Bonjour bonjour !
Tout d'abord, bonne année, même si cela fait 30 jours que nous sommes déjà en 2016. Ensuite, je dois m'excuser une nouvelle fois pour mon retard dans la publication de ce chapitre.
Merci à ceux qui continuent à suivre cette fiction et à laisser des reviews.
Réponses aux reviews:
mama : Merci d'avoir laissé un comentaire ! C'est vrai, on peut penser qu'Hermione est trop gentille, qu'elle se laisse trop facilement faire. Si elle a accepté de travailler avec Draco, c'est uniquement dans le but d'aider Harry et de tuer Voldemort. Elle a une confiance totale en Harry et pourrait tout faire pour lui : même travailler avec l'assassin de ses parents. J'espère que cette fiction te plaît toujours, je n'en suis que la traductrice, doncsi tu as un bon niveau d'anglais et que les chapitres sont trop longs à venir, tu peux toujours lire la suite sur le profil de luckei1, l'auteur de cette fiction.
Maelle : Merci pour ton message ! J'adore cette fiction également, du coup, j'espère que ce chapitre t'a plu ! Je te dirais la même chose qu'à mama, si tu as un bon niveau d'anglais et que les chapitres sont trop longs à venir, tu peux toujours lire la suite sur le profil de luckei1, l'auteur de cette fiction.
Bien sûr, rien ne m'appartiens. Sur ce, bonne lecture !
Nouvelle-Zélande
Pendant les deux semaines qui suivirent, Hermione ne vit presque pas les deux hommes. Elle se levait après qu'ils aient déjà quitté la maison pour l'entraînement, mangeait le petit-déjeuner seule puis allait au travail. Elle travaillait durant les heures habituelles puis passait quatre ou cinq heures additionnelles à la bibliothèque du Ministère à travailler sur sa mission. Elle retournait ensuite à l'Edge et il y aurait de la nourriture laissée là pour elle. Harry et Draco étaient soit endormis, soit dehors, où, elle ne le savait pas. Elle ne vit Draco qu'une fois durant les deux semaines, partant tard dans la nuit.
Le second vendredi, Hermione eut un visiteur inattendu à son bureau dans les bureaux des Aurors.
« Bonjour, Miss Granger. » dit une voix amicale avec un accent irlandais. Hermione leva ses yeux de ses papiers, fronçant toujours les sourcils à cause de ce qu'elle avait lu.
« Seamus ! Salut, comment vas-tu ? » demanda-t-elle toujours quelque peu distraite.
« Je vais bien, merci. Alors, qu'est-ce qu'il se passe avec Harry ? Cela fait deux semaines et personne n'a entendu parler de lui. »
Hermione se força à avoir l'air concernée. « Je suis vraiment inquiète. J'espère juste qu'il va bien, peu importe où il est. »
« La rumeur dit que les Mangemorts l'ont capturé. »
« Non ! C'est impossible ! Ils seraient en train de jubiler et de dire à toute la communauté magique qu'ils l'ont. Ou pire. »
« Eh bien, c'est la théorie la plus populaire qu'il y a de toute façon. Alors comment gères-tu ça ? »
Une fois encore, elle se força à apparaître bouleversée et frustrée. « Je ne sais pas, nous ne savons tout simplement pas quoi faire. Il ne m'a pas écrit, ni à Ron, ni à un membre de l'Ordre. Tout ce que nous pouvons faire est avancer. Nous n'avons aucune raison de paniquer pour le moment et cela n'aiderait personne de faire ça . »
Il secoua la tête. « Pourquoi Potter, hein ? Ce n'est pas juste. »
« Non, ça ne l'est pas. » Hermione commença à ranger ses affaires pour partir.
« Dis, Hermione, je me demandais... si tu avais des projets pour demain soir. Est-ce que tu aimerais qu'on aille dîner ? »
Elle était stupéfiée par sa question et le fixa simplement pendant une seconde ou deux avant de se reprendre. Est-ce qu'il était en train de l'inviter à un rendez-vous ? Que devait-elle faire ? Cela ne ferait aucun mal, n'est-ce pas ? Je veux dire, c'est un ami, c'était sûrement seulement un dîner d'amis pour rattraper le temps perdu. Cela ne pouvait pas faire de mal.
« Ça m'a l'air bien, Seamus. Est-ce que Dean vient aussi ? » demanda-t-elle en espérant déterminer s'il voulait que le dîner soit un rendez-vous. Ils commencèrent à marcher vers l'ascenseur.
Il eut l'air embarrassé en lui faisant un sourire de travers. « Et bien, euh, non, en fait, je ne lui ai pas demandé mais si tu veux, je peux. »
« Non, non. Dîner avec toi semble agréable. Quelle heure ? »
« Euh, six heures ? »
« Parfait. »
« Dois-je te récupérer chez toi alors ? »
Et bien, cela ressemble à un rendez-vous, pensa-t-elle. « Non, je projette de venir au travail demain, avec Harry parti, il y aura du travail en plus et je suis juste derrière. On pourrait se retrouver quelque part. »
« Ok. Il y a un restaurant moldu à quelques rues d'ici que j'aurais voulu essayer. Ça te va ? »
« Super. Je ne savais pas que tu mangeais dans des lieux moldus. »
« Hé ! Si les plats sont bons, je ne suis pas concerné par comment c'est préparé. » Il lui sourit chaleureusement.
Elle rit. « Parfait ! »
« Que dirais-tu qu'on se rejoigne ici et qu'on marche jusqu'au café, puisque je ne suis pas sûr de savoir te dire comment le trouver. »
« Ça me semble bien. On se rejoint ici, dans l'entrée, à six heures ? »
Seamus acquiesça. « Ouais. Euh, Hermione ? » Ils s'arrêtèrent de marcher. « Est-ce que tu veux que ce soit un rendez-vous ? » Il l'observa alors qu'elle n'avait aucune réaction, puis continua, plutôt rapidement, les mots se bousculant. « Parce que c'est comme ça que je voulais le dire. Mais si tu ne veux pas, nous pouvons y aller juste en tant qu'amis. Mais si tu veux, tu sais, voir, alors ça me va aussi, si tu veux. »
Elle sourit. « Seamus, un rendez-vous semble charmant. Bien que je ne puisse rien te promettre. Je suis vraiment distraite en ce moment, avec Harry porté disparu et aucun mot de lui, et avoir à gérer avec tous les Weasley... J'ai bien peur d'être d'une compagnie ennuyante. »
« Non-sens. Impossible. » dit Seamus en respirant de nouveau facilement. Elle avait atteint le point de transplanage et s'était arrêtée de marcher. Il s'arrêta également, sourit avant de lui dire au revoir et de transplaner. Hermione soupira et elle transplana également avec un petit pop !
