« Donc je ne peux vraiment pas vous laisser tous seuls juste une minute, constata Poltergeist, amusée. »
Lovée dans les bras de Riku et occupée à l'embrasser comme je l'étais, il était normal que je n'aie remarqué l'arrivée de mon amie, ce qui ne m'empêcha pas de sursauter. Je rougis et balbutiai :
« C'est pas ce que tu crois… »
« Mais arrête de me dire ça, répondit-elle en riant. Tu fais bien ce que tu veux, avec qui tu veux. Mais pas où tu veux ! Et surtout pas sur mon fauteuil, ajouta-t-elle en nous lançant un regard noir. »
Je pris un air contrit et désolé et sortais mon arme ultime : les yeux de Bambi (vous vous souvenez, cette fameuse technique secrète) mais je n'était pas réellement sûre du résultat.
« C'est juste que…Tu sais, elle est si agréable cette place… »
« Je sais ! Et c'est justement pour ça que c'est la mienne ! Alors maintenant vous vous levez ! De toute façon, il faut qu'on se remette en route… »
« Tu as fait reprendre sa taille normale à Cloud, demanda Riku en se relevant. »
« Tiens, non, j'ai oublié… »
« Mais on risque de lui marcher dessus, fis-je remarquer pensive. »
« Bien sur que je l'ai fait, tu me prends pour qui ? »
« Et je suis sûre que tu n'as même pas eu le droit à un merci… »
« Dans l'état où il est, même s'il le voulait, il ne pourrait pas me dire merci ! »
« Il est mourant, demanda Riku, soudain intéressé. J'espère pas, ajouta-t-il précipitamment en voyant le regard lourd de sens que lui jeta Poltergeist. Je me renseigne simplement… »
« Il survivra, répondit-elle sarcastique. »
« Dommage, murmura Riku, si bas que seuls nous deux pûmes l'entendre. »
Je pouffai de rire. Poltergeist se retourna et nous toisa d'un regard qui se voulait méchant, mais qui avait surtout l'air amusé.
« Il faut que je la guide, sinon on va se perdre dans l'espace intersidéral, dis-je à Riku en reprenant ma place. »
« Ca ne te gêne pas si je reste, demanda-t-il »
« Venant de toi, rien ne me gêne, répondis-je. »
Un bruyant soupir de Polty m'apprit vite son avis quant à de tels propos.
Oui, c'est mièvre et complètement stupide !
Mais c'est tellement vrai !
SOS panne de cerveau...Aujourd'hui, Andarielle a besoin de nos services !
N'importe quoi ! Bon, je vais reprendre…En plus, je te signale que sur ce coup-là, j'avais raison, il ne nous gênait pas outre mesure !
Je n'ai pas dit que tu avais tort, c'est la façon dont tu as formulé ton propos qui m'a quelque peu interpellée…
Interpellée ? Tu connais des mots de trois syllabes, toi ?
Je te déteste ! Et je ne te causerai plus jamais !
Quel dommage ! Bon, comme toujours après ces brefs intermèdes, je vous propose de reprendre le fil de notre histoire (du moins si ça vous intéresse encore, sinon je peux aussi vous donner quelques excellentes recettes de cuisine) et de revenir dans la cabine de pilotage, où nous étions donc installés tous les trois. Par ailleurs, il y avait un détail assez étrange : tout était prévu pour 4...Je soupçonne Poltergeist d'avoir prévu l'arrivée de Cloud de longue date !
Moi, innocente et candide comme je suis…
Tu sais que ça fait très faux quand c'est toi qui le dis !
Pas plus que quand c'est toi…
Je suis loin d'être une référence…
Ca c'est sûr !
…en innocence et en candeur ! Pour le reste, je ne dis pas…
Pour le reste non plus tu n'es pas une référence !
Je ferai comme si je n'avais rien entendu...Sinon, tu sais ce que je serai capable de faire…
Non, pitié, tout mais pas ça ! Je t'en supplie !
J'adore quand on me supplie ! Ca flatte mon ego démesuré !
Humpf !
Et arrête de grogner !
Je ne grogne pas…
D'accord…Fais comme si je n'avais rien dit…
« Alors on va où, demandai-je. »
« Il me semblait pourtant avoir été claire la dernière fois…TU es la copilote, c'est donc à TOI de décider notre destination ! Moi, je suis tes indications, c'est tout… »
« D'accord, d'accord ! Elle est compliquée à lire cette carte, marmonnai-je. »
« C'est parce que tu la tiens à l'envers, me fis remarquer Polty. »
« Forcément…Dans ce sens-là, ça va tout de suite beaucoup mieux ! Alors…Donc j'ai pas le droit aux points cardinaux, c'est ça ? »
« C'est pas que tu n'y a pas le droit, mais les points cardinaux, c'est relatif quand même dans l'espace… »
« Normal puisqu'ils sont liés aux champs magnétiques d'une planète… »
« On s'en fiche, me coupa telle. »
« Y a peut-être des gens que ça intéresse… »
« Pour ma part, l'origine des champs magnétiques n'est pas vraiment quelque chose qui me passionne, dit Riku en réprimant un bâillement fort à propos. »
« Gnagnagna…Restez incultes, bande de béotiens ! »
« Une bande à deux, ça me fait quand même pas beaucoup, dit Riku en riant. »
« Mais tu es de quel côté, toi ? »
« Le mien, et uniquement le mien ! »
« Bon, repris-je, de toute façon, il ne nous reste plus qu'un monde à visiter ! Alors direction le coefficient espace-temps 6.5 23 47Z bêta. »
Un long, très long (trop long) regard interrogatif et interloqué suivit cette déclaration.
« Tu es sûre que tu as toute ta santé mentale, demanda Riku en me dévisageant. »
« Elle veut pas de points cardinaux, alors je lui donne directement le coordonnées qui nous intéressent ! »
« J'ai rien compris à tes coordonnées, gémit-elle. »
« C'est pas compliqué...Regarde, dis-je en lui dépliant la carte sous le nez. D'abord, je te donne la galaxie et le secteur…Secteur 5 dans la galaxie 6. Puis le cadran : 23 et la référence de l'astre : le 47Z. »
« Et le bêta ? »
« C'est le numéro de la planète dans son système… »
« En fait, c'est facile ! »
« Bah oui… »
« Et on est où là ? »
« On vient de quitter la planète du Pays des Merveilles…Donc…6.5 12 69G alpha. On va commencer par se rendre dans le cadran 23 ! »
« Et c'est par où ? »
« Par là-bas, dis-je en lui désignant la direction d'une étoile bleue. »
« C'est parti ! »
Apparemment les vaisseaux gummis sont munis d'inhibiteurs inertiels en série, car on sentit à peine la puissance de l'accélération…Certes on était pas encore en vitesse subspatiale mais quand même…
STOP ! Tout de suite !
Quoi ?
Tu vas tous nous perdre avec tes détails techniques ! J'ai l'impression d'écouter une mauvaise série B de SF…
Je croyais que tu ne devais plus critiquer la SF…
Je ne devais plus critiquer tes références ! La science-fiction en général, c'est tout à fait autre chose…
Mauvaise foi !
Moins que toi…Oui, je sais, tu n'es pas une référence…
Tout a fait !
« Au fait, me demanda-t-elle, comment as-tu trouvé le moyen de briser les barreaux ? »
« En fait, j'ai écouté le chat…Le plus solide est toujours le plus fragile ! Or la glace solidifie les matières… »
« Ta première tentative n'a pourtant pas été couronnée de succès, dit-elle en baissant les yeux vers l'hématome qui recouvrait toute mon épaule gauche. Ca ne fait pas trop mal ? »
« Non, ça va…Mais en fait, c'était pas la solution complète… »
« Et c'est là qu'interviennent tes références pourries ! »
« Tout a fait ! I'll be back, c'est la phrase de fin de Terminator 1…Avec mes connexions nerveuses, je suis arrivée au 2… »
« Et ? »
« Tu as vu Terminator 2 ? »
« Oui…Mais en fait, je ne me souviens pas de grand-chose… »
« Alors tu peux pas comprendre ! Enfin, ça m'a donné l'idée du truc qui marche à tous les coups : le choc thermique ! »
« D'accord… »
« Les barreaux étaient suffisamment fragilisés pour que je les casse, même avec ma force de mouche… »
« Pas mal, l'astuce ! A réutiliser si on en a l'occasion ! »
« Carrément ! Ca évitera de se massacrer l'épaule pour rien ! »
Enfin, les voyages entre cadrans, c'est long, surtout quand on est pas en vitesse subspatiale…Et c'est ennuyeux…Parce qu'en fait, les cadrans sont définis par un astre principal…Donc il suffit de se diriger vers lui…Et pour ça, on n'a pas vraiment besoin d'un copilote. Alors j'essayais à peu près tout pour passer le temps. Ma principale occupation : marteler les bords du cadran de bord (on n'avait même pas d'ordinateur central !) avec mes phalanges, ce qui produit un bruit assez énervant en réalité…
« Arrête ça sinon je te coupe les doigts, dit Poltergeist excédée en sortant ses dagues pour que la menace soit prise plus au sérieux. »
« D'accord ! Ne t'énerve pas ! Mais je m'ennuie terriblement. Et en plus, mon Riku est parti ! Et j'ai rien à faire ! »
« Oui, mais au moins, ici je peux surveiller que tu ne fasses pas de bêtises ! »
« Comme si j'étais une machine à faire des conneries… »
« C'est tout à fait ça ! »
« Je te jure, avec toi, on se sent soutenue moralement, c'en est presque effrayant ! »
« Merci ! »
Je soupirai.
