Comme DailyTill, vous êtes surement nombreux à vous demander combien de chapitres comporte cette histoire, sachez qu'il vous reste encore 12 chapitres à lire avant la fin de cette merveilleuse aventure, y compris celui qui suit. Bonne lecture et à bientôt.


Chapitre 9 : Douleur

Rien, rien dans le monde ne sera jamais comparable.

J'étais à peine consciens des halètements de douleur de Bella alors que je prenais avidement son sang seconde après seconde. Le merveilleux liquide n'avait jamais eu un tel goût. C'était chaud, doux et merveilleux, ambroisé et addictif. Je devenais plus brutal, essayant de le prendre plus rapidement, un gigantesque besoin de sentir son goût alors qu'il traversait ma bouche. Son battement de coeur ralentit. Finalement, je me rendis compte qu'elle était proche du point de non retour, ses litres de sang presque épuisés. Alors avec une certaine répugnance, j'arretais d'avaler et repoussais le venin qui de ma bouche circulait maintenant dans ses veines.

Elle n'avait pas luttИ sous moi alors que je buvais, mais lorsque le venin l'atteignit, elle commenca à se tordre. Je m'assis, mes genoux reposant toujours de chaque côté d'elle alors que la réalisation apparaissait sur son visage puis me levais. La douleur pouvait survenir à tout instant. Je reculais, léchant mes lèvres dans une staisfaction sinistre, savourant les dernières goutes de sang. Je m'étais abstenu de boire du sang humain depuis si longtemps, me rassasiant à la place du sang des autres animaux. J'agissais ainsi depuis presque un siècle. Mais je savais que rien ne serait jamais aussi obsédamment merveilleux que son sang l'avait été. Rien ne le serait plus jamais - que ce soit le sang d'un animal ou d'un autre être humain, aucun ne pourrait jamais être comparé à la saveur de sa vie dans ma bouche.

Cela me dégoûta de savoir que je n'aurais plus jamais la chance de la boire de nouveau.

J'essuyais mon visage avec le dos de ma main, voulant m'assurer que lorsque j'irais vers elle, son sang ne serait plus sur moi. Ensuite je me mis à genoux à côté du lit, la regardant dans les yeux. J'attendis un long moment. Et alors elle hurla.

Le son me brisa presque. La douleur qu'elle ressentait ne ressemblait à rien d'autre. Pas même à la torture de Jane. Je regardais alors qu'elle gardait ses yeux fermés et ses poings serrés, essayant de supporter la douleur. Elle avait trois jours d'agonie à endurer ; et il n'y aurait aucune échappatoir.

Elle commenca à pleurer, comme les hurlements perçants s'atténuaient. Comment réussissait-elle à ne pas hurler sous l'angoisse ? Les larmes coulaient sur ses joues par vague, mouillant ses cheveux à la base de son cou. Elle tremblait toute entière. Elle se mit à trembler plus violemment alors que je m'asseyais à côté d'elle. Je posais ma main sur son front, essayant de la calmer. Mais elle s'arracha à mon contact, me tournant le dos. Elle hurla de nouveau de douleur, sa voix emplissant la chambre avec ses bruits d'agonie. Elle commenca à sangloter fortement, chaque souffle semblant lui déchirer la poitrine. Ses doigts serraient avec force les couvertures.

Je voulais que tout soit fini. Je voulais qu'elle arrête de souffrir, que cesse le supplice misérable qui prenait possession de son corps. Mais ce n'était pas fini. Et ça ne le sera pas avant un moment. Trois jours et cela venait tout juste de commencer.

Je me levais du lit et me dirigeais vers Carlisle. Je restais à côté de lui, tournant le dos à Bella. Je ne pouvais pas la regarder. Je ne pouvais pas la voir comme ça. Entendre ses cris étaient déjà assez difficile à supporter. Savoir qu'elle souffrait et que je ne pouvais rien faire pour la sauver était plus que je ne pouvais accepter.

"Il n'y a rien que nous puissions faire ?" demandais-je à Carlisle. Je me concentrais sur son visage, puis sur celui d'Emmett, tout pour occulter la scène derrière moi. Carlisle secoua la tête.

"Etre simplement avec elle, rester près d'elle. Cela pourrait aider un peu de lui faire prendre une douche froide, mais rien d'autre, non."

J'acquiesçais.

"Tu peux... y aller si tu veux. Je sais que c'est dur à entendre," marmonnais-je.

Nous allons chasser. Je reviendrais vous voir aussitôt que nous seront revenus.

