Titre: Cruelles intentions chapitre 9 (Cruel intentions part 9)
Auteur: FayC
Traduction: Kandamio
Beta: Lauriane Zangkyaku-Sama
Rating: PG
Fandom: Viewfinder
Pairing: Fei Long x Mikhail, Yoh, OC
Spoiler: Fixer
Tous les personnages appartiennent à Ayano Yamane (ou à FayC, pour l'un d'entre eux ^^.)
Et un autre chapitre, au passage, histoire de compenser pour mon absence ^^! (et puis bon, en tant que fan de cette auteure, je comprends totalement ce que peuvent ressentir des fans impatients et un peu frustrés xD... *shot down*). Niveau longueur, ce chapitre en vaut deux ^^. Alors, on dit quoi à la gentille fille qui reste debout tard pour vous ^^?
La pièce devint complètement silencieuse, lorsque Mikhail partit. Il n'avait rien dit après. Il était simplement parti. Plus de mots de colère. Pas même d'au revoir. Fei Long bascula la tête en arrière, l'appuyant contre le mur, et ferma les yeux.
C'est ça que l'on ressent avant de pleurer?
Tellement de temps s'était écoulé, depuis la dernière fois, qu'il avait oublié comment c'était de pleurer. Il ne l'avait pas fait depuis cette nuit-là, sept ans auparavant. C'était un des moments où il aimerait pouvoir le faire. Pourtant, il ne trouvait pas de larmes. Peut-être qu'une fois que les gens ont pleuré pour quelque chose, ils apprennent à supporter cette douleur et qu'ils ne versent plus une larme jusqu'à ce qu'on leur en inflige une plus grande. Pour le moment, rien ne pourrait infliger autant de douleur à son cœur que cette nuit pluvieuse. C'était son destin de continuer à vivre avec toute cette douleur retenue au fond de lui. Il le savait depuis un moment. C'était juste que, maintenant, il devait porter seul cette souffrance.
Il savait pourquoi il ne pouvait pas tuer Asami. Au fond de lui, il savait que ce n'était pas de sa faute. Il était responsable de tout ce qui était arrivé. Sept ans avant, il avait choisi de s'enfuir de Baishe. C'était lui qui avait choisi de faire confiance à Asami. Et la veille, ça avait été son choix d'aller au Japon. Tout était une erreur, depuis le moment où il était né. IL était une erreur. Il n'y avait aucune place au monde pour un bâtard, un fils de prostituée. Pourquoi Asami aurait-il eu des scrupules à l'utiliser pour obtenir ce qu'il voulait? Pourquoi Mikhail devrait-il rester et endurer toute la souffrance qui l'accompagnait? C'était mieux de le laisser partir. Ça faisait un mal de chien, mais au moins c'était juste.
Yoh arriva à l'appartement, vingt minutes après que Fei Long l'ait appelé pour lui demander de venir le chercher et de lui apporter des habits propres. En entrant dans l'appartement, il regarda autour de lui mais ne vit son maître nulle part.
"Fei Long-sama?"
La pièce était complètement silencieuse, comme s'il n'y avait nulle trace de vie. Il vit le café entamé sur le bar et réalisa qu'il était encore chaud. Quelqu'un avait été ici et devait encore l'être.
Il se dirigea vers le balcon et marcha accidentellement sur quelque chose. Une chemise. La chemise blanche que Fei portait la veille. Une douleur aiguë apparut dans son cœur quand il la ramassa et réalisa qu'elle avait été déchirée. Ce qui était arrivé la nuit dernière était évident. Le russe avait sûrement dû être là et Fei Long avait été dans ses bras. Ses mains se resserrèrent autour de cette chemise quand il pensa aux mains de quelqu'un d'autre sur cette peau sans défaut, à la bouche d'un autre embrassant ces lèvres. Étant son plus proche garde du corps, il savait exactement quand et où ils étaient ensemble. C'était son travail de savoir. Ça faisait beaucoup moins mal de juste le savoir; mais voir les vestiges de leur vie privée était un tout autre niveau de douleur.
Quand il regarda à l'arrière des fenêtres coulissantes, il vit une élégante silhouette qui se tenait près de la piscine, et reconnut son maître en un instant. Comment ne le pourrait-il pas? Personne d'autre au monde ne possédait ce genre de beauté et d'élégance. Même sans cette chevelure incroyablement longue et soyeuse, il pouvait aisément reconnaître Fei Long en un coup d'œil à son dos, à un kilomètre de distance. Pourtant, quelque chose était différent dans cette présence aujourd'hui. Il manquait quelque chose. Mais quoi?
Il sortit aussi discrètement que possible, essayant de ne pas rompre le silence. Il devait avoir fait du bruit car Fei Long se tourna lentement pour le regarder.
Yoh fut pris de court en voyant ce beau visage. Disparues, les étincelles dans ses yeux. L'habituelle intensité de sa présence, qui exigeait attention et obéissance absolue, avait totalement disparu. Il avait l'air totalement vide, comme s'il s'effaçait sous ses propres yeux. Sans réfléchir, Yoh tendit le bras et attrapa celui de Fei.
