Note de l'auteur _ Raaaah, dans une heure & une minute -à l'heure où j'écris ces mots, on passera à jeudi, alors que je m'excuse pour mon retard. Merci, merci & merci encOr' mille fois pour tous vos reviews -d'ailleurs pas fini de tous y répondre, mais je le fais ce soir ! lOl. Merci ! & voilà le chapitre que vous attendez tous (ou pas ? xD) , mon préféré xD le Drago/Hermione ! =D Bonne lecture !
Across Our Memories
Chapitre o8
Je ne peux plus continuer ! J'ai besoin de me reposer, partager ton oreiller… J'ai trop veillé. _ Ce soir est ce soir.
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19 Décembre 2001. Appartement de Viktor Krum à Londres.
Ses coudes posés sur la table, son regard fixé dans le lointain, Hermione semblait complètement ailleurs alors que Viktor bavassait à propos d'un match de Quidditch s'étant déroulé quelques années auparavant lorsque la guerre n'avait pas commencé. Elle savait parfaitement qu'il tentait de détendre l'atmosphère devenue lourde, mais elle n'était pas capable de penser à autre chose que tout ce sang. Ce sang qui n'avait jamais été nettoyé sur le sol autrefois immaculé de la cuisine où ses parents étaient morts en pleine préparation du repas de Noël cinq années auparavant. Ce sang qu'elle avait été forcée de découvrir alors qu'elle souhaitait juste récupérer quelques objets de valeur qui trainaient là depuis si longtemps.
Son regard se détourna du mur blanc pour se poser sur la petite boite en argent incrustée de petites perles multicolores qui contenait tous les bijoux de sa mère de sa bague de fiançailles à celle de sa mère avant elle. Des tas de souvenirs de famille qu'elle s'était efforcée d'oublier avant de réaliser que sa maison, en toute absence de vie, finirait peut-être par être cambriolée. Et elle ne pouvait supporter cette idée.
Viktor posa brusquement sa main sur la sienne et –comme toujours- ce contact lui provoqua un sursaut, presque de rejet, comme si son corps même avait du mal à accepter que de nouvelles mains la touchent, des mains aux bouts rugueux en totale opposition avec la douceur de celles l'ayant caressée pendant si longtemps. Elle se tourna vers lui avec un demi-sourire forcé –dont il ne perçut hélas pas l'hypocrisie- et elle se leva lentement :
« Excuse moi, je reviens tout de suite. »
Elle quitta la table, le laissant seul avec le dîner qu'il lui avait préparé, sachant sans doute qu'elle ne savait pas du tout cuisiner quoi que ce soit qui ait du goût ou même qui soit mangeable et elle se réfugia dans la salle de bain, le souffle court. Elle s'approcha du lavabo, remarquant pour la millième fois qu'elle avait tendance à se laisser aller ces derniers temps. Ses cheveux étaient trop longs et mal peignés, ses yeux étaient cernés et ses vêtements cachaient de plus en plus son corps alors qu'elle était censée être à une sorte de rendez-vous amoureux. Elle passa de l'eau sur son visage et soupira de bien être lorsque le liquide glacé la réveilla un peu. Pourtant, elle n'échappait toujours pas ces visions de sang et pire, à ce goût amer qui envahissait sa gorge.
Elle ferma les yeux, soumise depuis peu à des vertiges impossibles à contrôler dus à la fatigue selon Molly. Et en effet, dormir était devenue une chose assez complexe et elle avait désormais même cessé d'essayer. Elle savait que cette nuit qui approchait serait identique. De plus, la passer avec Viktor n'était pas une chose qui l'emballait particulièrement. Elle ne pouvait cesser de comparer ce que Drago lui faisait à ce que Viktor faisait –ou plutôt ne faisait pas. Comment se faisait-il que l'homme qui s'intéresse réellement à elle devienne si égoïste dans une chambre à coucher alors que l'homme le plus nombriliste du monde prenait un plaisir inconcevable à lui en donner ?
« Errrmione, tu vas bien ? demanda Viktor depuis l'extérieur de la salle de bain.
- Oui, ça va… J'arrive dans deux minutes ! »
Elle se redressa en inspirant profondément, espérant échapper aux mille interrogations présentes dans son esprit et qu'elle n'arrivait pas à stopper –cela avait d'ailleurs toujours été son problème de penser trop ! Elle attacha ses cheveux pour se donner un air plus adulte et surtout moins négligé et sortit, Viktor l'attendant dans le couloir. Il lui prit la main pour la conduire au salon et ils s'installèrent ensemble sur le canapé. Il se remit à parler en voyant qu'elle ne le ferait pas et elle fit mine de l'écouter, acquiesçant et souriant parfois pour au moins donner l'impression qu'elle était toujours avec lui alors que son cerveau l'avait déjà emporté à mille lieux de cet appartement. Elle finit par se tourner vers lui et bredouilla, lui coupant de fait la parole :
« Je crois que je vais rentrer…
- Quoi ?
- Je ne me sens pas très bien, et j'ai besoin d'air !
- Il est tard, ce n'est pas prudent… tu peux rentrer par conduit de cheminée !
- Non… Je ne préfère pas… J'ai vraiment besoin de marcher… »
Sur ces mots, elle se leva, ne lui laissant pas le temps de l'arrêter et fila prendre sa boite dans la salle à manger. Elle se dirigea ensuite vers l'entrée où elle récupéra son manteau encore humide et l'enfila, Viktor sur les talons, puis ouvrit la porte et quitta les lieux sans se retourner, ne pouvant même pas lui parler réellement. Elle avait simplement besoin de fuir cette sordide réalité qui l'oppressait de plus en plus. Ses parents étaient morts… Elle le savait depuis longtemps déjà bien sûr, mais ce soir, en voyant le sang noirci sur le carrelage, elle réalisait vraiment ce que cela voulait dire. Et il y avait ces sentiments pour Drago, ces sentiments qu'elle aurait tant voulu ressentir pour Viktor car cela lui aurait simplifié la vie. Ces sentiments qu'elle ne pouvait hélas pas contrôler, comme le lui avait dit Molly des mois plus tôt dans cette cuisine, à l'époque où tout lui semblait encore possible.
Elle marcha dans les rues enneigées pendant une bonne demi-heure, tous ses membres engourdis par le froid, puis son regard se posa sur la devanture d'un bar où elle avait passé une soirée… La soirée qui semblait-il avait bouleversé sa vie. Elle ne put s'empêcher d'y entrer, songeant que ce bar possédait peut-être des vertus magiques et qu'une fois encore il provoquerait un changement. Elle se sentit même stupide de l'espérer, mais ce bar servait après tout de l'alcool… Et l'alcool pouvait l'aider ! La musique cubaine lui heurta les tympans et elle observa les danseurs toujours aussi explicites dans leurs mouvements pendant une minute à peine avant de se diriger vers le comptoir où elle commanda une vodka. Le jeune homme qui la servit lui accorda un sourire avant de dire :
« Vous ne vous souvenez pas de moi, n'est ce pas ?
- Hum… non, désolée, balbutia Hermione en rougissant.
- Vous avez dansé avec moi avant que je ne travaille ici. Mais je comprends que vous ne vous rappeliez pas de moi, vous n'aviez d'yeux que pour le jeune homme qui vous accompagnez ! Il est en haut, comme toutes les semaines !
- Quoi ?
- C'est un habitué depuis quelques temps…
- Hum, vous êtes certain que…
- Grand, blond, bien foutu, l'air qui signifie toujours « Je suis le roi de l'univers » ? C'est lui ! Je m'en souviens bien… Il vient chaque semaine depuis plus d'un an. Il commande toujours la même chose et on discute un peu parfois à la fermeture… Drago ! C'est lui ! Et vous vous êtes… Hermine ?
- Hermione, corrigea mécaniquement cette dernière en comprenant que Drago avait parlé d'elle.
- Voilà ! Il est en haut dans l'une des alcôves.
- Seul ?
- Bien sûr que oui ! Je vous apporte d'autres boissons dès que vous le souhaitez ! »
Elle le remercia du regard avant de sourire, réalisant que ce bar avait peut-être bien des vertus incroyables et magiques. Elle grimpa l'escalier en colimaçon menant aux alcôves et repéra Drago en quelques secondes. Il était installé avec un verre, observant depuis son canapé les danseurs qui se déhanchaient sur la piste du rez-de-chaussée. Elle hésita une seconde et but sa vodka d'une traite pour se donner du courage avant de se diriger vers le blond.
« Salut, étranger ! »
Drago leva son regard grisé vers elle et un bref sourire anima les traits crispés de son visage angélique. Elle s'installa avec lui sans lui demander son avis et adressa un signe au serveur en bas pour qu'il lui rapporte déjà quelque chose. Drago l'observa silencieusement, devinant dans chacun de ses mouvements qu'elle n'était pas aussi à l'aise qu'elle voulait le faire croire. Pourtant, il resta silencieux, sachant parfaitement qu'en cet instant, elle n'avait guère besoin d'être saoulée de paroles. Le barman leur posa d'autres verres –ayant compris sans recevoir la moindre demande qu'ils auraient besoin d'un maximum d'alcool. Hermione but un autre verre et le barman s'éloigna avec un regard gêné à l'adresse de Drago qui repoussa son propre verre de rhum.
« Tu ne bois pas ?
- Pas si je dois te porter sur le retour, ce qui risque d'arriver étant donné que tu n'as pas du tout l'habitude de boire ! »
Elle haussa les épaules en vidant un troisième verre. Elle buvait si vite que son corps n'avait pas le temps de suivre et de lui montrer qu'elle buvait trop, mais –Drago le savait- le contrecoup qui se produirait rapidement aurait un effet désastreux sur la jeune femme. Il attendit quelques minutes, remarquant que le regard de la jeune fille se troublait à mesure qu'elle buvait, avant de lui demander :
« Qu'est ce qu'il t'est arrivé ? Tu n'étais pas censé passer la soirée avec l'autre joueur de Quidditch qui marche en canard, là ?
- Qu'est ce que ça peut t'faire ?! (Il resta silencieux, ne voulant expliquer ce que ça lui faisait justement) Et puis… y'avait du sang chez moi et… partout…
- Chez toi ? répéta-t-il en haussant un sourcil, étonné. Chez toi, tu veux dire… dans ton ancienne maison ?
- Est-ce que j'ai mille baraques, Malefoy ?! Nan… alors oui, cette maison là… Normalement, on nettoie les scènes de crimes tu sais… sauf que là… bah… la police moldue n'est pas venue… y'avait que ces foutus bureaucrates du ministère… Se sont contenté d'ramasser les morceaux… et…
- Hermione, je crois que tu as assez bu maintenant, coupa-t-il en lui arrachant des mains le énième verre dont elle venait de s'emparer. Viens, je vais te ramener avant que l'alcool fasse vraiment effet…
- Attends, je vais aux toilettes d'abord ! » cria-t-elle en se redressant avant de descendre les escaliers en colimaçons sur lesquels elle vacilla légèrement.
Drago enfouit son visage entre ses mains, se demandant comment cet abruti de Krum avait-il pu la laisser sortir dans les rues pour finir dans un bar alors qu'il savait parfaitement –il devait tout de même avoir un mini cerveau derrière ces muscles- qu'elle n'était pas dans son état normal et qu'elle pouvait très bien faire une bêtise. Drago, lui, savait comment se comporter avec elle, quand être proche, quand la repousser, quand être doux, quand être presque autoritaire… Il savait toujours ce dont elle avait besoin. En deux ans, il avait appris à lire dans chacune des expressions de son visage, dans chaque mouvement, dans chaque regard, dans chaque intonation… Il inspira profondément en se redressant, jetant un coup d'œil rapide vers les toilettes des dames. Elle en mettait du temps… Il finit par se lever et rejoint le barman, posant un billet sur le comptoir.
« Elle est où ?
- Bah, elle est sortie y'a cinq minutes, Drake… J'ai cru que tu le savais…
- Et merde, rugit-il en commençant à sortir, criant avant de franchir la porte : Tu peux garder la monnaie ! »
Il sortit en courant presque dans la rue verglacée, craignant que dans son état, elle ne puisse tomber et vraiment se faire mal. Il hésita une seconde avant de décider de suivre son instinct et tourna à gauche. Il ne prit guère longtemps avant de la repérer, titubante au milieu de la route. Il la rejoint en courant, prenant garde aux endroits où il posait ses pieds et l'attira vers lui en une solide étreinte pour ne pas qu'elle soit capable de le repousser.
« Bon maintenant, mini-fugueuse, tu vas arrêter de jouer à la future alcoolique et tu vas rester avec moi, d'accord ? »
Elle lui adressa un immense sourire qui lui donna l'air le plus idiot du monde –un air qu'il n'aurait jamais cru voir sur son visage, et il soupira avec agacement avant de lui prendre la main. Ils marchèrent ainsi –elle chaloupant, chantonnant et riant à chaque fois qu'elle glissait- durant une bonne demie heure avant de se retrouver dans la rue du 12 Square Grimmaurd, rue protégée par mille enchantements que Drago mit une longue minute à contrôler afin de pouvoir passer, Hermione ne lui étant pas d'un grand secours car elle s'amusait désormais à tournoyer dans la neige, son manteau bouffant avec l'air froid, ses cheveux s'enroulant autour de son visage. Elle paraissait avoir cinq ans. Il lui jeta un coup d'œil amusé avant de la saisir par la taille pour la transporter à l'intérieur de la bulle de protection, puis recommença à jeter des sorts pour la renforcer. Il reprit ensuite la main d'Hermione –qui avait recommencé à tournoyer- et la conduisit d'une poigne de fer jusqu'au palier du Quartier Général.