OOO
Hermione ne vit ni Harry ni Draco ce soir là et alla au lit en se sentant plutôt seule. L'invitation de Seamus était totalement inattendue. Ils se parlaient rarement lorsqu'ils se voyaient au travail, ils se faisaient seulement un petit signe de la main ou un sourire en passant. Il avait été l'un des camarades de chambre d'Harry à Poudlard, un élève gentil et de manière général, un bon Gryffondor. Pour une raison quelconque, la demande de rendez-vous par Seamus la faisait se sentir seule. La chose la plus proche d'une relation qu'elle pouvait avoir était une connaissance au travail.
Mais quand elle y réfléchit vraiment, elle admit qu'elle avait repoussé beaucoup de chances les années passées parce qu'elle était déterminée à aider Harry à finir son combat. Puis, elle n'avait pas pu passer outre toute la tristesse et tout le désespoir qui venaient de la Guerre pour se laisser vraiment vivre. Pour elle. Puis, elle se souvint que même Harry n'avait pas attendu. Il s'était marié avec Ginny sans rien dire à personne (pourtant Malfoy l'a su d'une quelque manière) en sachant qu'il avait toutes ses chances de mourir avant la fin.
Ou à la fin, de manière la plus probable. Parce que quand Harry et Voldemort se battront, le résultat changera le monde. La seule question était : pour le meilleur ou pour le pire ? Comment pouvait-elle penser à une romance ou oser même penser à l'amour, quand il y avait tant de peine et de souffrance dans le monde ? Les Mangemorts attaquaient et tuaient quand bon leur semblaient, Moldus et sorciers de la même façon. Est-ce que l'amour existait même dans ce monde ? Ou était-ce seulement l'ombre de l'amour, une lutte pour échapper aux ténèbres même pour seulement un instant ? Elle n'était pas sûre, mais elle sentait que d'autres choses devaient passer d'abord pour elle. C'était une part du fait d'être amie avec Harry Potter. Les autres pouvaient continuer avec un semblant de normalité en aimant et en riant mais elle devait rester forte et constante pour lui. Il ne pouvait pas l'avoir à ses côtés changeant de sentiment comme Lavande Brown changeait de rouge à lèvres.
Hermione avait accepté cela et y avait trouvé de la paix. Paix qui venait du fait qu'elle savait que sa place dans le monde était aux côtés de Harry. Elle se battrait pour lui et avec lui jusqu'à la fin. Puis, s'ils survivaient tous les deux, elle prendrait un nouveau départ, ramasserait les morceaux et avancerait dans sa vision de sa vie.
Malgré s'être souvenue de ses amis et de tout ce qu'ils avaient vécu depuis que lui et Ron l'avaient sauvé d'un troll des cavernes dans des toilettes, elle se sentait toujours seule. Il y avait toujours une part de son cœur qui manquait, qui n'avait jamais été rempli et qui ne pourrait jamais être rempli même avec tous les amis du monde ou les livres ou les connaissances qu'elle pouvait avoir. Elle s'endormit en pensant à ce trou qui semblait ne faire que s'élargir à mesure que le temps passait.
OOO
Le matin suivant, Hermione s'autorisa à rester au lit plus longtemps. Ses pensées de la nuit précédente pesaient encore lourdement dans son cœur. Elle s'habilla pour la journée, puis regarda par la fenêtre. Ce qu'elle vit rendit son cœur de nouveau léger et des larmes perlèrent à ses yeux alors qu'elle regardait le tableau devant elle.
Le soleil brillait avec éclat sur l'eau, et des douzaines de voiliers de couleurs éclatantes étaient parsemés sur la surface de l'eau. C'était un petit aperçu d'un monde sans Voldemort, sans Guerre, sans Mangemorts, sans sortilèges de mort ; un petit rappel que le monde pouvait être beau, même à travers toute l'obscurité. La lumière suivait toujours la nuit. Le monde ferait face à cette Guerre et le monde respirerait à nouveau. Elle sourit et alla à l'armoire qui contenait les robes que Malfoy lui avait offertes. Avec un petit saut, elle décida qu'elle en porterait une pour son rendez-vous avec Seamus. Après tout, le soleil brillait et le monde allait bien.
Hermione rassembla dans un sac les affaires à emmener au travail et se dirigea vers le rez-de-chaussée pour manger le petit-déjeuner avant d'aller au travail, le tout en fredonnant doucement. Harry était assis à la table dans la cuisine et il releva la tête du journal quand elle entra.
« Hermione, wow, ça te va bien. » dit-il en souriant.
Elle sourit en retour et dit : « J'ai un rendez-vous galant ce soir. »
Les yeux d'Harry s'élargirent de surprise et d'amusement. « Vraiment ? Un rendez-vous ? Avec qui ? »
« Un employé du Département des jeux et sports magiques » Harry continua à attendre de manière expectative un nom. « Seamus. » dit-elle finalement en souriant un petit peu.
« Wow, je ne me doutais pas que tu lui plaisais. »
« Et bien, ça fait parti de mon travail d'apprendre à mieux connaître mes collègues » dit-elle avec un pétillement dans les yeux. « Je fais juste mon job. »
« Quand est-ce que vous avez rendez-vous ? »
« Après le travail aujourd'hui. » dit-elle en s'asseyant et en mettant dans une assiette des œufs et un peu du plat qu'Harry avait fait.
