Disclaimer : Tout à J.K Rowling, rien à moi !

Notes : Harry a un plan après des mois auprès de Voldemort. Un petit chapitre pour expliquer comment il en est arrivé là avant de rentrer dans le cœur de l'action ! C'est bientôt la fin de l'histoire. Merci aux reviewers/followers ! :)

Until we bleed ; Chapitre 8

Le temps passait, lentement, trop lentement pour Harry qui regardait par la grande fenêtre de sa chambre au manoir Lestrange. La guerre n'était pas gagnée mais il savait que, chaque jour, Voldemort avançait un peu plus vers le pouvoir. Le ministère était tombé, Poudlard, et Dumbledore, résistaient vaillamment mais Harry sentait, dans les lettres qu'on lui envoyait chaque jour, inlassablement, que l'école ne serait bientôt plus un refuge pour quiconque.

Des lettres, il en recevait énormément depuis qu'il était apparu au ministère avec Lucius Malefoy. Ses amis, déçus, ne comprenaient pas ses choix ; Sirius, le sommait de s'enfuir, de revenir, de rompre le contrat qu'il avait dû conclure avec Voldemort ; Dumbledore, réalisant qu'il n'avait pas eu le choix, que les termes offerts par le Mage Noir avaient dû l'intéresser assez pour faire ce geste, lui disait simplement de trouver une solution rapidement. Ils comptaient tous sur lui ; certains s'attendaient à le revoir, d'autres à le voir tuer Voldemort avant de revenir. Seuls les sorciers qu'il ne connaissait pas l'insultaient de traître, mais c'était déjà trop. Il détestait recevoir le journal pour y lire qu'il avait trahi le monde et ses parents. Pourtant, il se morfondait dans sa chambre. Il n'en sortait que très rarement parce que les Mangemorts avaient envahi la demeure et tous n'étaient pas prêts à courber l'échine devant lui. Il n'aimait pas croiser Rogue. L'homme le jugeait du regard, cherchant à déterminer s'il pouvait compter sur lui pour rétablir la situation. Harry le voyait, le sentait, il repartait toujours amer de son inspection : Harry n'était pas prêt et, pour le moment, personne ne pouvait compter sur lui.

Il se lamentait dans les bras de Rabastan. L'homme était resté à ses côtés, tout le temps. Harry appréciait ses bras réconfortants autour de lui, ses histoires murmurées la nuit, ses tirades folles, ses rires puissants, et sa forte ressemblance avec Sirius. Harry avait besoin de sa compagnie, et c'était comme si Rabastan avait besoin de lui aussi. Il savait que, dehors, à Poudlard, Ron, Hermione, tous les autres, avaient bien plus besoin de lui que Rabastan, il le savait, mais il ne trouvait rien dans les nombreux livres qu'il lisait chaque jour. Rien pour détruire l'horcruxe dans son crâne sans interpeller Voldemort qu'il ne voyait que très rarement, rien pour détruire le monstre qu'il gardait en vie depuis sa naissance.

Il se lamentait, oui. La porte de sa chambre s'ouvrit soudainement. « Elle m'énerve », grogna Rabastan en allant se servir un grand verre d'alcool qu'il avala d'une traite. Harry avait remarqué que le Mangemort buvait beaucoup ; il avait essayé, lui aussi, de se calmer derrière une grande gorgée de liqueur, mais ça l'avait rendu malade.

« Bellatrix ? » murmura Harry en s'approchant du fauteuil dans lequel Rabastan s'était installé.

« Azkaban l'a rendue totalement cinglée. Elle n'était déjà pas très nette avant son emprisonnement, mais c'est extrême maintenant. Elle me rend dingue avec son rire aigu et sa manière de parler. Même Rodolphus n'en peut plus. Ca fait rire le Maître. » Il secoua la tête. « Il a toujours eu un faible pour Bella et la voir aussi folle l'amuse grandement. Il lui réclame des missions sans queue ni tête et elle accepte sans broncher. »

Harry s'installa sur ses genoux ; un geste quotidien, qu'il avait désormais l'habitude de faire. Ca leur apportait du réconfort à tous les deux. Rabastan posa sa tête contre l'épaule de Harry. « Heureusement que tu es là toi, avec ton calme et ton petit sourire discret que tu oses me donner de temps en temps... »

Harry lui offrit justement le sourire dont il était question avant de s'appuyer franchement contre l'homme. Il soupira. « Je n'ai pas vraiment envie de savoir, mais... »

« Dans quelques mois », coupa Rabastan. « Le Maître avance très bien ses pions et bientôt l'école sera prise, et Dumbledore sera mort. Il continue avec ses lettres ? » Harry hocha la tête. « Tu sais que je peux demander au Seigneur de... »

« Non », interrompit Harry d'une voix ferme. « Non, Bas', j'ai besoin de savoir. »

« Ca ne sert à rien de t'accrocher à eux Harry », soupira Rabastan sans relever le surnom que Harry lui donnait depuis des jours déjà. Il l'appréciait. « Tu es avec nous maintenant. Tu te tortures pour rien. Je n'aime pas te voir déprimer dans cette chambre. Tu ne sors quasiment plus. »

Harry enfouit sa tête dans le cou de Rabastan et respira son odeur alcoolisée. « Je voudrais être fou comme Bellatrix », dit-il soudainement, les yeux fermés. « Ca m'empêcherait de penser, de me torturer pour rien comme tu dis. Même si je suis avec vous, tu sais que je leur suis encore fidèle. Fidèle à eux, et à toi. Juste à toi, pas à... »