Fei Long se retourna et regarda la prise sur son bras.
"Yoh?"
Il murmurait, son ton montrant curiosité plutôt que désaccord.
Réalisant ce qu'il avait fait inconsciemment, Yoh retira rapidement sa main et s'excusa. "Pardon, Fei Long-sama. Pendant une seconde, j'ai cru que vous alliez tomber."
Le silence tendu entre eux lui fit changer de sujet.
"Tao m'a donné un Cheongsam pour vous. Vous avez aussi une réunion à deux heures cet après-midi, à Baishe."
Fei Long acquiesça tranquillement et rentra à l'intérieur, emportant son Cheongsam avec lui dans la salle de bains. Yoh attendit en silence dans la chambre, pendant que son maître prenait une douche. Habituellement, il ne pouvait pas le supporter, entendre le son de l'eau couler sur cette peau, savoir que son maître était nu de l'autre côté de cette porte. Mais maintenant, il était plus inquiet de ce qu'il venait de voir sur le balcon. Il était à ses côtés depuis plus de sept ans et, pas une seule fois, il n'avait vu ce regard sur le visage de Fei Long. Quelque chose avait sérieusement mal tourné.
La porte de la salle de bains s'ouvrit peu après que le son de la douche se soit dissipé. Fei Long sortit, portant son Cheongsam déboutonné. Il avait placé une serviette sur son épaule pour empêcher que ses cheveux humides n'abîment son vêtement. Yoh détourna le regard de la grande étendue de peau dévoilée par le Cheongsam déboutonné et reprit son souffle, essayant, du mieux qu'il pouvait, de se retenir de faire la chose impardonnable que son cœur désirait. En particulier quand il l'avait désiré, à maintes reprises, au point d'être prêt à mourir pour ça.
"Peux-tu m'aider pour mes cheveux?"
Cette voix soyeuse était une véritable musique pour ses oreilles. Fei Long s'assit sur le lit, penchant son dos contre l'oreiller en attendant que Yoh vienne.
Il ferma les yeux en sentant les mains de Yoh dans ses cheveux. Il savait que ce n'était pas approprié mais il était nécessaire pour lui de paraître présentable à la réunion. Il avait donné des instructions claires pour qu'on n'amenât pas Tao. Il n'était pas prêt à le voir. Ce garçon verrait sa détresse en une seconde et commencerait à s'inquiéter. Dans l'état où il se trouvait maintenant, avec tous les hématomes sur son corps et la douleur dans son cœur, il ne serait pas capable de faire semblant d'aller bien et de réconforter le garçon comme il le devrait. Il avait besoin de temps pour reprendre ses esprits, avant de soumettre sa présence aux yeux scrutateurs de Tao.
Yoh sécha avec précaution les longs cheveux soyeux et les peigna lentement, admirant le visage sans défaut qui ne reposait qu'à quelques centimètres de ses doigts. Il ne put s'empêcher d'accidentellement toucher ces joues délicates en travaillant. Avec Fei Long si proche et ses yeux fermés ainsi, il lui avait fallu un effort surhumain pour ne pas se pencher et embrasser ces lèvres entrouvertes.
Ces mèches soyeuses échappèrent de ses mains, quand Fei Long se leva du lit et commença à boutonner son Cheongsam. Puisque les boutons étaient arrangés sur le côté, quelques uns d'entre eux, en particulier les plus éloignés de sa taille étaient durs à atteindre. Il lutta un moment avant que Yoh ne trouve approprié de lui offrir son aide.
"Puis-je?"
Yoh demanda la permission, avant d'oser tendre la main vers ces boutons.
Fei Long y réfléchit un moment avant de lever son bras hors du chemin et il reposa sa main sur l'épaule de Yoh pour qu'il puisse atteindre les boutons. Le cœur de Yoh battait à tout rompre dans sa poitrine quand il se pencha en avant et sentit le doux parfum qui n'appartenait qu'à l'homme en face de lui. Il pouvait sentir les muscles sous la soie, lorsqu'il glissa sa main sur la taille de son maître pour lisser le pli et tira les pans de tissu ensemble pour les fermer. Le souffle chaud de Fei Long effleurait sa nuque et le faisait frissonner. Les mouvements réguliers de la poitrine de Fei qui s'élevait et s'abaissait en respirant, lui donnèrent envie de coincer à nouveau ce beau corps sur le lit et de satisfaire son désir juste ici et maintenant.
Quand il réalisa ce à quoi il pensait, Yoh finit rapidement de fermer les boutons et s'écarta. C'était une mauvaise idée d'être aussi proche de Fei Long, sachant trop bien à quel point il voulait toucher cette peau, sachant trop bien qu'il lui était interdit de faire cela. Pourquoi insistait-il toujours pour se torturer comme cela?
