- Titre : Les yeux du coeur
- Auteur : Shinigami's Bride
- Genre : Romance, yaoï
- Couple : 2x1, 4x3, 2+5, 5x?
- Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne m'appartiennent pas, l'histoire appartient à l'auteur Shinigami's Bride.
- Petit mot de l'auteur : Voilà la suite. Je sais que j'ai été un peu longue, j'espère que vous ne m'en voulez pas. Voici comme promis la vie des G-boys depuis le bal de Sank et un heureux évènement. J'espère que ça vous plaira.
Bonne lecture !
Chapitre 9
- Demeure du couple Winner/Barton, trois ans plus tard -
" 1 coup... 2 coups... 3 coups [... 10 coups ! "
Une immense horloge venait de sonner les dix heures dans l'imposante demeure du couple. Il faisait nuit noire depuis longtemps et la seule source lumineuse présente était la lumière chaleureuse et apaisante d'un feu dans une incroyable cheminée datant du XVIIIème siècle. Seul, assis tranquillement dans le fauteuil du salon, Quatre lisait un roman dont il avait fait l'acquisition depuis trois mois. Tellement perdu dans sa lecture qui le passionnait, il ne sentit pas la présence de l'homme qui s'approchait de lui. Alors qu'il tournait une nouvelle page, impatient de connaître la suite, deux mains d'une infinie douceur vinrent se poser devant ses yeux et un souffle chaud vint lui chatouiller la nuque, lui procurant un petit frisson d'excitation. Le propriétaire des coupables approcha ses lèvres de son oreille et lui sussura ces quelques mots d'une voix sensuelle :
" Je vais commencer à croire que tu accordes plus d'importance à ce livre qu'à moi, Corazon !"
Un sourire parcourut alors le visage du petit blond avant qu'il ne se saisisse des deux mains et qu'il réponde sur le même ton que son interlocuteur :
- Q : Tu sais très bien que rien n'aura jamais plus d'importance que toi à mes yeux, Habibi (1) !
Et il se retourna pour voir le visage de son amour. Trowa contourna le fauteuil, posa ses mains sur les accoudoirs et pencha la tête pour embrasser les lèvres de son ange qui le tentaient tellement. Quatre entoura le visage du français de ses mains et approfondit le baiser. Lorsqu'ils se séparèrent, ils avaient les yeux brillants, reflétant tout l'amour qu'ils avaient l'un pour l'autre.
- T : Tu m'as manqué aujourd'hui.
- Q : C'est pareille pour moi. Comment se sont passées les négociations avec nos fournisseurs ?
- T : Merveilleusement bien, ils ont accepté nos conditions sans problème et nous enverront la marchandise dans quelques jours.
Quatre sourit à cette nouvelle. Cela faisait trois ans maintenant qu'il avait repris les rênes de l'entreprise familiale. Malgré des débuts difficiles, il avait su s'imposer auprès des actionnaires bien plus âgés qui ne croyaient pas en lui, au vue de son manque d'expérience, son influence grandit alors de façon exponentielle et l'entreprise connaissait depuis une popularité incommensurable. Et cela, il le devait surtout à son amant. Le français avait finalement décidé de ne pas rejoindre Catherine au cirque et avait accepté de devenir son associé, l'aidant du mieux qu'il pouvait dans les affaires importantes et lui offrant son soutien et son amour au quotidien. Et Dieu qu'il l'aimait ! Perdu dans le regard de son amant, il relâcha sa prise sur son livre et l'ouvrage glissa lentement pour se retrouver au sol. Alarmé par le bruit de chute, Trowa détourna son regard pour le poser sur le livre à ses pieds. Il se baissa et le ramassa. Il observa distraitement la couverture carmine où l'on pouvait voir un crucifix encerclé de deux ailes noires à demi-repliées.
- T : Alors ? Ce nouvel opus est aussi réussi que le précédent ? Apparemment oui, vu le nombre de fois que tu l'as lu, tu dois sûrement le connaître par coeur maintenant, dit-il avec un petit ricanement.
Quatre, pas offusqué pour deux sous, se leva de son fauteuil, reprit le livre des mains de son amant sans brusquerie et le serra contre son coeur.
- Q : Ne te moque pas ! dit-il, feignant d'être vexé.
- T : Je plaisantais ! Je suis content qu'il te plaise à ce point. N'oublie pas que c'est moi qui t'ai offert le premier volume de cet auteur.
- Q : Et je t'en serai toujours reconnaissant. J'aime beaucoup ses livres. Le personnage principal est vraiment attachant, malgré les tragédies qu'il a vécu depuis son enfance, il ne perd jamais espoir et sourit à la vie. Il me rappelle quelqu'un... souffla-t-il alors que ses yeux commençaient à se voiler de tristesse.
Trowa s'en rendit compte et prit son ange dans ses bras, celui-ci ne lui offrit aucune résistance. Il avait comprit depuis longtemps les raisons qui avaient poussées son amant à acheter chaque nouvel ouvrage de ce nouvel auteur, dont on ne connaissait que les initiales D.S, encore inconnu il y a deux ans. Il se souvint qu'un de ses collaborateurs lui avait parlé de lui comme le nouveau romancier à la mode et, pris de curiosité, il avait acheté son livre et l'avait offert à Quatre pour son anniversaire. Son amant avait dévoré l'ouvrage en une nuit et les premiers mots qu'il avait prononcés à la fin de sa lecture furent : C'est curieux. Ce personnage me fait penser à Duo ! Trowa soupira en y repensant. Duo avait disparu depuis plus de trois ans et n'avait jamais donné signe de vie. Tout ce qu'il leur avait laissé, c'était une petite feuille de papier où il était écrit un seul mot : Sorry. Personne ne savait ce qui l'avait poussé à une telle extrémité. Le plus curieux aussi était que leur compagnon n'était pas le seul à avoir décider de s'évanouir dans la nature. Wufei aussi avait disparu le même jour que l'américain et longtemps ils se sont demandés si ils étaient partis ensemble ou chacun de leur côté. Ils avaient pourtant essayé de les retrouver mais sans succès. Les deux hommes restaient introuvables. Quatre s'était désespéré de le revoir un jour, aussi lorsqu'il lui avait offert le livre, il y avait vu un moyen détourné de ressentir la présence du natté à leurs côtés. Depuis, il achetait chaque nouveau volume de l'auteur, les dévorant aussi vite que le premier, relevant certaines similitudes entre le personnage principal et le natté. Aujourd'hui, sa bibliothèque comptait une douzaine de ses ouvrages et trônait fièrement prés de la cheminée. Trowa fut arraché de ses pensées par les tremblements du corps entre ses bras. Son amour pleurait. D'un geste tendre, il lui caressa les cheveux pour le calmer.
- T : Quatre...
- Q : Il me manque tellement, Trowa ! murmura-t-il, la voix étranglée par l'émotion.
- T : Je sais. A moi aussi, il me manque mais nous ne pouvons rien y faire.
- Q : Pourquoi a-t-il fait ça ? Pourquoi n'est-il pas venu me parler ? J'aurais pu l'aider, j'aurais su trouver les mots pour qu'il reste auprès de nous alors pourquoi ?
- T : Je n'en sais rien. Peut-être qu'un jour nous connaîtrons la vérité sur son départ mais pour l'heure nous ne pouvons qu'attendre de le voir arriver. Je suis sûre que, où qu'il soit, il va bien et qu'il pense à nous.
