! News ! Étant dans mon roman jusqu'au cou, inutile de dire que le tome II en souffre, mais je vous ai promis de le finir et je tiendrai parole –de toute façon pour le moment vous vous en foutez, vous êtes dans le tome I ^^ Je répond aux inscrits par MP là, dans les minutes qui viennent.

Réponses aux reviews des non inscrits :

Une nouvelle fan : yep, Alex a légèrement déconné… Mais non, Sam ne va pas torturer Alex, et d'ailleurs c'est plutôt Michelle qui va s'occuper de lui vu le boulot infernal qu'il a… J'espère que la suite te plaira ! Et merci pour tous tes compliments *rougit*

Chapitre 8 : Confiance perdue

Finalement, Callen ne reprit pas Alex tout de suite. En sortant de l'hôpital, il commença par aller rejoindre tout le monde à l'OPS, pour se tenir au courant de l'avancée de l'enquête. Hetty lui avait donné quinze jours de congé maladie obligatoires. Tout le monde savait très bien qu'on aurait de la chance s'il en faisait seulement la moitié.

- Ne devriez-vous pas être chez vous à vous reposer, Monsieur Callen ?

Hetty arborait son air faussement sévère, que Callen savait lire comme l'équivalent d'un sourire malicieux qui ne s'adressait qu'à son interlocuteur. Elle savait parfaitement ce qu'il faisait là. Sans lui laisser le temps d'ouvrir la bouche pour le dire, elle lui fit signe de la suivre jusqu'à son bureau. Callen était légèrement pressé, mais elle aurait pu tout aussi bien le renvoyer chez lui à coups de pied aux fesses, alors il ne protesta pas et s'assit dans le siège qu'elle lui désignait.

- Il y a une chose que j'aimerai savoir, commença la vieille femme. À quel moment comptiez-vous indiquer votre changement de situation familiale dans votre dossier ?

Callen sourit. Un vrai sourire qui monta jusqu'à ses yeux. Ça faisait longtemps. Et ça faisait du bien.

- Comme si vous ne le saviez pas…

- Là n'est pas la question…

- J'ai mis son numéro de portable dans la case 'personne à prévenir en cas d'urgence'.

D'accord, il tournait autour du pot. Mais il était quand même pas obligé de donner une conférence de presse chaque fois qu'il se passait un truc dans sa vie privé, si ?

- Monsieur Callen…

Apparemment si.

- Écoutez Hetty, ça n'a pas d'incidence sur le travail…

- Ça en a quand le fils d'un homme que vous avez arrêté tente de vous empoisonner en imitant la méthode de son père.

Callen décida que dissiper le malentendu au plus vite était encore la meilleure chose à faire. Tiens, il était marrant à donner des conseils qu'il ne suivait pas lui-même… Parce que s'il en avait parlé dès le début, la situation serait quand même plus simple.

- Il n'a pas fait ça pour imiter son père, Hetty. Il a eu peur de le perdre, Fryman l'a plus ou moins menacé de ne plus le considérer comme son fils s'il ne le faisait pas. C'est un môme, il a eu peur et il s'est fait manipuler. Pas de quoi l'envoyer en prison. Ça n'aurait pas changé grand chose si vous aviez été au courant, si ?

- Je suppose que non. Monsieur Getz voulait vous voir.

Le contraire l'aurait étonné… Cela dis, c'était probablement pas une mauvaise idée, le psy aurait peut-être des conseils à lui donner pour gérer un gosse de douze ans qui avait définitivement besoin de changer de figure paternelle. Et bien sûr c'était lui qui allait devoir s'y coller, ça faisait pas un pli…

Hetty l'ayant congédié d'un geste, il alla droit à l'espace de travail. Kensi lui souhaita un bon retour en le prenant dans ses bras, comme à son habitude, et Deeks lui donna une poignée de main.

- Ça va, avec Alex ? demanda Callen à Sam, en lui rendant son accolade.

