Aloha !

Deuxième pétage de câble !

Pour écrire une fic sur la folie, il faut bien être un peu folichonne soit-même, non ?

Un peu de guimauve par-ci, un peu de glauque par-là, saupoudré d'une touche d'émotion, ça donne ça.

Je ne m'étalerai pas plus (comme de la mauvaise confiture)...

Bonne lecture :)


Disclamer : Les personnages de Once Upon A Time ainsi que l'univers de la série sont la propriété exclusive de Edward Kitsis et Adam Horowitz

Calie et Hugh sortent tout droit de mon pays imaginaire personnel. Enfin, presque...


Chapitre 9 : Ce traître de journal

Tic. Tac.

Tic. Tac.

Jefferson fixait l'horloge du salon du bas avec ténacité. Il aurait voulu arrêter les aiguilles. Le temps qui défilait pourtant si lentement quand Grace et Alice n'était pas là semblaient se foutre de lui en ce premier jour d'été. Elles accéléraient et annoncèrent très vite midi. Trop vite.

La blonde passa la porte quelques minutes plus tard en s'excusant pour son retard. En s'avançant dans le salon avec un carton dans les bras, elle s'arrêta très vite en reniflant l'air.

« Hum… Qu'est ce que ça sent bon !

- J'ai décidé de faire la cuisine aujourd'hui.

- Vraiment ? s'étonna-t-elle.

- Tu n'as rien à faire, juste à t'assoir tranquillement à la table, à manger et à te régaler. »

Le chapelier s'empara du carton de la jeune femme et le porta jusqu'à la cuisine. Il commença à ranger ce qu'elle venait d'acheter.

« Je peux aider ? Ne rien faire, ça me dépasse.

- Tu as réussi à tenir deux minutes, bravo ! »

Alice rougit.

« J'ai pas l'habitude d'être assistée…

- Ok, ok, ok, souffla Jefferson un peu exaspéré mais amusé. Tu peux emmener ça à la cave, mais après tu me laisse faire.

- Ca marche ! »

La blonde s'éclipsa en chantonnant. Même si elle s'était presque fait agresser il y a deux jours par le docteur Quin, sa bonne humeur ne fanait pas et gagnait directement le cœur de Jefferson. Elle était heureuse, il était heureux, c'était aussi simple que ça.

Le chapelier vérifia la cuisson de ce qu'il avait préparé et sortit une bouteille de vin. Il versa le liquide rouge dans deux grands verres à pieds puis posa ses paumes sur le plan de travail. Le jardin était radieux. Tellement de chose avait changé depuis qu'Alice était arrivé dans ce manoir. La solitude qu'éprouvait Jefferson s'était envolée, sa peur du temps commençait à s'estomper, il profitait un peu plus de l'instant présent, un peu plus d'espoir brillait en lui.

« Tu as ouvert une bouteille de vin ? »

Jefferson se retourna, surpris par l'apparition d'Alice. Combien de temps avait-il rêvassé ?

« Est ce qu'on fête quelque chose aujourd'hui ?

- Non, pas vraiment non. »

Alice attrapa le verre que le brun lui tendait. Les deux objets en cristal se rencontrèrent et les amants prirent une gorgé du liquide alcoolisé en souriant avant de s'installer à la table.

En voyant la blonde savourer le repas qu'il lui avait préparé tout en profitant du vin rouge, Jefferson repensa à la veille.

.

« Et voilà le Daily Mirror du jour ! »

Alice s'assit à côté de lui sur le canapé et ouvrit le journal à la page 8. Sur le papier recyclé, on pouvait voir une photo de la classe de Grace qui célébrait l'arrivée de l'été et donc des vacances scolaire. Le sourire de la petite fille illumina le visage du chapelier.

« Petit cachotier, tu le savais, c'est pour ça que tu m'as envoyé chercher le journal, hein ? »

Une larme gagna les yeux du chapelier et mouilla le journal en tombant.

« Elle est magnifique Jefferson. Un jour tu la retrouveras, tu verras.

- Merci Alice. »

La blonde l'embrassa sur la joue avant de retourner à ses occupations. Au bout d'une dizaine de minutes, Jefferson connaissait l'article par cœur. Il l'avait lu et relu plusieurs fois avant de déchirer la photo pour la garder avec lui.

Il soupira. Ses mains hésitaient à replier le journal, il en avait peur. Les aiguilles de l'horloge semblaient lui parler, elles lui criaient de le faire. Chaque Tic Tac supplémentaire lui envoyait une décharge supplémentaire dans le corps. Elles étaient si fortes que ses muscles finirent par retrouver la première page du Daily Mirror.

