Note : Désolé pour le petit retard de publication, je n'avais pas mon ordinateur sous la main hier. J'espère que ce chapitre vous plaira, la situation d'Oliver se débloque un peu :)
Chapitre 9
La nuit avait été longue. Après les événements de la journée, Oliver avait été épuisé et s'était endormi facilement mais les cauchemars l'avaient assailli et il s'était réveillé plusieurs fois en sueur. Il s'était levé aux premières lueurs du jour et avait fait des pompes sur un bras pour libérer son trop plein d'énergie. Son épaule gauche l'élançait mais rester inactif lui était insupportable. Il s'était ensuite lavé dans la petite douche rudimentaire de la salle d'eau attenante à sa cellule. S'il devait rester enfermé ici, il saurait s'y habituer, ce n'était vraiment pas des conditions difficiles.
Un agent lui apporta un plateau de nourriture sans lui dire un mot, mis à part l'ordre de se tenir debout au fond de sa cellule le temps de l'ouverture de la porte. Il y avait des antidouleurs avec un mot de Kara l'obligeant à les prendre. Il les avala, s'il devait à nouveau subir un interrogatoire, il ne pouvait pas se permettre d'être distrait par la douleur. Après avoir mangé, il s'assit contre la porte vitrée, le regard rivé vers les fenêtres. Voir la lumière du jour l'aidait à ne pas sombrer dans ses souvenirs.
Oliver ne se posait pas trop de questions sur ce qui allait lui arriver. Il attendait de voir leur décision et il formulerait ensuite un plan selon la situation.
Dans l'après-midi, un agent le menotta et le conduisit dans une nouvelle salle. Il y avait des fenêtres dans celle-ci et pas de miroir sans teint. La table n'avait aucune barre où l'attacher et l'agent lui fit signe de s'asseoir avant de partir en fermant la porte derrière lui sans la verrouiller. Ils ne le traitaient plus comme un prisonnier à risque.
Quelques minutes plus tard, un homme à la stature imposante et au visage sévère entra accompagné de l'agent Danvers et ils prirent place en face de lui. Il se présenta comme le directeur du DEO et lui demanda s'il était sûr qu'il ne voulait toujours pas d'avocat. Il déclina à nouveau, cela ne lui servirait à rien, il ne croirait jamais à son histoire de monde parallèle et il ne saurait pas mieux le conseiller que lui-même.
Danvers ne lui adressait plus ses regards meurtriers, il avait réussi à la convaincre qu'il n'était pas une menace pour sa sœur, ce qui était un bon point. Tout ce qu'il voyait jusque-là annonçait de bons augures pour son futur. Ce retournement de situation par rapport à son traitement de la veille était pour le moins surprenant, mais il ne le questionnerait pas. Il avait apparemment su les convaincre.
-Je me suis entretenu avec mes agents, y compris ceux que vous avez blessés hier.
Le soulagement lui coupa presque le souffle. Ils étaient tous vivants.
-Votre situation est unique et nous n'avons pas encore prévenu les autorités compétentes de l'arrestation d'Arrow.
Il savait lire entre les lignes du discours des agences ultrasecrètes comme celle-ci. Ils n'étaient pas censés arrêter quelqu'un comme lui. Danvers avait dû être trop zélée et l'avait arrêté sans autorisation. Ce qui, encore une fois, jouait en sa faveur. Il ne dit rien et attendit la suite.
-Si vous acceptez les conditions que je vais vous présenter, sans exception, nous n'engagerons pas de poursuites contre vous.
Il hocha la tête pour signifier son accord.
-Nous n'allons pas vous enfermer, mais vous mettre sous surveillance rapprochée.
Il allait demander plus de détails mais Danvers le devança :
-Sous la tutelle de Supergirl.
Il ne s'attendait pas à ça.
-Qu'est-ce que ça veut dire ?
-Elle sera responsable de vous et vous devrez respecter chacune des règles qu'elle vous donnera. Au moindre écart, nous vous livrerons à la justice.
Ils lui accordaient sa liberté mais conserveraient leur contrôle sur lui.
-D'autres conditions ? demanda-t-il.
Il n'accepterait rien tant qu'il n'aurait pas tous les détails.
-Nous allons vous assigner un psychologue qui définira votre état mental et vous devrez suivre tous les conseils qu'il vous donnera pour que vous ne réagissiez plus comme vous l'avez fait lorsqu'on est venu vous arrêter.