- Q : J'aimerais tant le croire... souffla le petit blond, trahissant son doute à ce sujet.
- T : Quatre, regardes-moi ! demanda le français en s'écartant un peu de lui.
L'arabe leva la tête vers lui et le regarda dans les yeux, les joues rougies et marquées par les larmes. Trowa posa une main sur sa joue et effaça les sillons humides d'une caresse aussi légère qu'une plume.
- T : Duo est ton ami, ne l'oublie jamais. Si il ne t'a rien dit, c'est qu'il devait avoir une bonne raison. Et si il était là, il te dirait de ne pas pleurer et surtout de ne jamais douter de lui. Il reviendra vers toi, un jour ou l'autre, et ce jour-là, je suis prêt à parier que vous vous sauterez dans les bras et ces trois années n'auront alors plus aucune importance. Alors sèches-moi vite ces larmes et souris-moi.
Devant le regard aimant de son petit ami, Quatre ne put qu'obéir à sa demande et lui fit un sourire rayonnant.
- Q : Je t'aime, tu sais ?
- T : Je sais sinon tu ne porterais pas cette anneau à ton doigt, dit-il en lui prenant la main droite où on pouvait voir briller un anneau en argent à l'annulaire.
Le jeune homme porta cette main jusqu'à ses lèvres et caressa l'anneau avec celles-ci. Cela faisait deux mois qu'il lui avait fait sa demande à l'occasion de l'anniversaire de leur première rencontre et son petit ange lui avait aussitôt répondu "oui", sans l'ombre d'une hésitation. Dans deux jours, ils allaient être uni à jamais devant Dieu et leurs familles. En cette minute, Trowa se disait qu'il était le plus heureux des hommes. Petit à petit, la caresse se fit de plus en plus tendre jusqu'à ce qu'il se mette à embrasser chaque carré de peau sous ses lèvres. Quatre ressentit alors des frissons remonter le long de sa colonne vertébrale. Comment son amant faisait-il pour lui faire ressentir autant de choses alors qu'il le touchait à peine ? Très vite, il ne put empêcher un gémissement de plaisir de s'échapper de ses lèvres et, prenant cela pour une permission pour aller plus loin, Trowa saisit la nuque de son ange et entreprit de faire subir le même traitement à son cou. Quatre ne retint plus ses gémissements et agrippa les épaules de son fiancé pour le rapprocher encore plus, laissant tomber le livre à terre. Trowa, enhardi par les gémissements de son amant, se mit à caresser le corps de son ange tremblant de désir et jugeant la chemise de celui-ci de trop, il commença à déboutonner le col, déposant un baiser sur chaque centimètre de peau découverte.
- Q : Trowa... Hummm... Pas ici... gémit le petit blond, perdu dans les limbes du plaisir.
- T : Si, ici et maintenant, répondit le français d'une voix rauque alors qu'il lui faisait un magnifique suçon à la jonction du cou et de l'épaule.
Quatre savait que lorsque son amant était lancé, rien ne pouvait l'arrêter. Demain, ils n'auraient pas une minute pour se voir, c'était donc un peu maintenant ou jamais. Il ne tenta pas de lutter lorsque le français fit descendre sa chemise le long de ses épaules et partit à la découverte de son torse au moyen de caresses, de baisers et de coups de langue, laissant des sillons brûlants sur son épiderme devenu sensible. Il ne se débattit pas non plus lorsqu'il se sentit basculer en arrière et se retrouva allonger au sol, le corps de son amant se frottant lascivement contre le sien. Ne voulant pas rester inactif, il déposséda son amant de sa chemise et lui caressa le dos de long en large, redessinant de ses doigts les muscles saillants de son amant dont la respiration commençait à accélérer. Bientôt, il n'eût plus que des gémissements et des frottements de peaux pour briser le silence de la pièce. Alors qu'à la lueur du brasier, deux corps s'unissaient dans une danse vieille comme le monde, à quelques centimètres, dissimulé sous une chemise de soie, un livre reposait tranquillement sur le sol. Gravé à même la couverture, on pouvait lire inscrit en lettres manuscrites :
Les yeux du coeur.
D.S
- Quelque part, sur Terre -
Un jeune homme de type asiatique, les cheveux noirs mi-long coiffés en une queue basse, les yeux onyx, le teint mâte et vêtu d'une tunique couleur de jade parcourait le dédale des couloirs d'une immense demeure, un paquet entre les mains. Arrivant à une intersection, il entendit clairement une mélodie s'élever de l'une des chambres. Un sourire aux lèvres, il franchit les derniers mètres le séparant de la dite chambre et y pénétra. Il trouva dans cette pièce un jeune homme d'une vingtaine d'années, américain, de longs cheveux châtains réunis en une natte lui arrivant juste en dessous des fesses, les yeux améthystes, vêtu d'un jean noir et d'un débardeur noir sous une chemise rouge, entrain de jouer sur un imposant piano à queue devant une grande baie vitrée. Il s'avança prudemment, s'efforçant de faire le moins de bruit possible et lorsqu'il s'apprêta à poser sa main sur l'épaule du pianiste, celui-ci lui dit sur un ton joueur :
- D : Ce n'est pas aujourd'hui que tu arriveras à me surprendre par derrière !
Le chinois suspendit son geste et laissa retomber son bras le long de son corps avec un soupir amusé.
- W : Je crois que je n'y arriverai jamais quoi que je fasse. Tu es trop fort pour moi.
- D : C'est juste une question d'entraînement. Sinon, que me voulais-tu ? demanda-t-il en refermant le couvercle du piano.
Wufei tendit le paquet et le posa sur le couvercle. Duo s'en saisit et retira l'emballage consciencieusement, avec des gestes rapides et habiles. Le chinois l'observa dans sa tâche. Qui aurait pu croire en le regardant faire qu'il était aveugle ? Lorsqu'il eût fini de déballer le colis, il le prit entre ses doigts et caressa longuement la surface de l'objet. Une fois son inspection terminée, il sourit.
- D : Il est exactement comme je l'avais demandé. Marc a suivi mes instructions à la lettre.
- W : En parlant de lui, je l'ai eu au téléphone tout à l'heure.
- D : J'espère qu'il ne t'a pas trop énervé, dit-il en se tournant vers lui. Je sais qu'il peut se montrer très agaçant par moment.
- W : Non, souffla-t-il blasé. De toute façon, le seul qui soit capable de me faire sortir de mes gonds, c'est toi ! Donc Marc n'est rien à côté.
- D : Venant de toi, je prends ça pour un compliment, ricana-t-il.
- W : Oh mais tu peux, ajouta-t-il. A propos, les bagages sont prêts.
- D : Formidable ! Et quand partons-nous ?
- W : Notre avion décolle dans deux heures, le temps que nous arrivions à l'aéroport, il faut compter environ trente minutes, donc nous partirons dans une heure.
- D : J'ai déjà hâte d'y être. Depuis le temps que j'attends ce moment.
En prononçant ces mots, Duo serra l'objet contre son coeur, tremblant légèrement et ferma les yeux. Comprenant l'émotion de son ami, Wufei posa sa main sur son épaule pour lui montrer son soutien. Duo rouvrit les yeux et lui adressa un sourire tendre. Après trois années de silence, les deux amis s'apprêtaient à renouer avec leur passé. Beaucoup de choses allaient se produire, aussi bien des bonnes que des mauvaises. Mais ce fut le coeur gonflé d'espoir que l'américain prit la main du chinois et qu'ils quittèrent la pièce, refermant la porte sur un autre chapitre de leur vie.
