L'étude de l'archétype dura une éternité. Teyla avait pris sur elle d'explorer et de relever les inscriptions dispersées sur les parois du couloir les ayant mené à la salle où se trouvaient John et Rodney. Elles pourraient intéresser Elizabeth et peut-être cela les rapprocherait-elles ?

Le colonel, lui, tournait en rond. Non seulement Rdoney prenait tout son temps, mais en plus cela faisait maintenant plus de dix minutes qu'il était immobile.

« Vous hibernez ou quoi ?

Je calcule !

Calculez plus vite ! »

Ce fut la goutte d'eau. Le canadien posa brutalement son ordinateur au sol et se leva, le visage empourpré de colère.

« Maintenant y'en a marre ! Vous me pourrissez la vie depuis deux semaines ! »

L'irruption de colère de Rodney surprit John, mais uniquement une fraction de seconde. Le militaire monta aussitôt au créneau.

« Vous êtes dans une équipe d'exploration, pas au club med ! Soyez plus réactif !

C'est une raison pour me prendre comme bous émissaire ?!

Et c'est repartit ! Le pauvre petit scientifique que personne n'aime, qui est malheureux blablabla. Ca y est ? C'est fini ?

Non ! Si on parlait du vrai problème ?

Oh, et c'est quoi le vrai problème ?

Le fait qu'Elizabeth vous ait jeté ! »

Les traits du militaire se déformèrent de rage.

« La ferme McKay !

Non ! Je ne me la ferme pas ! Ca fait deux semaines que je me tais ! La, maintenant, ça va ! Elle vous a envoyé balader, ça me fait de la peine pour vous, mais c'est comme ça ! Soyez adulte et arrêtez de passer vos nerfs sur vos amis !

Amis ? Vous rigolez ?: Vous m'avez piégé !

On a voulu vous aider !

Bravo, c'est réussi !

Non mais c'est pas notre faute si vous vous y êtes pris comme un manche ! »

John le fusilla du regard.

« Oh vous pouvez y aller, je m'en fiche !

Venant de quelqu'un qui est nul point de vue relations humane, je ne veux aucune aide !

Tant mieux ! Parce qu'à partir de maintenant, je ne vous aide plus !! Et moi au moins j'ai une copine stable !! »

Le militaire allait répliquer lorsqu'un bruit se fit entendre. Les deux atlantes se figèrent.

« Qu'est-ce que c'était ? demanda Rodney sur le qui-vive.

Chut ! »

John balaya la pièce à l'aide de la lampe fixée à son P90. La lumière se fixa sur une forme étrange obstruant l'un des couloirs menant à la salle. Une masse énorme avec deux petits yeux jaunes luisant. Un sifflement émana de la bête.

« Ne bougez pas ! chuchota John en levant lentement sa main vers sa radio.

Ok, souffla Rodney, mort de peur. »

Le militaire prit sa radio.

« Teyla, revenez à l'entrée de la grotte ! Prenez Ronon et foncez vers la porte.

Un problème colonel ?

Léger. Je crois qu'on a réveillé le locataire des lieux.

D'accord.

Terminé. Rodney, reculez jusqu'à l'entrée.

On est arrivé par où déjà ?

Deuxième couloir à droit ! »

Le scientifique se pencha pour reprendre son ordinateur.

« Rodney ! Non !

Mais…

Vous voulez récupérer vos données ou vous en sortir vivant ?!

Ok, ok. »

Le canadien recula d'un pas. Puis d'un autre. Mais alors qu'il était presque au couloir, il buta contre pierre qui roula bruyamment avec de heurter la paroi. La bête se releva d'un bond.

« Courrez ! »

Rodney se retourna et courut vers la sortie. Il entendit des coups de feu derrière lui. Il courut plus vite. Il faisait si noir ! Mais bientôt une lumière se fit. Le scientifique s'élança de plus belle vers elle et tomba sur Ronon.

« On vous avez dit d'aller à la porte !

Teyla y est. D'après elle il y aurait un problème. »

A cet instant John jaillit dans la lumière, la bête sur lui. Son P90 roula au sol. La réaction de Ronon fut immédiate. Il dégaina son blaster et tira sur le monstre. La bête se releva et grogna dans sa direction. Elle s'apprêta à bondir, mais dans un dernier réflexe John tira dans son flanc. Le monstre s'écroula. Le militaire sombra.

