Disclaimer : Les personnages appartiennent à Stephanie Meyer, seule l'histoire est de moi. Le contexte et les personnages secondaires appartiennent à Shonda Rhimes.
Note de l'auteure : Coucou mes p'tits loups ! Voici donc le chapitre 8 ! Je n'ai rien écrit de plus, ce qui fait que je n'ai plus que le 9 ! Va falloir que je me dépêche. Cependant, je vais m'absenter une semaine voir plus, il est donc possible que je ne publie ni dimanche prochain ni le suivant, c'est pour ça aussi que j'ai publié un chapitre Jeudi ! Je n'aurais pas accès à un ordinateur donc…
Je m'en excuse d'avance. De même, on m'a demandé si la fic « Temps qui attend, temps qui espère » était terminée, ce n'est pas le cas ! Je n'arrive pas à mener les deux de front en ce moment, et j'en suis désolée.
Voili, voilou. Sachez qu'on en apprend un peu plus sur Bella dans ce chapitre, cependant, il est possible que ça pose plus de questions que ça n'en répond. Sur ce, bonne lecture à tous ! Et une bonne semaine (voir deux ou trois !) J
Réponse aux reviews :
Guest : Merci :!
Grazie : Merci beaucoup ! Les réponses à ta première question dans ce chapitre J
Guest : Quelques réponses à tes questions dans ce chapitre J Sinon, si, ceinture de sécurité ! Mais ça n'aide pas toujours. Mais, bien évidemment, je prône et reprône la ceinture de sécurité ! Merci encore, bonne lecture !
Cristalle : Merci beaucoup, voici la suite !
Camelia Bella : Alors, ce n'est pas Marcus, mais Caïus. Rassure-moi, je n'ai pas fait l'erreur ? Non, parce que j'en serais carrément capable, je suis un peu du genre à être tête en l'air (mes amis m'entendraient, ils appelleraient cela un euphémisme). Pour Rosalie, réponse à la suite ! Merci encore pour tes reviews J
Annetoutsimplement : Coucou « bichette » J Merci beaucoup pour ce nouveau commentaire, qui m'a vraiment touché en plein cœur ! Moi aussi, les réparties de Bailey et de Yang me plaisent beaucoup, alors bien évidemment, ce sont eux que je voulais mettre en avant dans ce chapitre. A ton avis, j'ai correctement respecté leurs caractères ? J'ai une autre question pour toi : le chapitre précédent (celui que j'ai posté jeudi), qu'as-tu pensé du petit intermède Jasper/Bella ? J'espère que ce chapitre va te plaire ! Bonne lecture, et bonne semaine J
Mauricette : Dimanche est arrivé ! Et j'ai failli ne pas poster. J'ai eu un long week-end, alors… Je ne vais peut-être pas pouvoir poster les deux prochains dimanches, alors désolée d'avance… Mais ce sera physiquement impossible, lol. Merci beaucoup pour tous tes commentaires, que j'attends toujours avec impatience ! Pour ce qui est de ta théorie, j'ai vraiment envie de te répondre, que ce soit affirmer ou infirmer, mais ce serait dommage ! J'espère que ce chapitre te plaira, et je te souhaite une bonne semaine. Courage pour le bureau !
Guest : Pour Rosalie, tu auras ta réponse dans ce chapitre ! Merci beaucoup d'avoir prit le temps de laisser une review, ça me fait vraiment plaisir ! Bonne lecture, et bonne semaine J
Alex16 : Alors ce chapitre fait avancer le schmilblick (moi aussi j'utilise pas mal cette expression J), parce que : 1) Bella laisse enfin un petit peu (un tout petit peu) Jasper se rapprocher, 2) l'action s'accélère et l'histoire avance, 3) on comprends que Caïus (et non pas Alec, lol, moi aussi je m'y perd) est très dangereux. Voili, voilou, la suite aussitôt J Merci encore pour toutes tes reviews !
G6K : Merci, merci, merci pour ton commentaire ! Ca a été un plaisir de le lire, comme toujours ! « Mes » personnages, tu y tiens presque autant que moi, et c'est génial ! Alors merci encore, et bonne lecture, la suite à la suite J
Romane : Je suis contente d'avoir su te surprendre ! C'est un sacré compliment, alors merci ! Pour ce qui est de la suite, je te laisse lire par toi-même ! Merci pour tes reviews, de me suivre ainsi et pour tes compliments ! Bonne lecture J
Rosabella01 : Alors… quelle review ! C'était un plaisir de te lire ! Je ne peux pas répondre à tes suppositions, il faudra continuer de lire au fur et à mesure, lol J Pour ce qui concerne Edward, en fait, il te suffit de lire le chapitre suivant et il fera une sacrée apparition ! Par contre, question : il faut absolument que tu me dises à quelle histoire ou film cette histoire te fait penser, parce qu'elle est sortie droit de mon imagination loufoque, alors ce serait rigolo. Et puis, j'aimerais me renseigner pour justement faire en sorte qu'elle diffère je ne voudrais pas me faire accusée de plagiat ! Sinon, merci encore pour tes reviews, c'est toujours un plaisir de te lire ! Bonne lecture et bonne semaine J
Oliveronica Cullen Masen : Voici la suite ! Merci pour tes reviews, bonne lecture et bonne semaine !
