Titre : Ni personne d'autre

Disclamer : Rien à moi, tout à JKR

Paring : HP/DM

Rating : M

Note : Ne prend pas en compte le tome 6 et le tome 7, ou du moins pas en entier. Juste aussi c'est ma première histoire donc, soyons indulgent avec les petits nouveaux! ^^'

Bonjour à tous! ^^ Alors voici un petit flach back qui j'espère vous plaira, car il est pour moi une sorte de pilier ^^
Donc bonne lecture et remerciement pour Querty pour son travail ^^


Chapitre 9:

- J'ai énormément de respect pour votre père et votre famille, Monsieur Malfoy. Selon moi, vous êtes le mieux placé pour cette mission, ô combien importante, que je souhaite vous confier. Car voyez-vous, certains de vos camarades de classe se croient tout permis et contourne ainsi le règlement de l'école en toute impunité. Cela doit être réglé le plus tôt possible. Me comprenez-vous, Monsieur Malfoy ? termina Mme Ombrage, notre prof de DCFM.

Elle m'avait convoqué dans son bureau après un de ses cours barbants où nous n'avions fait qu'écrire. Je dois avouer que n'aimant pas cette matière, sa façon de faire cours m'arrangeait. Mais je m'ennuyais comme un rat mort. Elle me proposait d'être le chef de la Brigade Inquisitoriale, une troupe comportant les meilleurs éléments de l'école ayant pour but de maintenir l'ordre dans le château.

- Mais je suis déjà préfet, Madame. Et puis cette Brigade fait exactement le même travail qu'eux. Ne serait-ce pas contre-productif ?

- Je suis la Grande inquisitrice de Poudlard, si je décide de créer un poste supérieur à celui des préfets, je le fais. La question est : acceptez-vous Monsieur Malfoy ?

- Qui d'autres seront avec moi dans cette Brigade ?

Elle me tendit un parchemin avec une liste de noms. Au même niveau que le mien, en haut de la liste, il y avait celui de Blaise Zabini. Je remarquai cependant qu'il n'y avait que des élèves de Serpentard. On aura encore le mauvais rôle dans l'histoire, comme toujours. Et puis j'imagine déjà l'ambiance : Pansy me déteste, Zabini encore plus et je sens bien que j'aurai vraiment du mal à rester avec toute cette bande de pauvres cons toute la journée.

Je détestais presque tout le monde dans cette liste et ils me le rendaient bien. Je ne suis pas sadomaso, en plus je suis hyper occupé comme type.

- Je suis désolé mais je vais décliner l'offre.

- Vous déclinez ? Pourquoi donc ?

- Et bien, je suis vraiment très occupé. Il y a les BUSEs, le Quidditch, les devoirs et puis ma responsabilité de Préfet. Et entre tout ça j'aime bien avoir un peu de temps pour moi et mes amis. Donc, je décline en effet votre offre, Madame.

- Hum... Vous me décevez, je pensais que vous étiez bien plus intelligent que cela. Enfin, votre père m'avait averti que vous refuseriez et j'ai préféré ne pas le croire, mais il faut se rendre à l'évidence : votre père connaît bien sa progéniture !

Elle se leva et m'invita à faire de même. Je le fis mais ne résistai pas à l'envie de poser une dernière question :

- Vous avez contacté mon père ?

- Et bien oui, je voulais lui en parler. Il n'a pas une très haute opinion de vous, jeune homme. Je pensais juste qu'il était trop sévère avec un aussi jeune garçon. Mais il vous connaît. Et je peux vous assurer que maintenant moi aussi je vous connais. Maintenant sortez !

Elle me mit carrément dehors. Je me fichais bien de ce que pensait ce vieux crapaud rose, mais je ne savais que penser de ce qu'elle m'avait dit sur mon père. Mentait-elle ou disait-elle la vérité ? Mon père avait-il si peu de considération pour moi ? Je n'en doutais pas.