« Hermione, à partir de maintenant, tu vas devoir être très très silencieuse ! »
Hermione posa son index sur ses lèvres en émettant un « Chuuuuuut » quelque peu bruyant et Drago sut qu'il était fichu ! Si Madame Weasley voyait Hermione entrer dans un tel état avec lui, il serait forcément celui qui avait poussé la prude Hermione à la consommation d'alcool. Il aurait bien voulu pouvoir coller son poing dans la tronche de Viktor Krum –qui déjà avec son affreux nez n'aurait pas pu être plus laid. Il finit par serrer la main d'Hermione plus fort tout en poussant la porte du 12 Square Grimmaurd après avoir murmuré le mot de passe près du minuscule petit dessin gravé sur la porte. Ils entrèrent rapidement dans la maison, Hermione ne cessant de répéter « chuuuuut » en le regardant d'un air mauvais comme s'il était le plus bruyant d'eux deux et il l'arrêta dans le couloir en lui disant de se taire une bonne fois pour toute.
« Hermione Granger, saoule, finit-il par murmurer comme pour lui-même. Je vais sûrement finir par voir Weasmoche danser le tango avec une Vélane si ça continu… »
Hermione pouffa à cette remarque et Drago remarqua que de la lumière provenait de la cuisine –sans doute Molly- et serra la main d'Hermione plus fort afin de l'obliger à accélérer un peu le mouvement. Arrivés au troisième étage, la jeune femme s'appuya contre la porte de la salle de bain et il soupira.
« Ok… tu vas entrer là dedans et te déshabiller…
- Pourquoi tu ne le fais pas toi-même ? minauda-t-elle avec un air taquin.
- Hum… Les filles saoules ça n'a jamais été mon truc. Alors tu vas entrer, te déshabiller et m'attendre, d'accord ? Je vais aller prendre une potion dans la cuisine en tentant d'être discret et pendant ce temps là tu n'approches pas de la baignoire d'accord ? Si tu glisses, tu vas sans doute avoir le temps de te vider de ton sang avant mon arrivée, alors tu te contentes de te déshabiller. Tu en seras capable ?
- Oui, mon commandant ! » s'esclaffa-t-elle en se balançant d'un pied sur l'autre.
Drago la poussa dans la salle de bain et referma la porte avant de s'éloigner, redescendant les deux étages qu'il venait de gravir pour finalement entrer dans la cuisine où Molly Weasley était installée. Elle l'observa alors qu'il s'approchait de l'armoire à potions usuelles –celles qu'ils utilisaient le plus souvent et n'avaient pas grand rapport avec la guerre- et saisit celle fabriquée pour les fêtes en général pour les gens qui buvaient un peu trop.
« Puis-je savoir qui a trop bu ? s'enquit Madame Weasley avec un sourire lourd de sens qui prouvait qu'elle avait déjà la réponse à cette question à laquelle Drago ne prit finalement pas la peine de répondre. Comment Hermione qui devait passer la soirée avec Viktor s'est-elle retrouvée avec toi dans un tel état ? C'est incroyable comme le fait que tu sois dans la même pièce qu'elle la pousse …
- Elle est allée dans la maison de ses parents. Il y avait encore du sang apparemment. Ça lui a fait perdre les pédales. Elle est arrivée dans un bar, j'y étais, elle a bu et n'étant ni son frère ni un crétin d'ami je l'ai laissé faire et maintenant je m'occupe d'elle ! expliqua-t-il avant de se retourner vers la mère de famille avec un regard noir. Et évitez donc de dire que j'ai une mauvaise influence sur elle. Ce n'est pas moi l'abruti qui l'a laissé sortir en plein mois de décembre seule au beau milieu de la nuit après qu'elle ait vu quelque chose qu'elle n'arrivera sans doute pas à oublier de si tôt ! Ce n'est pas moi le problème d'Hermione et vous le savez parfaitement. »
Drago quitta la pièce sans attendre de réponses d'une Molly bouche bée et il remonta au troisième étage. Il se figea dans le couloir en apercevant Viktor Krum devant la porte de la chambre d'Hermione et s'approcha de lui en tentant de contrôler la rage qui aurait pu le faire devenir un peu trop violent.
« Je peux savoir ce que tu fais là ?
- Je cherche Hermione…
- Ouais, bah va la chercher ailleurs, d'accord ? »
Viktor se tourna vers Drago en tentant de se donner un air plus imposant qui n'eut rien d'effrayant pour le jeune Malefoy qui lui n'avait pas besoin de se tenir plus droit ou de relever le menton. Un seul regard suffisait amplement à le rendre majestueux et terrorisant. Drago sentait son pouls battre dans ses veines. Depuis combien de temps n'avait-il pas laissé sa colère prendre le pas sur sa raison ? Depuis quand avait-il envie de cogner le visage de ce type qui lui faisait face et dont il ne pouvait supporter la présence ? Combien de fois avait-il imaginé ces mains toucher le corps de son Hermione ? Viktor finit par annoncer :
« Je sais parfaitement ce qu'il s'est passé entre vous, mais c'est du passé ! Elle a fait une erreur et je suis certain que tu regrettes d'être passé à côté de quelque chose de plus… Mais ce n'est pas une raison pour essayer de foutre sa relation avec moi en l'air. »
Drago haussa un sourcil avec une sorte de sourire qui parut plus dangereux encore qu'un point crispé ou toute autre démonstration de sa colère.
« D'accord, je vois… Enfin la prochaine fois, s'il lui arrive quelque chose comme voir le sang de ses parents morts depuis cinq ans ou… entendre parler de son chat Cacao qui s'est fait roulé dessus par son père quand elle avait six ans…
- Son père a tué son chat ?
- Oui, acquiesça-t-il avec un sourire, heureux d'apprendre qu'il avait plus parlé avec lui qu'avec Krum. Enfin dans ce genre de situation, évite de la laisser sortir seule… Et ensuite peut-être que j'arrêterais de « foutre votre relation en l'air » comme tu dis. »
La porte de la salle de bain s'ouvrit brusquement et Hermione apparut, encore plus ou moins vêtue de son pantalon –apparemment, elle n'avait pas été capable de baisser la fermeture éclair- et d'un débardeur blanc minuscule qu'elle devait sans doute porter sous la chemise qu'elle avait un peu plus tôt. Pieds nus, elle s'approcha de Drago et soupira avec un air accablé :
« J'arrive pas à enlever mon pantalon… c'est trop dur… »
Les yeux de Krum s'écarquillèrent de surprise :
« Elle est saoule !?
- Vickiiiiiii ! J't'avais pas vu ! Et non… j'suis pas saoule… C'est juste que la fermeture elle est bloquée… Et Drago il est doué pour enlever les vêtements ! Avec lui, on n'a même pas le temps de se souvenir de comment c'était quand on était habillé…
- Tu l'as faite boire !? s'écria Viktor à l'adresse de Drago qui passa son bras autour de la taille d'Hermione pour qu'elle ne s'écroule pas tant elle avait du mal à rester debout sans vaciller.
- Elle a bu, je l'ai regardé faire, y'a une différence. Tu devrais rentrer chez toi !
- Pas question, je vais m'occuper d'elle, tu en as assez fait pour ce soir je crois ! »
La porte de la chambre d'Harry et Ginny s'ouvrit en grand et ce premier en sortit, l'air mal réveillé et très agacé de l'être de cette façon. Il s'approcha des trois autres et les regarda alors qu'Hermione tonitruait en avançant vers lui jusqu'à s'accrocher à son cou pour ne pas tomber :
« Oh Harry ! Mon meilleur ami du monde tout entier de l'univers et de la planète et de tout… partout ! »
Harry haussa un sourcil en la serrant contre lui alors qu'une autre porte s'ouvrait et que Ron apparaissait avec un air endormi.
« Qu'est ce qu'il se passe ?
- Ronny ! Mon autre meilleur ami…
- Oui, Hermione, on a compris, coupa Harry en regardant Drago et Viktor. Lequel lui a donné de l'alcool ? Non, parce que je ne l'ai vu boire qu'une seule fois un verre du punch le plus léger qui existe et elle était déjà dans les vapes… Alors qui dois-je tuer entre vous deux ?
- Lui ! dénonça Viktor en pointant son doigt sur Drago, le laissant à quelques centimètres de son nez.
- Enlève ta main de devant mon visage ou je te la coupe ! Menaça Drago.
- La ferme, tous les deux ! répliqua Ron alors qu'Hermione s'échappait de l'étreinte d'Harry pour venir se réfugier dans ses bras. Qu'est ce qu'il s'est passé pour qu'elle boive ? Et comment ça se fait qu'elle soit avec vous deux alors qu'elle devait juste passer la soirée avec Kr…Viktor ?
- Ronny… commença Hermione, tu parles trop fort ! »
Ron soupira alors qu'Harry se tournait vers Drago qui avait du mal à ne pas sourire, sachant parfaitement que c'était lui qui était avec elle lorsqu'elle buvait. Viktor, lui, fusilla le blond du regard avant d'acclamer :
« Enfin, ce n'est pas Hermione qui a pu se mettre à boire toute seule. Elle a forcément été poussée par quelqu'un si vous voyiez ce que je veux dire.
- Oui, bien sûr, railla Drago en s'adossant au mur près de la salle de bain. Hermione est une sainte, elle ne boit jamais, n'a jamais de mauvaises idées, ne dit jamais de gros mots… C'est la réincarnation de la Vierge en personne ! D'ailleurs, si un jour elle a un enfant ce sera dû à une intervention divine car jamais au grand jamais Hermione Granger n'aura de relations sexuelles… L'immaculée conception fera des miracles. Vous êtes si pitoyables tous les trois, sérieusement… C'est une grande fille. Une grande fille qui était déprimée ce soir et qui s'est mise à boire parce qu'elle avait deux moyens d'oublier ce qui la ronger : aller provoquer quelques mangemorts pour une petite baston ou se saouler. Et je ne crois pas que c'est elle qui ait fait la plus grosse bêtise ce soir, mais plutôt le crétin-Krum qui l'a laissé sortir sans la raccompagner alors qu'elle aurait pu faire bien pire que ça… Ou qu'elle aurait pu tomber sur des gens beaucoup moins sympas dans un bar beaucoup moins bien fréquenté. Maintenant, si vous voulez bien, je vais m'occuper d'elle étant donné que je suppose qu'aucun de vous n'a jamais dû s'occuper d'une personne saoule de sa vie ? »
Harry et Ron échangèrent un regard et le rouquin approcha Hermione du blond, sachant qu'en effet, ils n'avaient aucune idée de ce qu'il fallait faire dans ce genre de situation pour qu'elle dessaoule un peu et se sente mieux. Mais Viktor se dressa entre Hermione et Drago et tonna :
« Attendez, vous n'allez pas la laisser avec lui !?
- Je n'en sais rien, Viktor, mais si tu réveilles Jude, il est possible que je t'arrache la tête ! riposta Harry pour qu'il baisse la voix. Et puis sérieusement, je pars en mission en Albanie demain et j'aimerais juste dormir !
- Mais il allait la déshabiller ! S'écria Viktor.
- Et il a dû la voir nue plus d'une fois d'après ce qu'on sait alors on ne va pas en faire un drame, annonça froidement le brun sous les regards surpris des autres, choqués par son indifférence. Allez, retournons nous coucher et toi Viktor, rentre chez toi !
- Pas question que je la laisse ici seule avec ce type ! Elle est saoule, qui sait ce qu'il pourrait lui faire ?
- Elle n'était jamais saoule les fois précédentes, sale petit…
- Malefoy, la ferme ! Sérieusement, si tu ne pars pas, je te jette dehors, Viktor, tu choisis ! Hermione est saoule, pas inconsciente ! Et je crois que Malefoy n'a pas besoin qu'elle soit dans un état second pour pouvoir obtenir quoi que ce soit d'elle… Alors, va-t-en ! »
Viktor resta figé un instant, Ron l'air aussi ahuri que lui alors que Drago semblait assez content, comme s'il venait d'obtenir une sorte d'accord avec Harry à propos d'une quelconque relation avec Hermione –ce qui n'était pas réellement le cas. Viktor allait répliquer quand Molly arriva à l'étage, mains sur les hanches.
« Il est plus de minuit et certains se lèvent demain ! Mr Krum, malgré le fait que vous sortiez avec Hermione, j'ai déjà répété mille fois qu'il n'était pas question que vous passiez la nuit dans cette maison alors que vous en avez une et que nous manquons déjà de place ! Ron, Harry, allez vous coucher, maintenant ! Et si Lucas ou Jude se mets à pleurer, je m'en occuperais, ne vous inquiétez pas ! Et Drago, s'il te plait, occupe-toi donc d'Hermione, fais lui prendre un bon bain histoire qu'elle ne sente plus l'alcool comme si elle s'était immergée dedans, fais lui prendre sa potion et mets la au lit. Maintenant, oust ! Sortez donc de ce couloir avant de réveiller plus de monde ! »
Viktor lança un regard mauvais à Drago qui se contenta de sourire, angélique, alors qu'Hermione s'accrochait à son cou, ses doigts jouant avec ses cheveux. Mais, percevant que Molly attendait qu'il quitte la maison, il finit par sortir, Hermione braillant un « A demain, Vickiiiiiii » alors que Ron et Harry quittaient le couloir. Molly adressa une œillade complice à Drago et il sourit légèrement avant d'entrer dans la salle de bain avec Hermione. Il ferma la porte derrière lui et Hermione le regarda bizarrement.
« Tu pourrais profiter de moi, tu sais… Je ne t'en voudrais absolument pas !
- Merci, mais non merci… Je préfère profiter de toi quand tu es complètement sobre, c'est beaucoup plus drôle, sourit-il avant de poser un léger baiser sur son front. Bon, tu veux bien coopérer ? Tu ne tentes pas de me toucher ou quoi que ce soit parce que je suis actuellement en mission pour ta grande protectrice Madame Weasley et j'ai beau être le plus sérieux possible, te revoir nue ne vas sans doute pas aider… Alors, tu restes sage, d'accord ?
- Tu t'en fous de me voir nue…
- Quoi ?
- Tu t'en fous complètement… Sinon tu… tu serais allé frapper Ron et Harry et… tu… te serais battu pour moi… Et ce soir… t'aurais tabassé Viktor… Mais… tu t'en fous complètement… bégaya-t-elle, le regard vague.
