Disclaimer : Monde pas à moi sauf personnages OC

/!\ CHAPITRE NON CORRIGÉ /!\

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~ Chapitre 8: Et ils n'avaient que seize ans... ~

Meya avait trouvé un travail dans une librairie du quartier. Elle ne faisait que ranger les livres dans les rayons mais c'était déjà ça. Elle était payée à chaque fin de mois et ne faisait que quelques heures la semaine car elle n'avait pas de diplôme. Elle espéra pouvoir évoluer dans cette librairie, qu'un jour elle en devienne salariée émérite. Que pouvait-elle espérer de plus à présent ? Dans tous les cas elle préférait être là que dans l'appartement qui était trop blanc.

« Meya, il y a des cartons qui viennent d'arriver, il faudrait les déballer, répertorier les livres et les mettre en rayon. » lui dit son patron.

Rick s'appelait-t-il. Il avait plus de quarante ans, malgré les seize ans de la jeune fille, il avait fait fi de ses préjugés et l'avait accepté pour ce petit boulot. Bien sûr, il ne l'autorisait à venir qu'en dehors des heures de lycée, bien qu'il sache qu'elle n'y allait pas. C'était peu commun à cette époque qu'une jeune fille n'aille pas en cours et préfère travailler à la place. S'étonnant de l'adresse sur son CV il lui avait demandé :

« Tu vis toute seule ? »

À cet âge on avait plus de chance de vivre en dépendant des services sociaux que de vivre seule, surtout quand on avait des problèmes d'argent.

« Non, cet appartement appartient à mon Parrain. », mentit-elle, « J'ai eu des conflits avec ma famille alors il m'héberge. Mais... Il a un travail de nuit donc on se voit peu, à part le week-end. »

Cela avait rassuré tout de suite Rick qui s'était décidé à l'embaucher. Pas besoin de faire augmenter la délinquance en laissant une jeune fille à problème errer dans les rues. Le travail, la discipline, il n'y avait que cela de vrai. Cependant, chaque fois qu'elle rentrait à l'appartement, les murs blancs l'étouffaient. Elle avait eu le temps de méditer sur ce qu'il lui était arrivé. La reine des fées, Zinnia, avait dit qu'elle mentait parce qu'elle avait dit avoir le pouvoir des quatre éléments.

Elle se laissa glisser contre la porte d'entrée et s'assit par terre.

Elle avait dit que Meya avait mentis, juste parce que cette faculté était propre à la famille royale. La famille royale... C'était une blague, n'est-ce pas ? Elle vit que Astrid était revenue avec une lettre cachetée, elle se leva, la récupéra en lui donnant un miam-hibou et l'ouvrit. Il y avait un paquet accroché à sa patte également, elle le prit en fronçant les sourcils.

« Meya ma chérie,

Je suis tellement heureuse que tu ailles bien, tellement rassurée ! Tu trouveras un paquet que j'ai accroché à la patte de ta chouette, c'est ton cadeau de Noël. Je ne pouvais plus attendre de te l'offrir, même si je sais qu'il aurait mieux valu que je te l'offre en main propre. J'ai manqué l'occasion.

Tu disais dans ta lettre que j'avais fait de mon mieux, mais ce n'est pas mon sentiment. Si j'avais fait de mon mieux, tu aurais grandis dans ma famille, je t'aurais élevée comme ma fille, et cette rancune n'aurait jamais eu lieu d'être.

Ma chérie, quand tu pourras le supporter, un jour, j'aimerais qu'on se rencontre rien que toutes les deux. J'aimerais avoir l'occasion de te montrer que mon monde, le monde dans lequel tu es né, a encore des choses belles à offrir. Et même si ces choses ne portent pas sur la magie, j'espère t'offrir un contact humain qui te réchauffera le cœur.

Je t'aime de tout mon cœur,

Molly Weasley »

Meya froissa la lettre dans ses mains, tomba à genoux et pleura... pleura... encore et encore. Elle ne méritait pas toute cette attention. Elle ne méritait rien de tout cela. Elle ne méritait pas l'amour de cette personne, ni que Malefoy l'héberge. Elle se sentait tellement misérable, elle qui avait méprisé les sentiments des autres pour imposer sa vision du monde, imposer ce qu'elle voulait pour sa vie. Si elle s'écoutait elle irait jeter de la poudre de cheminette dans la cheminée juste pour dire à cette Molly : OUI, venez ! C'est dans cet état que Drago la trouva.

« Meya ? »

Drago lâcha son sac dans l'entrée et se précipita sur elle, s'agenouillant à côté d'elle et essayant de prendre ses mains ou même de capter son regard.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda-t-il en remettant une mèche de cheveux dans le bon sens.

