Disclamer : JK Rowling a créé Harry Potter, ShadeDancer en a fait le Prince de la Mafia et moi je ne suis qu'une humble traductrice.

Merci pour vos encouragements^^

Chapitre 8: Letters and Truths
(Lettres et vérités)

Après l'attaque lors des vacances de Noël, Manuel et Trevor hésitaient à laisser Harry et Blaise reprendre l'école. Ils la voyaient en effet comme un endroit peu sûr, d'autant plus que même le havre quasi-impénétrable du Manoir Darkov avait failli. Et puis, il y avait aussi le fait que Sampson courait toujours dans la nature, attendant certainement son heure pour pouvoir lancer une nouvelle attaque. Mais en fin de compte, Manuel et Trevor abandonnèrent l'idée et renvoyèrent leurs enfants en cours, pour les en retirer seulement une semaine plus tard. Le garde-devenu-assassin s'en était pris à Matthew, l'un des deux gardes qui veillaient sur eux ce jour-là, et était parvenu à atteindre leur classe.

Harry et Blaise étaient assis à leurs places habituelles, suivant sans grand enthousiasme le cours ennuyeux qu'on leur avait infligé ce jour-là comme retenue pour avoir fait les imbéciles en classe. Un éclat de lumière reflété par le canon d'un revolver sur la vitre de la porte attira l'attention de Miss Walker et lui arracha un cri. Suivant leurs instincts, Harry et Blaise se jetèrent au sol, juste au moment où la petite vitre se brisa sous l'impact d'une balle bien placée. Elle aurait eu vite fait de mettre un terme à la courte vie d'Harry si leur professeur n'avait pas crié à temps. Miss Walker aussi était à terre, à quatre pattes sous son bureau comme si le meuble fragile pouvait la protéger d'un tueur professionnel. Ouvrant la porte d'un coup de pied, l'assassin entra avec assurance dans la pièce, pensant que l'héritier des Darkov était on ne peut plus vulnérable et qu'il avait éliminé le seul garde en poste. En effet leur agresseur n'avait aucun moyen de savoir que Manuel avait renforcé la sécurité autour d'Harry et Blaise, bien qu'il aurait dû le suspecter.

« Où es-tu petit Darkov ? ronronna l'homme d'une voix triomphante et troublante. Pourquoi tu caches-tu de la mort ? Peut-être que tu aimerais que je me charge d'abord de la petite Zabini, hmm ? »

Harry et Blaise se regardèrent avec des yeux écarquillés, articulant silencieusement « Sampson ». Ils n'avaient pas été mis au courant de la trahison du garde, Manuel et Trevor ayant tenté de les protéger en leur évitant d'apprendre que celui en qui ils avaient eu confiance les avait tous trahis.

Attrapant lentement son collier, pour que ses vêtements ne fassent pas de bruit en se froissant, Blaise fit pivoter l'émetteur à la base de son pendentif pour lancer un appel de détresse tandis qu'Harry tira une dague de derrière son dos. Il aurait préféré sortir son arme à feu, mais celle-ci se trouvait dans le double-fond de son sac, lequel était à côté de Blaise, et Harry n'était pas vraiment disposé à se mettre à découvert pour la récupérer. Les pas s'arrêtèrent juste à côté de la table d'Harry et l'homme s'accroupit jusqu'à se trouver au niveau du regard du garçon.

« Coucou Harry Darkov, » ronronna Sampson.

Harry fendit l'air avec son couteau, luttant pour empêcher la peur de prendre le dessus. La lame prit Sampson par surprise, lui laissant une vilaine entaille à travers le visage et lui crevant un œil. L'orbe mutilé commença à suinter d'une substance claire, ressemblant à de la gelée, mêlée à du sang et qui coulait entre les doigts que Sampson avait pressé sur la blessure tout en hurlant de douleur. C'était aussi comme si les pigments marron et noirs avaient été mélangés là où l'iris et la pupille avaient cédé.

« Espèce de petit merdeux ! » cracha Sampson alors qu'Harry et lui se relevaient vivement de concert, Sampson souffrant à présent d'un léger désavantage.

Blaise s'était déjà remise sur ses pieds quand Sampson s'était agenouillé face à Harry, et elle était parvenue à récupérer leurs armes quand l'attention de l'ancien garde avait été détournée. Miss Walker ne pouvait qu'observer avec un souffle saccadé les deux enfants encercler l'homme en qui ils avaient un jour eu totalement confiance et à qui ils avaient confié leurs vies. Blaise envoya à Harry son revolver alors qu'elle se redressait. Sampson décida de changer de tactique et pointa le canon de son arme sur Blaise, ignorant la souffrance qu'il éprouvait en tenant ainsi son revolver à deux mains.