Chapitre 8 :
Well you only need the light when it's burning low
Only miss the sun when it starts to snow
Only know you love her when you let her go
Only know you've been high when you're feeling low
Only hate the road when you're missing home
Only know you love her when you let her go
And you let her go
Staring at the bottom of your glass
Hoping one day you'll make a dream last
But dreams come slow and they go so fast
You see her when you close your eyes
Maybe one day you'll understand why
Everything you touch surely dies
Let her go – Passengers
Isabella Swan se réveilla aussi lentement et difficilement que si elle avait dormi dans sa voiture, comme elle l'avait fait quelques fois des années auparavant. Les paupières toujours closes, il lui fallu quelques instants pour comprendre qu'elle n'avait plus 23 ans, qu'elle avait une maison et un lit en l'occurrence, et que ce n'était pas l'endroit où elle était. Il lui fallut quelques minutes de plus pour se souvenir des événements de la veille.
Dès que Rosalie avait été placée dans une chambre individuelle, ils l'avaient tous veillé. Etre de la famille d'un chirurgien et du chef de chirurgie de l'hôpital avait valu à son amie quelques privilèges, comme le fait de garder toute sa famille auprès d'elle toute la nuit, même si elle n'en avait pas conscience. Ils s'étaient relayés, Jasper prenant de temps à autres la place d'Esmée aux côtés de sa sœur pour lui tenir la main, tandis que Carlisle et Bella se relayaient sans relâche pour vérifier ses constantes et qu'Emmett ne lâchait pas l'autre main de sa femme.
Elle sentit les rayons du soleil lui caresser la peau, et se dit qu'elle avait du dormir au moins deux heures. Aussitôt, elle ouvrit les yeux, inquiète de savoir si la situation n'avait pas empirée. Idée stupide, puisque s'il y avait eu un problème, les autres l'auraient réveillée.
Mais la situation avait changé. Pas pour Rosalie, mais deux autres personnes semblaient les avoir rejoint pendant qu'elle dormait. Alice se tenait aux côtés de Jasper, tous deux parlant à voix basse à Carlisle, tandis qu'Esmée et Emmett gardaient toujours farouchement la malade, chacun d'un côté du lit.
Jasper avait posé, sans y penser, la main à plat dans le creux des reins de sa femme. Ce détail imprimé sur la rétine, Bella sentit la pointe amère de la jalousie lui vriller le cœur avec plus de puissance qu'il ne l'avait fait jusqu'alors. Elle savait qu'elle n'aurait pas du laisser Jasper l'approcher de si près la veille, qu'elle aurait du le laisser à bonne distance, et l'empêcher de lui montrer à quel point il pouvait être merveilleux.
Parce que maintenant c'était plus douloureux encore.
En vérité, elle ne les avait jamais vus s'embrasser. Ils lui avaient non seulement évité les roulages de pelles intempestifs, mais même les petits et légers baisers volés. Leurs lèvres ne s'étaient jamais touchées devant elle.
Elle ne leur en était pour autant aucunement reconnaissante. Parce qu'un bon roulage de pelle en bonne et due forme aurait été moins douloureux que cette main posée innocemment sur le dos d'une femme. Ce geste empli de tendresse et de complicité. Ce geste fait sans aucune arrière-pensée, qui n'était pas dicté par le plaisir. Qui n'était pas dicté du tout d'ailleurs, comme un geste routinier, un geste du quotidien. Ces petits gestes étaient bien plus douloureux à regarder, à constater, et elle aurait préféré ne pas en être le témoin silencieux.
Dès qu'elle eut ouvert les yeux, Tom se dirigea vers elle, en quête d'attention quand les autres adultes semblaient l'avoir oublié. Jasper remarqua aussi immédiatement qu'elle était consciente, et même si elle détourna immédiatement les yeux, il retira sa main de là où elle était quelques instants avant, comme si le contact l'avait brûlé. Alice lui jeta un coup d'œil surpris, interrogateur, avant de suivre le même chemin que son regard et d'hocher imperceptiblement la tête d'acquiescement.
Super, se dit Bella alors que Tom montait sur ses genoux et qu'elle refermait sans y penser ses bras autour du petit bonhomme, le grand retour de Bella la pauvre fille trahie à qui on doit faire attention.
- Quand est-ce qu'elle va se réveiller Rosalie ? demanda l'innocent petit garçon dans ses bras, qui ne devait rien comprendre de la situation.
Elle se crispa involontairement, mais lui adressa un sourire apaisant quand elle lui répondit.
- Elle a besoin de repos. Elle se réveillera quand son corps se sentira prêt. On ne peut pas le savoir pour l'instant.
- Jasper a dit qu'elle allait survivre. Ca veut dire quoi, survivre ? C'est vivre sur quoi ?
Elle eut un petit rire. Bien qu'elle pensât que le jeune homme aurait pu surveiller ses paroles en présence du petit garçon. Elle remarqua que les autres adultes de la pièce lui jetèrent un regard en biais.
Ouais, je vois, démerde toi avec ça Bella.
- Non, bonhomme. Survivre, c'est… vivre malgré ce qui nous est arrivé de mal. Tu comprends ? Par exemple, là, Rosalie était en danger parce qu'elle a eut un grave accident. Et on avait peur de la perdre. Mais on a réussit à la soigner, du coup ça veut dire qu'elle survit. Tu vois ?
