Hello !

Héhé, pour me faire pardonner mon gros retard du week end dernier, je poste ce chapitre en avance :p (au fait, merci à tous pour vos reviews, je n'ai pas eu le temps de répondre mais sachez que je les ai adoré :D)

Bonne lecture !


Le club des amateurs de tricot – Chapitre 8

Trahison

- « Je suis désolé. »

- « ... »

- « Écoute, Hime, je suis vraiment navré. »

- « ... »

- « S'il te plait, dis quelque chose ! »

- « Va te faire voir, Hatake. »

Hime entendit plus qu'elle ne vit le regard étonné de Kakashi, mais ne s'embêta pas à tourner la tête dans sa direction. Non, elle ne lui donnerait même pas le luxe de croiser son regard. Plus jamais.

De toute manière, elle n'était pas certaine qu'elle pourrait se retenir de lui sauter à la gorge si elle voyait son visage, déjà que le fait d'entendre sa voix la faisait trembler de rage. C'est pourquoi ses yeux gris se fixèrent obstinément sur le mur de la chambre d'hôpital.

- « Je n'avais pas le choix, et tu le sais. »

La jeune fille alitée manqua de s'étrangler. Pas le choix ?! PAS LE CHOIX ?! Quelle excuse minable pour sa trahison !

- « On a toujours le choix ! » cracha-t-elle.

- « Ah oui ? » rétorqua le jounin, dont le verni de calme apparent commençait à se craqueler sous la colère. « Alors tu aurais dû choisir de sauver Obito, dans ce cas ! »

Hime tourna brusquement la tête, ignorant la vive douleur dans son dos, et croisa finalement le regard de Kakashi. L'intensité des ondes meurtrière qu'elle émettait aurait fait reculer n'importe quel personne saine d'esprit. Mais hélas, cet homme-là n'était pas n'importe quel homme. Il n'avait pas encore entièrement le flegme et l'attitude cool qu'il aurait d'ici quelques années, mais déjà les menaces de mort le laissaient de marbre.

- « C'était différent. La mort d'Obito devait arriver. C'était une affaire de destinée. En revanche, je ne vois absolument pas pourquoi tu devais me trahir. »

- « Hime » reprit-il d'une voix désolée. « J'ai fait une promesse à Obito, et... »

De nouveau, elle riva son regard au mur, sans écouter la suite de l'excuse qui, de toute manière, ne la satisferait pas. Elle sentait des larmes arriver, et ne voulait pas que Kakashi puisse les voir. La jeune fille s'appliqua donc à fusiller le mur du regard comme si sa plus grande ambition dans la vie était de le détruire.

Kakashi et elle avaient été amis depuis quelques mois, et s'étaient entendus à merveille. Même si elle avait refuser de se l'avouer, Hime s'était secrètement réjouie en apprenant que Rin et lui n'étaient pas un couple, malgré les sentiments explicites de cette dernière. Le jeune homme était trop aveuglé par la promesse qu'il avait faite à Obito pour voir Rin autrement que comme celle qu'il devait protéger à tout prix, celle que son meilleur ami aimait plus que sa vie.

Au début, Hime avait éprouvé une certaine satisfaction à voir les lèvres de Rin se pincer lorsque Kakashi et elle se comportaient en amis normaux, voir même proches. Elle s'en était voulu, mais n'avait pas pu s'empêcher d'éprouver un sentiment de victoire. Peut-être qu'encore une fois, son karma la punissait ?

Et puis il y avait eu la dernière mission, dont le but avait été d'attaquer et de tuer Orochimaru, qui avait fui Konoha il y a peu. Évidemment, Hime avait su dès le départ que cette mission était vouée à l'échec, vu qu'Orochimaru apparaîtrait dans l'histoire d'ici quelques années, mais cela ne l'avait pas empêchée de se donner à fond, comme toujours. Et, bien sûr, ils avaient trouvé la place qu'ils devaient fouiller, mais elle était vide.

Excepté les quelques nuke-nins embauchés par le sannin fou, qui leur avaient gracieusement tendus une embuscade. Le combat s'était annoncé rude, c'était le moins qu'on puisse dire.

Hime ne se souvenait plus exactement des détails : un combat était un combat. Violence, sang, jutsus qui volent de partout. Lames qui s'entrechoquent, hurlements.

