Deux Cœurs brisés
Bonjour/Bonsoir !
Encore une fois, je poste avec une journée d'avance pour des questions techniques, mais bon, voilà, on s'en fout après tout (U.U)
Nous rentrons, avec ce chapitre, officiellement dans la seconde phase de cette fiction. Promis, j'arrête d'enfoncer mes personnages plus bas que terre ! Surtout qu'après vous avoir posté un chapitre intégralement Fruk, ça serait méchant ! (èoé)
Donc, sans plus tarder, les réponses aux reviews :
Bey0nd :
Je m'attendais à ce genre de réaction en postant un bon gros lemon Fruk XD Contente que ça t'ait plu ! J'aurais bien l'occasion d'en remettre (en tout cas, j'ai deux-trois idées à ce sujet pour la suite). Bon, bref : merci beaucoup, comme d'habitude ! Je t'embrasse fort, fort, fort !
Mimi-chan :
Je suis bien d'accord avec toi, vivement qu'ils se remettent ensembles D En tout, cas, c'est ce que je veux faire au final. Après, c'est vrai que la situation est… laborieuse. Va falloir faire bouger tout ça (d'où ce chapitre… assez… euh… novateur par rapport à tout ce qui s'est passé jusque-là O.O). Merci beaucoup pour tes reviews !
ThePrincessofKatz :
Merci à toi aussi ! Pour être honnête, j'ai parfois peur de trop me perdre dans toutes ces contradictions… Pourtant, le message que j'ai en tête me semble clair (je crois que quand j'écris, j'en dis plus que ce que je voudrais, et ça part en sucette). Parce que tu as très bien résumé ce que je voulais dire dans ton commentaire, même si la haine de France pour Allemagne tend vers le pardon.
Nebelsue :
Ça, c'est le petit côté positif de faire une fic-double, ça donne deux fois plus de lemon. Bon, c'est deux fois plus de boulot pour moi mais que ne ferais-je pas pour vous ? (-w-) Je suis contente que tu ais apprécié le dernier chapitre. Pourvu que ça dure !
Merci également à ceux qui lisent sans reviewer ! Je vous embrasse tous !
Bonne lecture !
Chapitre IX :
Il y eut un bruit aigu et léger de goutte d'eau. Quelque chose, un liquide discret qui coulait en rythme sur une flaque, le tout dans une ambiance assez sourde. Les sons paraissaient un peu étouffés, et pourtant ces gouttes continuaient de se faire entendre à la perfection.
France trouva le courage d'ouvrir les yeux, intrigué et un peu inquiet qu'il puisse y avoir une fuite dans cette chambre d'hôtel.
Le plafond lui sembla anormalement sombre, un peu onirique car il avait presque l'air en mouvement à cause d'un jeu d'ombre étrange.
Décidé, il se redressa, le dos un peu engourdi de son sommeil, et il conclut immédiatement que quelque chose n'allait pas.
Autour de lui, tout n'était qu'obscurité mortuaire. On eut dit qu'un voile foncé se mouvait autour de lui, faisant avancer ou reculer les murs selon ses envies. Quelques touches de mauve rendaient l'atmosphère encore plus inquiétante, surtout du point de vue de France qui avait vécu la période où cette couleur s'utilisait pour les enterrements, à la place du noir. Les deux couleurs de la mort étaient omniprésentes.
Ou alors, plutôt que représentantes de la mort, elles étaient plutôt l'incarnation du songe. Plus il y pensait et plus France se disait que c'était un rêve. Et dans un rêve, le monde est flou, inconnu, un peu inquiétant. Ce devait forcément être un rêve. Surtout qu'il ne sentait pas les textures des draps sous ses doigts. Tout était lointain, ses sens étaient éteints. Oui, c'était donc bien un rêve. Son inconscient, après sa folie de la veille, prenait le dessus pour lui faire payer ses écarts.
Il aurait dû prendre ces foutus médicaments.
Complètement seul dans un lit qu'il ne connaissait pas, France hésita à bouger, attentif à ce que ce rêve pourrait lui faire subir. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque le mur mouvant devant lui se mit à s'écarter sur un espace nouveau, agrandissant la « chambre » du double de sa taille initiale, au moins.
Et dans cette partie nouvellement découverte de la zone onirique, un autre lit était apparu de derrière la noirceur. Un lit en tout point identique au sien, et à son bord, un homme. Un homme en tout point identique à lui, à quelques légers détails près.
En même temps, les deux hommes rabattirent les draps pour se lever. Cette cohésion de leurs gestes leur fit bizarre mais les rassura d'un même élan. Peut-être y avait-il un miroir invisible, un peu déformant.
Ils s'approchèrent donc du centre de la pièce, à pas lents, simples car dans leur plus grande nudité mais indifférents à celle de l'autre.
Ils s'approchèrent jusqu'à se faire face, à égale distance des deux lits, les yeux dans les yeux. Bleus contre mauves. C'était l'homme du miroir qu'ils avaient en face d'eux. Alors, à ce moment-là, avaient-ils été également dans un rêve ? Peut-être que, depuis le début, ils ne faisaient que dormir.
Peut-être n'étaient-ils jamais sortis de cette cellule dans laquelle Allemagne les avait laissé pourrir lorsqu'il s'était rendu compte qu'il ne tirerait aucune information d'eux. Ils étaient donc toujours entre 1940 et 1945 ? Et qui pouvait affirmer que la guerre était finie en 45 ? Si tout n'était que mensonge, ils pourraient être en 2060 et toujours en guerre.
Non, ils sentaient qu'ils avaient vécus leur libération, dans la vraie vie, dans la réalité. C'était en ce moment même qu'ils rêvaient. Tous les deux en étaient sûrs.
Mais ça n'expliquaient pas qui était cet autre qui leur ressemblait tant. Ils avaient tous les deux le charisme d'une Nation. Dans leur regard, on voyait passer les âges, on sentait l'expérience, l'Histoire qui s'ancrait dans tous les pores de leur peau. Ils n'étaient pas humains tous les deux, ils étaient plus que ça. Et pour quelques obscures raisons, ils n'eurent pas envie d'en savoir trop sur l'autre. Peu importait la raison de « son » existence, s'il était là, c'était que cet autre était essentiel.
Pas de paroles entre eux, ils n'en eurent pas besoin. Leurs âmes et pensées semblaient tellement s'accorder qu'ils n'avaient besoin de rien pour communiquer.
Leur pied gauche glissa sur le côté, ils ne s'écartèrent pas mais pivotèrent chacun dans une direction opposée à celle de l'autre, se mettant peu à peu de profil à leur lit. Toujours en se regardant, ils poursuivirent leur tour jusqu'à prendre la place de l'autre. Ils avaient fait exactement les mêmes mouvements… C'était… incroyable.
Soudain animés d'une fatigue extrême, ils se dérobèrent à la vue de l'autre et, ne se regardant plus, marchèrent jusqu'au lit qu'ils venaient de s'échanger pour s'y prélasser, juste le temps de dormir un peu. Ils régleraient cette énième folie plus tard.
Et ils prendraient ces foutus médicaments.
Cependant, le réveil fut différent de ce à quoi ils s'attendaient.
O*0~.o.~0*O
Francis ouvrit les yeux avec un début de mal de crâne assez terrible.