- Euh…
Bon, de toute évidence il ne voyait pas bien. Mais peu importe, parce que les frissons qui s'insinuaient en elle, le bonheur qui distillait progressivement ses veines en comprenant qu'elle disait la vérité, que son amie allait bel et bien vivre, elle s'en repu autant qu'elle le put.
Peu importe, aussi, parce que le sujet ne l'intéressait dorénavant plus, et qu'il semblait avoir encore plein de choses à dire.
- Et Jasper il a dit aussi que y a des policiers qui vont venir.
Depuis quand il avait la science infuse celui-là ?
- Ah bon ?, répondit-elle avec un regard en coin pour Alice et Jasper.
- Oui, hein c'est vrai Jazou, hein c'est vrai ?
Jazou hein ? Bella haussa un sourcil à son encontre, l'expression de son visage clairement sarcastique. Il y a quelques années, il lui aurait répondu d'une moue gênée, mais il était dorénavant bien plus sur de lui et arbora un sourire amusé. Il savait qu'elle se moquait de lui. Quand il lui répondit cependant, il était de nouveau tout à fait sérieux.
- C'est vrai. L'accident n'a pas semblé étrange qu'à Emmett, surtout que le chauffard a prit la fuite. Sans compter qu'il a entrainé un vrai carambolage, et de nombreux blessés. Des flics sont passés cette nuit, à un moment où tu dormais, on a oublié de t'en parler. On les a convaincus de revenir plus tard, Emmett était incapable de leur parler sur le moment. Ils doivent revenir dans la matinée.
Le regard appuyé qu'il lui adressait montrait clairement qu'il y avait plus, mais qu'il ne pouvait rien dire devant le petit. Alice le remarqua également et tendit la main à Tom, lui indiquant qu'il était temps de rentrer à la maison. Le petit vint poser un baiser sur la joue de Bella, avant d'embrasser de la même manière tous les autres adultes présents dans la pièce.
Une fois que Jasper ait refermé la porte derrière sa femme et son beau-fils, il se tourna vers Bella, implacable, alors qu'elle s'était levée une fois de plus pour vérifier les constantes de son amie.
- Pas un mot sur Caius Volturi à la police. Ils vont interroger Emmett, et plus tard Rosalie au sujet de l'accident, et normalement ils n'auront aucune raison de s'adresser à toi ou aucun autre d'entre nous. Mais au cas où, je te le répète, tu ne sais rien.
Elle détestait quand il prenait ce ton paternaliste et autoritaire avec elle. Il ne régirait jamais sa vie, quelle que soit son impression à ce sujet.
- Ne me parle pas sur ce ton.
- Ecoute, Bella. Il ne s'agit pas de nos querelles d'amoureux de lycéens là. C'est important. C'est un homme dangereux, et la police ne peut rien pour nous. Les mettre au courant ne nous serait d'aucune aide, bien au contraire. Et je me souviens parfaitement à quel point tu peux être une piètre menteuse.
Elle le savait stressé, inquiet et éreinté. Et elle avait conscience que c'était un cocktail molotov de sentiments qui le rendaient si… si suintant de suffisance et d'arrogance, mais sérieusement ! Une querelle d'amoureux de lycéens ? Elle avait envie de lui cracher au visage. Il l'avait abandonnée, il l'avait trahie, il était réapparu pour lui demander l'impensable, et elle avait tout accepté sans broncher. Ou presque. Et il osait utiliser de tels mots pour parler de leur histoire, après tout ce par quoi elle était passé, qui n'avait franchement rien de lycéen. Et il osait l'insulter, elle, et ses capacités. Elle ravala pourtant son venin, bien qu'il ne fût pas dupe au vu du regard si haineux qu'elle lui balançait, et préféra le sarcasme et la suffisance comme armes, un large sourire hypocrite scotché aux lèvres.
- J'étais une piètre menteuse, Jasper. Mais crois-moi, depuis, j'ai largement eu l'occasion de m'exercer au mensonge. Et vu ce que tu penses connaître de moi aujourd'hui, je dirais que je ne m'en suis pas trop mal sortie.
Et sans un mot de plus elle sortit, employant une démarche féline qu'elle avait autrefois savamment utilisée pour certaines actions peu recommandables. A la guerre comme à la guerre, pensa-t-elle, alors qu'elle entendait distinctement le souffle haché du jeune homme, insensible aux remontrances d'Esmée qu'elle parvenait à distinguer.
Pour autant, une fois sortie, elle fulminait. Elle le haïssait. Littéralement.
D'un pas raide et rapide, elle se mit en quête de Kepner, en charge des plannings, sachant qu'elle aurait du reprendre son service ce matin. Elle ne s'en sentait pour autant pas capable, de même que ce serait le cas dans les jours à venir. Elle avait besoin de prendre un congé, pour prendre un peu de repos et prendre soin de Rosalie.
- Oui, Papa, je te rappellerais pour donner des nouvelles… Non, ça ne sert à rien, j'ai déjà appelé Leah et Jacob pour leur dire que je ne venais pas ce week-end et pourquoi. Je les tiendrais informés. Donc la Push doit être au courant. Oui, promis. Faut que je te laisse. Je vous embrasse, Sue et toi.