« Quoi encore, me demanda-t-elle en se tournant vers moi. »
« Bah, rien, je t'assure ! Je m'ennuie c'est tout, grommelai-je. »
« Trouve une occupation ! »
« Pour me faire couper les doigts ? Non merci, ce sera sans moi… »
« Un truc qui soit pas bruyant ! »
« Le bruit, c'est la vie ! Moi si je fais pas de bruit, j'ai l'impression d'être morte !»
« Tu as quand même des drôles d'impressions des fois… »
« Peut-être bien…Tiens, tant que j'y pense… »
« Parce que tu penses, toi ? »
« Ah ah ! Très drôle ! »
« Ce n'est que justice après le nombre de fois où tu me l'as sorti, toi… »
« Donc tant que j'y pense, il va comment nuage d'amour ! »
« Ne l'appelle plus jamais comme ça ! »
« Pourquoi ? »
« Mais c'est carrément débile comme surnom ! »
« En même temps, c'est un peu le but de la manœuvre… Mais il va comment Cloudounou ? »
« C'est pas beaucoup plus intelligent… »
« C'était pas beaucoup plus le but… Et ça ne répond toujours pas à la première question… »
« Comment tu veux que je sache ? Je ne suis pas allée le voir ! »
« On n'a même pas de système de surveillance centralisé ! Mais c'est quoi ce vaisseau spatial pourri… »
« C'est un vaisseau gummi, pas un vaisseau spatial ! »
« Moi qui comptais l'appeler l'Enterprise… Il n'en est pas digne en réalité ! »
« L'Enterprise… »
« Quoi ? »
« De toute manière, j'aurais pas voulu qu'on appelle mon vaisseau comme ça ! »
« Ton vaisseau ? Mais tu es possessive au possible ! »
« Je le pilote, donc c'est le mien ! »
« C'est bien ce que je dis, murmurai-je. »
« Qu'est-ce que tu insinues ? »
« Tu m'as entendue ? »
« Contrairement à ce que tu penses, je ne suis pas sourde ! »
« L'espoir fait vivre… »
La taloche surgit de nulle part à une vitesse ahurissante pour atterrir directement entre mes deux oreilles.
« Aïe euh ! Mais ça fait mal ! »
« C'était le but de la manœuvre… »
« Gnagnagna… »
Et je lui fis la tête encore quelques moments jusqu'à ce qu'elle rompe le silence.
« Mais tu crois que je devrais aller voir, me demanda-t-elle au bout d'un moment. »
« Qu'est-ce que tu veux que j'en sache ? Je ne suis pas sa nounou ! »
« Sois pas si désagréable…Tu penses… ? »
« Non, comme tu l'as signalé toi-même, je ne pense pas, l'interrompis-je. »
« Je ne disais pas ça méchamment…Mais… »
« Fais ce que tu veux ! »
« Tu te sens de… »
« De quoi ? De piloter le vaisseau le temps que tu ailles le border ? Ca me semble faisable ! »
« Merci, merci, merci, dit-elle en partant précipitamment. »
Je soupirai en m'asseyant à la place du pilote. Ce fauteuil était décidément beaucoup plus agréable que le mien !
« Oh, et encore merci, dit-elle en passant la tête par l'embrasure de la porte. »
« Je vais pas attendre trois heures aux commandes alors grouille-toi ! »
« Merci ! »
« POLTERGEIST ! »
« J'y vais, j'y vais… »
L'avantage de l'espace, c'est qu'il n'y a ni courant, ni vent…Une fois qu'on a défini un cap, on n'en bouge plus…C'est aussi un inconvénient qui rend le pilotage très ingrat.
« C'est bizarre, pensai-je. Dans mon souvenir, il y avait beaucoup plus de méchants dans les voyages interstellaires… Ce serait encore mieux si on avait le pilotage automatique… »
Enfin au bout d'un moment, je ne pus résister au cri du cœur qui s'élevait du tréfonds de mon âme. Imaginez une fan de science-fiction comme moi au volant d'un vaisseau spatial.
Pour la dernière fois, c'est un vaisseau gummi…
Pareil !
« Krrr…Plateforme à passerelle de commandement. On nous informe de mouvements de vaisseaux ennemis sur le radar. Krrr… Voyons voir quelle sorte d'ennemis…Hum…Klingons…NON ! Goaulds…NON ! Wreiths…OUI ! Stargate : Atlantis au pouvoir ! Passerelle de commandement à plateforme…Ici le général Andarielle, commandant du Dédale. Stoppez les troupes ennemies en envoyant une brigade de F-302. En avant ! Activez les boucliers principaux et passez en vitesse sub-luminique!»
J'imaginais la bataille spatiale qui faisait rage. Enfin, tous ceux qui connaissent Stargate peuvent se l'imaginer aussi bien que moi. Mais Stargate n'étant pas notre sujet ici, je ne vais pas vous détailler mes élucubrations…
« Alpha leader touché, demande l'autorisation de revenir à bord ! »
J'entendis des applaudissements derrière moi.
« Autorisation accordée, dis-je d'une voix faiblissante en me retournant.»
« C'est comme ça que tu surveilles les commandes, toi, dit Poltergeist en riant. On n'a pas dévié de cap, tu es sûre… »
« Absolument, je suis quand même capable de garder le cap… »
« Si tu le dis… »
Elle reprit sa place.
« Je n'aurais pas du te confier le manche, dit-elle un sourire aux lèvres. »
« En même temps, tu donnes les commandes d'un vaisseau qui va dans l'espace intersidéral à une fan de SF…Fallait bien t'y attendre ! Au fait, ta visite t'a rassurée ? »
« Ca va, hein ! Oui, un peu…Et figure-toi qu'il n'était pas seul ! »
« Comment ça ? Tu veux dire… »
« Et oui, il était en grande discussion avec ton cher et tendre… »
« C'est pas possible ! »
« Mais pourtant vrai ! »
« Et qu'est-ce qu'ils se disaient ? »
Elle ne répondit pas.
«Poltergeist…Qu'est-ce qu'ils se disaient ? »
« Je ne sais pas, me répondit-elle en fixant l'immensité obscure de l'espace. »
« Polty, maintenant redis-moi ça en me regardant dans les yeux… »
« Je te dis que je ne sais pas ! »
« Bon, je me renseignerai de mon côté… »
« Ca m'étonnerait qu'il veuille te le dire… »
« Le problème n'est pas ce qu'il veut mais ce que moi je veux ! »
« C'est vrai aussi… »
« Et oui… »
« Si tu rajoutes, règle numéro 1, je te coupe la langue, c'est clair ! »
« Limpide, dis-je d'une petit voix. »
C'était incroyable ce qu'elle pouvait être violente des fois…
Je ne suis violente que quand tu le mérites !
Là, je le méritai pas…
Mais j'ai pas été violente…Je t'ai juste menacée !
C'est déjà pas mal selon moi ! Enfin après encore quelques petits moments (non, en fait après un long moment) de voyage, nous arrivâmes enfin dans le système concerné où la seule planète habitable semblait recouverte d'une dense forêt.