Depuis que le Lord était de retour, mon père était exécrable. Il faisait si bien l'autruche qu'il baissait de peu en plus dans mon estime. Et ses sautes d'humeur me rendaient chèvre, je ne savais plus sur quel pied danser avec lui. Dans le doute, je suis resté enfermé dans ma chambre la majeure partie des vacances à me gaver de glaces.

Mais la rentrée n'était pas mieux. Ombrage était une femme infecte. Surtout avec Potter. Mais s'il pouvait arrêter de dire que le Lord est revenu peut-être qu'il aurait moins de problèmes. Mais non, Potter était honnête et droit, et il s'exprimait, même s'il encourait le courroux de la folle rose. Les décrets poussaient comme des champignons et je dois avouer que ça rendait la célèbre école moins chaleureuse.

Je n'avais fait aucun avancement avec Potter. Il me méprisait toujours autant et je dois dire que ça commençait à me faire particulièrement mal. J'étais poli et aimable avec lui et ses amis mais rien n'y faisait. Il était comme allergique à ma présence. J'étais devant un cul de sac. Surtout que je le voyais bien lorgner sur Chang. Je n'étais pas idiot et encore moins aveugle. Et j'avais mal.

Ma réputation, elle, était bien en place et plus que jamais j'étais la cible préférée de nombreuses personnes. Même de Potter. Surtout de lui. Il devait supporter une telle pression que ça devait être sa façon de se défouler. Mais il ne savait pas... ce qu'il me faisait...

Pour la première fois que j'assumais mes sentiments pour lui, je pleurais à cause de lui. Avant j'étais sur un nuage où personne ne pouvait me faire de mal. Pas même lui. Mais un jour dans un couloir, alors que nous avions cours de Métamorphose ensemble, il se défoula.

- Bonjour, lui dis-je, en passant à-côté de lui pour rejoindre Nott.

- Malfoy, ça suffit ! Tu vas me dire immédiatement ce que tu veux !

Je me retournai. Il réagissait enfin à ma présence. Bon, il avait toujours réagi mais j'étais toujours heureux qu'il me remarque.

- Je ne veux rien. Je ne fais que te dire bonjour.

- Ouais, c'est ça le problème ! Pourquoi tu le fais ? Tu cherches quoi ? Tu crois vraiment que je suis idiot ? C'est une mission, c'est ça ? Ton très cher maître t'a demandé de m'amadouer, hein ? Tu n'es qu'un sale Mangemort, pourri jusqu'à la moelle !

- Non, non, ce n'est pas ça ! Je ne suis en mission pour personne ! me défendis-je du mieux que je pouvais.

- Ah bon ? Vraiment ? Me prends pas pour un abruti. Pourquoi tu te donnerais la peine de vouloir être humain avec les autres ? Tu cherches quelque chose ! Et ce quelque chose c'est un joli tatouage sur le bras. Mais tu ne m'auras pas, enfoiré ! Qu'importe ce que tu fais, ce que tu dis, jamais tu ne pourras être proche de moi. Retourne donc voir ton maître Voldemort et dis-lui qu'il s'est trompé de pantin !

- Mais, je ne suis vraiment pas en...

- Ta gueule ! hurla-t-il. Tu vas la fermer ta grande gueule ! Ne m'adresse plus jamais la parole ! Ne me regarde plus ! Et si tu pouvais crever, justice serait enfin faite !

Il me dépassa en me projetant sur le mur. Je restai là, sans bouger. Ses amis le suivirent, Granger sans m'accorder le moindre regard et Weasley en rajoutant une couche. Mais je m'en fichais complètement. Il ne me croyait pas... Je voulais seulement être proche de lui. Je voulais seulement qu'il me sourisse... Je voulais seulement un sourire...

Dieu que j'étais naïf. Je pensais que ça serait tellement facile de me rapprocher de lui. Je me donnais à peine deux mois pour faire ami-ami avec lui. Mais quel con ! Qui voudrait être ami avec moi ? Je me laissais glisser à terre, les jambes repliées sur moi. Alors c'est comme ça qu'il me voyait ? Comme un sbire du Lord ? Comme un monstre ? Je n'étais même pas humain pour lui...