- Royaume de Sank, bureau de Heero Yuy, chef de la sécurité, J-1 -
Alors qu'il mettait en ordre un énième rapport de l'un de ses subordonnés, Heero entendit quelqu'un frapper à sa porte. Déposant la paperasse sur son bureau, il se dirigea vers la porte et l'ouvrit pour découvrir Réléna.
- R : Tu es encore là, Heero ? Tout le monde est déjà parti ?
- H : Comme tu le vois, lui dit-il en retournant à son bureau.
Une fois de nouveau installé, il reprit les documents en main et se remit à les lire, ne faisant plus attention à la jeune fille. Celle-ci en profita pour balader son regard sur l'ensemble de la pièce. C'était un bureau de fonction tout ce qu'il y a de plus normal, contenant en tout et pour tout un bureau design laqué noir où étaient disposés un grand nombre de papiers et l'ordinateur portable du japonais, une bibliothèque et un canapé en cuir pourpre prés de l'entrée. Les murs couleur gris taupe étaient excessivement vides, donnant à la pièce une certaine froideur, caractéristique du japonais. Le seul élément qui mettait un peu de gaieté dans cet espace, c'était la photo posée à l'extrémité du bureau à la gauche du japonais où on pouvait voir les cinq pilotes de gundam réunis devant le Wing. Puis elle reporta son attention sur son chef de la sécurité, toujours plongé dans son travail. Son regard se tinta de tristesse et de pitié à son égard. Trois ans qu'il était à son service et il n'avait jamais montré plus d'intérêt à la souveraine. Malgré tous ses efforts, l'héritière des Peacecraft n'était pas parvenu à briser le masque de l'ex-pilote 01. Elle avait pourtant tout essayé pour se rapprocher de lui : elle lui avait accordé un poste avancé, lui avait attribué un personnel hautement qualifié pour qu'il puisse déléguer un peu plus, elle passait énormément de temps avec lui et lui faisait souvent la conversation, même si dans ces cas-là elle devait parler pour deux. Mais celui-ci s'était borné à garder l'attitude froide et impassible du Soldat Parfait, privilégiant le travail au plaisir. Il n'avait jamais pris de vacances et passait encore plus de temps sur son ordinateur quand il ne devait pas l'accompagner à un congrès ou une réception. Depuis leur baiser lors de la fête de la paix d'il y a trois ans, elle avait cru pouvoir se faire aimer de lui en s'appliquant à faire régner la paix dans le royaume. Mais ce fut en vain. Depuis ce jour, le japonais gardait une certaine distance entre eux et ils n'avaient jamais eu l'occasion de reparler du baiser. Et elle se doutait que la disparition de ses équipiers devait avoir un rapport dans cette affaire. Lassée de voir que celui qu'elle aimait ne lui prêtait aucune attention, elle décida de mettre carte sur table une bonne fois pour toute.
- R : Franchement, Heero, je ne te comprends plus. Déjà lorsqu'on s'est rencontré, tu étais froid et distant avec moi, mais j'ai l'impression que depuis que tu as accepté d'être mon garde du corps, tu l'es encore plus. Tu es toujours le premier arrivé et le dernier reparti, tu te jettes à corps perdu dans le travail, ne t'arrêtant que pour manger ou passer du temps avec Quatre ou Trowa. Et c'est à peine si tu m'adresses la parole lorsque nous sommes ensemble.
- H : C'est seulement parce que j'ai beaucoup de travail, lui répondit-il sans lever le nez du rapport.
- R : Si tu déléguais un peu plus, tu en aurais moins et tu pourrais avoir du temps pour toi.
- H : Je n'ai pas confiance...
- R : Tu n'as confiance en personne, le coupa-t-elle, excédée. Tu ne cesses de chercher des prétextes pour te couper du monde, tu ne t'accordes jamais de repos et c'est à peine si tu dors la nuit.
- H : Ce que je fais de ma vie ne regarde que moi.
- R : Ce n'est pas une vie que tu as Heero. Tu n'as aucun loisir et tu ne montres d'intérêt que pour ton travail ou tes anciens équipiers. En trois ans, je ne t'ai jamais vu sourire une seule fois. Pourquoi t'imposes-tu ça ? Pourquoi fuis-tu ?
- H : Je ne fuis pas, tenta-t-il de se justifier.
- R : Bien sûr que si et le pire, c'est que tu n'en as même pas conscience. J'espère toutefois qu'en tant que témoin de Trowa, tu feras un effort pour le mariage de tes amis. N'oublie pas que nous partons demain à la première heure.
Et sur ces mots, elle quitta la pièce, sans se retourner. Une fois la porte fermée, Heero reposa sa paperasse sur son bureau, s'affala davantage dans son fauteuil et se massa la nuque en soupirant. Il n'en pouvait plus. Pourquoi s'obstinait-elle à ne pas vouloir le comprendre ? Était-ce sa faute si on l'avait entraîné à n'avoir aucun sentiment ? Cette façon d'être, il ne connaissait que ça et personne n'avait jamais réussi à atteindre son coeur de glace. Personne... sauf Lui. Sur cette pensée, il porta son regard sur la photo sur son bureau et la regarda longuement. C'était une jolie photo de groupe datant de la guerre où ils étaient encore tous les cinq. A gauche, Trowa et Quatre était l'un à côté de l'autre, l'arabe souriant chaleureusement, la main du français sur son épaule. C'était assez ironique quand on savait qu'ils allaient se marier dans 24 heures. Wufei se tenait à l'extrême droite de la photo, son sabre à l'épaule et fixait l'objectif avec un faible sourire. Et lui, il était au centre, les bras croisé, le visage toujours inexpressif, avec autour des épaules le bras de Duo souriant de toute ses dents qui faisait le signe de la victoire à l'objectif. Il prit la photo et passa un doigt sur le visage de l'américain, le regard teinté de nostalgie.
- H : Où es-tu Duo ? Tu me manques tellement. J'ai beau me consacrer à mon travail, essayant de m'occuper l'esprit le plus possible mais rien n'y fait. Tu es dans chacune de mes pensées, dans chacun de mes gestes. Tu es partout. Quand je suis à une réception ou dans la rue, je me surprends à te chercher du regard, m'attendant à te voir surgir comme par le passé et à t'entendre parler pendant des heures. Réléna peut me sortir tous les discours qu'elle veut, jamais elle ne sera toi. Je donnerai tout pour t'entendre m'appeler "Hee-chan" encore une fois. Pourquoi es-tu parti ? J'aimerai tant le savoir. A l'époque, je n'ai pas voulu voir que tu comptais plus qu'un ami à mes yeux. Et il a fallu que tu disparaisse pour que j'en prenne conscience. Trowa avait raison : mon obstination à nier était vraiment absurde. Je me suis encore plus voilé la face lorsque Wufei et toi êtes devenus plus proches. Au lieu de comprendre ce sentiment qui me rattachait à toi, j'ai préféré fuir. J'ai fui la seule chose qui me permettait de me sentir humain, j'ai fui le seul être qui avait fait l'effort de me comprendre et à qui j'avais accordé toute ma confiance. J'ai fui la personne qui m'avait appris ce qu'étaient l'amitié, la compassion, la joie, la peur aussi. Mais surtout, l'amour. Je n'ai plus peur de me l'avouer : je t'aime Duo. Aishiteru Tenshi... Je t'en prie Duo, reviens...