« Je crois qu'on est arrivés, dis-je en désignant la grosse boule verte dont le profil se précisait de secondes en secondes. »
« Tu as trouvée ça toute seule, me demanda Polty. »
« Si c'est comme ça, je ne dirais plus rien ! »
« Tant mieux ! »
« Je te déteste ! »
« A part ça, quoi de neuf ? »
« Gna.. »
« Gnagna, je sais ! »
« Mais euh ! Je peux même plus me plaindre tranquille ! »
« Non, tu ne peux même plus te plaindre tout court ! »
« C'est injuste ! »
« Non, ce qui est vraiment injuste c'est que je sois obligée de te supporter toi et tes incessantes jérémiades. Bon, allez en avant pour l'atterrissage ! »
« Tu nous le fais en douceur, please ? »
« Dès que tu m'a trouvé un coin où me poser… »
« Attends, je cherche… Là-bas, dis-je en désignant une zone vierge au milieu d'une vaste forêt de bambous. »
« Tu crois que le vaisseau passera ? »
« Faudra bien, il y a pas plus grand… »
«OK… »
« De toute manière, si tu es si bonne pilote que ça, tu devrais pouvoir te poser sans difficultés même sur un simple mouchoir ! »
« Tu sais que bon pilote ne veut pas dire être capable de défier les lois de la physique… »
« A savoir ? »
« Un solide a un volume défini et ne peut pas en diminuer ! »
« Erreur ! Tout dépend de sa densité ! »
« Tu sais comment modifier une densité, toi ? »
« Facile...Il me suffirait d'un générateur nucléaire suffisamment puissant pour modéliser un n noyau stellaire. Après surcharge, trou noir, et notre vaisseau gummi sera réduit à la taille d'un simple photon ! »
« J'ai pas de trou noir sous la main alors je vais essayer de me poser comme ça… »
« Je vais mourir ! »
« Merci, ça fait plaisir ! Non, mais qu'est-ce que tu crois ? »
« Que tu vas te crasher ! »
« Si je me crache, tu te crashes aussi ! »
« Plus près de toi mon Dieu… »
« Tais-toi, dit-elle en me frappant sur l'épaule gauche comme toujours. »
En temps normal, je n'aurai pas protesté…Mais il faut rappeler que cette épaule avait été à l'origine de ma tentative infructueuse pour ouvrir la cage. Ce n'était pas un cri que je poussais, mais un hurlement.
« Pardon ! J'avais oublié ! »
« Ca fait super mal ! Mais ce n'est pas vrai d'être aussi cruche ! »
« Excuse-moi ! Mais si tu ne disais rien de méchant, je ne t'aurais pas frappé alors tu en peux t'en prendre qu'à toi-même ! »
« Alors si j'ai mal, c'est ma faute ; c'est ça l'idée ? »
« Personne en t'a obligée à ta précipiter contre les barreaux… »
« Navrée d'avoir cherché un moyen de nous sortir de ce guêpier…Parce que si on comptait sur toi, on y serait encore ! Ca fait mal, dis-je en me massant l'épaule. »
Décidément, celle-là, elle en aura vraiment vu de toutes les couleurs !
Finalement, l'atterrissage se passa sans incident. Bon, je protestais un peu pour la forme mais sans plus (j'ai une réputation à tenir quand même !) et Polty coupa les moteurs.
« On s'entend mieux tout de suite, dis-je. »
« C'est sur… »
Même de l'intérieur, on entendait le bruit du vent dans les bambous et le chant mélodieux des oiseaux. Riku nous rejoignit, suivi de très près par le hérisson blond (l'intrus, comme l'appellera plus tard Riku) qui semblait absolument indifférent à tout ce qui l'entourait, un peu comme d'habitude. Bon, c'est vrai que pour quelqu'un qui se prétend solitaire se retrouver avec nous, c'est un peu la mort…Mais ce n'était pas une raison pour nous ignorer ! Quel sans-gêne, aucune éducation !
On lui pardonne ! On lui pardonne tout !
Et après c'est moi la serpillière…Si j'étais moitié moins hystérique que toi, la fic se serait arrêté au chapitre 2 !
Je ne suis pas hystérique ! Je suis objective ! Il est trop beau ! Ma blondinette d'amour !
Oh là, on se calme ! Reprends tes esprits !
Mais je suis très calme…C'est juste qu'il est trop beau !
Ca, tu l'as déjà dit…En plus c'est pas vrai…
Ose dire qu'il n'est pas beau !
Mais il est très beau…Mais pas trop beau…Ca, c'est réservé à une seule personne…
Laisse-moi deviner…Riku ?
OOOUUUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !
Et c'est moi l'hystérique après ça…
Hum...Reprenons…
Tu ne t'es pas bousillée la voix avec ce hurlement ?
J'ai fait pire, ne t'inquiète pas pour moi…
« On est arrivés, demanda Riku. »
« Tu as trouvé ça tout seul, Einstein, répliqua Poltergeist. »
« C'était pour confirmation, répondit-il. En fait, la question exacte était plutôt est-on arrivés à la bonne destination ? »
« Si mon copilote de génie s'est pas trompé, oui… »
«Ca y est, ça va être ma faute si on se perd ! »
« Tout a fait ! »
« Pff ! »
« Arrête de soupirer, je t'ai entendu… »
« Oui, je sais, vieille mais pas sourde ! Mais c'est juste que je n'ai pas envie d'y aller… »
« Oh que si tu y vas, dit Polty en commençant à essayer de me tirer hors de mon fauteuil. »
« D'accord ! D'accord ! Mais je peux encore me lever toute seule… »
« Bah alors fais-le… »
« Mon Dieu, la gravité de ce monde est trop forte…Je ne peux plus bouger ! »
« N'importe quoi ! »
« Ce voyage serait beaucoup plus drôle si tu étais plus crédule… Je me lève, je me lève… »
« Je suis blonde mais pas à ce point, me répondit-elle. »
« Allez en avant tout le monde, dis-je en sortant et en récupérant mon arme au passage. »
« J'arrive, dit Riku en m'emboîtant le pas. »
« Idem, dit Polty en se levant. »
« Tiens, il manque une réponse, dis-je en me retournant vers Cloud. »
J'apprécie beaucoup le fait que tu l'aies pour une fois appeler par son prénom…Vraiment…
Baf…C'est dur d'être méchante non-stop…
« Ce n'est pas parce que je suis ici que je dois forcément venir avec vous, dit-il en nous passant devant tout en remettant ostensiblement une de ses mèches rebelles en place. »
Il est si beau quand il fait ça !
Pour la dernière fois, on se calme…
Soupir…Il est si beau…
Faites pas attention à elle, c'est normal…
Enfin, s'il y a un truc que je déteste encore plus que d'être prise pour une conne, c'est d'être ignorée…
« Tu vas me faire regretter de t'avoir sorti de ta cage, toi, lui lançai-je. »
Il se retourna et me fixa dans les yeux.
« Je n'ai jamais demandé votre aide, et n'ai jamais demandé à être sauvé…Je ne vous dois rien ! »
Il s'éloigna dans les profondeurs du vaisseau.
« J'aime pas trop l'idée de le laisser tout seul ici, dis-je. Qu'est-ce qui l'empêcherait de partir en nous plantant ici ? »
« Il est pas aussi fourbe que toi, il ne le fera pas, grogna Polty. »
« Qu'est-ce que tu en sais ? »
« Je le sais, c'est tout… »
« De toute manière, on ne va pas tergiverser trois heures avant d'y aller…Si ça peut te rassurer, plus tôt on sera partis, plus tôt on sera revenus, dit Riku ne ouvrant la porte et en descendant. »
« Tu as sûrement raison… »
« J'ai toujours raison ! »
« Il n'y a que moi qui peut avoir toujours raison ! Sinon va y avoir un problème, fis-je remarquer en le rejoignant. »
Il faisait chaud, très chaud…Chaud et sec…Etrange pour une forêt tropicale, pensai-je. Mais si c'était la saison sèche, c'était parfaitement plausible en fait. Le soleil pointait à peine de derrière les collines qui nous faisaient face. Le jeu de l'astre du jour et du vent dans les bambous donnait au cadre une ambiance incomparable et très agréable. En plus, je ne sais pas si vous avez déjà eu l'occasion de vous balader dans une bambouseraie, mais ça se caractérise aussi par une odeur très particulière, proche de celle de l'herbe coupée mais aussi totalement à l'opposé…Assez indescriptible si vous voulez mon avis…
« C'est superbe comme coin ! Tu viens, Poltergeist, dis-je en lui faisant signe. »
Elle se retourna vers moi.
