Le voilà... Désolée, il avait déjà été publié sur le compte de Claire mais j'ai des beugs avec Mozilla donc je prends Internet explorer pour dernier remède...

Bonne lecture :)


Je n'avais plus le temps de ranger quoi que ce soit ou de cacher ce que j'avais dans les mains.

- Bella? Qu'est ce que ... C'est quoi ça ? Ne me dis pas que tu ... dit Jared en me voyant apeurée, le sachet dans la main.

- Jared ! J'ai eu peur que ce soit... Emmett ? paniquai-je en voyant sa tête passer l'embrasure de la porte.

- Qu'est ce que tu as dans les mains, Bella ? demanda Emmett, dur.

- Je... Ce n'est rien, essayai-je en mettant ce que je tenais derrière mon dos mais n'étant pas non plus dupe pour comprendre qu'il savait.

- C'est... de la coke... Bella, que fais-tu avec ça dans les mains ?

- Non, non ! Ce n'est pas ce que tu crois !

- Explique-moi alors, fit-il en tapant du pied.

- Je viens de le trouver dans mon sac pour… Euh... enfin bref et j'allais aller le vider je te jure mais je...

Il s'accroupit près de moi et me regarda dans les yeux. Son teint pâlit immédiatement et je savais qu'il avait vu dans mes yeux que j'en avais pris. Ca se voyait, je le savais.

- Tu en as pris... Dépêche-toi de vider ça le plus rapidement possible, on y va, affirma-t-il ensuite encore plus durement.

- Non, Emmett !

- Tes yeux sont rouges, et tes pupilles dilatées. Lève-toi, on y va.

- Emmett je ...

- Bella... Fais ce que je te dis. J'aurais mieux fait de t'empêcher de partir. Cela ne serait jamais arrivé.

- Si Emmett ! Tu rejettes tout le temps le blâme sur toi mais c'est moi la seule responsable ! J'ai eu tort de croire que j'allais pouvoir vivre mieux ! J'ai eu tort de croire que j'avais, moi aussi, ma part de bonheur ! Mais je ne suis qu'une merde, à vrai dire. Et tu le sais !

- Ne dis pas ça, Bella. Allez, viens. Jared, tu peux rassembler ses affaires ? Je vais tenter de la raisonner, dit-il ensuite, avec détente, comme si il savait que ça allait arriver et que en réalité, ça lui importait peu.

- Lâche-moi !

- Non. Tu me suis sans broncher, tu as fait ton lot de conneries pour la journée là.

- LÂCHE-MOI PUTAIN ! m'énervai-je.

- Bella, calme-toi.

- JE T'AI DIT DE ME LÂCHER !

Je lui flanquai une gifle et compris l'erreur monumentale que je venais de faire. Il serra son poing, et ses muscles tremblèrent, tant la colère montait en lui. J'avais bien senti que la dépendance avait repris le dessus mais je ne pouvais pas me laisser faire par cette merde, il fallait que je combatte mes démons.

- Je suis désolée, Emmett... Je...

Je pris panique et m'assis par terre, encerclant mes bras autour de mes genoux. Je sentais les sanglots monter mes je me forçai à les enfermer au plus profond de moi.

- Emmett, tu devrais aller te calmer. Je vais m'occuper d'elle, je sais comment faire, entendis-je ensuite murmurer Jared.

- Je vais amener son sac dans le coffre. C'est tout ce qu'elle a ? demanda Emmett sans broncher.

- Emmett laisse ça, je doute qu'elle ait fini.

- D'accord.

J'entendis des bruits de pas s'éloigner, et d'autres se rapprocher de moi. Je ne voulais cependant pas écouter ce qu'il allait me dire. Il me connaissait plus que personne et pourtant, j'avais l'impression d'être une étrangère. J'avais juste envie de disparaître, en fait.

- Bella, viens avec moi, quémanda mon ex-copain.

- NON, affirmai-je sans relever la tête.

- Bella, ça va aller,

- Laisse-moi, toi aussi.

- Je ne t'ai jamais laisse, Chérie, souffla-t-il en attrapant mon bras.

- Il m'en veut... Tu devrais faire pareil, pleurai-je.

- J'ai l'habitude. Combien t'en a snifé ? intervint-il ensuite.

- Deux.

- Putain Bell's ! Tu es malade !

- Deux lignes, continuai-je.

- Des lignes comment ? Sur une carte, un papier ? s'inquiéta-t-il pour rien.

C'est vrai, ce n'était pas si énorme que ça, il m'était déjà arrivé de finir un sachet en une petite semaine. C'était donc pire que ce que j'avais inspiré tout à l'heure.

- Sur la table.

- Ce n'est pas une réponse ça, chérie.

- Sur la table, avec une paille.

- Ce n'est toujours pas une réponse, s'entêta-t-il.