Un psy. Il y avait une raison pour laquelle il n'en avait jamais consulté. Certaines choses de son passé devaient rester secrètes, il ne pouvait pas avouer avoir tué et torturé et il n'était pas assez naïf pour croire que ce n'était pas là la racine du problème. Ne pas en parler rendrait la thérapie complètement inutile.
-Autre chose ?
Il ne laissait rien paraître de ce qu'il pensait de leurs conditions. Il voulait avoir toutes les cartes en main pour ensuite faire des demandes ou simplement refuser leur proposition.
-Vous devez cesser toute activité en tant qu'Arrow. Nous ne pouvons pas prendre le risque de vous voir blesser ou tuer quelqu'un, quelles que soient vos intentions.
Il serra les dents. Ils lui retiraient le seul moyen qu'il avait de prévenir ses amis de sa présence dans ce monde. Il ne savait pas s'il avait fait assez de bruit pour qu'ils retrouvent sa trace ici. S'il disparaissait d'un coup, ils craindraient le pire et n'auraient aucun moyen de savoir que c'était le DEO qui l'avait arrêté. L'agence même était secrète et ils n'auraient aucune piste à suivre.
Danvers dut remarquer sa frustration car elle reprit la parole :
-Après votre attaque sur nos agents, vous ne pouvez pas penser qu'on vous laisserait retourner sur le terrain.
-Je refuse vos conditions.
Son ton était final et un silence choqué lui répondit. Ils ne comprenaient pas sa situation et respecter leurs conditions signifiait rester coincé sur cette Terre.
-Je ne comprends pas, murmura Danvers.
-Vous réalisez que ça signifie vous livrer aux autorités, subir un procès et très certainement finir en prison pour vos activités en tant qu'Arrow ?
Il acquiesça.
-Vous ne pouvez pas juste refuser cette offre ! s'emporta Danvers.
La veille, elle avait été prête à le mettre en prison à perpétuité. Elle l'avait accusé d'assassin et avait tout fait pour qu'il avoue. Aujourd'hui elle s'offusquait qu'il accepte la prison. Ça n'avait aucun sens.
-Si, je ne suis pas intéressé, répondit-il simplement.
-Supergirl a tout fait pour vous obtenir ces termes. Elle vous a défendu, elle s'est proposée pour garder un œil sur vous et vous épargner la prison. Elle a discuté avec les agents blessés pour leur faire comprendre votre situation, pour qu'ils n'engagent pas de poursuites contre vous et pour leur assurer que vous n'êtes pas un danger. Et vous jetez tous ses efforts par la fenêtre, sans même considérer l'offre !
Il baissa les yeux et son regard tomba sur ses menottes. Il savait que c'était grâce à Kara qu'il avait cette offre et il lui en était reconnaissant. Le problème était qu'ils n'avaient pas pris en compte le fait qu'il venait d'un autre monde et que son unique objectif était d'y retourner. Il décida de leur expliquer son point de vue, peut-être que Danvers ne le jugerait plus aussi durement.
-Je sais que vous ne me croyez pas, mais je viens d'un autre monde. Le seul espoir que j'ai d'y retourner c'est que mes alliés me retrouvent. Ça n'arrivera pas si je suis caché ici. Par contre, si mon procès fait la une, même si je finis en prison, ils sauront où je suis.
La réponse qu'il reçut lui fit l'effet d'un électrochoc.
-Nous vous croyons, dit le directeur. Un de nos agents scientifiques a déjà pour mission de chercher un moyen de vous renvoyer chez vous.
-Vous me croyez ?
-Oui, répondit-il. Si nous vous permettons de continuer à être Arrow, pouvez-vous nous assurer que vous n'entrerez pas dans cette sorte d'état second où vous êtes prêt à tuer ?
Ils avaient compris qu'il n'avait plus été lui-même, qu'il avait perdu le contrôle lors de l'attaque. Ils étaient prêts à lui offrir l'aide dont il avait besoin par le biais d'un psychologue, ce qu'il ne pourrait jamais obtenir sur sa Terre. Ils étaient bien plus investis dans son bien-être qu'il n'y paraissait. C'était déstabilisant, il n'avait jamais connu de structure gouvernementale qui s'attardait sur le sort de ceux qu'ils arrêtaient. Supergirl devait en être responsable.
La question était de savoir si lui-même était prêt à recevoir une telle aide. Cela faisait des mois qu'il essayait de s'en sortir seul et malgré des améliorations nettes, Al Sah-Him était toujours là, prêt à surgir à tout moment.
-Non, admit-il d'un ton défait.
-Alors je ne peux pas retirer cette condition.
