je sais aussi que tu as été blessé à de nombreuses reprises, et je ne comprends pas pourquoi tu ne m'en as pas informé auparavant. Enfin si, je peux saisir le fait que tu voulais me garder éloigné du danger, cependant tu sais très bien que c'est inutile. Certes, cela a été plus dur à découvrir que pour la plupart de mes anciennes enquêtes, cependant tu aurais dû te douter que tu ne pourrais pas me cacher longtemps ce que tu faisais le soir pour revenir aussi éreinté. Pour en revenir à ta question, ton ami m'a aussi raconté que la magie est une énergie qui nous entoure à chaque instant, et que par l'intermédiaire d'un esprit, on peut s'en servir. L'esprit se lie avec un humain par un pacte, et devient ainsi son familier. Cet esprit est issu d'un animal dit sacré qui absorbe continuellement l'énergie qui nous environne. Voilà pour résumé ce qu'il m'a dit, me demandant de te poser des questions pour les points non élucidés.
- Je vois, pour en revenir à l'esprit. C'est lui qui vient à nous pour se lier, on ne choisit pas. Ces esprits nous entourent quotidiennement et trouvent un humain qui leur correspond. A la mort de son partenaire, il est libéré et retourne dans la nature, dérivant ou cherchant un nouveau maître.
- Je comprends. Mais, pour plus de concret, tu devrais me montrer le tien, John. Je sais que tu le caches tout comme tes blessures, par un sort rendant invisible ce que tu désires.
John se tendit davantage à ma question, la tête basse, il se mit pendant quelques secondes à fixer le sol. Puis il déglutit et revint affronter mon regard.
- Il t'as parlé de mes blessures ? Me demanda-t-il avec difficulté.
- Oui, mais j'étais déjà au courant. Tu croyais réellement que tu arriverais à masquer ta douleur à moi, le détective consultant. J'avais bien remarqué que ces dernières semaines tu avais du mal à te mouvoir, rien qu'en enlevant ton manteau, ton masque se fissurait laissant place à des expressions de douleur. Je ne sais pas vraiment ce qui se passe dans cette forêt, mais il va tout d'abord falloir faire quelque chose avec tes blessures, tu ne peux pas continuer ainsi.
- Cela ne te concerne pas, Sherlock !
John se leva d'un air furieux, s'apprêtant à partir à la moindre parole de travers.
- John, tu es mon colocataire, mon partenaire, et mon …
Je m'arrêtai un instant, qu'est ce que j'allais dire ? Le sentimentalisme n'était pas mon fort, il fallait dire que je reniais toutes ces extravagances.
- Ton quoi ? Me demanda John, d'un air tout à coup intéressé. Au moins, son envie de s'enfuir avait disparut.
- Peu importe, enlèves cette magie d'invisibilité que je puisse voir l'ampleur des dégâts. Il est inconcevable qu'un médecin ne prenne pas soin de lui. Et j'aurais aussi besoin que tu me détailles ton travail nocturne, Jill ne m'en a que très peu parlé.
John semblait hésiter, réfléchissant aux conséquences de ce que cela pourraient entraîner, mais aussi à sa fierté de soldat qui allait certainement être blessée. Il fit les quatre cent pas dans le salon, se parlant à lui même ou bien à son familier. Je sentais son cerveau tourner à plein régime. Puis il revint s'asseoir, me regardant dans les yeux, hésitant à parler. Il abandonna, détournant les yeux vers sa tasse vide, et se resservit du thé, sans en boire une gorgée. Finalement, il prit une grande inspiration, et m'adressa un simple « d'accord », résigné, les yeux fermés.
Des mots sifflants dans une langue enchanteresse sortirent alors de ses lèvres, et peu à peu les blessures apparurent sur son corps, notamment sur ses mains, et quelques unes sur son visage, seules parties visibles de son corps, ses vêtements recouvrant presque l'intégralité de sa peau. Et là, sous mes yeux, apparut un serpent ailé, d'une couleur écarlate, posé sur son épaule. Sa queue enserrait en écharpe le cou de John tandis que ses yeux d'un doré profond étaient sur moi, surveillant chacun de mes gestes, sa langue sortant à rythme régulier, captant chacune des odeurs autour. John me fixa quelques instants, attendant certainement une quelconque réaction de ma part, puis il se remit à parler.
- Elle s'appelle Leuca.
Je ne répondis rien, après tout que pouvais-je dire. Le serpent continuait à me fixer, comme s'il cherchait à déduire chacune de mes pensées. Puis, il ouvrit la bouche, dévoilant deux crocs sur sa mâchoire antérieure, et se mit à parler.