Et sur cette dernière pensée, une étrange sensation naquit sur ses lèvres, comme une caresse. Une douce chaleur qu'il lui semblait avoir déjà goûté s'empara de son être et, subitement, une voix sortant du plus profond de sa mémoire se fit entendre dans son esprit :
" I love you Heero... Forever and ever..."
Il lui sembla reconnaître la voix du natté mais chassa tout de suite cette idée, se disant que c'était impossible. Jamais l'américain ne lui avait dit ces mots. Son imagination devait les avoir conçu de toute pièce afin d'assouvir son désir de réciprocité. Pourtant la sensation qu'il ressentait à l'instant ne pouvait pas être une illusion. Personne ne lui avait fait ressentir cela auparavant. Il porta sa main à sa bouche et caressa ses lèvres de ses doigts, s'imaginant celles de Duo entrain de l'embrasser. Il se dit qu'elle devait être douce, plus douce que celles de Réléna qui ne lui avaient pas laissé un bon souvenir. Se sentant retomber peu à peu dans le désespoir qui le taraudait depuis trois ans, il préféra quitter son bureau pour rejoindre ses appartements. Lorsqu'il se coucha, il eut une dernière pensée pour les deux futurs mariés. Demain est un autre jour se dit-il et en tant que témoin, il n'aurait sûrement pas le temps de penser à autre chose qu'au bon déroulement de la cérémonie. Regardant une dernière fois son réveil qui affichait 01:10, il ferma les yeux et se laissa glisser dans les bras de Morphée.
- Mariage du couple Winner/Barton, jour J -
Une grande agitation régnait dans le grand manoir de la famille Winner. A une heure de la cérémonie, les domestiques apportaient la touche finale à certains préparatifs. Il fut décider que la cérémonie et la réception auraient lieu dans le manoir familiale situé à l'est de l'Angleterre. C'était une journée magnifique, le soleil était à son zénith et pas un seul nuage ne venait troubler ce spectacle. Tout était prêt. Les invités commencèrent à arriver les uns après les autres. Lorsqu'une limousine de couleur rose arriva devant la porte principale, personne ne douta du nom de son propriétaire. Réléna Peacecraft descendit majestueusement de la limousine, vêtue d'une robe rose à dentelles blanches, sosie de Barbie, suivi de prés par son chef de la sécurité et accessoirement témoin d'un des futurs mariés, vêtu d'un smoking noir avec une petite rose blanche accrochée à sa veste et des gants blancs. Rashid, le serviteur de Quatre, vint à leur rencontre et leur souhaita la bienvenue. Heero lui demanda si tout était prêt et, aprés avoir reçu une réponse affirmative du chef des Maganacs, prit congés de la souveraine et entreprit de rejoindre Trowa dans sa chambre, situé au premier étage. Celui-ci était entrain de se préparer avec l'aide de sa soeur vêtue d'une belle robe vert pomme qui accentuait la couleur flamboyante de ses cheveux.
- H : Alors nerveux ? demanda-t-il avec un sourire narquois.
- T : Non, pas du tout ! répondit-il avec un sourire crispé, signe qu'il était effectivement nerveux.
- H : Tant mieux pour toi, ricana-t-il. Je vais aller voir le prêtre afin de tout mettre en place, tu n'as pas besoin de moi ?
- T : Non, ça ira. Catherine s'occupe de moi, je suis entre de bonnes mains.
- C : Et comment ! C'est pas tous les jours que mon petit frère se marie ! Tu peux partir tranquille Heero, ce grand dadet sera prêt en temps et en heure.
- H : Je te fais confiance pour ça. A toute à l'heure !
Et il quitta la chambre, laissant le frère et la soeur seuls. Il descendit l'escalier de marbre et rejoignit le jardin qui avait été aménagé pour la cérémonie en passant par le grand salon où étaient rassemblées tous les cadeaux de mariage. Le jardin en lui-même était immense. Il devait faire au moins dix hectares, si ce n'est plus, des massifs de fleurs multicolores étaient éparpillés tout autour d'un grand lac où flottaient quantité de nénuphars et voguaient de magnifiques cygnes blancs. Un long tapis blanc s'étendait depuis la porte jusqu'à une petite estrade où se tenait le prêtre avec une immense arche faite de roses blanches et de rubans. Des rangées de chaise étaient disposées de part et d'autre du tapis, des bouquets de lys blancs posés à l'extrêmité de chaque rangée. Plus loin dans le fond, il y avait une immense tente où aurait lieu le vin d'honneur et la soirée, une piste de danse avait été installer avec une petite scène pour les musiciens. Quelques invités étaient déjà assis à leurs places, attendant avec impatience le début de la cérémonie pendant que d'autres se promenaient dans le jardin en discutant. Parmi eux, Heero reconnut l'allemande Hilde Schbeiker dans une robe de satin parme, les cheveux coiffés d'une pince agrémentée d'une rose, et son fiancé du moment, un certain Kyle Sheller, un architecte à la popularité grandissante, vêtu d'un costume simple mais trés élégant. Plus loin, il vit Dorothy Catalonia vêtue d'une robe rouge, moulante au niveau du bustier, sans bretelles, les cheveux blonds retenus en arrière en un chignon dont s'échappaient quelques petites mèches, en grande discussion avec plusieurs associés de la Winner Corp. Puis Zechs, magnifique dans son smoking noir, entrain de débattre avec Lady Une en robe de cocktail pourpre et les cheveux lâchés. Il aperçut aussi Sally Pô, vêtue d'une robe qipao verte imprimée de lotus et les cheveux coiffés en catogan, discutant avec les deux soeurs de l'arabe qui avaient pu se déplacer. Lorsqu'elle le vit, elle lui fit un signe de tête pour le saluer. Il répondit à son salut et se dirigea vers le prêtre pour lui parler des derniers détails. Il ne restait plus beaucoup de temps.
Au même moment, à l'entrée principale, Rashid accueillait les derniers invités, s'efforçant de se montrer aimable et courtois. Quand l'un des derniers couples arrivés pénétra dans la demeure, il vit arriver au loin une superbe voiture. C'était une splendide Chevrolet Corvette ZR1 noire, les gentes argentées brillaient sous le soleil et la carosserie reflétait tout sur son passage, tel un miroir. Le véhicule stationna devant l'entrée, à quelques mètres du serviteur. Aussitôt la portière côté conducteur s'ouvrit et Rashid vit sortir de l'habitacle un jeune homme d'une vingtaine d'années, de type asiatique, de taille moyenne, les cheveux mi-longs couleur de jais coiffés en une queue basse avec deux longues mèches lui encadrant le visage, vêtu d'un magnifique costume blanc et d'une chemise noire avec le col ouvert sur les deux premiers boutons. L'individu fit le tour de la voiture et ouvrit la portière côté passager. Sortit alors de la voiture un jeune homme du même âge que son compagnon, de type caucasien, taille moyenne, avec de longs cheveux châtains aux reflets dorés attachés en une queue de cheval lui arrivant jusqu'au bas de son dos, vêtu d'un costume entièrement noir : le pantalon, la chemise, la cravate et la veste. Tout dans un noir profond qui faisait ressortir la blancheur de son teint. La veste moulait divinement sa taille svelte et élancée tandis que le col était remonté, dissimulant ainsi sa nuque. Il avait une classe folle. Il portait également une petite paire de lunettes noires, cachant ainsi son regard à la vue de tous. Le bel inconnu prit le bras que le chinois lui tendait et tous deux se dirigèrent vers l'entrée. Dés qu'ils furent devant lui, Rashid les reconnut aussitôt et s'écria :
- Rashid : Mr Chang ! Mr Maxwell ! Quel joie de vous revoir !