Il ne mit pas longtemps à se rappeler de la bêtise qu'il avait faite avec Ludwig la veille. Bêtise pure et dure. Inutile même. Ça n'avait pas marché et il se trouvait idiot d'avoir espéré. Passer la nuit avec Allemagne n'avait pas amoindri ses sentiments pour Arthur, au contraire. Maintenant, il se sentait encore plus infidèle et carrément puéril. Et nul doute que son partenaire du moment devait être d'accord.
Il ne pouvait pas se détacher d'Angleterre. Il l'aimait trop pour ça.
Le problème n'était donc toujours pas réglé et Francis allait très vite devoir en parler avec Ludwig, sinon ça allait empirer davantage. Et il le connaissait bien, ce Germanique, il allait regretter, s'en vouloir à mort et ça risquait d'aller de mal en pis. Si ce n'était pas déjà le cas... C'était déjà le cas... Putain…
Il se frotta le visage entre les mains, se redressant pour s'asseoir malgré les courbatures qu'il ressentait dans ses reins. Ils n'avaient pas fait les choses à moitié, décidemment.
Un petit souffle endormi se faisait entendre à côté de lui.
Bien sûr, y en avait un qui dormait toujours à poings fermés.
Francis risqua un petit coup d'œil timide sur Ludwig, essayant de ne pas trop ressasser les images de la veille pour ne pas trop regretter son geste. Déjà qu'il commençait à s'en vouloir… Par contre, il ne se souvenait pas qu'Allemagne ait une cicatrice en plein milieu de la joue…
Euh…
Quelque chose ne tournait pas rond. C'était sans conteste la même chambre d'hôtel mais le bazar n'était pas le même, les vêtements au sol n'étaient pas les mêmes et, plus important, son partenaire n'était pas le même. Ce dernier point, objectivement, lui sembla plus important que les autres, à première vue. Cependant, il se souvint de son rêve précédent et… comprit.
Ce mec qu'il avait vu avait sans doute échangé sa place avec lui cette nuit. Par on-ne-sait-quel stratagème magique bizarre. Et pour une fois, Angleterre et sa stupide baguette de fée n'y étaient pour rien. Si on ne pouvait même plus mettre ça sur le dos des celtes, que faire ?
Francis se trouva étrange d'accepter ça aussi facilement, ou au moins de le concevoir sans trop paniquer. Avait-il été ensorcelé ? Peut-être que cela venait du fait qu'il n'était pas vraiment fermé à tout ce qui touchait de la magie, même si les malédictions d'Arthur lui avait passé l'envie de jouer avec. Gaule aussi avait utilisée des potions bizarres et avait été une Nation assez mystérieuse. Cependant, Francis n'avait pas hérité de tous ses secrets. Il connaissait deux-trois trucs en matière de magie mais n'avait jamais entendu parler d'un double avec lequel échanger sa place.
Venait-il d'un autre monde ?
Si c'était le cas, il était très clairement dans la merde. Parce qu'il ne connaissait rien de celui son double et de ses problèmes. Et il ne pouvait pas prendre sa place comme ça, si ?
Quelque chose perturba Francis jusqu'au tréfonds de ses entrailles. C'était sa compréhension. Comment expliquer ce sentiment ?
En bref, il se sentait beaucoup trop calme par rapport à la situation, pourtant incroyable, bluffante, irrésoluble ! Il le prenait trop bien pour que ce soit normal ! Etait-ce encore l'œuvre de magie ? Pourquoi un tel détachement ?
Okay… Procédons méthodiquement…, pensa-t-il en se retirant des draps chauds. D'abord, la douche.
Oui parce que, monde parallèle ou pas, il avait couché avec quelqu'un la veille. Alors, avant toute chose, il devait se débarrasser de cette odeur de sexe et de la sueur qui couvrait son corps. Etre aussi débraillé le mettait mal, surtout dans un lieu dont il ne connaissait rien.
Il attrapa ce qu'il jugea être « ses » affaires et partit dans la salle de bain se préparer. Il fit au plus vite, le cœur battant de sa nouvelle situation et s'habilla de ces habits sombres. C'était bizarre pour lui de voir des vêtements aussi mornes mais bon… il allait faire avec.
Tout doucement, il sortit de la chambre d'hôtel, perturbé de voir que c'était le même que celui de son monde. Il avait peu de mot pour décrire précisément le trouble dans lequel il nageait. C'était trop différent et pareil à la fois, son cerveau n'arrivait pas à suivre ce paradoxe. Du coup, sa migraine lui revint, impitoyable.
Par contre, il n'avait aucune foutue idée d'où aller.
Une illumination soudaine lui vint, disant que son double et lui partageait peut-être quelques habitudes en commun, comme par exemple noter ses déplacements dans un agenda.
Il s'accouda contre un mur, tâtant ses poches intérieures et extérieures jusqu'à trouver un petit calepin de poche.
Bingo ! Lui aussi prend en note ses rendez-vous !
Ce n'était certes pas écris de la même manière ni avec la même écriture, mais au moins, le France de ce monde inconnu restait quelqu'un de méthodique. En même temps, qui retiendrait par cœur ses rendez-vous, tout en ayant un emploi du temps de ministre ?
« Réunion salle principale 9h30, lit-il en essayant de décrypter l'écriture ».
Il jeta un coup d'œil au téléphone portable qu'il avait trouvé dans une autre de ses poches.
« 10h15 ».
Bon… Il était « un peu » en retard. Et encore, ne parlons pas d'Allemagne qui n'était même pas encore réveillé.
Houla…
Le France de l'autre monde avait-il eu la même mauvaise idée que lui en se tapant un Germanique pour oublier un Britannique trop présent dans ses esprits ?
Oui, Francis venait de s'apercevoir de cette similitude entre eux. Sur le coup, se réveiller avec Allemagne lui avait semblé normal puisqu'il s'était endormi avec la veille. Sauf qu'il avait changé de monde entre-temps… En fait, Francis avait peur que ce soit la même merde d'un monde à l'autre. Lui qui espérait secrètement se débarrasser de ses soucis… il allait se coltiner ceux d'un autre. Enfin, un autre qui pouvait être lui mais sans l'être vraiment.
« Bordel…, jura-t-il en se prenant la tête entre les mains pour endiguer sa migraine ».
En désespoir de cause, il partit vers la salle de réunion dont il connaissait l'emplacement – c'était la même que dans son monde, de toute façon – en espérant passer un peu inaperçu. Quitte à rester dans ce monde-ci, autant jouer son rôle. Il était toujours la France. Enfin, il espérait.
En fait, il voulait justement en savoir plus sur ce qui lui arrivait. S'il s'avérait être accepté ici en tant que France, ça l'aiderait peut-être à trouver une piste pour rentrer chez lui. Il lui fallait juste trouver un moyen de communiquer avec l'autre. Avec un peu de chance, cette puissante proximité qui liait ces deux univers leur permettrait de rebasculer dans le bon, parce que, sans conteste, les deux se ressemblaient presque complètement. Il devait y avoir la possibilité de jouer de ces similitudes pour inverser la situation.
Si c'était possible.
Quoiqu'il en soit, il devait aller à cette réunion pour en apprendre plus sur ce monde.
Par contre, son pouls s'accéléra lorsqu'il se vit approcher de la salle en question.
Allons bon, manquait plus que ça.