-Vous pourriez vous allier à Supergirl pour certaines missions, proposa Danvers. Ça ne manquera pas de faire la une et elle pourra vous surveiller et vous arrêter si nécessaire.
C'était une bonne idée. Il était étonnant que ce soit elle qui la propose.
-Si elle est d'accord, dit-il.
-Vous plaisantez, elle sera extatique à l'idée.
Oliver ne put retenir un petit sourire. Il connaissait à peine Kara, mais elle lui faisait beaucoup penser à Barry. Ces deux-là s'entendraient à merveille.
-Ce sera soumis à l'appréciation du psychologue. S'il déconseille toute apparition en tant qu'Arrow pour des raisons de sécurité, vous devrez ranger votre costume. Acceptez-vous cette offre ?
-Le psychologue, il ne vous fera aucun rapport sur ce que je lui dis, il sera tenu au secret le plus absolu ?
-Oui, confirma le directeur. Il nous tiendra seulement au courant si vous ne suivez pas sa thérapie et ses conseils ou s'il vous juge trop dangereux pour être laissé en liberté.
C'était normal.
-Vous allez me laisser retourner chez moi ? demanda Oliver.
-Dans l'usine désaffectée où on vous a traqué ? Aucune chance, répondit Danvers.
-Je ne peux pas juste louer un appartement. Je n'ai aucune ressource ici, aucune identité.
-Supergirl se charge de tout, répondit le directeur.
Il lui devait beaucoup. Il se promit d'essayer de ne pas la décevoir et de lui rendre la pareille à la première occasion. Le directeur lui fit signer l'accord avec les modifications apportées concernant son rôle en tant qu'Arrow. Danvers lui retira ses menottes en faisant attention à ne pas trop bouger son bras gauche toujours en écharpe. Ils quittèrent la salle en lui disant que l'agent Schott allait venir pour discuter avec lui de la théorie du multivers.
Assis sur sa chaise, un coude posé sur la table, les yeux fermés, Oliver savourait le retour de sa liberté. Il était toujours lié par cet accord et se retrouverait à la case départ en cas de faux pas, mais il n'était plus prisonnier pour l'instant.
Quelqu'un entra et il ouvrit les yeux. Il fut étonné de voir un homme plutôt jeune, il s'attendait à quelqu'un comme Stein, l'archétype du scientifique qui connaissait toutes les théories possibles. L'agent s'avança d'un pas hésitant en le regardant avec des yeux ronds, comme s'il avait peurde l'approcher. C'était compréhensible, il avait mis à l'hôpital quatre de ses collègues et à peine quelques minutes auparavant, il avait des menottes aux poignets.
-Bonjour. Je n'arrive pas à y croire. Tu es… Je rencontre Arrow. Enchanté, Oliver. Queen ! Monsieur Queen.
Oliver ne put s'empêcher de sourire. L'agent n'était pas effrayé mais impressionné.
-Tu peux m'appeler Oliver, apparemment on va passer beaucoup d'heures ensemble.
-Winn. Je n'arrive pas à y croire. Tu es encore plus impressionnant en vrai.
Il avait vécu toute sa vie en étant adulé par les foules. Il ne s'attendait pas à ce que ça arrive ici et encore moins pour ses actions en tant qu'Arrow. À Starling, il avait toujours été craint plutôt qu'admiré. Winn dut remarquer son inconfort car il s'approcha et s'assit en face de lui.
-Désolé, je suis juste très honoré de te rencontrer. Tu n'es pas mon idole, personne ne pourra surpasser Superman, mais tu es extraordinaire. Tu n'as aucun pouvoir et tu arrives à arrêter les criminels et sauver des vies, c'est juste incroyable. Désolé, je recommence. On est là pour discuter du multivers. Qui existe. Parce que tu viens d'un autre univers. Ce qui est génial.
C'était apparemment dans sa nature d'être exubérant. Oliver devait avouer qu'après des semaines seul et des heures d'interrogatoire, il était une vraie bouffée d'air frais.
-Mes amis l'appellent la Terre 1. C'est un métahumain de la Terre 2 qui m'a envoyé ici.
-Un métahumain ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Oh, des hommes qui ont été améliorés ? Avec des pouvoirs ?
Il ne pensait pas avoir déjà rencontré quelqu'un d'aussi enthousiaste. Sauf peut-être Cisco. Les prochaines heures s'annonçaient intéressantes.