- W : Bonjour Rashid, répondit-il en lui adressant un sourire, cela faisait longtemps.
- Rashid : Oui, très longtemps. Quelle surprise de vous voir ici tous les deux !
- D : On ne voulait rater le mariage de nos meilleurs amis pour rien au monde, intervint l'américain. Mais peut-être aurions-nous dû prévenir de notre arrivée ? Il faut dire que nous arrivons un peu à l'improviste.
- Rashid : Ce n'est rien, Maître Quatre et Mr Barton seront si heureux de vous revoir.
- D : En parlant de lui, comment se porte notre petit prince du désert ?
- Rashid : Il est nerveux comme jamais, avoua le colosse avec un petit rire. Il est actuellement entrain de se préparer à l'étage.
- D : A la bonne heure, je vais aller vous le détendre le futur marié.
- Rashid : Bien sûr ! Veuillez me suivre, dit-il en amorçant un pas à l'intérieur de la demeure.
- D : Inutile. Je saurais bien le retrouver par moi-même, dit-il avec un sourire coquin.
Et sans laisser le temps au chef des Maganacs de répondre, Duo lâcha le bras de Wufei et pénétra dans le manoir, suivi de ce dernier. Arrivé dans le hall, il stoppa quelques secondes, concentrant ses sens au maximum et se dirigea vers les escaliers à sa droite. Il les monta d'un pas soutenu, une main posée sur la rambarde. Il remonta un long couloir puis, lorsqu'il arriva devant un carrefour, il se stoppa de nouveau quelques instants et, le regard baissé, il prit le premier couloir à gauche. Le chinois le suivait sans un mot, se laissant guider par l'américain. Il ne s'étonnait plus de le voir se diriger si facilement et d'un pas si assuré alors qu'il ne voyait rien. Ses sens étaient si puissants qu'il pouvait trouver ce qu'il voulait n'importe où, rien qu'avec l'odorat ou l'ouïe. Duo était vraiment un être exceptionnel. Au bout de quelques mètres, celui-ci s'arrêta brusquement devant une porte close. Le chinois le vit tendre l'oreille puis se tourner vers lui et lui dire :
- D : Trowa est dans cette pièce et il n'est pas seul. A vu de nez, je dirai que c'est Catherine qui est avec lui. Que dirais-tu d'aller le saluer en premier ?
- W : C'est toi le chef ! répondit-il, pas une seconde surpris de la clairvoyance de l'américain.
Duo se mit face à la porte. Lorsqu'il voulut frapper, des éclats de voix leur parvinrent et ils reconnurent celle de Trowa. Trés lentement, l'américain tourna la poignée, faisant le moins de bruit possible, et ouvrit la porte. Ils purent alors assister à un drôle de spectacle : Catherine tentait tant bien que mal de faire un noeud papillon convenable à son frère qui la dominait d'une bonne tête et qui avait du mal à rester immobile tant il était énervé.
- C : Trowa, tu es impossible ! gronda la jeune fille. Arrête de bouger sinon je n'y arriverai jamais !
- T : Ne rejette pas la faute sur moi. C'est toi qui t'y prends mal !
- C : Si tu n'étais pas aussi nerveux, cela ferait longtemps qu'on en aurait fini.
- T : Je ne suis pas nerveux, se justifia le garçon à la mèche.
- C : Si tu l'es !
- T : Non !
- C : Si !
- T : Non !
Le ton commençait à monter entre les deux protagonistes. Cette petite dispute avait tout du petit conflit naturel entre frère et soeur. Ne voulant pas voir cet affrontement se terminer en bain de sang, Duo choisit d'intervenir, mettant fin à cette discussion d'adultes matures.
- D : Et bien, mon cher Trowa ! Je t'ai connu plus détendu dans des situations bien plus pénibles. Où est passé ton calme légendaire qui nous a tant de fois sauvé la vie ? Tu l'as jeté à la poubelle ou quoi !
A ces mots, le français se figea. Cette voix... Il la connaissait. Il tourna enfin la tête vers la porte et n'en crut pas ses yeux. Duo Maxwell, l'ancien pilote du Deathscyte, qu'il n'avait plus vu depuis plus de trois ans, se tenait devant lui, plus fringant et plus souriant que jamais. Il lui fallut quelques secondes pour se reprendre avant qu'il ne se libère de la prise de sa soeur, qui était tout aussi surprise que lui, de se précipiter sur lui et de le prendre dans ses bras. L'américain lui rendit son étreinte avec la même vigueur.
- T : Duo, arriva-t-il à dire, le nez dans les cheveux de son ami, je n'arrive pas à croire que tu sois là !
- D : J'allais pas rater le mariage de mes meilleurs amis aprés le mal que je me suis donné pour vous mettre ensemble. La Mort elle-même n'aurait pas pu m'empêcher de venir.
- T : Tu peux pas savoir à quel point je suis heureux de te revoir.
- D : Moi aussi, Tro-man. Moi aussi, dit-il en lui caressant le dos.
- W : Et moi aussi, Barton !
Trowa relâcha Duo, gardant toutefois ses mains sur ses épaules, et aperçut Wufei qui était resté dans le couloir.
- T : Wufei ! Toi aussi, tu es venu.
- W : Comme tu le vois, dit-il en s'approchant des deux amis. Duo et moi, nous sommes venu ensemble.
- T : Vraiment ! Et depuis quand êtes-vous arrivés ?
- D : Nous sommes arrivés hier matin, répondit l'américain, et nous séjournons à l'hôtel depuis. On ne vous a pas prévenu pour vous faire la surprise.
- T : Ca pour une surprise, elle est vraiment réussie !
Le français, faisant enfin attention à son ami, remarqua quelque chose d'étrange. Celui-ci gardait obstinément la tête baissée et regardait droit devant lui. Pourquoi ne le regardait-il pas dans les yeux ? Et surtout, pourquoi gardait-il ces lunettes noires alors qu'ils sont à l'intérieur ? Il se mit à réfléchir et quelques secondes plus tard, une hypothèse lui apparut. Comme pour confirmer ses doutes, il passa une main devant les yeux de son ami. Il ne le vit pas réagir jusqu'à ce qu'il lui saisisse le poignet dans le mouvement et lui dise d'une voix blasée :
- D : Je suis peut-être aveugle mais je sais encore quand on passe une main devant mon visage.
Là, il n'eut plus de doutes. Son ami était effectivement aveugle. Le visage de Trowa, connu par le passé pour être si impassible, afficha une immense surprise.
- T : Mon Dieu... Duo, que t'est-il arrivé ?
Duo soupira.
- D : C'est une longue histoire, mais ce n'est pas le moment de parler de ça. Aujourd'hui, c'est votre journée, à Quatre et toi. Rien ne doit venir la gâcher. Mon histoire attendra la fin de la noce.
