La fin se rapproche inexorablement… Aaaargh, mais où est la vérité ?

: Journal des Reviewers :

Gabryell P : Mais si, tu tiendras ! Courage, la fin est pour très vite ! Kiss et merci !

Tema-chan : Evidemment, sinon, ça serait moins drôle. XD

Dreamaw : Mdr, oui, tu es sadique. Moi, c'est pas pareil. J'aime mettre les persos ensemble, mais je ne le fais jamais dans la facilité. Il faut que ça soit très très dur pour que ça en soit plus jouissif XD XD Allez, la suite !

Tite-lovely : Hi hi ! Mici !

Yokai-chan : Lol ben que fais-tu devant ton ordi si tard alors? XD

Là, ça devient urgent


File 9 : Danger grandissant

Mai descendit au rez-de-chaussée, le visage sombre et menaçant du cadet Yamagoe figé devant ses yeux. Elle était allée trop loin dans la curiosité cette fois. Elle avait froissé son hôte en violant une seconde fois ses souvenirs et son intimité et elle s'en voulut beaucoup. Après tout, Hisuaki était dans son droit de visionner toutes ces vidéos, si cela lui permettait de se sentir mieux. Elle comprenait la colère du jeune homme.

_ J'ai tout de même cru qu'à un moment, il allait m'étrangler… Ah, s'il vous plaît !

La domestique qu'elle venait d'apostropher se retourna à son appel.

_ Oui ?

_ Pardonnez-moi de vous demander cela mais… serait-il possible d'avoir une petite collation ? Je n'ai pas pu déjeuner ce matin et…

Un « grouiiiiirk » ventral bruyant se chargea de terminer la phrase pour elle. La petite bonne pouffa de rire et sourit à sa jeune interlocutrice avec gentillesse.

_ Bien entendu. Passez donc à la salle à manger, je vous apporte cela dans un instant.

_ Merci beaucoup.

L'adolescente reprit son chemin en direction de la salle à manger lorsqu'un faible brouhaha attira son attention vers la salle voisine dont la porte était restée entrouverte. Parmi le flot de paroles qu'elle entendit, la jeune fille reconnut la voix claire et posée de Fusae Yamagoe. Des bruits de vaisselle se faisaient également entendre. Intriguée, Mai s'approcha et poussa doucement la porte à double battant d'une immense salle carrelée de marbre blanc. L'endroit était pratiquement vide de meubles, les seuls étant des tables qui avaient été poussées contre les murs ouvragés de colonnes sculptées sobrement. Une dizaine de personnes s'affairaient ici et là tandis que la maîtresse de maison, située en plein centre de la pièce donnait ses instructions à tout ce petit monde.

Des domestiques installaient de longues nappes blanches brodées tandis que d'autres installaient des couverts et des flûtes de champagnes ou disposaient quelques fleurs sur les tables afin de créer une décoration moins austère. Mai eut de la peine pour ceux qui s'occupaient de laver le sol dont la surface était l'équivalent de plusieurs fois celle de son appartement. Cette atmosphère agitée respirait la fête, ou plutôt la réception. Ce soir était le grand soir pour la Maîtresse du Kimono qui allait présenter ses toutes dernières œuvres à ses clients potentiels.

_ Ca promet d'être somptueux, félicita Mai en rejoignant son hôtesse. Bonjour, Fusae-san.

_ Oh, Mai-san. Bonjour, lui répondit la femme. Il le faut. Mes acheteurs aiment beaucoup cette façon peu conventionnelle de présenter mes modèles. Il faut donc bien les recevoir. Tu es toujours partante pour faire partie de mes mannequin ?

La jeune fille rougit, heureuse de savoir que Fusae ne l'avait pas oubliée. Il fallait dire aussi que le simple souvenir du kimono qu'elle avait eu la chance de choisir la mettait en émoi.

Le sourire de la femme se voila de tristesse.

_ Par le passé…Hatsuki et Hisuaki me servaient aussi de mannequins. Des jumeaux, cela attirait tout de suite l'œil… plaisanta-t-elle avec amertume. Hisuaki a tenu à le faire aussi cette année, mais je ne sais pas si c'est réellement ce qu'il souhaite.

Mai baissa les yeux un moment. Oui, cela ne devait pas être facile.

_ Votre fils vous parle-t-il de ce qu'il ressent par rapport à la disparation de son frère ?

Fusae secoua la tête avec dépit.