- Tu es saoule, tu ne sais pas ce que tu dis… Ce n'est pas le genre de conversation qu'il faut avoir dans une situation comme celle-ci. Et… Et je n'ai pas frappé Krum parce que j'ai pensé que tu n'apprécierais pas, même chose pour tes deux crétins de meilleurs amis. Enfin bref, lève les bras. »
Elle obéit et il lui retira son t-shirt, la laissant là en soutien-gorge avant de déplacer ses mains jusqu'à son pantalon dont il fit soigneusement glisser la fermeture éclair. Elle bascula légèrement en arrière quand il s'agenouilla pour lui lever les pieds et retirer son jean qu'il mit dans le panier de linge sale, avant de remonter vers son visage. Il allait lui demander de se retourner pour qu'il puisse détacher l'attache de son soutien gorge sans trop la toucher, mais réalisa qu'il lui serait impossible de conserver son calme, même si la situation n'était pas des plus excitantes et il finit par soupirer :
« Attends-moi là, d'accord ? »
Il la souleva dans ses bras et l'obligea à s'asseoir sur l'un des meubles de la salle de bain, là où ils posaient généralement leurs vêtements, puis lui précisa de ne surtout pas bouger avant de quitter la salle de bain. Il se glissa dans la chambre de sa meilleure amie sans frapper et s'approcha du lit où il remarqua directement qu'elle n'était pas seule. Il s'en moquait un peu et se contenta de secouer doucement l'épaule de Pansy, l'homme à côté d'elle bougeant un peu ce qui permit à Drago de réaliser qu'il s'agissait de Dean Thomas. Pansy finit par ouvrir les yeux et lui lança un regard peu amène.
« Qu'est ce que tu fous là ?
- Hum… j'aurais besoin que tu donnes un bain à Hermione… Elle est un peu… saoule.
- Et tu ne peux pas l'faire toi-même, non ?
- Non. »
Pansy fronça les sourcils dans la pénombre avant de lui demander de sortir pour qu'elle s'habille. Il obéit et n'eut à l'attendre qu'une minute à peine avant qu'elle ne débarque, simplement vêtue d'une robe de chambre rouge. Elle suivit Drago jusqu'à la salle de bain en baillant avant que le jeune homme ne l'arrête :
« Depuis quand tu couches avec des Gryffondors ?
- Et depuis quand tu ne peux pas faire prendre un bain à une fille saoule ? T'étais plutôt douée à ce jeu là à l'époque où c'était moi cette fille… (Drago resta silencieux) Sérieusement Drago, t'es si amoureux d'elle que ça en devient pathétique !
- Je…
- Oui ? coupa-t-elle avec un sourire espiègle. Ne me dis pas le contraire, je suis ta meilleure amie depuis le jour où on a fait ce pacte du sang débile après avoir cassé le piano de mes parents ! Je sais exactement ce que tu penses d'Hermione… J'ai même sans doute su ce que tu ressentais pour elle avant que tu ne commences à le comprendre toi-même ! On ne vit plus dans le monde étriqué de nos manoirs familiaux… Dans cette maison, les gens ont l'étrange manie de dire ce qu'ils ont au fond du cœur aux autres. Toi est qui si doué pour montrer aux gens que tu les détestes… tu pourrais faire un effort pour leur montrer aussi que tu les aimes. »
Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et entra dans la salle de bain. Il eut le temps d'entendre un « Oh ! Ma Pansy, ma meilleure amie… » avant que la porte ne se referme et réalisa qu'Hermione avait beaucoup de meilleurs amis quand elle était saoule. Il essaya d'oublier les paroles de Pansy et resta à la porte le temps que le bain soit fini. Un petit quart d'heure après, la porte se rouvrit et Pansy apparut avec une moue railleuse :
« Elle veut que ce soit son Drago à elle qui la rhabille… C'est elle qui t'a appelé « mon Drago à moi », je tiens à le préciser. Je lui ai quand même mis une culotte ne t'inquiète pas… Et sérieusement, si vous passez votre vie ensemble, ne la laisse pas s'approcher d'une seule goutte ! Elle ne tient pas à l'alcool ! Bonne nuit…
- Pansy…
- Pas de réflexion sur Dean, ok ? l'interrompit-elle avec une grimace, gênée.
- J'allais juste te dire « merci »… Mais bon, dès demain, je veux quand même des détails ! Généralement, tu ne te rappelles pas de leurs prénoms alors…
- Bonne nuit, Drago !
- Bonne nuit, Pansy. »
Elle retourna à sa chambre et il regagna la salle de bain où Hermione l'attendait, assise à l'exact endroit où il l'avait laissé, simplement vêtue d'une culotte et une serviette de bain enroulant le haut de son corps. Il esquissa un sourire auquel elle répondit bêtement avant de lui dire qu'une voix étrangement confuse :
« Tu sais quoi ?
- Non, mais je sens que je vais savoir étant donné que quand tu es saoule, tu parles un peu trop !
- J'suis pas saouuleuh ! Regarde ! répliqua-t-elle en essayant vainement de toucher le bout de son nez avec ses doigts ce qui finit par faire rire Drago.
- Oh oui, je vois que tu es parfaitement sobre ! Allez viens, je vais t'emmener dans ta chambre, t'habiller un peu plus chaudement, te donner ta potion et ensuite, on ira dormir d'accord ?
- Ensemble ?
- Non, Hermione, séparément ! s'esclaffa-t-il avant d'ajouter : T'es drôlement marrante quand t'es saoule… Tu devrais essayer plus souvent. Tu pourrais presque réussir à me séduire ! »
Il passa un bras sous ses genoux et l'autre sous la nuque, son avant bras passant sous son aisselle et il la souleva, la transportant ainsi jusqu'à sa chambre. Alors qu'ils passaient le seuil de sa porte, elle souffla, l'air toujours dans le flou, comme si elle était entourée de coton :
« Je n'ai jamais rêvé de ça… C'est bizarre…
- Rêver de ? demanda-t-il en refermant la porte d'un coup de rein avant de la poser sur son lit.
- De passer la porte… précisa-t-elle en se laissant tomber sur le matelas avec un rire –comme si les ressorts du matelas étaient une toute nouvelle découverte passionnante et excitante.
- Dans mes bras, conclut-il en voyant enfin où elle voulait en venir. J'espère bien parce que même si on se mariait un jour, je ne te ferais jamais passer la porte dans mes bras… C'est complètement démodé comme comportement. »
Elle ne répondit rien, son regard fixé sur le plafond alors qu'elle abattait parfois sa tête sur son matelas pour rebondir dessus, pendant qu'il cherchait des vêtements dans son armoire. Il finit par repérer un pull qu'il reconnut comme lui appartenant et revint vers Hermione, lui montrant son vêtement.
« C'est à moi ça ? Tu es donc alcoolique et cleptomane, on en apprend tous les jours… »
Il l'attira vers lui, elle ne bougea pas pour ne surtout pas l'aider dans l'entreprise visant à lui mettre plus de vêtements sur le dos. Il finit pourtant par réussir à lui arracher sa serviette de bain et en quelques longues minutes, à lui mettre son pull qui lui arrivait à mi-cuisses. Puis il lui fit boire la potion avant d'aller poser le flacon sur le bureau. Relevant enfin les yeux vers elle, il remarqua qu'elle avait les siens humides de larmes et marmonna :
« Génial, après la partie « vous êtes tous mes amis » tu vas me faire une séquence « nostalgie » ? Vas-y, je suis prêt à écouter tous les maux secrets de ton âme ! »
Il avait dit ces mots en riant, mais pria pour qu'elle réponde franchement. Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'il pouvait discuter avec une Hermione saoule et donc totalement désinhibée prête à lui raconter tous ses secrets. Il savait que profiter de la situation était assez malsain, mais il n'y pouvait rien. Il repoussa un peu la couette avant de la rabattre sur le corps de la jeune fille qui murmura :
« Toi et moi, on est comme… Tom et Jerry.
- Qui ça ? s'enquit Drago en fronçant les sourcils, se demandant qui étaient ces Tom et Jerry dont il n'avait jamais entendu parler de sa vie.
- Tom et Jerry du dessin animé… On joue au chat et à la souris… Sauf que contrairement à Jerry, je n'ai pas été assez maligne pour t'empêcher de m'attraper… Faut dire que tu es aussi plus intelligent que Tom…
- Tu es en train de nous comparer à un chat et à une souris d'un dessin animé moldu ?
- Ouais, je sais… c'est pathétique… »
Il sourit en remontant la couverture sur les épaules de la jeune femme avant d'éloigner les mèches encore humides de son front, plus doux que d'ordinaire. Il savait parfaitement qu'elle ne se rappellerait plus de rien le lendemain matin, d'ailleurs c'était sans doute ça qui rendait cet instant si amusant... Elle ne souffrirait pas de honte d'avoir osé dire toutes ces choses. Elle soupira, des larmes aux coins de ses yeux sombres, ses mouvements toujours aussi mous, comme sa façon de parler qui –après ses cris de bonheur alcoolisé- s'était ostensiblement effacée, comme accablée.
« Tu sais ce qui est encore plus pathétique ? C'est que je t'aime… »
Il se figea un instant avant de recommencer à caresser sa joue, les yeux de la jeune femme commençant à se fermer sous l'effet de la potion. Il finit par chuchoter :
« J'ai plus pathétique.
- Ah oui ?
- Oui, je t'aime moi aussi…
- C'est vrai ? demanda-t-elle, la voix pleine d'espoir.
- Mais, ce qui est plus pathétique encore c'est que tu ne souviendras pas de toute cette conversation demain. »
Il allait embrasser sa joue avant de quitter la pièce alors qu'elle s'endormait, mais elle tourna la tête et se fut ses lèvres qu'il embrassa. Il ne renforça pas le baiser et se redressa avec un petit sourire, presque triste qu'elle soit dans cet état après tout, car jamais il n'aurait osé profiter de son état pour la toucher un peu plus qu'il le devait. Il allait quitter la chambre quand –bougeant dans son sommeil, elle souffla un simple « Merci » qui voulait sans doute dire bien plus que « Merci de m'avoir aidé ce soir »… Il s'agissait plutôt –comme il le songea- d'un « Merci de m'avoir répondu… ».
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14 Février 2oo2. Grande Salle de Poudlard.
Organiser une fête pour la Saint-Valentin était sans doute l'idée la plus farfelue qu'ait eu Dumbledore dans sa vie, ou du moins Hermione songeait qu'il n'avait pas pu faire pire auparavant. Elle était assise à une table, seule, espérant malgré elle que son petit ami, Viktor Krum, se perdrait en allant chercher les boissons et qu'il ne la retrouverait jamais. Son regard parcourut la salle décorée tout de rose –Harry en la voyant avait émit une espèce de son bizarre proche du « rongronchon »- et elle croisa le gris orageux des yeux de Drago qui étaient fixés sur elle. Un mince sourire étira les lèvres fines du jeune homme qui –d'après ce qu'elle savait- était venu seul. Elle détourna le regard, mal à l'aise. D'après Pansy, elle lui avait dit qu'elle l'aimait –elle-même n'avait que de vagues souvenirs de cette soirée et en y pensant était assez heureuse de ne pas se rappeler de toutes les idioties qu'elle avait commises en quelques heures. Lui avouer qu'elle l'aimait tout en étant saoule était la pire des erreurs…
Ginny s'installa brusquement sur la chaise à côté d'Hermione et adressa un geste de la main à Drago qui grimaça avant de cesser d'observer Hermione comme s'il était accro à elle.
« Tu sais que le fait de sortir avec un homme tout en pensant à un autre pourrait faire de toi une sorte de… mangeuse d'hommes !? Ou de gourgandine comme dirait Ron. En tout cas, je te comprends… Drago est quand même mille fois plus beau que l'autre imbécile là… Sérieusement, Hermione, qu'est ce que tu fais ?
- J'attends que Viktor revienne avec nos boissons, quelle question !
- Pas maintenant, en ce moment ! Avec Drago et Viktor. Drago n'arrête pas de te regarder…
- Il doit être en train de mourir de rire en pensant « Oh la parfaite petite idiote que j'ai réussi à faire tomber amoureuse, ah ah ah »…
- Tu deviens parano, Hermione ! Je suis certaine qu'il n'a jamais pensé quoi que ce soit de ce genre sur toi ! »
Elle ne put continuer le petit discours qu'elle avait préparé qu'Harry et Viktor s'approchèrent, des verres en main. Harry offrit une coupe de champagne à Ginny en chuchotant quelque chose à son oreille. Hermione saisit parfaitement de quoi il lui parla car la rouquine parut gênée et très excitée. Elle au moins profiterait de cette soirée où Madame Weasley avait accepté de garder Jude pour toute la nuit, histoire que le couple ait un peu plus d'intimité. Viktor passa un verre de bièraubeurre à Hermione avec un sourire.
« Voilà donc où se trouvaient nos femmes…
- Ah parce que vous aussi vous êtes mariés, maintenant ? railla Harry avec une moue presque dégoûtée comme si cette idée même le rendait malade. Ça serait… glauque.
- Pourquoi ? s'offensa Viktor.
- Hum… Je… Je n'aime pas les mariages. Rien à voir avec un quelconque mariage entre vous… »
Il parut gêné de ce qu'il venait de dire et Viktor posa son verre sur la table avant de tendre sa main vers Hermione, lui proposant explicitement de danser. Elle allait la saisir quand les premières notes d'«Hello, Goodbye » résonnèrent dans la salle. Sa chanson. Ou du moins, leur chanson à elle et à Drago. La chanson des Beatles que leur avait choisie Ringo plus d'un an auparavant. Drago lui envoya un sourire depuis sa chaise, puis se leva et s'approcha d'elle. Viktor se renfrogna immédiatement alors que Drago arrivait auprès d'eux, demandant d'une voix moqueuse à Viktor :
« Je peux te l'emprunter le temps d'une danse ?