"Merci."
Fei Long parlait sur son ton habituel. L'expression sur son visage était toujours la même. Vide.
Yoh sourit de pitié. Il devait être fou pour s'attendre à ce que Fei Long ressente la même chose que lui. Avant, seul un homme dans le monde pouvait faire battre de désir ce cœur froid. Maintenant, il y en avait deux. Mais le second n'était pas lui. C'était Mikhail Arbatov. D'une manière ou d'une autre, cet homme avait réussi à se tailler un chemin dans le cœur de son maître. Tao étant une exception, qui d'autre le saurait mieux que lui? Il était là à chaque fois que ce sourire apparaissait sur son visage quand son portable sonnait, le genre de sourire qui n'était habituellement réservé qu'à Tao. Il se demanda si Mikhail avait jamais su qu'il n'avait qu'à entrer dans la pièce pour éclairer l'expression de son maître. En dépit des mots froids et cruels que son maître utilisait avec lui, Fei Long lui accordait bien de l'attention. Beaucoup. Il fallait être proche de lui pour remarquer ces petites choses. Mais aussi jaloux de Mikhail qu'il était, il devait admettre qu'il n'avait jamais vu Fei Long aussi réjoui, jusqu'à récemment.
Mais que s'était-il passé en l'espace d'une nuit pour le changer aussi radicalement? Il savait déjà ce qui était arrivé à Tokyo. Il avait été là. Ce n'était pas difficile de rassembler les pièces du puzzle. La douleur dans ses yeux, les hématomes autour de sa nuque et de ses poignets, la manière dont il serrait les poings pour s'empêcher de montrer la douleur quand il marchait, tout menait à une conclusion qu'il lui était trop douloureux de prononcer. L'évènement de cet après-midi avait changé Fei Long en quelqu'un de complètement autre. Pourtant, malgré la froideur de poupée sur son visage et l'expression insensible qu'il projetait, il y avait toujours de la rage dans ses yeux et on pouvait encore sentir la tension intense de sa présence quand il était remonté dans l'avion pour Hong-Kong.
Maintenant, on aurait dit qu'il avait tout perdu. Il était douloureux de le voir dans cet état. Fei Long était quelqu'un qui aurait pu arrêter la circulation d'un simple regard par-dessus l'épaule. Il lui suffisait d'entrer dans une pièce pour que tout le monde le remarque. Ce n'était pas juste cette belle figure qui attirait tant l'attention, il y avait quelque chose de majestueux dans sa présence qui captivait les gens autour de lui. Maintenant, tout avait disparu. Maintenant, on aurait dit qu'il voulait disparaître.
Dans ces circonstances, n'importe qui aurait immédiatement supposé que le russe avait quelque chose à voir avec ça. Mais peu importe à quel point il détestait Mikhail, et peu importe à quel point cet homme était sournois, dans son cœur, il savait que l'amour de Mikhail pour Fei Long était réel. Il ne pouvait pas imaginer que son maître ait pu être blessé par cet homme.
Alors qu'ils étaient prêts à partir, Fei Long s'arrêta et se retourna pour regarder derrière lui encore une fois, avant de quitter l'appartement. Il était plus que probable que c'était la dernière fois qu'il viendrait ici. Il prit une profonde inspiration et emplit ses poumons de l'odeur familière qui demeurait encore dans cet espace vide...
L'odeur d'aftershave qui collait à sa clavicule pendant des heures.
Le vague parfum de vodka qui restait sur ses lèvres quand ils s'embrassaient...
Et ce riche arôme de café qu'il buvait tous les matins...
L'odeur qu'il avait appris à aimer... et pourrait bien ne plus jamais sentir.
Mikhail ouvrit la porte de son cabinet de travail et s'arrêta net en reconnaissant l'homme assis à son bureau, fumant un cigare. Son cigare.
"Merde, t'as l'air d'une loque."
Mikhail soupira d'énervement.
"Putain, qu'est-ce-que tu fous ici, Alexei?"
"Oh, il se trouve que j'aime voler de Moscou à Macao pour passer dire bonjour à mon frère. Je vais te dire, ce que je fous ici, Misha. Je suis ici pour te ramener à Moscou par la peau du cul, et aussi pour mater mon nouveau bureau."
N'ayant que deux ans d'écart avec lui, Alexei n'avait jamais ressenti le besoin d'être poli avec son grand frère. Ils avaient été élevés de manière en tout point identique, à l'exception du fait que Mikhail avait plus de responsabilités et qu'il avait toujours pu faire ce qu'il voulait.
Mikhail mit sa main sur son front, et soupira encore une fois.
Je suis pas prêt pour ce merdier.
"Alexei."
Il parla lentement mais avec une fermeté qui effaça le sourire narquois de son frère. "Descends – De - Mon - Bureau. Ne me pousse pas à te tirer dessus."