« Je suis tel... tellement désolée ! »

Drago se retrouva désemparé en face d'elle. Il tendit les bras, faisant fi du mépris de la jeune fille pour sa condition de sorcier, et la tint dans ses bras, l'attirant contre son torse. S'il pouvait la protéger du monde entier il le ferait. Il mit sa main sur ses cheveux pour la garder tout contre lui, essayer de lui apporter un peu de confort. Elle s'agrippa à lui en laissant aller ses sanglots, ses épaules tressautant au rythme de la recrudescence de sa peine.

« Je suis là Meya. »

Il posa sa joue sur le sommet de sa tête et attendit en la gardant prisonnière de ses bras. Elle finit par se calmer et ils restèrent là, doucement, profitant de la chaleur et de la paix l'un de l'autre. La main de Drago caressait ses cheveux machinalement. Et ils n'avaient que seize ans. Meya desserra sa poigne autour de la lettre et Drago en profita pour la prendre et la lire.

« Je ne savais pas que tu correspondais avec madame Weasley. » dit-il en reposant la lettre sur un meuble à portée de main.

Meya tourna la tête pour qu'il ne voit pas sa gêne.

« Mais je suis heureux que tu le fasses. » dit-il en l'attrapant par le menton pour capturer son regard.

Drago se releva et tendit la main à Meya pour l'aider à faire de même. Il partit récupérer son sac et commença à déposer ses affaires pour se mettre à l'aise. Meya prit le paquet qu'avait tenu Astrid, la chouette, et l'ouvrit précautionneusement. C'était un pull avec un M brodé dessus. Il était noir avec un M bleu, voilà de quoi rester chez elle cet hiver sans avoir froid. Elle le porta à son nez, cela sentait l'odeur du Terrier. Elle avait les larmes aux yeux. Cette maison respirait la joie de vivre tandis que son appartement lui faisait un effet hôpital, prison...

« J'ai les pots de peinture, demain on change l'appartement. »

Ils passèrent la soirée dans un silence plus ou moins anxieux. Meya n'était pas remise de sa soudaine tristesse et Drago avait du mal à trouver de quoi lui parler. Il sortit un stylo, un papier, une enveloppe qu'il posa sur la table du salon. Puis il alla chercher Meya et l'amena à la chaise en face de la table.

« Pour quoi faire ? » demanda-t-elle en le regardant un peu perdue.

« Réponds lui.

-Mais je ne saurais même pas quoi lui dire !

-Écris comme ça te vient. » proposa-t-il en s'éloignant.

Meya prit le stylo qu'elle fit tourner dans ses doigts alors que Drago lui amenait un chocolat chaud. Mais pourquoi faisait-il tout cela ? Était-ce pour la tourmenter elle d'avoir été si cruelle avec lui à leur rencontre ? Son regard, ses sourires, c'était comme s'il était vraiment heureux de fait toutes ces choses pour elle, comme si c'était purement désintéressé.

« Madame Weasley,

Merci pour le cadeau de Noël. »

Pourquoi écrivait-elle « merci » alors qu'elle n'était même pas capable de ressentir qu'elle méritait ce cadeau ?

« Ça ne vient pas. » dit-elle nerveuse.

« Arrête de trop te prendre la tête. Fais comme ça te vient. »

Oui bah justement, les seules choses qui lui venaient n'étaient pas des choses qu'elle pouvait écrire. Le début de la lettre termina en boule lancée vers la cheminée, en ayant raté sa cible, ci gis une balle en papier.

« Vas dormir si tu te sens trop fatiguée. Il sera toujours temps de penser à une réponse demain. » dit-il en ayant posé ses mains sur ses épaules doucement.

Oui... Elle allait faire cela. Elle alla dans sa chambre, se changea en tenue de nuit tandis que Drago prenait place sur le sofa.

« Bonne nuit. » dit-elle.

Elle s'enferma dans sa chambre, tomba sur son lit, s'enterra sous sa couette et se réfugia dans ses rêves. Elle fit un cauchemar. Un bruit lourd raisonnait dans sa maison, sa mère lui hurla de se cacher et elle-même s'enferma dans la penderie qui avait des petits barreaux par lesquels elle pouvait voir le reste de la pièce.

'Qu'est-ce que vous voulez ?!' cria-t-elle.

Meya entendait les rires des hommes présents.

'On va s'amuser, viens ma belle.' disait l'un d'eux.

« Non... Pas ma maman... Non... » gémit-elle dans son sommeil.

'Viens, viens t'amuser avec nous.' disaient les hommes tandis que la vision de Meya devenait sanglante, qu'elle entendait les cris de sa mère.

« Meya ! » l'appelait-on, c'était Drago qui la secouait pour qu'elle se réveille.

Elle se redressa dans son lit façon exorciste, les yeux équarquillé, une goutte de sueur glissa sur son visage.