Je n'avais pas de cœur ! Pas de sang ! Pas de souffle coupé ! Non, je n'avais pas les larmes qui me coulaient des yeux. Je n'avais pas de frissons glacés qui me remontaient le long du dos. Je n'étais pas humain. Juste un objet assez potable pour être soit disant baisé mais pas assez humain pour être aimé. Un pantin ? Mais depuis quand les pantins sont amoureux ? Depuis quand les pantins ont le cœur meurtri ?

Bordel ! Je voulais seulement être ton ami ! Potter, sale con... Je ne suis pas cette ordure que tu crois que je suis... je suis... tellement... amoureux de toi. Seul dans le couloir, je pleurais comme seul un humain savait le faire.

En silence.

oO-Oo

Tous les jours étaient à peu près similaires. J'avais fait exactement ce que Potter m'avait demandé. Je ne lui avais ni parlé, ni regardé. Je faisais comme s'il n'était plus là. Mais ça ne suffisait pas. Lui, il me parlait, lui me regardait. Lui, m'insultait, me dénigrait. Comme tout le monde dans Poudlard, il croyait dur comme fer que j'étais un garçon facile. Comme tous les autres, il me méprisait. Il suffisait que j'arrive un peu en retard en cours pour qu'il dise : « Alors Malfoy ? Tu t'es encore fait baiser ? »

La classe riait. Et moi, je rougissais et je partais m'asseoir à-côté de Nott. Il était le seul à ne pas m'avoir abandonné. Zabini était devenu le chef de la Brigade Inquisitoriale. Et il en profitait. Il n'avait pas été nommé Préfet et il s'en vengeait. Entre lui et moi c'était un peu la guerre. Mais une guerre perdue d'avance. Il était grand, beau, riche et populaire. Tellement aimé. Tellement entouré. Crabbe et Goyle n'avaient pas mis longtemps avant de choisir leur camp.

Et ça ne faisait que trois mois que l'école avait repris. Pendant mes rondes, j'avais toujours une certaine appréhension. Je ne savais jamais ce qui allait m'arriver. J'entendais des bruits des fois dans les couloirs. Des élèves qui bravaient le couvre-feu. Je marchais vers l'origine des voix mais je ne voyais jamais personne. Dans le doute, je revenais souvent. Je ne savais pas que ma curiosité allait m'attirer des ennuis. De la part de Potter.

Je ne le savais pas à l'époque, mais Potter avait créé une sorte d'armée à qui il apprenait la Défense Contre les Forces du Mal. Et les voix que j'entendais étaient celles des élèves se rendant au cours dans la Salle sur Demande. Je ne savais rien de tout ça, mais pour Potter et ses amis, j'étais un espion. Un ennemi à abattre.

Une nuit, alors que j'entendais encore des voix, ils m'avaient tendu un piège, m'avaient tabassé et laissé évanoui sur le sol. Cette nuit-là, j'avais parfaitement reconnu Potter ainsi que deux de ses amis, pas Granger, que des mecs. Alors que je tremblais de peur et de douleur sur le sol, Potter m'avait chuchoté à l'oreille que « si jamais tu continues, on recommencera et si jamais tu parles, on frappera plus fort ».

Cette nuit, dans le noir, j'essayai de savoir ce qui m'avait fait le plus de mal. Les coups ? Les insultes ? Ou lui, me menaçant de me frapper encore ? Je sanglotais sur le sol, râpant avec mes ongles le carrelage, le cœur en miettes. Mais pourquoi ? Sincèrement, pourquoi me haïssait-il à ce point ? C'est vrai... je n'avais jamais été aussi cruel avec lui. Ou si... j'avais été cruel. Pas physiquement, je n'en avais pas la force, mais mentalement si. Combien de fois l'avais-je fait souffrir avec la mort de ses parents ? Enfoncé la lame toujours plus profondément en lui pour être sur qu'il ait mal. Quand il avait perdu connaissance en la présence des Détraqueurs. Pendant le tournoi, avec mes badges, alors qu'il était seul et abandonné par ses amis.

