Je suis vraiment navrée pour mon retard.

Rieval, je voulais te remercier de ton intérêt pour mes modestes écrits. A quand la suite du petit miracle gémellaire :-p ?

Cashgirl, je suis très heureuse de voir que ma fic te plaît. Je n'ai pas fixé le nombre de chapitres, je me dirige tant bien que mal vers la fin en essayant de vous dévoiler un peu plus à chaque fois ce que j'avais en tête avec cette histoire.

Encore merci pour vos reviews !

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Et dire que la journée de présentation des projets aurait pu terminé dans un grand feu d'artifice… (1)

Ce fut cette pensée incongrue le renvoyant à sa « folle » jeunesse, qui, la première, traversa l'esprit du chef de l'équipe scientifique d'Atlantis lorsqu'il entendit le feulement d'une créature de la forêt. Pas si incongru que ça, ce souvenir. La même sensation de jambes en coton que lors du long, très long interrogatoire par les services secrets. A l'époque, il avait dix ans et une chaise sous les fesses. Là, il avait trente-sept ans et une semaine de randonnée pédestre et puante dans les jambes. Vingt-sept années de trop pour faire preuve du même courage et hausser la tête devant le danger. Ce fut en toute logique que cette dernière frayeur l'envoya sur le sol comme une poupée de chiffon.

L'espèce de pèlerine de Kolya avait été plutôt pratique pour dissimuler quelques armes à la barbe des Obéroniens, notamment un de leurs blasters. Tandis que le Genii se battait avec les pans de son manteau pour récupérer cette arme, Rodney vit distinctement passer devant lui une silhouette, dans un fouillis de branches brisées et de neige, qui n'avait d'humain que la forme puisque la créature fit un bond à une hauteur inatteignable naturellement pour un être humain normalement constitué. En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, il se retrouva saisi par Alabert et traîné comme un vieux sac. Après quelques minutes de course effrénée, le groupe se retrouva de nouveau devant la ville. Plus aucun bruit ne leur parvint de l'obscurité du sous-bois.

Haletant, les mains posées sur les cuisses pour mieux retrouver son souffle, Kolya ordonna à Sora de faire un tour pour voir si aucune créature ne rôdait. La jeune femme n'avait pas fait quelques pas qu'un sifflement reconnaissable entre tous se fit entendre au dessus de leur tête. Le sang de Rodney ne fit qu'un tour.

« Sheppard ! Nous sommes… »

Le reste du cri disparut dans un gargouillis. Bien qu'à moitié sonné par le coup plutôt brutal du chef Genii, d'ailleurs inutile puisque les capteurs avaient dû les détecter depuis belle lurette, mais qui avait eu le mérite de soulager la rage de Kolya en se voyant quasiment acculé, le docteur McKay fut bien obligé de se remettre à courir, aidé en cela par le soutien plus qu'insistant d'Alabert.

Ils furent rapidement encerclés par les bâtiments en ruine d'Eurôpè. Les premières lueurs de l'aube paraient les murs d'une fantomatique aura, leur donnant un semblant de vie. Les ombres encore épaisses de cette longue nuit hivernale déposait un voile trompeur sur les yeux des fuyards en leur dissimulant la déchéance de l'antique cité.

Le jumper apparut brusquement devant eux, planant à un mètre du sol, Lorne et Sheppard avaient les yeux fixés sur eux. D'un geste explicite, le premier leur intima de jeter leurs armes tandis que l'appareil finissait de se poser.

Ronon et Teyla fut les premiers à descendre du jumper, suivis aussitôt leurs compagnons. Les torches des P-90 éclairant tant bien que mal les abords du module, ils se dirigèrent vers ceux qu'ils traquaient depuis un long moment déjà. Les faisceaux balayèrent le sol mais il n'y avait déjà plus personne, Kolya avait entraîné Rodney et sa troupe dans les ruines les plus proches.

L'épuisement, les douleurs et la surprise, conjugués, avaient cloué le bec de Rodney. Il s'était laissé entraîné sans résistant dans les profondeurs obscures d'un bâtiment au moment où Lorne et Sheppard s'étaient détournés du cockpit pour rejoindre Ronon et Teyla. Il devait se l'avouer, Kolya était un sacré gaillard, il avait su saisir sa chance durant ces deux malheureuses secondes. Mais où diable tirait-il son énergie ? Il aurait bien eu besoin d'un petit prêt, même négocié à un taux d'usurier Genii… Une peur violente suivie d'une fausse joie, c'était mauvais pour le cœur, mauvais pour l'esprit et mauvais pour lui, Rodney McKay. Il n'en pouvait vraiment plus, mais, impitoyable, Kolya, aidé de Sora, le traînait encore et encore dans les profondeurs du bâtiment.

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Le commandant Kolya avait eu sa première leçon de survie à l'âge de sept ans. Son père, simple lieutenant dans les services secrets de l'Etat, avait déjà de grands projets pour ses enfants. Ils seraient les meilleurs, et il n'était jamais trop tôt pour commencer à l'être.

Les Genii n'avaient pas perdu toute humanité dans leur guerre contre leur ennemi plus que séculaire, l'enfance restait pour eux un moment privilégié à protéger. Les enfants vivaient donc à la surface, s'ébattant dans les bois et les champs et goûtant pour quelques années le bonheur simple et naïf de ceux qui se savent aimés et protégés. Ce n'était qu'à l'âge de dix ans qu'on les considérait prêts à commencer leur apprentissage de soldats. Pas de ça pour Acastus et Peryna, sa sœur aînée.

Antalos Kolya avait donc emmené son fils de sept ans dans les grottes un jour où il jouait avec ses petits voisins.