« Tu vas au travail aujourd'hui ? »
« Oui. »
« Tu n'es pas obligée. »
Elle fronça des sourcils. « Pourquoi ? »
« Malfoy pense qu'on devrait avoir un jour de repos. »
« Oh. » dit-elle distraitement. « Où est-il de toute façon ? »
Harry haussa les épaules. « Il n'est pas encore descendu. Donc, Hermione, que veux-tu faire aujourd'hui ? »
« Je n'en ai aucune idée. Je n'ai pas eu le temps d'y penser. »
« Voudrais-tu voyager ? Quelque part d'exotique peut-être ? »
« Et bien, cela semble vraiment bien, mais... »
« Merveilleux ! » s'écria-t-il. « Alors, c'est la Nouvelle-Zélande ! »
Hermione fronça les sourcils. « Mais, Harry, je pensais que tu ne pouvais pas partir d'ici ! »
« Oh, non, je ne peux pas. Je vais rester. » dit-il en prenant rapidement une bouchée.
« Mais...alors...quoi ? »
« Oh, tu iras avec Malfoy. » Il esquiva instinctivement, sûr qu'elle lui jetterait quelque chose : fourchette, bol, sort.
Quand il la regarda de nouveau, elle était juste en train de le fixer comme s'il lui avait poussé une tête supplémentaire.
« Hermione ? »
« Il n'y a aucun moyen sur Terre que j'aille où que ce soit avec lui ! »
« Bonjour à vous deux. » arriva sa voix.
« Malfoy. » dit Harry en prenant une autre bouchée.
« Rah ! » cria Hermione.
Malfoy leva un sourcil dans sa direction et se prépara à manger. « Des problèmes de gestion de colère, Granger ? Tu devrais vraiment chercher de l'aide pour ça. » Il remarqua, cependant, qu'elle portait l'une des ses robes. Cela lui fit plaisir.
« Est-ce qu'Harry dit la vérité ? Tu t'attends à ce que je galope à travers le globe avec toi aujourd'hui ? »
Il s'assit et dit, comme s'il commentait le temps : « Oui. J'ai un rendez-vous et j'ai besoin que tu viennes. »
« Est-ce que j'ai le choix ? » demanda-t-elle.
Il haussa les épaules. « Oui, bien sûr. Mais il est crucial que tu m'accompagnes. Et je t'assure que ce sera beaucoup plus intéressant que traîner ici toute la journée. »
« Je pourrais aller au travail. »
« Ou venir avec moi en Nouvelle-Zélande. »
« Je préférerais mourir. » dit-elle en lâchant bruyamment ses couverts dans son assiette.
« Comme tu veux. » dit-il en haussant les épaules. Il finit son porridge sans un autre mot. Hermione marcha d'un pas lourd jusqu'à sa chambre et claqua la porte.
Après quelques minutes de silence, Harry dit : « Ça s'est bien passé. » Puis, il se leva pour mettre de l'eau dans son bol pour le faire tremper.
« Tu penses qu'elle viendra ? » demanda Draco.
« Ouais. Donne-lui du temps pour décider que c'est quelque chose qu'elle veut faire et non pas une chose que tu lui fais faire ou que tu veux qu'elle fasse. Environ 10 minutes devraient suffire. »
« Ça fait déjà presque 10 minutes. »
« Tu devrais te préparer à partir alors. »
Ils entendirent une porte claquer à l'étage et des pas lourds descendre les escaliers.
« Bien. » dit-elle « Mais on part maintenant. » Elle sortit et attendit sur le perron.
Draco sourit à Harry. « Tu es bon. » Il sortit rejoindre Hermione.
« Malheureusement Granger, je vais devoir prendre ton bras puisque tu ne sais pas où nous allons. »
Elle leva les yeux au ciel et tendit le bras. Il fit attention à ne pas faire de vrai contact avec sa peau et les fit transplaner.
OOO
Ils arrivèrent sur le bord de mer où le soleil devait se coucher dans environ une heure. Pendant un instant, Hermione pensa qu'il s'agissait de l'image de Draco d'une mauvaise blague : un coucher de soleil romantique ? À quoi pensait-il ?
« Hum, Granger, viens avec moi, s'il-te-plaît. » Elle le suivit, dégoûtée d'elle-même pour seulement avoir pensé qu'il pouvait savoir à quoi ressemblait le romantisme.
Ils marchèrent le long d'une rue jusqu'à une petite plage devant la ville. Elle aimait les magasins et les personnes souriantes qui n'étaient pas pressées d'aller nulle part. Certains firent même un signe de la main. Elle regarda Malfoy dont les cheveux étaient maintenant noirs.
« Tu es décente. » dit-il.
« Jolie, Malfoy, le mot est jolie. » Elle attendit une réplique mais n'en eut aucune. « Je dois être de retour à six heures. »
« Pourquoi ? »
« J'ai un rendez-vous. »
Il se tendit et dit « Que c'est joli. Qui est l'heureux gentleman ? »
« Seamus Finnigan. Tu te souviens de lui ? »
« Un Gryffondor irlandais ? Brun, pas très bon à l'école, surtout en Potions ? »
« Oui. »
« Nope. » Elle grogna. Il la guida jusqu'à un restaurant avec vue sur l'eau.
« Ton rendez-vous est ici ? » demanda-t-elle.
« Oui. » Ils s'assirent à une table et on leur donna un menu. Hermione regarda le sien brièvement avant de se fixer sur le plat de poisson. Malfoy consultait toujours le sien – ou pas ? Il prétendait le regarder, juste quand un couple d'âge mûr entra et alla s'asseoir à l'extérieur. Malfoy les regarda intensément. Quand Hermione se tourna pour les regarder, elle ne remarqua rien de spécialement intéressant qui aurait pu attraper ou retenir son intérêt. Le serveur vint et prit leur commande.
« C'est un endroit moldu, Malfoy. »
« Je sais, Granger. Mais merci de me le dire. Tu remarqueras que notre tenue n'a pas attiré d'attention indésirée. Elles ont été charmées pour paraître être des habits moldus. Je fais de mon mieux pour prévoir les problèmes et les éviter. » Il prit une gorgée d'eau et regarda par la fenêtre.