« C'était un cauchemar. » tenta-t-il de la rassurer.

« Non... C'était un souvenir. » dit-elle en croisant les bras pour les frotter.

Drago s'assit sur son lit face à elle, posa ses deux mains sur ses joues pour l'obliger à le regarder.

« Raconte moi. »

Elle ferma les yeux et fit non de la tête. Drago approcha son visage d'elle, à quelques centimètres seulement.

« Dis le moi ou je t'embrasse. »

C'était quoi cette menace à la con ?! Elle afficha un air de poisson sortit de l'eau. Et le pire c'était qu'il oserait, lui, parce qu'il avait des sentiments, parce qu'il était irrémédiablement attiré par elle, parce qu'il la voyait comme sa nymphe.

« Tu n'oserais pas ! » réagit-elle sur la défensive.

Drago plaqua ses lèvres contre les siennes dans un baiser tendre. Merde ! C'était son premier baiser ! Elle sentit ses joues chauffer, son ventre se contracter, ses muscles se tendre et se détendre. Sa tête devint un fouillis innommable.

« Tu ne sais pas ce dont je suis capable. Ne me provoque pas sur ce genre de terrain là, tu serais sûre de perdre. »

Oh ben là ! C'était sûr qu'elle était avertie !

« Je veux que tu me racontes, il le faut, je ne peux pas rester comme ça à ne pas savoir. »

Meya avala sa salive, la bouche soudainement sèche. Elle ne pouvait pas raconter cela en le regardant dans les yeux, pas alors que c'était si horrible. Drago lâcha son visage, s'allongea sur le lit au dessus des couvertures et attira Meya dans ses bras. Elle entendant les battements de son cœur, lui qui était si détendu et attendait après elle les explications à ses questions.

« C'est horrible Drago, c'est pas quelque chose que tu devrais entendre. » prévint-elle.

« Si c'est quelque chose que tu as vu alors je dois l'entendre. » dit-il pour l'encourager.

Alors, elle partit dans le récit du meurtre de sa mère. Elle raconta tout, les assaillants ces mangemorts loup-garou, le sang, les cris, sa mère lui hurlant de fuir. Et elle, Meya, elle avait fuit. Elle avait laissé sa mère à ses meurtriers. Elle avait laissé... Sa mère... Mourir sans rien faire. Parce qu'elle avait été trop jeune. Parce qu'elle avait été trop faible. Parce qu'elle n'avait pas hérité de toute sa magie. Son père qui n'avait pas été là pour les protéger. Son oncle qui faisait partie des rangs de ceux qui avaient tués sa mère.

« Après ça ils ont mis le feu à la maison. Et j'ai juré... j'ai juré de me venger. » dit-elle alors que les larmes coulaient encore sur ses joues.

« Et tu y es arrivée ? » demanda-t-il en glissant ses doigts dans ses cheveux bruns.

« Oui... Mais ça n'a plus suffit. Tuer les responsables ne suffisait pas. J'avais toujours cette rage dans mon cœur. Plus rien ne m'arrêtait, et comme j'avais déjà du sang sur les mains, je ne pouvais plus m'arrêter. Il fallait que je tue tous les mangemorts lycans, tous, pour éviter que mon histoire n'arrive encore. »

Drago comprit alors, cette fois là, alors qu'elle rentrait à Poudlard une entaille sur le ventre. C'était un loup-garou qui avait été responsable, sûrement un qui était plus fort que la jeune fille. Et elle, peu importait sa puissance, elle n'était pas invincible, elle commettait des erreurs. Et maintenant, humaine fragile, nymphe à l'aube de son potentiel, si des lycans s'en prenaient à elle que pourrait-elle faire ?

« C'est pour ça que je hais tellement Severus. Pourquoi a-t-il rejoint les rangs de ceux qui ont tué sa propre sœur ? Pourquoi est-il resté un des leurs ? N'a-t-il eu aucun amour pour ma mère, ni même pour moi ? » dit-elle la voix cassée.

En vérité, Drago savait que c'était à ce moment précis que Severus avait retourné sa veste et qu'il était partis voir Dumbledore. On ne s'en prenait pas ouvertement à sa famille sans en payer le prix. Mais Meya, elle, pauvre orpheline traumatisée, pouvait-elle seulement concevoir que ces dix dernières années à espionner pour le compte de l'Ordre fut la manière de Severus de se venger ?

« Et je déteste mon père, Sirius, pour s'être laissé enfermer à Azkaban, laissant ma mère mourir littéralement d'amour sous mes yeux, laissant la petite fille que j'étais devoir grandir plus vite pour prendre les choses en main. Pourquoi j'aurais voulu qu'on me retrouve ? Les adultes... Ils mentaient, trahissaient, tuaient, se laissaient mourir. Alors je suis restée seule sans qu'ils ne me trouvent jamais. »

Drago resta longtemps à méditer ces paroles. Le raisonnement était logique, surtout pour un enfant dont la seule préoccupation était de survivre. Elle devait avoir cinq ou six ans des lors, mais avec la dépression qu'avait fait sa mère, sûrement qu'elle devait être plus âgée dans sa tête, accumulant les compétences comme savoir se nourrir seule.

