JASPER/BELLA
ALL HUMAN/OOC
Voici le chapitre 9 de Valerie/Somebody that I used to know. J'espère qu'il vous plaira !
Le chapitre suivant est déjà écrit et le 11 est bien parti.
Bonne lecture ...
Dans le chapitre 8 ...
Jasper rend visite à Edward et tombe sur une sacrée surprise ...
Il frappa donc à la porte et attendit patiemment que le roux parvienne à émerger pour lui ouvrir. Malheureusement pour lui, son pote n'était pas un lève-tôt et il allait bougonner. Quelle ne fut pas sa surprise quand la porte s'ouvrit sur Bella, dans une chemise d'Edward et rien que ça, un léger sourire aux lèvres. Sourire qui se fâna légèrement quand elle l'aperçut.
- Jasper?
- Je … euh. Salut Bella.
- Tu cherches Edward, je présume ?
Malheureusement, le manque se fait ressentir ...
Il baissa les yeux un moment sur ses mots, croisées sur le bar, qui tremblaient toujours autant. Pourvu qu'Edward se grouille !
- Tu vas bien? Tu es tout pâle !
Elle avait stoppé de cuisiner pour le regarder, concernée et il secoua la tête:
- Je vais bien, j'ai juste peu dormi.
- Jasper, tu trembles. Est-ce que tu veux quelque chose à boire?
Et les choses ... avancent ...
Il voulait la rassurer et qu'elle le laisse en paix. Même si ses petites mains sur son corps glacé lui faisaient étrangement du bien. En fait, justement, c'était ça qui le dérangeait. Ces petites mains sur lui. Mais elle ne comprenait évidemment pas et, toute petite qu'elle était, se glissa entre lui et le bar, posant désormais ses mains de chaque côté de son visage pour le lui relever.
Quand ses yeux rencontrèrent les siens, si intensément chocolats, il se statufia. Il était comme prisonnier de son regard si expressif et si hanté. Elle s'inquiétait pour lui. Vraiment. Et soudain, il prit conscience de son petit corps tout près du sien, entre ses jambes. Il sentit ses petits doigts brûlants commencer à glisser sur ses joues froides. Il remarqua la brillance de ses lèvres, son petit nez qu'elle fronçait quand elle était vexée ou inquiète et ses sourcils arqués par les questions qu'elle se posait. Il était retenu contre son gré, alors que d'un simple geste, il pourrait se défaire de son emprise. Si seulement son regard n'était pas si concerné … Et pourquoi cela le touchait-il autant ? Après tout, elle n'était pas la première à s'inquiéter pour lui. Mais il y avait quelque chose qui lui remuait les sangs. Quelque chose qu'il ne pouvait s'expliquer.
- Calme-toi, Jasper. Respire. Ca va aller.
Heureusement (ou pas) les pancakes les rappelle à l'ordre et Edward fait son apparition ...
- Hey, Hale ! Toi, de si bon matin chez moi ? Que me vaut l'honneur ?
Il détacha son regard de la petite brune qui évitait obstinément de poser les yeux sur lui, feignant d'être extrêmement occupée, et le posa sur son ami qui arrivait, en jeans et uniquement en jeans, les cheveux toujours mouillés de sa douche. Ils se serrèrent la main avant qu'Edward ne regoigne Bella de l'autre côté du comptoir et la prenne dans ses bras pour l'embrasser tendrement. Il détourna les yeux pour ne pas s'immiscer dans ce moment d'intimité mais Bella s'écarta rapidement, toussotant et Edward éclata de rire.
- Ne t'inquiète pas, ma puce, après tous les spectacles d'Alice et lui batifolant à quelques mètres de moi, il peut bien attendre 2 minutes que je dise bonjour à ma copine !
Edward lui fournit ce qu'il était venu chercher et il va prendre sa dose sur la plage où une hallucination criante de vérité le happe ...
- Tais-toi, Val, viens te coucher avec moi …
Il se saisit de ses petits poignets et la coucha d'autorité contre lui. Elle remua, ses longs cheveux lui chatouillant le cou.
- Arrête, Jasper. Je ne suis pas Valerie … Tu planes ou quoi ?
(...)