Il n'était pas courant de voir Mikhail Arbatov dans cet état mais quand il était dans une humeur pareille, même Alexei savait qu'il valait mieux pour lui ne pas se moquer de son aîné. Il sauta du bureau et commença à parler sur un ton plus sérieux.
"Tu reviens à la maison, alors?"
Il s'arrêta une seconde avant de hocher légèrement de la tête.
"Je pars ce soir."
Alexei s'avança, et s'arrêta devant son frère.
"Tu sais de quoi il est question, non?"
Il rendit son regard à Alexei, qui faisait exactement sa taille mais était légèrement moins bâti. "Je sais de quoi il s'agit. Et c'est encore MON bureau."
Ces yeux verts s'écarquillèrent de stupeur. Il n'en voudrait pas à Alexei pour ça. Il était lui-même surpris d'encore penser à rester à Macao.
"Tu ne veux pas y aller?" demanda Alexei, sérieux. Il ne comprenait pas pourquoi Mikhail ne sautait pas sur l'occasion.
"Ce ne sont pas tes affaires. Va te préparer. On part ce soir."
Mikhail balaya sa présence d'un revers de la main et quitta rapidement la pièce. Il n'était pas d'humeur à converser avec qui que ce soit, en particulier avec son frère briseur de nerfs.
Alexei passa la main dans ses cheveux noisette, dont les boucles étaient moins marquées que celles de son frère. Pourquoi Mikhail était-il aussi réticent à partir alors qu'il savait que toute la fortune familiale l'attendait à la maison? Il se souvint de ce que Boris avait dit de son histoire d'amour. Mais jusque-là, il avait douté que son frère, si excessivement mature, si maître de soi, avait pu tomber aussi désespérément amoureux d'un homme, et tombé si méchamment qu'il serait prêt à jeter la fortune familiale juste pour rester ici. Ça l'intriguait. Qu'est-ce-que ce leader de Baishe avait de si spécial pour que son frère en tombe aussi éperdument amoureux?
6 heures de l'après-midi.
Mikhail monta dans son jet privé et regarda autour de lui, énervé.
"Bon dieu, où est Alexei?"
Boris, qui était venu lui souhaiter bon départ, lui répondit d'un ton las.
"Il a dit qu'il venait d'arriver et donc qu'il voulait rester quelques jours avant de repartir. Il reviendra à temps pour la réception."
"ça lui ressemble bien."
Il soupira et se rassit sur son siège. Il n'arrivait plus à se soucier de quoi que ce soit. Alexei pouvait bien faire tout ce qu'il voulait. C' était sans doute mieux qu'ils ne prennent pas le même avion. A cet instant, il avait besoin d'être seul. Il avait besoin de temps pour réfléchir à certaines choses.
L'air sur le visage de Mikhail inquiéta Boris. Il était plus que pâle, comme si cela faisait des jours qu'il n'avait pas dormi. Ça ne lui ressemblait pas non plus d'être aussi tranquille. Depuis qu'il était revenu ce matin, il ne parlait que lorsque c'était nécessaire et toujours avec des phrases courtes. Ces yeux bleus semblaient regarder fixement dans le vide la plupart du temps, c'était comme si son esprit était ailleurs.
"Misha."
A chaque fois qu'il avait des ennuis, Boris l'appelait affectueusement par son surnom.
"Tu vas bien?"
Un vague sourire apparut brièvement sur son visage d'une pâleur de mort.
"Je vais bien, Boris. Pars, il n'y a pas de problème."
Bien? En vérité, il était loin d'aller bien. Son cœur avait été arraché hors de sa poitrine et il l'avait perdu... quelque part, là-dehors, à Hong-Kong.
Boris ferma la porte de la cabine et regarda avec soulagement l'avion décoller. Il valait mieux que Mikhail ne revienne pas à Macao. Ce leader de Baishe le détruisait. La famille Arbatov avait besoin d'un leader fort. Alexei ne serait pas capable de porter un tel fardeau. Seul Mikhail était apte à diriger et il ne laisserait personne se mettre en travers sa route.
La Lamborghini rouge de Mikhail s'arrêta à l'entrée de l'hôtel. Alexei descendit de voiture et jeta la clé au portier avant d'entrer dans le hall d'entrée, Boris juste à côté de lui.
Le riche hall était à moitié vide et très tranquille, ce jour-là. Alexei s'assit à une table et se commanda un martini. Après quinze minutes d'attente, il perdit patience.
"Tu m'affirmes qu'il va venir?" demanda Alexei avec irritation.
Il avait embêté Boris pour que celui-ci lui arrange une rencontre avec ce leader de Baishe mais apparemment, à ce moment-là, Liu Fei Long ne souhaitait assister à aucune réunion, à moins que cela ne soit absolument nécessaire et il avait annulé la plupart de ses anciens engagements. Ça faisait trois jours que Mikhail était parti et il n'avait plus beaucoup de temps pour traîner dans Hong-Kong, à cause de l'imminente réception à laquelle il devait être. Mais il refusait de partir avant d'avoir rencontré cet homme. Après tout, ce mafieux chinois détenait la clé du cœur de Mikhail, qui était également la clé vers la fortune familiale. Et pourtant, après tant d'efforts produits en vain, il commençait à penser que cela pourrait éventuellement ne pas arriver, en fait.