« Depuis quand t'y connais-tu à propos des Moldus ? »
Il leva les yeux au ciel. « Je m'y connais pas mal. »
Elle devenait frustrée. Il l'avait traînée jusqu'ici en insistant sur le fait qu'il voulait qu'elle vienne et maintenant il ne lui parlait même pas. Elle croisa les bras et rumina silencieusement sur son siège. Cela l'ennuya de voir que le silence semblait ne le déranger que si peu, elle se rappela de leur trajet en charrette jusqu'à Azkaban. Cela semblait s'être passé il y a des siècles. Finalement, les plats arrivèrent et ils n'avaient toujours pas reparlé.
Hermione regarda son plat, du saumon d'Australie fumé avec des pontes d'asperges dans une sauce à l'ail et des pommes de terre aux herbes. Cela sentait délicieusement bon et son estomac gargouilla avant qu'elle ne prenne sa fourchette. La première bouchée était incroyable : le poisson était juteux, moelleux et plein de saveur. C'était de loin le meilleur plat qu'elle avait eu depuis longtemps. Elle leva les yeux vers Malfoy : il était en train de l'observer, une expression amusée sur son visage. Il n'avait pas commencé à manger.
Elle se renfrogna et regarda son plat : un filet de bœuf avec des brocolis et des patates douces. Cela avait l'air délicieux.
« Comptes-tu manger Malfoy ? »
Il sourit d'un air suffisant. « Bien sûr. J'apprécie simplement te regarder manger, c'est tout. »
Son air renfrogné s'intensifia. « Eh bien, arrête. Mange. »
Il gloussa et prit une bouchée. « Alors, Granger, comment va le travail ? »
« Qu'est-ce que ça peut te faire ? »
Il la regarda froidement. « Rien. J'avais l'impression que tu n'aimais pas le silence, alors j'ai essayé de te soulager. »
« Eh bien, maintenant que l'on parle, je trouve que je préfère le silence. »
Il gloussa une nouvelle fois. Ah, ce que ce côté de lui l'énervait. Il était si assuré et prétentieux que cela lui donnait envie de crier de frustration. Elle détestait le fait qu'il sache quelque chose qu'elle ne savait pas, à savoir pourquoi ils étaient ici. Elle supposait qu'elle avait un rôle à jouer, quelle autre raison pourrait-il y avoir pour qu'il la traîne à l'autre bout du globe pour dîner avec lui ? Certainement pas pour le plaisir de sa compagnie. Même à travers son masque d'arrogance, elle pouvait voir qu'il n'appréciait pas, en fait, être près d'elle.
Quelques minutes passèrent dans un silence tendu. Puis il parla à nouveau. « Tout se passe bien au travail, merci de demander. »
Hermione le regarda d'un œil mauvais. Il souriait légèrement, mâchant minutieusement avant d'avaler. Comme si cela ne l'intéressait pas le moins du monde. Tellement de visages, tellement des masques. Lequel était le vrai Malfoy ? Y avait-il un vrai visage, une part de lui qui était réelle ? Lui-même savait-il laquelle c'était ? À ce moment-là, il arborait des cheveux noirs de jais qui le rendait pâle d'une manière perturbante, presque malade.
« Pourquoi tes cheveux sont-ils noirs ? » demanda-t-elle.
« Je suis recherché ici aussi, tu sais. Je suis recherché presque partout. Mais il cherchent toujours les cheveux typiquement Malfoy. En Angleterre, changer simplement la couleur de mes cheveux et de mes yeux ne tromperait pas quelqu'un qui me chercherait vraiment mais ici, ça suffit. »
Hermione regarda dans ses yeux et fronça les sourcils. « Ils sont bleus. » dit-elle.
« Très bien. » dit-il sarcastique. « Extraordinaire observation. »
« Mais ne le sont-ils pas toujours ? »
Draco fit une grimace blessée. « Oh, Granger, tu ne sais pas de quelle couleurs sont mes yeux ? Je suis si blessé ! » Il prit de manière nonchalante une autre bouchée de steak, lui montrant ainsi qu'il se fichait bien de son manque d'observation.
Hermione lui jeta un regard noir et prit une autre bouchée de son propre plat, mais elle ne pouvait s'empêcher de se demander de quelle couleur ils étaient vraiment. Elle essaya de penser à un moment où elle avait pu regarder dans ses yeux, et durant la période où il avait été à Azkaban, il y avait eu pleins d'occasions de ce genre, mais elle ne pouvait pas vraiment capturer la couleur de ses yeux. Tout ce dont elle se souvenait était le tourbillon d'émotions (peur, colère, haine, attente) qu'elle avait vu à l'intérieur de ceux-ci. Même la seule fois où il l'avait autorisé à regarder profondément dans ses yeux, elle ne pouvait se souvenir de leur couleur.
« Comment est le poisson ? » Hermione fut tirée de ses pensées alors que Draco tendait la main pour prendre une bouchée de son plat. Elle le piqua avec sa fourchette sur sa main, sans se préoccuper d'être douce à ce propos. « Aïe ! » dit-il en rétractant son bras et en lui jetant un regard noir.
« Mange ton propre plat. »
« Hum, hum, Granger, après tout, je paye pour ce plat. Et si je veux goûter ton plat, je le ferais. » Il tendit une nouvelle fois le bras et cette fois-ci, Hermione le laissa prendre un bout de poisson de son assiette bien qu'en lui lançant sans relâche un regard mauvais pour lui assurer qu'elle n'était pas contente à propos de ça. Il mit le morceau dans sa bouche et comme il mâchait, il se concentra sur le goût du poisson. « C'est bon. Meilleur que le mien. Je suppose que tu as gagné le plat Granger. »
Elle leva les yeux au ciel. « Gagner le plat ? »
« Oui. Ton choix est meilleur que le mien. Voudrais-tu essayer le mien et donner ton avis ? Tu es toujours si avide de le partager après tout. »
Hermione voulait en effet essayer son steak. C'était le plat le plus cher sur le menu, alors cela devait certainement être bon, et elle avait du mal à croire que son poisson était meilleur. Mais elle ne voulait pas manger de son plat. C'était trop...familier.