- Pourquoi tu ne restes pas avec moi ?
Il rouvrit les yeux sous le choc et riva son regard dans celui, brun doré, de sa Valerie. Il cligna plusieurs fois pour être sûr de ne pas se tromper mais c'était bien sa femme qui se trouvait dans ses bras.
- Val ?
- De qui rêvais-tu ?
(...)
- Tu tenais une autre que moi dans tes bras. Tu étais prêt à donner ton coeur à cette fille, Jasper …
- Quoi ? Non! Jamais !
- Elle te fait du bien …
- Elle …
- Et tu lui souris comme tu me souriais !
- Non ! Jamais, Val, il n'y aura jamais que toi !
Il finit par rejoindre l'appart où Emmett l'attend et ils se décident à rejoindre les autres sur la plage.
Jasper plâne toujours et Bella sera là ... Qu'en sera-t-il d'eux désormais, après ce moment dans la cuisine d'Edward ? Découvrez le dans le prochain chapitre ...
Chapitre 9:
Emmett se gara au parking du centre ville de Rincón et Jasper sauta de la voiture toujours en marche, excité comme jamais. Il savait parfaitement qu'il s'agissait de l'effet de la drogue mais il ne s'en formalisait pas. Son beau-frère, par contre, quoique réjoui à l'idée de le voir de si bonne humeur, l'engueula pour avoir mis les pieds sur ses sièges en cuir blanc.
- Respect, mon vieux, respect ! Est-ce que je mets les pieds sur ton canapé moi ?
Jasper réajusta ses lunettes de soleil sur son nez et haussa les épaules, un grand sourire vissé au visage:
- Tu pourrais, j'm'en fous !
- Et bien tout le monde n'est pas un "je m'en foutiste" doublé d'un gamin, vois-tu !
- J'en reviens pas que t'en viennes à me dire ça, Emmett Mc Carthy !
L'autre récupéra son sourire et sortit à son tour, attrapant son sac et verrouillant les portes.
- On les rejoint où, tes amis ?
- Juste en face du Roma Beach …
- Ils savent choisir leurs endroits …
- Edward ne risquerait pas de se laisser déshydrater, c'est un fait.
Quand ils arrivèrent auprès des autres, le groupe presqu'au complet était réuni. Il manquait seulement Alice et Carmen, une de ses proches amies. Comme toujours à cet endroit de la plage, de la musique résonnait du Roma Beach, le bar de plage, et les filles, bien éméchées, dansaient déjà dans le sable. Quand ils furent à quelques pas, Jasper avisa Edward, Bella entre les jambes, en train de chantonner. Le roux les remarqua et lâcha à la cantonade:
- Mesdemoiselles, restez calmes … le grand Jasper Hale est là !
Le brun éclata de rire avant de saluer le groupe d'un grand geste, ne prenant même pas la peine de faire le tour. De toute façon, il avait oublié le prénom de la plupart d'entre eux. Emmett se posa près d'Edward, qu'il connaissait mieux que les autres, et adressa à Jasper un regard de reproche. Etonné, le brun finit par comprendre qu'il venait de remarquer Edward et Bella en tant que couple et qu'il se sentait trahi. Jasper haussa les épaules, toujours souriant et s'installa à ses côtés, sentant peser sur lui quelques regards.
- J'ai cru que tu ne viendrais pas! remarqua Edward pendant qu'il se posait sur sa serviette de plage.
- J'ai cru que je n'avais pas le choix.
- Tu n'avais pas le choix.
- Me voilà donc.
Il croisa le regard de Bella qui le détaillait longuement et son hallucination lui revint, vive et précise. Il ferma les yeux pour se donner une contenance puis détourna son attention vers la mer.
- On se baigne ou on boit ? demanda Emmett, retrouvant sa bonne humeur.
- Je propose qu'on se désaltère en priorité ! dit gaiement Edward en se levant déjà. Tu me suis, Jazz'?
Celui-ci se releva rapidement et prit la commande d'Emmett avant de suivre son pote jusqu'au petit bar. Edward était souriant à souhait, heureux comme jamais. Bella avait réellement une super influence sur lui. Et comme Jasper était de bonne humeur, il choisit de le taquiner:
- Arrête de sourire comme ça, on va te prendre pour un vilain drogué.