_ Non. Quand le drame a eu lieu, j'étais en plein rush pour finir mes modèles, il n'a sans doute pas voulu me déranger. Mais quand mon mari et moi avons voulu en parler avec lui, il est resté fermé et a continué à faire bonne figure. Je culpabilise beaucoup. Il a accumulé tant de souffrance en silence…

Mai devina que la femme serrait les poings dans les manches de son kimono prune lacé de tiges de bambou dorées.

_ Je m'inquiète beaucoup pour Hisuaki. Depuis la mort de Hatsuki, il dépérit à vue d'œil. Il mange bien et a une bonne hygiène de vie mais j'ai le sentiment de le voir chaque jour plus fragile, prêt à se briser en mille éclats, murmura madame Yamagoe d'une voix brisée. Et avec cette nouvelle histoire d'esprit que vous avez vu, je crains qu'il ne soit encore plus affecté.

Touchée par l'émotion de la femme, l'adolescente posa la main sur son bras et le serra doucement en signe de soutien moral et de force.

_ Je vous promets que l'on aura bientôt le fin mot de cette histoire. Vous devez tous vivre en paix maintenant. Vous, votre mari, votre fils, Sumika-san et Hatsuki-san aussi, si c'est bel et bien lui que nous avons vu.

Son interlocutrice lui rendit un sourire reconnaissant et la remercia en chassant d'un battement de cils les larmes qui lui étaient montées aux yeux.

Soudain, un cri aigu retentit en de lointains échos. Mai et Fusae sursautèrent d'un même mouvement de peur et se retournèrent, les sens en alerte. Le cœur de Mai battait à toute allure.

_ Ce cri ! Masako !!

Sans perdre une seconde, elle sortit en trombe de la salle de réception et se rua à l'étage d'où provenait le cri. Elle grimpa les marches quatre à quatre et courut dans le couloir, assourdie par la course du sang dans ses oreilles. Ce hurlement lui avait glacé les entrailles. Qu'était-il arrivé à Masako ? Pourvu qu'elle aille bien !

Après avoir manqué de déraper méchamment sur le tapis en négociant son virage, Mai arriva enfin dans le couloir qui menait aux chambres et trouva ses collègues réunis en groupuscule.

_ Masako ! Que s'est-il… ? Ah !

Arrivée à hauteur de ses amis, la jeune fille pila net. Elle eut la mauvaise surprise de trouver sa meilleure rivale assise sur le sol, les dents serrées, en train de tenir son épaule gauche qui saignait. A ses pieds, le coupe papier qui avait servi à la blesser gisait sur le tapis tacheté de sang. Agenouillée près d'elle, Ayako s'occupait de compresser la plaie avec une serviette qu'elle était allée chercher dans la salle de bains la plus proche.

_ Mon dieu… balbutia Mai qui avait perdu des couleurs. Que…

_ La blessure n'est pas grave, calme-toi, l'arrêta tout de suite Naru avec son sang froid légendaire.

Elle soupira de soulagement.

_ Hara-san, qui t'a fait cela ? questionna le jeune homme d'un air sombre.

La médium préféra ignorer la vision du sang si proche de son regard et préféra reporter son attention sur son interlocuteur, non sans réprimer un faible gémissement de douleur.

_ Hatsuki-san. J'allais prendre un peu l'air dehors quand je l'ai soudainement vu devant moi. Il avait ce coupe-papier à la main et il avait l'air furieux. J'ai senti un sentiment oppressant de colère et de peur s'émanant de lui…

Mai, Bô-san, Ayako et John écarquillèrent les yeux de stupeur. Hatsuki ? L'esprit de Hatsuki Yamagoe venait de poignarder Masako en plus de se manifester en pleine journée ? Dire qu'ils avaient assuré le matin-même qu'il n'y avait pratiquement aucune chance pour que cela arrive !

_ Naru ! s'exclama Ayako en se tournant vers celui-ci. Ca ne colle pas avec…

_ Je sais.

Le garçon fronça les sourcils, plus renfrogné et fermé que la moyenne. Il était tendu, presque crispé. Il n'était pas difficile de comprendre que ce retournement de situation l'agaçait car il contredisait ses certitudes. Mai, qui l'observait du coin de l'œil n'avait peut-être jamais su lire en lui, mais elle savait déchiffrer ses gestes et ses rares fluctuations faciales. Cette façon que ses yeux avaient de se déplacer subrepticement de droite à gauche, il cherchait mille et une explications à la fois dans sa tête pour répondre à la nouvelle inconnue.