- Euh... c'est à elle qu'il faut le demander, non ? répliqua Viktor en jetant un coup d'œil à Hermione qui resta coite un instant avant de voir qu'Harry était au bord du fou rire et que Ginny semblait attendre qu'elle accepte.
-Oui, pourquoi pas… »
Viktor serra quasi immédiatement les dents et elle comprit qu'il était en colère. Elle s'en voulut un peu, mais avait-elle vraiment le droit de refuser une simple danse à Drago sans que cela paraisse suspect ? Alors elle finit par se lever et saisit la main que Drago lui tendait, souriant et sans doute euphorique à l'idée même de rendre Viktor jaloux, puis ils se dirigèrent tous deux au milieu de la piste de danse, certains s'arrêtant presque pour les observer. Hermione s'empourpra violemment et il s'esclaffa :
« A croire qu'ils viennent de voir Dumbledore danser avec Voldemort…
- Je crois tout de même que le fait que nous dansions tous les deux est moins irréaliste, ou même surréaliste si on y pense… Et puis, ils savent tous pour… toi et moi. Enfin, pour l'ancien « toi et moi »… Je… Je tenais à m'excuser pour le soir où j'étais saoule et où j'ai dit que…
- Que j'étais un chat et toi une souris ?
- Quoi ?
- Oui, tu nous as comparé à deux personnages de dessins animés ! lui rappela-t-il avec un sourire tout en déplaçant lentement sa main contre le creux de ses reins, jouant habillement avec le tissu clair qui serrait sa robe à la taille. Tom et Jerry…
- Aïe ! Grimaça-t-elle. Là, c'est vraiment pitoyable… Je… je suis vraiment désolée. Je parlais surtout du fait que je t'ai dit que… Enfin… que j'ai dit ce que je ressentais pour… pour toi… Je… je ne le pensais pas. J'étais saoule et j'ai dis des choses idiotes… Je ne suis pas une souris, tu n'es pas un chat… et je ne suis pas amoureuse de toi. C'était les mots de la vodka ! »
Elle sentit les doigts de Drago resserrer leur prise sur le morceau de tissu et elle plongea son regard dans le sien, son regard qui était de plus en plus sombre à mesure que les mois passaient. Au départ, elle s'était dit qu'il s'agissait simplement d'un effet d'ombre et de lumière car les couloirs du 12 Square Grimmaurd n'étaient pas très éclairés, mais elle réalisa qu'ici même où tout brillait un peu trop, son regard restait terne, abattu. Elle aurait voulu poser ses lèvres sur ses paupières closes comme ce soir où Blaise avait failli mourir quelques années plus tôt et qu'il s'était montré un peu plus faible que d'ordinaire.
Ils dansèrent en silence, profitant l'un comme l'autre de cet instant parfait où leur corps se frôlaient un peu plus que ces derniers temps et où cela paraissait normal après tout –ils n'allaient pas danser à six mètres l'un de l'autre. La musique finit par s'arrêter, un peu trop tôt au goût d'Hermione car le regard de Drago était toujours aussi sombre. Pourquoi sentait-elle qu'elle avait fait une bêtise ou dit quelque chose de mal sans savoir exactement pourquoi ? Il s'éloigna d'elle avec un minuscule sourire puis la laissa là en plan au beau milieu de la piste, lui tournant le dos et quittant la Grande Salle. Elle resta figée quelques secondes jusqu'à ce que Viktor ne remplace Drago et se mette à bouger, montrant qu'il voulait danser lui aussi. Elle suivit mécaniquement ses pas et à la fin de la chanson, murmura bêtement :
« Il faut que je sorte…
- Pourquoi ?
- J'ai besoin d'air…
- Malefoy est sorti, non ? grogna-t-il –son accent s'entendant toujours plus dans ces moments là.
- Hum… oui, mais je… Je dois juste le voir deux minutes. Je reviens. »
Elle ne laissa pas le temps à Viktor de l'arrêter et sortit de la Grande Salle, se retrouvant dans le hall vide. Son regard se porta aux escaliers un instant, mais elle se dirigea finalement vers la porte qu'elle entrouvrit, réalisant parfaitement que c'était un peu risqué de quitter le château et tout le groupe sans être certaine de retrouver Drago. Pourtant, elle ne mit guère de temps à le retrouver. A quelques mètres de la porte, il lui tournait le dos, son regard fixé sur la surface noire du lac où seul le reflet de la demi-lune trouvait sa place. Hermione avança légèrement, frissonnante à cause du froid et elle soupira :
« Je… J'ai menti. »
Il ne répondit rien, ne bougea pas, et elle inspira l'air glacial, son sang battant contre ses tempes. Elle se demandait si le problème venait de ce qu'elle avait dit, ce « Je ne suis pas amoureuse de toi » qui était sans doute le pire mensonge qu'elle ait osé prononcer. Elle pensait –ou du moins espérait- qu'il s'agissait bien de ça. Autrement, elle vivrait dans les prochaines minutes la plus grosse honte de son existence. Voyant qu'il ne disait rien et ne demandait même pas de quoi elle parlait, elle continua :
« J'ai menti quand j'ai dis que je… je ne t'aimais pas. Je ne l'aurais pas dit si je n'avais pas été saoule bien sûr… Mais c'est simplement parce que j'aurais eu trop honte de le dire, pas parce que je ne le pense pas. Je le pense ! Je pense que je t'aime… enfin, non, je ne fais pas que le penser, j'en suis sûre… »
Il ne disait toujours rien et, honteuse, elle sentit ses larmes brûler ses paupières avant de s'échapper de ses yeux. Puis la colère prit le dessus alors qu'elle se vexait complètement pour de bon.
« Ok… Ce silence répond amplement à ce que je viens de dire… Ouah… Moi qui pensais que tu aurais au moins le courage de dire quelque chose au lieu d'être… Lâche ! T'aurais même pu répondre : « Hermione, moi je ne t'aime pas du tout, je me moque complètement de toi »… ou… ce que tu veux. »
Elle tourna les talons en essuyant les quelques larmes qui lui avait échappé et découvrit que Viktor l'attendait dans le hall. Elle s'avança vers lui et bredouilla :
« Tu peux me ramener ?
- Où ça ?
- Chez toi.
- Ok, je vais prendre nos manteaux. » sourit Viktor, sentant qu'il n'avait plus de soucis à se faire.
Il s'éloigna pour entrer dans la petite salle où ils avaient tous déposer leurs vestes et Hermione resta en arrière pour l'attendre, n'ayant plus du tout envie de faire la fête ni même de devoir supporter des gens. Elle aurait voulu disparaitre et oublier les dernières minutes venant de s'écouler comme au ralenti. Elle ne s'était jamais senti aussi minable, aussi stupide. Puis une main se posa sur son épaule et elle se retourna pour faire face à un Drago au regard plus sombre que jamais. Il ouvrit la bouche, mais aucun mot n'en sortit. Mal à l'aise, il passa une main dans ses cheveux alors qu'elle le dévisageait.
« Quoi ? » finit-elle par lancer franchement, attendant qu'il dise une phrase, un mot, n'importe quoi.
Il ne dit pas un mot et se contenta de l'attirer vers lui pour l'embrasser, plaquant sa bouche avec une fougue trop longtemps contenue sur la sienne. Leurs souffles mêlés se heurtaient à mesure que leur baiser prenait de l'ampleur. A l'intérieur de la Grande Salle, la plupart des membres de l'Ordre s'étaient arrêtés de bouger pour les observer, tous surpris par la tournure des événements. Drago finit par lâcher Hermione pour reprendre son souffle et chuchota :
« Je… »
Le poing serré de Viktor Krum s'abattit violemment sur son visage et Drago tomba au sol, le nez en sang, alors que Viktor se tenait la main –apparemment cassée. Quelques unes des personnes évoluant dans la Grande Salle se rapprochèrent, Lux, Ginny et Pansy s'agenouillèrent auprès de Drago qui tentait de se relever, du sang coulant sur sa bouche et son menton alors que tous pouvaient voir la forme bizarre de l'arrête de son nez. Blaise se dressa face à Viktor et –détachant chaque syllabe- prononça :
« Toi, t'es mort… »
Hermione plaqua sa main contre le torse du métis qui s'était rapproché de Viktor avec l'intention évidente de lui arracher tous les membres un par un et soupira :
« Blaise, s'il te plait, ne complique pas les choses… Quant à toi (Elle se tourna vers Viktor) je peux savoir ce qu'il t'a pris exactement !? De vous deux, je ne pensais vraiment pas que tu frapperais en premier !
- Il t'embrassait ! »
Hermione secoua la tête avant de se tourner vers Drago qui se redressait, Lux ayant déjà guéri son nez fracturé. Viktor apposa sa main sur le poignet d'Hermione en un geste très possessif que la jeune femme ne supporta pas. Elle se dégagea de sa prise avant de fusiller du regard les deux hommes qui se faisaient face.
« Sérieusement, vous ne valez pas mieux l'un que l'autre… En fait, Drago, vu que tu en meurs d'envie… Vas-y, tu peux lui en foutre une toi aussi ! »
Elle quitta les lieux en arrachant son manteau des mains de Viktor, l'enfilant par-dessus sa robe en marchant dans la cours de Poudlard, s'avançant vers le portail qui la ferait sortir du domaine pour arriver à Pré-au-lard. Elle était déjà sur le chemin y conduisant que Drago arriva derrière elle en courant.
« Non mais tu es devenue dingue !? On est en guerre et tu te balades tranquillement comme ça ?!
- Lâche-moi un peu !
- Hermione… »
Il attrapa son poignet et l'attira vers son torse avec une violence qu'elle ne lui reconnut pas. Elle resta figée un instant avant de se mettre à frapper son torse sans qu'il ne fasse rien pour l'en empêcher. Elle s'arrêta finalement en voyant qu'il ne cillait pas et posa ses mains à plat contre son torse en tentant de retrouver un souffle correct alors qu'elle semblait en proie à une véritable crise d'angoisse. Elle finit par articuler :
« Je suis stupide…
- Hermione, je suis désolé, je…
- Tu n'as rien à te reprocher ! l'interrompit-elle brutalement. Tu as fait ce que tu sais si bien faire… Tu t'es amusé avec moi comme avec toutes les autres, à la seule différence que le jeu t'a diverti un peu plus longtemps que d'habitude.
- Tu sais parfaitement que je… »
Il cessa de parler en sentant que sa tête lui tourner. Il remarqua qu'Hermione aussi vacillait et comprit que ça n'avait rien à voir avec lui. Il perçut des pas dans son dos et un rire perçant qu'il reconnut facilement comme étant celui de sa tante Bellatrix. Puis il perçut l'ombre de Greyback qui enserrait Hermione. Le noir l'entoura et il s'évanouit.
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15 Février 2oo2. Cachots du Manoir Malefoy.
Lorsqu'Hermione rouvrit les yeux, il lui fallut de longues minutes pour réaliser qu'elle n'était pas dans un endroit où elle aurait dû être. Tout était sombre, glacial, une désagréable odeur de moisissure envahissait l'air qu'elle avalait en inspirant. Elle s'appuya sur ses mains pour tenter de se relever, ses doigts s'enfonçant dans une matière poisseuse. Elle mit quelques minutes de plus à distinguer chaque chose. A dire vrai, il n'y avait rien à observer. Il s'agissait là de simples cachots vides sans même une fenêtre pour tenter de s'enfuir. Puis il y avait Drago qui, appuyé sur l'un des murs, ses bras croisés contre son torse, la scrutait de l'autre bout de la petite pièce.
« Comment tu te sens ? Demanda-t-il au bout de longues secondes, comme s'il doutait lui-même d'avoir le droit de lui parler alors qu'ils n'avaient même pas eu le temps de se disputer comme ils le faisaient –c'est-à-dire avec une réconciliation à la clé.
- Où sommes-nous ? soupira Hermione pour seule réponse alors qu'il s'approchait d'elle.
- Manoir Malefoy.
- Tu peux… Tu pourrais, vu que tu connais l'endroit…
- Je connais hélas assez bien l'endroit pour savoir que l'on n'en sort pas, justement. »
Elle resta muette, mal à l'aise alors qu'il la dévisageait avec une telle intensité qu'elle imagina un instant qu'il puisse lui faire l'amour dans ces cachots alors que ce n'était ni l'endroit, ni le moment. Le regard devenu presque noir de Drago glissa de ses pieds à sa tête puis il retira violemment sa veste avant de déboutonner sa chemise. Elle crut qu'il devenait fou, mais il lui tendit finalement le tissu blanc en remettant sa veste.
« Enfile ça ! lui ordonna-t-il simplement.
- Quoi ? Pourquoi ?
- Ta robe s'est déchirée, lui apprit-il en désigna d'un geste la coupure qui partait du haut de sa cuisse au bas de la dite-robe. Et là aussi…
- Tu crois vraiment que c'est le moment pour une séance relooking ?
- C'est Greyback.
- Quoi ?
- C'et Greyback qui nous surveille depuis que nous sommes ici… C'est-à-dire depuis presque douze heures. Bellatrix doit être allée remplir une autre mission, mais en attendant, c'est Fenrir… Et Fenrir adore jouer avec ses victimes. Et depuis quelques heures, nous sommes ses victimes. Enfile ma chemise.
- Tu veux dire qu'il… qu'il… »
Elle n'arriva pas à le formuler. Le mot « torture » avait un sens. Mais Fenrir Greyback faisait pire que torturer ses victimes féminines. Ou du moins, pour Hermione, il s'agissait de quelque chose de mille fois pire. Elle claquait des dents et tremblait sans s'en rendre compte et il comprit que ce qu'il lui avait dit l'avait effrayé plus encore que l'affreuse situation dans laquelle ils se trouvaient tous les deux. Il n'y tint plus, ne pouvait la voir dans un tel état sans agir. Il la serra dans ses bras avec force pour l'empêcher de trembler. Hermione ne bougea plus pendant une minute puis ses bras s'enroulèrent autour du torse de Drago alors qu'il enfonçait son visage dans ses boucles brunes, humant ce parfum qui lui avait tant manqué ces derniers mois. Il aurait voulu lui dire maintenant qu'il l'aimait. Il l'avait dit lorsqu'elle était saoule bien sûr, mais c'était différent… Puis il allait le dire avant que le poing de cet imbécile de Krum ne l'envoie par terre. Cette fois, il aurait pu le lui dire sans être dérangé, mais une déclaration dans une telle situation avait-elle vraiment un sens ?
