Hello hello, we are samedi (1h10 du mat)! (bizarrement j'arrive jamais à faire la différence entre saturday et sunday, c'est comme une malédiction qui pèse sur moi). Sinon quoi de neuf en cette belle nuit? Car nous sommes bien évidemment en pleine nuit, puisque j'ai décidé de poster au moment où la lune atteint le sommet du ciel. Au moins les gens du matin ne sont pas obligés d'attendre l'après-midi pour lire le 8ème chapitre du Début de la Fin. Celui-ci est légèrement plus court, manque d'inspiration cela va s'en dire. Ce n'est pas un de mes préférés, au contraire je le trouve assez triste mais aussi plutôt intense, vous comprendrez bientôt pourquoi. Et maintenant que j'y pense, certains ne sont pas à plus de 9 jours de la rentrée scolaire! Alors? Déjà déprimés? Parce que c'est bel et bien mon cas... Allez ne perdons pas espoir! D'ici là on pourrait toujours abolir l'esclavage et les devoirs à l'école, mais j'en doute...
Réponses aux guest reviews:
Talyssa: Contente que la vengeance te plaise! Je me suis triturée les méninges pendant longtemps avant de pouvoir trouver ça, et en fait je pensais la faire un peu plus tard, mais après l'histoire aurait trop traîné donc... C'est vrai que je me suis longtemps demandé si le Reg normal aurait eu un tel comportement effrayé vis à vis du cri de loup-garou, mais après je me suis dit : Tout le monde a ses peurs! Qui sait peut-être que le petit Reg a la phobie des animaux nocturnes! Le pauvre avec tout ces hiboux! Et ne t'inquiète pas Ari ne va pas cesser d'évoluer, j'aime que les personnages soient en constante mutation, et puis notre jeune Serpentard a beaucoup de choses à apprendre sur comment se faire des amis, il faudra qu'elle reste elle-même tout en s'ouvrant aux autres.
Tyty: Hello! Oui je m'en doutais pour les deux reviews... J'ai l'air trop bête maintenant... C'est vrai qu'Ari est changeante, j'ai voulu créer un personnage lunatique qui réagit différemment en fonction des personnages qu'elle côtoie, les héroïnes niaises qui font tout pour être miss compatissante et parfaite m'herissent le poil. Donc oui elle a recourt à la violence pour se défendre, mais qui ne fait pas pareil un jour ou l'autre? Dans ce chapitre j'ai essayé de faire ressortir sa part d'humanité, celle qu'elle a essayé d'enfouir profondément en elle, c'est cette partie d'elle qui nous ressemblpillé plus finalement. Mais on a aussi l'impression que certains de ses actes sont incohérents et en contradiction avec ce qu'elle veut, c'est qui fait d'elle une caractère à part. Je ne peut pas t'assurer qu'elle et Reg finirons heureux pour toujours, sinon cela gâcherait tout, je compte bien garder le suspens jusqu'au dernier moment!
Tenir à quelqu'un et le perdre. Tôt ou tard cela fini par arriver.
Personne n'en est épargné.
J'ai perdu.
Tu as perdu.
Il/Elle/On a perdu.
Nous avons perdu.
Vous avez perdu.
Ils/Elles ont perdu.
C'est un état qui s'applique à tout le monde, sans exception.
Un passé composé à mi-chemin entre de vagues souvenirs, et le présent que nous vivons.
Tout au long de notre vie on continue de perdre nos proches, nos amis, nos sentiments, nos facultés, et nos trousseaux de clés.
Certaines clés plus importantes que d'autres, chacune ne pouvant ouvrir qu'une seule chose spécifique et unique, allant du cœur de quelqu'un à la porte de notre foyer.
J'ai tellement perdu, que je ne m'étonne plus de perdre encore.
Voilà ce que les gens qui souffrent le plus pensent. Ceux sont eux que l'on traite de sans-cœurs.
Mais le sont-ils vraiment? Suis-je sans-cœur moi aussi? Est-ce pour ça que je suis ici? Suis-je punie?
Punie pour ne pas avoir assez pleuré, ressentit? Je m'en suis toujours crue incapable.