Il lui fallut pas mal de courage pour oser passer la porte, et sûrement beaucoup de naïveté ou de malchance vu ce qui l'attendait.
Déjà, l'ambiance était… électrique.
Un silence de mort régnait, accompagné de quelques coups d'œil effrayants dans sa direction. Les Nations présentes avaient toutes un quelque chose de dangereux dans le regard ou dans la gestuel. Pourtant, il reconnaissait chacune d'entre elle par rapport à leurs doubles.
Le premier qu'il reconnut était le double de Gilbert, car les cheveux blancs – quoiqu'on dise – ça attirait l'œil. Par contre, son expression n'avait rien à voir avec celle de son meilleur ami. Déjà, il était gêné et se tortillait les mains sous la table, puis en plus il se taisait et ne semblait pas très… à l'aise. Prusse qui ne se prenait pas pour le centre du monde ? Que diable était ce monde de dingue ?!
Espagne faisait la gueule en croisant les bras, le regardant parfois avec embarras. Mince alors… un Espagnol qui tire une tronche d'enterrement, c'était mauvais signe. D'ailleurs, à son bras était accroché un jeune homme aux joues rouges, tout silencieux et mignon… Romano ? C'était bel et bien lui, mais en plus élégant et en plus câlin. Si Antonio voyait ça…
Si déjà ses deux meilleurs amis et complices faisaient ces têtes, ça allait chier pour le reste.
Ainsi, la première chose que Francis apprit sur ce monde, et pas des moindres, fut que les caractères n'étaient pas du tout, mais alors vraiment pas du tout, les mêmes… Il allait donc éviter de trop se comporter comme il en avait l'habitude. Par exemple, un câlin surprise à Canada ne semblait pas être l'idée du siècle.
Francis pensa que son plan avec Allemagne avait dû bien fonctionner. Tout le monde dans cette pièce paraissait au courant de leur folie de la veille, et le traduisait par des regards gênés. Pour une fois, le Français détesta voir son plan fonctionner. En même temps, la donne avait changée, il n'était plus chez lui et allait devoir faire face à des réactions qu'il ne pouvait pas prévoir.
Et Angleterre dans tout ça ?
D'ailleurs, c'était le seul qu'il n'avait pas encore trouvé du regard. A en juger par les places que chacun occupait (semblables à celles de son monde), Angleterre devait être la silhouette accoudée face contre table.
Ohoh… Ce n'était pas un mauvais signe, ça ?
L'Anglais avait la tête dans les bras et ne bougeait pas d'un cheveu. Pourtant, il devait savoir qu'il était entré dans la pièce.
Me dites pas que c'est vraiment la même merde dans ce monde ?
Angleterre et France avait une relation bizarre dans tous les univers ou quoi ?
En ressassant sa mauvaise idée de la veille, Francis en vint à se demander si Angleterre n'était pas responsable de ce sort étrange. N'était-il pas le fanatique de magie, après tout ? Et il avait toutes les raisons du monde de le faire. Ne serait-ce que pour sa vengeance personnelle (et bien méritée). Francis se devait de garder cette idée dans un coin de son esprit, en attendant de trouver une piste plus concrète.
France avança de quelques pas, se disant que, de toute façon, il serait sans aucun doute vite cramé car ne sachant pas comment son double se comportait habituellement. Il agirait donc comme il le voudrait, peu importe les conséquences. Il n'était pas leur France, il avait ses propres réactions et le reste du monde pouvait aller se faire voir. S'il commençait à trop se creuser la tête maintenant, il ne sortirait jamais de ce foutoire.
« Salut Lilian…, marmonna vaguement Espagne lorsqu'il prit place. T'es en retard mais personne n'a tenu à vous… déranger, Allemagne et toi. Enfin… euh… On n'est pas sûr de ce que vous avez fait mais, dans le doute, on n'a pas bougé…
_ Allons mi hermano, tu sais très bien ce qu'on a fait hier, trouve-moi une autre excuse je te prie, répliqua Francis d'un ton railleur en reprenant le surnom qu'Antonio lui donnait si souvent ».
Le ton léger sembla en prendre plus d'un par surprise parce que certaines Nations se jetèrent des regards étonnés. Canada, d'ailleurs, avait perdu son expression dégoutée et fronçait maintenant des sourcils. Il avait l'air plus débrouillard que son Matthieu mais moins sensible. Pourtant, ce qui faisait la force de son petit Canada, c'était sa perspicacité sensitive. Matthieu analysait vite et bien, là où ce Canada-ci devait être plus… fougueux, moins réfléchi. Bah, il était tout aussi adorable, rien que parce qu'il avait la même bouille que son fils adoré. Même s'il fronçait un peu plus les sourcils.
« Je suppose que nous allons attendre que Lud… qu'Allemagne arrive, reprit le Français en se concentrant à nouveau sur son frère latin. Du moins, ça me semble être une idée raisonnable, car nous avons besoin d'entendre la voix de chacun pour nos… réunions. Sauf si quelqu'un a quelque chose à y redire ».
Personne n'eut rien à redire mais beaucoup se lancèrent des regards étonnés.
Lilian ne parlait jamais autant, ne proposait jamais de compromis, ne détendait jamais l'atmosphère et ne disait certainement pas « mi hermano » à qui que ce soit. Pourquoi un tel changement ? Pourquoi un regard si clair, perçant… rieur ? Que lui était-il arrivé ?
Et… il ne fumait plus ?
Francis, inconscient des interrogations qu'il donnait à ses voisins, jeta un regard en biais à l'Angleterre assoupi – supposait-il. Le voir dans cet état le rendait triste, même si ce n'était pas Arthur. Il sentait la Nation en lui et ça suffisait à faire le lien entre les deux Angleterres. Il ne lui fallait juste pas faire l'amalgame, car son cœur en supportait déjà bien assez.
Il se recula sur le dossier de sa chaise et croisa une jambe comme il aimait le faire, attendant en fixant le lustre. Puis, négligemment, il monta une main sur la tête du Britannique, caressant ses mèches sableuses et un peu rosées. Il le sentit se tendre sous ses doigts, puis se relaxer. L'Anglais était peut-être trop occupé à se calmer, à réfléchir ou à se ronger le poing.
Francis espérait de tout cœur trouver des réponses à ses questions. Ce monde, bien que familier pour ses ressemblances avec le sien, différait de ce à quoi il s'était habitué. Certes, son âme de Nation continuait de fonctionner (et il sentait celle des personnes présentes dans cette pièce), même s'il n'était pas vraiment dans son milieu, mais il devrait bien rentrer chez lui un jour. Cependant, il s'interrogeait sur la raison de sa venue en ce lieu.
Pourquoi avoir changé de monde ?
Ces sortes de « vacances » improvisées seraient-elles à même de l'aider à faire le point ? Après tout, il était maintenant libéré de ses contraintes car étant dans un autre univers. Il avait tout le loisir de réfléchir posément en attendant de rentrer – s'il pouvait rentrer seulement.
Non, il ne devait pas commencer à penser avec pessimisme.
Il devait se détendre.
Plus de Ludwig. Plus d'Arthur. Plus de Feliciano. Plus d'Ivan. Il pouvait tout remettre au clair dans sa tête sans risquer de croiser l'un d'entre eux au détour d'un couloir. Il devrait s'en réjouir. Et pourtant… son cœur était serré.