Elizabeth faisait les cent pas devant l'infirmerie. Cela faisait une heure que Carson était en salle d'opération. Une heure qu'il essayait de sauver John. Une heure qu'Elizabeth se rongeait les sangs…. Enfin un peu moins… Quand elle avait entendu la porte s'activer, elle n'était pas descendue de son bureau pour accueillir son équipe. Ce n'est que lorsqu'elle avait entendu Teyla appeler une équipe médicale qu'elle s'était levée. Elle n'avait même pas pris la peine de descendre, se contentant de rester à la vitre. Elle avait rapidement analysé la situation. Ronon, Teyla et Rodney étaient indemnes. Elle avait senti son cœur se serrer malgré elle lorsqu'elle en avait conclu que c'était le militaire qui avait été touché. Son premier réflexe avait été de partir à sa rencontre pour constater elle-même l'étendue des dégâts. Mais elle n'en n'avait pas eu le temps. Carson était arrivé avec un brancard et l'avait tout de suite conduit à l'infirmerie. Elle était alors restée dans son bureau, debout. Puis sentant quelques regards sur elle, et ne voulant pas se donner en spectacle en suivant le blessé, pour ne pas alimenter certaines rumeurs déjà bien persistantes, la jeune femme était simplement allée s'asseoir derrière son bureau, reprenant son travail. Ou du moins tentant de le reprendre. Ce n'est que lorsqu'elle fut appelée par radio dix minutes plus tard qu'elle avait enfin consenti à sortir de sa tour de verre.

Selon Rodney, la blessure de John était grave. Du moins assez pour nécessiter une intervention chirurgicale. Cette fois, elle n'avait pu contenir la peur qui enserrait son cœur. Toute affaire cessante elle s'était hâtée hors de son bureau pour se rendre à l'infirmerie.

Et maintenant elle était là, devant la porte close, attendant des nouvelles de cet homme avec qui elle était en froid de puis trop longtemps et avec lequel elle aurait tout donner pur changer de place. Oui, si elle avait dû choisir, elle aurait voulu être à sa place ! Toute colère l'avait quittée, tout ressentiment. A présent elle ne voulait qu'une chose : qu'il s'en sorte !!

« Vous avez vu son état ? demanda Rodney tandis qu'il marchait en compagnie des deux pégasiens dans le couloir.

Oui. Elle avait l'air inquiet.

Elle a changé de couleur, rajouta Ronon.

Vous pensez que… enfin qu'il… bafouilla Rodney.

Oui ! trancha Teyla sans appel. Il est fort et a connu pire comme blessure ! Il nous reviendra comme avant ! »

Devant le ton déterminé de la jeune femme, aucun des deux hommes ne répliqua. Elle avait raison ? Du moins l'espéraient-il.

Elizabeth s'assit à même le sol, oubliant les dossiers urgents attendant son attention. En contradiction avec tout ce qu'elle ressentait depuis plusieurs semaines déjà vis-à-vis de cet homme qui l'avait faite souffrir et même pleurer. Comment pouvait-elle être si versatile ?! Elle qui était toujours calme, posée, sereine. Qui ne se précipitait jamais et prenait le temps de réfléchir à tous les éléments d'un problème ! Elle se comportait comme… elle ne savait pas… comme si... elle avait peur pour sa vie. Oui. Mais avec un autre sentiment qui se cachait derrière. Un sentiment qu'elle avait peur de montrer. Un sentiment qu'elle refoulait depuis qu'il avait été bafoué. Elle ferma les yeux et secoua la tête. Elle ne voulait pas qu'il refasse surface ! Pas maintenant, pas ici, pas envers lui ! Il lui avait dit des choses… elle se prit la tête entre les mains et soupira lourdement. Elle ne pouvait pas lu pardonner. Même s'il avait raison ! Non, il avait tort !! Elle n'était pas une femme qui avait peur !! Elle n'avait peur de rien ! Elle… avait déjà tenté l'expérience avec Simon… ça avait été un désastre… Ensuite avec Mike et… elle se figea. Elle avait eu peur… Il avait raison… Elle avait peur de s'engager… de se laisser aller. De montrer la part de féminité qu'elle avait en elle. Une larme s'échappa. Il avait raison… Elle sentit des liens de desserrer. Et maintenant… ? Elle pensa à l'autre chose qu'il lui avait dite, cette chose qu'elle n'espérait plus entendre, cette chose qui lui avait fait peur parce que justement venant de lui, du plus grand coureur de jupons des deux galaxies. Il l'aimait… Pourquoi lui avait-il dit ça ? Le pensait-il vraiment ou était-il las de ne trouver aucune conquête sur les autres planètes explorées ? Elle ne savait pas, elle ne savait plus. Il lui fallait du temps pour réfléchir. Trop de choses avaient changé en elle en si peu de temps !