La porte de leur geôle grinça et Drago se détacha brusquement d'Hermione en lui glissant un petit objet dans la main, chuchotant à toute vitesse :
« Il a pris nos baguettes et cette pièce canalise nos pouvoirs. Il va falloir nous débrouiller sans magie. Il va falloir que tu sois forte…
- Je suis forte.
- Plus que d'habitude, Hermione. »
Il posa un rapide baiser sur son front avant de lui tourner le dos, se dressant entre elle et la porte. Elle ouvrit légèrement sa main pour y découvrir une vis assez longue, comme celles maintenant la porte pour qu'elle s'ouvre et se referme. Qu'était-elle censé faire avec une vis ? Elle ne put répondre à cette question que Greyback apparut avec un grand sourire.
« La Belle Endormie s'est réveillée ! Comment va-t-elle notre Miss Granger préférée ? »
Il faisait tournoyer sa baguette entre ses doigts aux ongles semblables à des griffes, menaçant. Il semblait ne pas voir Drago, trop alléché par ce que représentait Hermione qui serra les pans de la veste de Drago, comme pour ne pas laisser apparaitre trop de peau alors qu'avec sa robe désormais fendue, la veste ne pouvait rien cacher de plus. Au bout d'une minute de silence, à l'observer comme si elle n'était que du bétail, il remarqua enfin la présence de Drago auquel il adressa un immense sourire :
« Le fils Malefoy de retour dans son Manoir ! Comme c'est ironique... Surtout quand on sait comment a fini ce cher Lucius. Tué par son propre fils… Il y aura une Saga Familiale à écrire sur votre famille. Lucius qui donne des gouttes du mort vivant à son paternel atteint de la dragoncelle pour le faire mourir plus vite… Puis toi qui le tue… C'est un bon retour des choses, tu ne crois pas ? »
Drago resta silencieux, son corps tout entier dégageant une fureur qui –s'il avait eu une baguette en main ou avait pu utiliser la magie d'une quelconque manière- aurait sans doute fait pas mal de dégâts. Greyback parut vexé de ne pas obtenir de réponses et pointa sa baguette sur Drago. Le sortilège informulé de l'Endoloris laissa Drago de marbre. Ses poings se crispèrent légèrement, sa mâchoire également. Mais aucun cri ne sortit de sa bouche. Ce flegme sembla mettre Greyback en colère et Hermione retint son souffle avant de chuchoter :
« Montre que tu as mal… sinon il va te tuer…
- Pas bête la petite Granger ! s'esclaffa Greyback en regardant Hermione. Mais la mort de Drago est réservée à Bellatrix… Sa chère tante est impatiente de lui montrer comment on traite les traitres chez nous. Alors, on va se contenter d'un petit sort pour que je puisse m'amuser avec la jeune demoiselle sans être interrompu, d'accord ? Sectumsempra ! »
Le torse de Drago fut immédiatement strié et il s'écroula, son sang s'écoulant sur sa peau d'albâtre alors qu'il ne pouvait plus se défendre. Hermione resserra son poing autour de la petite vis. Elle ne cilla pas, son corps se remettant pourtant à se contracter violemment par à coups sous des tremblements d'une brusquerie inimaginable. Greyback s'approcha d'elle, la griffe de son majeur passant sur sa joue rose avec un sourire pervers et sadique prouvant qu'il s'amusait, que cette situation n'était pour lui qu'une vaste partie de plaisir.
« Comment vas-tu, petite Granger ? Tu vas voir, on va s'amuser toi et moi… »
Hermione cessa presque immédiatement de trembler lorsqu'il chuchota ces mots. Sans qu'il ne s'y attende, elle le repoussa avec force et se mit à courir vers la porte qu'il avait laissée ouverte. Elle ne put l'atteindre que son corps fut brusquement poussé en avant et elle bascula tête la première, son nez se fracassant sur les pierres constituant le sol. Elle fut retournée, Greyback au dessus d'elle ayant apparemment décidé de passer aux choses sérieuses et de laisser tomber la douceur. Une première gifle désarçonna Hermione dont le poing se resserra sur la vis.
« Tu n'aurais pas dû être méchante avec moi, petite Granger… »
Hermione sentit la main de Greyback fureter le long de sa cuisse et en un geste d'auto défense instinctif, elle saisit la vis et –fermant les yeux- l'envoya, poing serré, vers le visage de Greyback. Un hurlement retentit et Hermione se sentit obligé d'observer ce qu'elle avait touché. La vis était profondément enfoncée dans l'œil gauche du loup garou qui criait toujours. Hermione resta figée quelques secondes avant de se lever, courant vers la porte.
Elle se retrouva dans un couloir et se remit à courir, se demandant de quelle façon elle allait pouvoir aider Drago désormais. Elle comprit rapidement que les cachots du manoir Malefoy étaient un réel labyrinthe constitué de dizaines de cellules. Le cri de douleur de Greyback résonnait toujours et elle devina qu'il ne mettrait pas longtemps à revenir vers elle pour la tuer cette fois. Elle s'adossa à un mur, ses jambes comme faites de cotons ne la supportant plus. Il lui fallait une arme. Et vite.
Son regard se posa inévitablement sur l'une des décorations étranges des couloirs : des boucliers gravés de serpents… et des épées. Elle hésita à peine une seconde avant de s'approcher de l'une d'elle et tira de toutes ses forces sur la poignée d'argent jusqu'à réussir à l'arracher du mur où elle était accrochée. L'épée semblait peser des tonnes entre ses mains et elle eut du mal à la soulever complètement. Lorsqu'elle y parvint, elle n'hésita plus. Qu'avait dit Drago déjà ? « Il va falloir que tu sois forte. » ? Elle le serait. Pour lui au moins.
Alors qu'elle marchait, l'épée dans les mains, elle dressa un plan infaillible dans son esprit. Un plan qui les sauverait tous les deux. Un plan qui ne comptait pas forcément sur la mort de Greyback, mais elle sentait qu'elle devait le tuer. Elle ne pouvait faire autrement. Il l'avait touché. Il avait blessé Drago. Il avait fait du mal à bien d'autres. Elle tenta de se rappeler de tous les moments où Greyback avait été présent lors des combats et avait fait souffrir tant de gens pour que sa haine surpasse sa peur.
« Et bien, la petite Granger a une épée maintenant ? railla Greyback, la vis toujours enfoncée dans son œil béant et purulent qui l'empêchait de très bien voir. Que vas-tu faire de ce joujou la belle ? Pose ça, tu pourrais te blesser ! »
Hermione resta à un mètre à peine de lui, épée en main. Ses doigts tremblant au départ étaient désormais fermes autour de la poignée d'argent. Elle était prête. Pourtant Greyback semblait toujours amusé, comme s'il doutait qu'elle fut capable de faire une telle chose. Drago était allongé contre le mur, son visage de plus en plus pâle alors qu'il se vidait de son sang. Hermione inspira profondément et appela d'une voix forte et claire, comme l'avait fait Ginny plus d'un an auparavant :
« Dobby ! »
L'elfe de maison apparut près de Drago et Greyback tourna la tête. Ce fut à cet instant précis qu'Hermione décida d'agir alors que le loup-garou pointait sa baguette vers l'elfe de maison. Il aperçut l'éclat brillant de l'épée dans les immenses yeux globuleux de Dobby, mais n'eut pas le temps de se pousser ou même de comprendre ce qui allait lui arriver, qu'Hermione leva son épée sur lui et d'un geste précis et violent, le coupa en deux, séparant sa tête et son côté droit –épaule et bras- du reste de son corps. Sans prendre le temps d'admirer son œuvre, Hermione courut vers Dobby, serra la main de Drago et ordonna à l'elfe de les emmener loin de cet endroit.
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16 Février 2oo2. 12 Square Grimmaurd.
Hermione était allongée sur son lit, son regard encore assombri par ce qu'il s'était passé la veille. Elle n'avait pu trouver le sommeil et avait fini par rejoindre Drago dans le lieu de l'infirmerie à Poudlard où Madame Weasley l'avait forcé à rester allongé le temps que toutes ses blessures se remettent. Mais Hermione n'était pas restée aussi longtemps qu'elle le souhaitait, Viktor Krum lui ayant rendu une petite visite où elle avait définitivement rompu avec lui, sans lui donner de réelles explications bien que le nom de Drago plane dans l'air. Elle se moquait de ce que les gens pensaient après tout. Elle avait juste besoin d'un peu d'air désormais, de solitude peut-être. Mais surtout pas d'un petit ami jaloux ou d'un amant colérique. Elle avait passé l'après-midi avec Jude et Lucas après avoir proposé aux parents de ces deux derniers de vaquer à leurs occupations pendant qu'elle s'occupait des deux bambins qui lui avaient au moins permis de penser à autre chose pendant quelques heures.
Mais maintenant qu'elle se retrouvait à nouveau seule dans sa chambre, elle sentait qu'elle avait besoin de voir si Drago allait mieux, s'il comprenait la barbarie dont elle avait soudain fait preuve au Manoir Malefoy, si elle ne le dégoûtait pas. Elle avait besoin de se sentir à nouveau proche de lui comme lorsqu'il l'avait enlacé dans les cachots, scellant son corps au sien alors que tout semblait perdu.
Hermione releva brusquement la tête lorsque la porte s'entrouvrit et les battements de son cœur s'accélèrent légèrement lorsqu'elle reconnut Drago. Le jeune homme lui adressa un vague sourire avant de lui demander s'il pouvait entrer –depuis quand posait-il la question ?- et elle acquiesça simplement. Il referma la porte derrière lui et après s'être balancé un instant d'un pied sur l'autre comme s'il était gêné, il murmura :
« Merci beaucoup… pour… Pour ce qu'il s'est passé dans les cachots avec Greyback. Tu m'as sauvé la vie alors…
- Tu as été stupide de…
- Je savais que tu t'en sortirais, coupa-t-il simplement. Je savais que tu trouverais une solution d'urgence quitte à… décapiter Greyback. Même si j'avoue que je n'avais pas du tout pensé à l'éventualité d'une décapitation de ta part ! Mais toi, tu vas bien ? »
Elle acquiesça simplement, ses joues rougissantes légèrement alors qu'elle sentait parfaitement qu'il y avait autre chose que d'habitude dans leurs silences. Il s'approcha un peu d'elle et resta debout auprès du lit, son regard s'étant éclairci depuis son réveil, comme si ce repos lui avait fait du bien. Il se pencha en avant et elle ne recula pas. Les lèvres de Drago frôlèrent son front, puis il chuchota simplement :
« J'ai eu vraiment peur pour toi… »
Elle releva la tête vers lui, son regard brun se perdant dans l'argent de ses pupilles à lui.
« Moi aussi… pour… toi… »
Elle réalisa en disant ces mots qu'en effet elle ne s'était pas vraiment battue pour sauver sa vie. Non, elle avait simplement voulu sauver celle de Drago alors qu'il se vidait de son sang auprès d'elle. Elle avait voulu le sauver. Avait tué pour ça. Tué de la manière la plus abominable qui soit avec un malsain plaisir de vengeance qu'elle ne contrôlait pas. La main de Drago glissa sur sa nuque et elle le laissa faire alors qu'il posait sa bouche sur la sienne. Elle réalisa qu'elle tremblait. Non pas de peur, mais de désir. Depuis combien de temps n'avait-elle pas ressenti ça ? La réponse lui sauta aux yeux : depuis leur dernière nuit ensemble sans doute. Alors ses mains se placèrent sur les avant-bras de Drago qu'elle attira vers elle jusqu'à ce qu'il soit allongé sur le lit. Elle avait besoin de trembler de plaisir encore un peu… Au moins pour une nuit.
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1er Avril 2oo2. 12 Square Grimmaurd.
Hermione se recroquevilla sous ses couvertures en frissonnant. Elle était restée dans son lit toute la matinée et n'arrêtait pas de trembler malgré elle, alors que le printemps remplaçait déjà l'hiver depuis quelques jours. Elle avait l'impression d'avoir avalé un mets pas frais alors que personne d'autre n'était malade dans la maison. Molly lui avait donné une potion et l'avait forcé –sans avoir à beaucoup insister- à rester au lit, et depuis elle était étalée comme une crêpe sur son matelas humide de transpiration. Elle passa sa main contre son front alors que la porte de sa chambre s'entrouvrait, Ginny sautant sur son lit –parfois incroyablement immature si bien qu'Hermione se demandait comment elle pouvait être mère et surtout avoir la moindre autorité sur le Jude d'un an et demi un peu trop dissipé.
« Tu vas mieux ?
- Mouais… grogna Hermione pour seule réponse. C'est quoi cette odeur ? »
Ginny sortit quelque chose de derrière son dos, telle une magicienne faisant apparaitre un lapin dans son chapeau. Mais cette fois, il ne s'agissait pas d'un animal tout mignon, mais d'une assiette d'œufs et de bacon. L'odeur seule souleva l'estomac d'Hermione qui sauta du lit en courant et quitta sa chambre pour se réfugier dans la salle de bain. Ginny resta figée un millième de secondes sous le coup de la surprise : depuis quand ce parfum si alléchant plein de graisse –et donc forcément excellent au goût- pouvait donner des nausées à qui que ce soit. Puis, le mot « nausée » résonna plusieurs fois dans l'esprit de la rouquine qui fit disparaitre l'assiette du petit déjeuner qu'elle avait préparé elle-même pour sa meilleure amie avant de la rejoindre dans la salle de bain, se doutant désormais de ce qu'il se passait exactement.