Peut-être que l'amour que je ressens pour lui est une punition ? Peut-être que Merlin lui-même me punit en me laissant crever d'amour pour lui. Parce qu'allongé sur le sol, le visage en sang, le cœur en morceaux, je me rends compte que l'amour est la pire chose au monde. L'amour ne peut être qu'une punition. Mon père avait raison. Mon père a toujours raison, je n'aurais jamais dû me laisser aller à aimer...

Jamais...

oO-Oo

Dans la glace de ma salle de bain, je regardais encore les séquelles du traquenard de Potter contre moi. Mon œil au beurre noir, ma lèvre enflée. J'étais torse nu. Et les bleus qui parcouraient ma peau si pâle me rendaient malade. Encore plus que la taille trop marquée, presque féminine. Courbes que je cachais par des vêtements plus amples. Je n'étais pas allé me faire soigner. Je voulais que personne ne me touche. Je n'avais jamais aimé ça.

Je finis de m'habiller. Nott m'attendait dehors. Il fut surpris de me voir blessé mais ne dit rien et je l'en remerciai. Je ne voulais pas parler. Je n'avais plus la force de parler. Il resta seulement à mes côtés. Je gardais la tête haute, je n'avais plus que ma fierté comme pilier. Je m'assis à ma place, en Sortilège, fis comme si personne n'était en train de me regarder et de commenter mon visage tuméfié. Je ne répondis même pas au professeur qui me demanda ce qui m'était arrivé.

Malgré tout, j'étais incapable de faire du mal à Potter. Le dénoncer reviendrait à lui causer des ennuis et je ne pouvais m'y résoudre. Je ne le regardai même pas. A la place, je pris un parchemin que je pliais. Nott m'avait appris l'origami et je m'entraînais. Même si mes mains tremblaient. Même si respirer me faisait mal.

L'équipe de Gryffondor n'avait plus le droit de participer aux tournois. Mais pas les autres équipes. J'enfilai ma tenue et mes protections pour le match qui allait avoir lieu dans quelques minutes. Je ne comprenais pas pourquoi je n'avais pas été expulsé de l'équipe. Warrington était devenu capitaine après le départ de Flint, et on n'avait pas gagné au change. L'année dernière, il s'était vanté d'avoir couché avec moi dans les vestiaires, et il faisait des allusions par très fines sur ça. Je n'avais même plus la force de dire la vérité. Personne ne me croyait de toute façon.

On sortit dehors. En formation, l'Attrapeur était toujours le dernier à sortir. Je ne cherchai même pas un visage amical dans les gradins. Nott n'avait pas eu la force de venir se fourrer au milieu d'autant de monde. Je ne lui en voulais pas. J'étais moi aussi en passe de devenir agoraphobe. On jouait contre Serdaigle. Et ils semblaient remontés. En même temps, je les comprenais. De toutes les Maisons, seule Serpentard avait des points dans son sablier. Les autres se faisaient descendre par Ombrage, ou par la Brigade.

Une fois sur mon balai dans les airs, je me sentis un peu mieux. Je serrais avec force mon balai pour lutter contre les courants venteux tout en fouillant le ciel à la recherche de la balle dorée. Le capitaine m'avait bien dit qu'il n'était pas nécessaire de faire durer le jeu. Donc, plus vite on récupérerait le Vif d'Or plus vite on pourrait rentrer dans nos chambres. L'Attrapeur ennemi voletait autour de moi. Je ne fis attention au jeu que quand on siffla une faute. Pour Serdaigle, je ne savais pas ce qui s'était passé mais Bibine était totalement impartiale.

J'avais envie de rentrer dans ma chambre pour broyer du noir. Surtout que j'avais vu Potter dans les tribunes, me tuant du regard et encourageant l'équipe de Serdaigle. Mais je m'attendais à quoi ? Il lui était interdit de jouer. Même de voler. Sans le faire exprès, je me faisais encore plus détester de lui. Je vis un éclat dorée.