La routine, quoi. Mieux valait ne pas trop chercher à graver ce genre de souvenirs dans sa mémoire si l'on ne tenait pas à devenir fou. Puis, elle ne savait plus exactement comment cela était arrivé, mais elle s'était retrouvée en mauvaise posture, entourée par trois ennemis.

Tout en se défendant du mieux qu'elle pouvait, Hime avait lancé un regard désespéré autour d'elle. Tigre et Cobra étaient en plein combat mortel, ça aurait été stupide de les appeler à l'aide, et ça n'aurait fait que les déconcentrer dans un moment crucial. Puis elle avait repéré Loup, qui venait juste d'achever un ennemi, d'un coup de Chidori en plein cœur. Lorsqu'elle avait crié à l'aide, une autre voix s'était superposée à la sienne : Biche, à quelques mètres, qui était en difficulté face à un ennemi particulièrement acharné. Loup ne pouvant pas les sauver toutes les deux, il avait dû choisir.

Il n'avait pas hésité.

D'un bond, il s'était propulsé vers Rin, puis avait engagé le combat à ses côtés. Choquée et meurtrie, Hime n'avait pu que le regarder, oubliant jusqu'à l'existence de ses trois adversaires. Jusqu'à ce que l'un d'entre eux lui rappelle sa présence en enfonçant sa lame dans son dos sans protection, traçant un profond sillon dans sa chair, de sa hanche gauche jusqu'à son épaule droite.

Hirondelle avait hurlé, de rage et de douleur, mais Loup n'était pas venu, trop occupé à défendre Biche. Un kunai s'était enfoncé dans son dos déjà blessé, et elle était tombée à genoux. Puis elle avait joint les mains, et libéré toute sa fureur avant que les trois ennemis n'aient pu s'attaquer encore à elle. C'était un jutsu qu'elle n'avait jamais utilisé, car l'idée la dégoutait trop : inspirée par Gaara, elle avait fait jaillir du sol une épaisse prison de terre et de roche autour de ses ennemi, avant de la compresser violemment. Les adversaires avaient succombé, dans un affreux craquement d'os broyés.

Hime ferma les yeux au souvenir de ce son, et retint à grand peine une envie de vomir. Elle s'était promit de ne jamais utiliser ce jutsu, mais là elle n'avait pas eu le choix. La jeune fille avait déjà tué des gens, oui, mais jamais de cette manière là, c'était trop atroce ! Le pire était sans doute que sur le moment, lorsqu'elle avait fermé les poings et senti les vies de ces trois hommes entre ses mains, elle avait aimé ça. Elle avait apprécié cette sensation de puissance, de tenir trois vie entre ses doigts, puis de les écraser sans pitié.

Jamais auparavant elle ne s'était sentie aussi dégoutée d'elle-même. Et tout ça, c'était de la faute de Kakashi. Parce-que, promesse à Obito ou pas, il l'avait trahie.

- « Je... »

- « Non » coupa-t-elle sans le regarder. « Ça suffit comme ça. Va-t-en. »

Hime ferma obstinément les yeux, pour ne pas voir Kakashi lorsqu'il quitterait la pièce. Elle entendit un léger soupir résigné, puis le craquement d'une chaise. La porte s'ouvrit doucement. Quelques secondes passèrent, pendant lesquelles elle sentit sur elle le regard de son ami, puis la porte se referma finalement avec un doux claquement.

La jeune fille ouvrit les yeux et contempla la chambre vide. Elle se concentra, cherchant à sentir la moindre émission de chakra suspecte, mais il n'y en avait pas. Elle était seule.

Alors elle s'autorisa enfin à libérer ses larmes.


Six mois plus tard

Hime trempa les lèvres dans le petit verre de sake, appréciant la chaleur de l'alcool sur sa langue. Elle était dans un petit bar, en compagnie d'Anko et Genma. Cela faisait des mois qu'elle ne les avait pas vu, et elle était vraiment heureuse de pouvoir sortir avec eux, comme au bon vieux temps. Ça faisait maintenant six mois qu'elle avait quitté les ANBU, redevenant une simple jounin, comme avant.