"Il doit être en réunion à l'étage, au moment où nous parlons. Quand ce sera fini, tu le verras." Pour une raison inconnue, Boris s'était très bien accommodé de ses plans. Ça attisait sa curiosité au sujet du chef de triade de Hong-Kong.
"Ouais, mais est-ce qu'il ne va pas sortir par la porte de derrière? Pour éviter de se faire tabasser et tout ça?"
Boris rit doucement en entendant cette remarque.
"Se faire tabasser? Fei Long? Nous sommes à Hong-Kong, Alexei, personne n'oserait tenter de le tuer. C'est son territoire. Sur un plan pratique, il possède l'île, pour ainsi dire. De plus, il s'arrête toujours ici pour prendre le thé, donc il n'utiliserait pas la porte de derrière."
Alexei l'avait écouté avec stupeur.
"Bon dieu, comment tu sais tout ça?"
Il leva les yeux au ciel et soupira en pensant à ce qu'il avait dû traverser, quelques mois plus tôt. "Il a fallu six mois à ton frère pour le convaincre d'accepter un dîner. Imagine le genre d'information que j'ai dû déterrer pour lui."
Alexei éclata de rire à cette idée. Ça le rendait encore plus curieux de savoir pourquoi Mikhail bloquait tellement sur lui. Six mois, c'était fou, pour courir après quelqu'un.
"Je n'arrive toujours pas à croire qu'il soit tombé amoureux d'un sale mafieux chinois."
Boris écarquilla les yeux, sous le choc.
"Sale? Tu n'as vraiment aucune idée de ce dont tu parles, hein?"
Il se demanda ce que Mikhail aurait dit en entendant ça. Employer ce mot dans la même phrase que "Fei Long", ça semblait juste extrêmement déplacé.
Alexei haussa les épaules en entendant ce commentaire.
"Eh bien je suis ici pour le découvrir, non? Assure-toi de me le montrer du doigt."
Le jeune frère n'avait vraiment aucune idée de ce qu'il s'apprêtait à rencontrer. Mais son ignorance quant à la réputation de Fei Long ne pourrait mener qu'à un résultat plus satisfaisant.
"Fei Long n'a pas besoin qu'on le montre du doigt. Mais si tu veux vraiment savoir, à Hong-Kong, il porte presque toujours un Cheongsam, et il a des cheveux très longs. »
Il n'en crut pas ses oreilles en entendant ça. Des cheveux très longs, il pouvait imaginer, mais "un Cheongsam? Dans un endroit comme celui-ci?"
Pour quel genre de ringard gay Mikhail avait-il développé son obsession?
"Ce n'est pas ce que tu penses, Alexei."
Boris avait immédiatement saisi l'image que se faisait Alexei, en voyant l'expression de son visage.
"Pas ce que je pense..."
Alexei s'arrêta au milieu de sa phrase en levant les yeux de son verre de martini et en apercevant quelque chose qui le délesta de ses sens.
Une grande et mince silhouette, entourée de cinq gardes du corps, apparut depuis le couloir. L'homme chinois portait un Cheongsam noir, ses cheveux raides et soyeux tombant dans son dos et, par endroits, sur sa poitrine. Il était à tous points de vue élégant, royal et majestueux dans son apparence, mais il était surtout d'une beauté à couper le souffle.
Alexei regarda l'homme qui était, à n'en pas douter Liu Fei Long de Baishe, son cœur battant la chamade dans sa poitrine. Les réponses à ses questions se trouvaient juste sous ses yeux. Il lui suffisait de regarder Fei Long pour savoir pourquoi Mikhail était prêt à tout laisser pour rester à ses côtés. Le personnage était d'une beauté toxique. D'une beauté telle qu'il n'aurait jamais hésité à faire ce que son frère avait fait.
A l'instant où Boris vit l'expression sur son visage, il sut que sa mission était accomplie.
"Alexei" appela-il. "Reprends tes esprits. Je vais te présenter à lui."
Juste quand Fei Long passa à côté d'eux, il remarqua Boris et s'arrêta soudain pour les regarder. Voir Boris ici fit battre la chamade à son cœur, quand il pensa à qui aurait pu l'envoyer. Peut-être que Fei Long avait décidé de le laisser partir mais au fond de lui, il savait que si Mikhail voulait revenir, il ne pourrait pas refuser. Le fait qu'il soit parti sans un mot, cette nuit-là, avait laissé une lueur d'espoir dans son cœur. Peut-être que Mikhail avait juste besoin de temps. Peut-être qu'il lui accordait assez d'importance et qu'il finirait par revenir. Cependant, ça ne lui ressemblait pas d'envoyer Boris pour délivrer ses messages. Mikhail avait toujours cherché la moindre opportunité de le rencontrer directement.
