Disclamer : Les personnages appartiennent à Tite Kubo. UA - Yaoi
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Chapitre 9
Manoir Kuchiki
Ils étaient à peine servis que Byakuya se tourna vers son lieutenant pour qu'il s'explique enfin. Ce dernier posa ses baguettes sans même avoir touché à sa nourriture et regarda gravement son commandant :
- Avant toute chose, j'ai besoin d'une confirmation, commença-t-il, et je pense que l'un de vous deux peut me la fournir, fit-il en regardant tour à tour Shûhei et Byakuya. Si elle est conforme à ce que je pense alors j'ai trouvé ce qui relie Mabashi à Kariya.
- Quelle est ton hypothèse ? interrogea son supérieur.
- Nos deux prisonniers ont évoqués un cercle de jeux tenu par une certaine Yoshi, s'expliqua-t-il. Ce nom me disait quelque chose mais j'ai mis du temps à me rappeler. Si je ne me trompe pas, c'est l'endroit où l'on a retrouvé le corps de Maki après son suicide. Et on sait tous que ce dernier était lié à Kariya d'une façon ou d'une autre. Malheureusement le commandant Ukitake n'était plus là à ce moment et je n'ai pas pu avoir de confirmation…
- Et tu penses que je détiens cette information ?
- Vous ou Shûhei… tu as bien participé à l'enquête non ? demanda-t-il à ce dernier.
- Si c'est exact, ça veut dire que ce cercle de jeux et cette Yoshi sont le lien qui nous manquait ! s'exclama Ichigo, ravi pour sa part de voir l'enquête avancer.
Byakuya resta silencieux alors que Shûhei évitait de croiser le regard de son lieutenant. Il était mal à l'aise et aurait nettement préféré tout dire à Toshiro. Il savait qu'après leur altercation sur le toit, le jeune homme avait poursuivi ses recherches sur cette affaire, mais il n'ignorait pas non plus que tout avait été classé confidentiel. De plus, jamais il ne lui en avait reparlé… il ne savait donc pas où il en était.
Ichigo les regarda tous tour à tour, se demandant ce que ce dossier hyper protégé cachait. Et finalement rompit le silence devenu pesant :
- Vous ne croyez pas qu'il est temps de mettre les choses à plat non ? Ce mec a l'air tout ce qu'il y a de plus de dangereux et si cette affaire peut nous aider !
- C'est plus compliqué qu'il n'y parait, répondit Byakuya. Cette affaire, comme tu dis, a fait grand bruit dans la police et beaucoup sont encore aujourd'hui persuadé qu'elle a été étouffée par quelqu'un de chez nous.
- Nous n'en avons jamais eu la preuve non plus, intervint Shûhei. Seul le commandant Ukitake pourrait nous en dire plus. Moi-même j'ignore beaucoup de chose, nos recherches étaient cloisonnées…
- N'empêche que je ne vais pas passer le reste de ma vie cloitré ici sous prétexte qu'on ne veut pas rouvrir une affaire qui pourrait nous aider ! se révolta le jeune rouquin. Je ne me suis pas engagé dans la police pour ça !
- Officiellement Maki a été retrouvé chez lui, commença Byakuya. Mais effectivement, c'est bien dans une chambre de ce cercle de jeux qu'il a été découvert. Bien que rien ne prouve qu'il se soit donné la mort en ce lieu.
- Donc c'est le lien ! triompha Toshiro.
- Tu as finalement fini par accepter qu'il se soit suicidé ? s'étonna Shûhei.
- Non. Mais tant que je ne peux pas prouver le contraire…
- Ce n'est pas le but de cette enquête, lui rappela son supérieur.
- J'en suis conscient, et dans l'immédiat, mon seul souci est de trouver qui a bien pu s'en prendre à Ichigo, confirma Toshiro. Mais qui sait si nous n'y trouverons pas des éléments concernant justement la mort de Maki ? Si nous nous approchons de Kariya, c'est une possibilité à ne pas négliger.
- Certes, répondit Byakuya. Mais avant de prendre cette direction, concentre-toi sur notre enquête. Et c'est un ordre !