« Oui, s'il-te-plaît. Pourrais-tu m'en couper un morceau et me le donner ? »
Il lui lança un regard perplexe puis s'exécuta. Il lui tendit sa fourchette et elle prit le morceau de viande qu'elle mit dans son assiette, puis elle lui rendit sa fourchette. Elle piqua la viande avec sa propre fourchette et la mit dans sa bouche. C'était parfait : parfaitement assaisonné, parfaitement cuit, parfaitement délicieux. Il était fou, le filet était de loin le meilleur choix.
« Eh bien ? » demanda-t-il.
« Ton plat est meilleur. »
Il sourit, presque un vrai sourire. « Encore une fois nous ne sommes pas d'accord. »
« C'est comme ça que cela doit être, n'est-ce pas ? » dit-elle sèchement.
Draco soupira : il voulait en finir avec ce dîner aussi vite que possible. « Alors, Granger, dis-moi quelque chose à propos de toi. »
« Comme quoi ? » demanda-t-elle.
« Je ne sais pas, quelque chose que je ne sais pas. »
« Tu ne sais rien à mon propos. »
Draco faillit la corriger, mais cela aurait exposé une part de lui qu'il n'était pas prêt à dévoiler. Il ne le voudrait peut-être jamais mais finirait par devoir le faire.
« Alors, s'il-te-plaît » dit-il agréablement. « Éclaire-moi. »
« Qu'est-ce qu tu voudrais savoir ? »
« Je ne sais pas, quelque chose. N'importe quoi. Tu choisis. »
« Mon livre préféré est Orgueil et préjugésde Jane Austen. »
Il leva les yeux au ciel. « Charmant. Très informatif. »
« Quel est le tien ? »
« Qu'est ce qui te fait penser que j'aime les livres ? »
« Parce que tu lis toujours quand tu ne fais pas autre chose. »
« En fait, je n'en ai pas vraiment. »
« Comment peux-tu ne pas avoir un favori ? »
Il haussa la épaules. « Je ne sais pas, je n'en ai juste pas. J'aime les livres à propos de Magie Noire, de mages noirs et où les gentils sont poussés dans la boue. »
Hermione le regarda d'un œil mauvais et prit la résolution de ne pas lui parler du reste de la journée.
Draco ne sachant pas la résolution d'Hermione lui parla encore. « Donc ce soir est ton premier rendez-vous avec Finnigan ? »
Hermione oublia immédiatement sa résolution datant des trois dernières secondes alors que son humeur se dilatait. « Ce ne sont pas tes affaires. » dit-elle sèchement. « Quand est ton rendez-vous de toute façon ? Je veux partir. »
« Oh mais tu es charmante quand tu pleurniches. » dit-il sans une trace d'amusement dans la voix, seule de la colère qu'il était surpris de trouver était présente. Elle continua de lui lancer des regards noirs, incapable de manger une autre bouchée.
« Hermione, j'essaye juste de faire une agréable conversation, et tu fais tout sauf ça. »
Elle se décrocha presque la mâchoire quand elle l'entendit utiliser son prénom mais elle garda son visage sous un contrôle parfait. « Agréable ? » Elle força un rire. « Toi ? Tu ne saurais pas à quoi ressemble une agréable conversation même si elle se pavanait dans la pièce avec un panneau géant clignotant « Ceci est une agréable conversation ! » Sais-tu même ce que cela veut-dire ? Parce que si ça c'est ton essai, alors je peux vraiment me poser la question. »
Ses yeux étincelèrent ; elle sourit de manière supérieure, satisfaite d'être finalement capable de provoquer une réaction en lui et d'effacer cet air arrogant de son visage.
« Oui, je sais ce qu'agréable est, bien que honnêtement je sois bien plus familier avec le désagréable. Comme maintenant par exemple. »
« Tu es insupportable. »
« Et voilà que je pensais qu'on commençait à s'entendre. » dit-il en gardant avec peine la rage de sortir et en se gardant avec peine de lui hurler dessus.
« M'entendre ? Avec toi ? Je préfère être forcée à manger des Scroutts à pétards. Tu es un homme méchant, lâche et creux, Malfoy. » siffla-t-elle.
Il n'eut aucun contrôle sur sa langue alors qu'il parla.
« Et tu es une petite fille pimbêche, pleurnicharde, gâtée qui pense qu'elle est meilleure que tout le monde parce qu'elle a son nez plongé constamment dans les bouquins. Potter et la Belette satisfont toujours tous tes désirs, n'est-ce pas ? Et bien, sache cela : je ne le ferai pas. Jamais. Donc maintenant ferme-là et arrête de pleurnicher à propos de combien je suis méchant ou à quel point je suis injuste. Je pourrais être bien pire. »
Le regard noir que lança Hermione à son voisin de table aurait réduit Harry et Ron à pleurnicher pour son pardon, mais Draco eut à peine l'air ennuyé.
« Je m'en vais. » cracha-t-elle en jetant sa serviette sur la table et en se levant pour le dépasser. Il tendit la main et attrapa son bras.
« Pas encore. » siffla-t-il en la repoussant puissamment sur sa chaise, bien que très attentif à ne pas la blesser.
Hermione était en train de bouillir. Elle voulait lui faire du mal, beaucoup de mal, et de manière répétée. Mais comment ? Elle lança un regard sur la pièce, cherchant de l'inspiration. Ses yeux tombèrent sur un casier à vin puis sur le serveur. Elle commença à sourire malicieusement. Draco n'aima pas la lueur dans ses yeux.
« Je reviens. » dit-il en se levant. Elle l'ignora alors qu'il s'éloignait de leur table mais se retourna pour le voir marcher vers le couple qui était entré plus tôt. Elle tenta d'écouter ce qu'ils disaient mais il bloqua tous ses essais. Elle ne pouvait que regarder et ce qu'elle vit la fit presque tomber de sa chaise.
OOO
Draco marcha doucement à l'extérieur, forçant ses nerfs et son humeur à se calmer avant de parler. Quand sa respiration eut suffisamment ralentie, il s'approcha de l'homme et de la femme qui étaient entrés peu après lui et Hermione.