Elle raccrocha. Après avoir moyenné un congé de quelques jours avec Kepner, elle avait appelé son père qu'elle n'avait toujours pas tenu au courant. Les Swan et les Cullen avaient toujours été très proches, et elle savait qu'il aimait beaucoup Emmett et Rosalie. Il était grand temps de le mettre au courant de l'accident et de le rassurer quant à l'état de Rose.
Elle se dirigea directement ensuite vers la chambre de Rosalie, de nouveau inquiète. Elle avait beau la savoir hors de danger, elle était partie depuis plus d'une demi-heure et ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter.
Au détour d'un couloir, alors qu'elle n'était plus qu'à quelques mètres de la chambre de son amie, elle entendit des voix discuter.
- Jasper est avocat et a tenu à assister à cet entretien, ne me demandez pas pourquoi, disait la voix d'Emmett. Pour répondre à votre question, non je ne me souviens de rien d'autre. Si vous croyez que j'ai eu le temps… j'étais trop inquiet pour ma femme pour relever le numéro d'immatriculation.
- Je comprends. Bien, si quelque chose vous revient, je vais vous laisser ma carte. Tenez. N'hésitez pas à m'appeler, à n'importe quelle heure.
Elle connaissait cette voix. Elle ne la connaissait que trop bien, même si voilà de nombreuses années qu'elle ne l'avait pas entendue.
Elle avança de façon à se faire voir, et murmura son nom.
- Edward…
Il s'immobilisa immédiatement et se tourna lentement vers elle.
- Isabella.
Depuis qu'elle était née, il avait été le seul à pouvoir l'appeler ainsi. Tout d'abord parce qu'à l'époque où ils s'étaient connus, elle voulait tout oublier de Bella, devenir quelqu'un d'autre et enterrer la personne qu'elle avait été jusque là pour « survivre ». Et puis parce que dans sa bouche, son prénom avait toujours eu des intonations bien plus … sensuelles. D'ailleurs ils avaient joué et rejoué de cet érotisme tous les deux, de façon souvent malsaine.
Sous les yeux ébahis d'Emmett et de Jasper, elle courut jusqu'à lui et sauta dans ses bras, spontanément. Il la réceptionna immédiatement et l'entoura de ses bras avec force. Après une étreinte de quelques instants, elle se recula et l'observa. Il n'avait pas tant changé. Ses cheveux cuivrés toujours en bataille, ses yeux verts et sa mâchoire carrée, elle pouvait presque retrouver l'homme mûr qui l'avait séduite autrefois. Pourtant, il avait bien meilleure mine et paraissait plus heureux, plus détendu aussi.
Il lui sourit sincèrement et posa sa main à plat sur sa joue, heureux de la retrouver lui aussi.
- Qu'est-ce que tu fais là, Isabella ?
- Mais je suis médecin dans cet hôpital, figure toi.
Ses yeux s'écarquillèrent légèrement sous le coup de la surprise, et son sourire s'élargit davantage si cela était possible.
- Tu as réussi, lui chuchota-t-il.
- Tu en doutais ? Lui répondit-elle, taquine.
- Jamais. Tu sais bien que je n'ai jamais douté de tes capacités, dans aucun domaine.
Le sous-entendu était plutôt clair entre eux, mais il l'était également pour les deux jeunes hommes qui les écoutaient, ahuris, l'un gêné et l'autre furieux. Emmett tenta de s'immiscer dans la conversation, le ton hésitant :
- Bella…
Edward lui adressa un regard interrogateur, et elle se rendit compte qu'il n'avait certainement pas fait le lien entre elle et les deux hommes qu'il interrogeait juste avant.
- Tu les connais ?
- Rosalie est ma meilleure amie et Emmett est son mari. Quand à Jasper, il est… c'est le frère de Rosalie, et … et mon ex-fiancé…
Le regard de l'inspecteur Masen changea immédiatement et se fit plus dur quand il se tourna vers le dernier nommé.
- Oh. Je vois…
Bien sur qu'il voyait. Elle ne lui avait pas dit grand-chose de sa vie mais elle lui avait raconté comment elle en était arrivée là, quand ils s'étaient rencontrés. Alors il savait, peut-être mieux que personne, dans quelle spirale infernale l'avait directement envoyée Jasper, en la quittant de cette façon.
Il n'y avait que Seth qui pouvait mieux comprendre, mieux comprendre de qui lui était arrivée, mieux la comprendre, elle.
Mais pour le moment, il avait dégainé un regard vibrant de colère contenue sur Jasper, qui avait tressailli, brièvement, avant de ne retrouver tout son aplomb. Elle avait l'impression de se faire la panoplie de la filmographie des westerns en live.
Vraiment, ces mecs, des coqs en pattes, se dit-elle en roulant des yeux, tandis qu'Emmett semblait amusé de la situation et hésitant sur lequel des deux méritait son soutien.
Mieux valait décider pour lui.
Elle attrapa le bras de son ancien amant.
- Que dirais-tu d'aller prendre un verre ? Il y a pas mal de bars pas loin et j'en connais un super sympa. On a plein de choses à se dire et on pourra rattraper le temps perdu. Enfin si tu as le temps…
Il s'extirpa difficilement de son regard « si j'avais des flingues à la place des yeux, tu serais déjà six pieds sous terre », et se tourna lentement vers elle. Son regard s'adoucit alors.