Hermione était en train de se rincer la bouche et de passer un peu d'eau sur son visage légèrement bouffie quand elle remarqua le regard tracassé de sa meilleure amie qui referma soigneusement la porte dans un soucis d'intimité obligatoire en de telles circonstances. La rouquine inspira à fond avant de lancer, en parlant très très vite comme pour que cette conversation ne dure pas trop longtemps.
« Tu as couché avec Krum dernièrement ?
- Non ! s'exclama Hermione en se retournant, l'air choqué par cette question car Ginny elle-même avait annoncé ne jamais vouloir entendre parler de ce qu'elle faisait avec Krum. Non, pas depuis… des mois…
- Ok… alors… alors ça va, y'a aucun problème, souffla Ginny, l'air soulagée. J'étais déjà en train d'imaginer un mini Krum en train de gambader partout et c'était quasi apocalyptique comme vision !
- De quoi tu parles ?
- Quand j'étais enceinte, l'odeur du parfum de Fleur me rendait simplement malade, comme toutes les fragrances un peu trop fortes… C'était assez désagréable… Et j'ai cru… Enfin, tu vois quoi ! Mais, merci Merlin, ce n'est pas cas ! »
Hermione se figea, son expression changeant du tout au tout alors que –déjà très pâle- elle devenait quasi translucide si bien qu'elle aurait facilement pu se faire passer pour un vampire. Elle s'accrocha au lavabo pour ne pas faillir alors que des bribes de souvenirs d'une nuit certes fantastique, mais unique qui ne devait plus jamais être vécue à nouveau, lui revenaient. Ginny s'approcha d'elle, inquiète face à cette amie muette qui semblait ne plus respirer. Lorsqu'elle réussit à ouvrir la bouche, ce fut pour haleter :
« Je… je n'ai pas couché avec Krum depuis janvier… Mais… Mais j'ai passé une nuit avec Drago après toute cette histoire au manoir… »
Ginny bégaya quelque chose qu'Hermione ne comprit pas mais dont elle saisit l'intention –une insulte sans nul doute, et grimaça finalement avant de s'appuyer contre la porte, aucun mot ne pouvant expliquer ce qu'elle pensait à l'instant même alors que tout le monde semblait ne plus du tout tourner rond. Ce n'était pas le programme ça, un enfant Malefoy/Granger ! Ce n'était pas du tout, mais alors pas du tout prévu ! Elle ne pouvait y croire. Mais elle dut bien se rendre à l'évidence alors que, même après plusieurs minutes d'un silence lourd de sens, sa meilleure amie n'ajoutait pas « T'inquiètes, Gin', je plaisantais ! Poisson d'Avril ! »…
« Drago et toi, vous avez remis ça ?
- Oui, enfin juste une fois… Juste une… enfin… une nuit avec plusieurs fois comme d'habitude… Mais je… je ne savais pas ce que je faisais, la situation avait été si lourde, si intense en émotions de toutes sortes et… J'avais besoin d'être avec lui… de… Je ne sais pas ce qu'il m'a pris exactement… J'avais juste envie de lui…
- Et tu n'avais pas ta baguette sur toi ? Ou lui la sienne ? Hermione, voyons, tu sais parfaitement que dans votre relation, une protection est obligatoire étant donné que vous n'êtes même pas un vrai couple ! Je… Je sais parfaitement que vous êtes… enfin… ça pourrait tout gâcher !
- Gâcher quoi ? répéta Hermione sans comprendre ce que cette grossesse pouvait gâcher en dehors de toute sa vie.
- Entre Drago et toi ! Ça va… ça va l'obliger à être avec toi… il va se sentir forcé et vous… »
Hermione comprit ce qu'elle voulait dire sans que Ginny ne finisse sa phrase, craignant que sa meilleure amie prenne ses divagations trop à cœur. Mais Hermione savait ce que Ginny voulait dire. Drago était un homme d'honneur, élevé dans certaines traditions auxquelles –même s'il en avait renié un certain nombre en couchant avec elle par exemple- tenait sans doute à certaines d'entres elles… Elle savait qu'il ne l'abandonnerait pas alors que cet enfant était aussi le sien. Enfant… Ce mot résonnait étrangement aux oreilles d'Hermione qui avait du mal à croire cela possible.
Elle n'avait jamais imaginé avoir d'enfant, elle devait se l'avouer. Elle aimait ceux des autres, mais l'idée d'en avoir un à elle et de devoir s'en occuper toute sa vie était une chose qui ne l'avait jamais tenté. Et désormais, alors qu'elle imaginait qu'elle était enceinte de Drago, c'était encore pire. Bien évidemment, si quelqu'un lui avait proposé avant qu'elle tombe enceinte « Viktor Krum ou Drago Malefoy ? », son choix se serait immédiatement porté sur Drago. Mais elle ne voulait pas d'enfant… Ce monde était si complexe, si sombre, si effrayant au fond. Pour elle, avoir un enfant maintenant était une façon stupide de mettre sa vie encore plus en danger –même si elle ne l'aurait jamais avoué à ses amies qui elles avaient déjà des fils.
« Comment tu pourrais le dire à Drago pour qu'il le prenne bien ? songea Ginny en abordant sa mimique « spécial réflexion intense ».
- Je… Je ne vais pas lui dire… »
Ginny planta si violemment son regard dans le sien qu'Hermione songea un instant qu'elle aurait pu la crucifier sur place.
« Tu n'es pas en train de penser à… ce que je pense que t'es en train de penser ? » Articula la rouquine, toujours aussi loquace dans les situations d'urgence.
Hermione ne prit même pas la peine de répondre et s'avança vers la porte, Ginny se poussant mécaniquement pour la laisser passer, un nœud s'étant formé dans sa gorge. Hermione se réfugia dans sa chambre, réalisant que ses nausées avaient disparu pour laisser place à un étrange sentiment de frustration. Non, elle ne pensait pas vraiment à ce Ginny craignait : l'avortement. Dans une situation comme la sienne, c'aurait été la solution de facilité synonyme d'une grande lâcheté, défaut qui n'entrait pas dans ses cordes. Mais elle avait juste besoin d'un peu de temps… Un peu de temps pour arriver à gérer les mots qu'elle devrait prononcer au futur père, homme qu'elle arrivait hélas trop facilement à imaginer père, à gérer aussi ces battements frénétiques de son cœur alors qu'elle n'arrivait pas encore à réaliser ce que tout ça voulait dire… Enceinte, d'accord. Mais elle ne pouvait analyser ce mot dans son ensemble et se dire : « Si je suis enceinte, c'est que je vais être mère »…
Non, le mot « enceinte » avait peut être un sens, mais le mot « mère » n'en avait absolument aucun !
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o1 Juin 2oo2. 12 Square Grimmaurd.
Ginny entra comme une furie, Lux et Pansy sur les talons, dans la chambre d'Hermione, cette dernière étant en train de préparer son sac à dos pour la mission qui l'attendait. Elle partirait avec Harry, Ron et Remus elle ne savait pas encore où, mais dans un endroit où –apparemment- il faisait froid. Elle avait prévenu Lux, Pansy et Blaise de sa grossesse –ou plutôt, Ginny l'avait laissé entendre à Lux, Pansy l'avait compris et elle l'avait dit à Blaise. Lux avait eu une réaction légèrement exagérée, poussée dans l'extrême bonheur dans lequel elle se palmait depuis la naissance de son fils, et Pansy avait prononcé le mot « avortement » mille fois en trop peu de temps ce qui avait donné à Hermione des envies de meurtres. Et voilà qu'elles étaient toutes dans sa chambre, mains sur les hanches, apparemment en train d'imaginer un plan d'attaque visant soit à lui faire du mal –possibilité qu'Hermione n'envisageait pas, soit à la forcer de rester –là ça lui paraissait plus logique.
« Peut-on savoir à quoi tu joues, Granger ?! Lança froidement Pansy, qui ne l'avait plus appelé 'Granger » depuis trois bonnes années.
- Je prépare mon sac, Parkinson !
- Et puis-je savoir pourquoi, espèce de petite sotte ?! Ce n'est pas parce que je t'ai dis que selon moi l'avortement était la meilleure solution…
- Solution qui n'en est pas une car il n'y a pas de problème ! l'interrompit Lux avec une grimace menaçante.
- Là n'est pas la question ! Tu sais très bien que tu ne devrais pas partir en mission ! s'écria Ginny en ne souhaitant pas que les deux autres recommencent à se chamailler. C'est dangereux ! Tu sais parfaitement que tu n'es pas en état et que ce serait stupide… Si tu ne tiens pas à la vie de cet enfant, pense au moins à la tienne. »
Le regard que lui lança Hermione à l'instant même où cette phrase sortit de sa bouche aurait pu même tétaniser un Malefoy tant il fut froid, assassin, à la limite du mépris. Ginny baissa immédiatement les yeux, si mal à l'aise qu'elle pria un instant pour qu'un immense trou noir l'absorbe et la fasse disparaitre jusqu'à ce que les battements de son cœur ralentissent. Lux n'osa pas non plus ouvrir la bouche, alors Pansy – devenue insensible aux regards de ce genre depuis des années à côtoyer Drago- prit les choses en main.
« Hermione, nous savons toutes les trois que ce n'est pas facile, mais tu sais comme moi que tu ne peux pas t'en aller. Nous nous blessons tous pendant des missions et si tu avais un problème lié à ta grossesse ou un quelconque souci qui en causerait à votre enfant, tu t'en voudrais… Et… Et Drago t'en voudrais.
- Je croyais que Drago ne voudrais jamais entendre parler de ce bébé, répliqua sèchement en répétant exactement ce qu'avait dit Pansy quelques jours plus.
- Je… Je me suis trompée, ça m'arrive même à moi ! Drago ne voudrait entendre parler d'un enfant quelconque qu'il aurait avec une fille quelconque. Mais tu n'es pas une fille quelconque à ses yeux. Alors… Alors peut-être qu'il faudrait que tu le préviennes et qu'ensemble, vous fassiez un choix. Tu ne crois pas que ce serait une bien meilleure solution que d'aller te perdre tu-ne-sais-où avec tous les dangers que cela comporte ? »
Hermione aurait pu flancher à cet instant, accepter de rester et d'obéir à Pansy… Mais elle n'en était pas capable. Elle n'avait pas encore trouvé la bonne formulation de cette annonce qu'elle devrait faire à Drago et ne pouvait le prévenir sans avoir tout organisé dans son esprit, sans même savoir ce qu'elle voulait faire avant toute chose. Alors elle referma son sac à dos plein et le hissa sur ses épaules avant de quitter sa chambre. Les trois autres échangèrent des regards désolés avant de la suivre.
Lux s'heurta à Drago dans le couloir et celui-ci leur adressa un vague « bonjour » peu enthousiaste. Brusquement, Pansy s'accrocha à son avant bras, enfonçant presque ses ongles dans sa peau sous les coups d'œil désormais angoissés de Lux et Ginny qui craignaient manifestement que Pansy crache le morceau. Pourtant, celle-ci se contenta d'ordonner à son meilleur –alors que personne ne donnait jamais d'ordres à Drago Malefoy :
« Tu vas aller en mission avec Hermione ! »
Drago haussa un sourcil avant de sourire, railleur et toujours désagréable comme à chaque fois qu'il devenait ironique :
« Tu veux que je parte en mission avec une Hermione qui ne m'a pas adressé la parole depuis ce fameux matin où elle m'a carrément dit que notre relation ne mènerait à rien, Potter et Weasmoche –désolé les filles- qui me haïssent toujours autant et Remus Lupin qui a beau être gentil et avoir de longues conversations avec moi, se tait à chaque fois que les deux autres zigotos lui montre à quel point à ça les gêne ? C'est bien ça que tu me demandes ? (Pansy acquiesça avec fougue.) Ouais… ça pourrait être marrant d'avoir l'occasion de tuer les deux abrutis en faisant passer ça pour un accident ! (Lux et Ginny le fusillèrent du regard.) Ou pas… Ou je pourrais être gentil et doux comme une licorne ! Enfin, de toute façon, quoi de mieux qu'une mission suicide pour s'éclater dans la vie ?!
- Génial ! S'enthousiasma Pansy avec un grand sourire –assez rare donc effrayant sur son visage. Va vite préparer tes affaires ! »
Drago lui jeta un coup d'œil soupçonneux, comprenant sans peine qu'il y avait quelque chose qui clochait mais –sachant que même sous la torture, elle n'avouerait rien, il tourna les talons et regagna sa chambre pour faire son sac. Pansy se tourna vers les deux autres et commanda :
« Ginny, tu vas parler à Harry, lui dire de faire attention à Hermione, mais tu ne lui racontes absolument pas cette histoire d'enfant sinon je crois que Drago va se retrouver avec quelques membres en moins ! Lux, toi tu vas prévenir Remus… Et tu lui dis tout.
- Tout, tout ? balbutia Lux, surprise.
- C'est le seul qui risque de bien réagir. Il protégera Hermione un maximum et fera en sorte qu'il ne lui arrive rien. De plus, contrairement à vos idiots d'époux, il n'ira pas tout répéter à Drago avant de l'étrangler et il fera en sorte d'être discret au près d'Hermione dans sa surveillance… Allez-y ! BOUGEZ ! »
Lux et Ginny obéirent en un sursaut avant de se presser d'accomplir leur tâche et Pansy secoua la tête avec un air qui semblait dire : « Heureusement que je suis là tout de même ! ».