- Tu veux quoi alors ?

- C'était une longue ou une petite ligne, Bells ?

- Longue. Deux longues lignes.

- Putain Bella ! T'as déjà eu de la morphine ! s'exclama-t-il en se laissant tomber à côté de moi.

- Je vais bien, merde !

- Arrête de te mentir, et finis de brûler et jeter tes trucs !

- Il y en a plus. J'ai tout jeté, le défiai-je en relevant mon regard vers le sien.

- T'es sûre ? dit-il en se relevant et en me faisant face.

- Oui.

- Ok. File le rejoindre.

- Tu m'aides ? lui fis-je en lui tendant le bras.

- Nan tu te démerdes, trésor.

- Je n'y arriverai pas...

- Tant pis, tu t'es mise dans ta merde tout seule. Tu as 22 ans alors arrête de faire l'enfant, s'énerva-t-il en amorçant l'option recul.

- T'ES QU'UN CONNARD ! criai-je.

Je me relevai et me fis face à lui pour le gifler. Je ne pus pas car Emmett m'attrapa le bras.

- Bella, je suis désolé d'avoir fait ça, mais il fallait que tu te sortes de là.

Je me retournais et vis deux infirmiers au coin de la porte.

' Oh le salaud !'

- Tu as appelé un asile ? Oh c'est trop gentil, merci ! ironisai-je en lançant un regard tueur dans sa direction.

- Bella, je... Il fallait que...

- Il fallait que quoi ? Que tu te débarrasses de moi ? crachai-je.

- Non ! Non !

- Il fallait que quoi ? Exprime-toi, bordel !

- Il fallait que je m'engage à te donner une vie meilleure…

- En appelant l'asile ? Tu te fous de moi, là ? Ouah, quel engagement. Merci, ça me touche !

- Non. Bella, je voulais pouvoir t'aimer à ta juste valeur.

- Tu vois la vraie Bella, là. Tu la vois ? La Bella shootée à la coke, qui ne sait même plus ce qu'elle raconte tellement elle est défoncée ? Ben voilà, ça c'est ma juste valeur !

- Bella, je t'en prie…

- Je ne bougerais pas d'ici.

- Tu n'as pas le choix !

- Si, affirmai-je en secouant la tête.

Je sortis un sachet de ma poche arrière de mon jean et l'agitai devant le nez d'Emmett.

- Ne fais pas ça… supplia-t-il en reconnaissant le produit.

- Pourquoi ? m'amusai-je à questionner.

- Parce que tu risques gros.

- C'est à dire ?

- Bella donne moi ça, intervint Jared.

- Toi, la ferme.

- Pas question.

J'ouvris délicatement le sachet de coke sous le regard d'Emmett et de Jared.

- Bella fais pas l'enfant, ok ?

- Pourquoi pas tiens. Jouons, souris-je malicieusement.

Je pris la fine poudre entre mes doigts. Blanche, aussi.

- Et hop, fis-je en l'aspirant par le nez.

- Putain Bella ! Arrête, tu es malade ! cria Jared.

- Oh, faut bien s'amuser un peu. Allez, qui en veut ? Oh moi, tiens, repris-je en rigolant et en mettant mon doigt dans la bouche.

Emmett tremblait de fureur, Jared était désespéré.Je ne voulais pas m'arrêter. Même si je savais que tout ça n'était du bluff et que j'étais en train de bouffer de la farine.

- Les mecs, détendez-vous c'est que de la farine ! ris-je finalement en ne supportant plus de les voir s'arracher les cheveux.

Sauf que ça ne les fit pas rire du tout mais alors pas du tout. Emmett tourna en rond dans l'appart et finit par taper son poing dans le mur. Il baragouina quelque chose d'indéchiffrable tandis que Jared se servait un bon verre de vodka.

- Jared, rends-moi ça. C'est ma bouteille !

- Tu ne touches surtout pas à ça, toi, hurla Emmett en se retournant.

- Rho mais t'es pas drôle ! Détends-toi bordel ! répliquai-je.

- QUE JE ME DETENDE ? QUE JE ME DETENDE ?

- Oui.

- PUTAIN MAIS C EST QUOI TON PROBLÈME ?

- Je n'en ai pas.

- PUTAIN ! hurla-t-il de plus belle.

- Rho mais crie pas comme ça, enfin...

- Jared, je me casse, finit il par dire.

- Non ! J'accepte de suivre les psys...

- Alors tu le feras avec Jared moi c'est terminé, j'ai déjà trop donné.

- Très bien. Si c'est ce que tu veux...