Malgré le temps, la douleur ne s'était toujours pas estompée. Tandis qu'il courait en tête du groupe, parallèlement dans sa tête courrait le petit garçon qu'il avait été, le même bras droit tendu pour repérer le mur sur lequel, fatalement, il finirait par s'écraser, comme des années plus tôt. Il pouvait presque sentir le souffle chaud de la bête lui caresser la nuque, sentir le froid de ses griffes au travers de ses vêtements.

Envahi par la panique, il accéléra encore dans l'obscurité, oubliant même où il se trouvait, qui le poursuivait, s'enfonçant plus profondément dans ce cauchemar, qui avait commencé le jour où il avait posé le pied sur cette planète. Une faible lueur sembla surgir de l'obscurité et le ramena brutalement à la raison, une brève sensation de chaleur et le groupe se retrouva dans une salle faiblement éclairée. Si trois des murs ressemblaient à l'architecture d'Atlantis, ce n'était pas le cas du quatrième, par lequel ils étaient visiblement passés. Complètement translucide mais semblant émettre une très faible lueur dorée, il permettait de visualiser le couloir qu'ils venaient de prendre. Kolya bénit cette diversion qui empêchait ses camarades de s'apercevoir de sa crise de panique.

« Ils vont nous voir ! » s'exclama Alabert, et la seconde d'après vit cette lueur s'éteindre tandis que le couloir restait visible. Moins de dix secondes plus tard apparut l'équipe du colonel Sheppard, qui stoppa net à deux mètres de leur position.

« De quel côté sont-ils partis, Ronon ? Vous pouvez le voir ? » s'exclama Sheppard, qui, visiblement, ne les voyait pas. A la vue de son ami, Rodney prit son souffle pour crier mais Sora, d'un bon coup sur le crâne, l'envoya prendre un peu de repos bien mérité . Le silence fut troublé par le bruit du corps du scientifique tombant comme une masse.

Ronon se figea, ils devaient être très près. Il tourna le visage vers Teyla. Cette dernière semblait étrangement mal à l'aise, elle était très pâle à la lueur des torches électriques, mais il n'avait pas le temps de se soucier des états d'âme de sa collègue.

« Sheppard, nous devrions aller à gauche, j'ai entendu quelque chose, et ça semblait venir de ce côté. »

Teyla fut la dernière à s'engouffrer dans le couloir, elle garda quelques secondes les yeux fixés sur le mur, sans savoir que trois personnes, de l'autre côté, retenaient leur souffle, sans savoir que celui qu'ils recherchaient désespérément était à deux pas.

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« Nonnononnon, Radek, je vous ai déjà dit qu'inverser les condensateurs de la tour… »

« Oui, docteur McKay, vous avez raison, mais Radek n'est pas là. Allez, levez-vous ! Allez... Allez ! ALLEZ !!! »

Génial, plus que fantastique, ce réveil. Digne d'Alice au pays des horreurs. Qu'avait-il pu bien faire pour mériter ça ? Qu'avait-il pu bien faire pour mériter de voir en gros plan – le genre très gros – les pores dilatés d'Acastus Kolya ? Le visage bizarrement éclairé de son bourreau lui paraissait grotesque, celui de Sora était carrément flou. Seigneur, ses yeux perdaient la tête, si une chose pareille pouvait se produire ! Pire encore, il se sentait comme… une sardine sans arêtes, une sardine morte même, impossible de lever ne serait-ce que le bras. Kolya eut l'air comprendre qu'il se passait quelque chose de plus grave avec lui puisqu'il se releva sans insister.

Il put refermer les yeux. Ce n'était pas si désagréable, presque plus de sensations, s'il avait fait un peu plus chaud, il aurait pu se croire être dans un cocon. Merdeeeuuuuuuuuuuuuuh !

« Kolya ! » Dieu merci, il arrivait au moins encore à grogner. Cet homme était sadique ! Les yeux pleins de larmes de douleur, Rodney réussit à se recroqueviller sur lui-même, les mains pressés sur ce qu'il pensait rester de son estomac, mis à mal par des jours de disette et le coup de pied vicieux de Kolya. Non… il n'était même pas sadique, c'était un mot réservé à certains êtres humains et lui… il n'en était même pas un. C'était un… A ce mot, Rodney fondit en larmes.

« Relevez-vous, docteur McKay. Je ne vais pas le répéter plusieurs fois. » La voix était étrangement calme pour un homme qui venait de frapper quelqu'un à terre. Et ce fut ce calme, plus que l'ordre lui même qui ramena Rodney à lui. Le nez dégoulinant, les joues poisseuses, il présentait un bien piètre aspect. Quelques reniflements, quelques respirations pour tenter calmer l'étrange brûlure dans son ventre et le début de tremblements qui le saisissait, et Rodney réussit à se mettre en position assise.

Par pitié ou par agacement, Sora finit par lui venir en aide. Le docteur McKay ne tourna pourtant pas les yeux vers elle. Toute son attention était fixée sur le commandant Genii et l'oraison funèbre qu'il lui adressait. Ce fut un long face à face, Kolya finit par détourner les yeux et lui demanda en grognant d'examiner le mobilier de la pièce.

Rodney n'avait pas fait trois pas que la lumière les inonda, les forçant à fermer les yeux. L'obscurité revint brutalement, presque aussi douloureuse pour leurs yeux. Rodney rouvrit les paupières et une très brève seconde, parmi la myriade de taches qui constellait sa vision, il crut reconnaître une silhouette traversant le couloir derrière le mur translucide. Impossible ! Elle était morte. Et si…

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1. Il s'agit de la bombe atomique artisanale construite par Rodney lorsqu'il était plus jeune.

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Ils sont réunis sous le même toit… On s'achemine doucement vers la fin, plus beaucoup de chapitres avant la conclusion ! Je vais être plus rapide maintenant, enfin, si tout va bien !