Bonsoir !

Nouveau chapitre avec pas mal de Clexa. En espérant qu'il vous plaise !

Bonne lecture et à jeudi ! :)


Lexa fut réveillée par le coulissement du porte-plateau. Elle ouvrit un œil et vit qu'il faisait déjà jour. Elle se redressa et descendit du lit pour laisser l'infirmière installer le petit déjeuner.

- Je voulais pas te réveiller, murmura Clarke qui commençait à récupérer sa voix.

Lexa lui sourit, heureuse de l'entendre parler plus ou moins normalement à nouveau.

- Tu le dois, t'as besoin de la place.

En effet l'infirmière avait relevé les barrières du lit pour installer le porte-plateau et déposer un grand gobelet fermé avec une paille. Lexa pouvait sentir l'odeur du chocolat s'émaner du gobelet.

- Du chocolat chaud ?

- Ils disent que je dois réhabituer mon estomac à toute sorte d'aliment, mais qu'il faut que je reste sur du liquide pour l'instant.

Lexa observa Clarke saisir doucement le gobelet et porter la paille à ses lèvres. Après ce qui lui était arrivé, chacun de ses gestes était magnifique pour Lexa.

- Hm, ça m'a tout l'air d'un chocolat chaud normal. T'en veux ?

Clarke reposa le gobelet. Lexa refusa en la remerciant. Elle irait s'en chercher un plus tard. Clarke devait boire, manger, aller mieux.

- Lexa, reprit Clarke un peu plus sérieusement, on n'a pas encore eu l'occasion d'en parler mais j'aimerais bien qu'on recommence toi et moi, si tu le veux bien.

Elle se racla la gorge, sa voix s'épuisant, et reprit ses murmures :

- Repartir du bon pied, oublier le début... et agir normalement...

- Je vois ce que tu veux dire, Clarke, répondit Lexa les yeux brillants sous le rayon de soleil qui venait de se lever.

- Je te dis que je te déteste maintenant, comme ça on passe cette étape et on laisse nos mauvais caractères de côté ?

Lexa rit, attrapant la main pâle de Clarke pour la glisser dans les siennes comme elle l'avait déjà tant fait.

- C'est pas ce que je te dirais si je pouvais revenir en arrière, souffla-t-elle.

Clarke leva un sourcil interrogateur.

- Ah ?

- Je viendrais toujours dans la salle de bain, commença Lexa avec un petit sourire au coin des lèvres, mais au lieu de chercher à te virer je te préviendrais. « Je veux bien te laisser la salle de bain mais assures-toi de ne jamais oublier tes vêtements dans ta chambre. Je voudrais pas mourir en te voyant traverser le couloir en sous-vêtements parce que t'es trop sexy. ».

Elle se retint de rire et Clarke la dévisagea un moment avant d'éclater de rire.

- C'est sûr que ça aurait changé pas mal de choses.

- Parce que ça aurait fonctionné ? demanda Lexa, pleine d'espoir, essayant encore de rester sérieuse.

- Je sais pas, se moqua Clarke, c'est quand même nul.

- Bon, et si à la soirée, je t'avais poliment demandé une danse ?

- Hm... je sais pas... danser avec toi, ça a l'air d'être effrayant, se moqua-t-elle.

- ...tu as de la chance d'être dans un lit d'hôpital, toi.

A ce rappel, Clarke se redressa, essayant de se remettre droite. Le tube attaché à son cathéter la gênait.

- Ils devraient te le retirer aujourd'hui, maintenant que tu peux avaler les médicaments.

Clarke hocha la tête. Elle eut du mal à terminer sa boisson mais y parvint malgré tout. Elle était consciente du fait qu'il lui fallait faire des efforts et était déterminée à se remettre.

- Euh... Lexa ?

La jeune femme, qui venait de terminer son appel à l'autre bout de la pièce, se tourna.

- J'aimerais bien... aller aux toilettes. Dans la salle de bain, comme une personne normale.

Lexa se retint de rire. Clarke pouvait se lever mais pour seulement quelques pas, pas longtemps, et avec l'aide de quelqu'un. Mais Clarke voulait retrouver un peu d'intimité et elle ne voulait pas qu'une infirmière vienne lui installer une bassine.

Lexa comprenait et elle vint aider Clarke à se mettre debout, la tenant bien, la laissant prendre son temps pour marcher. Elle devait y aller doucement. Lexa l'assit sur la cuvette et sortit.

Clarke parvint à relever sa robe. Elle espérait s'en débarrasser bientôt.

Elle dormit une bonne partie de l'après-midi, vite fatiguée. Elle se réveilla vers cinq heures. Lexa était là.

