Salut tout le monde. Petit chapitre un peu court mais que j'ai été contrainte de couper pour des raisons de cohérence. Vous comprendrez pourquoi… je tâcherai de poster la suite rapidement pour ne pas que vous perdiez le fil. Enfin rapidement… comme d'hab' et parce que je suis machiavélique, tout dépendra de l'engouement suscité par ledit chapitre. )

Petit debrief concernant l'incriminée SnapeAddiction : je n'ai à ce jour pas reçu de réponse du site qui, j'imagine, a surement des priorités à traiter et elle continue de sévir.

RAR : Sandrine : merci mille fois pour ton gentil commentaire. Je sais que Sevy met du temps à revenir dans l'histoire mais dans les prochains il sera plus que présent ! )

Magy : Merci merci merci pour ce gentil compliment !^^ Tu sais, parfois entre ce qu'on se dit et ce qu'on se croit capable de faire et ce qu'on est effectivement capable de faire dans un instant T, il y a un monde. Même si c'est dur à digérer, certaines choses ne se contrôlent pas et tout le monde ne fonctionne pas de la même façon. Tu auras tes réponses très vite concernant Mérédith et Wesley ! ) J'espère que la suite continuera de te plaire.

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- Qu'est-ce que l'on fait dans cet endroit ? interrogea-t-elle perplexe.

- D'après les indications que j'ai reçues, ce devrait être ce bâtiment.

Elle observa l'homme élégamment vêtu à sa droite. Le nez baissé dans un calepin, il relisait pour la dixième fois l'adresse rapidement griffonnée. Elle risqua un coup d'œil par-dessus son épaule. L'espace d'un instant, l'idée qu'il avait pu lui-même organiser ce périple hasardeux afin de tenter quelque chose lui effleura l'esprit. Elle la balaya rapidement : non il ne savait pas que Liam jouait ce soir pour sa carrière, non il ne savait pas qu'elle devait être à Londres pour 20h30 et non, il ne tenterait rien ! Tous les frais avaient été pris en charge par le Ministère et il y avait peu à parier que Chris occuperait encore son poste à ce jour s'il s'était avéré qu'il avait dépensé les deniers du Royaume pour des voyages de plaisance. Du reste, il s'était récemment fiancé à une jeune femme sublime du nom de Karen. Cette femme-là c'était tout son contraire : belle, élancée, brillante… autant de raisons qui l'avaient confortée dans l'idée que Chris Benett ne désirait qu'une chose : remettre les compteurs à zéro afin de pacifier leurs rapports professionnels.

Un bruyant éternuement brisa le silence de la ruelle. Le son se répercuta en écho sur les pavés.

- Désolée.

- Hmm… à tes souhaits ! De toute façon, ça ne sert à rien de rester davantage dehors par ce temps de neige. Je devrais être habitué au choix de ce genre de lieux depuis le temps.

Que voulait-il dire par là ? Il ne semblait pas aussi étonné qu'elle de l'endroit peu avenant où ils avaient atterri. Une bourrasque de vent glacial la décida à entrer.

- C'est sinistre, lâcha-t-elle après un rapide tour d'horizon.

- Ouais, et c'est au dernier étage, ajouta-t-il.

Elle lança une œillade à l'homme en complet gris. Lui non plus n'avait pas l'air particulièrement à son aise dans ce vieil immeuble où chaque pas donnait l'impression que l'ensemble de la structure était sur le point de s'écrouler. Elle commença lentement la montée des marches en veillant bien à ne pas toucher la rampe elle paraissait poisseuse et étrangement humide. L'air qu'elle respirait sentait le moisi, un supplice pour l'asthmatique qu'elle était. Au sixième pallier, elle enleva son imper, elle sentait déjà son dos en nage, ne sachant pas si c'était le fait de l'effort ou de l'effroi. Arrivés sur le huitième pallier, Chris, qui évoluait devant elle, reprit la parole sans pour autant se retourner.

- Un souci ?

- Je n'avais pourtant pas l'impression qu'il y avait autant d'étages dans ce bâtiment, articula-t-elle avec difficulté.

- Tu n'as aucune condition physique, lâcha-t-il en riant, creusant encore l'écart qui les séparait.

- Au cas où je ne me serais pas rendue compte toute seule que je suis une athlète, maugréa-t-elle.

L'homme pouffa. Ca ne fit qu'ajouter à son irritation : manifestement, il n'avait aucun mal à gravir les étages sans fin.

- Tu devrais te planifier une activité sportive hebdomadaire, se moqua-t-il.

- Ah oui et quand ? En semaine quand je sors du bureau à 22 h après mes heures supp' ou bien le week-end où je suis obligée de potasser les dossiers que vous avez la délicatesse d'entasser le vendredi soir sur mon bureau ? grommela-t-elle.