Je laissais Carlisle et Emmett partir. Puis je me tournais et regardais Bella. Son corps était secoué de tremblements. Elle pleurnichait maintenant, de sa voix douce et morne. Je m'approchais d'elle, et cette fois quand je l'ai touchée, elle ne s'est pas éloignée. En fait, elle s'est tournée avec impatience vers mon contact. Je me demandais si la fraicheur de mon contact calmait la combustion de sa peau. Je l'espérais.

"Bella," dis-je doucement. Je n'avais aucune idée de si elle pouvait m'entendre, ou même si les mots avaient un sens pour elle à cet instant. Cela pouvait très bien ressembler à des marmonnements incohérents lorsque je prononçais son nom.

Mais elle ouvrit les yeux et me regarda. La douleur se lisait dans son regard, une souffrance plus prononcée et épouvantable que je pensais moi-même pouvoir supporter. Mais il y avait aussi la reconnaissance. Elle reconnaissait mon visage, savait qui j'étais. Elle ouvrit la bouche pour parler, mais fut seulement récompenser par un autre affreux hurlement.

"Shh," dis-je, essayant de la réconforter. "Ne parle pas. C'est bon, je suis là."

Je touchais son visage à nouveau, mettant mes mains en coupe autour de son visage. La chaleur de sa peau ressemblait au feu maintenant, pas à la chaleur incandescente que j'aimais mais une flamme totalement hors de contrôle. Elle ne lutta pas sous mon contact. Elle serra les dents, respirant lourdement, essayant de retenir ses gémissements de douleur en elle. Je voulais lui dire de hurler autant qu'elle le voulait. Mais je savais que cela me rendrait fou si elle le faisait. Je sentis tout son corps se tendre, puis trembler d'une manière incontrolable pendant presque une minute. Alors elle se relacha, recherchant l'air. Elle avait essayé de retenir son souffle tous ce temps.

Mais alors qu'elle rouvrait les yeux, je pus voir que la misère avait diminué. Elle ouvrit la bouche de nouveau et cette fois murmura.

"Edward," dit-elle faiblement.

"Oui mon amour ?"

"... moi," murmura-t-elle.

"Comment ?" demandais-je.

"Touches... moi... froid... tu es froid," s'etrangla-t-elle. Une autre vague de douleur s'abbatit sur elle et elle serra ses poings de nouveau. Je m'exécutais rapidement. Aussi prudent et doux que possible, je frôlais sa peau déjà douloureuse. Je fis glisser mes mains le long de ses bras, ses épaules tremblantes, son cou, son visage baigné de larme. A plusieurs reprises elle prit mes mains dans les siennes, les saisissant aussi fermement qu'elle le pouvait. Cela l'aidait quand la douleur était trop dur à supporter et qu'elle cherchait quelque chose à quoi se raccrocher.

La journée s'écoula atrocement lentement. Je restais à côté d'elle, la calmant, la réconfortant, proche jusqu'à ce que le besoin de me purifier de l'odeur de son sang toujours présente se fasse sentir et que je ne puisse plus supporter la torture sur son visage.

La nuit fut pire encore. Durant des heures elle hurla si fort que je crus à un moment qu'elle allait briser les fenêtres. Elle faisait de gros efforts pour se retenir, essayant de bloquer la douleur. Et elle continuait à pleurer. Quand elle ne hurlait pas de douleur, elle sanglotait de manière incontrolable. Elle essaya de me parler de nouveau à plusieurs reprises, mais réussit seulement à dire mon nom avant de reprendre ses gémissements déchirants.

Lorsque l'aube arriva enfin, je décidais finalement de faire ce que Carlisle avait suggéré et lui faire prendre une douche froide. Je lui ais dit ce que je faisais alors que je la quittais un instant pour allumer l'eau froide. Quand je suis revenu, elle essayait de s'assoir.

"Laisse moi t'aider," dis-je doucement, la tirant doucement vers le haut. Son corps reposait contre le mien, trouvant surement du réconfort contre ma peau glacée. Mais il me vint à l'esprit qu'elle devait enlever ses vêtements pour aller sous la douche. Je frissonnais. Je ne pouvais pas penser à elle de cette façon. Pas maintenant. C'était dangereux et mal, plus mal encore que lorsque je pensais à elle ainsi avant qu'elle ne soit dans cette brutale agonie.

Mais comment pourrais-je le lui refuser si c'était un sursis pour la douleur ? Je ne pouvais pas prendre mes souhaits en considération maintenant. Elle avait besoin d'être consolée, calmée. Si c'était la seule façon de le faire, alors je le ferais.