DAILY MIRROR

20 juin 2014

Jefferson écarquilla les yeux. 2014. Cela faisait donc 27 ans qu'il était prisonnier de cet enfer. 27 ans à ne rien faire dans ce manoir. 27 ans à attendre, seul. 27 ans. 27.

Un frisson parcourut tout son corps et le brun agrippa sa tête qui commençait à prendre de la couleur.

Quel âge avait Alice déjà ? Quin avait raison ? 25 ans. Oui. Non. C'était impossible. Le docteur l'avait manipulé pour qu'il la renvoie à l'asile, ça ne pouvait être que ça. Alice était allée au pays des merveilles, le chapelier en était convaincu. Il se foutait de sa gueule ! Donc elle ne l'avait jamais rencontré ? Ce n'est pas la bonne Alice. C'est juste une folle qui s'est échappée. Il avait besoin d'elle, tout était mieux depuis qu'elle était là. Etait-ce son vrai âge ? Elle ne se souvenait plus du lièvre de Mars. Une fleur rouge. Bleue. Jaune. Quel jour était-ce déjà ? Le temps. Verte. Rose. Quelle année ? Le temps.

Le bras du chapelier vola vers la lampe du salon qui explosa au sol. Alice en rachètera une de toute façon. Peu importe s'il détruisait son manoir, la blonde le réparera toujours. Alice. Alice. Sa décision était prise.

.

« Jefferson ? Tout va bien ? »

L'homme leva la tête pour plonger dans les yeux inquiets d'Alice. Il secoua vivement de la tête pour la rassurer.

« En tout cas c'est délicieux. Merci. »

Alice sourit et attrapa la main du brun. Mais son air vague se transforma en inquiétude. Il n'arrivait pas à décrire ce qu'il voyait et cela inquiétait la blonde. Aucun mot ne sortait de sa bouche, il était paralysé.

« Qu'est ce qu'il y a ? Qu'est ce que … ? »

La jeune femme passa sa main sous son nez. Un liquide chaud s'en écoulait et colorait son assiette de porcelaine blanche. Lorsqu'elle vit ses doigts rougis par le sang, elle commença à paniquer et comprit immédiatement ce qui se passait.

« Non. Jefferson dit moi que tu n'as pas fait ça !

- Calie écoute…

- « Calie » ? « Calie » ?! hurla-t-elle. J'y crois pas… Je suis entrain de rêver c'est ça ? C'est un mauvais rêve ? Un cauchemar ? Tu as vraiment cru ce que disait ce putain de docteur ? »

En se levant brutalement, la chaise de la blonde était tombée en arrière. Elle traversa le salon et claqua une porte à l'intérieur du manoir. Jefferson la suivit de près. Alice était entrée comme une furie dans les toilettes et était à présent à quatre pattes, deux doigts dans la bouche.

« Calie arrête ! cria le brun en essayant de l'arrêter.

- Laisse-moi tranquille ! Laisse-moi tranquille Jefferson ! »

Le chapelier attrapa ses deux poignets par derrière et se laissa tomber contre le mur avec elle. Il plaqua les bras de la blonde en croix sur sa poitrine pour la maitriser. La colère qu'elle éprouvait en ce moment la rendait complètement folle. Elle criait et se débattait alors que Jefferson n'exprimait aucun sentiment sur son visage. A l'intérieur de lui, c'était différent. Il bouillait. Il bouillait de colère envers Calie, envers lui, envers le docteur qui avait brisé son bonheur. Il n'avait pas pu se résigner à vivre dans le mensonge même si ça aurait pu faire son bonheur. Fiodor Dostoïevski a dit que « la vie et le mensonge sont synonymes », mais pour lui cette vie de prisonnier et de faux semblants qu'il contemplait depuis 27 ans était déjà bien assez.

Elle criait, elle hurlait à Jefferson de la lâcher. Il ne l'avait jamais vu aussi énervé. Même la fois où elle avait oublié de prendre ses cachets et qu'elle l'avait embrassé sur un coup de tête était minable comparé à maintenant.

Finalement, les pilules blanches que le chapelier lui avait fait boire à son insu diluées dans son premier verre de vin commençaient à faire effet. La blonde était épuisée, elle n'arrivait plus à se battre contre la force de l'homme qui la maintenait. Sa tête se coucha enfin sur Jefferson, sa respiration était infernale. Alors qu'il pensait qu'elle abandonnait, le corps de la jeune femme se débattu une dernière fois, poussant un dernier cri de haine tout en se courbant.

Après cette dernière secousse, sa tête chuta en arrière pour atterrir sur l'épaule du brun. Le calme était revenu et le silence régna pendant plusieurs minutes.

« Comment as-tu pu… sanglota-t-elle.

- C'est pour ton bien Calie. Quin à raison.