« Heu...Non, non…Le soleil me donne mal à la tête et je sens venir une migraine énorme… »
« Tu n'es pas aussi photosensible que moi…Je t'assure, c'est super agréable ! »
« Non, puis je me sens pas bien en ce moment...C'est sûrement le fait d'avoir crapahuter pendant des heures sous la pluie…Je vais rester à bord… »
« Bouh la chochotte ! Ce n'est pas toi qui t'es explosée le bras contre les barreaux d'une cage…
« En même temps personne ne t'a obligé à le faire, ça… »
« D'accord… Fais comme tu veux… »
« Je vais mettre le vaisseau en orbite et je reviendrai vous chercher quand vous m'appellerez… »
« Et comment ? Je suis désolée, mais j'ai oublié mon émetteur à ondes courtes chez moi, répliquai-je sarcastique. »
« C'est vrai aussi…Alors on va rester là…Bon courage, je suis sûre que vous vous en sortirez très bien sans moi, dit-elle en refermant la porte. »
« Elle me cache quelque chose, dis-je pensive. »
« Quelle intuition ! Même moi je l'ai remarqué, me répondit Riku. Elle ne vient pas, tant pis…Ce n'est pas une raison pour prendre racine ici ! Tu viens ?»
« J'arrive ! Pff ! Quelle chaleur ! »
Il haussa les épaules.
« Désolée…Je ne suis pas habituée aux climats tropicaux, moi…D'ailleurs faudra que tu m'expliques comment quelqu'un qui a toujours vécu sur une île peut être aussi blanc que toi…C'est carrément louche ! »
« Je ne sais pas…Et c'est pas si important que ça, si ? »
« Non, en fait, non, tu as raison… »
« Allez ! Arrête de te faire du souci et de te poser autant de questions, dit-il en passant son bras autour de mes épaules. Profite plutôt du paysage ! Je n'ai jamais rien vu d'aussi beau… Regarde là-bas ! »
« Contente que ça te plaise, dis-je en riant. Tu es aussi excité qu'un gosse ! »
«J'ai toujours voulu voir ce qu'il y avait ailleurs, dit-il les yeux dans le vague. Toujours… »
« Reviens avec moi ! Tu te perds dans tes pensées, là ! »
« Excuse-moi.. »
« Y a pas de mal ! Ca m'arrive tout le temps aussi… »
Je jetai un coup d'œil tout autour de moi. Il avait raison : c'était vraiment sublime. Mais un détail attira mon attention. Les montagnes au loin…Leurs sommets étaient recouverts de neige. Mais où on a atterri ? Il y pas de montagnes enneigées chez Tarzan pourtant, pensai-je. J'étais plongée dans un état d'incertitude totale. Je n'avais absolument pas la moindre idée de où on était tombés. Ca ne ressemblait à rien de ce que je connaissais. Finalement, heureusement que Poltergeist n'était pas venue, sinon je me serais fait tuer ! Vous allez voir qu'elle aurait été capable de dire que c'était ma faute si on était perdus !
Et ose dire que ce n'est pas le cas !
Si, mais c'est pas une raison pour me le reprocher !
Ce n'est pas exactement un reproche…Prends-le plutôt comme un constat…
Je cherchais dans le décor de rêve qui m'entourait (non, Riku ne compte comme un élément du décor) un autre détail insolite plus à même de me renseigner sur ma situation.
Mais pour le moment, chou blanc… Je réfléchissais à recouper tout ce que je savais pour savoir enfin où j'étais ! Ce n'était pourtant pas compliqué ! Il ne me suffisait pas de grand-chose…Un simple détail, un simple renseignement…Mais la vérité semblait bien décider à m'échapper dès que je m'en approchais ! Rien de plus rageant…
« Andarielle, m'appela Riku derrière moi. Je crois que tu devrais voir ça… »
« Laisse-moi tranquille ! Je cherche à savoir où on est… »
Mais je séchais définitivement. Pas le moindre bout d'idée ne me venait à l'esprit.
« Tu pourrais lui demander si tu tiens vraiment à le savoir… »
« Hein ! »
Après avoir fermé la porte, elle s'y adossa et soupira.
« J'ai cru que je n'arriverai jamais à la faire lâcher…Bon, maintenant profitons de cette liberté ! Où est Cloud ? »
Ca, c'était de la question existentielle…
Oui, tout a fait ! On ne fait pas plus essentiel et existentiel !
C'est ça…À la recherche de la blondinette perdue…
Tu écris la suite ou pas ? Sinon je le fais moi-même !
C'est ça…Pour que tu gâches mon chapitre avec tes « il est trop beau »à répétition ! Pas question…Alors même si ça me déplait, j'écrirai moi-même…Est-ce que moi je viens gâcher tes chapitres franchement ?
Arrête de te plaindre et continue ! Sans petites remarques assassines, please…
A tes ordres ! Mais ce qu'elle n'avait pas prévu dans son plan génial (prétexter une migraine pour rester seule avec Cloud) c'est que le vaisseau était super grand et qu'il savait très bien se faire oublier grâce à la technique dite de la carpe. J'explique : il se tait, tout simplement ! Et ça, il le fait très bien…C'est même ce qu'il fait de mieux…Ne faites jamais une partie de roi du silence avec Cloud, il en est champion olympique !
Ca devient vraiment du grand n'importe quoi ce que tu nous fais là…
Je sais !
Ne viens pas me dire que c'est le but de la manœuvre…
Non, bien sûr que non…Enfin bref, elle mit du temps à trouver cet as de la discrétion et de l'infiltration (plus fort que Sam Fisher !). Et lorsque enfin elle le trouva, elle ne put rien dire.
Il était adossé au mur, les yeux fermés, le visage serein, la base de son épée reposant sur le sol et la garde contre l'épaule. Elle s'arrêta un instant, ne serait-ce que pour ne pas briser cet instant magique. Elle se tenait dans l'embrasure de la porte, son ombre se découpant nettement sur le mur d'en face. Cloud avait seulement la moitié du visage éclairé, l'autre dans l'obscurité.
« Rentre ou sors, mais ne reste pas planté là, di-il en ouvrant les yeux. »
C'était assez étrange. Un de ses yeux était d'un beau bleu nuit, alors que l'autre (celui qui était dans la partie obscure) brillait d'une lueur étrange. Mais ce n'est pas ça qui allait gêner ma Polty.
Non, ça lui donne même un charme fou ce regard !
Qu'est-ce qui ne lui donne pas un charme fou selon toi ?
Rien du tout !
C'est bien ce que je pensais…
« Je…je voulais te parler, dit-elle. »
« Ca ne m'intéresse pas, dit-il en se levant et en sortant. »
« Mais tu ne sais même pas ce que j'allais te dire ! »
Il s'arrêta et se retourna dans un ample mouvement de sa cape rouge qui bruissait doucement contre son unique aile. Il soupira et partit.
Lorsqu'il disparut derrière le tournant, Poltergeist se rendit enfin compte du vent magistral qu'elle venait de se prendre.
« Le vent souffle fort aujourd'hui, dit-elle amère. »
Mais elle n'était pas du genre à renoncer si facilement. Elle se précipita à sa suite.
Je me retournai, absolument persuadée que mon Riku était sujet à des hallucinations. A première vue, rien d'anormal et surtout rien avec quoi je pourrais parler (si on exclut le scénario pendant lequel je parle aux bambous…C'est quand même pas très causant un bambou…) mais en y regardant plus précisément, il y avait quelqu'un :
« C'est quoi ce dragon nain, m'exclamai-je. »
« Ca, ça ne me fait qu'à moitié plaisir, jeune fille, répondit le dragon en question. »
« Ca aussi, ça ne me fait qu'à moitié plaisir...J'aurais largement préféré superbe jeune fille ou maîtresse révérée… »
Le petit lézard rouge éclata de rire. Je ne sais toujours pas si j'aurais du être vexée...Mais j'avais décidé ce jour-là de tout bien prendre ! Donc, je préférais l'option comme quoi il avait juste succombé à mon inimitable sens de l'humour !
Mouaif…Je ne veux pas de faire de peine, mais à mon avis, ce n'est pas ça !
Toi, t'étais pas là, alors on t'a rien demandé, clair !
Naaah ! (Tire la langue)
C'est pas grave…Je vais faire comme si ton QI n'avait pas brutalement chuté dans les négatifs…
Même pas vexée !
Non, puisque je n'ai pas encore parler de Cloud !
Laisse-le en dehors de ça !
Comme quoi, j'avais raison…
A propos de quoi ?
De rien, de rien...De toute façon, j'ai toujours raison, alors….
Ca ne vaut même pas la peine que je réponde à ça…
Bah alors tais-toi et laisse-moi continuer !
Je ne t'en empêche pas !
Tu me déconcentres !
OK ! Je suis muette comme une carpe !
