Présentation :« Dans neuf mois, toi et moi, on sera trois ! » (Le Twilight Contest)
Titre : Enlèvement ou adoption ?
Couple : Athénodora et Caïus
Le rating : K+
Disclaimer : Les personnages de Twilight appartiennent bien sûr à Stéphenie Meyer (chanceuse devant l'Eternel), je ne suis responsable que du contexte de cet OS dans le cadre du concours « Dans neuf mois, toi et moi, on sera trois ! »
Enlèvement ou adoption ?
Debout devant un miroir, elle s'observait. De la tristesse était visible dans ses yeux pourpres, un sentiment qu'elle traînait avec elle depuis déjà plusieurs années. L'une de ses mains vint se poser sur son ventre éternellement plat et un sanglot sans larme s'échappa de sa gorge. A quoi bon se lamenter, cela ne ferait qu'augmenter le sentiment de culpabilité de son mari et, pour rien au monde, elle n'aurait voulu le voir malheureux. Elle seule avait le droit de souffrir de sa condition car elle avait accepté en connaissance de cause, sans se douter qu'un jour, l'envie de fonder une vraie famille se ferait si forte. Fermant les yeux, elle tenta de s'imaginer entourée par de jolies têtes blondes et une vague de mélancolie la submergea. Elle dut s'assoir sur le rebord du lit, cachant son visage dans ses mains sans pour autant pouvoir pleurer. Sa transformation en vampire datait pourtant, les siècles s'étaient écoulés les uns après les autres sans lui poser le moindre problème mais là, après avoir vu les Cullen rayonnants, protégeant leur petit joyau du nom de Renesmée, elle avait craqué. Avant d'être vampire, Athénodora était surtout une femme en quête d'un foyer.
Quittant sa chambre parce qu'elle en avait assez de ruminer de sombres pensées à longueur de journée, la blonde décida de rendre visite à l'autre épouse, Sulpicia. Cependant, elle ne la trouva à aucun endroit de leur repère à Volterra et elle soupira, luttant contre la solitude qui l'envahissait peu à peu. Traversant les multiples couloirs, elle tomba nez à nez avec les touristes que l'une des leurs ramenait tous les jours pour leur servir de repas. Elle les regarda se diriger avec insouciance vers la salle des trônes, remarquant au passage des enfants accrochés aux jupes de leurs mères ou endormis dans les bras de leurs pères. Cette vision lui donna une folle envie de les enlever, de se nourrir de leurs parents et de les garder près d'elle pour toujours. Quand elle y réfléchissait, elle comprenait mieux les vampires qui créaient des enfants immortels pour ne pas les voir grandir et pour constituer une famille éternelle, inchangée, parfaite. Un petit rien pouvait facilement faire perdre la tête et Athénodora se ressaisit, prenant un autre chemin, se rendant dans un salon où elle s'allongea sur l'un des canapés en velours, le regard fixé sur le plafond, regrettant de ne pas pouvoir dormir, fermant finalement les yeux. Elle resta ainsi plusieurs heures jusqu'à entendre des bruits de pas, une démarche familière et elle ne rouvrit ses paupières que quand elle fut certaine de la présence de son mari, se relevant à une vitesse stupéfiante pour se glisser dans ses bras, contre lui, respirant son odeur.
Caïus, murmura-t-elle. Je veux un enfant.
Quand cesseras-tu d'être aussi bornée, lui répondit-il en l'enlaçant. Nous sommes des vampires, tu n'es pas humaine comme l'était le jouet du Cullen.
Athénodora ne répondit pas, se contentant de réfléchir face à ce que son mari venait de lui dire. Elle aurait tout donné pour retourner dans le passé et récupérer son humanité mais cela signifiait aussi perdre Caïus. L'amour qu'il lui portait était aussi grand que la cruauté dont il faisait preuve vis-à-vis des autres vampires et elle savait à quel point il était heureux avec elle. Ce n'était pas un sentiment de façade pour trouver quelqu'un à ses côtés, il l'aimait vraiment et n'imaginait pas sa vie sans elle. Il était entré dans sa vie comme un séisme, bouleversant son existence bien rangée et son futur mariage arrangé avec un homme qu'elle n'aimait pas. Tel un voleur dérobant un gadget précieux, un objet hors prix, il lui avait offert un refuge à Volterra, lui expliquant tout sur les vampires et lui demandant de devenir sa compagne. Sans une seule hésitation, elle avait accepté sur le champ même si elle avait peur de la réaction de sa famille. Pourrait-elle vraiment leur dire qu'elle les quittait pour toujours ? Elle l'avait fait, leur affirmant seulement qu'elle avait enfin décidé de prendre sa vie en main et se rappeler de leurs mines pâles, comme s'ils avaient avalé de travers un morceau de pomme, la fit sourire contre le torse de son mari. Elle releva la tête vers lui, croisant ses iris rouges comme le sang.