Maintenant il serait temps de savoir, si je ce que je crois, est la vérité.
Elles remontent lentement, ne jettent pas un regard derrière leur épaule, ne cherchent pas à savoir si je vais bien.
Non je ne vais pas bien, je ne vais pas bien, je ne vais pas bien.
Je suis une coquille vide, une coquille façonnée d'amertume, de regrets et de rage.
La culpabilité me ronge, elle se propage tel un acide meurtrier dans mes entrailles, brulant à petits feux chaque parcelle intacte de mon estomac. Je me suis battue avec Meghan Perry... Non, je rectifie... Je l'ai battue. Je l'ai laissé saigner tout en continuant de lui envoyer des coups, ma rage m'a à tel point aveuglée que je me dis que si l'eau à mes pieds ne m'avait pas réveillé, je l'aurais probablement tuée.
Moi, tuer quelqu'un? Jusque là j'ignorais être capable de donner ne serais-ce qu'un tape amicale sur l'épaule d'une personne, mais je suppose que ce n'est pas comparable...
Ma conscience ne cesse de me répéter que je suis un monstre, que je ne vaut pas mieux que les mages noirs qui torturent les sang-mêlés tel que moi.
Mais qui suis-je pour être jugée? Pour me juger?
Ma tête n'est pas la salle d'audience de mon procès, il n'y a pas d'avocat pour me défendre, ni de jury pour établir ma sentence. Je suis livrée à moi-même, impunie et plus seule que jamais.
Je commence à croire que les paroles de ma conscience, qui pour l'instant m'a toujours empêché de faire quelque chose qui m'aurais éloigné de l'image de la grande sœur égoïste mais attentive d'Elliott, s'avèrent vraies. Après ce que je viens de faire, je m'interroge si j'aurais fait la même chose s'il m'aurait été possible de retourner dans le temps. Après mûres réflexions, ma réponse est oui, même si cela me ravage de l'intérieur et que ma conscience proteste, mon cerveau me dicte que j'ai fait le bon choix, et je le crois sur parole.
C'est justement cette certitude, qui me réduit pour l'instant à l'état de loque humaine.
Je me sens au bord d'un immense gouffre, et rien de m'empêche de sauter, rien.
Frigorifiée, tout mon corps tremble des pieds jusqu'à la tête, alors dans un dernier effort je m'assoie au coin du feu de ma salle commune, mon seul refuge.
Alors je reste là, à fixer les flammes, à imaginer des formes, à respirer à plein poumons cette odeur de bois brûlé et je regarde, j'essaie de regarder au-delà, au-delà de ma misérable vie. Et au moment où j'atteins le monde des rêves, quelqu'un m'en tire, m'en sort. Je sens une couverture en laine sur mes épaules, chaude, je me sens apaisée. Je tourne la tête, il est assis près de moi.
-Salut beau gosse.
-Salut Princesse.
Nous ne parlons pas, nous restons là à fixer le point le plus chaud de la pièce située sous le lac de l'école. Nous n'avons pas besoin de parler, il me comprends et je le comprends, sans mots inutiles, sans salive gaspillée.
Puis, tout doucement et sans précipitations, il me prends dans ses bras, emmitouflée dans ma couverture, je peux pourtant sentir son torse contre mon dos, ses bras puissants et virils. Tellement loin du petit garçon que j'ai connu.
Je crois qu'il a compris que quelque chose n'allait pas, qu'aujourd'hui n'est pas mon meilleur jour, alors qu'il aurait du être mon week-end préféré. La vengeance de Potter me paraît bien fade, j'ai juste senti l'euphorie de la victoire pendant un moment, puis ça s'est dissipé. Regulus ne tente pas de me questionner, je suppose qu'il sent que je ne suis pas d'attaque pour les devinettes ou ses blagues ambiguës.