- Il ne mange presque pas, et Michelle pense qu'il ne dort pas non plus. Pas bavard. On est un peu inquiets, pour être honnête.

- Il croit que je vais le lâcher, il flippe. Ça ira mieux quand je l'aurai récupéré. D'ailleurs, à ce propos, vous en êtes où avec les dealers de cyanure ?

- On en a trouvé tout un stock à l'adresse donnée par Alex, répondit Marty. Posséder du cyanure n'est pas illégal, mais Eric et Nell ont hacké leurs ordinateurs et ont trouvé des liens avec DNA. Ils cherchent encore comment ils ont communiqué avec Fryman. Mais les hommes qu'on a arrêtés ne disent rien, et on ne va pas pouvoir les garder indéfiniment si on a rien pour les inculper.

- Je pensais montrer des photos au petit, intervint Sam. Peut-être qu'il en reconnaîtra quelques uns.

- Ouais, fait ça, mais même si c'est le cas ils pourront toujours prétendre qu'ils ne savaient pas ce qu'il allait en faire…

- Attendez, les interrompit Kensi. Y a un truc que je comprend pas : pourquoi on s'embête alors qu'Alex peut tous les faire inculper et condamner en témoignant ?

- Parce que s'il essaye de me tuer quand son père le lui ordonne, répondit Callen, y a de fortes chances qu'il refuse de témoigner contre lui. Et ça, je ne veux pas l'y forcer. Fryman reste son père. Il ne mérite pas un fils qui l'aime autant, mais s'il est jugé coupable c'est la peine de mort assurée, et Alex ne mérite pas d'avoir ce poids sur les épaules.

Par la suite, il fut décidé que Kensi et Deeks allaient interroger Fryman en prison pendant que Callen et Sam se rendaient chez ce dernier. Callen pensait en profiter pour ramener Alex à la maison, mais ils choisirent de ne pas le prévenir. L'agent senior voulait que le gosse reste un moment dans l'incertitude, pour que ça le marque. Il ne devait jamais oublier ça.

- Je t'ai trouvé étonnamment clément, vis-à-vis du petit, dit son partenaire, alors qu'ils roulaient vers chez lui.

- À propos de quoi ?

- Du fait de ne pas vouloir lui faire porter le poids de la condamnation de Fryman.

- C'est un gosse. J'essaie de garder ça à l'esprit. Et de me mettre un peu à sa place.

- Moi, même gosse, même pour mon père, j'aurai pas fait ça…

- Ton père n'était pas un fanatique, Sam, il ne t'a pas élevé dans ce genre d'ambiance… On ne peut pas être sûr de ce qu'on aurait fait à sa place, on y est pas. Et en ce qui me concerne, Alex est tout autant victime que coupable, dans cette histoire.

Encore une fois, Sam choisit de ne pas affronter Callen sur son propre terrain d'expertise –si on pouvait appeler ça comme ça.

Quand ils entrèrent dans le salon, Alex était assis à table, visiblement en train de faire des maths. Michelle gardait un œil sur lui tout en cuisinant le déjeuner. Le garçon sursauta en voyant Callen. Ce dernier commença par saluer Michelle avant de lui adresser la parole.

- Rassemble tes affaires, on va partir.

Alex ne se le fit pas répéter deux fois et disparut aussi sec dans l'escalier.

- Merci de vous en être occupé.

- Tu nous dois un ou deux baby-sittings, lança Michelle avec un petit sourire moqueur.

- Je m'en souviendrais… Il n'a pas posé de problème ?

- Non, ça a été. Mais si je peux me permettre un conseil, surveille qu'il mange bien et qu'il fasse des nuits complètes. Et si ça ne va pas, fais lui voir quelqu'un. Parce qu'il va se rendre malade s'il continue comme ça...

- Il peut, grommela Sam. Il a failli tuer G !