Donc ses vêtements furent enlever, la laissant en sous-vêtements. L'observer ainsi était toujours aussi difficile. Et même alors que je la portais dans la douche et l'y déposais, je sentais que je faisais quelque chose de mal. Si Alice ou Esmée avaient été là, je leur aurais demandé de m'aider dans cette tâche particulière, mais elles n'étaient pas là. Et je voulais l'aider. Je voulais la soulager autant qu'il m'était possible de le faire.

L'eau était froide, aussi froide qu'elle pouvait l'être. Je positionnais son corps sous le jet d'eau et observais son visage se détendre alors que l'eau l'atteignait. Le tremblement de son corps sembla diminué alors que la fraîcheur la bombardait. Je lui ais dit que je partais et suis sorti, mais seulement un instant.

Les draps étaient trempés de sa sueur et de son sang. Je suis sortis dans le couloir et ais cherché un subalterne. Quand j'en ais trouvé un, je lui ais dit que j'avais besoin de nouveaux draps. Il sourit, pensant qu'il y avait seulement une seule chose que j'avais pu faire pour avoir besoin de nouveaux draps. Puis il s'est souvenu que j'étais le vampire avec une humaine dans sa chambre. Avant que je ne puisse le frapper pour avoir eu des pensées inappropriées, il s'était enfuis. Je retournais dans la chambre, vers Bella.

J'entendis ses sanglots dans la salle de bain. Elle ne tremblait pas ni ne hurlait, pousant juste de petits gémissements de temps à autre. Je me mis à genoux devant elle, touchant son visage du bout de mes doigts. Elle sourit. Je ne savais pas qu'il était possible de sourire durant la transformation, se sentir assez bien pour même se souvenir comment faire.

"Est-ce que ça t'aide ? L'eau ?" demandais-je. Elle hocha la tête.

"Froid... sens mieux. Et toi... tu es là... ça aide," murmura-t-elle. Ses yeux restaient fermés alors que l'eau coulaient le long de son corps. J'étais etonné qu'elle soit capable de former des pensées cohérentes et les exprimer. J'entendis des coups frapper à ma porte. C'était le subalterne avec de nouveaux draps pour le lit. Je lui ais dis d'entrer. Il refit le lit tandis que je restais assis avec Bella. L'eau froide l'aidait, avait-elle dit. Et moi aussi.

A peu près une heure plus tard, j'entendis de nouveau frapper à ma porte. Alice. Je soupirais presque de soulagement. Si elle était ici, je pouvais sortir Bella de la douche et ne pas m'inquiéter du fait qu'on pourrait penser qu'elle n'avait pas de vêtements parce que je lui faisais du mal.

"Edward," dit-elle derrière moi. Je déposais un bref et doux baiser sur le front de Bella puis me levais. Alice était debout près du lit, les mains jointes.

"Comment va-t-elle ?"

"La douche froide semble l'aider. Elle dit que le froid lui fait du bien, j'imagine que ce n'est pas le bon mot. Peut-être que ça lui fait plus de mal que de bien."

"Tu l'y as mis toi même ?" demanda-t-elle soudain, comme si elle était incapable de croire que je pouvais faire une telle chose. Mais elle avait le droit de paraitre surprise. Penser que je déshabillerais quelqu'un, même pour l'aider, n'était pas quelque chose qu'elle avait prévu, vision ou pas. Penser à Bella de cette façon me rendait un peu nerveux. Elle n'était pas une chose que l'on utilisait. Elle était faite pour être admirée, aimé et chéri. Elle n'était pas un objet. Elle n'était pas juste un corps. C'était incorrect de penser à elle ainsi.

"Oui, je l'ai fait. Et maintenant, je serais très reconnaissant si tu pouvais la faire sortir. Et l'habiller. S'il te plait," dis-je doucement.

"Bien sur. Oh, Carlisle est dehors, il souhaite te parler. J'aurais terminé quand tu reviendras," dit-elle en marchant devant moi vers la salle de bain.

"Alice, soit prudente avec elle," dis-je en la regardant avec précaution.

Elle acquiesça avant de refermer la porte derrière elle.

Carlisle m'attendait dans le couloir. Nous nous regardames un long moment.

"Comment va-t-elle ?" demanda-t-il.

"Elle souffre. Mais j'ai essayé de lui faire prendre un douche froide comme tu l'as suggéré et elle a dit que ça l'aidait. C'est juste si dur. Chaque fois que j'entends si cris perçant, ça me donne envie de..." Mourir. Ca me donne envie de mourir.

"Je sais. C'est presque insupportable. J'ai ressentis la même chose en transformant Esmée. La regarder souffrir me brisait le coeur plus que n'importe quoi. Mais maintenant... avec le temps, tu oublieras la douleur dans sa voix et sur son visage, et tu te souviendras seulement de ton bonheur."