- Peut-être que si tu faisais ton boulot plus efficacement…

Elle s'arrêta net sur le douzième pallier. Etait-il sérieux ? Depuis qu'elle travaillait pour le ministère, c'était bien la première fois qu'on la taxait d'incompétente. Après tout ce qu'elle avait fait pour se montrer à la hauteur, elle ne savait pas quel sentiment prédominait : la frustration d'avoir brassé de l'air jusque là ou la colère d'une telle ingratitude. N'entendant plus les hauts talons claquer dans son sillage, Chris stoppa sa progression et fit volte-face. L'air surpris qu'il affichait ne fit que renforcer son sentiment d'incompréhension.

- Que se passe-t-il ?

- Vous êtes sérieux ? interrogea-t-elle glaciale.

Les sourcils bruns se haussèrent un instant, puis se froncèrent presque instantanément. Il reprit l'ascension en soupirant bruyamment.

- Franchement, si je croyais que tu ne faisais pas bien ton boulot, je t'aurais éjectée de mon service depuis un moment et tu ne serais pas en train d'écumer sur ces escaliers crasseux aujourd'hui. Pourquoi penses-tu que tu reçoives autant de travail en comparaison des autres ?

- Vous êtes en train de me dire que c'est parce que je suis un élément compétent que vous m'accablez de travail ?

- Pff…

- Hé ! l'interpella-t-elle en montant quatre à quatre les marches qui les séparaient. Dans ce cas, il faudrait penser à m'augmenter ! feint-elle d'être outrée.

En réalité, il n'aurait pas pu lui faire plus beau compliment.

- Peut-être devrais-je t'offrir une inscription dans une salle de gym à la place, ou t'emmener courir avec moi le matin.

- J'en connais une qui ne serait pas ravie d'apprendre ça, ironisa-t-elle, préférant ne pas se lancer de nouveau dans un sujet propice à querelle.

Elle se heurta alors au large dos devant elle.

- Parce que pour toi ce serait bon ?

Elle se figea… Quoi ?

Pourquoi lui demandait-il ça tout à coup ? Elle ne s'était pas attendue à ça. Pourquoi ne se contentait-il plus de la railler ? Elle n'aimait pas la tournure que prenait la conversation : elle l'embarrassait. Heureusement, il avait le bon goût de ne pas se retourner, elle eut ainsi tout le temps nécessaire pour se reconstituer un visage placide.

- Vous vous moquez beaucoup, reprit-elle en forçant un léger rire sarcastique. Mais c'est de votre faute si j'ai dû enfiler ces chaussures si peu pratiques. Vous avez une idée d'à quel point c'est difficile de monter des escaliers avec des escarpins hauts de dix centimètres ?

Ce faisant, elle lui asséna une petite tape sur l'omoplate et son homologue se remit en route. Elle pouvait de nouveau respirer.

- Personne ne t'a demandé de porter des chaussures aussi inconfortables.

- Je rêve ! Qui m'a expressément ordonné, appuya-t-elle sur les mots, de porter mon tailleur noir, de relever mes cheveux en queue de cheval, de me jucher sur des escarpins – en passant si un jour vous trouvez la seule paire au monde qui ne nécessite pas de contracter perpétuellement les mollets pour ne pas se tordre la cheville, offrez-les moi – et surtout de ne pas poser de questions ?

- Ah, ce genre de revendications a dû te paraitre bizarre n'est-ce pas ?

- C'est peu de le dire…

- Ne pense pas que je t'ai demandé tout ça pour satisfaire je ne sais quel délire fétichiste… en tout cas pas le mien.

- Pardon ?

- Rah… toute façon tu le verras bien par toi-même. L'une des personnes que nous allons rencontrer, à dire vrai celui qui a tout pouvoir décisionnaire, est réputé pour son goût prononcé pour les femmes dans ton genre.

- C'est une plaisanterie ? s'écria-t-elle.

- Chut ! Ne crie pas comme ça, on approche du vingt-deuxième.

- Le vingt-deuxième ? Mais qu'est-ce que c'est que cet endroit ? Je suis absolument certaine que ce bâtiment ne comptait pas plus d'une dizaine d'étages ! Et qu'est-ce que c'est que ces histoires de type de filles ?

Au comble de l'incompréhension, elle obligea son supérieur à s'arrêter en le tirant par la manche.

- Chris ! se força-t-elle, consciente de l'impact qu'aurait sur lui l'utilisation de son prénom. S'il vous plait !

Il se retourna lentement, impassible et soupira.

- Cet homme nourrit une sorte de fascination pour les grandes filles brunes à l'air revêche et autoritaire.

Il fit mine de ne pas avoir vu l'expression de franc dégoût sur le visage de sa subalterne et continua.