Plongé dans ses pensées, Francis sursauta en entendant la porte s'ouvrir.
Allemagne, l'air de mauvaise humeur, le regard assassin, marcha vers la table, les bras ballant. Son espèce de casquette-béret étrange obscure lui tombait un peu sur les yeux, rendant son expression encore plus sombre. Il attrapa sa chaise avec son pied pour la tirer vers lui et s'y assis, sans jamais utiliser ses bras.
Ok. Ce n'était pas le même délire qu'avec Ludwig.
« Bon…, commença Amérique en cachant son excitation derrière un sourire machiavélique. On va pouvoir commencer la réunion, sauf si quelqu'un à encore quelque chose à dire.
_ Je pense qu'Angleterre n'est pas très réveillé, fit justement remarquer Romano sans lâcher le bras d'Espagne ».
En entendant son nom, le Britannique se redressa presque mécaniquement, finissant droit comme un « i » majuscule, un sourire factice et complètement cramé à dix kilomètres fiché aux lèvres, ainsi qu'un… regard mort.
Ok. Ce n'était pas non plus le même délire qu'avec Arthur.
Seulement, après dix minutes de semblant de discussion – mêlées à deux ou trois menaces de mort –, Francis se fit apostropher par un Italien sérieux (non mais, on aura tout vu dans ce monde…)
« Et toi, France, qu'en penses-tu ? Je suppose que ça ne t'intéresse pas mais on a tout de même besoin de ton avis sur la question.
_ Détrompe-toi, mon petit, je bois vos paroles. Cependant, il ne me semble pas convenable d'agir sur un coup de tête comme vous semblez prêt à le faire, même si ça semble être l'idée la plus efficace. Cependant, vous oubliez la portée environnementale en vous concentrant sur le côté économique, ce qui ralentirait la durabilité de nos villes et… euh… pourquoi vous me regardez comme ça… ? »
Les regards s'échangèrent encore, très clairement intrigués.
« Ecoute, France… On s'en fout de ce que tu as foutu hier et de ces rumeurs à la con, c'est pas notre problème, commença Amérique en lançant une pièce d'excuse à Angleterre qui la rangea nonchalamment dans une tirelire en forme de cochon recollée au ruban adhésif. Mais là… France… t'es devenu carrément bizarre.
_ Et ça pose un problème à quelqu'un ? répondit Francis avec répartie.
_ Bah… euh… non mais… C'est que…
_ Eh bah tu vois, le problème est réglé, conclut le Français ».
Certains déclamèrent à leurs voisins que la folie l'avait entièrement atteint, d'autres qu'il ne faisait ça que pour les prendre au dépourvu, dans une optique bizarre quelconque comme par exemple les attaquer en traitre. La folie ou la barbarie : voilà les deux seules solutions qui leur vinrent à l'esprit pour expliquer son comportement. D'ailleurs, l'un n'empêchait pas l'autre, disait Romano.
En soit, la réunion ne se passa pas si mal. Francis fit profil bas, n'intervenant que rarement et toujours pour défendre les intérêts de son double.
Il préférait analyser les réactions de ses camarades pour déceler dans quelle mentalité ils étaient. Qu'ils soient tous des psychopathes en puissance était un fait complètement acquis pour lui, rien que par les tâches de sang qui couvraient les gants de Russie. Mais mis à part ça, leurs gestes et manières d'être étaient très parlants.
Déjà, le fait que Canada le foudroyait du regard quand il se sentait observé était intéressant – et triste – et Francis s'interrogeait pour comprendre d'où venait cette rancœur évidente.
Angleterre, à ses côtés, avait les bras tremblants – de folie et de pulsion meurtrière, lui souffla Espagne – mais il y avait quelque chose chez lui d'adorable malgré ça. Une petite odeur sucré et moelleuse qui donnait envie de l'enlacer. Par contre, il évitait comme il pouvait de regarder France dans les yeux, mais ne se gênait pas pour atomiser Allemagne de ses ondes négatives – Allemagne qui s'en battait sensiblement les couilles, d'ailleurs, puisqu'il était plus occupé à lancer des regards agacés à Italie qui lui mimait l'acte d'égorgement en glissant son pousse sur sa gorge. Charmant. Rien à voir avec Feli et ses petites larmes de crocodiles.
Prusse capta plus d'une fois le regard de France sur lui, ce qui sembla le mettre particulièrement mal à l'aise. Lui aussi s'en voulait pour la Seconde Guerre mondiale ou était-ce son caractère naturel ? Difficile d'en être sûr. Francis allait devoir enquêter. Dans son monde, l'attitude distance de Prusse vis-à-vis de lui le rendait extrêmement triste, et ça ne s'arrangeait pas en voyant ce double aussi perturbé.
A moins que ça aussi un rapport avec sa connerie de la veille.
Oh… Cette délicieuse envie de se coller une baffe… Jamais Francis n'avais ressenti, à ce point, le désir de s'infliger une correction.
Midi sonna et, à l'instant même, certains étaient déjà dehors, fuyant l'ambiance nauséabonde qui sévissait.
Francis s'apprêtait à quitter la table à son tour mais fut comme qui dirait « un peu contraint » de rester assis. Le début de brouhaha s'effaça aussitôt pour faire place à un silence embarrassé, alors que Francis tentait de comprendre pourquoi il avait Angleterre sagement posé sur ses hanches.
Waaaaaaah… ? pensa-t-il en clignant plusieurs fois des yeux.
Pourquoi tout le monde retenait-il sa respiration ?
Pourquoi Angleterre affichait-il un regard démentiel ?
Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Juste : pourquoi ?
« Angleterre ? »
Il étrangla sa propre voix lorsqu'une langue chaude vint glisser du bas de son cou jusqu'à son oreille.
Waaaaaaah… ? continua-t-il de penser en se tendant.
Pas que ça le dégoutait foncièrement – après tout, il restait Angleterre et donc quelqu'un qu'il aimait – mais c'était perturbant de faire ça en public, devant des gens qu'il ne connaissait pas – même s'il était supposé les connaitre.
Cette histoire le rendait dingue.
L'instant d'après, la délicieuse chaleur disparut, un peu trop brusquement pour être normale, et Francis vit qu'Allemagne avait empoigné l'Anglais pour le balancer à l'autre bout de la salle. Et vu la tête blasée d'Espagne, c'était apparemment une action tout à fait normale.
« Bon sang, Allemagne ! ne put s'empêcher de crier Francis. Doucement ! »
Il reçut pour toute réponse un froncement de sourcils rageur de son sauveur présumé et conclut qu'il allait juste se taire et attendre que l'orage passe. Il gardait son instinct de survie, tout de même. L'Allemand reporta son attention vers le corps inerte du Britannique, qui semblait ne faire plus qu'un avec le sol – mais ça ne découragea pas Karl à lui parler.
« Apprend à te tenir, Angleterre. Tu connais très bien les enjeux et les conséquences de la moindre de nos actions. Si une telle chose remontait aux oreilles des dirigeants, ils pourraient croire à de nouvelles tentatives d'alliances et se serait à nouveau la guerre. Alors prend sur toi et reste tranquille, pour une fois dans ta vie.
_ Parfum…, répondit simplement l'Anglais
_ Quoi ?