Son menton repose sur ma tête et je me sens infiniment, inexplicablement bien. Il diffuse un telle chaleur dans mon corps, que j'en ai presque oublié le froid et la désolation qui m'ont englouti il y a quelques minutes de cela, tout ce à quoi je peux penser c'est lui, lui et ses bras autour de moi. Je niche mon nez dans son cou et il frémit, d'une façon tellement enfantine qu'il me fait penser à Elliott quand il reçoit un de mes rares câlins, un frémissement de plaisir. J'essaie de deviner ce qu'il pense, sans réel résultat. Ou plutôt j'aime la part mystère qu'il endosse parfois, le rendant bien plus mature que la plupart des garçons de mon âge, et c'est peu dire. J'inspire à pleins poumons l'odeur de sécurité qu'il diffuse, il sent la transpiration et l'air frais, comme s'il était allé dehors, peut-être m'a-il attendu sur le banc cette nuit?
Tout à coup, la parfaite harmonie qui s'opérait entre nous se dissipe. Son torse se lève plus rapidement que d'habitude, son souffle se fait plus court, et j'ai l'impression que je le mets mal à l'aise. Pourquoi?
Je ne lui parle pas, ne l'interroge pas, n'essaie pas de le comprendre.
Non, ce soir je suis égoïste, mais...
J'ai cet étrange sentiment qui m'envahit, cette sensation que quelque chose est sur le point de changer dans la fragile relation que nous avons établi.
Bizarrement, je n'ai pas peur, car je sais, je sais que lui, n'est pas près de m'abandonner.
Rassurée par cette certitude, je m'endors dans les bras de mon seul véritable ami, avec quelque part au fond de ma tête, un once de culpabilité.
Je sens de la lumière, la lumière du jour dans mes yeux. Mes paupières papillonnent, mon corps se réveille, et je remarque que je ne me trouve pas dans mon lit, mais sur le sol de ma salle commune.
Je regarde autour de moi et aperçois Regulus, couché avec moi blottie dans ses bras. Son visage et si près du mien que je pourrais en dessiner les contours avec mon nez, mais je n'en ai pas l'intention. Je l'observe et remarque qu'il dort les sourcil froncés, que ses cheveux sont ébouriffés sans avoir rien fait, que ses cils sont noirs et longs, et que l'ont dirait un bébé, paisible, calme, mignon.
Alors de manière furtive, je m'écarte de lui et roule le plus loin de son corps, me relève et remonte à pas feutrés vers ma chambre.
Il était réveillé, je l'ai su au rythme de sa respiration, mais j'ai fait semblant de ne pas savoir. Je ne voulais pas affronter son regard, affronter son visage ensommeillé et ses cheveux si ébouriffés, pas maintenant. Il faut que je mette mes idées au clair, avant de faire quelque chose de stupide. Quelque chose d'aussi stupide que m'endormir dans ses bras.
Je sais que hier soir j'étais chamboulée, je ne savais pas ce que je faisais et j'étais émotionnellement instable, voilà la seule explication valable qui excuserai ma conduite complètement inconsciente de cette nuit. Alors pourquoi diable est-ce que je rêve de recommencer?
Il est 6h45 du matin et nous sommes un dimanche, finalement seulement six jours se sont écoulés depuis la rentrée, six jours qui paraissent pour moi des années. Toute la maison dort et le silence pèse sur les dortoirs des élèves, je suis assise sur mon lit à réfléchir, réfléchir aux événements passés, présents, à ceux qui se sont produits cet été, à ceux qui datent d'hier. Je réfléchis sans cesse, pour tout et pour rien, je réfléchis aux gens, essaie de les analyser eux et les motifs qui les poussent à agir d'une façon plutôt que d'une autre. Je réfléchis mais mes pensées reviennent constamment à Regulus Black, celui qui hante ma tête depuis 45 minutes, 45 minutes de supplice infernal, à réfléchir, à penser à ce que je devrais lui dire quand je le verrai.
Je deviens folle.
Il me rend folle.
J'ai besoin de quelque chose pour me raccrocher à la réalité, au fait qu'il est impossible que Reg éprouve des sentiments pour moi, j'ai besoin d'une preuve qu'il ne m'aime pas, parce que sinon je sais que je vais lui briser le cœur, détruire tout ce qu'il a de bon en lui, et je ne veux pas faire ça, je ne veux pas qu'il souffre à cause de moi.