Et qui n'était non négociable, pensa son subordonné. Mais qu'il puisse attirer l'attention de son commandant sur ce point, était déjà pour lui, un grand pas en avant.
- Comment tu veux procéder ? interrogea alors ce dernier.
La conversation s'engagea alors sur les actions à mettre en pratique pour poursuivre l'investigation en fonction de ces nouveaux éléments.
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Appartement d'Ulquiorra
Le jeune homme ne lui demanda pas ce qu'il faisait là, ni même comment il était entré. Il lui proposa simplement :
- Je vous fais un thé ?
Rien dans son attitude ne laissait transparaitre qu'il soit étonné ou encore qu'il se sente acculé, comme l'avait un peu espéré Sosuke. Non, il gardait son calme et vaquait à la préparation de la boisson chaude comme s'il était avec un invité. Le commandant se demandait si c'était sa nature ou s'il avait simplement fait abstraction de tout ce qui aurait dû faire sa vie, un jour.
- Vous n'avez pas répondu à ma question, dit-il.
- Comme vous me faites suivre, vous savez parfaitement ce que je faisais et où j'étais, non ?
Sosuke encaissa la réponse sans broncher et prit sa tasse de thé pour la porter à ses lèvres en réfléchissant à la manière de le faire se livrer.
- Vous êtes venu m'arrêter ? demanda Ulquiorra en s'installant dans le fauteuil en face de lui.
- Non. Mais essayer de comprendre, oui…
- Comprendre quoi ?
- Ceci !
Le jeune étudiant jeta un rapide coup d'œil à la série de photos extraites de son CD que le policier avait jeté négligemment sur la table basse, puis les retourna avant de répondre :
- Y a-t-il vraiment besoin d'explications supplémentaires ? demanda-t-il. Si vous avez trouvez ces photos, vous n'ignorez plus rien de l'identité de cette jeune fille…
Sosuke fut encore une fois soufflé par son aplomb. Il ne niait pas, ne cherchait même pas à se justifier. Il énonçait un fait, c'était tout. Le policier tenta une approcher directe :
- C'est pour ça que tu fabriques ces drogues ? Pour payer une quelconque rançon ?
- Je n'ai rien dit de tel…
- Mais ta sœur est retenue en otage, ne me dit pas que tu ne fais rien pour la sortir de là ! Ce serait peu crédible.
- Encore une fois, je n'ai rien dit de tel… redit-il en sirotant sa tasse de thé. Alors vous m'arrêtez maintenant ?
- Non.
- Non ? Ulquiorra le regarda longuement, cette fois légèrement déstabilisé par sa réponse. Alors que puis-je pour vous ? poursuivit-il.
- Me raconter comment ta sœur s'est fait kidnapper ? Ce serait un bon début…
- Non.
- Non ?
- Si j'avais dû faire appel à la police, ce serait fait depuis longtemps, expliqua-t-il. Vous n'avez pas besoin de mes lumières pour lire la date sur les photos. Pourquoi le ferais-je maintenant ?
C'était sans aucun doute, la plus longue phrase que l'étudiant n'ai jamais prononcé en sa présence ou celle de ses hommes. Sosuke réfléchit rapidement et tenta :
- Je ne suis pas un flic ce soir… je n'ai même pas le droit d'être ici à cette heure tardive.
Ulquiorra eut un sourire mais n'ajouta pas un mot. Sosuke essaya bien de renouer le dialogue mais le jeune homme semblait revenu à son mutisme habituel. Le commandant finit par le laisser mais se promit de trouver le moyen de percer sa carapace.
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Appartement de Kira
Izuru portait, non, traînait Grimmjow comme il pouvait. Le pauvre s'était un peu trop épanché sur son épaule et surtout dans l'alcool. Ça ne lui ressemblait guère. Preuve, s'il en avait fallu une de plus au policier, que son collègue était à bout de nerf. Et après ses explications, bien qu'un peu embrouillées, Kira en avait saisi l'essentiel et comprenait mieux la scène qu'il avait surprise le matin.