- T'as vu ta tête aujourd'hui ?
- Je ne me suis pas spécialement regardé. Mais on m'a toujours dit que j'avais un beau sourire.
- J'imagine donc que tu as trouvé mes petits cadeaux.
- J'étais un peu déçu de prime abord mais au final, je garde le tout.
- D'ailleurs, à ce propos, tu pourrais les conserver un moment chez toi ?
Jasper passa la commande puis dirigea son regard vers lui, curieux:
- Ta petite amie ne serait-elle pas au courant de tes activités illicites?
- Pas le moins du monde et je souhaiterais que ça reste comme cela.
- Cullen, t'es bien conscient que si tu comptes rester avec elle, tu devras soit arrêter, soit lui dire, pas vrai?
- Oh là, Jasper Hale devient la voix de la sagesse? Que se passe-t-il, ce sont mes petits champis qui te mettent du plomb dans la tête? rigola Edward en se saisissant de la bière que la jolie serveuse venait de poser devant lui.
Jasper attrapa à son tour sa Cruzcampo(1) et but une gorgée en s'asseyant sur un des tabourets.
- Je ne sais pas, c'est toi qui disais vouloir être sérieux.
- Et je le veux toujours.
- Donc, j'ai raison.
- Le souci c'est que je ne sais pas si la demoiselle a tant envie d'une relation sérieuse que ça.
Le brun ôta ses lunettes et regarda son ami, perplexe:
- Elle ne me semble pourtant pas être une fille qui couche avec le premier venu.
- Elle ne l'est pas.
- Et pourtant, elle s'est donnée à toi. Je pense donc que niveau sérieux, tu ne peux pas te plaindre.
- Là est tout le dilemme, en fait. Parce qu'elle ne s'est pas donnée à moi.
- Hey, arrête ton char Ben-hur ! Je l'ai trouvée chez toi dans ta chemise à 9 heures du matin. Je pense que la scène parle d'elle-même.
- Et elle a dormi dans mon lit, seule, pendant que je ronflais sur le canapé.
- Ouch, elle est dure.
- Tu n'as pas idée. Et au delà de ça, je ne pense pas qu'elle soit réellement emballée par notre histoire.
- Te voilà bien défaitiste.
- Je ne suis pas Don Quijote, moi. Je ne me bats pas contre du vent.
- Je pense que le pauvre bougre se battait contre des moulins.
- La métaphore est pourtant exacte. Je ne sens pas cette histoire.
Jasper détourna l'attention une minute pour regarder passer Heidi qui se rendait aux toilettes. Elle lui envoya un baiser volant, profitant certainement qu'Alice ne se trouve pas dans les parages. Elle traînait depuis un moment avec eux et n'avait jamais caché ses intentions de mettre Jasper dans son lit. Il lui fit un clin d'oeil, pas franchement contre l'idée de passer un moment en son agréable compagnie. Edward lui tapa l'épaule en grommelant:
- Dis donc, Sancho Panza, tu pourrais m'écouter, fidèle écuyer.
- Mais je t'écoute, mon vieux, je t'écoute ! fit-il en suivant le petit balancement des hanches de Heidi jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans les toilettes.
- Heureusement que t'as une bonne oreille.
- Ouais … fit-il en s'arrachant à la contemplation de la porte refermée.
Il vit qu'Edward était franchement touché par cela et décida d'agir en vrai ami, même si son humeur était plutôt à la fête.
- Peut-être a-t-elle besoin de plus de temps pour vraiment accrocher. Le coup de foudre, tu sais, c'est comme les licornes, c'est un mythe.
- Je ne pense pas non …
- Allez, Cullen, qu'est-ce que ce pessimisme ? Aucune femme ne te résiste, c'est pas nouveau.
- Les seules qui me résistent le font pour une bonne raison.
- Et qui est ? Elles n'aiment pas les roux ?
- Elles craquent pour mon écuyer … fit son ami en rivant son regard, mortellement sérieux, dans le sien.
Jasper arrêta de sourire directement et déglutit, un peu douché par la révélation d'Edward. Le temps du choc passé, il éclata de rire, cherchant par là à se rendre une contenance:
- Elle est bien bonne celle-là.