Comment est-ce que je me suis rendue compte de ses sentiments? Même s'il veut rire, je ne suis pas idiote, je reconnais les signes avant coureurs d'une déclaration, je sais que hier n'était que le début de rapprochements qu'il compte entreprendre vis à vis de moi.
Je me lève brusquement, me jette sur ma malle à la recherche d'un quelconque réconfort, d'une façon d'affronter son regard perçant et ses yeux, ses yeux d'un gris si profond qu'ils pourraient m'engloutir dans leur brume à jamais.
Trouvé.
Je contemple des photos, je passe exactement 2h36 à regarder des photos, à sourire en me remémorant les moments où elles ont été prises, dans quelle joie indescriptible je baignais, et avec qui j'étais si heureuse.
Ces temps-là me manquent terriblement, et je recommence à ressentir cette immense peine, ce vide à l'intérieur de moi, et je me mets à rire. À rire de moi-même, de ma stupidité, de mes choix, un rire emplit d'une telle souffrance que c'en est surprenant pour quelqu'un de mon âge, finalement je n'ai pas oublié.
J'ai essayé, sans succès.
Et la culpabilité m'envahit, me dévore de l'intérieur, m'ôte toute satisfaction, je me sens coupable d'avoir passé la nuit dans les bras d'un autre, d'avoir respirer l'odeur d'un autre, d'avoir pu penser que j'avais oublié la seule personne qui m'a jamais aimé d'un amour profond et sincère.
C'était il y a trois semaines, trois semaines que je ne l'ai plus vu, trois semaines que mon cœur pleure, trois semaines que je n'ai pas sentit l'odeur de pêche, d'abricot et de chaleur.
C'est décidé, je ne peux plus voir Regulus, pas si je ne peux pas me contrôler, à faire des choses inconsidérées je risque de lui faire plus de mal que de bien, et il ne mérite pas un tel sort.
Il est 9h21, et j'ai pris la décision de mettre un terme à mon amitié avec Regulus Black.
-Tu m'aimes?
-Bien sur que je t'aime.
-Non tu mens.
-Je t'aime alors arrête de dire ça, je t'aime et si je pouvais, je m'arracherai le cœur pour te le donner.
-Je t'aime aussi.
Je me réveille en sursaut. Contempler ces photos a fait remonter les vieux souvenirs on dirait. Il est 9h41.
Je me suis assoupie 20 minutes. Les filles dorment encore et je peux clairement entendre leurs ronflements sonores pour me le prouver, si seulement ce cher Sirius savait que la fille qui s'est jurée de le conquérir roupille et renifle en grognant toute la nuit. De vraies marmottes ces deux là, quoique je ne suis pas en reste, d'habitude je suis la dernière à me lever, surtout un dimanche. Je me décolle du sol où j'ai piqué ma petite sieste et prend ma baguette, ainsi que mon uniforme couvert du sang d'une autre. Avant de dévaler les escalier, je tends l'oreille pour savoir s'il y a quelqu'un dans la salle commune, passage obligé pour me rendre dans un coin tranquille, nettoyer toutes ces tâches rouges devant des filles en pleins maquillage paraîtrait suspect. Car oui, les salles de bains sont communes, et remplies à cette heure, les jeune filles voulant passer une heure et demi pour se préparer à apparaître devant ces messieurs.
Aucun bruit à l'horizon, je profite du calme éphémère pour me faufiler dans la salle commune. Finalement elle n'est pas aussi vide que je le pensais.
-Tu es partie.
-Je ne voulais pas te réveiller.
-Tu savais que je ne dormais pas.
-Non.
-Si.
-Non.
-Si.
-Non.
-Si bon sang! Ari pourquoi tu es partie?
Il semble bouleversé et s'est mis à crier, je ne pensais pas que le simple fait de partir en mode furtif pourrait lui faire cet effet. Comme je le pensais, il éprouve des sentiments pour moi, sinon il n'aurai pas pipé mot, comme le Regulus d'autrefois. J'en viens à regretter le garçon froid et arrogant qu'il était, en un sens il l'est toujours, mais plus avec moi.
-Je n'ai pas de compte à te rendre Black, maintenant arrête de crier ou tu vas ameuter toute notre maison.