_ Parfum…, répéta-t-il en redressant la tête pour fixer Francis dans le blanc des yeux. Il a mis du parfum. Pourquoi, Lilian ? Je pensais que tu détestais ça… Qu'as-tu voulu dissimuler sous cette odeur factice ? De quoi te caches-tu ? De quoi as-tu peur ?
_ Laisse, Angleterre, reprit Allemagne en soupirant. On s'en fiche de ça ».
A voir le regard enflammé du Britannique, il ne s'en foutait pas. Bien qu'à première vue, cette réaction semblait exagérée – car ce n'était que trois gouttes de parfum, après tout, que Francis avait trouvé au fond de sa poche en tant qu'échantillons, comme si son double s'était baladé dans une galerie commerçante et s'était retrouvé avec des vendeurs insistants sur le dos (ce qui était peut-être le cas, en fait) – en réalité, c'était plus profond que ça. Si Oliver insistait sur les notions de « dissimulation » et de « peur », ce n'était sans doute pas anodin.
L'Europe croulait sous la crainte d'une autre guerre. Tout le monde se terrait derrière son égoïsme, son individualité, pour se prémunir d'une éventuelle guerre. Si Lilian et Karl étaient mariés, c'était aussi parce qu'ils n'osaient pas remettre en cause ce qui leur assurait la paix.
Ils avaient peurs.
Francis comprit ça dans le regard désespéré du Britannique, et du même coup, il sut que son monde souffrait du même traumatisme. La peur.
Vraisemblablement, porter ce parfum, cette marque de cachoterie, perturbait Angleterre pour des raisons bien philosophiques.
Cependant, et en parlant de « perturber » : le léchage de cou, on en parle ou pas ? Non parce que Francis avait un peu de mal à situer comment un individu normal pouvait avoir la délicieuse idée de passer un bon gros coup de langue sur la nuque de quelqu'un pour – oh ça alors, wahou ! – constater que cette personne s'était parfumée. Et le nez dans tout ça ? Il servait à quoi ?
Si Francis était bien sûr d'une chose, c'était que ce monde était fondamentalement dangereux. Rien qu'à voir le regard fou de l'Anglais – dont il ne connaissait toujours pas le nom, soi-disant passant –, il y avait de quoi prendre ses jambes à son cou.
Plus le temps passait et plus Francis se rendait compte qu'il n'avait rien à faire là. Ce n'était pas son univers et eux n'étaient pas ses proches. Et surtout, en étant là, il avait volé la place d'un autre. Et lorsque certains s'en apercevraient, il doutait que ça causerait bien du mal.
O*0~.o.~0*O
De son côté, Lilian se réveilla la tête dans le coltard, avec une impression de vide qui lui courrait dans les veines. Ses premières pensées du matin étaient bien entendu tournées vers ce qu'il avait déclenché la veille avec son époux obligatoire. C'était qu'il pouvait vraiment avoir des idées de merde quand il s'y mettait sérieusement. Là, il venait d'atteindre le stade de non-retour en matière de connerie.
Peut-être que ça avait marché. Peut-être qu'avec ça, Oliver renoncerait définitivement à lui pour se reconstruire. Cependant, Lilian avait sous-estimé quelque chose d'important dans son plan : l'impact que ça aurait sur lui-même.
Avec le recul, il ne pouvait pas s'empêcher de comparer ses ébats de la veille avec ce qui lui était arrivé pendant la Seconde Guerre mondiale. Jusqu'à hier, jamais Lilian n'aurait remis « Karl » et « sexualité » dans la même phrase à cause de son traumatisme. Alors, leur union de la veille avait logiquement été un grand pas en avant pour eux, pour se réconcilier. Au lendemain de la guerre, Lilian lui aurait craché à la figure s'il l'avait ne serait-ce que frôler par inadvertance.
Et même malgré ce bond dans leur relation, France n'était toujours pas apaisé.
Impossible d'aimer Allemagne. Cet homme n'était pas pour lui, son caractère ne lui convenait pas. Karl était un gros orgueilleux qui se devait d'être parfois remis à sa place, chose que Luciano faisait allégrement en refusant de se faire marcher sur les pieds. Jamais Lilian ne lui donnerait le même écho, car trop indifférent de son entourage. Tous les deux n'étaient pas compatibles. Le seul bienfait qu'on pouvait trouver à leur bêtise était la récente disparition de leur dégout l'un pour l'autre. Les premiers pas vers la réconciliation définitive, sans doute.
Et Angleterre ? Comment allait-il réagir ?
Surtout que, désormais, Lilian risquait la solitude définitive. Il renonçait à l'amour improbable d'Allemagne et s'était arrangé avec lui pour qu'Oliver le déteste.
A personne d'autre qu'à lui-même il ne l'avouerait mais ça lui donnait de sérieuses sueurs froides. Pour la première fois, il allait peut-être vraiment détacher définitivement Angleterre de lui. Ou la seconde fois plutôt, car il l'avait échappé belle avant l'entente cordiale. Oliver avait failli s'éloigner par crainte.
Lilian avait l'impression d'être tombé dans un jeu de rôle où il était question de séduction. Un coup, c'était Oliver qui lui faisait des avances, puis ensuite lui, puis Oliver à nouveau, etc…
Renoncer à l'amour d'Angleterre le faisait bien plus chier qu'il ne le pensait. C'était sa base, son pilier de vie, celui vers lequel il avait toujours pu revenir – peu importe les actions personnelles ou diplomatiques. Perdre Angleterre, c'était tout perdre.
Mais pourquoi diable ne se rendait-il compte de ses sentiments que trop tard ? Et ce n'était pas la première fois que ça lui arrivait, qui plus est. Lilian jouait les fiers en disant n'avoir besoin de personne, mais c'était surtout parce qu'il avait toujours su que, quoiqu'il arrive, il en restait un qui ne l'abandonnait jamais.
C'était pour ça que coucher avec Karl avait été une immense erreur.
Si le mémorable duo franco-anglais se séparait, peut-être y avait-il une chance qu'Oliver se reconstruise, mais en échange ce serait Lilian qui serait détruit. L'un ou l'autre risquait de finir blessé de cette tragique histoire, et le choix de la suite des événements appartenait à Lilian. Il lui fallait donc choisir entre sauver les sentiments d'Oliver ou sauver sa santé mentale. Et en bon égoïste, il était plutôt tenté vers la deuxième option.
Agacé de s'être percé à jour trop tard, il se redressa du lit et fixa un instant son partenaire, toujours l'esprit brouillé sous des pensées négatives. Il fut cependant bien obligé de taire ses voix intérieures lorsqu'il soupçonna quelque chose de pas clair.
Pourquoi Karl avait-il soudainement l'air plus doux ? Et pourquoi sa cicatrice à la joue n'était-elle plus visible ?
Lilian n'était pas du genre à paniquer mais il sentit bien ses muscles se tendre en comprenant que ça ne tournait pas rond. Déjà qu'avec son rêve, il se sentait devenir de plus en plus dingue, voilà qui n'arrangeait pas ses affaires.
Ou il rêvait encore.
Non, il ne rêvait pas.
Il quitta le lit sans faire de bruit, en quête de réponses. Sur la table était posté un calepin qu'il n'avait jamais vu et qu'il se décida donc à ouvrir par curiosité. Lisant en diagonale, il nota la présence d'une lettre professionnelle, hâtivement incrusté entre deux pages, qu'il déplia et parcourut rapidement.