"Mais encore deux jours, Carlisle ? Je ne sais pas si... je veux dire, deux jours ça me semble si long."

"Je sais, Edward. Je sais. Fais juste ce que tu dois faire, restes avec elle, tiens lui compagnie. Elle a besoin de toi maintenant plus que jamais. Ne l'oublie pas," dit-il. J'acquiesçais.

Retourne avec elle. Appelles-moi si tu as besoin.

Je retournais dans ma chambre oû Bella était de nouveau allongée sur le lit, entièrement habillée. Alice lui parlait doucement, lui disant combien elles allaient s'amuser une fois qu'elle serait complètement transformer. Elle disait qu'elle ne pouvait pas attendre de faire du shpooing avec sa nouvelle soeur. Nouvelle soeur. Elle pensait déjà à elle comme si elle faisait partie de la famille.

Si tu l'aimes, je l'aime. Les pensées d'Alice vinrent doucement à moi alors qu'elle continuait à parler à Bella. Elle semblait calmée par la voix d'Alice, le flux constant de ses mots l'apaisant, lui donnant quelque chose sur quoi se concentrer. Alice recula alors, donnant à Bella une chance de me voir. Elle aurait bien sourit de nouveau, mais la douleur revenait maintenant, intense et flugurante. Elle était raide, ses muscles tendus. Elle avait essayé si durement de retenir la douleur en elle. Mais pourquoi ?

J'étais assis sur le bord du lit, regardant son visage oû transparaissait sa peine. Elle souleva sa main faiblement et tapota le lit à côté d'elle. Elle me voulait à côté d'elle. Je m'allongeais, pressant mon corps contre le sien. La fraîchaur était relaxante.

"Tu te sens bien ?" soufflais-je doucement. Elle prit un moment pour me répondre, essayant de repousser un instant la douleur en serrant les dents. Quand elle expira enfin, elle hocha la tête.

"Toujours bien... quand tu... me tiens," murmura-t-elle. Sa voix semblait si tendue. C'était probablement dur pour elle de parler. Je n'aurais pas du lui demander la première fois. Alors je parlais pour nous deux. Je lui parlais de toutes sortes de choses - des lieux oû j'étais allé, des personnes que j'avais rencontré, des endroits oû je souhaitais aller, ce que je pourrais faire une fois que ce serait finis. Je lui parlerais toutes les merveilleuses choses que je pourrais lui montrer. Parce que c'était trop de simplement la garder ici. Elle n'allait pas souffrir de ne pas avoir eut la vie qu'elle aurait du avoir. Je prierais si je le pouvais. Je n'étais pas prêt à laisser tomber ma fierté comme ça, mais pour elle, je le ferais. Je ferais n'importe quoi pour elle.

Je n'avais réalisé que ça avait été aussi long. J'avais parlé pendant des heures. Le soleil s'était couché. Son corps tremblait plus férocement maintenant, le tremblement cessant seulement pour un moment, avant de revenir. La nuit semblait toujours aussi mauvaise pour elle.

Alors les cris perçants recommencèrent à briser mon coeur en deux. Au sens figuré, bien sûr. Elle tremblait, pleurait et criait si fort. La journée avait été mauvaise, mais supportable. C'était indéniablement terrifiant. Puis quelqu'un frappa à ma porte. C'était Demetri. Je me levais du lit, espérant que la combustion de sa peau ne s'aggraverait pas trop sans la fraîcheur de mon corps avant que je ne revienne. J'ouvris la porte et le fis entrer à contre-coeur. Je ne voulais pas être n'importe oû, mais avec elle.

"Je savais que cela arriverait. J'ai entendu ses cris. Combien de temps doit-elle encore supporté ça ?"

"Ce soir et toute la journée de demain," répondis-je. Ma voix semblait creuse. Ses cris de douleur étaient pire maintenant, et plus fort. Je reculais à chacun d'eux. Demetri hocha la tête à mon explication puis regarda Bella qui se débattait dans la douleur. Je serrais les poings. Je voulais que cela s'arrête, tout de suite.

"Aro souhaiterait te dire un mot. Il sait ce qui se passe. Et bien sûr il a un avis sur le sujet."

Bien sûr qu'il en a un. Donc je suis allé chercher Carlisle pour lui demander de surveiller Bella le temps que j'aille parler à Aro. Demetri et moi marchions en silence jusqu'aux appartements d'Aro.

"Je te laisse parler en privé. Edward, puis-je te demander pourquoi tu t'embarasses de cette fille ? Evidemment, elle sera bientôt l'une des notres, mais elle était humaine. Et tu as fait un tel esclandre autour d'elle. Je ne comprends pas."