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o5 Juin 2oo2. Groenland - Au milieu de nulle part…
Tremblante de froid, Hermione marchait légèrement au ralenti par rapport aux quatre hommes, bien que Remus restait assez proche d'elle, comme pour la surveiller et lui demandant un peu trop souvent comment elle se sentait –associé parfois à quelques questions sur l'endroit où ils se trouvaient exactement. Hermione ne comprenait toujours pas exactement pourquoi ils se trouvaient là, simplement parce que Trelawney avait parlé d'une surface glaciale où ils trouveraient un Horcruxe, d'un arbre en forme de Saule mais qui n'en était pas un et de gens qui parlaient le Groenlandais –ce à quoi Hermione avait failli répliquer : « Et vous parler Hongrois aussi peut-être ? »… Mais elle avait eu besoin d'un peu d'air frais –ou plutôt glacial vu l'endroit, projet étant tombé à l'eau dès que Drago s'était imposé. Lui et Harry et Ron n'avaient cessé de se quereller pour tout et n'importe quoi, Remus jouant parfois l'arbitre mais laissant tomber au bout d'un moment en comprenant que c'était parfaitement inutile.
Hermione, elle, n'avait pas lâché le plan depuis qu'un vieillard leur avait indiqué l'arbre dont ils parlaient, arbre qui se situait apparemment au centre même d'une calotte glaciaire qui était devenue plus fragile avec les changements de température de cet été bien spécial. Ils marchaient depuis une bonne heure sur cette même calotte, observant parfois quelques creux –si bien qu'Hermione ne pouvait s'empêcher d'imaginer qu'un poisson pourrait en sortir en un bond, comme dans les documentaires où les ours les attrapaient. Le problème de cet arbre –qu'elle ne pensait pas réel- tenait au fait qu'ils auraient dû s'en rapprocher et qu'elle ne voyait toujours rien.
« Hermione, comment te sens-tu ? demanda soudainement Remus pour la vingt-sixième fois –selon les calculs de la jeune femme.
-Aussi bien qu'il y a dix minutes en dehors du fait que je suis quasi certaine qu'inhumain ou non, Lord Voldemort ne serait pas venu se perdre dans un tel froid juste pour cacher un Horcruxe ! Et puis a-t-on déjà entendu parler d'un voyage de sa part au Groenland, sérieusement ?
- Non, en effet… Je n'y crois pas beaucoup non plus. Mais si Sybille a rêvé de cet arbre, il y a bien une raison !
- Cet arbre n'existe pas ! répliqua froidement Hermione en posant sa main sur son ventre qui lui faisait étrangement mal depuis le début de la journée.
- Hermione… Commença Remus en percevant son geste. Tu es sûre que ça va ?
- Oui… Je… Je ne supporte pas beaucoup le froid, voilà tout… mentit-elle avant de voir que son regard était posé sur la main qu'elle avait instinctivement portée à son ventre. Qui vous l'a dit ?
- Lux. Mais je le savais déjà grâce à mon odorat de loup-garou. J'estimais juste que tu nous en parlerais lorsque tu le souhaiterais… Je ne le dirais pas à Drago… ni à qui que ce soit d'autre, ne t'inquiète pas. Néanmoins, je ne trouve pas ton comportement très sérieux, et si j'avais pu en parler au professeur Dumbledore sans me sentir un peu traitre… Je l'aurais fait.
- Je suis enceinte, pas malade… et… Vous pensez franchement que des Mangemorts viendraient s'aventurer jusqu'ici ?!
- Pas les mangemorts. Mais le froid est bien présent !
- Je suppose que les gens se reproduisent ici aussi !
- Mais leur corps est habitué à ce froid… Ne joue pas à l'idiote avec moi, je sais que tu es parfaitement au courant des risques que tu prends actuellement. Tu ne veux juste pas admettre que tu es enceinte… Tu n'es pas la première à refuser de le voir et à te comporter comme si tout était toujours normal… Lily a fait la même chose, jusqu'à que James lui ordonne de rester chez eux et de cesser de jouer à la femme forte et sans doute un peu… égoïste. De plus, même sans ce froid, une grossesse n'est pas quelque chose à prendre à la légère… Beaucoup de facteurs entre en compte dans la formation de l'enfant. Mais ça aussi tu le sais ! »
Elle acquiesça simplement, mais n'eut pas le temps de répondre que les bribes d'une dispute leur parvint, Drago et Harry s'étant dressés l'un et l'autre de chaque côté d'une barrière invisible à une bonne centaine de mètres devant, Ron prenant bien évidemment le parti d'Harry. Remus secoua la tête avant de soupirer :
« Néanmoins, je ne peux que comprendre que tu ne veuilles pas l'annoncer à ces trois gamins ! Je m'en occupe ! »
Il accourut alors vers eux alors qu'elle se remettait à avancer à une allure d'escargot, son regard fixé sur la carte. Elle fronça les sourcils en réalisant que l'arbre aurait du se trouver à peu de choses près à l'endroit où elle se trouvait. Elle leva les yeux vers les quatre hommes qui semblaient en pleine dispute et ne faisaient plus du tout attention à elle et marmonna une insulte. Elle avança encore de quelques pas avant de s'arrêter en chuchotant pour elle-même :
« Juste là… ça devrait être, juste… »
Elle n'eut que le temps d'entendre un sombre craquement sous elle et fut soudainement aspirée dans ce trou, dans cette glace trop fragile. Elle ne put même pas crier que son corps fut encerclé par de l'eau si froide, si glaciale, qu'elle eut l'impression de ne plus sentir son corps. Même ses pensées finirent par s'évanouir alors que ces pics de glace meurtrissaient sa peau. Elle songea que se faire presser par des rouleaux de glaces devaient provoquer à peu près la même sensation.
Au dessus de la glace, les trois hommes continuaient à se chamailler, Remus ayant apparemment saisit qu'il s'agissait d'une histoire de répartition des tâches. Puis aussi brusquement qu'il avait commencé à crier, Drago se tut, un nœud enserrant sa gorge alors que son regard parcourait la surface quasi plane de glace. Puis il aperçu nettement ce papier qu'Hermione avait laissé tomber dans sa chute, sa carte… Puis ce trou à côté. Pendant un millième de seconde, son cœur parut se bloquer dans son torse, puis son cerveau se mit à fonctionner à une allure folle alors qu'il ordonnait d'une voix si forte qu'elle en trembla :
« Faites un feu ! Maintenant !
- Un feu ? On est sur la glace, pauvre crétin ! » répliqua Ron.
Mais Drago n'écoutait même plus et balança son sac au dos au sol, baguette en main, les trois autres réalisant brusquement ce qu'il se passait alors que Drago lançait un sortilège de protection autour de lui, le plus puissant qu'il connaisse, avant de plonger dans l'eau gelée. Dans sa bulle même, il fut balloté violemment, se cognant parfois contre des morceaux de glace. Il finit par hurler un « accio sac » en priant pour que celui d'Hermione soit toujours accroché à son dos car il lui était impossible de voir quoi que ce soit dans cette eau rendue noire à cause du manque de lumière. Pourtant, la glace se mit à fondre au dessus de lui et il commença à y voir plus nettement alors qu'Harry, Ron et Remus lançaient mille sortilèges visant à faire disparaitre tout cette glace.
Enfin, Drago aperçu ce sac à dos rouge et nagea vers lui, saisissant une Hermione qui semblait ne plus respirer. Il transplana, réapparaissant sur le petit espace qu'avaient conservé les trois autres, et posa le corps d'Hermione sur la glace, Remus tentant de la réchauffer grâce à des sorts tout en sortant l'eau qui avait empli ses poumons, sous les regards angoissés des trois jeunes hommes. Hermione se remit à respirer au bout d'une longue minute, recrachant l'eau de sa bouche sans pour autant ouvrir les yeux.
« On rentre… Annonça froidement Remus.
- Quoi ? Attend, il faudrait plutôt qu'on reste ici et qu'on plante la tente pas très loin pour bien s'occuper d'Hermione avant de penser à la déplacer ! Ça pourrait être…
- J'ai dit qu'on rentrait.
- Mais Remus…
- Elle est enceinte et je suppose qu'aucun de vous ne connait des sortilèges permettant d'évaluer l'état de santé de son enfant, alors on rentre ! »
Harry et Ron se tournèrent mécaniquement vers Drago qui, trempé jusqu'aux os, ne sembla plus respirer du tout.
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12 Juillet 2oo2. 12 Square Grimmaurd.
Hermione battit plusieurs fois des paupières avant de comprendre que la chose blanche et noire qu'elle voyait à quelques mètres d'elle et qui chantonnait était simplement son meilleur ami, Harry qui berçait tranquillement le petit Jude d'un an et demi qui voyant qu'Hermione ouvrait les yeux, pointa son doigts sur elle en braillant un « Tata Mione ! » des plus explicites. Harry leva la tête vers Hermione avec un immense sourire avant de poser sa main sur la sienne par-dessus le drap. La jeune femme avait le sentiment d'avoir passé des mois allongée là tant ses muscles étaient endoloris. C'était comme si le Magicobus s'était amusé à lui rouler dessus quinze fois d'affilé avant que le chauffeur ne se dise « bon, ça va, elle est assez amochée ! », mais non, aucun bus ne lui avait roulé dessus, c'était simplement des rouleaux d'eau glacée qui l'avait heurté à n'en plus finir.
« Qu'est…ce… »
Elle tenta de parler avant de réaliser qu'Harry ne comprendrait sans doute rien à ce qu'elle dirait tant sa voix était brisée, rauque et basse. Harry grimaça avant de se lever, posant Jude sur le fauteuil, le bambin tendant ses bras vers sa 'tata' comme il le disait qui ne sentait plus son corps et ne pouvait donc pas accéder à sa demande. Harry revint avec une petite potion et lui fit ouvrir la bouche pour qu'elle l'avale. Sa gorge brûla, comme en feu, mais elle comprit qu'elle pouvait à nouveau parler.
« Qu'est… ce qu'il s'est passé ? demanda-t-elle finalement avec une voix étrange qui ne semblait pas être la sienne.
- Tu es tombée, la glace s'est cassée quand tu étais dessus et… Malefoy a plongé, on a fait un feu et on t'a ramené ici…
- Depuis… combien de temps ?
- Cinq semaines, grimaça-t-il en réalisant quel choc ça devait être d'avoir un tel blanc dans une vie. Au départ, tu étais dans une sorte de coma… Puis tu as recommencé à bouger, à marmonner des trucs en dormant… »
Hermione glissa mécaniquement sa main sur son ventre qu'elle trouva étonnamment rond. Un soupir de bien être lui échappa. Elle avait cru un instant l'avoir perdu… Après tout, avec cinq semaines de coma, rien n'aurait été plus normal. Puis, son bonheur disparu lorsqu'elle réalisa qu'ils devaient être tous au courant de sa grossesse. Harry perçut facilement son angoisse.
« Elle va bien…
- Elle ?
- C'est une fille… Tu ne voulais peut-être pas le savoir ?
- Ça n'a aucune importance… Tu… Comment…
- Aucun problème, Hermione. Enfin, j'ai appris que tu pouvais toi aussi être totalement stupide et inconsciente et faire des choses qui mettent ta vie en danger… Ce qui était un soulagement en fin de compte, étant donné que je pensais être le seul à risquer ma vie bêtement. Quoi que contrairement à toi, je ne fais pas prendre de risques inutiles à mon enfant, mais…
- C'est ta manière à toi de dire que tu n'approuves pas ce que j'ai fait ? sourit-elle finalement.
- Oui. Tu aurais pu nous le dire… Quoi que j'aurais aussi pu le comprendre quand Ginny m'a sorti tout son baratin par rapport à toi et au fait que je devais bien faire attention, mais je n'ai pas pensé à cette possibilité. Tu as été vraiment idiote sur ce coup là, et ça t'a enlevé cinq semaines de grossesse… Enfin, tu nous auras permis de ne pas avoir à te supporter pendant ta période hormonale.
- Ma quoi ?
- Tu sais, la période où Ginny n'arrêtait pas de se disputer avec tout le monde et m'insultait souvent en disant que –je cite- « tout ça c'était de ma faute ! » comme si je lui avais fait un enfant sans la consulter au préalable ! Remarque, c'était aussi la période où… Enfin, c'était aussi une période intéressante ! »
Ses joues se colorèrent légèrement et Hermione pouffa, comprenant parfaitement ce qui avait été intéressant aux yeux d'Harry pendant cette période justement. Elle tripota légèrement son ventre, s'amusant de ses doigts à créer deux jambes qui se baladaient sur la surface ronde comme pour en estimer la taille. Jude rit et tendit à nouveau les bras vers son Hermione, Harry le soulevant et le posant sur le lit où le bambin s'assit avec un air étrangement spirituel.
« Alors… Ron et toi, vous ne m'en voulez pas ?
- Pourquoi on t'en voudrait ? D'accord, le père n'est pas le type qu'on préfère dans l'univers… Mais on a fait une liste de bons et de mauvais côtés et on a réalisé qu'il valait bien mieux que ce soit Malefoy et non Krum.
- Pourquoi ?
- Premièrement, ta fille sera magnifique avec de tels gènes donc Jude ou Lucas aura rapidement une petite amie officielle. D'ailleurs, Madame Weasley est déjà en train en train d'organiser un mariage. Ta fille aura le choix… Mais je tiens à soutenir la candidature de Jude ! (Hermione s'esclaffa) Ensuite, on s'est dit que comme toi tu as inventé une forme de magie et que ta fille sera forcément intelligente, peut-être qu'elle inventera un moyen de retourner dans le passé et qu'elle sauvera le monde, qui sait ? Ensuite, si elle est comme son père, elle aura beaucoup de réparti ! Et si elle est comme toi, vu que tu as toujours su nous sauver la mise à Ron et moi quand on se comporterait en idiots, elle pourra s'occuper de contrôler un peu nos fils… Parce que tu sais que Jude commence à me dire non. La semaine dernière à table, j'ai entrepris de lui servir de la purée quand il a placé ses mains devant son assiette, m'a regardé droit dans les yeux avec un regard presque méprisant et a braillé : « Non, papa, non ! »… C'est là que j'ai réalisé qu'avoir des enfants, c'était presque moins marrant que combattre les mangemorts et que nous n'aurions jamais dû lui apprendre à parler.