Finalement, il l'avait ramené chez lui, ne sachant pas où le jeune policier vivait et ne voulant pas le laisser aux mains du douteux barman qui l'avait dragué ouvertement toute la soirée. Tant bien que mal, il le coucha dans son lit et prit même le temps de le déshabiller sommairement, s'arrêtant à la limite de son intimité en lui laissant son boxer. Grim bredouilla quelques mots, tenta aussi à plusieurs reprises de l'attirer dans le lit avec un sourire plus que lubrique mais Izuru le repoussa et il finit par s'endormir.
Le jeune homme le recouvrit de la couette et se glissa sous une douche chaude pour faire le point sur cette soirée. Il laissa l'eau bienfaisante effacer les vapeurs d'alcool et de fumée qui s'était incrustées dans les moindres pores de sa peau et après s'être lavé corps et cheveux se délassa enfin. Grimmjow l'avait embrassé pendant la soirée et il aurait presque aimé se laisser aller dans ses bras. Seulement dès que le baiser s'était montré un peu plus possessif, l'image de Renji s'était substituée à celle de son partenaire d'un soir. Il avait bien tenté d'en faire abstraction mais c'était peine perdue, il s'en était vite rendu compte. Et il ne fut pas le seul :
- Ce n'est pas ce que tu veux, n'est-ce pas ? avait demandé son collègue, sans paraître vraiment étonné.
Il avait souri tristement en guise de réponse. Grimmjow n'avait pas semblé s'en émouvoir plus que cela :
- On a tous nos démons… avait-il simplement dit, avant de se mettre à boire plus que de raison.
Kira n'avait pas tenté de l'arrêter, sachant pertinemment qu'il avait besoin de décompresser aussi. Après tout, n'étaient-ils pas venus ici pour cela ?
Le jeune homme soupira longuement en revenant au présent et se demanda ce que pouvait bien faire Renji à cette même heure… Presque instinctivement son corps s'embrasa en imaginant son ami en pleine nuit amoureuse avec la douce jeune femme avec qui il passait ses soirées. Il gémit et laissa ses mains vagabonder sur ses points érogènes pour soulager sa quelque peu sa frustration… au moins son invité ne l'entendrait pas gémir le prénom de celui que son cœur avait choisi.
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Il était tard quand Shûhei et Toshiro prirent congés de leur commandant et d'Ichigo. Ils furent raccompagnés jusqu'à la voiture du lieutenant par un des gardes :
- T'es venu à pied ? interrogea Toshiro, ne voyant pas d'autre véhicule que le sien.
- Je n'étais pas chez moi quand tu as appelé. Alors oui, j'ai pris le bus, répondit-il. Tu me ramènes ?
- Monte !
Toshiro s'engagea dans l'avenue, très calme à cette heure tardive et ils poursuivirent la discussion un bon moment avant que le silence s'installe peu à peu dans l'habitacle. Shûhei regardait à la dérobée le profil de son petit ami, à peine éclairé par les lumières de la voiture et de l'extérieur… par intermittence. Il suivit d'un regard appréciateur l'arrête du nez, les rondeurs des joues, le front encombré de son éternelle mèche blanche et finit sa course sur les lèvres fines et pourtant… si douces, avant d'aller se perdre dans la descente de sa gorge et l'ouverture de sa chemise sur le torse à peine dévoilé. Il sentit sa gorge s'assécher alors qu'une douce chaleur prenait naissance dans le creux de son ventre et qu'un long frisson remontait lentement son échine.
Il détourna prudemment le regard avant de lui sauter dessus et ne vit pas le sourire qu'esquissa alors le conducteur. Ils arrivèrent bientôt à destination et Shûhei demanda, par habitude et sans y croire vraiment :
- Tu veux monter un moment ?
- Pourquoi pas ?
- Sérieux ? ne put s'empêcher d'ajouter Shûhei, plus que surpris.
- Laisse-moi juste le temps de trouver une place.
Ce qui fut vite fait.
Le temps qu'ils montent à l'appartement et Shûhei préparait du thé alors que Toshiro visitait le petit studio qu'occupait son collègue et petit ami :
- C'est un peu petit non ? demanda-t-il.
- Bof… finalement je n'y suis pas si souvent tu sais.
