Bonjour, bonjour !

Bon 1er mai à tous !

Voilà un nouvel OS, un peu spécial. Cette fois il se passe après que Crocodile se soit évadé d'Impel Down. Il est un peu plus centré sur Croco.

En fait il part d'une illustration pour un chapitre d'Oda lui-même, le chapitre 860 très exactement, et j'ai trouvé ça trop chou. XD Vous pouvez facilement le trouver sur google image. ^^

Donc voilà d'où ça sort. XD

Merci à ma super bêta Nathdawn, qui me corrige toujours à la dernière minute la pauvre, elle a du courage. XD

Bonne lecture !


« Ce ne sont pas les cœurs purs qui évitent l'averse, mais les gens munis de parapluie. » Anatole France.

Dans la ville où Crocodile se trouvait sur le Nouveau Monde, la pluie s'était soudainement mise à tomber à verse. Bon sang ce qu'il haïssait les conditions météorologiques de merde de cette putain de partie de Grande Line.

Il était rentré précipitamment dans une boutique acheter un parapluie. Le type l'avait regardé comme si des tentacules avaient soudainement poussé sur son front et s'était mis à trembler. C'est sûr que maintenant qu'il n'était plus corsaire et que son avis de recherche avait été remis au goût du jour et placardé un peu partout, ça devait être assez surréaliste de le voir débarquer dans une boutique pour demander un parapluie.

Mais si Crocodile adorait être un pirate, il détestait la notoriété qui allait avec. Aussi il n'avait pas pu se retenir d'attraper le gars par le cou et de l'assécher sur place. Lorsqu'il vit le pauvre bougre quémander d'une voix à peine audible de l'eau, il ne ressentit qu'une immense satisfaction. C'est qu'il avait eu comme un léger besoin de passer ses nerfs sur quelqu'un. Aujourd'hui fallait pas le faire chier.

Il partit sous l'averse, broyant du noir. Il détestait la pluie. Ça le rendait faible. Il se sentait toujours mal et à moitié endormi lorsqu'il pleuvait. Putain de fruit du démon.

La rue pavée était plutôt déserte, à part les gens, qui comme lui, se pressaient de se mettre à l'abri. Ils étaient rares les tarés qui aimaient la pluie. Il eut la vision fugace d'un manteau à plume rose et d'un sourire dément, et eut un reniflement de mépris. Doflamingo lui avait dit un jour que c'était rafraîchissante et qu'elle apportait toujours un vent de renouveau.

Conneries tout ça. Être trempé jusqu'aux os, voilà le seul truc qu'elle apportait. Depuis qu'il s'était évadé d'Impel Down, le sort s'était fait un malin plaisir à mettre sur son chemin des îles où il pleuvait comme vache qui pisse la plupart du temps.

Il marchait à toute vitesse, ne souhaitant qu'une chose, rentrer au bateau où Daz et les autres l'attendaient, pour se mettre à l'abri et ne plus bouger jusqu'à ce que l'envie lui prenne à nouveau de foutre le nez dehors.

Ce fut alors qu'il entendit un jappement misérable sur sa gauche. Il tourna la tête mais ne vit rien.

Lorsqu'il entendit un second jappement, il comprit et baissa la tête. Non loin de lui dans la rue, se tenait un chien de petite taille, le poil court et le museau noir et plissé. Il allait pour reprendre son chemin, mais le regard misérable du chien trempé et tremblant sous le déluge l'en empêcha. Il soupira, ennuyé et tendit son parapluie au chien, ronchonnant lorsqu'il sentit l'averse le tremper. Tant pis pour le fruit du démon, il savait se battre sans.

«Toi aussi tu n'aimes pas la pluie? »

Le chien gémit, comme pour exprimer son assentiment. Crocodile se pencha et l'animal vint renifler sa main, et la lécha. Ce chien n'avait pas peur de lui ? Surprenant. Il soupira. Autant il avait du mal avec tout ce qui était humain de près ou de loin, autant les animaux le rendaient toujours faible. Et puis ses banana-croco lui manquaient.

Comment allaient ses crocodiles, c'était une des premières choses qu'il avait demandé à Smoker, lorsqu'il s'était réveillé après sa défaite contre chapeau de paille, enchaîné dans sa cellule, sur un navire de la marine en route pour le mettre à l'ombre. L'homme l'avait regardé, surpris, et lui avait répondu, l'air assez perplexe, que Doflamingo en personne s'était déplacé et les avait rendus à leur habitat d'origine, sur les côtes d'Alabasta*. Crocodile ressentit pour la première fois une gratitude immense pour quelqu'un. Smoker devait encore à l'heure qu'il est se demander ce qui était passé par la tête du roi de Dressrosa pour qu'il se déplace juste pour ça.