- J'ai toujours le temps pour toi, bébé…
Elle secoua la tête, dépitée. « Bébé » ? Elle devrait faire des recherches, l'excès de testostérone avait vraiment l'air d'annihiler le cerveau.
Elle tira sur son bras, et sourit à Emmett, dont l'expression montrait à quel point la situation l'amusait. Ça en fait au moins un, pensa-t-elle.
- Je reviens plus tard, ça marche ?
Ne lui laissant pas vraiment le temps de répondre, elle passa devant Jasper, le bras toujours faufilé sous celui d'Edward.
N'avons-nous pas toutes, à un moment donné, se dit-elle, vaguement consciente d'être un tantinet puérile, rêvé de montrer à un ex, le dos droit et le menton levé, à quel point la rupture n'avait pas été difficile, à quel point on s'en était vite remise, et surtout qu'on avait trouvé bien mieux ? Eh bien c'était CE moment…
Bon, avec près de six ans de retard…
L'effet n'était peut-être pas le même, mais il était là, bien qu'elle se doute que les poings serrés, la mâchoire tendue et les yeux plissés de colère de Jasper n'étaient pas le fait de sa jalousie, mais plutôt de voir qu'elle n'écoutait rien de ses précieux et si avisés conseils.
Mais bon, le fantasme n'était pas interdit par la loi.
Assis tous deux sur les tabourets du bar de Jo, une bière à la main, ils se regardaient, enveloppés dans un silence confortable. Même si Bella était heureuse de le revoir, sa vue la replongeait de force dans les ténèbres de la vie qu'elle avait menée quand ils se côtoyaient, et elle avait eu besoin de quelques minutes pour y faire face et pour démêler tout ça.
Lui la regardait, tranquillement, son petit sourire en coin si craquant aux lèvres.
- Alors, comme ça, … il est revenu, hein ?
Elle lui sourit, complaisante.
- De toute évidence…
- Et tu vis ça comment ?
- C'est … compliqué.
Il fronça les sourcils, et lui fit ses gros yeux de flic, les sourcils froncés, semblant la sonder comme avant. Avant, quand il savait que ce qu'elle lui racontait n'était qu'un tissu de mensonges, qu'elle savait qu'il savait, mais qu'aucun des deux ne disaient rien.
- Hum hum.
Mouais, rien de nouveau sous les cocotiers.
- Et, à part… ça, quoi de neuf dans ta vie ?
- Eh bien, j'ai fini mon internat, ma résidence, et je suis officiellement chirurgienne.
- Je suis fier de toi.
…
- J'ai quelqu'un dans ma vie, aussi, depuis trois ans.
- Comment s'appelle-t-il ?
Elle explosa de rire. Tension dissipée.
- Oh non, Colombo, tu ne vas pas faire de recherches sur mon petit-ami. Pas la peine, reprit-elle plus tendrement, c'est quelqu'un de bien. Qui m'a aidé à me remettre sur pied, et qui m'accepte avec toutes mes embrouilles, et tout le reste.
Elle fit un large geste de la main, pour montrer l'étendue de ce « reste ».
- Et il sait que… ?
- Il sait le principal.
- Bien, bien.
Nouveau silence. Mais elle le rompit rapidement. Ils n'avaient jamais eu de mal à se parler, à se dire les choses crument, à parler de tout et de n'importe quoi sans détour ni faux-semblant. Ça n'allait pas commencer aujourd'hui.
- Comment va Tanya ?
Il ne fut pas surpris de sa franchise, ni du fait qu'elle abordait Le sujet directement.
- Bien. On a travaillé sur nos… problèmes, et… on est définitivement restés ensemble.
Il était hésitant sur les derniers mots, clairement gêné par ce que tout cela signifiait. Elle s'empressa de le rassurer. C'était là une excellente nouvelle, et elle était contente pour lui. Alors elle lui sourit, sereinement.
- J'en suis heureuse. Vraiment.
Son sourire fut éclatant, et elle rit. C'était bon de parler avec lui.
- Au vu de l'air béat, et je dois te l'avouer, complètement ridicule que tu affiches, je dirais que vous les avez même réglés, vos problèmes.
- On a une petite fille.
Elle se redressa sur sa chaise en un bond, manquant faire tomber les bières posées devant elle.
- Quoi ?! Et tu me dis ça comme ça ? Et tu ne me le dis que maintenant ? Elle s'appelle comment ? Elle a quel âge ? Elle te ressemble ?
- Oula, la Curieuse de service, et après c'est moi qu'on appelle Colombo ? Ca fait beaucoup de questions tout ça.
Mais déjà il sortait une photo de sa poche, montrant un poupin aux électrisants yeux verts et aux délicieuses boucles d'or.
- Hum. J'imagine que Tanya est blonde, alors. Mais elle a tes yeux. Elle a prit le meilleur de vous deux je crois. Si ce n'est les sourcils, je crois qu'elle a malheureusement écopé des tiens. Heureusement que ça s'épile.
Puis, d'une voix plus douce.
- Je plaisante, elle est magnifique Edward.
- Je sais, lui répondit-il, mais ses yeux restaient rivés sur la photo, qu'il contemplait avec adoration.
Quand il releva les yeux vers elle, elle put y lire qu'il était pleinement heureux. Enfin.
- Elle a quinze mois, et elle s'appelle Irène.