- Tu es restée toute l'après-midi ?

- J'ai dû aller au lycée, mais c'est bon maintenant. Je peux rester avec toi.

Clarke releva le lit à l'aide de la télécommande et soupira.

- Je ne peux pas me débarrasser de toi si j'ai bien compris.

- Aucune chance, répliqua Lexa avec un sourire.

- Je vous dérange ?

Anya venait d'entrer, mettant fin à un échange de regards. Lexa et Clarke détournèrent en même temps la tête, prises sur le fait.

- Tu vas être contente, Clarke, tu as de la soupe pour le dîner.

Anya vint installer le plateau sur son porteur et se présenta :

- Je suis Anya, contente de pouvoir enfin te rencontrer.

- Lexa m'a parlé de vous, répondit-elle avec un sourire.

Anya connaissait sa mère. Son père. Elle avait travaillé avec Abby. Clarke espérait pouvoir lui en parler quand elle en aurait le courage.

- Oh, tutoie-moi. Pas de « vous » avec moi, je suis pas une vieille dame.

Elles discutèrent un peu et Anya repartit. Clarke considéra sa soupe et saisit la cuillère pour commencer à la boire.

- Tu ne veux pas que je t'aide ?

Lexa observait les gestes encore imprécis de Clarke. L'effet des médicaments.

- Non, ça va, je peux boire une soupe toute seule.

Clarke plongea maladroitement la cuillère et la ressortit, la portant à sa bouche en en renversant la moitié sur elle.

- Clarke...

- Hé, regarde, j'y arrive !

- Tu en mets partout, Clarke. Tu vois combien de bols là ?

Clarke rit en replongeant la cuillère un peu trop vivement, créant des éclaboussures.

- Un seul me suffit.

Elle continua son manège. Lexa la regardait, sachant que cette scène se terminerait mal. Elle avalait cuillère après cuillère, et cela semblait l'amuser.

La porte de la chambre s'ouvrit à la volée, une infirmière en hâte venait reprendre le plateau, pensant que Clarke avait terminé depuis le passage d'Anya. Clarke sursauta à l'ouverture brusque de la porte. Apparemment les médicaments ne calmaient pas les sursauts qu'un geste brusque pouvait provoquer. Le mouvement soudain de la cuillère renversa le bol sur le torse de Clarke.

Heureusement, ça n'était pas chaud.

- Oh, excusez-moi, je suis entrée un peu trop vivement, c'est que je suis en rush et je n'ai pas encore tout à fait l'habitude, je suis encore en formation.

- Ce n'est pas grave, se moqua Lexa, ça devait arriver de toute façon.

- Je m'en sortais très bien, répondit Clarke, fière, en relevant la tête.

L'infirmière s'excusa une nouvelle fois et proposa :

- Je dois me dépêcher mais je peux aller demander à une collègue si elle peut venir vous aider à vous laver ?

- Non, ça ira, répondit Clarke.

- Il faut bien nettoyer tout ça et changer de tenue...

- Je me débrouillerai.

- Comme tu t'es débrouillée avec ta soupe ? se moqua gentiment Lexa.

Clarke ignora la moquerie, assurant du regard que tout allait bien pour elle à l'infirmière qui s'excusa une énième fois avant de sortir.

Lexa alla ouvrir la petite armoire près de la porte et saisit la tenue de rechange. Il y en avait toujours une au cas où le patient avait besoin d'être changé rapidement.

- Je te la mets là, fit-elle en déposant la tenue sur le bout du lit, mais ne t'enfermes pas dans la salle de bain.

Lexa allait se rasseoir. Clarke voulait se débrouiller, c'était normal, mais Lexa doutait du fait que Clarke parvienne à se laver seule. Il était encore trop tôt. Elle tenait à peine debout. Et même assise, Clarke se fatiguait vite. Cette dernière le savait aussi puisqu'elle dit :

- Lexa... tu veux pas m'aider ?

Lexa regarda Clarke, surprise, et demanda :

- Je ne suis pas infirmière, je ne peux pas –

- Pas besoin d'être infirmière pour porter quelqu'un jusqu'à la douche.

Lexa était sceptique. Une douche ? Clarke ne tiendrait pas debout. Pourtant, elle obtempéra. La soupe commençait à sécher sur la chemise de Clarke. Il était temps que la jeune femme se nettoie.

Elle l'aida à se lever. Clarke tenait à peine sur ses jambes, pourtant elle faisait des efforts pour faire quelques pas.