- T'en fais pas pour ça, répondit doucement l'intéressé.

Alex redescendit moins de cinq minutes plus tard, avec son sac-à-dos. Callen fit défiler des photos sur son téléphone et le lui donna.

- Regarde ça avant qu'on y aille et dis-moi si t'en reconnais un.

Alex hésitait. Sam se demanda s'il avait du mal à les reconnaître ou s'il se demandait s'il allait les donner ou pas. Finalement, il montra deux photos.

- Lui, il était là. Et lui il m'a donné le cyanure, il avait l'air de m'attendre.

- Aucun des autres ?

- Y avait d'autres gens mais j'ai pas fait attention. Je sais pas si c'est eux.

C'était mieux que rien, et Callen envoya les deux photos identifiées à Kensi. Alex se dandinait d'un pied sur l'autre, il avait l'air pressé.

- T'as pas quelque chose à dire à Sam et à Michelle ? demanda Callen, pour le rappeler à l'ordre.

- Merci.

- Prend soin de toi, répondit Michelle.

Ils n'échangèrent pas un mot dans la voiture. Alex regardait défiler le paysage, absolument persuadé que Callen allait le débarquer dans une nouvelle famille d'accueil. Il ne se rebellait même pas, il savait que c'était mérité. Il était tellement soulagé que Callen ne soit pas mort ! Il se serait détesté s'il l'avait tué. Là, plusieurs jours plus tard, il se demandait même comment il avait pu… Le simple fait d'y penser lui donna la nausée et il appuya son front sur la vitre en respirant par le nez.

Il mit un moment à réaliser qu'ils prenaient le chemin de la maison. Mais il se retint de sauter de joie : bien sûr, il fallait qu'il récupère ses affaires avant de partir, ça paraissait logique…

Mais Callen ne lui ordonna pas de faire son sac. À vrai dire, il ne lui dit pas un mot, et partit dans la cuisine en le laissant tout seul dans l'entrée. Au bout d'un moment, Alex remonta dans sa chambre –enfin, son ex chambre. Il ouvrit son grand sac de sport, mais il n'était plus certain de rien, alors il s'allongea sur son lit et se perdit dans la contemplation du plafond.

Kensi et Deeks contactèrent Callen en début de soirée.

- Fryman te croit mort, et s'en vante à mots couverts, mais sans jamais l'avouer directement.

- D'ailleurs, au bout de cinq minutes, il ne voulait plus nous parler en l'absence de son avocat. Mais il nie complètement avoir piloté son gamin pour qu'il te tue.

- C'est pas une surprise, répliqua l'agent senior, avec une pointe d'amertume. Et les deux hommes que le petit a reconnu ?

- Sous les verrous, on les cuisine. Mais même s'ils donnent Fryman, son avocat dira que la parole de deux criminels ne peut pas être prise au sérieux. Même en impliquant Alex, s'il refuse de témoigner ils diront qu'il a voulu venger son père et qu'il a pris la décision tout seul.

- Ça, ça confirme mon plan de ne pas y mêler Alex s'il ne veut pas témoigner. Ils sont foutus de nous l'envoyer je ne sais où…

- Mais tu vas faire quoi, alors, Callen ?

- Et puis qu'est-ce qu'on écris dans le rapport ?

- Rien pour l'instant, continuez de cuisiner les dealers de cyanure. On se tient au courant, d'accord ?

- Ça marche.

Dans la soirée, il appela le petit pour qu'il descende mettre la table et dîner. Voyant qu'Alex chipotait et prétendait n'avoir pas faim, il insista.

- Sam et Michelle m'ont dis que tu mangeais presque rien. Si t'es malade tu le dis et je t'envois chez le médecin. Sinon t'arrête de faire l'enfant et tu manges un peu, t'as sport demain. D'ailleurs t'as fais ton sac ?