Donc, toujours est-il qu'il était mort de rire…La raison ne nous intéresse pas (trop peur de découvrir un truc vexant en fait !). C'était un petit dragon rouge (et quand je dis petit, c'est carrément nain en fait, mais bon…) et je tiens à préciser, pour ceux qui n'auraient pas encore compris que c'était un dragon chinois ! Donc un gros serpent moustachu à pattes (oui, je sais, c'est réducteur mais bon c'est un peu ça l'idée…) même si dans son cas, c'était plutôt un petit serpent à pattes si on réfléchit bien…Enfin, ça n'a pas d'importance. Le plus important, c'est que maintenant je savais précisément où j'étais…Mais de là à savoir comment j'avais pu y arriver…
« Bon, je me présente, continua le petit lézard, je m'appelle Mushu et vous ? Et deuxième question, et non la moindre, qu'est-ce que vous faites ici ? »
« Euh…Ce qu'on fait ici, commençai-je. Et bien, c'est dur à expliquer…Ce qu'on fait ici… »
« Elle s'appelle Andarielle, et moi c'est Riku, dit-il pour m'éviter de me perdre dans des explications sans fins. »
« Drôles de noms…D'où vous venez ? »
« De très loin, dis-je en soupirant. »
« Tant que ça ? »
« Ouf, encore plus… »
« Et qu'est-ce que vous faites là ? »
« Si on te dit qu'on s'est perdus, tu ne nous croiras pas, dis-je en haussant le épaules. »
« Vous plaisantez ! »
Il éclata à nouveau de rire.
« J'aime bien ta franchise….En fait, je vous aime bien tous les deux…Suivez-moi, dit-il en se frayant un chemin au milieu de l'épaisse forêt de bambous. »
« Attends, demanda Riku. Où tu nous emmènes ? »
« En ville ! Vous ne comptiez tout de même rester ici, dit-il en se retournant. »
« Tu crois qu'on devrait le suivre, demandai-je à voix basse à Riku. »
« Je ne pense pas que ça puisse nous attirer des ennuis, répondit-il. »
« Tant que tu ne t'en mêles pas, répondis-je en souriant. »
« Tant que je n'ai aucune raison de le faire… »
« Vous venez, nous interpella-t-il. »
« Oui, oui ! Autoritaire pour quelqu'un de si petit, fis-je remarquer. Comme quoi, la taille doit être inversement proportionnelle à l'autoritarisme de quelqu'un… »
« Comment ça, me demanda Riku. »
« Plus quelqu'un est petit, plus il veut avoir de l'autorité sur son entourage ! »
« C'est très vrai ce que tu dis là ! C'est donc pour ça que c'est toujours toi qui veut prendre les décisions !»
« Qu'est-ce que tu veux dire par là ?»
« Rien du tout ! »
Il partit.
« Mais…Je ne suis pas petite, hurlai-je. »
« J'ai jamais dit ça, me lança-t-il. »
« Non, mais tu l'as pensé ! »
« J'ai quand même encore le droit de penser ce que je veux ! »
« J'y arriverai, j'y arriverai, scandait Poltergeist. »
Elle venait de se prendre un deuxième vent magistral (comme quoi, en plus d'être super discret en infiltration, il avait le don pour mettre des vents…Trop fort, Cloud !) mais ne renonçait toujours pas. Après tout, elle ne s'était pas laissée enfermé par une folle pour rien…Qu'il le veuille ou pas, elle était restée pour lui ! Elle y arriverait ! Elle le ferait parler !
Je suis motivée à donf !
Mais oui, c'est ça…C'est juste que tu ne sais pas reconnaître une tentative vouée à l'échec !
Je peux le faire, je le sais…
J'ai toute confiance en toi (en plus, ça me fait marrer ses efforts inefficaces…) !
Eyh ! Si j'y arrive, tu devras te prosterner à mes pieds…
JAMAIS !C'est compris ! JA-MAIS !
Il ne faut jamais dire jamais ! Seuls les imbéciles ne changent pas d'avis !
Je déteste quand tu utilises des dictons ou des proverbes contre moi ! Il n'y a que moi qui aie le droit de le faire !
Tu n'as pas le droit de te réserver des tucs comme ça ! C'est une véritable injustice ! Aïe euh !
Je ne supporte pas le mot injustice !
Ce n'est pas une raison pour me frapper !
Moi, je trouve que si…Et estime-toi heureuse que j'ai encore besoin d'une raison pour le faire ! Aïe!
Moi, par contre, je n'en ai pas besoin ! Mdr !
Tais-toi, sinon je dis plus rien sur toi et Cloud…
Pff ! D'accord…
Mais c'était sans compter la taille du vaisseau ! Et je l'avais prévenu que c'était bien trop grand pour trois…Même pour 4 d'ailleurs, selon moi…Alors, chercher Cloud là-dedans, c'était pas gagné d'avance. L'avantage, c'est que si un jour, on cherchait à éviter quelqu'un, on serait capable d'y arriver sans problèmes ! Mais que si on cherchait quelqu'un, nos espoirs de le retrouver étaient très minces ! Moi, je vous dis un jour, il y a quelqu'un qui va se perdre là-dedans (ce qui fait qu'il mériterait vraiment de s'appeler le Dédale…lol) mais bon, n'anticipons pas trop… Qui plus est, Poltergeist n'est pas vraiment connue pour ses coups de chance (en fait, ce serait plutôt l'inverse : la preuve, elle m'a rencontrée !) ni pour ses bonnes méthodes de recherche…Sa principale technique : hurler votre nom et se guider au son (ce qui est fortement compromis avec un mec qui aligne deux mots par jour environ…) mais dans ce cas-là, c'était complètement inefficace…
On ne peut pas toujours être au top de ses capacités !
Quand est-ce que tu y es, toi ?
Souvent ! Plus que toi en tous cas !
On n'avait dit pas d'attaques personnelles sur ma personne !
C'est vraiment n'importe quoi tes règles…
Au moins elles ont le mérite d'exister…
J'ai fait un rêve où je n'aurais plus à subir tes règles autoritaires et où je serais enfin libre !
Arrête ton char, Martine…
Pff ! Et pourquoi Martine ? C'est moche, Martine…
Mais tu es vraiment une inculte !
Non, mais c'est juste que Martin, c'est mieux…
Hors de question que je te fasse plaisir, mon moineau !
Moineau ! Mais ce n'est pas vrai, tu as un doctorat dans les surnoms débiles !
Au moins, je suis docteur en quelque chose !
Je ne me sens même pas visée !
C'est vrai que tu as un doctorat dans la prise de vents !
Tu vas voir, ça va changer ! Bientôt, il sera bien obligé de m'écouter…Grâce à ma stratégie incomparable !
Oh, celle-là…J'y arrivais justement….Alors il faut savoir que le terme stratégie incomparable est un peu présomptueux…
Non, c'est très vrai !
Elle était partie du postulat suivant : Cloud est un être humain donc il aura besoin de manger un jour…Alors elle faisait un sit-in dans la cuisine, juste à côté de la porte ! Son plan était simple : lorsqu'il viendrait se sustenter, elle l'enfermerait ! Machiavélique….
C'est tellement fourbe que ce pourrait être une idée à toi !
Je ne suis pas fourbe !
Non, tu es perfide…
Non plus ! Je ne suis rien de tout ça ! Je suis gentille !
Mais oui, c'est ça…
Tout a fait… Mais bon…Ce que je veux dire, c'est qu'elle avait concocté ce plan sans prendre en compte tous les facteurs de la situation présente…Alors elle attendait. Elle attendait depuis des heures sans observer le moindre mouvement dans les parages pouvant indiquer une autre présence humaine que la sienne dans le vaisseau (pourtant il était forcément à bord, il n'y avait pas d'autre solution !) et elle commençait à avoir faim. Enfin avoir un petit creux dans la cuisine, il y avait tout de même plus critique comme situation. Alors elle se leva, histoire de se trouver quelque chose à manger. Elle fit le tour des placards…Ce qui lui avait échappé, c'est qu'à aucun moment on avait fait le plein de nourriture ! Tout était vide ! Là, la situation devenait critique !
« Mince, je risque de mourir de faim, se dit-elle. Ce n'est pas possible d'être aussi bête ! Pourquoi on a rien pris à manger ! »
Pour répondre à cette interrogation, je dirais pour ma défense que nous avions d'autres choses à penser !
Dis ça pour toi…C'est pas toi qui a failli mourir d'inanition dans un vaisseau gummi !
Si ça t'était arrivé, promis, j'aurai mis ça sur ton épitaphe ! Est morte d'inanition dans un vaisseau gummi ! Et j'irais peut-être même déposer un bouquet sur ta tombe !
Ca me touche beaucoup ce que tu dis là…snif. C'est vraiment gentil !
Tu trouves vraiment ?
NON !