- N'empêche…
A son ton, Shûhei releva la tête de sa préparation pour le regarder examiner d'un œil critique son intérieur.
- C'est vrai que c'est la première fois que tu montes, remarqua-t-il.
- Ça t'embête ?
- Que tu sois monté ? Non, sourit le jeune policier. C'est juste que c'est… surprenant.
Toshiro sourit à son tour, sans répondre. C'était vrai en quelque sorte, il en était pleinement conscient. C'était comme si, jusqu'à maintenant, il n'avait jamais vraiment cherché à en savoir plus que ce qu'il connaissait déjà de son compagnon. Avaient-ils seulement pris le temps de parler de leur vie en dehors du travail, de leurs envies, de leurs désirs ? De leur futur ? Tout s'était enchaîné bien trop vite pour cela… et puis, ce genre de relation était, somme toute, nouvelle pour le lieutenant. Alors pourquoi maintenant ? Pourquoi ce soir justement ? Peut-être parce que simplement il avait envie de reprendre sa vie en main, d'avancer enfin. Oui, sûrement quelque chose dans ce genre en tout cas… et cela passait par s'ouvrir un peu à son partenaire, même si ce n'était pas une chose très facile pour lui.
Il revint s'asseoir sur le sofa alors que Shûhei les servait et s'installait à ses côtés mais restait à terre :
- Tu penses vraiment que cette piste va nous rapprocher de la vérité sur Maki ? lui demanda-t-il.
- Je ne sais pas… Mais si l'occasion se présente d'en savoir plus, je ne la laisserai pas passer.
Quelque chose dans son ton incita son compagnon à lui tendre la main en murmurant :
- Viens…
Toshiro se laissa glisser jusqu'à lui et dans l'antre rassurante de ses bras :
- Maki était mon meilleur ami, commença-t-il à voix basse, presque hésitante. Mais je m'aperçois aujourd'hui que je le connaissais bien mal. J'ai peur de ce que je vais découvrir sur l'homme que j'ai toujours cru irréprochable malgré tout ce qu'on a dit de lui. Et Dieu sait que les collègues ne s'en sont pas privés devant moi !
- C'était aussi une façon de t'atteindre… tu as toujours fait des envieux autour de toi.
- C'était mesquin et… cruel.
- Tu le crois toujours innocent ?
- Oui ! répondit sans hésitation Toshiro en le regardant. Pas toi ?
- Je ne sais plus je t'avoue… répondit-il ne se dérobant pas sous son regard scrutateur. J'ai toujours eu tendance à penser qu'il s'était laissé fourvoyer mais… tes certitudes ont fini par ébranler mes convictions.
- Laissons l'avenir nous dire qui a raison ou tort, proposa Toshiro en lui souriant. Parlons d'autre chose que du boulot ce soir…
- Comme ? fit malicieusement Shûhei.
- Comme… Pourquoi ne viendrais-tu pas vivre chez moi ? C'est plus grand, et on ne serait pas obligé de sans cesse remettre nos rendez-vous quand l'un ou l'autre reste au boulot.
Hisagi en fut si étonné qu'il en resta muet. S'il y a bien une chose à laquelle il ne s'attendait pas, c'était bien celle-là. Mais après tout, c'était tout à fait dans le caractère de celui qu'il avait choisi. Pragmatique en toute circonstance ! Mais n'était-ce que ça ? Son visage tourné vers lui en ce moment exprimé aussi une certaine… anxiété ?
- Toshiro… c'est… c'est…
Mais incapable d'exprimer la joie qu'il ressentait, il prit possession de sa bouche dans un baiser enflammé. Si son lieutenant fut un peu surpris, il n'en répondit pas moins avec autant de passion.
Quelques baisers plus tard, ils étaient tous deux allongés sur le plancher, ayant oublié le thé qui refroidissait et même l'enquête en cours.