Mai se mordit la joue, très inquiète. Hatsuki devenait violent. C'était incompréhensible. Pourtant, depuis qu'elle avait vu les yeux si glacés et chargés de rancune sur le visage du jeune homme qu'elle avait vu la nuit dernière dans le couloir, elle avait eu le mauvais pressentiment qu'à un moment, il se montrerait clairement hostile. Pourquoi faisait-il cela ?

Avant qu'Ayako n'emmenât Masako pour s'occuper plus attentivement de sa blessure, Naru eut une dernière question pour la médium :

_ A-t-il dit quelque chose ?

La jeune fille hocha la tête.

_ Seulement… « Arrêtez. Allez-vous-en et laissez-nous ».

Les yeux acajou de Mai s'agrandirent comme des boules de billard. Ces paroles !

_ Ah, mais alors ! s'écria-t-elle en plaquant ses mains sur ses joues. C'était Hatsuki-san tout à l'heure !

_ Quoi ? s'étonna Bô-san. Tu l'as aussi vu ?

L'adolescente raconta son altercation avec celui qu'elle avait pris pour Hisuaki Yamagoe ainsi que les similitudes qu'elle avait trouvées entre les paroles du matin avec elle et Masako et celles échangées avec le fantôme la nuit passée. Nul doute qu'il s'agissait là de la même entité, quelle qu'elle fût. C'était les mêmes mots et visiblement, la même âpreté dans le ton. Hatsuki voulait chasser les étrangers de sa maison et il semblait décidé à s'en donner les moyens, même si cela signifiait de les faire partir les pieds devant.

John secoua la tête, un peu angoissé.

_ Ca commence à devenir dangereux. Hara-san aurait pu se faire tuer.

_ Il faut exorciser cet esprit ! décréta Bô-san avec énergie. Avant qu'il ne se produise un drame.

_ Mais notre détecteur à esprit va devoir aller à l'hôpital… soupira Mai en se mordant le pouce.

Naru ne pipait mot mais il n'en pensait pas moins. Quel était le détail qui lui échappait comme ça ? Ce fantôme n'avait rien en commun avec ce qu'il avait déjà connu auparavant à part l'inconsistance et l'aspect opaque. Pourquoi changeait-il ainsi d'humeur ? Neutre lors de sa première capture par caméra, à présent menaçant et ouvertement hostile, que s'était-il passé ? Pourquoi ne s'en prenait-il qu'à son équipe et non aux autres résidents du manoir ? Mais surtout, s'agissait-il bien de Hatsuki ? Ou d'un simple fantôme qui avait pris son apparence pour brouiller les pistes ? Dans ce cas, dans quel but ? Tant de questions sans réponses perduraient, ça le rendait fou. Ils devaient agir au plus vite.

Ce fut dans un silence de mort qu'Ayako rejoignit le groupe, l'air sinistre. La blessure de Masako ne mettait pas sa vie en danger mais elle nécessitait d'être vue par un médecin. La médium partirait à l'hôpital dès l'arrivée de l'ambulance. Il faudrait continuer l'affaire sans son concours.

_ Que décides-tu ? termina la miko avec gravité à l'attention du jeune homme. Si Hatsuki-san se manifeste aussi de jour, aucun de nous n'est à l'abri de se faire tuer par surprise.

Celui-ci resta interdit quelques instants, l'air tendu. Mai comprenait le caractère délicat de sa position. Il devait choisir entre mettre la vie de ses collaborateurs en jeu pour terminer son enquête ou poursuivre seul et s'exposer au courroux de l'esprit du manoir. Elle n'envisageait pas un instant le voir abandonner la mission. Cela ne lui ressemblerait pas.

Elle fit un pas vers lui.

_ Je reste. On va bien trouver quelque chose. Je sens que nous ne sommes pas loin de la vérité.

_ Mai ! l'apostropha le bonze qui n'aimait décidément pas la témérité de sa protégée. Tu mesures ce qu'il peut se passer ?

_ Oui, lui répondit-elle avec confiance. Mais on a déjà vu pire, non ? Je ne veux pas laisser les Yamagoe comme cela ainsi que Hatsuki-san. Je veux comprendre sa raison. Et puis…

Elle fit une pause. Elle avait du mal à réaliser ce qu'elle allait dire, mais c'était ce qu'elle pensait au fond d'elle.

_ Malgré tout, je fais confiance à Naru et ses capacités. Je veux l'aider.