Il baisse les yeux vers mon uniforme tâché, et je les vois s'écarquiller d'effroi, il semblerai que hier dans la pénombre il n'a pas remarqué que j'étais couverte de sang, ni ce matin, trop peu réveillé pour y faire attention.
-Tu es blessée?
Il tremble, se triture les mains de façon anarchique, et je remarque qu'il ne s'est pas changé, contrairement à moi qui ai préféré enfiler mon uniforme de secours en attendant de nettoyer le mien. Il paraît un peu cinglé à agir de la sorte, tourmenté, j'aimerais tellement pouvoir le réconforter, mais ça m'est impossible.
-Non ce n'est pas mon sang, maintenant pousse toi je dois me débarrasser de ça avant que quelqu'un le voie.
-Je... je... Tu veux que je t'aide?
-Non c'est bon.
Je tourne la tête pour éviter son regard fixe sur moi, j'entends quelqu'un descendre.
-Quelqu'un arrive alors dégage du chemin.
-Ari s'il te plaît il faut que je te parle...
Il n'abandonne jamais? Moi qui croyais que ça allait être facile, je suppose que je devais m'attendre à des complications.
-Tu m'énerve, suis-moi.
Je lui prends le bras avant que nous ne soyons piégés par les autres, pousse le tableau de la nymphe dans l'escalier, et entraîne Regulus dans mon passage secret. À son regard incrédule, je doute qu'il le connaisse. Quand j'ai fini de remettre le tableau, je me retourne vers l'objet de mes tourments. Il fait sombre et je le distingue à peine. Il est immobile, collé contre le mur, cherchant à tout pris à s'éloigner de moi, mais l'espace est assez étroit et, par conséquent, c'est impossible.
-Ari...
-Ne parle pas. C'est à moi de parler. Je suis partie car j'avais besoin de réfléchir, je me suis rendue compte que ce que l'on a fait hier, n'était pas bien. Je suis déjà engagée ailleurs Reg, je veux que tu le saches, que cette personne n'est pas dans l'école et que tu ne le connais pas. Je sais que tout ce que je pourrais dire ne t'empêchera pas de ressentir des sentiments à mon égard, mais sache que je ne pourrais jamais y répondre, du moins pas comme tu le veux. Je sais que tu es jeune et que tu as du succès, qu'à la fin de l'année je ne serais plus là, et que tu trouveras quelqu'un qui t'aime et qui te mérite vraiment, quelqu'un qui n'est pas moi. Alors s'il te plaît ne gâche pas tout, c'est extrêmement égoïste de dire ça mais, je ne veux pas perdre ton amitié. Je ne veux pas perdre ta confiance, je ne veux pas te perdre, toi qui es mon seul véritable ami. Mais si tu ne peux pas faire ça, je comprendrais parfaitement, parce que je t'en demande probablement beaucoup trop.
Le voila, mon discours longuement préparé. Celui pour lequel je me suis triturée les méninges, cherchant les meilleurs mots et les meilleures formulations pour annoncer à celui qui semble être mon meilleur ami, que nous ne pouvons plus nous parler. Dire ça me tue, mais subir ses vaines tentatives pour me séduire me fait encore plus mal, au risque de le perdre, je préfère énoncer la vérité.
Tout au long de ma longue tirade, je l'ai vu perdre espoir, j'ai vu ses épaules s'affaisser, son regard lumineux se baisser, ses poings se crisper, et je me suis rendue compte que tout les changements qui se sont opérés en lui, sont le fruit de son amour pour moi, il s'est endurcit et s'est donné du courage pour tenter de me faire comprendre ses sentiments, et moi je viens de réduire tous ses efforts et son travail à néant. Je suis odieuse.
J'essaie d'ajouter quelque chose, de le rassurer, de faire en sorte qui ne se renferme pas comme avant, mais tout ce qui sort de ma bouche ne peut qu'être le coup fatal.
-Je ne suis pas amoureuse de toi Regulus, et je doute que ça arrive un jour.