Shûhei connaissait l'inexpérience de celui qui ce soir allait devenir son amant d'une relation entre homme, aussi tenta-t-il de se maîtriser pour ne pas se laisser emporter par le flot de bonheur qu'il l'avait saisi à sa demande si inattendue. Mais tout son corps vibrait d'impatience et Toshiro le ressentit pleinement quand ils se retrouvèrent l'un sur l'autre. Il sourit et attrapa le visage de son compagnon des deux mains :
- Je suis prêt Shûhei… le rassura-t-il. Autant que je puisse l'être…
- Toshiro… J'ai peur, c'est ironique non ? répondit-il en se redressant un peu au-dessus de lui.
- Dans ce cas…
D'un mouvement souple, le lieutenant inversa leur position. Devant l'air surpris de son compagnon, il sourit et fit passer sa chemise par-dessus-sa tête, lui offrant la vue et l'accès à son torse. Puis, l'étonnant encore plus, lui ôta son haut également. Doucement ensuite, ses doigts vinrent dessiner les contours de son tatouage sur son visage avant de descendre sur son bras, y faisant de même. Shûhei n'avait pas bougé, bien trop pris de court par son audace pour réagir encore, mais frissonnait violement à ses touchers pourtant encore légers et incertains. Timides aussi, certainement. Il ferma les yeux pour savourer ce moment. Peut-être leur premier de véritable intimité, de complicité aussi, car au-dessus de lui, Toshiro souriait. Et cela suffisait à faire chavirer son cœur de bonheur.
Le lieutenant s'enhardit un peu et vint poser ses lèvres sur la peau bronzée aux effluves enivrantes. Un rien de peur, d'appréhension l'empêchait encore de se laisser aller totalement à ces sensations qu'il découvrait. Pourtant, il ne résista pas à l'envie de venir picorer un mamelon qui se tendit sous cet assaut. Shûhei gémit et posa ses mains sur ses hanches qu'il commença à caresser doucement, ne voulant pas être en reste.
Leurs bassins s'étaient fondus l'un dans l'autre et ondulaient lentement, au rythme de leurs gestes, encore retenus. Toshiro frissonna quand Shûhei remonta lentement ses mains le long de ses flancs, pour venir se perdre dans le haut de son dos et redescendre le long de sa colonne vertébrale. Ses reins se creusèrent alors qu'il prolongeait sa caresse sur ses fesses puis s'égaraient sur ses cuisses. Un son, doux aux oreilles de son partenaire, lui échappa alors qu'elles finissaient leurs courses dans la ceinture de son jean, sur son ventre, malgré le peu d'espace qu'il y avait entre eux. Shûhei ouvrit les yeux. Toshiro avait à demi fermé les siens, comme pour mieux profiter du moment. Sa mèche blanche balayait son front au rythme de ses ondulations et ses joues s'étaient un peu empourprées. Pourtant ses perles d'eau accrochèrent son regard, comme le défiant. Un rien supérieur, comme à son habitude. Il sourit :
- Tu aimes ?
- Idiot… murmura Toshiro. Embrasse-moi…
Shûhei se souleva pour obéir et lui permettre de se laisser glisser pour qu'ils changent de position. Ils se retrouvèrent à genoux l'un en face de l'autre, échangeant un baiser passionné qui les laissa sans souffle. Il y eut un instant de flottement avant que Shûhei ne s'attaque aux vêtements qu'il portait encore et qu'il envoya bientôt valser au loin. Toshiro resta, quelques secondes, interdit devant la vision de son sexe tendu et frémissant, qu'il sentait impatient. Déjà Shûhei s'occupait de le mettre aussi nu que lui.
Ils basculèrent à nouveau sur le sol, mais dans la position inverse. Toshiro en-dessous. Ce dernier gigota, mal à l'aise dans un premier temps. Shûhei le recouvrit mettant en contact leurs peaux nues et leurs virilités. Le corps sous lui se tendit et frissonna violement alors qu'un râle leur échappait à tous deux. Presqu'aussitôt les mains de son lieutenant l'agrippèrent aux épaules alors qu'il se mettait à bouger, les yeux refermés sur les sensations qui le parcourait.
- Parle-moi… murmura son compagnon un peu inquiet.