Immédiatement je fonçai. La balle était juste devant moi. Mais elle allait encore trop vite pour moi, je n'avais pas encore pris beaucoup de vitesse. Mais j'accélérai. Derrière moi, je savais que mon adversaire me suivait. La balle avait décidé de rester dans la zone de jeu des poursuiveurs. Je devais slalomer entre les joueurs sans perdre de vue la balle. A la vitesse où j'allais, il valait mieux être réactif. Mais soudain... ce fut l'accident.

Je sentis clairement un coup dans mon dos. Ce n'était pas un cognard mais un pied. Je perdis l'usage de mon balai. Le coup réveilla mes anciennes douleurs. Dans un cri, je fus expulsé dans les fondations des gradins et je tombai en chute libre. La douleur me vrillait le dos et le crâne, je perdis connaissance avant de m'écraser au sol. Comme un pantin à qui on aurait coupé les fils.

oO-Oo

Ma mère avait insisté pour que finisse ma convalescence chez nous. Rogue avait atténué ma chute libre et m'avait sauvé la vie. Une chute de trente mètres ne pardonnait pas. J'avais été conduit d'urgence à Ste-Mangouste pour état grave. Les médecins avaient diagnostiqué une fracture du crâne et du bras gauche. Ainsi qu'une importante commotion cérébrale. Mais je m'en fichais. On m'avait délibérément envoyé dans le décor. Je me souviens encore du pied dans mon dos.

Je méritais réellement une telle haine ?

Il faut croire que oui...

J'étais dans mon lit. Dans ma chambre, dans le noir, les yeux fermés pour essayer d'atténuer le mal de tête épouvantable que j'avais. Je mis trois jours à m'en remettre. Bien sûr mes os ont été ressoudés rapidement mais j'avais toujours mal et la commotion se résorbait lentement mais sûrement. Je demandai à retourner à l'école. J'en pouvais plus de la maison. Je n'en pouvais plus de ne plus voir Potter. Oui, je sais, c'est ridicule. Mais je devais avoir l'amour malheureux. Mon père accepta bien que ma mère en fut horrifiée.

C'est surtout elle que je fuyais. Elle sentait bien que je n'étais pas bien, et elle avait vu mes marques de coups. Sa sollicitude était dure à accepter pour moi. Finalement, elle accepta et je repartis à Poudlard. On me regarda étrangement. Potter et Weasley me dirent même qu'ils n'étaient pas étonnés que j'ai survécu car, après tout, « les cafards survivent à tout ! ».

C'était bientôt Noël. Dans une semaine, je rentrerais chez moi sans avoir l'excuse de l'école pour m'enfuir. Je partis prendre un bain dans la salle de bains des Préfets. Je ne l'utilisais pas souvent mais je dois avouer que cette fois-ci, j'en avais envie. Je passais mon temps enfermé dans ma chambre.

Deux semaines étaient passées depuis l'accident, et la vie avait repris son cours normal. J'avais repris mes rondes mais j'attendais toujours assis par terre que les voix s'éteignent pour continuer ma route. Je ne m'arrêtais pas non plus en chemin. Je faisais seulement un semblant de ronde. J'avais aussi tellement peur de Potter. Je ne voulais pas qu'il me frappe encore. Parce que je ne pourrais jamais faire comme lui, je ne pourrais pas lui rendre ses coups.

Il était encore tôt. J'entendis à un moment donné un râle étouffé. Je me retournai mais il n'y avait personne dans les parages. J'observai bien le couloir mais me rendis à l'évidence : j'étais seul. Je serrai mes affaires contre moi et continuai mon chemin. Dans la grande salle de bain des Préfets, je me sentais décalé. Mais ça me changeait de ma chambre.