Te rappelles-tu de ce jour où j'ai annoncé mon départ à mes parents ? lui demanda-t-elle.
Comment pourrais-je l'oublier ? plaisanta Caïus. Heureusement que je suis un vampire parce qu'ils auraient très bien pu m'écorcher vif.
Ma mère a cru que j'étais enceinte. Elle te prenait pour la tentation du diable.
Et toi, qu'en penses-tu ? s'enquit-il en l'embrassant.
Athénodora répondit à son baiser, quémandant la première l'entrée de sa bouche. Elle en voulait plus et elle le lui fit comprendre en lui retirant sa veste et sa chemise noires. Alors qu'elle caressait sa peau du bout des doigts, Caïus l'attrapa par les poignets, la stoppant. Ses yeux étaient remplis de désir, lui aussi souhaitant aller plus loin et profiter de l'instant mais il se contenta de la serrer contre lui, tressaillant légèrement en sentant ses longs cheveux blonds frôler sa peau nue. Il lui murmura à l'oreille qu'il devait retourner auprès de Marcus et Aro qui l'attendaient et elle fronça les sourcils. Plus le temps avançait et plus Aro lui donnait l'impression de vouloir les empêcher d'être trop près l'un de l'autre. Elle n'insista pas, le laissant remettre les habits qu'elle venait de lui enlever, se plaignant de ne pas pouvoir être une petite souris pour savoir de quoi ils allaient parler. Caïus défit leur étreinte et posa un baiser papillon sur les lèvres de sa femme avant de rejoindre les deux autres chefs, un sourire flottant sur les lèvres, ignorant le regard pénétrant d'Athénodora qui aurait préféré passer du temps avec lui.
Résistant à la tentation de le suivre, elle déambula à nouveau au chaud, dans leur château, n'utilisant que les escaliers parce qu'elle détestait les ascenseurs installés là pour les humains. Jetant un rapide coup d'œil pour vérifier qu'il n'y avait personne dans les parages, elle prit le chemin du dehors, se retenant de chanter comme elle en avait l'habitude. Elle sentit en un rien de temps le vent frais sur sa peau et elle ferma brièvement les yeux pour accentuer cette sensation. Depuis leur retour de Forks, Sulpicia et elle n'avaient plus eu le droit de sortir mais elle n'écoutait pas cet ordre, ne pouvant accepter de rester enfermée comme un vulgaire animal de compagnie. Comme il pleuvait, elle se fondit dans la jungle des humains sans briller comme une luciole. La blonde admira tout autour d'elle, écoutant le bruit des moteurs de voitures au loin, remarquant un homme qui prenait une photo de la fontaine de la place de l'horloge alors que des adolescents riaient dans un coin en donnant des coups de pieds à des pigeons. Tout semblait si facile pour eux, dépourvu de contraintes, ignorant de lois anciennes et dangereuses.
Encore une fois, elle se mit à rêver de l'époque où elle n'était pas encore vampire, où elle se nourrissait normalement sans être attirée par le sang humain. Bercée par tout ce qu'elle ressentait, elle en oubliait sa soif de sang, remplie de fascination pour les mortels. Son ouïe vampirique lui apprit alors qu'une personne pleurait, seule dans une ruelle. Sans hésiter, Athénodora traversa la foule, passa dans quelques rues pour atteindre enfin l'endroit d'où provenaient les sanglots. Elle aperçut alors une jeune fille qui ne devait pas avoir plus de dix-sept ans, assise sur des marches devant une maison et qui était parcourue par des tremblements incontrôlables. La blonde s'installa à côté d'elle, attendant l'arrêt des pleurs de l'humaine. Celle-ci releva la tête, surprise de la présence de quelqu'un près d'elle, dévisageant l'immortelle avec des yeux bruns larmoyants. Reniflant doucement, elle se calma et prit une grande inspiration, hoquetant un peu.
Que me voulez-vous ?