Je pris la bouteille de vodka des mains de Jared et y but au goulot. Je bus tout d'une traite et laissai couler le liquide brulant le long de Ma gorge. Je m'effondrai ensuite par terre. Je savais que l'alcool et la drogue que j'avais pris un peu plus tôt n'allaient pas faire bon ménage mais c'était le dernier de mes soucis. Je savais qu'on s'affairait autour de moi. Mais impossible de savoir combien de temps s'était déroulé et qui était là. Ma carrière d'actrice pourrait bien me permettre de gagner ma vie, après tout. Je me réveillai fatiguée et complètement empâtée dans une chambre d'hôpital vide. Il n'y avait personne à part moi.

- Quelle vie on mène tout de même quand on a 22 ans, soufflai-je en souriant.

- Ouais. Quelle vie tu mènes surtout.

La voix grave d'Emmett me fit sursauter.

- Emmett !

- Oui ? fit sa voix rauque mais sensuelle.

- Qu'est ce que tu fais ici ?

- Je n'ai pas pu m'empêcher de venir te voir. Faut croire que je suis accro à toi maintenant.

- Dépendance ?

- Oui. Dépendance.

- Héroïne ? Cocaïne ? plaisantai-je en le regardant.

- Bella.

- Une dépendance à Bella ? Connais pas, souris-je en reportant mon attention sur le plafond.

- Tu es MA dépendance.

- Ta dépendance à toi, souris-je encore en le voyant se lever.

- Jared est parti. Il m'a laissé ça pour toi. Et tes affaires sont rangées dans ton tiroir spécial de la commode.

- Cool !

- Je ne t'en veux pas... pour ce qui s'est passé il y a une semaine, Bella…

- Une semaine ?

- Oui. Tu es tombé dans le coma lorsque tu es arrivée ici.

'Et merde !' pensai-je. Si je tombais toujours dans le coma et que je revenais sans cesse à l'hôpital, je sentais que ma vie allait être une partie de plaisir !

- Tu avais trois grammes d'alcool dans le sang et une quantité énorme de cocaïne… tu aurais pu mourir !

- Ca aurait peut être été mieux ! crachai-je.

- Ne dis plus jamais ça !

- Et pourquoi ?

Il embrassa mon front et s'apprêta à partir lorsqu'il me regarda et me dit :

- Un petit thé peut-être ?

- Putain Emmett ! J'ai 22 ans, ok ? Je ne suis plus une petite fille ! Alors si j'ai besoin d'un thé, j'irais me le chercher toute seule ! éclatai-je.

- Moi qui pensais te faire plaisir. Je reviens, je vais prendre un café.

- Non ! Tu vas rester ici et me dire le fond de ta pensée !

- Je n'ai rien à dire à part que tu m'as fichue une peur bleue et que j'ai cru que j'allais te perdre comme j'ai perdu Alice ! Voilà le fond de ma pensée, fit-il en sortant et en claquant la porte de la chambre.

- Fait chier ! criai-je lorsqu'il fut loin.

J'avais le chic pour me foutre dans la merde. Miss Bella élue miss gaffe de l'année. Mais pour une fois, à vrai dire, je le méritais bien.

Je ne méritais cependant pas d'avoir une vie future avec maison, amour et argent. Emmett n'avait pas à me donner ça, il fallait que je me débrouille seule. Il fallait que j'y arrive seule.

Emmett revint quelques minutes plus tard avec son gobelet en carton. Voyant qu'il se passait quelque chose, il me demanda ce qui n'allait pas.

- Bella… qu'est ce que…

- Je refuse de venir chez toi, affirmai-je en tentant de me convaincre moi-même.

- Quoi ? Mais qu'est ce que tu racontes ?

- Je suis peut être dépendante de la drogue et de la cigarette et sûrement de l'alcool, aussi, mais je refuse de me battre contre quelque chose d'autre.

- Quelle addiction, cette fois-ci ?

- L'amour, soufflai-je en sentant une larme tomber sur ma joue.

- Tu n'as pas besoin de te battre contre l'amour. Rien ni personne ne changera ce que tu éprouves. Même si tu tentes de te raisonner. L'amour est ce qu'il est, tu dois faire avec.

- Sauf que j'ai pas envie de faire avec, lâchai-je pour le repousser.

- Tu as peur de quoi, hein ? De trop t'attacher ? De perdre la personne que tu aimes ? De quoi as-tu peur, bordel !

- J'ai peur de vivre, putain ! J'ai peur d'aimer ! J'ai peur de grandir ! De fonder une famille ! De mourir ! J'ai peur de tout ! J'ai peur du monde entier parce que personne ne m'a enseigné ce qu'était vivre ! Tu peux comprendre ça ?

- Oui, Bella, je peux comprendre. J'ai vécu ça, moi aussi. Les gens auront beau te dire qu'ils comprennent, seules les personnes qui ont vécu ce genre de chose le comprennent vraiment.

