J'étais assis sur la table du salon, une assiette de pâtes sur mes genoux, mais n'avais guère faim. Jouant de ma fourchette à enrouler les spaghettis autour, je soupirais avant de reporter mon attention sur Rivaille qui continuait de corriger des copies assis sur une chaise non loin de moi.
Je n'en revenais toujours pas de ce qu'il m'avait annoncé, et surtout de ce qui c'était passé il n'y a même pas quelques heures. J'ai mon professeur d'histoire géo chez moi, qui veux que je le tutoie, et qui veux faire de moi son apprenti car il est lui-même historiens ! Et pour finir, je lui ais avoué, en allemand serte, que je l'aimais ! Et le pire, c'est qu'il a compris ! Mais quel con ! Bon, d'accord, il m'a pris dans ses bras, et réconforté. Rien que d'y penser, j'en rougis. Mais bon. Et puis, il n'a pas relevé. J'aurais pourtant pensé qu'il dirait quelque chose, mais non, rien, que dalle. Même pas une petite pique. Peut être pense-t-il que c'était à cause des émotions et du chagrin, que j'ai toujours, que j'ai dit ça ? Et que par conséquent, il ne prend pas ces trois mots aux sérieux. En pensant cela, je me sens triste, et vide. Pourtant, j'aimerais tant qu'il... Qu'il... Tiens, c'est vrai ça, qu'il quoi d'ailleurs ? Qu'est-ce que j'aimerais de sa part ? Je n'en sais trop rien. Le simple fait qu'il soit là, avec moi, dans mon salon, et qu'il demande à ce je sois familier avec lui me réchauffe le cœur. Mais je peux toujours courir pour le reste de mes sentiments envers lui, si ceux là sont bien réel. Qui sait, peut être que dans le fond, je n'ai dit ça que par désespoir de me retrouver seule, sans réfléchir ? C'est vrai après tout, je viens à peine de le rencontrer. Et puis, c'est mon professeur, et qui plus est, un homme de presque quinze ans plus vieux que moi, un pauvre gamin pathétique qui rougit pour un rien, et bafouille lorsqu'il se trouve en face d'un mec mignon tel une sainte ni touche. Je fais vraiment pitié par moment, c'est affligent.
-Mange Eren.
-Pas faim lâchais-je du tac au tac comme si javais réfléchis à cela depuis un moment, me répétant la phrase dans la tête.
Il releva le regard, et le plongea dans le mien. Étonnamment, mes joues gardèrent leur teinte bronzé, et je soutins ses yeux d'acier qui me faisaient frémir. Non. Je ne pouvais pas l'aimer. Je le trouvais, en effet, beau, et j'adorais ses yeux, mais cela ne veux pas dire que je l'aime, si ? Je ne sais pas. Je ne sais plus quoi penser.
Soupirant, je baissais la tête vers mon assiette, mais sentais toujours le regard du prof' sur moi, semblant me sonder, chercher ce qui me tracassais. Si il savait ce qui ce passait en ce moment même dans mon esprit, il prendrait aussitôt un ballet pour y faire le ménage.
Je souris à cette image plutôt comique de Rivaille dans mon cerveaux, entouré de plein de mini moi qui cour et cri partout les bras en l'air. Le vrai bordel.
-Qu'est-ce qui te fais sourire gamin ? Me demande-t-il en souriant d'un micro sourire que je me surpris à aimer voir sur son visage d'ordinaire si impassible et froid.
-Le village peuplant ma cervelle en ébullition lâchais-je le plus naturellement du monde avant de pouffer, tandis qu'il secouait la tête, l'air désespéré par mon cas.
-Je sais repris-je, je suis grave atteins.
-T'as des neurones en moins gamin.
-Vieux répliquais-je, un sourire de défis collé aux lèvres.
Qu'allait-il faire ? Se prêter au jeu, ou bien lâchais prise en montrant sa lâcheté ? Ou peut être me le faire payer ?
-Mange.
-Lâche fis-je avant d'enfourner une pâte dans ma bouche, la mastiquant en regardant devant moi une photo de mes parents accrochée au mur. Aussitôt, mon regard se voilà de tristesse, devenant humide.
Je me souvenais de cette photo prise un été où ont été partit tout les trois en montagne, dans un chalet au bord d'un lac, où papa s'amusait à pêcher avec moi des pissons à main nu, comme là, sur la photo. Je suis entre mes parents, et mon père tient par la queue un gros poisson qu'il venait de pêcher avec moi, qui sourit de toutes mes dents en formant un V de mes doigts, le V de la victoire.
-Le poisson a mordu à l'hameçon... Hein papa... « Der Fisch hat angebissen ... Huh ... Dad »
C'était le bon vieux temps... Ouais... Le bon vieux temps.
-Dis... Vous restez combien de temps ? Demandais-je sans tourner le regard vers lui.
-Pour la dernière fois Eren, tu, pas vous, tu me vouvoie au lycée, pas ici... Pour répondre à la question, toi, combien de temps veux-tu que je reste ?
-Je ne sais pas fini-je par avouer en me tournant vers lui, vous n'êtes pas obligé de rester.
-C'est toi qui m'a appelé parce que tu en avait besoins... Pour être honnête, je n'ai pas très envie de te laisser quant je vois dans quel état tu es.
-Je vais bien mentis-je.
-Rappelle moi depuis quant tu n'avais pas dormi plus d'une heure ?
Je me tus. Un point pour lui. Il avait raison. Je n'allait pas bien. Mais en même temps, c'est bizarre qu'il soit là. Bientôt, des amis et collègues de mes parents viendrons, la police et j'en passe défilerons devant moi. Si ils trouvent mon prof' ici, ça risque d'être le bordel. Sans compter que lorsque mes amis vont apprendre ce qui c'est passait, autant pour mes parents que pour la venu de Rivaille chez moi... Je n'ose même pas y songer.
-je suis fatigué de cette putain de vie de merde ! Lâchais-je avant de poser mon assiette sur la table, d'y descendre sous le regard insistant de Rivaille, et je partis pour ma chambre. En chemin, je trouvais la porte de la chambre de mes parents ouverte, et sans savoir pourquoi, j'entrais dedans pour m'allonger sur le lit, serrant un coussin contre ma poitrine en fermant les yeux, laissant les larmes couler avec lenteur et silence.
Je me remémorais mes souvenirs en leurs compagnie. Mes anniversaires, ma première journée d'école, ma première chute à vélo, mes promenades, mes disputes avec ma mère, les noël, les nouvelles ans... Lentement, alors que mon corps était secoué par les sanglots, je me laissais bercé par ma mémoire, pour me laisser aller aux bras de Morphée. J'oubliais mes amis, l'école, Rivaille, ma vie tout simplement. J'ignorais qu'elle heure il était, et je m'en fichais.
- Je voudrais recommencer pensais-je, c'est ça mon testament. Transformer mon passé, mais comment ? Être un jour peut être, une bible ou un enfant, un animal normal, simplement. Mais comment me refaire ? Comment revenir en arrière ? Rentrer dans le ventre de ma mère, et refaire mon entrée... Chez les Hommes ?