Finalement, son regard s'arrêta sur le destinataire de la lettre.
« Ludwig Beilschmidt ? »
Ludwig ? Mais Allemagne se nommait « Karl », pas « Ludwig », et il n'avait pas entendu parler d'un énième frère caché que personne ne connaitrait.
Un coup d'œil aléatoire sur le sol lui permit de mesurer à quel point les vêtements qui y trainaient ne lui disaient rien. Il ravala sa salive et finit par faire le lien avec son rêve étrange. Il ne s'était jamais vraiment attaché à toutes ces conneries de magie mais pensa soudainement qu'il aurait finalement dû y prendre garde. Ça puait la sorcellerie, cette affaire.
Mais il ne sombra pas dans la panique. Un jour, Oliver lui avait vaguement parlé de ce phénomène qui serait « possible mais que personne n'a jamais essayé », une connerie qu'il avait lu dans les livres de magie de sa mère, en gros. A l'époque de cette discussion, France n'y avait pas cru et l'avait laissé parler dans le vide. S'il avait su…
Toutefois, c'était rassurant de savoir que cette situation était catégorisée dans un livre de magie. A tous les coups, ça signifiait qu'il existait un moyen de renverser la situation. En magie, rien n'est jamais définitif, lui avait avoué Oliver. Les sorciers avaient toujours tenus à prévoir une solution de secours, au cas où, et avec quelque chose d'aussi grave qu'un changement d'univers, il devait assurément y avoir une solution. Par contre, pour la trouver, ça allait être une autre paire de manches.
Il se sentait bizarre.
Comment pouvait-il rester aussi maitre de lui-même ? Pourquoi ressentait-il ce paradoxal sentiment de bien-être parcourir sa peau, alors qu'il était victime d'un sort ? Ses émotions avaient-elles étaient cloisonnées dans le processus, le rendant plus tolérant ? Lilian était peut-être quelqu'un de calme, mais il ne pouvait pas s'expliquer cette sorte de mollesse qu'il ressentait à l'idée de devoir rentrer chez lui. Malgré la gravité de la situation, il sentait qu'il pourrait très bien s'en accommoder, qu'après tout il était toujours vivant, que ce n'était pas si grave.
Pas si grave ?
Mais que lui arrivait-il pour penser comme ça ? Il n'arrivait tout simplement pas à s'intéresser pleinement à son sort. Quelque chose en lui le sommait de se laisser aller, de voir le bon côté des choses en relativisant allégrement.
Pourquoi ?
Qui avait déclenché cette magie ?
Lilian ramassa les affaires de celui qui devait être le France de ce monde et fila à la douche pour bien se réveiller. Il pressentait qu'il allait avoir besoin de toutes ses capacités pour survivre à la journée qui l'attendait.
Etant comme qui dirait en « terrain inconnu », il devait passer dans une attitude prudente en attendant de trouver une solution. Hors de question de se laisser embarquer dans une merde plus grande que ça.
Déjà, il se demandait comment pensait les Nations de cette univers, parce que rien qu'à voir celui d'où il venait, il pouvait s'inquiéter, bien qu'il doutait qu'il soit possible de faire pire. Mais sait-on jamais. Il devait rester prudent – comme il l'était de nature.
Il se doutait, vu les ressemblances violentes entre ce monde et le sien, qu'il devait y avoir une réunion internationale entre les différentes Nations ce jour même. Il arriva très vite à la conclusion que s'il jouait le jeu en se faisant un minimum passer pour son double, il serait plus à même de comprendre ce monde et pourrait éventuellement trouver une solution pour repartir. A moins qu'il ne se complaise à rester là pour toujours, ce qui n'était peut-être pas une si mauvaise idée que ça, en soi. Il aurait peut-être enfin la paix.
Non, quelle idée de merde.
Il devait trouver un moyen de rentrer chez lui. Mais en attendant de trouver une solution, autant rester discret en se comportant bien.
Il supposa les autres d'être en salle de réunion (un coup d'œil sur une des pendules du couloir lui avait fait comprendre qu'il était très largement en retard) et s'y rendit sans difficulté, un peu perturbé que tout soit exactement pareil que dans son monde, sauf légères différences futiles.
Porter une chemise de marque coupée sur mesure lui faisait bizarre, bien qu'après une nuit au sol elle soit devenue assez froissée. En plus, elle sentait bon la lessive, et ne parlons pas de la veste légèrement parfumée à l'eau de Cologne. Son double faisait apparemment preuve d'une certaine élégance, un peu comme le Romano de son monde. Quoique Romano devait être le pire de la catégorie, il remarquait la moindre imperfection.
Et à côté de ça, il y avait Lilian et sa négligence qui devaient bien trancher avec ces beaux habits.
Rester calme, jouer le jeu et trouver une solution. Rien d'infaisable.
Il était champion de la dissimulation dans son monde, alors peut-être qu'avec un peu de chance, on ne le remarquerait pas. Sauf si son double était du genre loquace, et dans ce cas il ne pouvait rien faire. C'était naturellement difficile pour lui de forcer le dialogue avec quelqu'un.
Ca y est, ça le faisait chier.
Il arriva devant la porte en se retenant de soupirer de lassitude. La solution à cette histoire était peut-être derrière. Si on lui avait fait changer de monde, c'était sûrement pour une raison précise. Cette raison serait-elle parmi les autres Nations ? Un grand travail de contemplation allait commencer pour lui. Regarder, comprendre, analyser et déduire. Son avenir était en jeu.
Mentalement préparé à la suite des événements, il abaissa la poignée pour pénétrer dans la salle de réunion.
Un semblant de discussion décousue trainait dans la pièce, sur un ton de reproche ou d'indignation, et continua juste le temps pour les autres de s'apercevoir de sa présence. Il avait eu le temps d'avancer de moitié dans la pièce avant que le silence ne se fasse.
Je crois que notre plan de la veille à marcher, constata-t-il en voyant certaines Nations comme l'apparent puritain Amérique rougir et baisser la tête.
Ce fut au moment où il se fit cette réflexion que son cerveau digéra pleinement cette information. Ainsi que toutes ses conséquences.
Il avait couché avec Allemagne, avait changé de monde pendant la nuit et s'était réveillé aux côtés d'Allemagne.
Son esprit fut vide pendant trois longues secondes puis se remit à fonctionner pour lui éviter l'AVC.
Ne me dites pas que les similitudes vont jusque-là…
Hélas, il comprit que « si » lorsqu'un bel homme aux traits semblables à ceux d'Angleterre le foudroya du regard, le visage livide et le regard cerné.
Merde…
Il savait bien que ça avait été la pire connerie au monde mais là, c'était le jackpot total ! Non seulement lui avait joué au con, mais en plus son double aussi ! Au même moment ! Ce qui signifiait obligatoirement qu'ils étaient tous les deux en face du même problème. Là était peut-être la raison de ce basculement d'univers…
C'était une piste à ne pas écarter.
« En retard ! fit méchamment remarquer un blond qui ressemblait à s'y méprendre à Suisse. J'ai failli m'en aller huit fois, France ! Huit fois !
_ Alors pourquoi t'es toujours là ? répliqua le Français, spécialiste en phrases courtes, en s'asseyant lourdement sur ce qu'il supposait être sa chaise ».