- C'est un très joli prénom.
Lentement, avec des gestes emprunts de prudence, il rangea la photographie dans son portefeuille, soigneusement calée dans une poche plastique transparente.
- Eh bien, reprit-elle, qui aurait cru qu'on s'en sortirait si bien il y a quatre ans, hein ?
Bien qu'elle ne les ait pas clairement évoqués, les souvenirs étaient là, entre eux, mais pas pesants, comme ils l'auraient pensé. Raison pour laquelle ils ne s'étaient d'ailleurs plus revus après. Sans compter que leurs vies étaient déjà bien assez compliquées comme ça séparément.
- Personne, finit-il par répondre. Et pourtant nous voilà.
- Nous voilà, oui, murmura-t-elle, plus pour elle-même.
Ils furent silencieux un moment, sirotant lentement leurs bières, gorgée après gorgée, jusqu'à ce qu'elle ne trouve le courage de lui poser la question qui lui brulait les lèvres depuis qu'elle l'avait aperçue dans ce couloir de l'hôpital.
- Tu as des nouvelles de…
Il arqua un sourcil, ne voyant visiblement pas où elle voulait en venir. Et pourtant, il devait bien s'en douter.
- De… ?
- De James, Edward.
Cette fois, il fronça les sourcils.
- Des nouvelles ?
- Oui, est-ce qu'il est toujours… ?
- Incarcéré ? Oui. Tu n'as pas à t'en faire pour ça. Je veille au grain. S'il devait sortir, tu serais la première que j'appellerais. Mais ça m'étonnerait. Il en a prit pour… enfin, m'étonnerait qu'il ressorte de là vivant. Surtout vu ses codétenus.
- Tu crois que… tu crois qu'il en a après moi ?
- Non. Il ne se préoccupe en aucun cas de ton existence.
- Mais s'il savait que… que c'était moi qui…
- Tu ne vas pas finir une seule de tes phrases, hein ? La taquina-t-il gentiment. Il n'en a aucune idée, Bella. Vous étiez déjà partis depuis un bail quand on l'a arrêté. A mon avis, il doit vous croire morts. Ou alors enfuis très loin. Et puis, sérieusement, même s'il te voyait aujourd'hui, il n'en aurait rien à foutre.
Elle se permit de respirer plus librement. Voilà un des nombreux poids qu'elle avait sur les épaules en moins. C'était déjà ça. Il se rendit compte que la tension quittait progressivement ses épaules, et dut se demander depuis quand elle gardait cette angoisse pour elle.
- Désolé. J'aurais du te dire tout ça depuis longtemps, mais comme on ne s'est pas vus depuis… Et puis, tu aurais du t'en douter, vu que tu n'es pas venue témoigner au procès.
- Oui, je sais. Désolée pour ça d'ailleurs.
- Tu n'as vraiment aucune raison de t'excuser. Tu sais tout ce que je te dois. Et puis, tu ne pouvais pas. J'ai bien compris, t'inquiète. Et puis c'est mieux comme ça. On l'a quand même envoyé au trou pour un moment, définitivement même. Et sans qu'il n'en connaisse ton implication.
Elle ne put dire un mot, les souvenirs affluant si vite qu'ils lui donnaient le tournis. Voilà longtemps qu'elle n'y avait plus pensé. A ce qui s'était passé avant, oui, à ce qui avait suivi, aussi mais pas à ces moments là. Elle s'y était refusée.
- Et sinon, reprit-il, et elle lui fut reconnaissante de changer de sujet, tu vas finir par me dire ce qu'il se passe maintenant, oui ou non ?
Ok, pas si reconnaissante que ça finalement. Mais elle aurait du s'y attendre. Il était un bon flic il n'allait pas louper ça.
- Laisse tomber, Edward. S'il te plait.
Sourcil haussé, sourire en coin. Il fallait lui en donner plus.
- Tu ne me feras pas croire que ce n'est pas assez gros pour la police. J'ai vu comment ton ex semblait concerné. Inquiet, angoissé. Il ment bien, mais pas à moi.
Définitivement plus.
- C'est tout le contraire, Ed. C'est trop gros pour la police.
Sourcils haussé, visage fermé. Il avait pigé.
Il aurait pu lui rire à la figure, mais elle savait qu'il la connaissait mieux que ça. Il savait. Il avait compris, en quelques mots, ce qu'elle voulait dire. Que ça ne ferait que les mettre en danger. Que le poisson était si gros qu'il avait des connections partout, même dans la police, certainement. Surtout dans la police, justement. Il connaissait la corruption. Il en avait suffisamment fait les frais.
- Et une petite enquête en sous-marin ?
- Trop dangereux. Sérieux, Edward. J'ai besoin de savoir que tu ne fouilleras pas. En fait, j'ai besoin qu'une fois sorti de ce bar, tu oublies tout de tout ça. Classe l'affaire. Ce n'est même pas une affaire, non ? Tu recherches juste un véhicule en fuite qui a causé un carnage. Alors tu fous le matricule dans le logiciel, et tu t'arrêtes là. Je suis certaine que tes supérieurs ne savent même rien de ta petite visite à l'hôpital. Suis-les, pour une fois.
- Comment tu sais que… ?
Mais elle ne le laissa pas finir sa phrase. Comment savait-elle ? Rien de plus simple.