- Et qu'est ce que tu as vécu, hein ? T'as des parents ! Des amis ! Moi j'ai rien de tout ça ! Je suis TOUTE SEULE ! Tu entends ? TOUTE SEULE !

- Tu sais ce que j'ai vécu. A partir de ce moment-là, j'ai perdu mes amis, tellement je m'étais enfermé dans un spiral infernale. Ma famille m'a laissé de coté le temps que je reprenne mes esprits… Alors, oui, pendant ce moment j'ai été seule. Et j'ai tout fait pour le rester.

- Sauf que t'as su t'en sortir. T'étais pas encore dépendant alors t'as su dire merde à toutes ces cochonneries. Moi je suis en dessous de la surface, Emmett. Plus les secondes passent plus ma tête et mon corps coulent.

- Tu peux t'en sortir. Je t'y aiderai…

- Je ne veux pas être aidée.

- Très bien, je te souhaite une bonne continuation. Enfonce-toi bien dans la merde dans laquelle tu t'es fichue.

- T'inquiètes cette fois-ci ce sera la bonne. J'irai vraiment toucher le fond, soufflai-je en lui faisant un clin d'œil.

Il me regarda un instant, secoua la tête et prononça quelques mots avant de parti :

- Je croyais que tu voulais t'en sortir. Que tu m'aimais… Et que nous étions faits l'un pour l'autre, aussi… Je me suis bien fait avoir dans cette histoire. Adieu, Bella. Cette fois ci je ne reviendrais plus. Je pars à Vancouver, le plus loin possible.

Il s'en alla en fermant la porte derrière lui, comme un moment auparavant.

- - Alors bats-toi ! hurlai-je sans vraiment savoir pourquoi et ce que ça signifiait.

Il re-rentra dans la pièce et me scruta une dernière fois.

- Je ne me battrais pas. Je ne battrais plus pour toi. C'est fini.

- Ne te bats pas pour moi. Bats-toi pour rester celui que tu es, murmurai-je avant de laisser réellement couler mes larmes trop longtemps retenues.

- Sans toi, je ne suis rien.

- Alors bats-toi pour devenir quelqu'un.

- Je suis quelqu'un. Je suis tien.

- Je ne veux pas que tu sois mien.

- OK. Je perds mon temps en restant ici à espérer que tu avoues enfin que tu m'aimes.

- Je te l'ai déjà avoué, Emmett. Mais tu faisais semblant de ne pas comprendre ou tu changeais de sujet. C'est trop tard, maintenant.

- Excuse-moi d'être aveugle. Comme je le disais avant, je perds mon temps ici alors je m'en vais. J'ai mon avion dans deux heures pour Vancouver.

- Mais pars ! Va-t-en ! Si fuir est ton seul moyen alors casse toi ! Mais dis toi bien qu'il y a des gens beaucoup plus malheureux que toi et que tu trouveras sans doute quelqu'un qui te mérites.

- Tu préférerais que je fasse quoi si je ne dois pas fuir ? Rester te regarder te détruire à petit feu ?

- Non. Moi j'ai cessé de me battre, c'est différent. J'ai décidé d'abandonner. Pas toi.

- Dis-moi ce que je dois faire, alors !

- Oublie-moi, chuchotai-je sans certitude qu'il m'avait entendu.

- Impossible. Tu es rentré dans ma vie, tu n'en ressortiras plus.

- Alors c'est moi qui vais t'oublier.

- Ne fais pas ça.

- Si.

- Non, ne joue pas à ce jeu-là.

- C'est pas un jeu, c'est un choix.

- Tu préfères m'oublier ? Très bien.

Il partit sans me dire au revoir. Je voulais au fond de moi le rattraper pour lui dire de rester mais je m'en empêchai inconsciemment. Je savais que c'était la bonne chose à faire.

Alors comme seule échappatoire, j'hurlais :

- PUTAIN MAIS QUELLE VIE DE MERDE ! J'EN AI MARRRRRE !

Deux infirmières accoururent alors dans la chambre à toute vitesse, paniquées.

- Qu'est ce qu'elle fait encore là, celle-là ? cria Tanya en passant sa tête par l'embrasure de porte.

- Elle vous entend ! Sale blondasse, va !

- Tanya ne commence pas, intervint une autre infirmière en retenant ladite Tanya par la bras tandis qu'elle ouvrait déjà la porte en grand pour venir vers moi.

- C'est pas moi qui ai crié alors cassez vous. J'ai pas besoin de vous !

- C'est ça ! T'as hurlé tellement fort que ceux de la morgue ont du sursauter !

- La ferme, grosse conne, c'est pas moi, j'ai dit !

- Je vais la frapper, siffla Tanya.

- Bah vas-y, te gènes pas ! Les morts seront sûrement contents de me voir débarquer !

- TU ARRETES AVEC CA MAINTENANT ! hurla alors une voix que je ne connaissais que trop.