Lorsqu'il s'était évadé ensuite, il avait découvert que Doflamingo avait gardé Henri, la bête semblant presque apprécier le dragon céleste. Ça l'avait touché plus qu'il ne saurait jamais l'admettre. Mais il avait quand même murmuré un « merci » et avait trouvé milles façons de le remercier sans que ça en ait l'air.

Depuis il avait récupéré son crocodile et Henri se baladait sur son bateau, à la grande terreur de son équipage et sous le regard amusé de Daz, allait nager quand l'envie lui en prenait en mer, et sortait quand les îles n'étaient pas trop peuplées. Crocodile estimait qu'il s'était suffisamment fait remarquer à Alabasta et à Marinford comme ça. Finalement, la vie était mieux comme ça, pour lui comme pour Henri. Depuis qu'il avait repris sa vie de capitaine pirate lambda, il ne s'était jamais senti aussi libre. Ça avait quelque-chose de grisant de voir son crocodile remonter sur le bateau, un énorme monstre marin dans la gueule alors que le bateau glissait à toute vitesse sur l'eau et qu'ils se laissaient porter par l'aventure.

Perdu dans ses pensés, il remarqua enfin que le chien était venu se coucher à ses pieds, l'air particulièrement misérable et suppliant. Il grogna, souleva le chien de sa main valide et le cala dans ses bras.

« Je te préviens. Si Henri ne t'aimes pas, tu finis dans son estomac. »

Lorsqu'il arriva au bateau, complètement trempé, l'air plus renfrogné et mauvais que jamais, le chien dans ses bras, son équipage n'osa émettre aucun mot. Ils avaient cessé de s'interroger sur les caprices étranges de leur capitaine, surtout depuis que celui-ci avait jeté l'un des leurs par-dessus bord lorsque le pauvre gars avait émis des craintes vis-à-vis d'Henri. Plus personne n'osait contester les décisions de Crocodile, ils laissaient ce soin au second, Daz.

Daz n'était pas très expansif et joyeux de nature. Mais lorsque Daz vit arriver Crocodile sur le bateau avec ce petit chien ridicule dans les bras, il dut réprimer pour la première fois depuis longtemps un fou rire. Il ne posa pas de question lorsque Crocodile lui demanda de lui trouver de quoi le sécher et à manger.

Maintenant il se trouvait dans la cuisine du bateau et il observait, amusé, le chien manger avec appétit un morceau de viande que lui avait trouvé le maître-queux sous le regard attentif et un peu perplexe de Crocodile. Il rompit le silence.

« Carlin. »

« Pardon ? »

« Ce chien... C'est un carlin. »

Crocodile se tourna vers lui, les yeux écarquillés, surpris.

« Comment...? Oh laisse tomber, j'veux même pas savoir ce que tu fais de ton temps libre pour savoir ça, Daz. »

Daz eut un sourire amusé. Le chien vint vers Crocodile, l'air plus amoureux que jamais et ce dernier se pencha pour le grattouiller distraitement entre les oreilles.

« Vous allez le garder, boss ?»

Crocodile considéra l'animal, songeur :

« ça se pourrait. Si Henri ne le bouffe pas. »

Il eut un rire mauvais. Daz frissonna. Il avait beaucoup de respect pour son boss, mais des fois il lui foutait quand même sacrément les jetons. Plus bipolaire, tu meurs.

OoO

Quelques semaines plus tard, le bateau de Crocodile avait accosté sur une île non loin de Dressrosa, et Doflamingo apprenant cela, était venu lui rendre visite. Il débarqua sur le bateau et les membres d'équipage présents sur le pont se contentèrent de le saluer, habitués à le voir. Il se dirigea droit vers la cabine spacieuse de Crocodile. Lorsque Doflamingo vit pour la première fois le carlin, il haussa les sourcils. Ce dernier était couché aux pieds de Crocodile, assis à son bureau et qui était apparemment en train de chercher dans un obscur tas de papiers le meilleur moyen de tirer profit de l'île sur laquelle il se trouvait. Le corsaire réprima difficilement un éclat de rire à la vue de l'animal minuscule. La différence de taille était beaucoup trop drôle.

« Dis-moi que c'est une blague ? T'as adopté un... un petit chien ? »

Crocodile se retourna vers lui, agacé.

« Bonjour à toi aussi. Oui et alors ? »

Doflamingo se pencha et lui vola un baiser avant de jeter son manteau sur le lit et de s'avachir à côté. Crocodile continua à farfouiller dans ses papiers, indifférent. Il eut un sourire lorsque le chien se redressa et vint immédiatement le voir. Il l'attrapa et le considéra un instant avant de le poser sur ses genoux et de frotter gentiment sa tête.

« Mais c'est qu'il est tout mignon, tout gentil le toutou à sa mémère !»

Crocodile se retourna vers lui, le regard froid et hostile.

«Continue à te foutre de moi et je te balance par-dessus bord. Tu ferais un super casse-dalle pour monstres marins. »

Doflamingo rit et reposa le chien à terre qui immédiatement trottina joyeusement vers son maître.