« Bonjour ! » dit Draco en souriant sincèrement. La femme se leva et le prit dans ses bras avec affection, l'homme lui serra la main.
« Draco. » dit la femme. « Comment vas-tu ? »
« Je vais bien. Et vous ? »
« Bien mieux maintenant que nous avons vu Hermione. »
Draco passa une main dans ses cheveux. « À propos de ça. Je m'excuse de lui avoir parler si durement. Elle et moi... eh bien, je pense qu'il est évident que l'on ne s'entend pas. »
« Je pense que c'est un euphémisme. » dit l'homme en souriant chaleureusement.
« Comment va-t-elle ? » demanda la femme.
« À part être royalement énervée d'être ici avec moi, elle va bien. Je suis désolé des ne pas avoir réussi de la faire plus parler de sa vie. Je ne suis pas fort avec les banalités. »
« C'est bon fils. » dit la femme. « Nous comprenons. »
« Comment ton plan avance-t-il ? » demanda l'homme.
« Comme prévu, bien qu'il soit encore tôt pour le dire. Il y a beaucoup de choses qui pourraient aller de travers, mais je suis assez confiant quant au fait que nous serons capable de les dépasser et d'accomplir notre but. »
« Dis-nous plus de choses sur Hermione, s'il-te-plaît. »
Draco s'assit avec le couple. « Ok, elle travaille toujours au ministère, elle est bonne à ce qu'elle fait. Elle peut faire de piètres œufs brouillés, elle lit toujours de manière insatiable et elle se jette dans tout ce qu'elle fait à pleine force. Elle est heureuse d'aider Harry mais n'apprécie pas le fait qu'elle m'aide également. Ron et Ginny lui manquent et elle aimerait qu'ils sachent aussi pour notre plan. »
« Et elle a un rendez-vous ce soir ? » demanda la femme.
« Oui, apparemment. »
« Comment te sens-tu ? » demanda-t-elle.
Il serra la mâchoire, serra les dents et durcit ses lèvres en une fine ligne crispée. « Ça ne m'intéresse vraiment pas. »
« Uh-huh. » dit l'homme en souriant.
« Est-ce que tu l'aimes ? » demanda la femme.
Draco dut secouer la tête pour chasser les toiles d'araignées qui y étaient. « Pardon, qu'as-tu dit ? »
« Est-ce que tu l'aimes ? » répéta-t-elle.
Ayant entendu la question répétée, il conclut qu'il n'était pas en fait en train de perdre sa capacité d'entendre, mais que la femme assise en face de lui avait perdu l'esprit. « Je suis désolé, mais l'aimer ? Es-tu folle ? Comment peux-tu me demander ça ? Tu nous as entendus ! »
Elle sourit, de ce sourire ennuyant que seule une mère sait faire et dit : « Oui je vous ai entendus. »
Draco soupira et mit sa tête entre ses mains. « Comment pourrais-je l'aimer ? Je ne sais même pas ce qu'est l'amour, je ne sais même pas qui elle est. »
« La vérité prend du temps, Draco. »
« La vérité, » Il gloussa. « La vérité la fera me haïr encore plus qu'elle ne le fait déjà. »
« Mais elle te pardonnera » dit la femme en posant une douce main sur son bras corrompu.
Il passa encore une fois de manière absente une main dans ses cheveux. « Je ne sais pas. Elle a un tel côté borné. Elle est si en colère que je ne pense pas qu'elle sera capable de me pardonner. Peut-être dans 30 ans... » Il pensa à elle, frappant à sa porte sur sa petite île-maison, gâteau dans la main, un grand sourire sur son visage... bague au doigt, des enfants dans son sillage... « Mais elle a du feu en elle. Elle est absolument - » Quoi ? Y-avait-il un seul mot pour la décrire ? Il secoua la tête. Non, il avait besoin d'un tas d'entre eux. « - elle est tout un tas de choses. »
L'homme rit. « C'est bien Hermione, ça. »
« S'il te plaît, sois patient avec elle. » implora la femme.
« Je le serais. Maintenant, si ça ne vous gêne pas, lui demanderiez-vous d'en faire de même ? » Le couple rit. « Eh bien je devrais y retourner. » dit-il en appréhendant le moment où il devrait quitter ces deux personnes et retourner au dur monde de la réalité. « Aimeriez-vous continuer à nous écouter ? Peut-être s'ouvrira-t-elle un peu plus. »
« S'il te plaît » dit la femme. Elle se leva pour l'enlacer une nouvelle fois. « Et Draco, tu sais qu'on t'aime. »
Il sourit une nouvelle fois, ce même sourire sincère qu'il réservait pour eux. Il acquiesça et se tourna pour rentrer à l'intérieur. Alors qu'il marchait jusqu'à la table, il se sentait comme s'il était au sommet du monde : son cœur, avec qui il venait juste de faire connaissance, était plus léger qu'il ne l'avait jamais été.
Hermione était assise à leur table, semblant un peu trop contente d'elle-même et juste un tantinet nerveuse. Draco se mit immédiatement sur ses gardes. Il s'assit en la regardant avec prudence.
Elle sourit, d'un sourire qui était trop forcé pour être sincère et dit : « Bonjour, déjà de retour ? » Il y avait quelque chose dans son ton qui était aussi froid que la glace. Il trembla. « Comment s'est passé ton rendez-vous ? » demanda-t-elle encore une fois de manière trop forcée pour être vraie. Il hocha la tête, chaque nerf de son corps criait pour être soulagé de l'agonie de l'attente de la chute du marteau. « J'ai commandé le dessert. »
Il expira et rit presque de soulagement. « Oh, c'est bien. »
« Pour tout le monde dans le restaurant. » Le rire de Draco mourut dans sa gorge et la fixa. « Et une bouteille de vin pour chaque table. » Sa mâchoire se décrocha. « Et deux pour la nôtre. Je ne veux pas avoir à partager. » Et elle lui sourit avec dégoût et commença à manger son dessert : un riche et crémeux gâteau au chocolat avec de la praline et des framboises. Elle lui avait commandé un cookie avec des pépites de chocolats et une unique cuillerée de crème fouettée sur le dessus.