- Tu étais la seule dans le département à correspondre au profil, je n'ai fait que grossir le trait.

- C'est une blague ?

- Allons, ne me dis pas que tu n'es pas au courant du surnom dont les gars du service t'affublent depuis que tu y es entrée ?

- Un surnom ? Quel surnom ?

- … non, là, je passe ! Je ne tiens pas à assumer les conséquences des imbécilités des autres. Tu me fais suffisamment sentir le poids des miennes.

L'échappatoire était trop facile.

- Alors je suis ici entant qu'appât ? refusa-t-elle d'en démordre. C'est la raison de ma présence ? J'aurais préféré le devoir à mes qualités professionnelles.

- Oui et non, répondit-il visiblement de plus en plus mal à l'aise, heureusement tu ne remplis pas uniquement ces caractéristiques-là. J'ai eu l'occasion de te voir à l'œuvre et tu es une négociatrice coriace. Au vu de la Charte qu'on doit lui présenter, ça nous sera plus qu'utile.

- C'est répugnant ! siffla-t-elle indignée en lui passant devant. Je vais jouer les baudruches insipides pour flatter l'imaginaire d'un olibrius dégoûtant !

- Ne crois pas ça, tenta-t-il de la rassurer. S'il s'était agi uniquement de faire de la figuration, j'aurais pu enrôler n'importe qui d'autre, je me serais chargé seul de la partie négociation. Mais le cumul de ces qualités sur une seule tête… je connais le personnage, il ne te résistera pas ! C'est là !

Ils s'arrêtèrent devant une porte en bois délabrée. Sans accorder plus d'attention au détail pourtant étrange, elle se tourna une dernière fois vers son supérieur.

- Comment devrais-je négocier sur un dossier que non content de ne pas maîtriser, je n'ai en plus jamais lu ?

- Tu auras quelques minutes avant que le Ministre n'arrive pour te préparer. Attention cependant : même si certaines propositions te paraissent étranges, tu ne dois en aucun cas laisser entrevoir que tu manques d'assurance. Sois convaincue de tout ce que tu avanceras ! la conseilla-t-il. C'est primordial si tu veux vendre ton bout de viande !

- Le temps qu' « il » arrive ? Cela signifie que je vais devoir me montrer en spectacle devant combien de personnes au juste ?

- En principe deux. Le Ministre et son conseiller.

- Je ne comprends pas, pourquoi y aurait-il matière à négoce ? Les autres ministères n'ont pas autorité à s'opposer sans raison valable aux projets qui viennent du département principal.

- Là c'est un peu particulier, articula-t-il visiblement embarrassé, il s'agit d'un ministère indépendant.

- Ca fait un peu beaucoup à ingurgiter en un seul coup Monsieur Bennet ! protesta-t-elle sous les suppliques de son cerveau malmené. Depuis quand y a-t-il des ministères indépendants ?

- Avant toute chose, tu dois prendre acte que rien de ce qui se passera dans cette pièce ne devra en sortir.

- Pourquoi ?

- On n'a plus le temps pour les debriefs Merson ! s'impatienta-t-il. Est-ce que c'est clair ?

- Oui, oui ! C'est très clair ! concéda-t-elle excédée en haussant le ton.

- Bien, alors aussi saugrenu que cela puisse te paraître, il existe au Royaume-Uni deux ministères parfaitement indépendants, qui pour des raisons de sécurité nationale, tentent tout de même de collaborer a minima sur certains dispositifs. Il y a celui que tu connais, le Premier Ministre en est à la tête. L'autre …

- Vous êtes en avance !

La voix douce mais usée la fit sursauter lorsque la porte s'ouvrit. Dans l'embrasure, se tenait un homme sans âge très curieusement vêtu. En une fraction de seconde, elle lança à Chris un regard qui signifiait tout à la fois : qui est ce vieillard ? Pourquoi porte-t-il un accoutrement de carnaval ? Comment a-t-il pu se farcir les vingt deux étages sans faire exploser sa pile et surtout, « pourquoi diable n'es-tu pas surpris ? » Avec un sourire engageant, ses yeux étonnamment bleus pétillant derrière ses lunettes, le vieil homme les invita à entrer.

- Vous connaissez Optimus, confia-t-il à Chris, il n'est jamais à l'heure.

- Ce n'est pas grave Professeur, nous l'attendrons ici.

- Professeur, hasarda la jeune femme, définitivement perdue.

- Permettez-moi de vous présenter le Professeur Albus Dumbledore, déclara Chris de façon très protocolaire. Il est le conseiller du Ministre dont vous allez faire la connaissance Miss Merson. Il est également le directeur de la plus prestigieuse école de ma…

- C'est une plaisanterie ! tonna une voix qui lui renversa l'estomac de l'autre côté de la pièce.

So ?