J'ai cru...J'ai eu l'illusion que juste une fois tu serais gentille avec moi...
Seulement quant toi tu le seras!
Ce n'est pas gagné d'avance !
Je ne te le fais pas dire !
Bref, rien a mangé…C'est alors que l'illumination se fit dans son esprit !
« Peut-être que Cloud sait qu'il n'y a rien à manger ! Et il ne viendra pas ! Raaah ! Encore du temps perdu ! Ca m'énerve ! Il faut que je frappe quelqu'un ! Et Andarielle qui n'est pas là ! »
Elle pesta encore quelques moment avant d'enfin se reprendre.
« Bon, c'est pas en restant là que je vais pouvoir parler avec Cloud ! En avant ! »
Avanti les sales jeunes comme je dis toujours!
Oui, mais là, c'était pas toi qui parlait ! Et que je préfère dire en avant que Avanti et que je ne me traite pas moi-même de sale jeune !
Ecoute je raconte, alors j'ai le droit, moi aussi, de mettre des petites remarques stupides de temps en temps !
Oui, si c'est de temps en temps seulement…
Serait-ce une remarque désobligeante ?
Prends-le comme tu veux !
Je vais essayer de bien le prendre et de ne pas faire pleuvoir des météorites de la taille d'une voiture sur toi et Cloud…
Tu ne serais pas capable de la faire !
J'ai réussi à convoquer des chips et à ressusciter un canard, alors tu penses bien que les météorites, ce ne sont que de simples formalités !
Tu n'oserais quand même pas ?
Continue à tenter le diable si tu veux…
Je te hais !
Je sais et c'est justement pour ça que tu es ma meilleure amie…
Raah ! Je déteste quand tu dis ça ! Je me sens obligée de te pardonner !
Mais je ne t'oblige à rien…
C'est tout comme quand tu dis des trucs comme ça !
Vois le bon côté des choses !
Lequel ?
Tu ne vas pas mourir broyer par un énorme caillou venu du ciel…
Dis comme ça…
Bref, elle était bien remontée et voulait retrouver Cloud, soi-disant pour lui parler même si j'y crois qu'à moitié…
Bah dis-toi que ce n'est qu'à moitié vrai…
C'est pour ça ! Tout s'éclaire !
Et ouais ! Ravie d'avoir pu t'être utile !
En plus, maintenant sa seule tactique d'approche était tombée à l'eau ! On sous-estime toujours l'importance d'un bon plan de rechange…Un vrai stratège doit être prêt à parer à toute éventualité !
En même temps, je ne suis pas la stratège du groupe !
Et oui…Tout le monde n'a pas les qualités requises pour bien diriger des hommes !
Et voilà le quart d'heure prétention d'Andarielle ! Quand elle est comme ça on ne peut rien en tirer…Alors c'est moi qui vais continuer.
Avec moins de brio que moi s'entend…
Ca va les chevilles !
Très bien, pourquoi ?
Pour rien ! Enfin, je ne suis pas non plus une abrutie totale. Je suis largement capable d'improviser après l'échec d'un de mes plans (et celui-ci n'avait vraiment rien de génial…).
Normal, ce n'était pas un des miens !
Tu sers de plus en plus à rien, toi…
C'est pas très très gentil de dire ça, tu sais...Même si c'est vrai, il y a quand même plus sympa !
Je dis juste que ton utilité à cette histoire est en train de chuter vertigineusement !
Au temps que la tienne est en train de monter...C'est ce qu'on appelle les vases communicants!
Super ! En fait en plus de lui parler, je voulais surtout le voir…Il est trop beau ! Ma blondinette d'amour ! Il frôle la perfection ! Son seul défaut, c'est d'être trop parfait !
Personnellement, j'en vois un autre.
Lequel ?
Il n'a pas les cheveux argentés !
Ce n'est pas un défaut pour tout le monde, tu sais…
Pour moi, si…
Si tu vas dans cette voie, son défaut majeur, c'est de ne pas s'appeler Riku…
Tout a fait ! Mon Riku, il est trop beau et il est parfait !
Vaut mieux entendre ça que d'être sourde ! Enfin, heureusement on a pas les mêmes goûts en matière de mecs (et heureusement, parce que tu as des goûts de chiottes !)
Trouver Riku et Séphiroth trop beau, ça n'a rien d'un goût de chiotte, tu sais…
Chut ! On arrête le sujet !
Ouais, mais quand même !
Ca te tuerait de reconnaître qu'on a toutes les deux raison ?
Oui !
Alors comme le vaisseau n'était pas non plus gigantesque, j'adoptai la technique de l'élimination !
Tu ne trouvais pas Cloud alors tu as décidé de le tuer ! J'approuve l'idée ! AÏE !
Ce n'est pas du tout ça ! A chaque fois que j'explorai une pièce, je la fermai à clé !
Comment ?
Grâce à la clé du pilote qui ferme tout…Qui scelle tout pour être plus exacte !
Pourquoi j'en ai pas une comme ça, moi ?
Tu m'as bien écouté ! C'est la clé personnelle du pilote !
C'est pour ça…Et bah, j'en veux une pareille ! Je lui ai même déjà trouvé une utilisation ! Yekyekyek!
Je ne veux rien savoir, tu m'entends ? Rien du tout ! Donc la technique dite d'élimination ou, puisque ce mot semble réveiller les tendances sadiques d'Andarielle, d'exclusion marchait plutôt bien. En une demi-heure, j'avais fait la moitié du vaisseau : un par ce qu'il est pas si petit qu'on veut bien le croire et deux parce qu'il fallait vraiment le fouiller de fond en comble pour ne pas enfermer ma blondinette par inadvertance…
C'est vrai, ce serait tellement dommage ! C'est gentil d'avoir pris la relève, mais maintenant je suis entièrement capable de continuer…
Allez, encore un peu, s'il te plaît !
Promis je te laisserai un chapitre entier, rien qu'à toi, mais là tu me rends la narration…Lâche cette narration tout de suite !
D'accord…Comme tu veux, snif.
Et n'essaie pas tes larmes de crocodile, ça ne marchera pas avec moi, clair ?
Limpide !
Parfait ! Je dois bien admettre que son idée n'était pas complètement dénuée de sens…Peut-être même que j'aurais eu la même en fait…
Tu vois ? Comme quoi tu n'as pas le privilège des bonnes idées !
J'ai dit peut-être ! Rien en prouve que dans une situation similaire, ma réaction aurait été la même !
Tu as sûrement raison !
Comme toujours !
Tu n'aurais pas survécu en te rendant compte qu'on avait rien à manger !
Méchante !
Pas plus que toi ! Rien ne prouve que tu ne m'aurais pas dit pareil si tu en avais eu l'occasion !
A la fin de son investigation minutieuse, il ne restait plus que deux possibilités : la cabine de pilotage ou la salle des machines (si je vous le dis, c'est que c'est vrai) que jamais personne n'avait visitée jusqu'à présent. Je suis intimement persuadée qu'elle est hantée par ailleurs !
Ne dis pas ça ! Ce n'est pas toi qui vas être obligée d'y aller !
Et on dit que les spectres se nourrissent de cervelles de blondinets ! Et que c'est pour ça qu'ils sont si maigres !
Méchante ! Cloud est super intelligent !
Il ne me l'a encore jamais prouvé pour le moment !
Il n'a pas à le prouver ! Il l'est, c'est tout !
Ca, c'est le truc le moins objectif que j'ai entendu de toute ma vie ! Arrête de le défendre à tout bout de champ ! Il n'a pas besoin de toi !
C'est vrai ! Il n'a besoin de personne ! Il vit tel un loup solitaire, un grand prédateur, un superbe fauve au regard acéré…
Là, ça devient grave ! Va te calmer plus loin puis tu reviens après, OK ?
OK.
Enfin la paix, enfin tranquille…Reprenons donc les choses sérieuses. Donc, elle fit d'abord le tour de la cabine du pilotage (elle avoua plus tard ne pas avoir fouillé sous les sièges, mais vu la taille de Cloud, je pense que ce n'était pas un oubli énorme à moins qu'il n'ait une technique spéciale pour rétrécir) mais dut se résoudre à l'évidence : il s'était planqué dans la seule salle hantée du vaisseau.
« J'ai vraiment la loose du siècle, dit-elle. Il fallait qu'il choisisse celle-là… »
Certes, elle pouvait tout lui pardonner, mais faut pas trop abuser…On parlait d'explorer la cale hantée où un horrible massacre avait été commis !
Dans un vaisseau encore en rodage ? Et bah, tu as le massacre facile, dis-moi...
Tiens, tu es revenue ?