Je ne le savais pas à cette époque. Je le sus que bien plus tard, mais Potter m'avait suivi. Sous sa cape d'invisibilité. Il me croyait encore coupable de quelque chose. Mon attitude était trop étrange depuis un certain temps pour lui. Pourtant non, j'étais seulement fatigué. Je mis de l'eau dans le grand bassin et fis couler mon parfum préféré dans l'eau. Lavande. Inconsciemment, l'odeur du parfum de ma mère.

Dans le grand miroir à pied, je regardai mon reflet. Et je ne me reconnus pas. Je me déshabillai. Je commençai par ma cravate verte et argent. Appartenais-je encore à cette maison ? Je n'en étais plus si sûr. Je déboutonnai ma chemise, découvrant mon torse où persistaient encore des marques de bleus. Je ne savais pas que Potter était caché et qu'il regardait mon dos blanc. Je ne savais pas que ses yeux descendaient le long de ma colonne vertébrale, suivant les courbes de mes hanches prononcées et étroites.

J'ouvris mon pantalon et le laissai tomber lourdement à mes chevilles. J'avais perdu du poids. Je mangeais peu ces temps-ci. Je touchai mon ventre. Je ne savais pas que Potter ne pouvait arrêter de regarder mes jambes fines et blanches. Dans le reflet du miroir, il pouvait voir mon torse, mon ventre, mes cuisses. Il évitait mon visage.

Je m'assis sur un siège et retirai mes chaussures et mes chaussettes pour finir d'envoyer bouler mon pantalon. Je marchai jusqu'à l'eau et la touchai de mon pied pour tester la température. Elle me plut et je retirai mon sous-vêtement pour le poser avec mas affaires. Une fois nu comme au premier jour, je me dirigeai vers l'escalier qui permettait une lente descente dans l'eau.

Mon corps complètement nu n'avait pas échappé aux yeux de l'espion. Qui avait fixé mes fesses, mon sexe. Il me regardait descendre lentement dans l'eau, soupirant de bien-être au contact de l'eau chaude, respirant l'odeur de la lavande. Il regarda enfin mon visage. Refit le chemin de mes cheveux qui touchaient à peine mes épaules. De mes épaules frêles, il descendit le regard sur mes bras fins. Il regarda mes mains, mon ventre, remonta jusqu'à mon torse et resta un moment fixé sur mes tétons. Seules touches de couleur chez moi. Puis il redescendit le long de mon corps, mon nombril, mes hanches. Et ce chemin de duvet blond sous mon nombril qui descendait vers mon intimité caché dans l'eau.

Perdu dans mes pensées, je n'entendis pas sa respiration s'accélérer, ni l'entendis reprendre son souffle quand je me tournai pour prendre mon savon. Pas même le hoquet qu'il eut quand je m'assis sur le rebord du bassin pour mieux me laver. Il regarda mon profil, de celui de mon visage à celui de mon corps. Il suivit mes mains qui me savonnaient, les bras, le torse, les cuisses, les jambes. Il arrêta de respirer quand je frottai mon sexe. Il écouta attentivement mon souffle s'enrayer.

Il me regarda m'étendre sur le sol froid tout en continuant de me toucher. Il me regarda cambrer le dos, rejeter ma tête en arrière. Ma bouche s'ouvrir pour essayer de reprendre mon souffle alors que ma main allait plus vite. Il écouta mes gémissements. Gémissements que j'essayais d'étouffer avec mon poignet que je mordais. J'ondulais comme un serpent sur le carrelage froid pour accentuer ma caresse. Et il n'en perdit pas une miette. Quand je vins, je me mordis plus férocement mon poignet pour ne pas hurler. Mais quand mon orgasme se termina, je détachai mon poignet de mes dents, et susurrai un prénom. Un prénom interdit. Que je n'avais pas le droit de dire.

-Harry...

Je finis en pleures. Je me recroquevillai sur moi-même, pleurant. Je lui offrais mon visage en larmes. Et il n'osa pas me regarder.


A suivre...


Et voila! A la semaine prochaine! Byebye! ^^