Mais alors qu'elle se levait pour retourner à son travail, la porte de l'infirmerie s'ouvrit.

Elizabeth observa Carson avec un regard où se mêlaient inquiétude et interrogation. Elle le sondait, le cœur battant à tout rompre. Elle s'entendit prononcer un « alors ? » à peine audible.

Le médecin baissa la tête. Cette attitude étreignit davantage le cœur de la dirigeante. Elle savait ce que cela signifiait : il choisissait ses mots. Et l'expérience lui avait appris que ce n'était jamais bon signe.

« Carson ? demanda-t-elle faiblement.

Il a bien supporté l'opération…. »

Elizabeth sentit les liens autour de son cœur se desserrer un peu. Mais elle savait que ce n'était pas fini pour autant. Elle attendit qu'il continue.

« Mais… le tir a détérioré certains de ses tissus et…

Carson ! le coupa la jeune femme.

Il est dans le coma. »

Cette nouvelle donna un tel choc à Elizabeth qu'elle recula jusqu'au mur où elle dut s'adosser pour ne pas tomber au sol.

L'écossais observa sa supérieure et amie d'un œil triste avant de s'approcher d'elle. Il posa une main sur son épaule et lui adressa un faible sourire quand elle reporta son regard sur lui.

« Combien de temps… se réveillera-t-il?

Je ne peux pas le dire… Deux heures, deux jours… deux mois… ? »

Elizabeth hocha lentement la tête et regarda dans le vide.

« Si vous voulez le voir… vous pouvez. »

La jeune femme jeta un œil presque apeuré à la salle Non… non elle ne voulait pas !! Elle ne voulait pas le voir comme ça…

« Non, dit-elle en secouant la tête. J'ai… des dossiers en retard. Si… si son état s'améliore, vous me préviendrez. »

Elle ne laissa pas au médecin le temps de répliquer et partit quasiment en courant.

« Ca fait 4 jours !! explosa Rodney en plein mess alors que Teyla, Ronon et lui déjeunaient avant de partir en mission… sans le colonel Sheppard.

Je sais, dis tristement Teyla.

Pourquoi elle ne va pas le voir ?! »

Ronon haussa les épaules lorsque le regard du canadien se posa sur lui. Rodney soupira bruyamment avant de reposer sa fourchette sur un plateau presque intact. Il venait au mess plus par habitude que par réel appétit ces derniers temps. Cela faisait 4 jours qu'il n'avait pratiquement rien mangé. Tout comme Teyla. Ronon, lui, ne se laissait pas dépérir. Il en était à sa deuxième ration de purée. Il était inquiet, oui, mais ne le montrait pas.

Le silence dura encore quelques minutes avant que Rodney ne reprenne la parole, tentant de se contrôler.

« Pourquoi ?

Peut-être … qu'elle a peur ? lui répondit l'athosienne.

Mais de quoi ? s'emporta de nouveau le scientifique. Il est dans le coma !! Il ne risque pas de provoquer une nouvelle dispute !

Elle a peur de le voir dans cet état. »

Rodney fronça les sourcils.

« Mais pourquoi ? »

Ronon leva les yeux au ciel et avala une brochette athosienne. Enfin ce qui ressemblait à une brochette.

« Parce que pour elle John représente une personne de confiance, une personne sur qui elle peut toujours compter. Même s'ils étaient en froid ces derniers temps. Quelqu'un d'indestructible. »

Le canadien se tut et pensa aux paroles de la pégasienne. Ce serait donc cela ?

« Vous pensez qu'elle ira le voir ? demanda Ronon après s'être désaltéré à même le pichet.

Je pense. Il lui faut juste du temps.

Combien de temps… soupira Rodney. »

Teyla la regarda et haussa les épaules en signe s'impuissance.