Draco pouvait à peine parler. « Pour-pourquoi ? Comment ? »
Elle fit un vague signe de la main, comme si ce n'était rien. « Oh ne me remercie pas Malfoy, je sais que tu peux te le permettre. » Elle continua son dessert joyeusement, savourant chaque bouchée pour le plaisir de son inspection.
Draco regarda son cookie. Une part de lui voulait passer par-dessus la table et lui tordre le cou en envoyant valser par la fenêtre son plan tout entier. L'autre part de lui menaçait d'exploser de rire. Il sourit au cookie et à sa pathétique cuillerée de crème fouettée. « C'en est une bonne Granger. » dit-il. Il prit sa fourchette et ramassa toute la crème du cookie et la mit en entier dans sa bouche.
Hermione le regarda, l'excitation de son acte retombant. Il sourit simplement, et – était-ce une sorte de compliment ? Elle s'était entièrement attendue à ce qu'il hurle et fasse une scène, mais à la place, il était simplement resté assis là, appréciant de manière évidente son cookie. Elle secoua la tête.
« Tu es – si – étrange et déroutant, Malfoy. »
« Merci. » dit-il en finissant son cookie, il n'était pas bien grand.
Elle le regarda alors qu'il posait sa fourchette sur l'assiette à dessert et tendait le bras pour prendre le vin. Il se versa un verre et remplit le sien.
« Santé. » dit-il, puis il sirota doucement son verre.
« Malfoy, ces personnes dehors – tu avais vraiment l'air heureux, ou satisfait, ou peu importe ce qui te fasse vraiment sourire. Ça a causé un vrai déchirement de la parfaite image que j'avais de toi. »
« Désolé pour ça. »
Elle gloussa. « Qui étaient-ils ? »
« Et pourquoi te le dirais-je ? »
« Ce n'était certainement pas tes parents. » dit-elle en espérant être capable de lui extraire un minimum d'informations, une tâche à laquelle, jusqu'à maintenant, elle avait été assez sans succès.
Draco, à la place, revint à être la rageante personne qu'il était avant son rendez-vous . « Laisse-moi être parfaitement clair. Ne me parle plus jamais de mes parents, compris ? » Il n'était pas en train de crier mais son ton était si ferme, si vif, qu'elle avait l'impression qu'il était en train de lui arracher l'estomac et de le couper en morceau devant elle. Elle avait peur de lui, en ce moment, à ce moment. Elle n'avait eu peur de lui auparavant que dans la charrette les menant à Azkaban, et à en ces deux occasions, elle avait mentionné sa famille. « As-tu compris ? » demanda-t-il à travers ses dents serrés.
Elle acquiesça, des larmes menaçant de déborder de leur réservoir.
Puis, aussi vite qu'elle était apparue, sa colère s'évapora. « Je n'aime pas parler d'eux. Et je n'aime pas te crier dessus. » Elle le regarda prudemment alors qu'il prenait une autre gorgée de son verre. Puis, elle prit conscience qu'il s'était, d'une manière tordue que seul lui pouvait inventer, excusé. L'homme en face d'elle, de l'autre côté de la table, laissait son esprit abasourdi.
« As-tu fini ? » demanda-t-il calmement en regardant son gâteau à moitié entamé.
« Oui. » dit-elle doucement.
Draco fit signe au serveur pour qu'il apporte l'addition. Quand il la vit, il faillit tomber de sa chaise.
OOO
« 1200 livres ?! » lui cria-t-il dès qu'ils passèrent la porte. « Quel genre de vin as-tu acheté ? » Dire qu'il était furieux était un euphémisme. Sa tête palpitait si durement à cause de la rage que les bords de sa vision commençaient à s'obscurcir.
« Seulement le meilleur. » dit-elle en feignant un air de confusion. « Essaies-en un peu, c'est plutôt bon. »
« Il y a intérêt à ce que ce soit le meilleur foutu vin du monde. » marmonna-t-il. Ils marchèrent dans un silence glacé à travers puis hors du village, vers l'océan, là où ils avaient transplané.
Ils arrivèrent juste à temps pour voir le soleil disparaître à l'horizon. Hermione eut le souffle coupé. « Oh, c'est magnifique. » dit-elle. Le ciel était peint avec des couleurs vives – des roses, des violets, des bleus, des oranges – et le soleil envoyait des rayons de lumière à travers les nuages.
Hermione s'assit dans le sable pour regarder les couleurs et les nuages changer – Draco grimaça alors que l'onéreuse robe qu'il avait acheté pour elle était froissée et salie par son action. Il dut se rappeler qu'il l'avait acheté pour elle et que si elle voulait la bousiller, c'était son droit. Mais une veine dans son cou tressaillait toujours légèrement tandis qu'il la regardait.
« Vraiment, qui étaient-ils ? » lui parvint sa toute petite voix, à peine audible par dessus le rythme constant des vagues.
Draco ouvrit la bouteille de vin qu'il avait pris du restaurant et s'assit à ses cotés, bien plus près qu'il ne l'avait jamais été de manière non-menaçante. Hermione lui jeta un regard suspicieux mais il ne fit que boire de grandes gorgées directement de la bouteille. Puis il prit d'autres gorgées et puis encore quelques unes. Peut-être pouvait-il effacer toutes les mauvaises actions qu'il avait jamais faites.
« Des gens pour qui j'ai de l'affection. »
« Tu peux avoir de l'affection pour quelqu'un ? » demanda-t-elle, ce qu'elle regretta immédiatement après l'avoir fait.
Il soupira en regardant l'eau. « Granger, ça devient vraiment vieux. Je suis un être humain, bien que cela ne semble pas être le cas la plupart du temps. » Une autre lampée et la bouteille était à présent presque à moitié vide – ou était-ce à moitié pleine ? « Oui, je peux avoir de l'affection pour quelqu'un. Je peux même peut-être aimer... » sa voix diminuait alors qu'il fixait, sans voir, les vastes étendues devant lui des étendues d'eau et d'air. Deux choses nécessaires à la vie. Qu'était-ce la vie de toute façon ? Était-il en train de vivre ? Était-il en train de s'y noyer ? Il fit une rapide liste de toutes les personnes qu'il avait jamais aimé dans sa vie. Il y avait deux noms dessus, et ils appartenaient au couple qu'il avait vu dans la soirée.