C'est tout ce que j'arrive à lui dire. Et je sens quelque chose se briser en moi, je sens un millier de lames aiguisées s'enfoncer dans mon cœur, je sens que cette fois j'ai fait le mauvais choix.
Mais il n'y a aucun retour en arrière, pas de rédemption pour quelqu'un comme moi.
Quand il relève enfin son visage vers moi, toute trace de douleur, de souffrance a disparut, il a renfilé son masque d'impassibilité, et je ne peux pas lui en vouloir.
-J'ai compris. Merci d'avoir été si directe et de ne pas avoir prolongé le malentendu. Une dernière chose.
-Oui.
-Pourquoi as-tu passé la nuit dans mes bras, si tu n'as pas ressentit quelque chose d'apaisant dans cette étreinte? Car sinon je sais que cela t'aurais ennuyé, et que tu serais partie sans un mot après t'être réchauffée. La Ariella que je connais n'aurait même pas pris en compte mes sentiments, alors tu sais ce que je crois? Je crois que tu te mens à toi même, et je crois aussi que tu mens en disant que tu aimes quelqu'un d'autre. Je crois que ce quelqu'un d'autre n'existe pas, et je crois que tu es bien digne de ton image de Reine des Glaces, parce qu'il faut être idiote pour ne pas remarquer ce que son propre cœur ressent.
Ça part tout seul. La gifle. Elle part toute seule.
Comment peut-il dire que je mens, qu'il n'existe pas? Comment a-t-il pu devenir en l'espace de quelques secondes, semblable aux autres élèves méprisants de ma maison? Je ne comprends plus, il était censé être différent. Alors pour lui je suis vraiment la Reine des Glaces? Peut-être qu'il l'a toujours pensé en faite, peut-être qu'il a fait semblant de m'apprécier pour raconter à ses amis comment Ariella Britson est naïve? Et si mes supposions s'averaient vraies? Et si j'étais tombée dans le piège, dans la toile de cette araignée qui m'a fait miroiter tellement de bons moments? Des tonnes d'émotions m'envahissent, de la trahison, de la colère, du dégoût, et finalement de la déception. Il me déçoit, pour le première fois Regulus Black me déçoit.
Et il le voit, en touchant sa jour rouge il voit à quel point il m'a blessé, à quel point je le méprise à cet instant précis. C'est fini, tout est fini.
Finalement c'était inévitable, nous en sommes maintenant réduits à nous détester.
Il essaie de m'arrêter, de m'empêcher de quitter le passage, il me parle comme s'il regrettait, mais je n'entends pas, je ne pardonne pas. J'abandonne mon uniforme sur l'escalier et jette le tableau hors du mur, je sors et court, court à en perdre haleine, il n'y a personne et je quitte la salle en courant, essayant d'échapper à mon ami, celui qui était censé ne jamais me traiter comme si je n'était qu'une sang-de-bourbe à ses yeux. Je ne sais pas combien de temps je cours, ni combien de fois je trébuche et tombe, mais je me relève et repart, comme si j'avais la mort aux trousses.
Dans ma course je percute Remus, Sirius, James et Peter, les dernières personnes que j'aurais voulu voir en ce dimanche sombre emplit de grisaille. Je tombe à la renverse et atterrit sur les fesses, face au maraudeurs.
-Non mais ça va pas?
Je me sens faible, effrayée et frissonnante, comme une petite fille qui aurai perdu ses parents, et mes yeux peinent à retenir l'eau salée qui menace de couler en torrents sur mes joues.
J'ai perdu Regulus, j'ai perdu Regulus, j'ai perdu Regulus.
Cette realité m'heurte à présent de plein fouet. Qu'ai-je donc fait?
Je me hais de douter de lui, et le hais pour avoir insinué ce doute en moi.
-Arrête Sir', tu vois très bien qu'elle a pas la forme, donne moi ta main Ariella.
Lupin me regarde avec sympathie, compassion et gentillesse, et dire que j'ai été une telle peau de vache avec lui. Il me propose de m'aider à me relever mais je refuse en secouant la tête, utilise la force de mes bras et me remet sur pied, comme si je n'était jamais tombée. Comme si tout allait bien.