Elles entrèrent dans la salle de bain et Lexa tira le strapontin fixé au mur de la douche. Elle assit Clarke dessus.

- Il va falloir que je me mette debout pour nettoyer la soupe.

- Tu as une barre pour t'accrocher... fit Lexa, perplexe.

- Tu sais très bien que je ne tiendrai pas.

Lexa comprit qu'elle devrait l'aider. Clarke passa son bras hors de sa manche droite. Elle demanda :

- Tu peux verrouiller la porte s'il te plaît ? J'ai pas envie que quelqu'un débarque alors que je suis toute nue...

Lexa le fit, se tournant aussitôt pour cacher le rouge qui apparaissait sur ses joues. L'idée de voir Clarke se déshabiller devant elle faisait brusquement monter la température de son corps sans qu'elle puisse l'empêcher.

- Tu peux m'aider ?

Lexa se tourna et vit Clarke tenter de retirer sa chemise d'hôpital sans succès. Elle relevait tout de même une chose étrange. Clarke demandait de l'aide ? Lexa le sentait, tout ça allait mal tourner.

Elle s'approcha de Clarke qui enroula ses bras autour de son cou pour s'y agripper. Lexa la releva et l'aida à retirer sa chemise. Lexa était obligée de maintenir Clarke par la taille pour que celle-ci tienne debout. Leurs corps étaient collés, la soupe sur l'abdomen de Clarke s'étalant sur les vêtements de Lexa.

- J'espère que tu as ramené une tenue de rechange, commenta Clarke, et puis, si tu restes comme ça tes vêtements seront mouillés.

Lexa comprit où Clarke venait en venir. La jeune femme la regardait dans les yeux.

- Euh... ok... souffla Lexa, ce qui eut le don de faire rire Clarke.

L'entendre rire réchauffa le cœur de Lexa. Elle maintint Clarke par la taille tandis qu'elle ôtait ses vêtements tâchés de son autre main.

Une fois nues toutes les deux, Lexa ouvrit le robinet d'eau chaude. Au début, l'eau était froide, et Lexa frissonna. Clarke semblait ne pas sentir grand chose. Celle-ci resserra ses bras autour de la taille de Lexa. Cette dernière ne parvenait pas à croire qu'elle tenait Clarke, dénudée, contre elle.

- Si tu restes collée à moi comme ça tu parviendras jamais à nettoyer ton ventre, fit remarquer Lexa.

Clarke sourit et redressa la tête.

- Je voulais te parler, et ici au moins on risque pas d'être interrompues par une entrée subite.

Lexa déglutit. De quoi Clarke pouvait-elle bien vouloir lui parler ?

- Je n'ai pas peur, Lexa, commença Clarke. Depuis que je me suis réveillée, je n'ai plus l'angoisse et les crises qu'elle provoquait. Je peux donc te dire honnêtement ce que je pense.

Lexa l'écoutait en silence. Le regard clair de Clarke se promenait dans le sien tandis que l'eau les réchauffait.

- J'ai beaucoup fui, par peur, parce que je voulais te protéger de toutes mes histoires, mais pas que. J'ai eu du mal à te laisser m'aider, je supporte pas le fait d'être dépendante des autres, mais je supportais pas non plus le fait d'être attirée par toi. Au début, du moins. Et après, j'ai commencé à t'apprécier. Et je pouvais pas te repousser pendant mes crises, bien qu'au fond je savais que je voulais pas te repousser, c'est juste que –

- Clarke, doucement, tu t'emmêles, la coupa Lexa avec douceur.

- Désolée... je voulais juste profiter de ce moment de réelle intimité pour te dire que j'étais trop à fond sur toi et que...

- Dit comme ça, rit Lexa.

- ...il est possible que... que pendant le temps où j'étais consciente, là-bas au sous-sol, j'aie beaucoup pensé à toi. Beaucoup trop, en fait. Alors je veux pas te lâcher. Et je veux pas que tu me lâches non plus. Parce que malgré les sales coups que je t'ai joué, tu restes quand même auprès de moi.

Lexa sourit, entendre ces mots la rassurait et faisait tomber ses craintes concernant les pensées de Clarke à son égard. Elle déposa un baiser sur le front de la blonde et répondit :

- Alors on fera en sorte que ça marche.

- Oui, enfin... faudrait déjà que j'arrive à marcher moi-même... plaisanta Clarke.

- Tu y arriveras, avec un peu de temps. Et au pire... je te porte.

Clarke rit en se moquant de sa compagne sur sa dernière remarque. Son rire s'évanouit et resta en petit sourire sur son visage alors qu'elle ajouta :

- Bon, j'avoue que je voulais surtout profiter de ce moment pour t'embrasser mais...