Son ton avait eu tout d'insultant, tant parce qu'il était empreint d'une ironie mordante que parce qu'il supposait d'un même élan une indifférence total au sujet de conversation. C'était tout l'art de Lilian : suggérer plusieurs choses avec une seule et même phrase, toujours laisser le flou et ne pas se laisser marcher dessus. Il avait tout de détestable.
Suisse commençait à répondre à son ironie par des termes assez rudes – chose qu'on lui connaissait bien –, ce qui lui valut d'être calmé par certains de ses collègues. Indifférent à ce qui se passait, Lilian le regardait d'un air vide, les bras croisés contre sa poitrine, alors qu'il analysait le comportement de ses voisins. En tournant un peu la tête, il fit face à Angleterre, qui serra les dents en constatant qu'il était observé. Profitant de l'agitation pour rester discret, Artur le foudroya des yeux sans risquer de commencer un autre débat avec le reste du monde sur les aventures nocturnes d'une certaine personne.
« Cesse de me fixer. Je ne veux plus jamais entendre parler de toi, cracha-t-il avant de se détourner de lui ».
L'expression infiniment enragée de l'Anglais perturba Lilian qui ne masqua que partiellement son scepticisme. Il n'était pas habitué à ce genre de réaction. Le plan de son double pour détacher Angleterre de lui avait marché à merveille. En était-il de même pour Oliver ?
Et si tout ceci n'était qu'une façade pour le mener par le bout du nez ?
Oui, après tout, le plus à même de contrôler la magie était Angleterre. Le coupable de son infortune pouvait être lui. Les deux Angleterres auraient choisis de se venger au même instant, créant ainsi la faille temporelle.
L'hypothèse était tellement crédible que Lilian se demandait comment il avait pu ne pas y penser de suite. Cependant, il n'était pas complètement sûr de son coup. En fait, il ignaorait vraiment qui d'autre avait des connaissances en magie. A moins que ce changement soit involontairement créé par Allemagne. Après tout, le peuple germanique restait bien mystérieux. Il n'était pas impossibles que les deux Nations allemandes aient hérités d'une certaine forme de magie ancienne – qu'ils ne maitrisaient peut-être pas.
En un instant, tous les pays de son monde devinrent suspects aux yeux de Lilian. Ils étaient tous susceptibles d'avoir monté cette mascarade dans un but politique : éviter un autre conflit.
Dans ce cas, la soirée passionnée franco-allemande en aurait été l'élément déclencheur. Le coupable se serait hâté de jeter sa malédiction avant que les couples n'explosent les uns contre les autres.
Voulant réchauffer l'ambiance pour quelque chose de plus chaleureux, Espagne se tourna vers celui qu'il croyait être son frère, un grand sourire au visage.
« Allons, Francis, ne sois pas si brusque avec Suisse, tu sais à quel point il est susceptible. Et puis c'est rare de te voir trainer au lit alors comprend-le !
_ Toi, ta gueule ».
Aussi bizarrement que soudainement, il sembla faire plus froid dans la pièce après cette réponse cinglante du Français. Espagne était figé comme une télévision en arrêt sur image, son beau sourire un peu terni par l'étonnement. Ils avaient tous déjà vus Francis de mauvaise humeur, surtout lorsqu'on lui cherchait des noises en période de crise, mais là, c'était une première. Francis n'était pas friand des insultes gratuites, encore moins envers Antonio (et c'était valable pour tous ses proches).
Il y eut donc un mouvement général d'inquiétude lorsque cette phrase eut fini de lui échapper. La plupart des Nation fit le lien avec la rumeur de sa soirée passionnée avec son « mari » et en déduisit qu'il y avait une histoire sentimentale là-dessous qui devait le mettre de mauvais poil. En tout cas, c'était l'explication la plus probable.
« Euh… Donc on attend encore Allemagne ? proposa Amérique en regardant Lilian dans les yeux et en souriant comme il le pouvait pour changer l'ambiance. J'ai de grands projets pour l'avenir de la planète et il faut absolument que tout le monde soit réuni ! Il ne devrait plus tarder, non ?
_ Qu'est-ce que j'en ai à foutre ? lui répliqua son interlocuteur avec l'air de s'en branler complètement ».
Revenant sur ses décisions, Arthur décida de se ré-intéresser à son voisin, mais bien parce que quelque chose n'allait pas. Sous le choc et bouche bée, l'Anglais contempla son camarade sortir une cigarette d'un paquet et l'allumer sans gêne.
« Tu… tu fumes… ? interrogea nerveusement Antonio.
_ Comme tu le vois.
_ Mais je croyais que… que tu n'aimais pas l'odeur…
_ Eh bah si.
_ T'es bizarre, aujourd'hui… Pourquoi tu fumes soudainement ?
_ Parce que ça me détends ».
Antonio fronça les sourcils et le regarda avec méfiance, flairant déjà l'entourloupe, ou au moins que son frère n'allait pas bien du tout. Pour changer à ce point de personnalité, il fallait bien que le Français ait péter un câble. Ou alors la réponse était autre et il ne lui restait qu'à la découvrir.
Mais même ! C'était trop bizarre !
Antonio connaissait un minimum son frère, mais là, c'était un inconnu total qui se présentait à eux. Un inconnu avec le même charisme et la même tête, certes, mais un inconnu tout de même. La dernière fois que Francis avait changé de personnalité, c'était entre 1789 et Napoléon. Juste pour rappeler, c'était à peu près à ce moment-là que tout était parti définitivement en vrille en Europe. L'ère moderne, dira-t-on.
Personne n'avait envie de ré-expérimenter une domination napoléonienne.
Mais si sous le Premier Empire, Francis avait changé de personnalité pour devenir un utopiste assoiffé de puissance, en quête de liberté, là il était à l'opposé parfait. Il y avait un quelque chose de purement belliqueux dans sa manière de se tenir, de parler…
Incompréhensible.
Quant à Arthur, il devait en être arrivé au même constat. Antonio supposait même que le Britannique était le plus en mesure d'analyser leur compagnon européen, car l'ayant vu sous toutes ses facettes. S'il y avait bien une personne capable de tirer ça au clair, c'était bien lui. Sauf que maintenant qu'il était en froid avec Francis, ça allait être compliqué de lui demander de l'aide pour comprendre ce qui arrivait au Français. Quoique l'Anglais aimait autant les défis qu'il détestait avoir un mauvais pressentiment inexpliqué.
A coup sûr, le perfide Albion ne pourrait pas se retenir de provoquer un peu son voisin pour observer ses réactions et déduire deux ou trois choses.
« Pas de cigarette, frog »
Gagné. Antonio avait eu raison, Arthur avait déjà succombé à l'appel délicieux de la curiosité. Il le testait.
Lilian pivota la tête vers lui, un masque neutre déstabilisant plaqué au visage.
« Je pensais que tu ne voulais plus entendre parler de moi, répliqua-t-il avec une subtile ironie cachée au fond de son ton monotone.
_ Là tu me gênes avec ta fumée ».
Yeux dans les yeux, ils s'étudièrent attentivement pendant quelques temps. A chaque seconde qui passait, les autres craignaient qu'ils ne débutent un combat, comme ils en avaient l'habitude. Cependant, rien ne se passa, même pas un geste, même pas une parole. Ils ne faisaient que se regarder, sans animosité particulière.