« Baisse ton arme Darkov ! A moins que tu ne préfères que Zabini soit blessée, » gronda Sampson.

Mais Blaise tira son propre revolver de là où elle l'avait caché discrètement après l'avoir récupéré. Sa main tremblait légèrement, le souvenir de son premier meurtre l'affectant toujours, mais son regard était déterminé et à la distance à laquelle elle se trouvait, son tir ne pouvait pas manquer sa cible. Et puis, Sampson n'aurait certainement pas survécu au trou béant qui l'aurait alors traversé. Ils restèrent ainsi tous les trois, dans une impasse, et leurs armes pointées les uns sur les autres. Sampson bloquait le passage vers la porte et les fenêtres étaient fermées, ne laissant aucune échappatoire à Harry et Blaise qui auraient alors dû baisser leur garde et s'exposer aux tirs ennemis pour pouvoir les atteindre. Aucun d'eux n'osait abaisser son arme ou faire le premier geste.

Et puis soudainement, l'expression de Sampson se figea et il vacilla pendant une seconde, le visage crispé sous l'agonie avant de se relâcher. Il tomba à genoux comme une marionnette désarticulée, son arme s'échappant de ses mains devenues molles pour retomber bruyamment sur le sol. Bill se dressait là où un instant plus tôt Sampson menaçait Harry et Blaise, un couteau ensanglanté en forme de croc dans la main.

« Vous allez bien ? » demanda un Bill bien pâle aux deux enfants devant lui.

Il avait agi juste à temps, mais ça lui avait pris un moment pour se rendre compte que Matthew était tombé. Harry et Blaise échangèrent un regard entre eux, puis avec Bill, avant de finalement acquiescer. Ils allaient bien.

Il ne fallut pas longtemps à une poignée de garde pour débarquer et créer une distraction pour vider l'école et permettre ainsi à l'équipe de nettoyage d'effacer toutes les preuves de la confrontation dans la classe des CM2. Ainsi, pendant que Manuel et Trevor parlaient à la directrice, lui expliquant qu'ils retiraient Harry et Blaise de l'école pour le reste de l'année pour cause d'urgence familiale, les gardes sortaient clandestinement le corps de l'établissement via les sorties de secours avant de récupérer la dépouille de leur camarade. Au moment où l'équipe de nettoyage emmenait les corps, Manuel accompagna les enfants en dehors de l'école, jusqu'à la voiture qui les attendait, laissant Bill regagner son poste et rassembler son équipement alors que Trevor s'occupait de Miss Walker.

« Tout ça ne s'est jamais produit, déclara Trevor à la jeune femme affolée alors qu'il sortait sa baguette. Oubliettes ! »

Avec un sourire satisfait, Trevor s'en alla, ignorant que quelques instants plus tard Bill se glisserait près de la classe et, du seuil de la porte, murmurerait la même formule, sans avoir aperçu le regard vide que portait déjà Miss Walker sur son joli visage.

… … … … …

Un enterrement tout simple fut célébré pour Matthew quelques jours après l'attaque et toutes les personnes présentes avaient la satisfaction de savoir que leur camarade avait été vengé. De plus, on s'était enfin chargé de tous ceux ayant pu être liés d'une façon ou d'une autre aux attentats contre l'héritier des Darkov. Mais pour plus de sécurité, Harry et Blaise restèrent au manoir et étudièrent à la maison avec Trevor et les autres gardes. Après l'incident Sampson, ces derniers avaient tous prouvé leur loyauté envers Manuel. Harry et Blaise passèrent le temps où ils auraient dû être à l'école à apprendre de tout sous la tutelle des différents gardes : mathématiques, anglais, sciences, histoire, art, langues étrangères, musique et techniques de survie. Ils poursuivirent aussi leur entraînement physique sous l'œil sévère de Sensei. La seule différence était qu'ils ne se trouvaient pas en classe avec d'autres élèves. Leur apprentissage avança donc beaucoup plus rapidement et ils comprenaient beaucoup mieux maintenant qu'ils avaient pratiquement des cours particuliers.