- Jazz' …
- Tu viendrais me dire que ta copine craque pour … moi ?
- Eh bien oui.
- Mon dieu, t'as pris quoi ce matin ?
- De la révélation en poudre, tu devrais essayer, ça ne te ferait pas de tort.
- Edward, je ne sais pas très bien quoi te dire là …
- Ne dis rien, je le savais. J'ai passé mon temps à te demander si tu voulais que je reste en retrait mais je me suis trompé de cible. C'est à elle que j'aurais du le demander.
- Ecoute, je ne peux que te répéter que …
- Oui je sais. Elle ne t'intéresse pas.
- Et je ne l'intéresse pas. Je pense que tu craques tellement pour elle que tu préfères partir perdant que de risquer de souffrir ensuite.
- Bon Dieu, arrête la drogue, ça te rend psychologue !
Jasper éclata de rire et sauta de son tabouret, embarquant un maximum de verres pour les autres.
- Franchement, tu veux mon avis ? La vie est trop courte pour se la pourrir avec des hésitations. Profite du moment présent mon vieux. Et si elle te file entre les doigts, n'oublie pas que tu as une file d'attente de deux kilomètres qui t'attend à la porte !
Edward secoua la tête devant son entrain et se saisit du reste du chargement, visiblement décidé à écouter ses conseils.
Revenant sur la plage, ils dispatchèrent les consommations et plaisantèrent avec le groupe. Jasper vit Edward se rasseoir à côté de sa petite copine et déposer un doux baiser sur son épaule. Celle-ci lui fit un petit sourire qui n'atteignit pas ses yeux puis elle tourna son attention vers le brun, certainement consciente de son regard sur elle. Et soudain, ses lèvres s'étendirent vraiment, dans un beau et grand sourire sincère qui laissa Jasper pantois.
Et si Edward avait raison ?
Ce sourire là ne mentait pas. Pas plus que celui qu'elle avait offert à son petit ami. Pourtant, un peu plus tôt, quand ils avaient partagé ce moment dans la cuisine d'Edward, elle l'avait presque supplié de ne rien dire à son ami, parce qu'il était génial et que les choses se passaient bien entre eux. Tout cela devenait fort compliqué et Jasper fuyait la complication. Il voulait la paix. Et surtout ne pas se mettre son ami à dos. Aussi, il décida de l'ignorer alors qu'Heidi revenait et posait sa main sur son épaule, lui offrant à son tour un sourire ravageur.
- Alors, mon tout beau, vas-tu tomber le t-shirt?
Il lui tendit la piña colada qu'elle avait commandée et lui sourit en retour:
- Demandé aussi gentiment, vos désirs sont des ordres, ma dame.
Elle ôta sa main pour le regarder enlever son dessus, sans la moindre gêne. Les filles s'arrêtèrent de parler pour profiter du spectacle pendant qu'Edward siffla. Quel imbécile! Bella, quant à elle, restait les yeux rivés sur ses deux tatouages qu'il venait à nouveau de découvrir. Dès que son torse fut nu et son t-shirt posé, Heidi remit sa main et entreprit de caresser son épaule.
- Toujours aussi craquant. Où est donc ta régulière?
- J'ai pas de régulière.
Bella, qui parlait avec Emmett, redressa la tête vers lui sans chercher à cacher qu'elle écoutait et Heidi éclata d'un rire qu'elle voulait séducteur tout en baissant la main sur son torse.
- Intéressante information.
- Espérons qu'elle serve.
Il avait dit ça en regardant la petite brune et se demanda aussitôt ce qui lui avait pris. Elle se mordilla la lèvre et détourna le regard en rougissant, écoutant les inepties qu'Emmett semblait débiter.
- Tu viens te rafraîchir ? fit Heidi en lui tendant la main, mettant ainsi fin à sa contemplation.
Il allait accepter quand Victoria, sortie de nulle part, apparut avec un grand sourire:
- Pas de régulière, mon beau Jasper? J'en suis pour la baignade !