Trowa ne put s'empêcher de regarder tristement son ami. Il devait avoir rencontrer tellement de dures épreuves dans son état. La vie n'avait pas dû être facile. Comme s'il avait deviné ses pensées, Duo porta ses mains au niveau du col du français et lui dit en lui faisant un sourire qui se voulait rassurant :
- D : Ne t'en fais pas pour moi Trowa ! Je vais bien et c'est moins pénible que ça en a l'air. Oublie ça et pense que, dans quelques minutes, tu seras uni à la personne qui compte le plus pour toi. Et je préfère te prévenir ! Si jamais j'apprends que, d'une manière ou d'une autre, tu fais souffrir notre Quatre, ma cécité ne m'empêchera pas de te faire vivre l'Enfer, foi de Shinigami !
Cette pseudo-menace eut fini de rassurer le garçon à la mèche sur l'état de son ami. Son handicap n'avait en rien altérer la personnalité de l'ex-pilote 02. Il sourit franchement.
- T : Je te rassure tout de suite Duo. Je ne ferai jamais rien pour faire souffrir Quatre. Plutôt mourir.
- D : Dans ce cas, je suis rassuré. Tu as donc ma bénédiction. Et à ce que j'ai pu constater pendant notre petite embrassade, tu dois sûrement lui faire beaucoup de bien, conclut-il en insistant sur le "beaucoup".
- T et W : DUO !
- D : Vi c'est moi !
Et sur ce, Duo relâcha le col de Trowa et afficha un sourire satisfait.
- D : Voilà ! Comme ça, ton noeud est parfait !
Trowa ouvrit alors de grands yeux surpris et passa la main sur son col. Effectivement, son noeud était noué à la perfection et il n'avait rien sentit.
- T : Mais comment as-tu...
- D : Je suis plein de ressources, l'interrompit son ami. Au moins, j'épargne à ta charmante soeur d'avoir à montrer les crocs pour arriver à ses fins. D'ailleurs, dit-il en se dirigeant vers elle, je tiens à réparer mon impolitesse en ne la saluant pas comme il se doit. Chère Catherine, c'est un plaisir de te revoir.
A ces mots, il prit la main de la jeune fille et déposa un léger baiser sur le dos comme un vrai gentleman. Catherine en fut toute troublée et le rouge lui monta aux joues.
- C : C'est également un plaisir pour moi, réussit-elle à dire.
- D : Tu m'en vois ravi. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je dois aller présenter mes voeux à notre petit ange blond.
Et sans préavis, il s'en retourna vers la porte. Alors qu'il allait s'engager dans le couloir, Wufei l'interpella.
- W : Si tu veux bien, je préfère rester avec Barton.
- D : D'accord ! répondit-il en s'éloignant. On se retrouve pour la céremonie. A toute à l'heure et ne fais pas de bêtise !
A cette réponse, le chinois grogna et se retint avec peine de répliquer, sachant qu'un scandale serait mal venu un jour comme celui-là. Mais foi de membre du clan des Dragons, il se vengerait. Plus loin, Duo continuait son chemin. Il marchait d'un pas décidé, tous ses sens aux aguets. Aprés quelques mètres, un parfum subtile commença à lui chatouiller les narines. Il reconnut l'odeur aux fragrances épicées dont il connaissait le propriétaire. Il suivit la piste parfumée jusqu'à une porte qu'il devinait être celle de sa chambre. Prenant quelques secondes pour calmer les battements de son coeur gagné par le traque, il souffla lentement avant de frapper.
" Entrez !"
Entendre la voix de son ami lui arracha un sourire heureux et ses appréhensions fondirent comme neige au soleil. Sans attendre, il ouvrit la porte, la referma derrière lui et s'avança de quelques pas avant de s'arrêter au milieu de la pièce. L'arabe était assis sur son lit, dos à lui, et ne l'avait pas encore vu. Il tenait dans ses mains la même photo qui trônait sur le bureau du japonais et laissait son regard voilé de nostalgie s'attarder sur le visage de l'ami qui lui manquait tellement. Duo se tenait à seulement trois mètres de lui et attendait qu'il s'aperçoive de sa présence. Aprés un instant de silence, Quatre se décida à parler.
- Q : J'arrive dans quelques minutes Sally, dit-il sans se retourner. Pourrais-tu dire aux musiciens de se tenir prêt, je n'en ai pas pour longtemps.
Duo se retint difficilement de rire face à cette situation des plus comiques. Son ami n'avait pas sentit que c'était lui et non Sally qui était avec lui. Rashid avait raison, il était vraiment nerveux pour ne pas s'en rendre compte. Alors, se doutant que le futur marié devait attendre une réponse à sa question, il prit enfin la parole.
- D : Sans déc', ça fait trois ans qu'on s'est pas vu et tu m'envoie déjà sur les roses. Je pensais t'avoir manquer un peu plus que ça. Là tu me déçois, Quat-chan !
Ne s'attendant pas à entendre une autre voix que celle de la chinoise, Quatre sursauta et fit tomber le cadre sur le sol. Il se leva promptement et se retourna enfin vers son interlocuteur. Ses yeux s'agrandirent peu à peu en apercevant son homologue et crut un instant qu'il s'agissait d'un mirage. Il ne pouvait pas le croire. Son meilleur ami se tenait devant lui, rendant l'instant tellement irréel qu'il se crut encore entrain de rêver cette rencontre. Il s'avança prudemment, craignant de le voir disparaître comme par magie au premier geste brusque, et arrivé devant lui, il osa enfin poser la question.
- Q : Duo... C'est toi ? C'est vraiment toi ? baffouilla-t-il, envahit peu à peu par l'émotion.
Il vit alors l'apparition lui sourire tendrement.
- D : Oui, Kitty-kat, murmura l'américain. C'est bien moi.
A ces mots, le coeur de l'empathe se gonfla de bonheur. Il se jeta sur Duo et l'étreignit avec force, des larmes de joie perlant sur ses joues. Ses prières avaient été exaucer, son ami était enfin revenu. On ne pouvait lui faire plus beau cadeau que celui-là pour le jour le plus important de sa vie. Il remercia le ciel de toutes ses forces. Duo répondit à l'étreinte du petit blond et lui caressa tendrement les cheveux et le dos pour le calmer.
- D : Allons, Quat-chan ! Shuuut ! Aurais-tu oublié ce que je t'ai dit par le passé ?
- Q : Je sais ! réussit-il à articuler entre deux sanglots. Boys don't cry ! Mais je suis si heureux, Duo ! Tellement heureux, tu peux pas savoir...
- D : Tu m'as tellement manqué, mon ami.
- Q : Moi aussi, Duo. J'ai bien cru que je ne te reverrai jamais. Je commençais à perdre espoir.
- D : Mais je suis là, à présent. Et tu peux me croire, tu ne pourras plus te débarasser de moi. J'y suis, j'y reste ! conclut-il avec conviction.
Il entendit son ami étouffer un rire dans son épaule, preuve qu'il s'était calmé. Ne voulant pas laisser le silence s'installer entre eux, il reprit sur un ton enjôleur.
- D : Ma foi, mon ami, tu as bien grandi ! Tu es presque aussi grand que moi maintenant et tu m'as l'air trés en forme. Je vais être jaloux !
- Q : Non, pas tant que ça, répondit l'arabe, retrouvant la complicité de ses souvenirs.
- D : Ca, c'est à moi d'en juger. Laisse-moi te regarder !
Tout en disant ces mots, il se détacha de son meilleur ami et posa les mains sur ses épaules. Il les tâta longuement, sentant les muscles vigoureux du jeune homme entre ses doigts.
- D : Humm... Tu as pris de la carrure. Intéressant... sussura-t-il d'une voix sensuelle.