Bien sûr qu'il ne comprenait pas. Il n'a jamais aimé personne.

"Je regrette de ne pouvoir te l'expliquer. Je souhaiterais que cela signifit quelque chose pour toi. Malheureusement, comme je l'ai découvert, ce n'est pas le cas."

Demetri m'étudia un moment, puis il s'éloigna. J'entrais dans les appartements d'Aro et le trouvais assis, impatient. Ses yeux étaient curieusement vides. Alors j'essayais de lire dans son esprit. Il me bloquait. Très bien.

"Bella se transforme alors que nous parlons, n'est-ce pas ?" demanda-t-il d'une voix calme. Je n'aimais pas ça. J'acquiesçais.

"Tu as décidé de mettre fin à son humanité. Choix intéressant. Je pensais à coup sûr que tu la laisserais humaine."

"Je ne pouvais pas, c'était trop dangereux. Après ce qui est arrivé avec Felix... comment pourrais-je la laisser sans défense ?" demandais-je. Aro hocha la tête. Puis il me fit signe de prendre place sur une chaise à côté de lui. Je le fis et attendis la suite. Il ne me fermait pas son esprit sans raison.

"Elle est spécial. Tu l'as toujours su. Nous ne savons pas encore de quoi elle sera capable une fois devenue vampire. Mais je sais qu'elle sera intéressante. Très intéressente en fait."

"Je ne voudrais pas vous manquer de respect, Aro, mais chaque seconde que nous perdons dans cette conversation triviale, Bella souffre et sans moi. J'aiemrais vraiment retourner la voir," marmonnais-je, essayant de paraitre respectueux.

"Bien sûr, Edouard, je comprends parfaitement. Je pensais juste que tu devrais savoir qu'une fois que Bella se sentirait mieux, nous devrons avoir une autre discussion quant à son rôle ici avec nous."

Je me raidis. Une autre conversation. A propos d'elle. Son rôle ici. Et bien cela n'allait certainement pas arriver. Je l'enlèverais loin d'ici si je le pouvais, mais elle allait vivre un enfer, et si cela voulait dire que je devrais me battre contre tous les Volturis pour sa vie, je le ferais. Mais j'ascquiesçais face à Aro avant de partir brusquement. Je ne serais pas capable de contrôler ma colère si je restais plus longtemps.

Avant même que je ne sois arrivé à mon étage, je l'entendis hurler. Je reculais malgré moi, me demandant ce qu'elle avait été forcée de supporter en mon absence. Je savais que Carlisle était juste à côté d'elle, mais il ne la toucherait pas, la calmerait, comme je l'avais fait. Elle avait dit qu'elle se sentait mieux quand je la serrais dans mes bras. J'espérais que mon contact pourrait la calmer maintenant. Bien que j'en doutais.

Lorsque j'arrivais à ma chambre, elle s'arrêta de hurler un instant, mais seulement pour pleurer. Les sanglots étaient forts et déchirants, comme si elle se brisait de l'intérieur.

"Elle a crié après toi. Ton nom, c'est la seule chose qu'elle a dit," annonca Carlisle de l'une des chaises. Je me dirigeais vers elle alors que Carlisle s'esquivait de la chambre, refermant la porte derrière lui. Je touchais son visage, ses bras, son ventre, essayant d'atténuer la combustion de son corps avec ma peau glacée.

"Je suis là, mon amour, je suis là," dis-je. Elle tourna son corps avec le peu de force qu'elle avait, s'appuyant contre moi. Elle tremblait et hurlait. Je l'ais tenu dans mes bras toute la nuit en priant pour que le jour suivant s'écoule rapidement.

La nuit et le lendemain, je l'ais tenu aussi proche de moi que je le pouvais, retenant ses tremblements. Elle se battait contre mon corps, essayant d'empêcher la douleur d'envahir son corps. J'attendis des heures entières avant que tout soit terminé. Je l'avais transformé le matin à neuf heures. Alors exactement trois jours plus tard, comme l'horloge allait sonné neuf heures, le tremblement de son corps cessa soudainement. Durant presque une minute, elle n'inspira pas. Et enfin, elle aspira brusquement l'air autour d'elle.

Je la regardais, mes yeux fixer sur elle, attendant la confirmation que tout était vraiment finis.

Puis elle ouvrit ses paupières et plongea son regard dans le mien. Ses iris était d'un noir profond, trahissant la faim qu'elle ressentirait bientôt.

Et alors elle sourit. Et dit le seul mot qui ces derniers jours avait scellé son destin sans même qu'elle n'en soit conscience.

"Edward."