Il était tard ce soir là lorsqu'Elizabeth sortit de son bureau pour regagner ses quartiers. 23h ou peut-être minuit. Et c'est avec un mal de tête persistant qu'elle s'engouffra dans un couloir. La fatigue n'aidant pas, elle se trompa de couloir pour la première fois depuis qu'elle était sur Atlantis et partit non pas vers les quartiers, mais vers l'infirmerie. Comme si son instinct, ou autre chose, l'y poussait. Elle ne se rendit compte de l'endroit où elle se trouvait que lorsqu'elle manqua de percuter une des infirmières de nuit.

« Docteur Weir ?

Oh, désolée, je ne regardait pas où j'allais.

Vous avez l'air fatigué. Il faut vous ménagez !

Oui, on me le répète sans arrêt, lui sourit la dirigeante d'un air las. Le pire est que je sais qu'il me faudra un temps avant de m'endormir…

Et de vous lever à 6h du matin, lui dit l'infirmière d'un ton de reproche. »

Elizabeth hocha la tête d'un air coupable.

« Venez avec moi, lui dit la nurse. Je vais vous donner des cachets.

Non, je ne veux pas être dépendante…

Juste pour ce soir, vous en avez besoin Docteur Weir. »

Face au ton professionnel de la femme d'une cinquantaine d'année qui lui rappelait le ton de sa mère lorsqu'elle était enfant, et là la migraine qui la taraudait, la dirigeante capitula et suivit l'infirmière dans la salle d'infirmerie.

« Vous prendrez ça, c'est très efficace pour les maux de tête et les insomnies.

Merci.

Je vous donne le flacon. Comme ça si cela se reproduit une autre fois…

Oui, merci. »

L'infirmière consulta sa montre.

« Excusez-moi, je dois aller m'occuper de mon autre patient. »

Elizabeth fronça les sourcils et son visage devint subitement plus pâle. Elle était si fatiguée qu'elle l'avait oublié. Elle se contenta de hocher la tête. L'infirmière lui posa une main apaisante sur le bras avant de disparaître derrière un paravent.

La diplomate, elle, resta figée. Il était là, à quelques mètres d'elle. Elle sentit son cœur battre douloureusement dans sa poitrine et les émotions se bousculer en elle. La colère, la peur… mais aussi un sentiment qu'elle repoussait de toute ses forces et s'apparentant à un sentiment qu'elle n'avait pas connu depuis Simon. Elle ferma très fort les yeux tentant de chasser toutes ces sensations hors d'elle.

Elle sursauta presque lorsqu'elle entendit une vois l'appeler.

« Docteur Weir ?

Oui ?

Je dois m'absenter quelques instants, pourriez-vous veiller sur le colonel Sheppard ?

Quoi ? Mais…

Cela ne durera que quelques minutes, dit l'infirmière avant de partir rapidement, laissant la dirigeante la bouche ouverte et seule avec John. »

Après s'être reprise, la jeune femme avança d'un pas mal assuré vers le rideau blanc séparant le lit de John du restant de la pièce. Elle ne voulait pas le voir, elle avait tout fait pour l'éviter durant cette semaine, mais maintenant qu'elle était si près, elle se demandait ce qui lui avait pris de le fuir tout ce temps. Il était entre la vie et la mort ! Celui qu'elle… se défendant d'aimer, celui pour qui elle rejetait tout sentiment autre que professionnel, pourrait mourir. Et elle, au lieu de passer ses jours et ses nuits à son chevet, avait décidé de l'ignorer totalement ! Mais qu'est-ce qui lui avait pris ?! Elle ne se reconnaissait pas ! Même la dirigeante qui était en elle aurait du venir le voir. Elle le faisait bien pour les graves blessures des autres membres de sa base ! Alors pourquoi pas pour John ? Question rhétorique, parce qu'elle connaissait la réponse : elle ne supportait pas de le savoir dans cet état et le voir sans connaissance, sans ce sourire qui la troublait, sans ses yeux qui la détaillaient, lui faisait peur.

Elle inspira profondément avant de contourner le paravent. Elle se figea. John était là, endormi, en chemise d'hôpital blanche, les traits détendus. Elizabeth sentit son cœur se serrer à lui en faire mal. Il était là, inerte. Elle sentit les larmes affluer. La fatigue, le stress, la colère et l'impuissance de le voir là eurent raison d'elle. Elle s'assit sur une chaise à côté de lui et éclata en sanglots.