- C'est… bon…
Oui c'était bon. Même plus que ça, pensa furtivement Toshiro. Dire qu'il n'appréhendait pas ce moment aurait été faux, et il le savait. Mais en petit ami consciencieux, il s'était quand même documenté un minimum sur la chose. Il ne voulait pas décevoir Shûhei. Aussi étrange que cela puisse paraître, c'était sans doute sa plus grande angoisse. Le décevoir, le perdre maintenant alors qu'il avait pris une telle importance dans sa vie… Il préférait ne même pas y songer.
Il ne tiendrait plus longtemps. La vague enflait en lui. Il la sentait déferlée avec une intensité qu'il n'aurait pas crue possible. Son corps s'arqua dans un dernier soubresaut alors qu'un long feulement lui échappait. Il ouvrit les yeux, inquiet de ne pas avoir su ou pu attendre son partenaire, mais ce dernier cueillit ses lèvres en s'arquant à son tour, déversant lui aussi sa semence entre eux.
Ils restèrent enlacés, profitant encore des dernières ondes de plaisir qui les parcouraient.
- Désolé… murmura Toshiro, un peu gêné d'avoir si peu résisté.
- De quoi ? interrogea Shûhei en se soulevant pour capter son regard. On a tout notre temps… Et la nuit ne fait que commencer.
Son lieutenant rougit à cette réflexion, ce qui émut le jeune policier, qui caressa son visage :
- Ce n'est pas un examen, tu sais. Je ne te jugerai pas à tes performances… ce qui importe pour moi ce soir, c'est simplement que tu y prennes autant de plaisir que je le fais.
Toshiro tourna la tête, plus gêné encore.
Mais Shûhei n'en tint pas compte et bougea pour recommencer à découvrir son corps en commençant par son cou pour descendre ensuite lentement mais sûrement sur son torse et son ventre. Il le sentait tendu sous lui mais s'efforça de le mettre peu à peu en confiance. Et y parvint progressivement. D'abord timidement son lieutenant recommença à lui prodiguer quelques caresses lui aussi.
L'attention, la douceur mais aussi la passion que mettait son partenaire détendit effectivement Toshiro doucement. Il s'aventura alors à participer à cet échange, un peu gauchement dans un premier temps. Mais s'enhardit en obtenant un gémissement un peu plus soutenu et un « Oh oui… », quelque peu incontrôlé. Sans doute venait-il de trouver un des points érogènes de Shûhei. La suite s'enchaîna presque naturellement.
Il inversa de nouveau leur position, reprenant pour un temps la direction de l'échange. Jusqu'à ce qu'il roule à nouveau sur le plancher et que son amant le surprenne encore en prenant son sexe en bouche. Il suffoqua de plaisir à ce nouveau traitement. Ses ongles crissèrent sur le parquet tant les sensations nouvelles le dévastaient. Un long moment il savoura simplement, se laissant griser et exciter par cette caresse ô combien indécente.
Mais il ne voulait pas être en reste. Un sursaut de lucidité le traversa et il bougea pour reprendre le contrôle et infliger la même torture à son compagnon. Shûhei le laissa bien volontiers faire. Il le connaissait assez pour savoir qu'il n'aurait pas le dessus dans leurs ébats, à moins qu'il ne le souhaite. Et s'en fichait royalement. Tout ce qui comptait pour lui était là. L'amour de sa vie l'acceptait enfin tel qu'il était, l'aimait et le lui montrait. Ses gestes se faisaient de plus en plus précis, de plus en plus appuyés… de plus en plus enivrants. Sa gêne du début semblait reléguée au fin fond de son esprit et il s'éveillait à cet instinct de dominateur qui ne le quittait jamais vraiment. En était-il seulement conscient ? se demanda-t-il en plongeant avec délice dans les divines sensations.
Toshiro n'était certes pas un expert dans les relations amoureuses entre hommes, mais savait ce qu'il voulait. Et pour l'instant ce qu'il désirait était juste là, sous lui. Cet homme qui l'avait peu à peu poussé à voir la vérité en face, à partager cet amour qu'il pensait impossible, il voulait le faire sien. Plus que tout. Petit à petit, ses caresses s'étaient faites plus précises sur une autre partie de son anatomie et d'instinct, comme pour l'y inviter, son amant s'était soulevé, lui en donnant l'accès. Mais il se refusait à le blesser :
- Shûhei… murmura-t-il entre deux caresses.