Boris se leva pour le saluer poliment.
"Liu Laoban."
"Boris?" Il prit une grande inspiration et demanda :
"Qu'est-ce qui t'amène ici?"
Il n'avait même pas remarqué l'homme qui se tenait à ses côtés. Son esprit était focalisé sur ce que Boris allait dire. Non, pas Boris, mais Mikhail.
"Je pensais vous présenter à votre nouveau partenaire en affaires". Il fit un geste en direction du plus jeune Arbatov.
Encore secoué par l'homme qui se tenait devant lui, Alexei tendit la main.
"Alexei Arbatov."
Littéralement sans voix pour la première fois de sa vie, son propre nom fut tout ce qui lui vint à l'esprit, sur le coup. Il avait espéré paraître cool et calme en face du Dragon de la Triade. Cependant, il était tout sauf calme. Fei Long était encore plus beau de près. Comment pourrait-il jamais ôter ses yeux de cet être glorieux? Comment pourrait-il empêcher son cœur de battre aussi fort alors que chaque centimètre carré de sa peau brûlait de le faire sien?
Essayant d'ignorer ces yeux qui le déshabillaient du regard, Fei Long serra sa main et leva un sourcil quand il remarqua le nom.
"Alexei? Le petit frère de Mikhail?" demanda-il, ses yeux améthyste scrutant le visage de l'autre. Même si ces cheveux noisette retombaient en ondulations à hauteur d'épaule et que ces yeux n'étaient pas bleus mais verts, cet homme était à n'en pas douter le frère de Mikhail. Ils étaient presque jumeaux, à part qu'Alexei semblait plus dynamique et détendu. Les traits de son visage étaient plus doux, avec des pommettes moins marquées et ses yeux étaient plus séducteurs qu'imposants comme ceux de Mikhail. Alexei Arbatov était splendide. Il était comme la version sombre et séductrice de Mikhail. Mais à cet instant, son cœur ne désirait que ces boucles blondes. Les seuls yeux qu'il voulait voir se balader sur son corps étaient d'un bleu de bébé, pas verts. Il réalisa alors ce que Boris venait de dire.
"Partenaire en affaires?"
Boris acquiesça de la tête.
"Alexei reprend les affaires de Macao."
Il sentit le sang se retirer de son visage, en pensant au sens de ces mots.
"... et Mikhail?"
Alexei reprit son souffle et se rapprocha de Fei Long. C'était sa chance d'entrer dans le tableau et d'en maintenir Mikhail définitivement éloigné. En temps normal, il ne ferait jamais faire ça, pas à son frère. Peu importe combien ils se disputaient, voler le rendez-vous de l'autre était hors de question. C'était une exception. Fei Long était irrésistible.
"Mikhail est retourné à Moscou il y a deux jours. Il reprend la direction de la famille et y aura sa résidence définitive. Macao est de mon ressort, maintenant." Il souleva la main délicate et se pencha pour l'embrasser.
"Je serai ravi de travailler avec vous."
Yoh eut envie d'enlever cette main au jeune russe. Comment osait-il? Même Mikhail ne serait pas aussi ostentatoire, en public. Ce qui le poussa à se demander pourquoi Fei Long l'avait laissé faire une chose pareille. Il n'avait même pas essayé de retirer sa main et, encore maintenant, Alexei s'y accrochait toujours, sans aucune intention de la lâcher. On aurait dit qu'il n'y attachait pas d'importance et qu'il était totalement calme vis-à-vis de ça, trop calme. Trop immobile.
Il tendit la main pour toucher suggestivement le bras de son maître.
"Fei Long-sama?"
Fei Long se sentait totalement engourdi, de la tête aux pieds. A cet instant, il ne pouvait rien sentir. Ni la main d'Alexei accrochée à la sienne, ni les lèvres qui l'avaient embrassée. Ses yeux fixaient dans le vide, devant eux. Les mots d'Alexei résonnaient dans sa tête.
"Mikhail est retourné à Moscou..."
"Fei Long-sama." Yoh appela encore, plus fort cette fois.
Mikhail est parti...
Soudain, il se sentit pris de vertige. Son corps chancela un peu. C'était à peine perceptible, mais Yoh sut en un instant ce qu'il était nécessaire de faire. Il saisit le bras de Fei Long et soutint son poids, prenant garde de le faire avec les mouvements les plus légers possibles, pour empêcher les autres de voir l'état de vulnérabilité dans lequel il se trouvait.
Il sentit qu'il devait faire quelque chose. "Mr Arbatov, Boris, Fei Long-sama a une autre réunion dans trente minutes. Si vous voulez bien nous excuser, nous devons partir maintenant." A cet instant, tout ce qu'il voulait était sortir Fei Long d'ici aussi vite que possible.
Alexei eut un franc sourire et finit par lâcher la main de Fei Long. "Ne me laissez pas vous retarder. Je suis sûr que nous aurons largement le temps d'apprendre à nous connaître."