- Allez, je te connais. Je sais comment tu fonctionnes. Tu ne lâches jamais le morceau si tu sens un truc louche.
Il afficha une mine faussement vexée.
- On dirait que tu parles d'un chien.
Elle lui sourit, sachant qu'il n'était pas vraiment offensé.
- Tu en as le flair, en tout cas. C'est pour ça que je te parle tout de go. Et puis, j'ai toujours été honnête avec toi. Ok, pas au début, mais après oui. Et j'ai toujours eu confiance en toi. J'ai besoin de pouvoir le faire encore une fois. Promets-moi.
- Tu m'en demandes beaucoup, Isabella.
- Je sais. Je sais à quel point ça peut te coûter de te retirer du jeu. T'es un petit Gregory House à toi tout seul. Ecoute, je te promets que si on doit faire appel à un coup de main, policier j'entends, je t'appelle avant les feds.
- Tu sais bien qu'il n'y a pas que ça. Je m'inquiète pour toi.
Elle lui prit la main. Il voulait surveiller ses arrières.
- Je sais. Mais tu ne peux pas interférer. Merde, Ed, pense à ta gamine. Essaie de vivre au moins assez longtemps pour qu'elle ait des souvenirs de toi, non ?
Ça eut l'effet totalement inverse. Il devint nerveux.
- Ça me rassure vachement sur ta sécurité, ça Isabella. Comment veux-tu que…
- Je ne risque rien, du moins tant que tu ne t'impliques pas. Fais le, et tu es sur qu'on est tous morts.
Il la sonda, comme il en avait l'habitude, et resta silencieux de longues minutes sans bouger. Elle ne cilla pas. Never did, never will.
- Ok.
Peu de mots échangés. Souvent truqués. Mais elle savait qu'il s'y tiendrait.
Quelques minutes plus tard, ils se tenaient l'un en face de l'autre devant le bar, les bras ballants.
Que dit-on à un ancien amant qu'on n'a pas vu depuis quatre ans, qu'on ne reverra pas de sitôt et qui vous sait en danger sans rien pouvoir y faire ? Hum, pas sur que ça fasse partie de l'étiquette ça.
- On devrait pas rester sans nouvelle si longtemps. Gardons contact, ok ?
- Yep, et puis on pourra se faire des diners à quatre, tant qu'on n'y est. Toi, moi, Tanya et Mike. Je m'y vois déjà.
Il lui offrit une mine contrite, et passa la main sur sa nuque, gêné.
- Ouais, c'est pas la meilleure idée qui soit, peut-être.
- Non, en effet, lui répondit-elle dans un sourire.
Il la regarda un moment, conscient qu'ils ne se reverraient pas avant un moment. A moins qu'elle ait besoin du concours de la police, et ce ne serait pas bon signe.
Alors il la prit dans ses bras, et la serra fort. Lui murmura à l'oreille :
- Prends soin de toi, ok ?
- Promis, lui chuchota-t-elle, quelques trémolos dans la voix.
Sans rien ajouter de plus, il tourna le dos et s'avança dans la rue. Bientôt, elle ne l'aperçut plus, et se décida à retourner à l'hôpital.
Elle passa les portes de l'hôpital et, sans y penser, monta directement vers la chambre de Rosalie. Bien sur, il était là, les bras croisés, le dos contre le mur. Une de ses longilignes jambes pliées et le pied contre le mur. L'air impassible, le regard furibond. Il l'attendait. Furieux. Bien sur.
Sans lui laisser le temps de parler, il l'empoigna fermement par le coude et la conduisit dans l'une des salles de garde. La plus proche de la chambre où tout le monde était réuni. Il lui fit un peu mal, mais qu'importe. Elle savait qu'elle allait avoir pire à affronter dans les minutes à venir.
Il la poussa sans contrefaçon à l'intérieur, s'incrusta lui-même dans la pièce et referma consciencieusement la porte derrière lui. Comme si quelqu'un allait en manquer une miette quand il se mettrait à hurler. Pourtant, quand il se tourna vers elle, si ses yeux criaient pour lui, sa bouche ne dit rien. Et il resta silencieux, longtemps.
Si agaçant.
Alors c'est elle qui le brisa, ce silence assourdissant.
- Si tu as l'intention de crier et de dire des choses stupides comme tout à l'heure, commence tout de suite. Je n'ai pas toute ma journée.
Et les vannes s'ouvrirent.
- Stupides ? Dire ? Sembla-t-il hurler, et pourtant il n'haussa pas la voix. Mais c'est toi qui fais tout ça. Qu'as-tu dit de stupide à gogogadgetobras ?
- Ne l'appelle pas comme ça, rétorqua-t-elle, furibonde.
- Pourquoi ? Parce que vous avez couché ensemble ?
Elle ne voulait pas s'aventurer sur ce terrain avec lui. Pas maintenant. Et surtout pas avec lui. Il n'en avait absolument pas le droit. Alors elle le poussa, fort, et s'élança vers la porte. Elle retira le verrou et l'ouvrit en grand. Elle traversa le couloir, Jasper à ses basques, remis de sa surprise. Elle entra dans la chambre, où Rosalie dormait toujours. Dommage, elle aurait eu grand besoin d'un coup de main.