Oui. En dépit de ce qu'elle considérait comme une trahison, la jeune fille ne pouvait se résoudre à renier le talent de son supérieur. Rien que pour cette force qu'elle respectait, elle ne voulait pas le laisser tomber.

Mai ne pouvait le voir car elle lui tournait le dos pendant qu'elle parlait mais Naru n'avait pas ignoré le moindre mot de ce qu'elle avait dit. Il observait son assistante qui préférait cacher son embarras derrière sa longue frange chocolat. Elle l'étonnerait toujours. Il semblerait bien que les humains avaient aussi quelque chose d'étrange que les esprits et le monde de l'Invisible n'avaient pas. Comment faisait-elle pour toujours réussir à le remettre en question ?

D'abord inquiets, les membres restants de la SPR finirent par sourire d'un air entendu. Le contraire les aurait étonnés. On dirait bien que Naru avait encore une fois gagné sur sa tête brûlée d'employée. Le cœur n'oubliait pas les choses aussi facilement, n'est-ce pas ? Cela dit, si on arrivait à voir le léger voile qui passait devant le regard d'habitude si impassible du garçon, on était en droit de se demander si l'impérieux patron de la SPR n'aurait pas lui aussi perdu une étrange partie, mise en suspens il y a un an de cela. Mai avait-elle finalement gagné ?

Le bonze fit un pas en avant, toujours aussi confiant en l'avenir.

_ Je participe aussi. Hors de question de laisser les jeunots tout seuls.

_ « Jeunots » ? répéta Naru, incertain d'avoir bien saisi.

Ayako alla se poster près du moine, les bras croisés sur sa poitrine et les yeux au ciel.

_ Je viens. Hors de question de laisser le grand gamin tout seul.

_ « Grand gamin » ? s'emporta le concerné, vexé. Hé oh !

John opina du chef. Lui aussi serait de la partie. Il ne pouvait se résoudre à fuir lorsque les autres s'exposaient au danger.

Un grand sourire illuminant son visage, Mai se tourna enfin sur Rin qui ne réagit pas tout de suite. Comprenant que l'adolescente attendait sa réponse, l'homme se reprit en toussotant un peu d'un air très digne et sérieux.

_ Evidemment, je vous aide. C'est mon rôle après tout, dit-il en regardant ailleurs.

La jeune fille se retint de rire face à cette scène un peu incongrue puis elle revint sur Naru qui ne soufflait mot.

_ Tu as ta réponse. On continuera de t'aider jusqu'à ce que la lumière soit faite.

Le garçon silencieux considéra un à un ses collègues qui le regardaient avec une grande détermination au fond des yeux. Pourquoi leur réaction ne l'étonnait pas ? Avait-il fini par les connaître à force de les côtoyer ? Il peinait à le réaliser.

Le groupuscule guetta la réaction Naru avec impatience. Cela lui faisait-il plaisir d'avoir tout le monde près de lui pour l'aider et ainsi montrer qu'ils avaient oublié sa fuite d'il y a un an ? Leur respiration se mit en suspens lorsque leur chef ouvrit la bouche pour répondre à leur élan de solidarité :

_ Très bien. Mais ne me gênez pas dans mon travail.

Ils s'écroulèrent. Crac. Tel fut le son de leur bel espoir de compliment ou de « Merci à tous » qu'ils avaient cru entrapercevoir le temps d'une fragile fraction de seconde. Quel sale type ! Avait-il au moins dans son cerveau, derrière les milliers de notions sur les fantômes et les revenants, celle du mot « esprit d'équipe » ? La question se posait-elle encore, après tout ? On grinçait des dents dans les rangs mais on ne se plaignit pas car on savait que cela était complètement inutile. Seul Rin gardait la tête haute avec un léger soupir d'abandon. Les jeunes…

Peu de temps après, les secours arrivaient au manoir Yamagoe pour aller prendre Masako et la conduire à l'hôpital. La médium avait reçu un trop mauvais coup pour que l'on pût la laisser continuer son travail. Elle avait aussi perdu assez de sang ; elle était trop faible. Les membres de la SPR suivirent le brancard qui conduisait la jeune fille à l'ambulance afin de la rassurer.

_ Reviens-nous vite, hein ? lui sourit gentiment Ayako en lui caressant les cheveux d'un air maternel.

Masako lui rendit son sourire. Les brancardiers descendirent les petites marches du perron avant de traverser la cour de devant. Restée près de sa meilleure rivale, Mai lui résuma brièvement ce qui avait été convenu pour la suite de l'affaire et lui promit qu'ils en auraient terminé avant même qu'elle ressorte de l'hôpital.