- Mais ?

- Je... je suis figée. Je crois que mes muscles se moquent encore de moi.

Lexa éclata de rire puis inclina la tête pour l'embrasser tendrement.

Une fois lavées, Lexa aida Clarke à enfiler sa tenue propre et l'installa sur le fauteuil pendant qu'elle changeait le drap tâché avec celui de rechange qu'elle avait trouvé dans l'armoire.

- Je crois qu'il serait préférable que tu évites la soupe, ou que tu me laisses t'aider à la boire, tu as une légère tendance à te renverser ton bol dessus.

Clarke sourit, rougissant au souvenir de son premier incident concernant la soupe. Lexa avait dû la porter jusqu'à la salle de bain et la maintenir sous l'eau froide pour éviter les brûlures. Clarke ne répliqua pas, Lexa avait raison. La soupe n'était pas faite pour elle.

Réinstallée dans son lit, Clarke attrapa le poignet de Lexa pour l'attirer à elle. Lexa vint s'asseoir à côté d'elle, mais Clarke l'attira un peu plus jusqu'à ce qu'elle soit allongée.

- Je veux dormir, souffla la jeune femme.

- Tu en as le droit, répondit Lexa, amusée par l'expression somnolente de Clarke.

- Tu resterais avec moi ?

Lexa ne put refuser. Il n'était pas l'heure de dormir, mais Clarke se fatiguait vite. Dans quelques jours, elle devrait pouvoir rentrer à la maison. Lexa avait hâte de ramener Clarke chez elle, en sécurité.

Clarke se décala un peu et souleva maladroitement la couverture pour inviter Lexa à s'allonger près d'elle. Cette dernière s'exécuta et enroula un bras autour de la taille de Clarke, sa tête posée sur son épaule. Il ne lui fallut pas longtemps pour être fatiguée elle aussi. Elles étaient toutes deux bercées par le contact rassurant de l'autre.

Clarke allait un peu mieux chaque jour. Ils l'autoriseraient bientôt à sortir. Elle s'endormait régulièrement mais lorsqu'elle s'éveillait, elle trouvait toujours Lexa à ses côtés. Elle aimait bien plaisanter avec elle, et elle finissait souvent par attirer Lexa contre elle le temps de s'endormir. Il ne s'agissait plus seulement d'une attirance, elles avaient toutes les deux besoin de la présence de l'autre. Elles se sentaient plus rassurées, elles se sentaient bien. Une confiance solide s'était forgée entre elles.

Elles s'entendaient bien avec les infirmières, même si une en particulier était assez maladroite et un peu trop extravertie au goût de Lexa. Cette infirmière n'était autre que celle qui était entrée brusquement quelques jours auparavant. Les deux filles avaient appris qu'elle s'appelait Niylah.

Lexa tenait la cuillère remplie de soupe. Clarke recommençait peu à peu à se nourrir d'aliments solides mais il était encore déconseillé qu'elle le fasse à chaque repas. Alors cette fois, elle avait accepté que Lexa l'aide à boire sa soupe pour éviter un nouvel accident.

- Allez Clarke, ouvre la bouche, se moquait Lexa.

Mais l'avis de Clarke avait changé en découvrant la nature de sa soupe : une soupe aux oignons. Elle détestait ça, pourtant il semblait que l'oignon était un aliment assez riche pour lui permettre de manger à nouveau de tout si son estomac l'acceptait.

- Clarke, il faut que tu manges, déclara Lexa avec sérieux.

Clarke fit la moue. Elle n'avait jamais aimé l'oignon et, même si elle s'apprêtait à faire un effort, elle savait qu'elle retiendrait sa respiration et irait jusqu'à se boucher le nez pour atténuer le goût. Elle hocha la tête pour prévenir Lexa qu'elle était prête à manger.

Lexa approcha la cuillère, Clarke ouvrit la bouche. Lexa la recula soudainement.

- Ffffffiioooouuuuuufffffff ! Mesdames et messieurs le vol A521 va bientôt arriver à destination. Préparez-vous pour l'atterrissage. Fffffiiiiooooouuufffff !

Lexa éclata de rire à la vue de l'expression désespérée de Clarke.

- Je te hais, fit cette dernière.

Lexa reposa la cuillère un instant et s'approcha. Elle l'embrassa sur la joue et, sans reculer, demanda :

- Vraiment ?

Clarke ne répondit pas, essayant de conserver sa mine outrée. Le menton relevé, elle fixait le ciel bleu nuagé par la fenêtre. Elle sentit les lèvres de Lexa remonter jusqu'à son oreille et entendit des murmures :

- Tu me hais toujours ?