Harry fut aussi un peu plus impliqué dans les "affaires de familles". Manuel lui apprit les ficelles du métier qui n'impliquaient pas de techniques de combat. C'était en effet une chose certaine qu'Harry dirigerait l'Empire de la Mafia aux côtés de son père. Il apprit à forcer les systèmes de sécurité des ordinateurs et à s'occuper des relations d'affaires qui ne voulaient plus honorer leurs engagements ou payer leurs dettes. On commença aussi à lui apprendre les différents codes utilisés dans leur empire et à travailler en association plus étroite avec les gardes. Manuel voulait être sûr qu'Harry sache comment exécuter lui-même un boulot avant de pouvoir ordonner à d'autres de le faire, il y mettait un point d'honneur. Bien sûr, en tant qu'enfant Harry n'avait pas vraiment la capacité d'intimider des adultes car, après tout, aucun adulte ne se méfie d'un enfant. Le boulot d'Harry quand il suivait son père à l'extérieur pour s'occuper d'un travail consistait donc à rester dans l'ombre et à apprendre de ce qu'il observait. Il fournissait aussi ses couteaux et armes en protection supplémentaire. Le nombre de fois où Harry fut surestimé comme une réelle menace était assez surprenant. Une fois, Manuel surpris l'allié d'un réfractaire dire à quel point c'était déroutant de trouver ce regard vert, vous transperçant fixement de l'ombre, résolu et inébranlable.

Pendant qu'Harry s'entraînait avec son père, Blaise faisait de même avec le sien. Les deux enfants grandirent donc autant physiquement que moralement au cours des années suivantes, jusqu'au point où on ne put bientôt plus les appeler des enfants qu'à cause de leur apparence, et encore. En dépit de leurs actes de grandes personnes, ils étaient toujours des enfants, des enfants grandissant sans aucune autre personne de leur âge pour jouer avec eux. Leurs pères et les gardes étaient aussi leurs amis. Ils leur apprenaient des choses et jouaient même avec eux quand ils en avaient le temps. Mais ils ne pouvaient pas être toujours présents près des enfants quand ceux-ci insistaient pour qu'ils leur tiennent compagnie. C'est pourquoi les liens entre Harry et Blaise ne firent que se renforcer au fur et à mesure. C'était bien ce qui ennuyait à la fois Manuel et Trevor alors que l'été des onze ans des deux enfants approchait, et avec lui le moment où ils allaient recevoir leurs lettres et où tout leur univers allait changer. Les deux hommes sentaient que cet été séparerait Harry et Blaise, chacun ignorant tout du secret que cachait l'autre.

Et ce jour tant redouté arriva. Lors d'une chaude matinée de juillet, à l'aurore, deux hiboux frappèrent du bec sur deux vitres du Manoir Darkov. Dans l'une des chambres concernées, Blaise se leva, encore légèrement engourdie par le sommeil, et fixa un moment la fenêtre avant d'apercevoir une chouette effraie brune perchée sur le rebord et donnant des coups de bec sur la vitre. Entrainée à être observatrice, Blaise remarqua immédiatement la lettre que l'animal tenait dans ses serres et se demanda ce que le volatile pouvait bien faire là. Les membres du clan Darkov n'utilisaient pas d'oiseau messager et n'auraient sûrement pas eu recourt un hibou pour remplir une telle mission. Blaise fit donc la seule chose qui lui venait à l'esprit et se précipita dans la chambre de son père.

« Papa, s'exclama Blaise quand elle déboula dans la pièce. Il y a une chouette à ma fenêtre avec une lettre. »

Trevor leva la tête vers sa fille, quittant des yeux l'ordinateur portable sur lequel il travaillait, lorsqu'il réalisa ce qu'elle venait tout juste de lui dire. Mais Blaise n'avait pas tout à fait raison. Le rapace n'était pas resté à la fenêtre de sa chambre mais l'avait suivie pour frapper à présent contre la vitre de Trevor. La créature était futée et avait suivi la signature magique de Blaise. Trevor ouvrit sans crainte la fenêtre, autorisant l'oiseau à entrer. Il se saisit ensuite de la lettre et la tendit à Blaise juste après avoir demandé au hibou de rester un moment, de façon à ce qu'il puisse lui donner un peu d'eau.

« Tu devrais lire ça, déclara Trevor à sa fille surprise. Nous aurons ensuite une petite conversation. Une conversation que nous aurions dû avoir il y a des années. »

Blaise parcourut rapidement la missive avant de la laisser tomber sous le choc, comme si elle lui avait brûlé le bout des doigts.

« C'est pour de vrai ?, demanda-t-elle à son père, qui acquiesça. Qu'est-ce que je vais dire à Harry ?, » gémit-t-elle.