Ce dernier lui indiqua d'un geste une petite table à côté du divan qui possédait un tiroir. Toshiro l'abandonna un court instant le temps de trouver ce qu'il cherchait.
Shûhei en profita pour reprendre son souffle et ferma les yeux. Le froid du gel qui entra en contact avec sa peau le fit violement frissonné. Quelques minutes plus tard, il perdait toute notion de réalité.
Toshiro prit son temps, faisant vibrer le corps de son amant d'abord avec ses doigts, le préparant à sa venue. Il n'avait plus de doute, plus d'hésitation. Il aimait cet homme et voulait le voir encore et encore frémir sous ses assauts. Il prit possession de son corps d'une seule poussée.
Shûhei ouvrit la bouche sur un cri muet. Ses doigts s'agrippèrent à ce qu'il pouvait, tentant vainement de reprendre son souffle. Toshiro lui imposa tout de suite son rythme, l'emmenant toujours plus loin vers les abysses du plaisir. Il se sentit soulever de terre et son compagnon l'assit sur lui avant de s'emparer de ses lèvres dans un baiser sauvage. Il saisit ses épaules et renversa la tête en arrière, un long feulement lui échappant. Sa main glissa vers son sexe, mais son amant de devança et s'en empara.
Un instant son regard croisa celui de son compagnon dont les yeux s'étaient voilés d'une flamme sauvage. Une flamme qui allait l'emporter et le consumer au-delà du simple plaisir.
Toshiro avait quitté la réalité. Le bruit de leurs chairs se heurtant encore et encore, les gémissements de son compagnon, ses propres râles faisaient enfler la vague menaçant de le submerger. Il résista autant qu'il put, mais bientôt le corps entre ses bras s'arqua dans un ultime soubresaut. Il ne fut pas long à faire de même et plongea une dernière fois dans cet antre si accueillante en poussant un dernier rugissement.
Puis leurs corps se serrèrent d'instinct l'un contre l'autre, savourant les dernières décharges de plaisir les traversant encore.
Ils reprirent doucement conscience des bruits de la circulation leur parvenant à travers les fenêtres du petit studio. Une sirène lointaine acheva de les ramener à la réalité. Combien de temps s'était-il écoulé ? Ils ne savaient pas et s'en fichaient. Ils étaient bien, simplement.
Toshiro sentit alors la respiration de son amant tout contre son cou. Son souffle le chatouillait doucement. Puis ce dernier frissonna :
- Tu as froid ? demanda-t-il.
- Hum…
- C'est pas une réponse ça, se moqua-t-il gentiment en lui relevant la tête pour plonger son regard dans le sien. On sera mieux au lit…
Presque à contrecœur, Shûhei obtempéra et ils bougèrent lentement. Le canapé fut vite déplié et ils se glissèrent sous la couette avec plaisir. Toshiro le laissa se blottir contre lui et après quelques baisers et caresses légères, Shûhei plongea dans les bras de Morphée. Longtemps son lieutenant l'observa à la seule lueur des lumières urbaines, promenant ses doigts sur le visage calme et serein. Puis, sentant lui aussi le sommeil l'envahir, il murmura doucement en déposant un chaste baiser sur ses lèvres :
- Je t'aime…
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Cercle de jeux
Comme chaque nuit, Yoshi veillait à la bonne marche de son établissement. Les jumeaux Ho et Ban l'y aidaient en filtrant les entrées. En cas de problème, Go Koga se chargeait de faire respecter la loi régnant en ce lieu. La loi de leur maître à tous, Jin Kariya.
A sa droite, plusieurs tables de jeux étaient en activités dans la petite salle ouverte sur le bar, ce qui permettait aux clients de commander d'un simple geste, les serveuses attendant leur bon vouloir.
A sa gauche, quelques petites salles fermées où se déroulaient les parties de poker à caractère privées. On y entrait que sur invitation. Seules deux étaient occupées cette nuit.
Devant elle, entre l'entrée et le bar, les éternelles machines à sous, qui attiraient toujours quelques clients, venus tenter leur chance.