-Ingrate va, t'as peut être embobiné notre Remus, mais pas moi. Et dis à ta Marina que si elle continue de répandre des rumeurs comme quoi on sort ensemble, elle le regrettera.
-Pourquoi? Parce que ça fait du mal à ta Lana? Parce que tu fais du mal à Marina, alors je suis peut-être à Serpentard, mais de nous deux c'est toi le plus cruel Black.
Il serre les poings, je n'ai pas la force de me battre avec eux, pas aujourd'hui. Alors je les contourne en les ignorant, en ignorant le regard tueur du frère de mon ancien ami, en ignorant le regard doux de celui que je m'apprête à ridiculiser dans ma vengeance, en ignorant le regard vide de celui dont déjà je me suis vengé, et en ignorant le regard inquisiteur de celui que j'ai toujours considéré comme l'ombre des maraudeurs.
Oui je passe devant eux et les ignore royalement, comme si leur existence ne m'importait pas, comme si leurs personne ne m'intéressait pas, comme si j'allait les oublier au moment où ils disparaîtraient de mon champ de vision, et c'est la vérité. Car au couloir suivant, tout ce à quoi je peux penser, c'est Regulus, Regulus, Regulus, Regulus, Regulus, Regulus...
-Ariella Britson!
Plongée dans mes pensées, j'entends derrière mon dos l'écho de la voix de Jonah Fillmore.
Dois-je me retourner et lui montrer dans quel état de faiblesse je suis? Ma raison me dit que non. Mais mon cœur aux émotions emmêlées me dit que penser à autre chose, ne serait-ce que pour quelques minutes, ne saurait me faire de mal.
Prenant mon courage à deux mains et effaçant toute trace de confusion ou de douleur sur mon visage, j'enfile mon masque et me retourne vers lui.
-Jonah.
-Tout va bien?
-Oui je faisais juste une petite course.
Pour la première fois et à la vue de son regard étonné, j'ai l'impression que ma technique de camouflage s'est affaiblie, je sens mes cheveux en bataille, ma respiration saccadée, mon ruban desserré, mes joues rosies par l'effort, et le pire, c'est que je sue.
-Wow c'est bien la première fois que je t'entends dire que tu as couru. En fait je ne pensais même pas que tu en étais capable.
Il rit et dis ça sur le ton de la plaisanterie, je ne vois pas du tout ce qu'il y a de drôle mais je m'abstiens de lui faire part me perplexité.
-Je ne suis pas la Reine des Glaces que tout le monde croit que je suis, ça te va? Maintenant si tu n'as plus rien à me dire...
-Attends. En fait tu te rappelles que tu me dois une faveur n'est-ce pas? Pour hier quand je vous ai aidé dans votre petite vengeance. J'en ai besoin.
-De la faveur?
-C'est ça.
Il me fait un sourire éclatant, le même qu'il a du faire à Evans pour l'embobiner, cela ne fait aucun doute. Il est blond avec des dents blanches, des cheveux bouclés et savamment coiffés pour faire comme s'il venait de se réveiller, et des yeux vert olive qui attire l'attention des demoiselles. Je comprends d'où il tient son succès, il est beau, intelligent, mais un peu trop arrogant et présomptueux à mon goût, de toute façon je n'ai pas l'intention d'avoir une quelconque relation avec lui, je lui ai juste fait les yeux doux pour qu'il nous aide dans notre plan contre Potter. J'en viens à redouter ce qu'il va me demander.
-En quoi puis-je t'aider?
-Tu te rappelles que nous avons une sortie à Près-au-Lard deux semaines avant le bal d'Halloween, pour trouver un costume?
-Oui...
-C'est simple je veux que tu m'accompagnes pour me trouver la tenue idéale, tu es américaine alors comme cette tradition vient de chez vous, je pense que tu serais plus apte que moi à me trouver un déguisement digne de ce nom. Marché conclu?
-Tu rigoles? C'est débile comme faveur... Et puis je n'y connais pas grand chose costumes...