Arthur ne pouvait pas réagir parce qu'il était tout simplement happé par la couleur étrange des pupilles de son ancien amant. La beauté méditerranéenne de ses iris ondulait maintenant dans un mauve macabre et vide de vie. L'étincelle de joie qui faisait la particularité de Francis s'était éteinte depuis plusieurs décennies déjà, cependant ses yeux n'avaient jamais parus aussi morts. De la fragile lueur d'espoir qui animait son regard, il n'en restait qu'une cendre terne, déçue et imperméable.
Ce n'était pas Francis. Arthur ne pouvait pas concevoir que cet homme soit son Francis.
Celui-ci était trop mou, trop blasé, trop flegmatique. Il sentait la déprime à plein nez. Et cette dangerosité qui émergeait de lui était flippante.
Ce ne pouvait pas être l'homme qu'il avait tant aimé. Où était-il ? Où était le Francis qu'il connaissait ? Arthur paniqua dans son for intérieur. Jamais il ne pourrait se comporter normalement avec un Francis si transformé. Il voulait qu'on lui rende celui qu'il connaissait, celui qui riait, qui aimait, qui se battait contre lui.
Il fallait qu'ils se battent tous les deux.
C'était ce qui leur restait après tous ces siècles d'oscillation. Leurs poings étaient leur dernière arme de communication, car les baisers leur avaient été interdits et leurs mots étaient censurés.
Combattre.
Bouleversé par les récents événements et animé d'un désir de revenir au bon vieux temps, ce fut sur un coup de tête qu'Arthur se leva pour empoigner son voisin par le col, prêt à en découdre avec toute sa rage. Il leva le poing bien haut et l'abattit de toutes ses forces contre le Français, s'attendant déjà à une répercussion sur son propre corps.
Les autres Nations avaient arrêtées de respirer, et personne ne fit l'effort de s'apercevoir que Canada était au bord des larmes, toujours cramponné à son ours comme s'il était la dernière chose pouvant le réconforter. Mais lui aussi retint son souffle en attendant le début de la réplique.
Réplique qui ne vint pas.
La porte s'ouvrit à ce moment-là.
Ludwig venait d'entrer, clairement mal à l'aise et ayant surement fait preuve de beaucoup de courage pour les rejoindre après la nuit d'auto-trahison affective qu'il avait passée, mais lorsqu'il vit l'ambiance et la position dans laquelle était les deux rivaux éternels, il tiqua et s'immobilisa.
Le visage de profil à cause de la force de l'impact, Lilian regardait la cigarette se consumer entre les deux doigts de sa main. Arthur tenait toujours son col d'une main, l'autre restant en l'air, incertaine, prête à répliquer. Mais rien ne vint.
Lilian cracha quelques gouttes de sang car s'étant mordu l'intérieur de la joue dans la manœuvre, puis reporta la cigarette à ses lèvres en attendant que le temps passe. Angleterre ne sut que faire face à cette… indifférence.
« Réplique ».
L'ordre du Britannique était clair et brusque. Désespéré.
Aucune réponse ne vint à sa suite.
« Dis quelque chose. Frappe ».
Désespoir.
Combattre, c'était la dernière chose qui leur restait. Que Francis y renonce était le pire au monde, car il rejetait absolument tout ce qu'ils avaient vécus ensembles. L'amour à cause d'hier soir, et aujourd'hui la haine.
Que restait-il de leur passion commune ?
Chine jeta un regard craintif à Russie, qui lui non plus ne reconnaissait pas Francis, même l'ayant côtoyé de près. Amérique dansait sur ses deux pieds, les fixant pour ne pas contempler ce massacre. Quand à Italie, il tremblait d'incompréhension, accroché à son jumeau et à Espagne.
Le climat trouble qui sévissait en Europe semblait désormais très clair. Tout le monde se méfiait de tout le monde. Tout le monde avait peur. Ils craignaient une Troisième Guerre mondiale, plus dévastatrice encore, plus terrible si c'était possible. Ils comprenaient, savaient que tous leurs sourires n'étaient que des facettes servant à cacher leurs craintes.
« Pitoyables ».
La conclusion de Lilian fut suivie d'une tentative de brulure sur la main d'Arthur, qui se dégagea à temps.
« Vous avez peur, ça se sent d'ici ».
France venait enfin de le comprendre. C'était bien la peur, le problème qui l'entravait depuis tout ce temps, qui les entravait tous. Lui se cachait derrière sa fierté mais en réalité, s'il n'avait jamais essayé de divorcer d'Allemagne, c'était par peur. Un divorce signifiait dans la tête des dirigeants : nous voulons une autre guerre.
Mais personne de sensé ne voulait une autre guerre ! Comment leur expliquer ça ? Ils ne voulaient plus de ses horreurs, de ses erreurs. Ils voulaient reprendre leurs vies d'avant. Tous. Ils voulaient retrouver ceux qu'ils aimaient. C'était pourtant simple ! Italie voulait Allemagne, Allemagne voulait Italie. Angleterre voulait France, France voulait Angleterre. Les autres voulaient la paix, eux aussi.
Seule la peur brimait cette utopie. Mais après toutes ces années de conflits, le courage et la détermination leur manquait. Nul doute qu'ils avaient tous envie d'attendre tranquillement dans un coin que les choses s'améliorent. Sauf qu'elles ne s'amélioreront pas sans eux. Lilian venait de le comprendre, et ne put que déduire qu'au même moment, son double l'avait compris également.
Cependant, comment faire comprendre à un monde traumatisé qu'il fallait, ensembles, tourner la page ?
Bonne question. Je n'ai toujours pas la réponse… Il va peut-être falloir que j'y réfléchisse parce que sans ça, ma fic sera complètement inachevée o Purée, c'est dur de réconcilier tout le monde après avoir mis autant d'éléments scénaristiques ! Nan parce que la plupart d'entre eux, c'était du pétage de câble et du délire complet où, à un moment de ma vie je me suis dis « tiens, ça serait drôle de mettre ça dans la fic ! », mais j'en ai des idées de merde, parfois !
Kof ! Kof ! Kof !
Bon, vous l'avez compris, la donne a changé (non, ce n'est pas un gros délire, ceci est supposé avoir un sens pour le scénario ! XD Même si faut avouer que les basculements d'univers, c'est jouissif !)
En fait, pour tout vous dire, ma fiction n'était basée que sur ce basculement à la base. Puis en y réfléchissant bien, je me suis demandé comment on pouvait en arriver là (je ne vous dirais pas pourquoi France a changé d'univers, ce serait du spoil pur et dur) et j'ai inventé toute la première partie que vous avez lu (dans le présent). Puis je me suis dit que ce serait sympa de montrer comment ils en étaient arrivés à tous être sur les nerfs, et la partie passé s'est incrustée. A la base, je voulais la mettre à part, soit dans une autre fiction, soit après que la partie « présent » ait été intégralement postée.
Comme vous le constatez, ça ne s'est pas passé comme prévu ! XD Je suis du genre à changer d'avis, oui ! Tant pis si ça part en sucette ou si ça ressemble à un patchwork total ! D'ailleurs, je ne sais même pas si j'aurais le même nombre de chapitre présents que de chapitres passés… Oh merde ! Mais je vais faire quoi si ça tombe pas pile ?! Q.Q AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHH !
*part en courant* Je suis foutue ! Ma vie, c'est de la merde ! AAAAAHHHH !