Sa voix était craintive, ce qu'Athénodora ne manqua pas de remarquer. Elle lui expliqua qu'elle avait entendu ses pleurs et qu'elle se demandait simplement, par curiosité, pourquoi elle se sentait si triste. L'adolescente faillit de nouveau fondre en larmes mais elle se secoua mentalement, clignant plusieurs fois des paupières.
Je viens d'apprendre que je suis enceinte. C'est affreux, mon copain a décidé de me plaquer, mes parents ne voudront plus de moi quand j'aurai accouché et je ne fais pas confiance aux orphelinats.
La blonde eut un léger sourire en entendant cela, prise d'une soudaine révélation. Ce qu'elle espérait allait peut-être arriver, la chance s'offrait à elle, l'accueillant avec un plateau d'argent.
Vous savez, jeune fille, mon mari et moi-même ne pouvons pas avoir d'enfant alors que c'est notre souhait. Si vous tenez tant à ne pas garder ce bébé, nous l'adopterons et vos parents vous garderont sous leur toit.
Vous feriez ça ? Mais si jamais vous changez d'avis en voyant l'enfant ?
Je suis certaine que ça n'arrivera pas, rétorqua Athénodora avec douceur. Nous voulons juste fonder une famille.
Comment pourrai-je vous contacter ?
Je viendrai à vous, ne vous inquiétez pas pour cela.
Et sans laisser le temps à l'humaine de poser d'autres questions, la blonde s'en alla comme une ombre, le cœur léger. Elle devait absolument parler avec son mari, lui avouer qu'enfin, leur rêve se réalisait. Quand elle entra dans leur demeure de Volterra, elle interpella Demetri dans l'un des couloirs, lui demandant où se trouvait Caïus. Le traqueur lui répondit qu'il était encore en compagnie des deux autres chefs, dans la salle des trônes. Le remerciant d'un mouvement de la tête, Athénodora partit rejoindre son époux, se glissant dans la pièce après avoir vu qu'il n'y avait plus personne hormis son mari, Aro et Marcus. Ce dernier eut un sourire en coin en la voyant entrer, ayant remarqué que le lien qui la liait à Caïus se renforçait de jour en jour. Aro, lui, plissa les paupières, s'interrogeant sur la joie sans limite qui brillait dans les yeux de la blonde. Ignorant les deux bruns, Athénodora se dirigea vers son mari qui se leva à son approche pour l'embrasser, glissant ses mains dans ses longs cheveux blonds.
Je dois te parler, Caïus.
Allons ailleurs, fit-il en jetant un regard à Marcus et Aro.
Ce dernier ne fit aucun commentaire, laissant le couple partir. Le blond prit sa femme par la main et l'entraîna vers leur chambre, se demandant lui-aussi pourquoi sa femme semblait si heureuse. Alors qu'elle initiait leur prochain baiser, il sentit sur sa peau l'odeur d'humains et il recula soudain.
Tu es sortie.
Ce n'était pas une question, juste une affirmation. Athénodora releva la tête d'un air hautain en déclarant qu'elle n'allait pas passer le reste de son existence, c'est-à-dire l'éternité, enfermée entre quatre murs. Caïus se détendit, comprenant sa détresse et il l'interrogea enfin. Un sourire se peignit sur le visage de sa femme, ainsi qu'une expression de bonheur intense.
Dans neuf mois, toi et moi, nous serons trois.
Athénodora, quand vas-tu …
Chut, l'interrompit-elle en posant un doigt sur ses lèvres. Je suis sérieuse pour une fois.
Elle lui conta sa rencontre avec l'humaine dans les rues de Volterra ainsi que sa proposition. Le blond partagea soudain les sentiments de son épouse et il l'embrassa avec passion, sans besoin de rompre leur baiser car ils ne dépendaient pas de l'oxygène. Quand Athénodora sentit sa robe tomber au sol, elle comprit qu'elle venait de gagner la partie et que cette fois-ci, personne ne les empêcherait de fêter l'événement. Tant pis si Aro finissait par apprendre la nouvelle, même si elle n'ignorait pas que le temps de voir grandir l'enfant, elle serait sans doute obligée de se rendre ailleurs pour éviter d'attirer tous les vampires à la ronde. Ils formaient peut-être la famille régnante des vampires mais elle, elle voulait un foyer avec son mari. Les caresses de Caïus eurent raison de son esprit et elle se laissa aller dans ses bras, pressée de se retrouver à ce jour béni où elle récupérerait l'enfant.