Les autres levèrent vers elle un regard surpris, sortant de leur prostration. Ils semblaient inquiets. Et avaient de toute évidence raison de l'être, pensa-t-elle quand Jasper s'introduisit dans la pièce à sa suite, ferma la porte et lui prit à nouveau le bras pour la retourner et la mettre face à lui.
Il n'était pas tendre, et elle osa un coup d'œil dans le couloir. Heureusement, personne ne semblait avoir rien remarqué. Son regard à lui suivit le sien, et il se dépêcha de baisser les stores. Puis il se tourna à nouveau vers elle et lui prit les épaules.
- Qu'as-tu dit ?
- Jasper… tenta d'intervenir Carlisle.
- Non, papa, répondit-il, catégorique. C'est important. Elle nous met tous en danger.
- C'est tout le contraire, s'exclama-t-elle, alors que d'un grand geste rapide, elle s'extirpa de sa poigne, repoussant violemment ses mains. Je sauve vos petits culs, à ta greluche et à toi.
Il ne releva pas le terme, mais joua de ses sourcils, sarcastique.
- Ah oui ? Et tu m'expliques comment parler à un flic de nos problèmes est-il censé nous aider ? Tu ne sais rien de cette histoire.
- Mais je le connais, lui ! Tu crois que tu l'as dupé, avec tes mains quasi tremblantes et ta manie de tout vouloir contrôler ? Qui crois-tu tromper Jasper. Je le connais, je te le répète. Il a senti l'embrouille à dix kilomètres. Et je te prie de croire qu'il n'aurait rien lâché si je n'étais pas intervenue !
Il se pinça l'arrête du nez de deux doigts, comme agacé de devoir expliquer quelque chose à une gamine. Carlisle prit le relai, bien plus compatissant.
- Et que lui as-tu dit, exactement Bella ?
- Mais rien, répondot-elle, exaspérée. Je ne suis pas entrée dans les détails, figurez-vous. Et je n'ai pas prononcé le nom de Caius Volturi devant lui. Je ne suis pas folle ! Il connait la police, ses limites, son incapacité parfois et sa corruption surtout. Il en a assez fait les frais lui-même. Je lui ai juste dit que c'était trop gros, que s'en mêler nous porterait préjudice. Il ne fera pas d'enquête.
Mais Carlisle posa la question qui fit mouche.
- Même pas officieusement ?
- Il l'a proposé, mais je l'ai convaincu de ne pas le faire. Au moment où je vous parle, il a mis toute cette histoire de côté. Il en fera le minimum pour que personne ne suspecte rien, et classera l'affaire dès que possible.
- Comment peux-tu en être certaine ? Demanda Emmett, concerné.
- Je lui fais confiance. Je lui confierais ma vie.
Cet argument fit mouche chez Esmée, Carlisle et Emmett. Mais il sembla décupler la colère de Jasper, et il dit les mots de trop.
- Qu'il soit passé entre tes cuisses ne fait pas obligatoirement de lui quelqu'un de confiance.
La gifle partit avant même qu'elle ait pu s'en empêcher. Puissante, elle y mit toute ses forces et la tête de Jasper partit en arrière sous le coup. Pas qu'elle le regretta. Elle aimerait dire qu'il avait dépassé les bornes. Mais les limites, il les avait déjà atteintes depuis un certain temps.
Le hoquet de stupeur d'Esmée, le « Jasper » autoritaire de Carlisle et celui furieux d'Emmett ne valaient rien comparé aux yeux de Jasper quand, lentement, il releva la tête de façon à croiser ses yeux. Les siens étaient choqués, horrifiés. Il semblait ne pas croire qu'il ait dit ça. Et pourtant, il l'avait fait. Et aucun retour en arrière n'était possible. Il le savait. Personne ne dit rien, le silence les recouvra tous et se prolongea. Parce que dès que quelqu'un dirait un mot, ce serait fini. Bien fini, cette fois-ci, semblait-il.
Elle allait s'effondrer bientôt, elle le savait. Et hors de question qu'elle ne le fasse ici. Alors elle tourna les talons, littéralement, et partit pour la porte. Et se figea.
Alice, les yeux écarquillés, se tenait sur le seuil. Figée, elle semblait désolée pour Bella. Puis se tourna vers son mari et son regard se fit plus dur. Bella aurait voulu partir, elle n'avait pas besoin de voir la greluche de Jasper le réprimander pour ce qu'il lui avait dit à elle, l'ex désastreuse. Encore moins d'écouter Jasper s'excuser, penaud, parce qu'elle le lui avait demandé. Pourtant, ce ne sont pas les mots que Bella attendait qui sortirent de la bouche honnie.
- Ca suffit maintenant. Il est temps de parler, Jasper.
Voilà mes p'tits loups ! Qu'avez-vous donc pensé de ce petit chapitre?
Pour les inspirés de la review, petites questions : dans le chapitre précédent, qu'avez-vous pensé de la complicité Jasper/Bella? Et dans celui-ci, de leur petite guéguerre? De leurs échanges? Du reste de la famille? De Jasper tout seul? Et d'Edward?
Comme je l'ai dit au début de ce chapitre, il va certainement y avoir une pause dans la publication, due tout simplement au fait que je n'aurais pas accès à un ordinateur ces deux ou trois prochaines semaines. Mais dès que je rentre, je m'y remets, promis !
Sur ce, une bonne semaine à tous :)