« Bien que ce ne soit pas quelque chose à quoi je suis bon ou avec qui j'ai eu une quelconque expérience. Ou même que je ne veuille expérimenter, vraiment, en vérité, il y a différents liens d'amour et je peux ressentir au moins l'un d'entre eux. Mais cet autre lien, je suis certain qu'il m'est impossible de le ressentir. » Il prit une autre gorgé de vin et regarda à travers le trou de la bouteille. « Je vais être bourré. » dit-il en renversant encore la bouteille. Mais aucun liquide ne fit chemin jusqu'à sa bouche et il ouvrit les yeux pour constater qu'il ne tenait à présent plus la bouteille.
Elle était dans les mains d'Hermione. « Non. » dit-elle, comme si c'était tout ce qu'il fallait pour le convaincre que son idée était la meilleure. Il la regarda éméché et avec horreur alors qu'elle versait le reste de la bouteille dans l'océan.
« Hé ! » cria-t-il à moitié. « J'ai payé 1200 livres pour ça ! »
« Oh, eh bien » dit-elle « Boire pourrit ton cerveau. Et ralentit tes réflexes. Et te fait grossir. »
« C'est pas vrai. » protesta-t-il alors qu'elle lui tendait la bouteille vide. Il regarda à l'intérieur une nouvelle fois : tout avait vraiment disparu. Draco pouvait sentir cette sensation broussailleuse et engourdie qui vient lorsqu'on boit trop, et il décida que ça devait vraiment pourrir le cerveau. « Oh, Granger, tu n'es pas amusante. »
« Si c'est ça ce que tu appelles amusant, alors je ne le suis pas, désolée. Est-ce qu'on peut, s'il te plaît, y aller maintenant ? »
« D'accord. » dit-il en essayant de se lever. Il avait, effectivement, consommé plus de la moitié de la bouteille en l'espace de cinq minutes. Se lever n'allait plus venir naturellement. Il trébucha un peu et marcha vers elle, puis tomba à genoux quand une vague de – quelque chose – le frappa. « Maman » marmonna-t-il.
Hermione leva les yeux au ciel et l'aida à se lever. Puis elle lia leur bras et les fit tous deux transplaner en Angleterre.
Quand le familier étourdissement s'arrêta, ils se trouvèrent être debout devant la porte d'entrée de la maison de Malfoy. Draco était incapable de discerner qu'ils avaient, en fait, arrêté de tourner. « Waouh. » dit-il en essayant de se stabiliser avec l'embrasure de la porte. Il fit une note mentale que boire, être bourré, ou essayer d'être bourré ne faisait pas bon ménage avec le transplanage.
Hermione força Draco à entrer dans la maison. Harry était dans le salon. « Malfoy est bourré. » dit-elle.
« J'le suis pas. » cria-t-il en arrachant son bras de sa prise et puis trébucha rapidement contre le mur. « Oups. Je rectifie. Ça n'arrivera plus. »
« Draco, il est seulement deux heures de l'après-midi. Vraiment, tu as un problème. » taquina Harry.
« Je n'en ai pas. » pleurnicha-t-il. « J'ai seulement bu - »
« La moitié de la bouteille ! » dit Hermione.
« C'était vraiment bon ! »
Draco trébucha en allant dans la cuisine et fouilla dans les placards. Harry et Hermione l'entendirent crier. « Ah-hah ! »
« Alors, comment c'était la Nouvelle-Zélande ? » lui demanda Harry.
« Magnifique. Le voyage ? Horrible. »
« Pourquoi ? »
« Lui. »
Draco retourna dans le salon, pas encore tout à fait sobre. « Hermione m'a fait dépenser 1200 livres parce qu'elle est une coléreuse et rancunière personne. Tout le monde dans le restaurant a eu du vin et un dessert de ma courtoisie. »
« Aïe. » dit Harry en souriant à Hermione. « Alors, comment était le rendez-vous ? » demanda-t-il en jetant un regard à Draco.
« Bien. C'était bien. Tout va bien. »
« Charmant. » dit Hermione impatiemment. « J'y vais alors. »
Draco se retourna pour lui faire face. « Ton rendez-vous galant n'est pas avant 18h ! » dit-il en accentuant le mot galant.
« Je vais m'arrêter au travail d'abord. » dit-elle en lui jetant un sourire aveuglant.
« Je t'ai donné une journée de repos ! » dit-il, la colère revenant dans sa voix.
« Pour faire ce que je voulais. Puisque la première partie ne l'était pas du tout, je vais m'assurer que le reste de la journée sera agréable. » Elle lui fit un sourire narquois à demi-satisfait et partit par la porte d'entrée. Quelques secondes plus tard, ils entendirent le son caractéristique du transplanage.
Draco s'écrasa sur le canapé en soupirant lourdement, se sentant comme s'il avait passé la journée à combattre des Mangemorts ou des legilimens confirmés.
« Comment étaient-ils ? » demanda Harry.
« Ils étaient merveilleux. Hermione et moi nous sommes battus, comme d'habitude. »
« Ont-ils entendu ? »
« Bien sûr. Je me suis excusé mais je me sens toujours mal d'avoir fait ça devant eux. »
« Je suis sûr qu'ils ont compris. » dit Harry.
« Ils avaient l'air de comprendre. »
Silence.
« Tu comptes toujours attendre ? »
« Bien sûr. Tu le sais. »
Harry soupira et se leva. « Oui, je sais que c'est ton plan. Tu veux faire un duel ? »
Draco leva son regard vers le brun. « Pourquoi personne ne veut d'un jour de repos ? » Harry ne dit rien, il se contenta des sourire. « Oui, d'accord. Allons-y. » Il se leva et suivit Harry dehors.
J'espère que ça vous a plu ! :) N'hésitez pas à me dire si c'est le cas, ou pas d'ailleurs !