Lentement, il remonta ses mains juqu'à son cou, puis il posa une main de chaque côté de son visage et se mit à le caresser tendrement, pour en capturer chaque détail. Son inspection le satisfit grandement.
- D : Et tu as toujours ce même visage d'ange. Malgré toutes ces années, tu es resté mon petit ange blond.
Quatre, qui n'avait pas bougé, trop surpris par le déroulement de l'inspection, réalisa soudain le pourquoi de ses gestes. A aucun moment, son ami ne l'avait regardé dans les yeux, son regard définitivement dissimulé derrière ses lunettes sombres, et fixait un point invisible devant lui. Il hésita à lui demander, appréhendant la réponse qu'il obtiendrait mais l'américain fut plus rapide.
- D : Oui, Quatre. Je suis aveugle.
L'américain sentit alors des larmes couler sur ses doigts qu'il essuya avec ses pouces.
- D : Non, ne pleure pas. S'il te plaît...
Mais Quatre n'arrivait pas à s'en empêcher. Il avait le coeur brisé.
- Q : Par Allah ! Duo, qu'est-ce qui t'est arrivé ?
- D : C'est arrivé, Quatre, répondit-il sur un ton qu'il s'efforçait de garder stoïque. Il n'y a rien de plus à dire.
- Q : Mais comment ? Pourquoi ? demanda-t-il en s'accrochant à la veste de son ami. Je veux savoir.
- D : Je te dirai tout, je te le promets. Mais pas maintenant. Sèches-moi vite ces larmes car tu dois te marier dans moins d'une heure et je veux que tu arrives devant le prêtre avec le sourire aux lèvres et les yeux pétillants de joie comme dans mes souvenirs. Allez, souris-moi !
Le futur marié refoula difficilement ses larmes et s'efforça de sourire pour faire plaisir à son ami. L'américain sentit les lèvres de son ami s'étirer en un petit sourire.
- D : Voilà ! C'est mieux, s'écria-t-il. Maintenant, je veux que tu cesses de t'inquiéter pour moi. Je suis là et je vais bien. De toute façon, je serai venu même si j'avais été à l'article de la mort. De plus, je compte bien profiter de cette occasion pour m'amuser aux frais de la famille Winner.
Le sourire de Quatre s'élargit à cette réplique. Duo n'avait pas changé. Toujours à penser à s'amuser et surtout à s'occuper de ses amis avant lui-même. Sachant que s'appitoyer sur son sort ne serait pas lui rendre justice et qu'il ne lui dirait rien de plus sur son état, Quatre dévia le sujet.
- Q : Comment as-tu su que je me mariais et comment es-tu venu ?
- D : Facile ! L'annonce de ton mariage a fait la Une des journaux pendant des jours, impossible de passer à côté, ricana-t-il. Et je suis venu en avion avec Wufei.
- Q : Wufei est là aussi ! s'exclama le petit blond, surpris.
- D : Oui, je l'ai laissé avec Trowa qui, soit dit en passant, était incroyablement nerveux. C'est dingue l'effet que tu lui fais !
- Q : DUO !
- D : Oui, c'est toujours moi !
Et ils éclatèrent de rire. Que c'était bon de se retrouver comme avant. C'était comme si ils ne s'étaient jamais quittés, que les trois années qu'ils venaient de passer loin de l'autre n'avaient jamais existé. Ils étaient tellement perdus dans la plénitude du moment qu'ils n'entendirent pas quelqu'un frapper à la porte et entrer. C'était Sally qui était venue prendre des nouvelles de Quatre en tant que son témoin.
- S : Ca y est, Quatre ! Tu es prêt ! Tout le monde nous att...
Elle ne put terminer sa phrase tant elle était surprise de trouver l'arabe en bonne compagnie et abasourdie lorsqu'elle reconnut l'américain.
- S : Duo ! s'écria-t-elle en prenant Duo dans ses bras. Ca alors, tu es revenu ! Comme tu as changé !!! Tu as laissé pousser tes cheveux ? Ca te va beaucoup mieux ! dit-elle rapidement sans reprendre son souffle
- D : Bonjour à toi aussi Sally ! Oui, je suis revenu. Toi aussi tu as changé, en mieux je te rassure. Et oui, je me suis laissé pousser les cheveux et je suis content que cela te plaise, répondit-il calmement tout en rendant son étreinte à la jeune femme.
- S : Toujours aussi drôle et charmeur à ce que je vois ! minauda-t-elle en se détachant de lui.
- D : On ne se refait plus, que veux-tu ! Alors comme ça, c'est toi le témoin de mon meilleur ami. Il ne pouvait pas mieux choisir, dit-il avec un sourire appréciateur.
- S : Flatteur ! Tu sais trés bien qu'il y a une autre personne qui remplirait ce rôle mieux que moi.
- D : Ah bon, et qui ?
- S : Toi, gros bêta !
- D : Ah ça, je ne sais pas. C'est vrai que j'aurais été ravi de remplir ce rôle. Mais bon, on ne peut pas revenir en arrière, dit-il avec un sourire triste.
En le voyant, Sally voulut rajouter quelque chose mais ce fut Quatre qui intervint.
- Q : Et si finalement, on le pouvait.
A ces mots, Duo se tourna vers l'empathe et afficha un air de totale incompréhension.
- D : Que veux-tu dire ?
- Q : Ecoute Duo, lui dit-il en lui prenant les mains, je sais que je te prends au dépourvu en te demandant ça mais, maintenant que tu es là, je voudrai que tu sois mon témoin.
- D : Quoi ?! s'écria-t-il, ne s'attendant pas du tout à cette demande. Tu es sérieux ?
- Q : Plus que sérieux, répondit-il avec conviction.
- D : Mais... Je ne peux pas ! baffouilla-t-il. C'est Sally qui est censé l'être aujourd'hui, pas moi. Je refuse de lui prendre sa place.
- S : Oh mais ça ne me dérange pas, intervint le médecin. J'ai trés bien compris que c'est toi que Quatre a toujours voulu pour remplir ce rôle. Alors vas-y ! Je te cède la place sans problème.
- D : Je... je ne sais pas... murmura-t-il, sentant l'émotion le submerger.
- Q : Je t'en prie Duo, fais-le pour moi ! le supplia-t-il en raffermissant sa prise. Ce sera une façon de te faire pardonner ces trois années de silence où tu n'as donné aucune nouvelle alors que j'étais très inquiét pour toi et n'ai jamais cessé de l'être durant tout ce temps. Et je préfère te dire que je ne supporterai aucun refus de ta part.
- D : En conclusion, je n'ai pas le choix si je comprends bien ?
- Q : Exactement !
- D : Finalement tu n'as pas du tout changé, Quatre. Tu arrives toujours à obtenir ce que tu veux, que ce soit avec ton visage d'ange ou avec tes dons de persuasion.
- Q : Je ne suis pas un Winner pour rien, dit-il avec un sourire de vainqueur.
- D : Tu m'en diras tant. Dans ce cas, ce sera un honneur pour moi d'être ton témoin.
- Q : Tu ne pouvais pas me faire plus plaisir que de cette façon.
- D : J'en suis content pour toi. Et moi qui voulais faire une apparition discrète, c'est légèrement compromis, soupira-t-il.
- Q : Mais voyons, la discrétion ce n'est pas pour toi. Tu sais bien que Duo Maxwell rime avec sensationnel.