La jolie Heidi sembla se décomposer, triste d'être à nouveau en compétition avec une autre mais ne baissa pas sa main. Il s'en saisit, prêt à tout pour s'amuser. Victoria bouda un peu, surtout quand il se saisit de la jolie femme brune et la jeta sur son épaule. Elle se mit à hurler et tambouriner des pieds et des mains contre son dos et son torse tout en riant. Quand il arriva à l'eau, il s'y jeta avec elle, mort de rire. La rousse les rejoignit rapidement, suivie de près par une grande partie du groupe. Un des mecs, Ricardo, lança la radio portable qu'il avait emmenée avec lui et ils commencèrent à vraiment faire la fête.
Restés seuls sur la plage, il vit Bella la tête reposant sur les genoux d'Edward, regardant dans leur direction. Tout en continuant de jeter les filles à l'eau, il se demanda si, par un simple toucher, elle parvenait à apaiser son ami comme elle l'avait apaisé lui un peu plus tôt. Comment se faisait-il que cette fille sans prétention, qui ne payait pas de mine, parvienne à avoir ce drôle d'effet sur lui?
Après une demi-heure de jeu à l'eau, il se sépara du groupe et revint sur la plage. Il but une gorgée de sa bière devenue chaude et se laissa tomber sur sa serviette, laissant les deux tourtereaux à leur conversation en murmures. Il remit ses lunettes de soleil et s'allumait une cigarette quand Edward se leva d'un bond.
- Je vais me rafraîchir. Tu viens ma belle ?
- Je … non, je vais rester là.
Un coup d'oeil à son ami lui apprit que celui-ci prenait moyennement bien la nouvelle de la laisser là avec lui mais il était trop tard pour faire marche arrière. Jasper essaya de lui venir en aide:
- T'es sûre, Bella ? Le soleil tape fort, tu devrais te mouiller un peu.
- Non, je préfère rester là.
Il nota qu'une fois de plus, elle n'avait pas quitté son t-shirt, comme si elle était gênée de son corps. Pourtant, à moins d'être enceinte ou complètement déformée au niveau du ventre, il ne voyait pas ce qu'elle voulait cacher. Edward haussa les épaules, se pencha pour déposer un baiser léger sur les lèvres de la petite brune puis lança un regard éloquent à Jasper avant de tourner les talons pour rejoindre la mer. Jasper était convaincu qu'il se disait "plus vite parti, plus vite revenu" à l'instant même. Essayant de n'engager aucune conversation avec Bella, il se contenta de fumer sa cigarette, un bras derrière la tête, regardant le ciel bleu au dessus de lui.
- Tu devrais mettre de la crème. Tu as beau être d'ici, tu risques un beau coup de soleil.
- Beurk, pas question. Je vais être tout poisseux après.
- Et si ce soir tu es rouge comme un crabe, tu t'en voudras de ne pas m'avoir écoutée.
- Serait-ce une proposition détournée pour me passer de la crème ?
Il ne put s'empêcher de relever la tête pour regarder sa réaction et il ne fut pas déçu. Loin de se comporter comme la petite fille timide qu'elle était, elle haussa les épaules en secouant la tête, comme s'il la consternait et lâcha, amusée:
- Tu sais, j'ai passé l'âge d'avoir les hormones en furie parce que je passe de la crème sur le corps d'un mec. Et puis franchement, si c'est poisseux pour toi, ça l'est pour mes mains aussi. Si tu veux être tartiné, je suis sûre que la liste des prétendantes est longue.
Il éclata de rire, rapidement suivi par elle. C'était ainsi qu'il voulait de son amitié, pas de la façon un peu glauque dont Edward la lui décrivait. Déjà, elle reprenait, légère:
- Quand tu disais affoler les foules, et malgré ta petite performance d'hier soir, j'avais encore des doutes. Mais toutes les jeunes filles ici ne faisaient que piaffer d'impatience avant que tu n'arrives.
- Donc tu doutais de mon charme fou?
Il savait s'engager sur la mauvaise pente mais cette fille était un vrai mystère pour lui. Et il voulait qu'elle lui confirme qu'elle n'en avait rien à faire de lui, qu'il ne l'attirait pas. Après tout, jamais elle n'avait minaudé pour obtenir son attention.