Meya s'était endormie. Avoir parlé de toutes ces choses qui lui pesaient sur le cœur avait permis à son esprit de trouver la sérénité. Et la chaleur que dégageait Drago n'y était pas pour rien, de même pour la paix qu'il dégageait. Meya enchaîna avec un sommeil profond, et lorsque Drago s'endormit ce fut pour un sommeil troublé.

Le lendemain fut une journée où ils étaient de bonne humeur. Il n'y eut aucun commentaire sur le fait que Drago ait fini par dormir sur le lit de Meya. Ils portaient tous les deux de vieux vêtements et s'attelaient à repeindre toutes les pièces de l'appartement, commençant par le séjour où ils passaient la plupart de leur temps. Ils avaient opté pour des tons chauds pour donner l'impression que la pièce était encore plus grande et lumineuse. Certes Drago s'était aidé de sa baguette pour faire avancer la décoration. La chambre devint un mélange de blanc, de bleu océan et d'argenté. Drago se fit la réflexion qu'il se serait cru chez les serdaigles mais, peu importait finalement. Décorant de plantes, de guirlandes de lumières, de bougies et de rideaux opaques, ils se seraient crus dans une ambiance Zen. Meya elle-même oubliait tout de sa prison blanche.

« Il faudra sûrement laisser sécher jusqu'à après demain, mais ça en aura valu la peine. » dit Drago en tendant à Meya une tasse de thé.

« C'est clair ! L'appartement est bien mieux qu'avant. J'ai enfin l'impression de me sentir chez moi. » dit-elle des étoiles pleins les yeux.

Elle ne sut pas à quel point ces mots firent plaisir à Drago. Il s'étira puis fila sous la douche. Ce week-end passait trop vite à son goût, lui, pauvre créature magique, il s'était épris de Meya et chaque jours passé à Poudlard loin d'elle était de la torture.

Meya profita de l'absence de Drago, qui s'évertuait à vider les réserves d'eau de la planète, pour essayer d'écrire à Molly. Son environnement avait changé, le poids sur son cœur n'était plus le même, elle se sentait comme différente.

« Madame Weasley,

J'aime beaucoup le pull que vous m'avez offert, on sent tous les sentiments que vous avez voulu transmettre en le créant. J'ai rarement reçu de cadeau, alors soyez assurée que je prendrai grand soin de celui-ci.

Ces phrases vous sembleront étranges. Il y a une question qui me vient en tête depuis quelques temps. Peut être le saurez-vous, ou trouverez-vous le moyen de le découvrir. Ma mère, Amanda, a-t-elle été adoptée ? »

Meya se rappela ce que la reine des fées lui avait dit, et comme Severus n'avait rien de féerique en lui, sûrement qu'une donnée lui échappait. Elle poursuivit sa lettre :

« Bien sûr je sais que c'est une question très étrange à poser. Je ne la poserais pas si ce n'était pas nécessaire, j'en ai besoin pour comprendre qui je suis et d'où je viens.

Drago Malefoy et moi venons de décorer l'endroit où je vis, c'est une manière de me faire me sentir chez moi. C'est quelque chose qui me manquait : un chez moi. »

Elle ne pouvait pas dire qu'un instant, elle s'était imaginée vivre chez Molly, pas alors qu'elle était qui elle était. Elle ne le méritait pas.

« Il ne faut pas vous inquiéter pour moi, j'ai réussis à affronter chaque épreuve avec courage, et je continuerai. »

Courage, gryffondor... Peut être était-ce la seule qualité qu'elle tenait de son père. Si tant était qu'il en ait eu du courage pour abandonner sa mère à la solitude. Et puis ne trouvant rien à redire, elle signa de son nom et son prénom puis envoya la lettre.

« On dirait que tu as enfin trouvé quoi répondre à Madame Weasley. »

Drago sortait fraîchement de la douche, portait un pantalon, une chemise déboutonnée et frottait ses cheveux humides avec une serviette.

« Pas trop tôt ! J'ai cru qu'il allait falloir que je te fasse sortir de force de la douche ! » le taquina Meya.

« Oh... Mais j'aurais su, j'y serais resté. » fit Drago faussement innocent, mettant la serviette autour de son cou, « Juste pour le plaisir de prendre une douche avec toi. » précisa-t-il avec un sourire taquin.

« Non mais, n'importe quoi ! » répondit-elle en allant s'enfermer dans la salle de bain.