Clarke ne put contenir le sourire que lui procuraient les baisers de Lexa. Elle baissa la tête, les lèvres pincées, honteuse d'avoir si vite perdu.

- Je vois que tu ne peux pas me résister, ajouta Lexa pour enfoncer le clou.

- Tais-toi, souffla Clarke qui venait de tourner la tête pour la faire taire d'un baiser.

Malgré cela, Clarke n'échappa pas à sa soupe dont elle parvint à boire la moitié.

Niylah entra quelques minutes plus tard.

- Vous avez fini ?

Question inutile puisque Lexa avait déjà éloigné le plateau de Clarke qui ne voulait plus de sa soupe.

- Anya m'avait dit qu'elle repasserait... dit Lexa, qui n'appréciait pas tant Niylah.

- Elle est occupée avec un patient, un petit imprévu, alors je lui ai dit que je me chargerai de Clarke.

Elle vint auprès de cette dernière, posa sa main sur son poignet comme si elle avait peur de la brusquer en lui demandant :

- Comment vas-tu, Clarke ?

- ...de mieux en mieux, je suppose...

- Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésites pas à me demander.

Niylah ne se redressa pas et Lexa se racla la gorge pour faire réagir cette dernière.

- Niylah, serait-ce possible de voir Anya ce soir ?

- Oh, euh, je ne sais pas, je ne connais pas les emplois du temps par cœur.

Niylah prit le plateau et, avant de partir, ajouta :

- Ton médecin passera demain Clarke. J'espère que tu auras de bonnes nouvelles.

Elle lui accorda un sourire et sortit.

- Elle... n'est pas banale, remarqua Clarke.

- Elle est trop avenante envers toi, affirma sèchement Lexa.

Clarke sourit.

- Tu es jalouse ?

- Quand quelqu'un te regarde ainsi, oui. Et puis, tu as vu son contact insistant. Cette fille ne me dit rien qui vaille.

- Elle ne fera rien en ta présence de toute façon, déclara Clarke, incertaine.

- Justement... demain... je vais au lycée pour la cérémonie de diplôme.

Un grand sourire élargit les lèvres de Clarke.

- Tu l'as eu ! C'est génial !

- Eh, tu t'attendais à quoi !

- On sait jamais...

Lexa secoua la tête. Elle préférait amplement voir Clarke se moquer d'elle plutôt que de la voir triste. Ou dans le coma. Lexa ne pouvait s'empêcher de repenser à la douche qu'elle avait prise avec Clarke. Elle n'avait fait que la tenir contre elle, mais elle sentait encore la peau de Clarke contre la sienne.

- Lexa ? Tu sais que je peux te voir rougir malgré ta peau mate ?

Lexa releva le regard, embarrassée d'avoir été prise en flagrant délit. Clarke l'observa un instant et ses yeux se plissèrent. Elle avait compris.

- Il y en aura d'autres, si tu le veux, dit Clarke pour l'enfoncer.

Lexa déglutit.

- Non, c'est pas ce à quoi je pensais, mentit-elle maladroitement, je te trouve juste très belle aujourd'hui, essaya-t-elle de détourner la conversation.

Clarke éclata de rire. Elle se redressa dans son lit et décida d'achever Lexa avec sa franchise :

- Tu sais, je vais de mieux en mieux. Je le sais, je le dois. Viendra le moment où je serai capable de me déshabiller, et de te déshabiller aussi.

Lexa baissa le regard et se couvrit le visage de ses mains, préférant ne pas l'imaginer de peur de ne même plus tenir assise. Les sensations dans son corps l'empêchèrent de répliquer comme son caractère le lui permettait habituellement.

- Ne t'en fais pas Lexa, c'est naturel, lança Clarke prise d'un fou rire.

- Putain, Clarke... murmura-t-elle, désarmée.

Clarke était bien la seule d'ailleurs à pouvoir mettre Lexa à terre. Cette dernière avait un caractère bien forgé, il était difficile de lui tenir tête, surtout qu'elle était assez bornée. Mais Clarke s'était montrée plus bornée encore, et avait fini par vaincre la brune.

Lexa était tout de même rassurée d'entendre Clarke aborder ce sujet avec légèreté. Depuis son réveil, Clarke n'avait pas eu de crise d'angoisse ni de cauchemar. Même si elle n'était pas encore passée outre le traumatisme, c'était déjà une progression. Alors si Clarke allait de mieux en mieux, Lexa la laisserait se moquer d'elle.

Anya passa dans la soirée.