- Tu sais, un mec avec une pancarte "Dégagez je suis un associal", généralement, ça n'est pas très charmant.
- Je t'ai déjà dit que la pancarte …
Mais elle l'interrompit, jouant avec une petite branche de bois dans le sable:
- Et ça, c'est sans compter le côté violent et drogué. Donc je dirais que la réponse à ta question est non, je ne remarque pas ton "charme fou" comme tu dis.
Il se retourna pour se retrouver sur le ventre et ainsi la voir, puisque sa serviette se trouvait derrière la sienne. Relevé sur ses coudes, il la vit chipoter avec son morceau de bois sans le regarder.
- Tu es plutôt dure, pas vrai ?
- Disons que j'ai vécu des choses qui font que les crétins qui se donnent un genre, je sais les reconnaître.
Il baissa les yeux, grimaçant sous le coup porté. Mais elle continua d'une voix plus douce:
- Et malgré tous tes barbelés, tes "Défense d'entrer", tes coups fumeux, je ne pense pas que tu sois un crétin arrogant.
- Je ne suis pas un crétin arrogant? demanda-t-il avec un sourire dans la voix.
Elle releva les yeux et les riva dans les siens, lui offrant un minuscule sourire tout en continuant à jouer avec son bâton dans le sable, et murmura:
- Tu n'es pas un crétin arrogant.
Ils se détaillèrent du regard un long moment, se souriant mutuellement, à nouveau pris au piège d'une espèce de bulle qui leur était propre.
- Heyyy, Jazz, tu viens me couler mon beau ?
Il s'arracha au regard de Bella pour voir Heidi, au bord de l'eau, lui faire de grands signes. Il lui sourit et cria:
- J'arrive de suite.
Quand il reporta son attention vers Bella, elle regardait la mer avec une pointe de nostalgie qu'il ne comprit pas. Avant qu'il ne puisse parler, elle souligna:
- Ca doit être génial d'être totalement désinhibée.
- Qu'entends-tu par là ?
- Eh bien, elle n'a peur de rien, et certainement pas du contact alors …
Il comprit instantanément où elle voulait en venir. Elle ne pourrait jamais se laisser happer ainsi par quelqu'un pour se faire jeter à l'eau de force. Elle se paralyserait de peur. Ses yeux chocolats ne quittaient pas l'eau et il eut de la peine pour elle.
- Et si Edward t'embarquait ?
- C'est pareil pour Edward comme ça l'est pour les autres.
- Pourtant, vous …
- Non, Jasper. Pas du tout. C'est parce qu'Edward est quelqu'un de très patient et de très compréhensif que je parviens à le laisser m'approcher.
- Je sais que je ne devrais pas te poser la question mais que s'est-il passé pour …
- S'il te plaît, ne me demande pas ça …
Elle avait baissé les yeux et semblait vraiment touchée. Il aurait voulu faire un geste vers elle mais la conversation avec Edward résonnait toujours dans sa tête et, de plus, elle ne le voudrait certainement pas. Bien qu'un peu plus tôt, elle lui avait semblé, elle aussi, plutôt désinhibée à son contact.
- Et puis il y a toi … murmura-t-elle, en écho de ses pensées.
- Moi ?
- Je crève de peur de te voir t'énerver, perdre tes moyens à nouveau.
Il comprit que son attitude pouvait l'effrayer. Bien sûr, pour une fille qui avait peur du contact, un mec comme lui était un danger potentiel. Incontrôlable, violent, dangereux …
- J'ai peur, tu me sembles être une perpétuelle bombe à retardement, prête à exploser.
- C'est exactement ce que je suis, Bella.
- Je sais.
Elle secoua la tête, comme si elle répondait elle-même à une de ses pensées et il voulut la connaître.
- Quoi ?
- Rien.
- Tu pensais à quelque chose. Dis-moi.
- Je me demandais pourquoi je te fais confiance.