Ce soir-là était plutôt calme et le colosse était venu au bar faire une pause et discuter avec la patronne. Celle-ci semblait inquiète et s'en ouvrit à son compagnon, aussi bien ici que dans la vie :
- Il se passe quelque chose, lui dit-elle. Je le sens.
- Tu te fais des idées ! Arrête donc ! Jin était comme d'habitude à la réunion d'aujourd'hui.
- Tu lui voues une confiance aveugle ! Tu oublies ce qui s'est passé…
- Tais-toi ! la coupa-t-il. Je refuse de parler de ça !
Elle haussa les épaules alors qu'il regagnait sa place aux entrées malgré le peu de client. Il ne dirait rien, comme d'habitude. Mais son instinct ne la trompait pas, elle en était certaine, l'étau se resserrait autour d'eux. Elle soupira et continua son travail, plus inquiète que jamais. Elle passa dans la petite pièce derrière le bar et mit à réchauffer les plats cuisinés qu'elle avait apportés, les disposa sur deux plateaux, prenant soin de ne mettre qu'une cuillère en plastique après avoir vérifié que les morceaux étaient assez petits. Yoshi y rajouta deux bouteilles d'eau et revint au bar d'où elle fit signe à Koga qui revint lentement jusqu'à elle :
- C'est prêt ! Je t'ouvre, dit-elle en se dirigeant vers une porte habilement dissimulée dans le décor qu'elle lui ouvrit.
Chargé des deux plateaux, il s'y engouffra, la porte se referma sur lui et Yoshi reprit sa place derrière le bar.
Matsumoto Rangiku, installée derrière une machine à sous, fit descendre lentement le levier pour la dernière fois de sa soirée. Ça faisait maintenant trois nuits quelle venait, comme bon nombre ici, essayer de décrocher la cagnotte. Sans gros résultat bien entendu. Au plus, récupérait-elle quelques piécettes au hasard de ses jeux.
Elle jura bruyamment alors que la machine lui affichait trois symboles différents, faisant sourire la jeune femme chargée de la surveillance de cette partie de l'établissement, qui afficha rapidement un visage neutre en se dirigeant vers elle, pour la consoler et lui proposer de changer encore un peu d'argent. Ce que Matsumoto refusa poliment, enfin presque, avant de se diriger vers la sortie :
- Un souci ? demanda Koga qui revenait à son poste à la jeune femme.
- Non, rien qu'une cliente mécontente d'avoir perdu, répondit-elle en s'éloignant déjà vers d'autres clients.
Matsumoto elle, fronça les sourcils en reconnaissant derrière une machine à sous un de ses collègues de la Brigade Criminelle. Elle sortit sans rien dire mais n'était pas au bout de ses surprises pour ce soir. Dans la rue qu'elle prit pour rejoindre sa voiture elle se trouva bientôt nez à nez avec une autre de ses connaissances et pas de moindre !
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Le lendemain, parking du bâtiment de la police.
- Ichigo ! cria Renji en apercevant la silhouette familière du jeune homme près de l'ascenseur. Ça fait du bien de te voir là !
- Salut ! Comment ça va ?
- Pas trop mal et toi ?
- Mieux depuis que je suis là ! sourit l'orangé.
- Je te rappelle que tu ne sors du bureau sous aucun prétexte sans être accompagné, retentit la voix de Byakuya un peu plus loin qui arrivait tranquillement. C'est à cette unique condition que tu es ici !
- Mais c'est déjà tellement !
- Bon retour ! fit Renji en souriant alors que s'ouvrait devant eux la cabine de l'ascenseur.
Ils s'y engouffrèrent en discutant joyeusement. Enfin Renji et Ichigo uniquement.
- Attendez ! cria la voix de Grimmjow qui lui aussi avait vu son jeune collègue.
Obligeamment, Byakuya maintint les portes ouvertes le temps que le jeune homme les rejoigne. Il était accompagné de Kira qui salua tout le monde à la cantonade, et se plongea ensuite dans la contemplation de ses chaussures, voulant à tout prix éviter de croiser le regard de son ami. Ce dernier fronça les sourcils, une désagréable sensation au creux du ventre.
A suivre…