- Niylah m'a dit que vous vouliez me voir ?

Elle mettait en place le plateau-repas de Clarke. Lexa répondit :

- J'ai une ou deux questions à te poser.

Anya hocha la tête, prête à recevoir la première question. Anya et Lexa avaient discuté à plusieurs reprises pendant le coma de Clarke et s'étaient vite tutoyées. Lexa avait l'impression de connaître Anya. Les deux femmes se ressemblaient, en quelque sorte.

- Tu as dit connaître ma mère, je me demandais...

- Je l'ai connue ici. Ta mère a travaillé un an à l'hôpital. On avait besoin d'une secrétaire et ta mère cherchait un emploi. Elle est assez douée pour gérer les situations de crise. Ce n'est pas toujours facile ici, même pour les secrétaires.

Clarke dévisageait Anya. Elle ne pouvait s'empêcher de la fixer longtemps, recherchant dans sa mémoire des souvenirs écorchés par le temps. Aux propos d'Anya, elle commenta :

- Alors, Mary connaissait...

- Oui, Clarke, Mary connaissait Abby.

- Attendez, l'arrêta Lexa, tu veux dire que nos deux mères se connaissaient avant... avant le meurtre de mon père ?

Anya hésita un instant. Ce n'était pas à elle de raconter cette histoire, mais qui d'autre le ferait ? Lexa et Clarke avaient le droit d'obtenir ces informations.

- Vos mères ont été très proches pendant un moment. Elles essayaient de se montrer discrètes, mais elles manquaient souvent à l'appel au même moment. Quand Mary a quitté l'hôpital, elles ont arrêté de se voir. Du moins, c'est ce qu'a affirmé Abby.

Un long silence marquait le choc des deux filles. Anya les regarda une à une avant de préciser :

- On ne connaissait pas vraiment la nature de leur relation, ne vous mettez pas en tête qu'elles ont été amantes, ce n'est pas ce que j'ai dit. Seulement, elles se voyaient très souvent en tête-à-tête pour des raisons que nous ignorons.

- Est-ce que... commença Lexa, incertaine. Est-ce que c'est possible qu'elle soit déjà venue à la maison ?

- Je ne sais pas. Abby parlait rarement de sa vie privée. Et Mary parlait de tout sauf d'Abby. Elle me parlait parfois de sa fille. Je vois maintenant qui tu es, Lexa. Un grand contraste avec la petite fille dont j'avais brièvement entendu parler.

Lexa offrit un sourire pâle en guise de réponse. Ces informations étaient vagues, mais tout de même difficiles à avaler. Clarke fixait le vide, essayant de comprendre comment sa mère avait pu lui cacher ça. Comment elle avait pu partir en laissant sa fille dans l'ignorance. Abby connaissait les Woods, Mary tout du moins, et n'avait jamais rien dit. Anya resta debout à attendre qu'elles aient avalé la pilule – car c'était après tout son travail d'infirmière – tout en sachant que l'une d'elles finirait par reprendre la parole pour lui poser une nouvelle question.

Clarke fut la première à poser la question, son regard fixant toujours le même point :

- Comment pouvez-vous en être sûrs ? Vous avez bien les affaires de ma mère, dans un coin quelque part, avec des photos de ses collègues, de l'époque où Mary travaillait ici... ou peut-être que certains de tes collègues savent, eux...

- Peut-être. Je vais me renseigner. En attendant, prends soin de toi Clarke.

Anya les salua et partit s'occuper de ses autres patients.

Les deux filles restèrent un moment assise en silence. Cette histoire était encore loin d'être éclaircie, mais elles obtiendraient des réponses, peu importait le temps que cela prendrait.

Elles ne regardèrent pas la télévision, ce soir-là. Elles n'écoutèrent pas de musique. Elles ne discutèrent pas. Elles étaient prises dans les fils de leurs pensées.

Allongée à côté de Clarke, Lexa ne tarda pas à s'endormir. Sa tête était retombée sur l'épaule de la jeune femme. Pour une fois, ce n'était pas Clarke la plus fatiguée. Mais cette dernière ne tarda pas à s'endormir à son tour.

Quand Clarke ouvrit les yeux, Lexa n'était plus à ses côtés. Les rayons de soleil perçaient la vitre avec force, ce qui aveugla Clarke un instant, et elle se rendit vite compte de l'heure. Midi était passé.