Encore incapable de reprendre le contrôle de lui, Fei Long ne dit rien. Il n'était tout simplement plus là. Yoh les excusa à nouveau et l'escorta à la limousine qui attendait dehors.
"On retourne à Baishe. Dépêchez." Il donna les instructions au chauffeur.
Alexei regarda la voiture s'éloigner jusqu'à ce qu'elle disparaisse, avant de se retourner vers Boris d'un air entendu. "Tu avais prévu tout ça depuis le début, n'est-ce-pas?"
Boris gloussa.
"Prévu? C'est toi qui voulait le rencontrer, tu te rappelles?"
Un sourire sardonique apparut sur le visage du jeune russe quand il alluma sa cigarette.
"Et ça expliquerais pourquoi tu as renseigné mon père sur l'obsession de Misha pour lui et que tu as suggéré que je sois rappelé pour reprendre Macao? Tu ne penses pas vraiment que je suis stupide à ce point, si?"
Boris l'écoutait en silence, attendant que le petit frère dévoile ses intentions. Alexei s'était révélé être plus intelligent qu'il ne le croyait.
"Tu sais, j'avais pensé à parler de ça à Mikhail, puisque tu as eu le culot de te mêler de ma vie et tout ça, mais je me suis dit que je viendrais d'abord voir ce que tu avais en réserve pour moi. Une chance pour toi, il s'est révélé être vraiment incroyablement irrésistible."
Un sourire triomphant apparut sur le visage de Boris. Une chance? La chance n'avait rien à voir avec ça. Mikhail était habituellement plus intéressé par les femmes que par les hommes et pourtant, il ne lui avait fallu qu'un regard au leader de Baishe pour se faire irrémédiablement harponner. Tout ce qui avait jamais intéressé Alexei, c'était les hommes. Qui plus est, il était plus intéressé par les jolis minois que les garçons craquants. Dans ces circonstances, il n'avait même pas eu besoin de se poser la question, il savait qu'il était impossible pour Alexei de passer à côté de quelqu'un comme Liu Fei Long. Peu importe à quel point la présence de Fei Long l'irritait, il devait admettre que le personnage était si beau qu'il n'y avait pas de mots pour ça.
"Dois-je comprendre que mon offre te plaît?"
Le jeune russe sourit avec mépris. "Ne sois pas si fier de toi tout de suite, Boris. Pour le moment, je vais suivre ton plan et m'assurer que Misha ne revienne pas à Macao. Mais retiens-bien cela, " il se rapprocha du vieil homme et lui murmura à l'oreille.
"Moi, si jamais tu me faisais un coup comme ça, je serais ravi de te couper les boules et de les donner aux cochons. Prie pour que Mikhail se contente de ça si jamais il découvre ce que tu as fait."
Fei Long se tenait immobile dans son cabinet d'études, les mains agrippées au bord de la table pour se soutenir. Mikhail n'était pas juste sorti sans un mot, cette nuit-là, il était parti pour de bon. Reprendre les affaires familiales n'était pas quelque chose dont on décidait du jour au lendemain. Non, ça devait avoir été soigneusement planifié. Mikhail avait dû être au courant depuis un bout de temps et pourtant il était resté muet. Quand avait-il prévu de le lui dire?
Avait-il seulement eu l'intention de le faire?
Une rage incontrôlable le frappa en plein cœur. Ce putain d'enfoiré s'était moqué de lui tout du long. S'il avait une quelconque importance, Mikhail lui en aurait parlé. Il devait chercher une sortie et l'incident au Japon était parfait pour l'occasion. Ce fils de pute n'avait même pas la décence de le lui dire en face. Il s'était fait larguer de la façon la plus irrespectueuse qui soit, en face de ses hommes. Lui, le leader de Baishe, avait été abaissé à rien d'autre qu'une vulgaire pute. Penser qu'il avait cru ses mots et s'était blotti dans ces bras, sans relever le moindre indice. Penser qu'il avait amusé cet homme avec son corps pendant trois semaines!
Il eut un haut-le-cœur quand les mots de Mikhail résonnèrent à ses oreilles.
"Je n'ai jamais fait que t'aimer, Fei Long."
Sournois, fils de pute! Tu m'aimes tellement que tu as fait de moi ton jouet!
Plus il y pensait, plus il avait envie de se jeter par la fenêtre. Comment avait-il pu se permettre de tomber dans le panneau? A quel point était-il stupide? Etre manipulé, non pas une fois mais deux, était impardonnable.
Son corps entier tremblait sans répit de colère, une colère qui était sur le point d'exploser. Soudain il sentit ses poumons s'effondrer dans sa poitrine et se débattit violemment pour reprendre son souffle.
"Yoh..."
Il essaya d'appeler à l'aide mais seul un faible son s'échappa de sa gorge. Une main sur sa poitrine et une autre sur le rebord du bureau, il tomba à genoux. S'étouffant encore à cause du manque d'air, il rassembla le peu d'énergie qui lui restait et essaya encore une fois.