Le lendemain, Elizabeth n'avait pas la tête à son travail. Ce n'était le manque de sommeil – les cachets prescrits l'avaient bien aidé sur ce point- non, c'était autre chose. Ou plutôt quelqu'un d'autre. John…. L'avoir vu dans cet état hier lui avait fait prendre conscience de la situation. Il pouvait se réveiller, oui… mais il pouvait aussi mourir demain… demain il pourrait définitivement sortir de sa vie… Pour toujours, et sans qu'elle ait pu lui dire ce qu'elle ressentait… parce que maintenant, c'était une évidence, elle l'aimait. Il lui avait fallu cette terrible épreuve pour s'en rendre compte, mais à présent, elle savait. Et ça la désespérait d'autant plus…. S'il mourrait elle s'en voudrait toute sa vie de ne rien lui avoir dit… s'il se réveillait… elle ne pourrait pas lui dire…elle avait pour règle de ne pas mélanger vie privée et vie professionnelle… jamais… elle soupira et ferma les yeux. Mais garder tout ça pour elle était si difficile… Elle ne voulait en parler à personne !! Elle ne supporterait pas les regards tristes s'il venait à mourir ou de pitié s'il se réveillait et qu'elle n'allait pas vers lui. Elle consulta l'horloge… Il était midi passé. Presque tout le personnel était au mess. Et les infirmières devraient travailler en services réduits. C'était le moment…. Oui maintenant !

C'est sans un mot et tendue qu'Elizabeth délaissa son bureau et emprunta le couloir menant à l'infirmerie. Elle évita bon nombre de gardes et personnel. Elle ne voulait pas qu'ils sachent où elle se rendait.

C'est à pas de loup que la dirigeante entra dans la salle. Elle jeta un coup d'œil. Il n'y avait personne. Ce qui surprit la dirigeante. John était dans le coma et personne n'était là pour le veiller ?! Elle sentit une bouffée de colère monter en elle. Et c'est dans cet état d'esprit qu'elle disparut derrière le paravent.

Lorsqu'elle le vit étendu là, toute sa colère s'évanouit pour laisser place à une immense tristesse. Son cœur se serra de nouveau à lui en faire mal et elle sentit les larmes affluer. Elle ferma les yeux et inspira profondément. Elle ne devait pas se laisser aller de nouveau. Elle prit une chaise et s'assit à côté de John. Elle mit un certain temps avant d'avoir le courage de le regarder dans les yeux. Il était inerte, dormant paisiblement. Seuls les tuyaux avaient été enlevé. Peut-être n'en n'avait-il plus besoin ? Peut-être était-ce un signe de rétablissement ? Elle sourit faiblement à cet espoir avant de, timidement, prendre sa main dans la sienne. Ce chaud contact la réconforta un peu plus encore. Il avait l'air conscient. Elle s'attendait presque à ce qu'il ouvre les yeux et lui parle, ou lui sourit, comme il savait si bien le faire. Son regard s'assombri. Et si il ne lui souriait plus jamais ? Et si… et si il n'ouvrait plus jamais les yeux ? Et s'il ne la regardait plus jamais avec ces yeux hazel qui la faisaient fondre sur place depuis tant d'années sanas qu'elle n'ait eu l'occasion de lui dire ? L'occasion… elle l'avait maintenant… Elle ferma les yeux un moment avant de dire d'un trait :

« John, vous n'êtes qu'un idiot !! Qu'est-ce qui vous a pris… ?! Vous auriez dû garder Teyla à vos côtés !! Vous auriez dû faire plus attention !! Vous me laissez seule maintenant !! Alors que je venais juste de… que je venais juste de… »

Elle n'arrivait pas à aller plus loin ! Même en le sachant inconscient… Elle prit une profonde inspiration et continua, les larmes aux yeux.

« Que je venais juste de comprendre que je vous aime !! Vous ne pouvez pas m'abandonner !! Je vous interdis de m'abandonner ! Revenez c'est un ordre !! »

Et là elle ne put contenir davantage ses larmes et pleura… pleura… en tenant la main du militaire dans la sienne.

« Je vous aime… réussit-elle à dire entre deux sanglots. Je t'aime… »

TBC