On lui apporta son repas une demi-heure plus tard. L'infirmière qui la visita fut ravie de la voir enfin réveillée. Clarke eut droit à une soupe plus consistante, avec des petits morceaux de viande ainsi que des croûtons. Bientôt, elle pourrait manger des plats plus courants. La soupe en été, c'était assez dur à avaler. Surtout qu'il faisait bon dehors. Clarke avait hâte de pouvoir sortir, marcher dans les rues, traverser le parc, ce long chemin qui la conduirait à la maison des Woods. Chez Lexa.

Elle alluma la télé et fit défiler plusieurs chaînes. Elle regarda un dessin animé pour échapper aux émissions de télé-réalité ou aux documentaires sur la disparition de certaines espèces de fleurs. Clarke n'avait pas la tête à apprendre quoi que ce soit. Elle laissa son esprit se vider.

Le temps passait sans que Clarke s'en aperçoive. C'était mieux ainsi. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à Lexa qui devait recevoir son diplôme. Clarke aurait aimé être à la cérémonie, être là pour Lexa en ce moment tout de même important. Mais elle ne savait pas encore quand elle pourrait sortir.

- Je ne t'ai pas fait mal ?

Clarke sursauta. Elle somnolait et ne s'était pas rendu compte qu'une infirmière était venue la voir. Son bras reposait et une aiguille s'en échappa. Clarke dévisagea l'infirmière. C'était étrange comme elle ressemblait à Lexa. Une magnifique vision. D'ailleurs, quand cette dernière réitéra sa question, Clarke crut entendre Lexa. La voix forte de Lexa qui pouvait se montrer soudainement si douce.

- Tu es revenue... murmura Clarke.

Clarke était fatiguée, mais ne pouvait pas s'endormir maintenant. Elle voulait parler à Lexa.

- Bien sûr, je ne vais pas m'envoler, répondit la voix si familière.

Clarke leva la main, touchant le visage du bout des doigts. La silhouette sembla reculer, mais se laissa finalement faire.

- Tu es belle, dit Clarke tout bas.

Les yeux de Clarke papillonnèrent. Elle était dans sa bulle, enveloppée dans son bien-être. Elle avait du mal à garder les yeux ouverts. Elle sentit une main se poser sur sa joue et bientôt, un souffle sur son visage.

- Je peux savoir ce que vous faites, Niylah ?

Lexa venait d'entrer dans la pièce. L'après-midi se terminait déjà. Lexa aurait été fêter son diplôme avec sa promo si Clarke n'était pas plus importante à ses yeux.

Niylah se leva soudainement, embarrassée.

- Elle... me faisait des avances alors...

A côté d'elle, dans le lit, Clarke dormait à poings fermés, sa tête légèrement retombée sur le côté.

- Qu'êtes-vous venue faire ici, Niylah ?

Lexa appuyait ses mots, contenant sa colère.

- Une injection, pour ses insomnies...

- Insomnies ? Clarke n'a pas d'insomnies. Au contraire, elle dort beaucoup, elle est souvent fatiguée. Bon sang Niylah vous vous êtes trompée de patiente !

- C'est pourtant ce qui était écrit sur le tableau...

- Assez. Ne vous approchez plus de Clarke.

- Mais elle et moi on –

- Qu'importe ce qu'elle vous a dit. Elle délirait. Si elle veut réellement vous revoir, elle le fera savoir quand son esprit sera libre de toute substance.

- Mais –

- PARTEZ ! Et rappelez-vous régulièrement ceci : si vous posez ne serait-ce qu'un regard déplacé sur Clarke alors qu'elle n'est même pas en mesure de se défendre, vous pourrez vous estimer heureuse de vous trouver dans un hôpital. Cela vous laissera une chance de survie.

La colère noire qui rongeait le regard de Lexa fit fuir Niylah de la pièce. L'infirmière ne reviendra plus, Lexa en était certaine.

Elle alla au chevet de Clarke et attendit son réveil, assise au bord du lit.

Une main vint saisir son poignet alors qu'elle consultait son téléphone. Elle tourna la tête, heureuse de voir un sourire émerger sur le visage de Clarke.

- Bien dormi ?

Clarke hocha la tête.

- Tu es enfin rentrée...

- Quelques heures et je te manque déjà ?

Clarke sourit et enfouit son visage dans l'oreiller, marmonnant :

- Je suis trop habituée à t'avoir sur le dos.

Lexa se baissa pour murmurer :

- J'ai entendu, tu sais.

Elle entendit un rire étouffé par l'oreiller. Une seconde plus tard des bras s'enroulaient autour de son cou.

- Oui, quelques heures et tu me manques déjà.

Lexa profita un instant de cette étreinte avant de se détacher de Clarke pour la regarder en lui posant cette question :

- Tu te souviens de ce qui s'est passé avant que tu t'endormes ?