- Un mélange Weasley/Potter, tu m'étonnes qu'il valait mieux éviter ! se moqua Hermione avec un sourire. Donc… ça va, il n'y a aucun problème ? »
Harry baissa les yeux un instant avant de marmonner :
« Malefoy, il… Il est parti en mission avec d'autres membres de l'Ordre le lendemain de notre retour ici, puis à une autre et là il est reparti la semaine dernière. Ils devraient revenir dans les prochains jours, mais… On…
- Vous pensez qu'il ne reviendra peut-être plus à un moment ? conclut Hermione à sa place.
- Ouais… enfin, s'il ne revient pas, je pourrais toujours aller le chercher et… Je tiendrais et tu frapperais !
- Non, Harry. C'est un grand garçon, il fait ce qu'il veut. Et puis, je n'ai pas besoin de lui… »
Harry esquissa un sourire las, apparemment presque déçu de ne pas avoir une excuse pour aller cogner Drago Malefoy. Mais il savait que c'était le choix d'Hermione et qu'il n'avait pas à s'en mêler. Il posa sa main par-dessus celle de sa meilleure amie qui jouait avec les cheveux de Jude et chuchota :
« Tu as raison, tu n'as pas besoin de lui… Après tout, tu nous as nous. Je peux presque changer des couches tout en tuant des mangemorts maintenant… Et Ron a cette espèce de don bizarre qui fait que les bébés arrêtent de pleurer quand il les prend dans ses bras ! D'ailleurs je soupçonne vaguement les enfants de voir Ron comme un bébé géant ce qui expliquerait ce don. Et Lux peut ne pas dormir de la nuit sans avoir l'air fatigué, Ginny peut amuser un enfant avec n'importe quoi…
- Merci, Harry. »
Elle avait parfaitement saisi où il voulait en venir et ne put s'empêcher d'avoir les larmes aux yeux, elle essaya de les ravaler, mais Harry le remarqua et se mit à rire.
« Sacrées hormones, hein !? »
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15 Juillet 2002. 12 Square Grimmaurd.
Drago secoua brutalement le bras de Blaise qui s'était endormi sur le canapé du salon, un peu de bave aux coins des lèvres. Il venait de rentrer de mission et s'apprêtait à aller grignoter quelque chose alors que Severus Rogue –avec qui il était parti- montait déjà se coucher, épuisé par leur semaine de voyage. Blaise ouvrit les yeux et parut étonné.
« Bah… t'es revenu !? dit-il simplement après une longue minute, comme s'il lui fallait du temps pour réussir à former des phrases.
- Oui, bien sûr.
- Mais… je… Je t'ai bien fait parvenir ce message avec les boites à disparaitre où je te disais qu'Hermione s'était réveillée !? Tu l'as reçu ?
- Oui, comme celui de Pansy qui me disait que c'était une fille et le deuxième de Théo qui m'apprenait qu'elles allaient bien toutes les deux et qu'Hermione commençait à aller mieux. J'ai reçu le tien, hier. Pourquoi ? Tu… Vous pensiez que je ne reviendrais pas ? comprit-il soudainement.
- Et bien… Oui. On… Tu partais souvent alors…
- Oui, parce qu'on a un certain nombre de mission à remplir par an et que je ne voyais pas l'utilité d'être là tant qu'Hermione n'était pas réveillée. Maintenant, je pourrais être ici jusqu'à l'accouchement ! Et si j'arrive à faire encore une ou deux missions entre temps… Je pourrais être souvent là une fois qu'elle sera née… Je… Je n'ai jamais eu l'intention de fuir. »
Il paraissait presque offensé que l'un de ses meilleurs amis ait pu penser une telle chose et secoua la tête pour tenter d'en sortir les curieuses pensées qui s'y installaient. Puis, il réalisa brutalement que si ses proches amis avaient imaginé qu'il puisse fuir ses responsabilités –et plus particulièrement, la personne qu'eux savaient qu'il aimait- beaucoup d'autres avaient dû songer à la même chose.
« Hermione croit que je ne reviendrais pas ? »
Blaise grimaça pour seule réponse et Drago quitta la pièce. Il récupéra rapidement une pomme et une grappe de raisins dans la cuisine avant de monter au troisième étage en mangeant méticuleusement ses fruits, puis se glissa dans sa chambre où il s'empara de vêtements propres. Il se prit une douche, se rasa de près puis inspira profondément plusieurs fois avant de s'habiller. Arrivé devant la porte de la chambre d'Hermione, il hésita quelques secondes, puis entra sans frapper.
La jeune femme dormait déjà profondément, recroquevillée autour de son ventre rond sans aucun drap sur elle –alors que d'ordinaire été comme hiver elle était enroulée dans une couette. Il referma la porte derrière lui et s'avança vers elle, remarquant à quel point son ventre était rond par rapport à la dernière fois où il l'avait vu. Même lorsqu'il passait en coup de vent entre des missions, il ne venait pas la voir car elle dormait et été toujours surveillée par des amis à elle.
Il fut heureux qu'elle soit seule cette fois. Il s'assit doucement au pied du lit et se demanda s'il devait la réveiller. Il n'eut même pas à le faire qu'elle ouvrait déjà un œil, réceptive à sa présence comme s'il émettait des ondes électriques malgré lui. Elle prit quelques secondes à comprendre qu'il était bel et bien là et n'était pas qu'un pâle reflet aux yeux cernés du Drago de ses rêves des derniers jours.
« Tu es revenu ? soupira-t-elle simplement.
- Bien évidemment ! Comment vas-tu ? »
Elle se répondit pas à cette question et se redressa, son regard empli de mille doutes dont il ne pouvait apparemment pas la débarrasser de quelques mots seulement. Elle le dévisagea longuement avant de secouer la tête, comme si certaines idées venaient à son esprit et qu'elle souhaitait les refouler avant de se mettre à espérer bêtement des choses qui ne se produiraient pas.
« Tu n'aurais pas dû revenir. Je sais que tu veux sans doute… être gentil ou je ne sais pas quoi, mais je t'assure que tu n'as pas à le faire. Je peux très bien me débrouiller toute seule, mes amis et tous les autres m'aideront. Tu n'as pas à te forcer à être présent simplement parce que ça ferait plaisir à tout le monde ! Je ne veux pas être une deuxième Cho Chang qui a forcé un deuxième Michael Corner à être présent simplement à cause d'une grossesse qu'au départ aucun ne souhaitait…
- Est-ce que je peux en placer une ? coupa Drago, apparemment furieux sans qu'elle n'arrive à comprendre pourquoi.
- Et si tu as peur de ne plus faire partie de l'Ordre, après tout, tu peux très bien rejoindre l'équipe qui se charge de contrôler la guerre depuis la France ou les États-Unis ! Parce que c'est vrai que Ron ou Harry risquent d'être violents ou… que d'autres te feront comprendre que… »
Drago finit par se lever, se redressant de toute sa hauteur ce qui le rendit assez impressionnant et eu au moins le mérite de faire taire les bavardages d'Hermione, bavardages qui pour lui n'avaient aucun sens.
« Tu vas me laisser parler, oui ou non ?!
- Oui, acquiesça-t-elle avec une petite voix de souris.
- Je… »
Maintenant qu'il pouvait parler, il eut du mal à le faire et organiser à une rapidité étonnante tout ce qu'il avait à dire avant de se lancer.
« Je me fous complètement de l'avis de tes amis ou même des miens et de tous les autres ! Je ne suis pas là pour faire plaisir à qui que ce soit d'autres que nous… Je suis là parce que j'en ai envie ! Je ne suis pas partie parce que j'avais peur ou parce que je ne voulais pas de toi ! Ce serait complètement stupide, je te veux depuis quatre ans ! En fait, j'étais déjà presque obsédé par toi à Poudlard et… Il n'est pas question que je m'en aille ! C'est mon enfant aussi et je ne quitterais pas cette maison.
- Tu… tu ne m'as pas répondu, lui rappela-t-elle en essayant de ne pas croire à ce qu'il disait.
- Si, répliqua-t-il en comprenant parfaitement de quoi elle parlait sans qu'elle eut besoin de le préciser. Je l'ai fait quand tu étais complètement saoule sauf que tu ne t'en rappelles pas ! Et c'était sûrement pour cette raison que je te l'ai dit d'ailleurs. Et… au bal, tu as retiré tout ce que tu avais dit et… Je suis têtu et légèrement orgueilleux et… J'ai eu la trouille, d'accord ? Et après, j'ai voulu me rattraper et l'autre abruti de Bulgare est arrivé et…
- C'est… vrai ? balbutia-t-elle.
- Hermione, je venais de t'embrasser et j'ai commencé à dire « Je »… Tu pensais que j'allais te dire quoi ? « Je viens de t'embrasser. » ? « Je crois que j'ai trop bu. » ? « Je crois qu'il va pleuvoir. » ? Je t'aime. »
Cette révélation créa le plus long silence de toute l'histoire du 12 Square Grimmaurd et, mal à l'aise, Drago finit par plaisanter, répétant ce qu'elle avait dit quelques mois plus tôt alors qu'il était resté silencieux face à sa déclaration.
« Ok… Ce silence répond amplement à ce que je viens de dire… »
Elle releva les yeux vers lui et un sourire, le plus sincère qui n'ait jamais marqué sa bouche, apparut sur ses lèvres. Elle se leva légèrement et s'approcha de lui, croisant finalement ses bras sur sa poitrine.
« Je suis énorme et il n'est pas question qu'on couche ensemble avant… des mois. Comme punition pour m'avoir rendu barge pendant les quatre dernières années.
- Tu te punis aussi ?
- Pas de prénoms hideux dans la même lignée que ceux de ta famille. Un prénom simple, clair…
- Lucie.
- Quoi ?
- Ringo a passé la chanson Lucie in the Sky with Diamonds un bon millier de fois quand je m'occupais de sa jambe et puis, c'est le prénom de ta grand-mère alors…
- Lucie, approuva Hermione avant de continuer. Plus de départs impromptus, pas de crises de jalousie s'il m'arrive d'adresser la parole à Viktor de temps en temps, tu tenteras d'être plus poli avec mes amis et je leur demanderais d'en faire autant, pas de disputes inutiles même si je sais que nous adorons nous réconcilier et…
- Hermione, je crois que ça suffit là !
- Ça, c'est à moi d'en décider. »
Drago leva les yeux au ciel et s'approcha d'elle, posant doucement ses mains sur ses hanches plus larges, l'une d'elle venant rapidement se poser sur son ventre rond. Ils restèrent ainsi sans bouger quelques secondes puis il finit par marmonner :
« Tu ne voudrais pas qu'on se couche simplement après que tu ais enfin répondu que tu m'aimes aussi ? Nous verrons tous les motifs de disputes pour les vingt prochaines années demain matin, si tu veux bien… On ne fait que repousser la liste des choses que je devrais faire et ne pas faire. Mais pour ce soir, nous pourrions simplement… être bien tous les deux ?
- Bien tous les deux ?
- Ouais, on ne peut pas dire que ce soit arrivé souvent alors… »
Elle planta son regard dans le sien avec un sérieux de Merlin et finit par acquiescer avec un sourire, amusée par sa formule.
« D'accord, soyons bien tous les deux…
- Enfin, on recommencera à se disputer demain matin ! Sinon, notre couple n'aurait aucun intérêt ! annonça-t-il en l'entrainant sur le lit.
- Non, aucun… Mais je croyais qu'on devait être bien tous les deux et ne pas se disputer au moins ce soir ? »
Drago fixa son regard au plafond quelques secondes avant de se tourner vers elle.
« Aucun intérêt si on ne se dispute pas ! Continu ta liste !
- Hum… elle est longue.
- On a toute la nuit devant nous. »
Derrière le mot « nuit », Hermione perçut sans aucune difficulté qu'il aurait pu dire le mot « vie », alors elle inspira profondément avant de continuer la très longue liste de règles que Drago s'amuserait toute sa vie à enfreindre.
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Note de l'auteur _ vOilààààà ! =D J'vais résumer, comme d'hab, lOl. Alors la scène d'Hermione saoule. La toute première imaginée (uiui, y comprit l'histoire de Tom & Jerry ! mdr), qui m'a faite rire quand j'écrivais -après l'avoir lue 15 fois, elle est moins marrante, mais j'l'adOre ! & puis premier "je t'aime"... pathétique, c'est bien le mot ! xD Pitoyable même ! A mort, Krum ! =P Le bal... Mais Drago, répond, agis, bouge, fais quelque chose ! ... xD Ui bon, il le fait après -Merlin, merci ! Décapitation... si vous saviiiiiez à quel point j'ai voulu écrire cette scène pendant des mois en écoutant Mistake de Moby [pour le rythme hein, pas vraiment pour les paroles]... & finalement j'suis presque fière du résultat -surtout imaginant l'oeil beurk de Greyback niark niark niark xD & pis Lucie est en route... réaction pas excessive du tout d'hermione (toute les femmes dans cette fic ont un soucis avec leurs grossesses XD)... La scène de la glace -première scène écrite. Bring me to life d'Evanescence écoutée en boucle pendant des heures & des heures au fond d'mon lit. [soyons clairs, tous les soirs, j'branche mon I-pod sur mon neurone & les images des scènes défilent ! Bring Me To Life & Going Under ont été deux grandes sources d'inspirations pour cette fic ! Comme Timeless de Kate Havnevik =P) & la fin... où on pourrait dire... ENFIN ! Dimanche, épilogue -avec retour à "notre" époque ! ^^'
Bisous bisous, Reviews reviews... -J'espère atteindre les 2oo... Donc, si vous voulez soutenir l'auteur [moâ ! xD], cliquez sur l'ptit bouton ! =D (... xD)
Bewitch _ Tales
PS _ Nom d'une chouette, j'me mets à mettre des P.S, maintenant... on est dans la fiente de hibou [ou les crottes de dragon, au choix xD], juste pour les fans d'HP, ptit conseil, allez voir Percy Jackson ! C'est trop bien ! =D (rien à voir avec HP soit dit en passant... Mais j'crois qu'on en peut qu'aimer !)