La jeune fille en kimono lui attrapa le poignet avant que l'on ne hissât le brancard dans l'ambulance.

_ Protège bien Shibuya-san pour moi, d'accord ? lui demanda-t-elle d'une voix profonde.

Mai la dévisagea d'abord avec surprise et jeta un coup d'œil derrière elle. Naru était en train de discuter avec l'un des infirmiers dépêchés pour Masako, apparemment en train de se renseigner sur l'état de leur patiente. Son profil, droit et net, faisait ressortir encore plus distinctement son charisme et sa force de caractère. Oui, il était fier et imposant. Cependant, elle parvenait à lire sur ses traits qu'il était concerné par l'état de Masako. Il n'était pas une machine sans émotion comme il n'était pas indifférent. Il était… juste Naru.

Elle sourit puis hocha là tête à l'adresse de Masako.

_ Oui. Je veillerai sur lui. Je te le promets.

Elle ne sut réprimer un petit ricanement sournois doublé d'une œillade gentiment hautaine.

_ Oh oh oh ! Mais le terrain est libre, on dirait... pouffa-t-elle de rire.

L'autre fille alitée lui fit les gros yeux, rouge comme une tomate. Pardon ? De quoi ? De quoi elle lui parlait, la fille qui clamait à qui voulait l'entendre qu'elle détestait Na…

Mai éclata de rire.

_ Ah ah ! C'est bien, Masako. Reste aussi combative et ça ira ! Courage, on t'attend tous.

Elle se recula du brancard avec un dernier signe de la main à son amie qui la dévisageait d'un air perplexe avant de lui faire signe à son tour. Les infirmiers refermèrent les portes de l'ambulance et celle-ci s'en alla toutes sirènes hurlantes jusqu'à disparaitre dans le lointain de la longue allée bordée de buissons sphériques. Leur meilleur élément pour détecter les esprits n'était plus avec la SPR. La suite serait compliquée mais pas insurmontable.

Après le départ de Masako, l'équipe retourna au QG afin de décider de la suite des opérations. Leur plus grosse problématique résidait dans la fameuse soirée de présentation de la dernière collection de Fusae Yamagoe. Il était impossible d'annuler cet événement déjà trop longtemps repoussé, d'autant plus que la présence de nombreux invités n'allait pas faciliter leur champ d'action. Il faudrait rester très prudent, ne pas trop s'éloigner de la foule et des autres membres de la SPR et surtout, rester alerte quoi qu'il arrive.

Mai n'écoutait que d'une demi-oreille, l'air ailleurs. Elle observait distraitement les décorateurs extérieurs qui amenaient des lanternes de pierre dans le jardin ou des lampions qu'ils accrochaient ici et là pour la réception du soir. Elle songeait. Elle repassait un à un les événements depuis sa rencontre avec le spectre de Hatsuki dans le couloir. Que s'était-il donc passé entre l'exorcisme du mauvais esprit invoqué par Sumika-san et cette fameuse nuit pour que ce fantôme cherchât à les chasser de la maison ? « Laissez-moi ». « Laissez-nous ». Qui désignait ce « nous » ? Et Masako qui disait avoir ressenti une grande peur et de la colère venant de lui avant qu'il ne la poignarde. Peur de quoi ? En colère contre quoi ? C'était ça, les inconnues qu'il fallait…

_ …-ai. Tu écoutes ?

Un petit coup de coude de Bô-san près d'elle fit sortir notre amie de ses pensées. Elle cligna des paupières comme à la sortie d'un rêve et rencontra le regard inquisiteur de Naru.

_ Mai, à ce que je sache, ce soir, tu seras aussi de la partie. Alors ce que je dis est aussi valable pour toi, la réprimanda-t-il avec reproche.

Elle grimaça à l'instar l'enfant qui se faisait gronder par sa mère et s'excusa en le priant de poursuivre. Naru soupira et reprit :

_ Je disais donc que toutefois, nous pouvons supposer que l'esprit ne s'en prendra pas aux invités. Nous semblons être les seuls visés. Restez donc sur vos gardes et veillez tout de même sur les autres personnes qui seront présentes. Compris ?

Tous répondirent d'un commun signe de tête.

_ Ce soir, nous allons en finir avec lui.


Ouais. Je l'aurai ce soir, je l'aurai ! XD

Prochain chap : Chasse au fantôme ! (et si vous êtes très gentils avec moi, grosse surprise pour les fan Naru x Mai)