Non, c'est mon double maléfique qui est là, moi je suis plus loin…
Je savais bien que tu ne pouvais pas t'être calmée si vite !
Imbécile ! Bien sur que je suis revenue !
Dommage !
Je te hais !
Tu sais que tu me le dis de plus en plus souvent ?
Tu sais que c'est vrai de plus en plus souvent !
En fait, je ne suis pas vraiment sure à 100 de ce massacre, mais bon, je ne suis pas sure non plus à 100 qu'il n'y en ait pas eu !
Pourquoi veux tu qu'il ait eu un massacre dans la salle des machines de ce vaisseau ?
Le Minotaure est toujours caché dans les méandres du Dédale, prêt à dévorer des jeunes gens innocents !
Le Dédale ? Pas question, c'est trop moche comme nom…
Je comptais l'appeler petit nuage d'amour en sucre, mais Dédale, c'est mieux !
Pas question ! Ni l'un ni l'autre ! Je t'interdis d'appeler quoi que ce soit tant que tu n'arriveras pas à trouver des noms a peu près potables !
D'accord, d'accord…Donc j'en étais à : explorer la cale hantée où un horrible massacre avait été commis….C'est incroyable comme on peut s'éloigner du sujet des fois…
La preuve par l'exemple !
Je ne vois vraiment pas ce que tu veux dire…
Tu es sûre ?
Bon, OK, j'abrège ! En fait, c'est assez dur de décrire la salle des machines d'un vaisseau gummi à quelqu'un qui n'y ait jamais allé…Bon, premier point, tout y est fait en bloc gummi (surprising, isn't it) donc dans des teintes allant du rouge aux jaunes en passant par toutes les nuances du jaune et du orange. J'y rentre, j'y vomis (je hais le orange et le rose) mais Polty, elle, ne s'arrête pas à ce genre de considérations. En plus elle avait une bonne raison d'y aller. Un autre point caractéristique, c'est l'absence de bruit, surtout quand le vaisseau est à l'arrêt (logique) mais même c'est un endroit plus calme qu'on pourrait le penser au premier abord. Par contre, c'est assez chaotique (dans le sens, le chaos y règne en maître) en bref la planque idéale à laquelle personne ne pense ! Comme je ne suis pas une experte, je ne pourrais vraiment vous en décrire l'intérieur, mais en gros c'est rempli de cylindres et de cubes aussi colorés qu'à l'usage mystérieux (c'est vous dire le mystère qui règne là-dedans) et tout ça dans une chaleur étouffante avec des jets de vapeur colorés qui surgissent à intervalles réguliers des tuyaux qui serpentent partout, au sol comme au plafond. En résumé, il y a de l'ambiance dans cette salle, idéale pour qu'un monstre s'y planque si vous voulez mon avis…
Justement, on n'en veut pas de ton avis !
J'ai saisi le principe…Puisque c'est comme ça, je ne dirais plus rien…
C'est compatible avec ton rôle de narratrice ?
Non !
Ah, alors on a un sérieux problème…Je t'en prie, Andarielle, fais-nous profiter de ton art !
Tu le penses pas vraiment alors m'en fous !
Si je suis sincère…
OK, je reprends sans donner d'avis personnels…
Fais ce que tu veux !
Merci ! De toute façon c'est bien ce que je comptais faire !
Pourquoi ça ne m'étonne même pas !
Parce que c'est totalement typique de moi ce genre de choses…
Ah ouais, c'est pour ça en plus !
Elle s'avança précautionneusement entre les tuyaux qui jonchaient le sol. Il faisait si chaud, on se serait cru dans un sauna. L'atmosphère était moite…Je suis intimement persuadée que la vapeur d'eau est responsable de beaucoup dans le fonctionnement des gummis…Enfin une énergie non polluante qui utilise l'eau et les visages heureux, ne l'oublions pas… L'écho de ses pas résonnaient étrangement fort…Si elle avait voulu passer discrètement c'était raté. Même en avançant un pas feutrés, elle continuait à faire un boucan du diable. Alors renonçant à vouloir être discrète, elle avançait à grands pas vers le seul coin suffisamment grand pour pouvoir y passer un Cloud entier, non parce qu'en morceaux il pourrait être un peu partout !
Ca me met toujours mal à l'aise quand tu parler de morceaux…Surtout de morceaux de Cloud en fait…
C'était une hypothèse…S'il était en morceaux, avoue qu'on pourrait le mettre un peu près partout…mais comme là, il était entier (et heureusement) il ne pouvait être qu'à un seul endroit : au fin fond de la salle hantée !
Après la SF, les films d'horreur…Je crois qu'on ne s'en sortira jamais avec toi…
C'est la vie ! Elle le rejoignit enfin son nuage d'amour.
Je croyais t'avoir dit ne plus l'appeler comme ça…
Je n'ai pas pu m'empêcher…Enfin ce qui lui fit le plus mal (en plus de sa beauté sidérante) c'est qu'il était tranquillement adossé au mur en train de manger. Son estomac gargouillant se chargea de lui rappeler que cela faisait bien longtemps que, elle, elle n'avait pas mangé…Elle commençait déjà à saliver, mais se retint et s'approcha du grand blond. Là elle ne salivait plus, elle bavait…
N'importe quoi ! Je sais me tenir !
C'est pour ça que tu lui dis ça…
« Héhéhé…Est-ce que c'est bon ? »
Franchement, même mes approches sont plus subtiles ! Et surtout plus efficaces…Enfin c'est vrai qu'avec un gars loquace comme ça, ta tentative de discussion était déjà à moitié vouée à l'échec…
« Oui, répondit-il sans même lui jeter un regard. »
Elle déglutit. Elle ne trouvait vraiment rien d'intéressant à dire. Le problème, c'est que si elle attendait que ce soit Cloud qui entame la conversation, ils seraient encore là demain…
« Il était plus bavard dans mes souvenirs, grommela-t-elle. »
Il le va la tête.
« Qu'est-ce que tu as dit, demanda-t-il. »
« Rien, rien… »
« Ah. »
Ca, c'était de la réplique qui ouvrait une conversation, je vous jure…
« Que...Qu'est-ce que tu fais ici, demanda-t-elle plus pour entendre sa voix mélodieuse que pour savoir ce qu'il pouvait bien penser du Dédale. »
Je t'ai dit que je ne voulais pas qu'on l'appelle comme ça !
Je ne suis pas sûre que tu l'aies remarqué mais tu n'as pas beaucoup le choix, ma grande !
« Je connais quelqu'un qui ne supporterait pas de voir une salle des machines dans un état aussi lamentable… »
« Tu parles de Cid ! Tu sais, c'est son vaisseau à la base… »
Ses yeux s'écarquillèrent imperceptiblement pour un œil non averti…Mais bon Poltergeist est une championne olympique quand il s'agit d'admirer les yeux de Cloud.
Ils sont si beaux ! Comme lui…
Mais oui, c'est ça…
« Je ne connais aucun Cid, répondit-il. »
« C'est ça, à d'autres ! Pas la peine de me mentir, tu sais, dit-elle en souriant. »
« Tiens, répliqua-t-il sèchement en lui tendant l'assiette et en partant. »
Elle ne savait plus trop quoi penser. Dans un sens elle avait super faim mais de l'autre ça lui faisait de la peine qu'il parte comme ça. Le goût salé des larmes se mêla à la saveur des aliments.
La densité des bambous rendait la progression assez difficile. Sans Mushu, je crois que je me serai déjà perdue…Nous étions entourés de toutes parts par un labyrinthe de verdure infranchissable. Un tapis de feuilles mortes bruissaient doucement sous nos pas, et l'ombre des hautes herbes (les bambous sont des herbes, je vous assure) nous protégeait du cagnard. Mais le bruit que produisait le vent en s'engouffrant dans les bambouseraies était très énervant et commençait à me faire perdre patience.
« Elle est encore loin, cette fameuse ville, fulminai-je. »
« Non, normalement, plus trop, me répondit notre guide improvisé. »
« Normalement ! NORMALRMENT ! Tu rois que je vais me satisfaire d'un simple normalement ! »
« Je ne peux pas te donner beaucoup plus… »
« En gros, on est perdus… »
« Vous l'étiez déjà, je vous fais remarquer…Et puis ce n'est pas si grave ! »
« Pas grave ! Qui sait quelle horrible créature peut nous attendre au détour d'un bosquet ? »
« A part un panda, pas grand-chose de menaçant… »
Dis comme ça, il est vrai que notre situation n'avait vraiment rien de catastrophique…Mais il ne faut pas sous-estimer le danger des pandas…
« Calme-toi, dit Riku. Mushu a raison, ce n'est pas si grave…On va forcément retrouver notre chemin… »
« A moins qu'on ne meure de faim avant ! »
« Tu entends ce que tu dis ! C'est stupide ! »
« Et en quoi ? »
« Mourir de faim dans un endroit désertique, ce serait encore plausible…Mais dans une forêt verdoyante ! »
Grand silence. Mais ma mauvaise foi reprit vite le dessus.