- Non…

- Tu le feras après manger, la dernière fois tu l'as préparé à la dernière minute, t'as oublié la moitié des choses et t'as failli rater le bus. T'as fait tes devoirs ?

- Oui…

- Je vérifierai avant que t'ailles te coucher.

Alex se sentait largué. A priori Callen n'avait pas prévu de le rendre mais… C'était bizarre, qu'est-ce qu'il avait à lui poser toutes ces questions ? Il l'avait jamais vraiment surveillé…

- Mange, répéta l'agent senior en voyant qu'il ne touchait toujours pas à son assiette.

Le môme finit par s'exécuter, machinalement, mais il cogitait toujours.

Il tint bon vingt-quatre heures, à ce régime là, avant de craquer. Callen profitait de son pseudo congé maladie pour rester à la maison, et même son père n'avait jamais été autant sur son dos. Il allait même jusqu'à jeter un œil dans sa chambre quand il passait devant, pour vérifier ce qu'il faisait. Il lui adressait la parole, mais seulement pour lui demander un truc ou pour lui donner un ordre. Il n'était pas plus froid que ça… Mais pas amical non plus. Complètement neutre. À bout de nerfs, Alex finit par lâcher sa fourchette, le soir suivant.

- Callen…

L'adulte leva les yeux de son assiette.

- Oui ?

- Tu me… rends pas, alors ?

- Faut croire que non.

- Ok. Cool. Pourquoi ?

- Parce que je t'ai promis de ne pas le faire. Tenir ses promesses, c'est important. Mais je comprendrais que ça te passe complètement au dessus de la tête.

- Mais ça va tout le temps se passer comme ça, maintenant ? Tu vas tout le temps surveiller ce que je fais et on sera plus du tout… amis ?

Callen soupira et s'appuya au dossier de sa chaise, bras croisés.

- Tu t'attendais à quoi, Alex ? T'as essayé de me tuer, tu veux pas que je te félicite, non plus ?

- Mais pourquoi tu me fous pas à la porte ? Ça annule pas les promesses, quand la personne à qui tu l'as fait a voulu te tuer ?

- Tu veux partir ? Parce que tu peux, hein ? La porte est ouverte…

- Non, j'veux pas partir… !

Cette conversation aux accents agressifs secouait peut-être le gamin un peu trop fort, surtout qu'il était déjà nerveux. Alors Callen décida de trancher dans le vif et d'aller droit au but, histoire qu'on en finisse une bonne fois pour toute.

- T'as pas l'air de bien saisir, alors je vais te faire un topo : t'as fait une énorme connerie. Une connerie pour laquelle tu pourrais aller en centre de détention pour mineurs. Avec mes collègues, on cherche encore ce qu'on va écrire dans le rapport pour pas t'impliquer… Tu veux savoir pourquoi ? Parce que t'es un gosse qui s'est fait complètement manipuler par son père. Sauf que le seul moyen de le prouver serait que tu témoignes contre lui, et comme il n'a qu'un mot à dire pour que tu trahisses quelqu'un qui se coupe en quatre pour t'aider depuis six mois, je suppose qu'on ne peut pas compter sur toi pour ça, pas vrai ? Alors non, je suis pas content, et je t'ai déjà dis que j'étais pas ton copain. Je suis ton tuteur. Aux yeux de la loi, ça veut juste dire que je dois te garder à l'œil et m'occuper de toi, rien ne m'oblige à être gentil, complice ou cool. Et rien ne m'oblige à te faire confiance. Et j'espère que tu comprendras que je peux pas être ami ni faire confiance à quelqu'un qui a essayé de m'empoisonner. Ok ?

Alex hocha tout doucement la tête sans le regarder, et se remit à manger en silence. Callen soupira avant de l'imiter. Maintenant qu'il lui avait expliqué la situation de son point de vue, il allait le laisser mijoter et méditer là dessus quelques temps. Et ensuite on verrait ce que ça donnerait.

À suivre…