"Yoh!"
La porte s'ouvrit violemment, et Yoh se précipita à ses côtés dès qu'il vit Fei Long sur le sol.
"Je... n-ne peux p-pas... respirer."
Il saisit et serra le bras de Yoh, en essayant de prononcer ces mots.
Yoh fit de son mieux pour rester calme et transféra rapidement Fei Long du sol jusqu'au canapé.
"Tao!" cria-t-il de toute la force de ses poumons; Tao arriva à toute vitesse à ce cri.
Le garçon manqua de hurler en voyant ce qui arrivait à son maître.
"Fei-sama!"
"Va chercher le docteur Quan! Vite!"
Quelques minutes plus tard, Tao rentra en courant avec le médecin en chef de Fei Long qui lui donna rapidement de quoi améliorer sa condition. Yoh, le cœur gros, regarda Tao se pelotonner contre lui et appeler son maître.
Quelques instants plus tard, Fei Long bascula dans le sommeil. Le docteur Quan essuya les gouttes de sueur de son front, en faisant signe à Yoh de le suivre à l'extérieur.
Il prit une dernière profonde inspiration avant de commencer à parler, avec réluctance.
"Crise d'anxiété. La première fois est toujours la plus dure. Quelque chose de mauvais lui est-il arrivé récemment?"
Yoh ne sut pas quoi répondre à cette question. Des choses mauvaises, il avait dû lui en arriver toute sa vie. Etre le leader de Baishe, avoir ce genre de vie et devoir gérer ce qui était arrivé à Tokyo, ça faisait probablement assez de raisons pour rendre quelqu'un suicidaire. Mais Fei Long avait tenu, avec pas mal de succès, jusqu'à ce jour. Jusqu'à ce qu'il rencontre Mikhail Arbatov.
Il se figea en se souvenant des mots d'Alexei et en réalisant ce qu'ils signifiaient. Fei Long avait dû en entendre parler pour la première fois pour être aussi choqué. Mikhail ne lui en avait pas parlé. Il était simplement parti. Soudain, il sentit des nausées. Nom de dieu, pourquoi est-ce que ces choses continuaient de lui arriver? Faire confiance à quelqu'un, s'en soucier, et se faire trahir, non pas une fois, mais deux. La blessure qu'Asami lui avait infligée n'avait pas encore guéri, et il avait fallu que Mikhail entre dans sa vie et lui en inflige une autre.
"Docteur, disons juste que quelque chose est bien arrivé et que je ne peux pas vous donner cette information. Que pouvez-vous faire pour lui?"
Quan poussa un profond soupir avant de continuer.
"Les crises d'anxiété sont des problèmes psychologiques. Si elles sont sévères, alors il a besoin d'une thérapie."
Quand il prononça le mot "thérapie", Yoh lui jeta un regard qui le poussa à envisager une autre alternative. Fei Long et une thérapie? Impossible. Qui oserait aborder le sujet? Qui vivrait après lui avoir dit ça?
"Alors je peux lui prescrire des médicaments pour aider à le calmer. Quelles sont ses habitudes de sommeil, ces derniers temps?"
Yoh secoua la tête d'un air las. "Je ne crois pas qu'il ait dormi depuis qu'il est revenu du Japon."
"Alors je vais aussi lui prescrire des somnifères. A partir de maintenant, c'est votre travail, à toi et à Tao, de vous assurer qu'il les prenne parce que s'il ne les prend pas, je ne sais plus comment l'aider. Et je suggère que quelqu'un reste à ses côtés à toute heure du jour et de la nuit, pendant les premiers jours. Juste au cas où quelque chose arriverait encore."
Une fois Quan parti, Yoh revint à l'intérieur et trouva Tao au chevet de son maître. Le garçon pleurait encore.
"Est-ce que ça va aller, pour lui?" demanda-t-il, essuyant les larmes de ses yeux.
Yoh posa la main sur l'épaule du garçon et la frotta doucement.
"Ce n'est pas sérieux, Tao. Mais il doit prendre quelques médicaments pour aller mieux. Tu m'aideras pour ça, non?"
Un léger sourire apparut lentement sur le visage du garçon, une fois qu'il sut que ce n'était pas sérieux.
"Bien sûr. Ne vous inquiétez pas, Yoh-san, Fei-sama n'a jamais eu de mal à prendre ses médicaments avant."
"Pas ces médicaments-là." se dit-il intérieurement. Dès que Fei Long saurait que c'étaient des antidépresseurs, ils devraient tous courir se mettre à l'abri. Mais il n'était pas nécessaire d'inquiéter plus le garçon avec des informations qu'il ne comprendrait pas.
"Le docteur Quan dit que quelqu'un devrait être là pour le surveiller de près. Je pense que ça ne lui poserait pas de problème si c'était toi qui le faisait."
Tao acquiesça de la tête. "Je serai là."