…
Kara avait passé une longue journée. Après avoir discuté du sort d'Oliver avec Alex, J'onn et les agents blessés, elle était retournée chez elle en faisant promettre à sa sœur de faire signer l'accord qu'elle avait négocié pour Oliver le plus rapidement possible. Elle avait ensuite préparé son appartement, surtout la chambre qu'elle réservait à ses invités et qui serait dédiée à son nouvel ami. Alors qu'elle s'apprêtait à retourner au DEO, un immeuble avait pris feu et elle avait évacué tout le monde et aidé les pompiers à l'éteindre. Elle avait pris une douche pour se débarrasser de l'odeur de fumée mais elle avait encore l'impression d'en être imprégnée.
De retour au DEO, elle retrouva Oliver en pleine discussion avec Winn. C'était la première fois qu'elle le voyait aussi détendu. Il se leva lorsqu'elle entra et lui serra chaleureusement la main.
-Merci Supergirl. Pour tout ce que tu as fait pour moi.
Avec un grand sourire, elle lui rappela qu'il pouvait l'appeler Kara. Il eut l'air surpris et se retourna à moitié vers Winn.
-Ne t'inquiète pas, c'est mon ami, il connaît mon identité.
-D'accord, répondit-il avec hésitation. Ce n'est quand même pas prudent d'utiliser ton prénom dans une agence comme celle-ci.
-Je serai plus prudente, répondit-elle pour le rassurer. Mais la plupart des personnes avec qui je travaille sont comme de ma famille.
Il hocha la tête et demanda si elle savait où il était censé aller maintenant, s'il resterait dans sa cellule ou pas. Kara s'offusqua directement.
-Non, tu ne seras plus enfermé ! Ils ne t'ont pas expliqué ? Tu vas habiter chez moi, si tu es d'accord bien sûr, c'est l'idéal pour que je puisse garder un œil sur toi. Même si j'ai confiance en toi, s'empressa-t-elle d'ajouter. Mais c'était le meilleur moyen pour convaincre les autres que tu ne serais pas un danger.
Il la fixait sans dire un mot, complètement immobile. Elle se mordilla la lèvre, regrettant ses paroles maladroites. Elle avait dû le vexer.
-Tu m'offres ma liberté et un endroit où vivre, finit-il par dire. Je ne sais pas comment te remercier.
Kara lui fit un petit sourire et lui prit la main.
-C'est déjà fait. La seule chose que je te demande, c'est de te rétablir. Physiquement et mentalement.
Il hocha la tête et se retourna vers Winn qui n'avait prêté aucune attention à leur discussion, totalement concentré sur un tas de papiers remplis de son écriture. Il se penchait déjà sur le problème de ramener Oliver chez lui.
-Winn, tu as encore besoin de moi ?
-Non, je peux déjà travailler avec toutes les infos que tu m'as données. Mais attends-toi à une visite de ma part dans la semaine.
Oliver lui serra la main et Kara se rappela de l'admiration qu'avait Winn pour Arrow en le voyant complètement ému par ce simple geste.
Ils sortirent de la salle et Oliver lui demanda s'ils pouvaient passer par son repaire pour récupérer quelques affaires. Le DEO avait pris tout ce qui était armes mais il avait besoin de ses vêtements.
-Bien sûr, on fera un saut là-bas avant d'aller chez moi.
Ils arrivèrent dans la salle principale du DEO et tous les agents présents adressèrent des regards méfiants envers Oliver. Il ne s'en formalisa pas et continua à la suivre jusqu'au balcon.
-C'est une très belle vue, dit-il, mais pourquoi tu m'as amené ici ?
-Parce qu'on y va en volant ! répondit-elle avec un sourire malicieux.
Il la regarda comme si elle avait dit une énormité.
-Tu plaisantes ?
-Ne me dis pas que tu as le vertige, je t'ai vu sauter de toit en toit. Allez, je suis sûre que tu vas adorer.
Elle lui tendit la main et attendit qu'il la prenne. Elle ne le forcerait pas et trouverait une solution s'il n'acceptait pas, mais c'était le moyen le plus simple. Elle n'avait pas de permis et y aller à pied ou en bus serait une perte de temps.
-Je te promets de ne pas te faire tomber.
Il lui prit la main d'un air hésitant et elle fit passer son bras autour de ses épaules avant de le tenir par la taille, comme deux amis qui se promèneraient dans la rue. Sauf qu'ils seraient dans le ciel. Elle ne lui commettrait pas l'affront de le porter comme une demoiselle en détresse.
En voyant son air émerveillé alors qu'ils survolaient la ville, elle ne regretta pas d'avoir insisté pour ce vol.
…