- Il ne semble pas si surpris que ça. Il a déjà dû voir le familier de Jill.
- Elle parle ? Avec son anatomie, cela devrait être impossible. Demandai-je, complètement étonné d'une telle vérité.
Ce à quoi John me répondit, avec un haussement d'épaule :
- Tu sais, je ne me pose plus de questions à ce niveau-là, disons que c'est grâce à la magie.
Il se pencha ensuite vers la table pour prendre sa tasse. Ce rapprochement momentané me permit de voir plus en détail ses blessures. Sur son cou sillonnait une trace rouge sombre remontant jusqu'à sa mâchoire, elle ne semblait pas significative, cependant il aurait fallu que quelques centimètres de plus pour que sa carotide eut été coupée. Le sang de John se serait alors inlassablement écoulé, et il aurait sombré dans l'obscurité, ne pouvant plus effectuer un seul mouvement, il serait … Je chassai de mes pensées la vision horrible qui venait de m'apparaître, tentant d'ignorer tout ces futurs probables, et me concentrai sur les autres blessures qui m'étaient révélées par les manches désormais reculées de son pull en laine. Elles étaient plus récentes, datant d'une semaine tout au plus.
- J'aimerais en savoir davantage sur ces ombres que tu combats. D'où est-ce qu'elles viennent et pourquoi vous attaquent-elles ?
- Je ne sais pas d'où elles proviennent, elles arrivent dans les forêts par des portails magiques, mais aucun sorcier à ma connaissance n'a pu découvrir où menaient ces portails. Les ombres sont des créatures peu connus et qui ont des formes très variables pouvant la modifier à volonté. Elles infectent des animaux ou des humains, car en faisant cela elles peuvent survivre à la lumière du jour. Certains disent que ce sont des êtres naturels qui ont toujours été présents dans ce monde, venant d'esprit ayant par le passé été victime de mort brutale, cependant il n'y a aucune certitude dans ces propos.
John me regardait dans les yeux, et on pouvait voir qu'il commençait à ressasser des souvenirs douloureux, son regard devenant de plus en plus sombre. Il me raconta aussi les derniers événements, les attaques de plus en plus nombreuses, les ombres alphas, et il commença à évoquer le meurtre sur lequel j'enquêtais. Mes suppositions étaient exactes, John savait bien de quoi il était question.
- L'homme retrouvé mort a été victime d'un ombre, je ne sais pas pourquoi il était dans cette forêt, mais la preuve est là. Le trou à sa nuque est la preuve qu'il a été infecté par une ombre, cependant c'est la première fois qu'une de ces créatures fait mourir ainsi son hôte.
John parut soucieux quand il me fit part de ses observations.
- Qu'est ce que mon frère t'as raconté ? Tu as discuté avec lui de ce sujet, n'est-ce pas ?
- Oui, … John prit une inspiration avant de continuer. Il a demandé à ce que je te retranscrive notre conversation et à ce que tu continues d'enquêter sur cette affaire avec moi.
- Il est plutôt rare que mon frère manque de me rendre visite lorsqu'il s'agit de me confier une enquête.
- Il préférerait que l'on se fasse aussi discrets que possible...
John se tut en attente d'autres questions, il paraissait anxieux à ce que je fréquente désormais le monde de la magie, il savait que j'allais lui demander de m'amener dans une de ses missions pour voir de plus près ces créatures de la nuit qu'il combattait. Je m'allongeai sur le canapé, rassemblant les dernières informations acquises, puis je lui demandais finalement :
- A quand ta prochaine mission ?
- Je préférerai que tu ne viennes pas, Sherlock. Tu n'es pas magicien, et je ne suis pas sûr que j'arriverais à te protéger.
- Où est passé ta fierté de soldat ? Je viendrais, j'arriverais bien à me défendre contre quelques unes de ces créatures, et il me semble que nous sommes plusieurs, alors tout devrait bien se passer.
- Ces créatures sont plus dangereuses que tu ne le penses, des armes traditionnelles ne peuvent pas les tuer, cela ne peut se faire que par des sortilèges.
- Peu importe, je viendrais. Pour le bien de l'enquête.
John désapprouva ma décision, mais il savait que je viendrais par n'importe quel moyen et qu'il valait mieux que cela se fasse en sa présence. Il se leva avec les difficultés que ses blessures imposaient, se dirigeant vers les escaliers menant à sa chambre. Cependant, il s'arrêta avant de franchir la première marche, et murmura suffisamment distinctement pour que je puisse entendre d'un ton résigné : « Dans quatre jours, tiens toi prêt … »