Il déglutit, douché par sa facilité à lui dire une chose pareille avec tant de simplicité. C'était tout ce qui faisait ce qu'elle était, en fait. Simplicité et franchise. Peut-être était-ce pour cela qu'il n'avait aucun mal à la laisser s'approcher. Elle ne surjouait pas, n'avait rien à offrir, ne représentait aucun danger. Ou peut-être simplement l'appréciait-il, pour cela justement. Il décida de forcer cette confiance qu'elle plaçait en lui, se releva et lui tendit la main, avec un sourire qu'il voulut chaleureux:
- Tu m'accompagnes à l'eau?
- Je pense que ton fan-club est déjà bien complet.
- Je ne te parle pas de mon fan-club.
- Allez, va rejoindre cette jolie jeune fille qui n'attend que toi et laisse-moi, je peux rester seule et, qui plus est, quelqu'un doit bien garder les sacs.
- Il n'y a pas de voleur en Espagne. Surtout pas ici avec la réputation de la bande. Viens, Bella …
- Non, je préfère rester ici. Va t'amuser, t'inquiète pas pour moi.
- Et si j'ai envie que tu m'accompagnes ?
- Où est donc ta pancarte ?
- Elle semble avoir des dysfonctionnements avec certaines personnes.
Elle arqua un sourcil, amusée, mais toujours sans esquisser le moindre geste pour le suivre.
- Certaines personnes ?
- Toi, principalement. Visiblement, tu brouilles son rayon d'action.
- Dire tout ça pour que je t'accompagne dans l'eau, ce n'est pas un peu disproportionné ?
- Pas si le jeu en vaut la chandelle.
Elle riva son regard dans le sien et attendit. Comme si elle le mettait à l'épreuve. Et il comprit. Pourvu que le message qu'elle tentait de lui faire passer était bien celui qu'il pensait capter. Il se baissa, l'attrapa par le poignet et la releva contre lui. Leurs yeux se rencontrèrent et il la vit se figer un moment avant de se laisser aller contre lui.
- Puisque tu ne me laisses pas le choix …
D'un mouvement d'épaule, il la hissa par dessus celle-ci. Elle ne pesait rien. Elle rit et se débattit alors qu'il courrait vers la mer, heureux d'être cette personne de confiance qui lui ferait passer un bon après-midi.
Un peu plus tard, ils étaient en train de se partager quelques pizzas qu'ils étaient allés chercher à la Pizzeria Romano sur la digue. Ils venaient de bien se dépenser dans l'eau et reprenaient des forces. Bella était lovée contre Edward, qu'elle avait rejoint dès son entrée dans la mer et le roux semblait apaisé. Tant mieux.
- Bella, et si tu enlevais ton t-shirt? Tu risques de bronzer avec les marques ! remarqua Heidi, enfournant un morceau de pizza, installée sur la serviette de Jasper.
- Non, je ne bronze pas donc pas de souci.
- Tu sais, vu comme tu es maigre, je pense que tu n'as rien à cacher.
- Mais je ne me cache pas! répliqua Bella, glaciale, finissant son morceau et buvant un coup de la bière d'Edward qui traînait à ses pieds.
- Alors pourquoi es-tu fichue de cet affreux t-shirt ?
- Je te demande, moi, pourquoi tu t'es faite refaire les seins ?
Jasper éclata de rire devant l'effronterie de la petite brune qui semblait apprécier moyennement l'attention qu'on lui portait. Victoria voulut venir à son secours, de façon fort malvenue.
- Elle ne veut juste pas qu'on voit sa cicatrice !
- Vic' ! gronda Bella, vexée que la rousse lâche ses raisons sans remords.
- T'as une cicatrice ? De quoi ? C'est si moche ? renchérit Heidi, trop heureuse de trouver un défaut à la petite brune qu'elle avait qualifié, un peu plus tôt dans l'eau, de véritable petite poupée avec sa peau couleur porcelaine et ses traits fins.
- C'est une cicatrice en forme de lune. En fait, je l'ai depuis que je suis devenue une loup-garou, le jour de mes 16 ans. Elle n'est pas moche mais je dois la cacher pour ne pas qu'on sache ce que je suis.
La plantureuse brune la regardait bouche bée pendant que Jasper sentit ses épaules se secouer de soubresauts sous le fou rire qui le prit. C'était vraiment la réponse du berger à la bergère et il adorait ça. Quand elle reprit ses esprits, Heidi demanda:
- Tu te moques de moi ?