« Il se peut aussi que l'on meure empoisonnés en mangeant une plante venimeuse ! »
« Vénéneuse, me corrigea Mushu. Venimeuse, c'est pour les animaux…Vénéneuse pour les plantes… »
Re-grand silence.
« Riku, me plaignis-je. Le lézard, il fait rien qu'à m'embêter ! »
« M'en fous ! »
« Mais euh ! Je t'aime plus, si c'est comme ça ! »
Il se rapprocha de moi et m'embrassa dans le cou.
« Sûre, demanda-t-il. »
« Non, j'ai changé d'avis…En fait je t'aime toujours, dis-je en m'accrochant à son coup. Mais je t'aimerais encore plus si tu voulais bien me porter… »
« Bien essayé, mais non ! »
« Pourquoi ? »
« Laisse-moi réfléchir… Parce que ! »
Je me collai contre lui et commençai à jouer négligemment avec une de ses mèches argentées.
« Sur de ne rien regretter, lui murmurai-je en l'embrassant sur la joue. »
« Quasiment, répondit-il, hésitant. »
« D'accord…Alors je VEUX que tu me portes ! »
« Tes désirs sont des ordres…Malheureusement, ajouta-il en soupirant alors que je montais sur son dos. »
« J'adore la spontanéité avec laquelle tu as accepté. Et ne me laisse pas tomber ! »
« Tu as dit que je voulais que je porte…pas que je te garde sur mon dos pendant tout le trajet ! »
« Et bah, je précise ! Ne me laisse pas tomber ! Sache, très cher, que j'aurais toujours un coup d'avance sur tes coups fourrés ! »
« C'est loin d'être un coup de chance, dit-il. »
« Mais de quoi vous parlez tout à coup, demanda Mushu. »
« Laisse, t'es pas dans le coup, Mushu, lui dis-je. »
« Ca vaudrait peut-être le coup de lui expliquer, non ? »
« Le prochain qui utilise le mot coup dans sa phrase, je lui en colle un, c'est clair, ajoutai-je. »
« Pour une fois que tout le monde était sur la même longueur d'ondes, dit Riku avec un petit sourire. Avoue que tu as dit ça parce que tu ne trouvais plus d'expressions avec ce mot pour nous répondre ! »
« Je ne vois pas pourquoi je répondrai aux élucubrations de ton esprit dérangé… »
« Merci, c'est sympa, ronchonna-t-il. »
« Non, te vexe pas...Je voulais pas dire que tu avais l'esprit dérangé, j'ai juste dit que tu avais… »
« …l'esprit dérangé, acheva le petit dragon. »
« Dans les grandes lignes, oui, concédai-je. »
« Non, à part ça, c'est vrai, je n'ai aucun raison d'être vexé ! »
« Mais je ne pensais pas à mal en te disant ça… »
« Peut-être, mais j'ai déjà entendu des trucs plus sympathiques… »
« Excuse-moi… »
« Excuses acceptées ! »
« Tant mieux alors ! »
Il n'empêche, il y a une chose très vraie à dire…les marches dans la forêt sont beaucoup plus agréables quand quelqu'un nous porte…Surtout si c'est un beau jeune homme en fait !
Pourquoi ça ne m'étonne même pas venant de toi ?
Parce que je suis purement superficielle et que j'esclavagise tout ce qui bouge !
Et après c'est moi la tortionnaire…
Parfaitement ! Toi, tu m'esclavagises donc c'est pas bien !
Mais quand tu esclavagises les autres, c'est bien !
Parfaitement !
Sans commentaires !
Tu as raison pour une fois…Peu à peu la forêt se clairsemait et la haute ceinture des montagnes environnantes se faisait à chaque pas plus visible. Leurs sommets enneigés brillaient sous la lumière crue du soleil d'un éclat presque éblouissant. L'odeur des bambous avait été supplantée par l'odeur des grands espaces, une odeur libre, sauvage qui volait non pas dans le vent, mais avec le vent, odeur à l fois légère et enivrante…
« Je n'ai jamais vu un paysage pareil, dis-je, soufflée. »
« Je suis sûr que j'en profiterais mieux si tu descendais, me lança Riku. »
« Mais moi, je suis bien là ! »
« Moi non ! »
« C'est pas ton confort qui me préoccupe le plus ! »
« Egoïste ! »
« Puisque tu y tiens… »
Je descendis de son dos.
« Alors content ? »
« Oui, c'est mieux ! Bien mieux même, dit-il en s'étirant. »
Je lui lançai un regard noir.
« Quoi ? »
« Rien, lui répliquai-je. »
« On dirait pas, mais si tu le dis ! »
« Regardez par là-bas, dit Mushu en désignant l'horizon du doigt (ou de la griffe, comme vous préférez). »
Au loin, on voyait se profiler sur la lumière déclinante de cette fin d'après-midi les premières silhouettes de lointaines maisons.
« Et après tu oses dire que c'est pas loin, m'exclamai-je. »
« On en a encore pour moins d'un jour de marche, dit-il tout heureux. »
Je re-lançai un regard noir à Riku.
« Quoi ! Mais j'ai rien fait, se défendit-il. »
« Un, j'ai la flemme de baisser la tête pour jeter un regard noir à Mushu, et deux je repensais à ton : plus tôt on part, plus tôt on sera revenus ! »
« C'est toujours vrai, tu sais… »
« Chut ! Ne dis plus rien ! Tu entends ça ? »
« Quoi ? »
« Le silence, la paix, qui te dis de l'imiter ! Bon, on ne va pas rester ici indéfiniment, on y va ! »
« Tu sais, c'est pas parce que toi, tu te sens reposée que c'est le cas de tout le monde, dit Riku, et surtout pas le cas de celui qui a du te porter ! »
« Tu parles de toi à la troisième personne maintenant ? »
« Il trouve ça plus classe ! »
« N'importe quoi… »
« Regarde…Le soleil se couche, on est dans un coin de rêve et tu es encore capable de râler ! »
« C'est juste que c'est peut-être cruel de faire une pause, de profiter du paysage, de tout ça, alors que Poltergeist se morfond toute seule dans le vaisseau ! »
« Un elle est pas toute seule, deux, elle y est de son plein gré ! »
« Ouais, mais même… »
« Ce n'est pas en arrivant de nuit que vous vous attirerez les bonnes grâces des habitants… »
« Bon, on va faire comme si vous aviez raison ! Je vous préviens, je ne dors pas par terre ! »
« Tu crois que tu vas avoir le choix, me fit remarquer le dragon. »
« Dans ce cas, je ne dors pas et en plus je vous empêche de dormir ! »
« Mais c'est pas possible d'être aussi chiante, s'exclama Riku. Comment tu fais ? »
« Secret défense, lui répondis-je. »
En réalité, tout ça c'est grâce aux bonbons Chiantos ! Avec deux bonbons par jour, vous pouvez facilement insulter 50 personnes !
Arrête-toi là, je t'en supplie ! Sinon on va avoir des problèmes de droits d'auteur !
D'accord…Tout le monde s'était installé pour passer la nuit du mieux qu'il pouvait. Et moi, fidèle à ma chianlie, je m'étais assise sur un gros rocher, bien décidée à ne pas dormir ! Je me contentais de regarder la course de la lune dans le ciel étoilé…Et d'ailleurs je tiens à signaler que pour une fois j'avais une chance insolente : il ne pleuvait pas.
KABOUM !
Le tonnerre déchira le silence et un rideau d'eau se mit à tomber sur la plaine.
« Mais quelle conne, c'est pas possible, dis-je à voix basse. J'ai vraiment la loose ! »
Je tournai la tête et mon regard se posa sur Riku.
« Finalement, j'ai parfois des gros coups de chance, finis-je, sourire aux lèvres. »
Ce qui n'empêchait pourtant pas la pluie d'être froide…C'était un coup à choper la crève…Si j'étais malade, je ferais un nœud dans les moustaches de Mushu, c'était décidé !
Je descendais de mon gros caillou, m'adossai contre la roche froide, visage levé pour y laisser ruisseler cette pluie fraîche et vivifiante.
Les éclairs zébrèrent encore par deux fois le ciel, le tonnerre gronda et je m'endormis.