-C'est pas grave! Je suis sur que tu trouveras, et n'insulte pas mon idée, c'est la seule que j'ai eu sur le coup. Et comme j'ai tendance à anticiper les réactions des gens, je suis presque sûr que tu aurais redouté ce que j'aurais pu de demander pendant tout l'année. Autant abréger ta frayeur à l'idée de me devoir quoique ce soit non?
-Alors pour toi je suis un chat de gouttière qui a horreur qu'on l'approche c'est ça?
-Et bien tu as quelque chose d'assez indomptable et rebelle dans ta manière d'être, donc oui c'est à peu près l'image que tu donnes aux autres, pas seulement à moi. Et puis tout le monde sais que tu ne fais confiance à personne, même pas à tes propres amies.
-Tout le monde vraiment?
Il rit de bon cœur, comme si la situation l'amusait grandement, et je me surprends à sourire à ces insinuations qui ne flattent pourtant pas mon égo. Est-ce tout le monde pense vraiment ça de moi? Que je suis un animal que personne ne se risque à approcher? Il m'arrive d'être paranoïaque et de douter des autres mais, j'ai toujours pensé que j'étais humaine, et que sans le contact d'autrui je finirai par dépérir et mourir.
-Il me semble oui. Mais aussi si tu te donnais la peine de leur montrer qu'ils ont tord...
-Alors tu crois qu'il ont tord toi?
-Je commence oui.
-Merci Jonah, mais ce n'est pas mon genre de faire le premier pas.
-C'est pour ça que je le fais Ari, si tu permets que je t'appelle Ari.
-Ça me va, et je suis aussi d'accord pour te tenir occupé pendant la sortie à Près-au-Lard, mais ne t'avise pas d'essayer de croire que je pourrais tomber pour tes beaux yeux.
-Oh que Dieu m'en garde! Une petite amie comme toi? Sans vouloir te vexer ce serait l'enfer, toujours à te critiquer et à te faire des coups bas, très peu pour moi.
-Merci du compliment, moi qui pensais que tu aimais les femmes sournoises...
-Oh oui j'adore! Mais il y a des limites trésor, toi tu es une harpie quand tu t'y mets. Comme je te l'ai déjà dit, je sais lire les gens, et toi tu ne m'inspire pas le moins du monde confiance. Tu es trop... trop...
-Trop quoi?
Je fais la moue et le regarde avec des yeux de biches, ce petit jeu commence à vraiment m'amuser. Il essaie de reprendre contenance en se raclant la gorge mais je vois bien qu'il a du mal, je savais que je lui faisais de l'effet.
-Hum... Toi Ari, tu es beaucoup trop Serpentard à mon goût.
-Merci Jonah. À plus tard.
Je lui tapote l'épaule en signe d'empathie et après un dernier clin d'oeil, je le quitte et disparaît au détour d'un énième couloir, finalement il n'est pas si mauvais que ça. Je viens de perdre Reg, mais Jonah est peut-être une nouvelle opportunité qui se présente à moi?
Non c'est trop tôt, tout est beaucoup trop tôt.
J'ai besoin de calme. Mais où dans cette foutue école, pourrais-je bien trouver la paix?
Quand je sors dans la cour et que je lève les yeux, la réponse vient d'elle même : la tour d'astronomie.
J'ai trouvé mon refuge.
Et dans mes pensées les plus profondes je me demande, de qui suis-je bien en train de me cacher?
À ce moment-là, ma réponse paraît évidente.
Regulus Black, c'est lui, uniquement lui.
Plutôt triste hein? Vous voulez me tuer et me secouer? Allez-y je le mérite.
Pourquoi est-ce que j'ai eu besoin de tout gâcher quand Ari et Reg finissaient enfin par se rapprocher? Mais parce que ce n'est pas aussi simple dans la vie! Il y a toujours des obstacles à affronter et à franchir! Le truc c'est de savoir si on veut les franchir. Pour l'instant Ari est perdue et elle a besoin de temps, Regulustest prêt mais pas elle, vous devinez sûrement pourquoi. Qui est-donc le mystérieux jeune homme dont elle parle? Haha!
Bref je n'en dis pas plus, et espère commencer le prochain chapitre avec une note de joie et d'espoir dans l'air, à samedi prochain! Dernier week-end avant THE rentrée...