- Je réponds à tes questions et tu m'accuses de me foutre de toi ! Où va le monde ?
L'air faussement vexé de Bella finit de l'amuser et il éclata de rire, bientôt suivi par les autres. Heidi lui adressa un regard noir et détourna la conversation pour ne plus être un sujet de moquerie.
- Que fait-on ce soir ?
Toutes les têtes se tournèrent vers Edward qui était un peu le modérateur du groupe.
- Eh bien, le Bariloche est fermé donc je pense qu'on pourrait peut-être en profiter pour faire la fête.
Il darda un regard interrogatif sur Jasper pour lui demander son approbation. Le brun, toujours sous l'emprise des drogues, ne trouva rien à y redire. Il renchérit même:
- On pourrait retourner à cette boîte, sur la colline. Comment c'était encore?
- La Tentación ?
- Ouais, c'est ça.
- C'est quoi cette boîte ? demanda Victoria, visiblement très intéressée.
- Une discothèque sympa. Sur la colline, en plein air. C'est génial ! répondit Edward, ravi de l'idée.
- Ohhh ouiii ! Je veux essayer ! On y va Bella ? Dis oui, dis oui, dis ouiii !
La petite brune posa son regard sur Jasper qui attendait lui aussi sa réponse. Il ne savait pas pourquoi mais il l'attendait, c'était sûr. Elle finit par hocher la tête et hausser les épaules:
- Je suppose qu'on se rallie à la majorité, pas vrai ?
- Mon ange, tu ne vas pas du tout le regretter ! dit Edward avant de glisser sa bouche sur son épaule pour y déposer un baiser.
Bella frissonna, son regard toujours accroché dans celui de Jasper et renchérit:
- J'espère bien.
- Jasperrrr ?
- Que se passe-t-il, Val ?
- Viens voir par là ! Vite !
Il se hâta de se sécher, à peine sorti de la douche et se précipita dans la chambre, pensant qu'elle avait besoin de lui. Ce qui n'était pas le cas puisque qu'elle était couchée lascivement sur le lit, entièrement nue et qu'elle laissait courir une de ses mains sur ses seins. Il venait à peine de la quitter intimement mais il était prêt à recommencer de suite.
- Qu'est-ce qu'il y avait de si urgent qui ne pouvait attendre que je finisse tranquillement ma douche?
Elle lui fit sa petite moue tentatrice et dit, de sa petite voix sensuelle:
- J'ai envie d'aller danser, sortons !
- Val, mon coeur, tu danses toute la journée.
Elle se retourna et lui fit face, maintenant couchée sur le ventre, lui offrant une vue plus qu'imprenable sur ses jolies fesses rebondies.
- Mais aujourd'hui, je veux danser avec mon merveilleux mari.
- Qui ne danse jamais, je te le rappelle.
- Parce que tu ne le veux pas!
- Je n'aime pas ça, Val, tu le sais bien. Et tu danses assez pour deux …
- Allez, appelons Ruth et Roman et allons en boîte !
- Val …
- Je t'en prie mon coeur, viens danser avec moi.
- Pourquoi suis-je incapable de te refuser quoi que ce soit ? demanda-t-il en posant les poings sur le lit, abaissé pour frotter son nez au sien.
Elle sourit, ravie de sa nouvelle victoire et tempéra:
- C'est moi qui devrais vouloir t'en empêcher. Après tout, tu danses comme un Dieu et toutes les filles n'auront, une fois de plus, d'yeux que pour toi.
Il rit doucement avant de poser ses lèvres sur les siennes, se perdant dans son parfum si parfait.
- Heureusement que je suis marié et comblé, alors.
- Viens ici qu'on refasse un round. Je préfère assurer mes arrières ! fit-elle en le tirant à elle sur le lit, pleine d'énergie et de bonne humeur.
Alors qu'il la laissait grimper sur lui, savourant ses courbes gracieuses entre ses doigts, elle murmura:
- Tu ne danses que pour moi, d'accord ?
- Ce que tu voudras, mon ange, tout ce que tu voudras.
FIN DU CHAPITRE 9 !
(1) La Cruzcampo est une marque de bière célèbre en Andalousie