- Non, il a tord ! Je…

- On ne s'est jamais rencontré au pays des merveilles. J'étais déjà bloqué ici quand tu dis être allé là-bas. »

Jefferson emmêla ses doigts avec ceux de la blonde et colla sa joue contre sa tempe. Son visage était chaud, il pouvait sentir son cœur se réguler alors que le sien était près à céder.

« J'étais là-bas. J'étais au pays des merveilles. J'en rêve toutes les nuits. Je retombe dans ce trou noir sans fond, je traverse le jardin de la reine de cœur. Je me rappelle même de l'affreuse odeur du hooka d'Absolem et de l'air de musique que chantaient les fleurs. Je t'en pris, ne me fait pas retourner là-bas, je dis la vérité… »

Les larmes montèrent aux yeux du chapelier. Il ne répondit pas. Il avait trop peur que sa voix chevrote, car si le bonheur de la blonde faisait le sien, il en était de même pour sa peine.

Le docteur avait peut-être raison et ça le rendait dingue, intérieurement. Tout ce que lui racontait Calie appartenait au dessin-animé d'Alice au pays des merveilles. C'était simple. Elle s'en était imprégner, l'avait convaincu, l'avait berné. Les mensonges. Il n'en pouvait plus.

« S'il te plaît… continua-t-elle d'implorer.

- Tu seras mieux là-bas, tu verras. Bien mieux qu'ici. »

Les mots qu'il avait chuchotés à son oreille sonnaient faux, ce qui déclencha un petit rire nerveux chez la blonde.

« Tu mens comme tu respires Jefferson. Il a suffit que ce foutu doc ouvre sa grande gueule pour te mettre le doute ? Bravo, quelle performance d'acteur incroyable. Comme quoi, toi et la sincérité…

- J'ai toujours été sincère Calie.

- Bien sûr, c'est une évidence, s'amusa-t-elle tout bas. Tu crois vraiment qu'en me droguant à mon insu, deux fois au passage, ça fait de toi quelqu'un de correct et droit ? Tout ça c'était des conneries.

- Calie tais-toi.

- « Hum chouette, ça fait tellement longtemps que je suis enfermé, seul, à m'apitoyer sur mon sort, et voilà une attraction qui débarque un jour de pluie ! »

- Calie…

- « Je vais m'amuser un peu et après je me débarrasserai de mon jouet quand j'en aurai marre. » Quin t'as juste donné une porte de sortie et toi tu as foncé tête la p…

- Je t'aime, merde ! » coupa Jefferson.

Il avait haussé le ton et sa voix s'était cassée. Sa gorge était nouée et son visage rougit par la colère. Il serra un peu plus les mains de Calie et l'attira un peu plus vers lui. Son petit corps appuyé contre son torse le rendait fou. Au fond de lui, il ne voulait pas la laisser partir, il voulait la garder rien que pour lui.

Les muscles de la blonde se détendaient de secondes en secondes. Ses doigts ne répondaient plus à la pression de ceux du brun et sa tête restait posée négligemment sur son épaule.

« Si tu m'aimes comme tu le dis, tu n'aurais jamais fait ça, tu ne crois pas ?

- Aimer une personne c'est faire ce qu'il nous semble être le mieux pour elle, même si ça nous fait mal. »

Les lèvres chaudes du brun se posèrent sur son front. Il commença à la bercer doucement en sentant ses larmes s'écraser sur sa chemise.

« Laisse moi rester avec toi, ne me laisse pas partir. C'est ça dont tu as besoin, c'est ça dont j'ai besoin. Si on n'est pas ensemble, à quoi ça rime ?

- Calie…

- Fais pas ça. S'il te plaît, Jefferson. »

L'écoute de son prénom lui donna des frissons. Il garda ses lèvres plaquées sur son front comme pour lui demander pardon de prier secrètement pour que les médicaments l'entrainent dans les tréfonds de son subconscient le plus rapidement possible.

« S'il te plaît…

- Chut… » susurra-t-il doucement.

Calie ferma les yeux. Les gestes de Jefferson étaient doux, attentionnés, tendres, tout ce que la situation ne semblait pas devoir lui accorder. Elle sentait que ses paupières n'étaient pas prêtes de se rouvrir cette fois. La lutte était finie. Elle usa sa dernière portion d'énergie pour entrouvrir la bouche et murmurer quelque chose qui fit tressaillir Jefferson.

« Je te hais. »


Plus qu'un mini, tout petit, ridicule, lilliputien de chapitre/prologue et cette fic est terminée ! (ce week-end, promis...)

[J'ai déjà quelques idées pour faire une suite mais entre "penser" et "rédiger"... C'est plutôt assez carrément compliqué !]

Hâte de connaitre vos impressions...

Kizzie ! :)