- D : Hummm... Là, tu marques un point, avoua-t-il avec un sourire taquin. Alors soit, allons faire une entrée digne de Duo Maxwell.
Tout en disant ça, il lui tendit le bras. Quatre s'en saisit avec grand plaisir et ils quittèrent la chambre de l'arabe en compagnie de Sally.
Au même moment, Heero s'apprêtait à aller chercher Trowa pour la cérémonie quand il le vit arriver accompagné de sa soeur et d'un individu qui ne lui était pas inconnu. Il lui fallut quelques secondes pour reconnaître l'ancien pilote du Shenlong. Lorsqu'il le vit, Trowa vint à sa rencontre, Wufei sur ses talons.
- H : Chang ! dit-il lorsque celui-ci lui fit face.
- W : Yuy, répondit le chinois en lui tendant la main.
- H : Tu t'es finalement décidé à refaire surface, fit-il en lui serrant la main.
- W : On ne peut rien te cacher, ironisa-t-il avec un sourire provocateur.
- H : Où étais-tu pendant tout ce temps ?
- W : J'ai beaucoup voyagé.
- T : Désolé de devoir vous interrompre, mais je dois me marier dans une minute donc si nous remettions cette discussion à plus tard. Wufei, tu peux t'asseoir devant, il y a une place de libre. Viens Heero !
Et sur ces entrefaites, Trowa et Heero allèrent se mettre en place tandis que le chinois s'installait à la place qui lui était attribuée. Quand ils furent en place, Heero ne put s'empêcher de fixer discrètement le revenant. Sa présence était une véritable surprise et il était heureux de le revoir. Mais au fond de lui, il aurait préféré que ce soit un autre que lui qui occupe cette place. Un certain natté aux yeux améthyste qui occupait chacune de ses pensées. Il ferait n'importe quoi pour le revoir ne serait-ce qu'un instant. Tout à coup, il vit arriver Sally toute seule et s'asseoir aux côtés du chinois qui la salua d'un signe de tête. Il fut intrigué. Normalement, en tant que témoin de Quatre, la jeune fille devait remonter l'allée à son bras. Pourquoi faisait-elle ça ? Il ne put se poser davantage de questions car la musique marquant le début de la cérémonie se fit entendre. Tous les invités se levèrent d'un même mouvement et se tournèrent vers la porte de jardin. Heero les imita et tourna la tête dans la même direction. Il vit Quatre entièrement vêtu de blanc faire son entrée. Mais se figea en reconnaissant celui qui lui donnait le bras. Il crut un instant à une hallucination mais aprés avoir papillonner des yeux trés fort, il dut admettre qu'il ne rêvait pas. Quatre avançait d'un pas lent en rythme avec la marche nuptiale, un sourire radieux peint sur son visage, conduit par Duo Maxwell plus beau que jamais dans son costume noir et ses lunettes de soleil. A ce moment, plus rien n'existait pour lui que cette apparition surnaturelle et il sentit son coeur battre furieusement dans sa poitrine à mesure que l'américain s'approchait. Ce dernier regardait droit devant lui avec ce sourire qui le caractérisait si bien. Il se doutait que son arrivée faisait du plus bel effet. Il sentait les parfums reconnaissables des personnes qu'il connaissait. Cela le ravit. Mais plus il s'approchait de l'estrade, plus il ressentait d'appréhension. Il allait faire face à l'homme qui lui avait brisé le coeur et dont il était toujours amoureux. Il craignait de ne pas réussir à garder son contrôle face à lui et ne savait pas comment il devrait réagir une fois la cérémonie terminée. Comme si son appréhension était palpable, il sentit Quatre lui serrer le bras un peu plus pour marquer sa présence. Et il en sourit. Ce n'était pas le moment de se poser ce genre de question. C'était pour lui qu'il était là, c'était pour lui qu'il avait décidé de revenir. Il devait se montrer digne de la confiance que son ami avait mis en lui en lui demandant d'être son témoin. Et foi de Duo Maxwell, il ne le décevrait pas. Aprés quelques pas, le futur marié et son témoin firent face au prêtre. Duo se détacha de la prise de l'arabe et se posta à sa gauche, face au japonais dont il devinait la présence grâce à son odeur et aux battements rapides de son coeur. Pourquoi battait-il aussi vite d'ailleur ? Etait-il simplement ému par la cérémonie ou était-ce sa présence qui le mettait dans cet état ? Il ne pouvait le dire. Les fiancés se prirent la main et se regardèrent tendrement avant de se tourner vers le Père Sullivan.
" Mes chers amis, nous sommes réunis aujourd'hui pour assister à l'union de ces deux âmes devant le regard de Dieu. Ces deux personnes ont décidé de s'unir pour la vie, faisant le serment devant le Seigneur et devant vous de s'aimer pour l'éternité."
Pendant tout le temps que dura le sermon de l'homme d'Eglise, Heero ne cessait de fixer Duo. Celui-ci avait la tête tourner vers le jeune couple et souriait tendrement, retrouvant dans les paroles du prêtre, les anciens discours du Père Maxwell. Il était heureux. Aprés l'échange des voeux, chaque témoin tendit l'anneau d'or, symbole de leur union, à chacun des deux époux.
" Trowa Barton, acceptez-vous de prendre pour époux Quatre Raberba Winner ici présent. De l'aimer, de l'honorer et de le chérir dans la joie ou la tristesse, dans la richesse ou la pauvreté, dans la santé ou la maladie, et ce, jusqu'à ce que la mort vous sépare ? "
Trowa passa l'anneau au doigt de son ange et répondit distinctement, son regard encré dans celui de son mari :
- T : Oui, je le veux.
Quatre sentit que son coeur menaçait d'exploser devant la joie intense qu'il ressentait à ce moment. Le prêtre se tourna vers lui et répéta :
" Et vous, Quatre Raberba Winner, acceptez-vous de prendre pour époux Trowa Barton ici présent. De l'aimer, de l'honorer et de le chérir dans la joie ou la tristesse, dans la richesse ou la pauvreté, dans la santé ou la maladie, et ce, jusqu'à ce que la mort vous sépare ? "
L'arabe se saisit de l'anneau que lui tendait l'américain et le passa au doigt de son amour. Il s'efforça de répondre, la voix étranglée par l'émotion :
- Q : Oui, je le veux.
Le Père Sullivan bénit alors les deux anneaux et les proclama unis par les liens sacrés du mariage. Les deux époux se firent de nouveau face et échangèrent un baiser passionné sous les acclamations de leurs amis. Une nouvelle vie s'offrait à eux désormais et il ne tenait qu'à eux de la rendre merveilleuse à l'image de cette journée. Duo luttait contre les larmes de joie qui menaçait de couler de ses yeux éteints. Il était heureux pour eux. Mais les choses sérieuses allaient commencer pour lui. Le moment était venu de dire la vérité à ceux qui comptaient le plus à ses yeux. Ce ne serait pas facile, il le savait, mais il s'en moquait. Il avait fait son choix et en assumerait les conséquences. C'est ce qu'il se dit lorsque Quatre vint le serrer dans ses bras. Oui, il était heureux et rien ne pourra lui faire regretter sa décision.
Tsuzuku...
(1) signifie mon amour en arabe.
Félicitations aux jeunes mariés ! Duo est revenu avec beaucoup de questions. Le mystère de sa disparition va enfin être dévoilé, comment réagiront ses amis ? Réponse au prochain chapitre. Please review !!!