… … … … …

Au même moment, un garçon aux yeux verts et aux cheveux noirs fut réveillé de façon similaire. Mais contrairement à Blaise, il s'y était attendu tout l'été, étant au courant de l'imminence de l'arrivée de cette lettre depuis qu'il était en âge de comprendre l'existence des sorciers et de la magie. Solennellement, Harry ouvrit sa fenêtre au hibou et le soulagea de son fardeau avant de lui offrir instinctivement un peu d'eau de la salle de bain, le temps qu'il se repose. Harry examina un moment le sceau appliqué sur l'enveloppe avant de le briser et de lire la lettre ainsi libérée :

Directeur : Albus Dumbledore
Commandeur du Grand-Ordre de Merlin,
Docteur ès Sorcellerie, Enchanteur-en-chef, Manitou suprême de la Confédération internationale des Mages et Sorciers

Cher Mr. Potter,

Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.

La rentrée étant fixée au 1er septembre, nous attendons votre hibou le 31 juillet au plus tard.

Veuillez croire, cher Mr. Potter, en l'expression de nos sentiments distingués.
Minerva McGonagall
Directrice-adjointe

Harry avait attendu cela pendant des années et maintenant il avait enfin la chance d'aller à Poudlard, l'école où ses parents biologiques avaient étudié. Il n'y avait qu'un seul problème : ce qu'il allait laisser derrière lui, ou plutôt qui il allait laisser.

« Tu pourrais attendre un peu avant que je réponde ? », demanda Harry au hibou qui lui avait apporté la lettre.

Le rapace gratifia Harry d'un petit hululement, qui lui sembla plutôt affirmatif, avant d'aller se poser sur le dossier d'une chaise et d'enfouir sa tête sous son aile pour attendre. Harry traversa le couloir jusqu'à la chambre de son père, en profitant au passage pour jeter un œil sur la liste de fournitures et faire tourner entre ses doigts la minuscule clé en or qui était apparue dans l'enveloppe, alors même qu'il aurait pu jurer que celle-ci était vide un instant plus tôt.

« Papa, appela Harry en entrant dans la pièce. La lettre est arrivée. »

Manuel regarda Harry à la fois avec fierté et tristesse. Ça allait être douloureux de se voir séparer de son fils pendant une année scolaire complète et de ne le revoir que pour les vacances, mais il savait qu'Harry devait partir. Son fils avait besoin qu'on lui apprenne à contrôler correctement sa magie et que ce soit des professionnels qui le lui enseignent. Même s'il semblait très bien s'en tirer tout seul, quelques bons conseils ne feraient pas de mal. Tout en parcourant la lettre, Manuel tira une feuille de papier d'un des tiroirs de son bureau.

« Le mieux à faire est d'envoyer ta réponse avec l'hibou qui t'a apporté ça, et dans quelques jours nous irons à Londres pour trouver l'endroit mentionné dans la lettre qui avait été laissée avec toi dans les couvertures. »

Le chef de la Mafia soupira, sachant qu'il devait laisser son fils s'en aller, peu importe à quel point il avait envie de cacher l'enfant au reste du monde. Ce n'est qu'au moment où Harry aperçut le hibou qu'il venait de libérer s'envoler dans le ciel et être rejoint par un autre rapace qu'il réalisa quelque chose d'important.

« Qu'est-ce que je vais dire à Blaise ? », gémit-il tristement.

… … … … …

Finalement, Manuel décida de rendre les choses plus faciles à Harry et appela Trevor et Blaise pour une petite réunion dans la salle de séjour. Quand ils furent tous quatre confortablement installés à leurs places habituelles, Manuel prit une profonde respiration et se prépara à engager la conversation sur des choses que la majorité des gens ne croiraient que difficilement, des choses dont il n'avait jamais parlé à personne mis à part Harry.

« Vous savez tous les deux qu'Harry a été adopté, commença Manuel. Mais il y a autre chose à savoir à propos de cette histoire. Je ne vous en ai jamais parlé mais il est temps pour vous d'être mis au courant. »

Manuel marqua une pause pour remettre ses idées en place et Harry, qui avait examiné toute la pièce autour d'eux dans un geste de légère nervosité, remarqua alors quelque chose que Blaise serrait de manière protective dans sa main. Il s'agissait d'une enveloppe de parchemin jaunie portant un sceau rouge brisé. Si Harry n'avait pas lui-même tenu la même enveloppe, il aurait pensé que Blaise la lui avait chipée. L'espoir l'envahit et il interrompit son père alors que celui-ci allait reprendre la parole.

« Blaise !, laissa échapper Harry. T'es une sorcière ? »

Blaise leva des yeux surpris vers Harry et le vit brandir joyeusement sa propre lettre.

« Nous allons ensemble à Poudlard !, s'écrièrent de concert les deux amis. Nous allons à Poudlard ! »