« D'accord, d'accord. Mais quand même, c'est un choix de chien surprenant. T'es du genre à aimer les choses... imposantes. »

Crocodile lui jeta un regard blasé.

« Sale pervers. Il est venu à moi, il pleuvait. Il avait froid. »

Le sourire de Doflamingo s'atténua en une expression plus douce. Il comprenait maintenant.

« Et il a un nom ? »

Doflamingo ricana et poursuivit :

« Jean-Charles peut-être ? »

Crocodile se retourna vers lui et lui jeta un regard furieux.

« Ferme ta gueule si c'est pour dire des conneries ! »

Il prit une grande inspiration pour se calmer, sous le rire goguenard de son abruti d'amant et reprit :

« Non, mais je pensais à Doffy. Il te ressemble. »

Le sourire du corsaire disparut lorsqu'il jeta un regard à la petite chose fripée et au regard larmoyant qui se tenait sur le dos au pied de Crocodile, dans une position de soumission presque abjecte, la gueule ouverte dans une parodie de sourire hideuse. Charmant. Il répondit froidement :

« Ha oui ? Et pourquoi ? »

Crocodile eut un sourire sadique.

« Il a toujours une espèce de sourire idiot et il agite la queue quand il est content de me voir. »

Doflamingo éclata de rire.

« Si je me souviens bien, tu t'es jamais plaint de ma queue. »

Crocodile le considéra un instant, le désir se lisant dans ses yeux. Il se redressa et s'avança vers lui, mais au même moment, Henri rentra dans la cabine de son pas lourd et alla s'avachir contre le mur, faisant trembler la paroi en bois. Le carlin aboya joyeusement et se précipita vers le crocodile, lui grimpant sur le dos. Henri ne dit rien et posa son museau sur le sol, fermant les yeux. Doflamingo, observa la scène, bouche bée. Bordel, où étaient passés le prédateur et la proie, y'avait une logique dans la chaîne alimentaire merde ! Et il suffisait que Crocodile les adopte pour qu'ils s'entendent comme larrons en foire.

Il s'exclama :

« T'as vraiment un rapport étrange avec les animaux, Croco, c'est carrément flippant. »

Crocodile sourit, mais ne dit rien. Il s'approcha de Doflamingo, grimpa allégrement sur lui, attrapa son visage d'une main et l'embrassa. Le roi de Dressrosa n'émit plus aucun commentaire et posa ses larges mains sur la taille de Crocodile, répondant avec envie et passion au baiser.

Doflamingo rompit le baiser, allongea Crocodile sur le lit et commença immédiatement à le déshabiller, ses lèvres contre son cou. Ces années de prison avec la certitude qu'il ne le reverrait jamais l'avait rendu plus pressé, comme si chaque fois qu'il le voyait était la dernière. Ce qui, en réalité, pouvait très bien arriver... Surtout dans le nouveau monde. Mais coincés dans leurs privilèges de corsaires, et le confort de leur île respective, ils avaient oublié cet état de fait. L'enfermement brutal de Crocodile, puis la guerre au sommet leur avait rappelé qu'ils étaient avant-tout des pirates.

Un jappement l'arrêta. Il regarda Crocodile, qui avait le souffle court et les cheveux en bataille. Un sourire commença à s'étirer lentement sur le long du visage de ce dernier et il ricana.

« Pas devant les enfants hein ? »

Doflamingo grommela quelque-chose d'inaudible en réponse, l'air renfrogné. Crocodile soupira, amusé, avant de le repousser et de se lever. Il s'exclama d'un ton qui n'acceptait aucune contestation :

« Allez allez, dehors vous deux ! »

Henri se leva, un peu pataud et embarqua le chien avec lui, toujours sur son dos. Le dos bien droit et la langue pendante, on aurait dit que le carlin était le roi du monde. Le crocodile adressa un regard de reproche à Doflamingo, qui se contenta de lui sourire, mauvais.

Crocodile ferma la porte et adressa un sourire sadique à Doflamingo.

«On en était où déjà ? »

Doflamingo ôta ses lunettes, enleva sa chemise et lui fit signe de s'approcher. Crocodile obéit, complaisant.

Y'avait pas à dire, la vie était plus exaltante dans le Nouveau Monde.


*Je ne sais pas d'où viennent les banana-croco, mais je pense qu'ils sont originaires d'Alabasta et comme celle-ci ressemble à l'Egypte par certains points (pyramides, etc) et qu'il y a des crocodiles dans ce coin (et plus généralement en Afrique), qu'ils sont importants dans la culture antique égyptienne ben je les ai laissés là-bas.


Voilà voilàààà c'est un peu what the fuck, mais je me suis bien marrée. XD

Je trouvais que le chien sur l'illu d'Oda ressemblait à un carlin et j'ai imaginé Crocodile avec un carlin, ça m'a fait tellement rire. XDDDD

A lundi prochain !