Clarke fronça les sourcils.

- Je regardais un dessin animé qui m'a assommée.

- Rien d'autre ?

Clarke sembla perdue. Lexa comprit que Clarke ne se souvenait de rien et lui expliqua :

- Niylah t'as injecté un calmant ou un somnifère, c'est ce qui t'a endormie. Mais avant ça... elle a essayé de t'embrasser. Elle a dit que tu lui avais fait des avances.

Les yeux de Clarke affirmèrent son innocence dans cette affaire. Puis un voile rose vint couvrir son visage.

- Je suis arrivée à temps, ne t'en fais pas ! Il ne s'est rien passé !

- Ce n'est pas ça... souffla Clarke, gênée.

Le silence s'installa entre elles, et devant le manque de réponse de Clarke, Lexa demanda :

- Qu'est-ce qu'il y a, Clarke ?

Clarke frotta son visage de ses mains et soupira.

- Je me souviens pas de ce qui s'est passé avant que je ne commence à m'endormir mais...

- Mais ?

Lexa s'inquiétait. Clarke déglutit et admit enfin, le visage en feu :

- Je... je rêvais de toi.

La pression retomba brusquement chez Lexa, ce qui provoqua un rire chez cette dernière. Clarke s'allongea, prit l'oreiller et le colla sur son visage. Elle entendait encore Lexa rire à s'en étouffer.

On lui arracha l'oreiller et Clarke gémit, souhaitant disparaître sur le champ.

- Tu m'as fait peur Clarke ! J'ai cru que tu allais me dire quelque chose de grave, mais ça va, tu rêvais juste de moi. Je comprends pourquoi Niylah a cru que tu lui faisais des avances...

Clarke recouvrit son visage de ses mains. Entre deux rires, Lexa reprit :

- Tu penses à moi quand tu délires, Clarke ?

La jeune femme sentit une présence à ses côtés. Elle abaissa légèrement ses mains, apercevant Lexa allongée de profil. Les yeux verts pâles la fixaient avec insistance, un sourire aux lèvres.

- Tu devrais plutôt être contente, bougonna Clarke qui essayait d'ignorer le regard insistant de la brune à côté d'elle.

- Oh mais je suis contente, répondit Lexa gaiement, mais tu sais, si tu veux me faire des avances, c'est mieux quand je suis là.

Clarke lui tourna le dos, essayant de ne pas penser à sa présence. Même si, par-dessus sa honte et sa vexation, elle avait plutôt envie de l'embrasser.

Un bras s'enroula autour de sa taille et Clarke savait déjà qu'elle avait perdu.

- Je t'apprendrai à te défendre quand tu iras mieux, lui murmura Lexa à l'oreille.

- Tu sais te battre, toi ? souffla Clarke dont la curiosité venait d'être piquée.

- Disons que je pratique un ou deux arts martiaux depuis la mort de mon père...

- Hm... tu n'as pas peur que je les utilise contre toi ?

- Ne te gênes surtout pas, murmura à nouveau Lexa avant de repartir dans un énième rire.

Lexa se redressa et Clarke ne tarda pas à faire de même, retenant Lexa par la main.

- Je veux voir des photos de ta cérémonie.

- Tu veux me voir dans ma magnifique robe ? sourit Lexa.

- Je te préfère sans, s'amusa à son tour Clarke.

Le cœur de Lexa rata un battement. Clarke avait gagné.

Un peu plus tard, le médecin passa enfin.

- J'aurais voulu passer plus tôt, s'excusa le médecin, mais un patient était en état critique.

- Et maintenant ?

- Il est stable. Mais je ne suis pas venue pour parler de lui, Clarke.

Clarke était anxieuse. Elle craignait le diagnostique du médecin. C'était une femme sympathique et franche. Elle ne l'avait que peu vue depuis son réveil mais le docteur passait tout de même vérifier que l'état de Clarke ne s'était pas aggravé.

- Vous n'êtes pas encore tout à fait rétablie, mais bonne nouvelle : je vous laisse sortir demain.

Les yeux de Clarke s'écarquillèrent. Lexa fit un pas vers le médecin.

- Vous êtes sûre ? On nous avait dit que...

- J'ai pris cette décision à l'encontre de l'avis de mes collègues. Clarke se sentira mieux dans un foyer confortable. Cela ne peut que l'aider à guérir.

Les deux filles avaient du mal à le croire : Clarke allait quitter l'hôpital. Rentrer avec Lexa chez les Woods.

Elles avaient hâte de voir le jour se lever. Le lendemain, à midi, Clarke rentrera chez elle.