« Tais-toi Harry », ordonna Rabastan en resserrant sa prise autour de la taille du garçon. « Que tu me sois fidèle me suffit. On ne peut pas te rendre fou sans te faire du mal, alors c'est hors de question. »

« J'ai peut-être une idée... » Il ouvrit les yeux et regarda Rabastan. « Quelque chose qui m'aiderait à accepter tout ça plus facilement. Je pourrais créer un horcruxe. Ca a bien entamé la santé mentale de Voldemort d'en faire un, non ? »

Rabastan regardait droit dans ses yeux, droit dans son âme sûrement ; il voyait très certainement tout ce à quoi Harry pouvait bien penser, jusqu'à ses projets de fuite, de traîtrise envers Voldemort, de suicide aussi. Il le regarda intensément quelques secondes avant de l'embrasser sur le front comme il aimait le faire les soirs de pluie. « Je ne pense pas que ça fonctionne, Harry. Tu es trop pur pour en créer un, trop pur pour te laisser anéantir par sa création si tu décides quand même d'entamer le processus. » Il ne dit rien sur ce qu'il avait vu dans le cœur de Harry. Si le Gryffondor lui était fidèle, il savait également que c'était réciproque : Rabastan l'appréciait véritablement. Cela faisait des mois qu'ils partageaient le même lit, qu'ils se racontaient leur vie, leurs peines, qu'ils partageaient leurs secrets ; des mois qu'il voyait clair dans les yeux verts de Harry, qu'il observait avec intérêt chacun de ses desseins, ne les commentant jamais. Voldemort serait déjà venu le tuer si le Mangemort avait avoué tout ce qu'il lisait dans le regard du garçon les soirs avant de s'endormir.

« Tu peux quand même lui en parler ? »

« Je ne sais pas. Il appréciera l'idée. Quelque chose qui t'attache encore plus à lui... Il ne refusera pas. Tu devras commettre un meurtre pour créer un horcruxe. Il ne pourra pas refuser de te voir faire ça. Réfléchis-y un peu plus sérieusement. »

Harry acquiesça, mais c'était tout réfléchi. Il ne trouvait rien dans les livres, non rien de direct, de concret. Pourtant, ses recherches l'avaient conduit à former un plan. Il ne savait pas s'il pourrait s'y tenir malgré ce que disait Rabastan, la création de l'horcruxe pourrait le rendre fou, instable. Peut-être prendrait-il plaisir à tuer un homme. Peut-être voudrait-il en créer d'autres, comme l'avait fait Voldemort avant lui. Il voulait tenter, malgré tout. C'était sa dernière chance.

« J'ai vu ce que tu comptes faire... » Harry leva les yeux vers le regard sérieux de Rabastan. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. « Je ne l'accepte pas. J'ai vécu plus de dix ans loin de toute civilisation parce que j'étais un Mangemort en fuite. J'ai attendu le moment propice pour retrouver mon Maître. Je me suis servi de toi pour le rejoindre, ne me préoccupant pas une seule seconde de ce que tu pouvais ressentir. Pourquoi est-ce que j'abandonnerai tous mes idéaux maintenant, pour toi, alors que si tout s'achève, nous serons séparés ? »

« Tu sais que je te défendrai, que je te retrouverai. » Harry détourna le regard. « Tu n'as pas d'idéaux. Pas vraiment. Je n'y ai jamais cru. Tu t'en fous de la guerre de Voldemort. Tu t'amusais juste. »

« Et je m'amuse là. »

« Non. Peut-être que tu oublies quand tu es dehors à te battre mais, une fois ici, tu te rends compte de mon mal-être et ça te touche. Tu réalises qu'on aurait pu être bien dans cette cabane, tous les deux, pour toujours, loin d'un monstre qui voulait ma peau, loin d'un maître qui voulait tout de toi. »

Harry sentit Rabastan frissonner ; il l'avait vu, dans son cœur, il savait que tout ce qu'il disait était vrai. Rabastan aimait regarder en lui et Harry avait appris, au fil du temps, à réceptionner lui aussi les images et les sentiments qui passaient dans les yeux noirs de Rabastan.

« J'aurais trop honte de retourner à Poudlard si ça marche », poursuivit Harry. « On pourrait s'enfuir ensemble. Loin du monde. »

« Tu pourrais changer. » Il poussa Harry qui dut se lever et il se redressa, prêt à partir de la chambre. La main sur la poignée, il se retourna vers le garçon qui le regardait intensément, attendant une véritable réponse. « Tu pourrais changer et oublier, effacer tout ça. Tu pourrais ne plus m'appartenir. »

L'homme avait détourné le regard mais ses yeux furent attirés par ce sourire sur les lèvres de Harry qu'il aimait tant. « Je serai toujours ton loup, je te le promets. » Rabastan hocha la tête subtilement et ouvrit la porte. « Je vais lui en parler. Demain. Prépare-toi. »

Il s'en alla et Harry se laissa tomber dans le fauteuil en soupirant largement. Il avait convaincu Rabastan. Son plan commençait donc. Il avait quelques choses à mettre en place avant de pouvoir entamer le processus. Il avait peur, il devait se l'avouer. Il était effrayé à l'idée d'assassiner, de sacrifier quelqu'un, mais il devait le faire, pour la survie du monde sorcier, pour sa survie à lui aussi, parce qu'il commençait à dépérir. Demain, tout allait changer.