Sandaime avait accepté sa démission à contre-cœur, et lui avait confié qu'il regretterait sans doute de laisser filer ainsi une spécialiste de l'infiltration aussi compétente. Hime en avait rosi de plaisir, mais sa décision n'en était pas moins resté irrévocable : après la mission désastreuse au repaire d'Orochimaru, il n'était plus question qu'elle fasse partie des ANBU (et encore moins de l'équipe Loup).

- « Alors, comment ça se passe, la vie d'ANBU ? » demanda-t-elle à ses anciens coéquipiers.

- « Tu nous manques ! » gémit Anko en prenant une expression dramatique. « Si tu voyais ton remplaçant... Tenzou est un fanatique de Kakashi, il le suit partout comme un toutou et ne jure que par lui ! C'est insupportable ! »

Hime pouffa de rire, et se retint de demander des nouvelles du capitaine d'équipe. Depuis six mois qu'elle l'évitait soigneusement et s'appliquait à vivre comme s'il n'existait pas, ce n'était pas le moment de tout foutre en l'air...

- « Et toi, qu'est-ce que tu deviens ? » l'interrogea Genma, en mordillant une aiguille d'un air absent.

- « Bah... La trépidante vie de jounin ! Mission, rapport, mission, rapport, mission, rapport, jour de repos. Et ça recommence. »

En fait, Hime avait bien d'autres occupations. Sans compter les réunions du club et le pull qu'elle avait commencé à confectionner pour l'anniversaire d'Eichiro, elle s'était aussi trouvé une autre occupation qui lui demandait énormément de doigté.

Ça avait commencé quatre mois plus tôt, lorsqu'elle marchait rêveusement dans une rue animée. En dépit du boucan ambiant, un son avait capté son attention : des sanglots d'enfant. Attirée par ce bruit, Hime en avait rapidement localisé la source, et s'était rendue dans la petite ruelle sombre adjacente. Là, elle avait découvert un petit garçon blond qui pleurait, assis par terre. À ses pieds, en jouet en bois. L'objet avait été brisé et piétiné, sans doute pas par accident.

Hime avait alors vu les marques en forme de moustache sur les joues de l'enfant. Naruto. Avec ses missions d'ANBU et les Mary-Sue, elle avait oublié jusqu'à son existence, alors même qu'elle avait promis au Yondaime de veiller sur lui ! Sur le moment, elle avait eu envie de se donner des baffes. Au lieu de ça, elle s'était approchée doucement de l'enfant éploré, et l'avait pris dans ses bras.

Le gamin s'était d'abord raidi, apeuré, puis s'était laisser aller à son étreinte. Durant de longue minutes, il avait pleuré sur son épaule, jusqu'à s'endormir dans ses bras. Hime avait continué longuement à le bercer, puis l'avait soulevé aussi doucement que possible, et s'était rendue au petit appartement de l'enfant.

Après avoir allongé Naruto sur son petit lit, elle avait procédé à un nettoyage complet de l'appartement en bazar. Puis elle était lui acheté un nouveau jouet, qu'elle avait placé sur sa table de nuit, pour qu'il puisse le voir en se réveillant le lendemain.

Depuis, elle avait continué ainsi. En veillant à ne jamais se faire voir par Naruto, elle passait souvent chez lui pour nettoyer, préparer un repas qu'elle laisserait dans le frigo, lui offrir un nouveau jouet pour remplacer ceux que les villageois cassaient. Pour que l'enfant sache qu'il n'était pas seul, même si elle ne devait pas le voir.

Bon, c'est vrai que ce genre d'interdiction ne l'avait jamais arrêtée auparavant, que ce soit avec Obito, Kakashi ou les autres, mais là il s'agissait tout de même de Naruto ! Il était vital pour l'histoire qu'il ne la connaisse pas, vu que le premier adulte auquel il allait se lier allait être Iruka. Mais ça ne l'empêchait pas de veiller sur lui de loin, discrètement. Et maintenant, lorsqu'elle voyait l'enfant, elle voyait qu'un sourire déterminé avait remplacé son expression désespérée d'avant. Ça lui faisait toujours chaud au cœur.

- « Hé, Hime, tu m'écoute ? »

La jeune fille sursauta, et s'excusa de son auprès d'Anko, qui était en train de lui raconter la dernière mission de l'équipe Loup. Genma agrémentait le récit de quelques commentaires, corrigeant parfois certains détails. Ils insistèrent tous les deux sur le grand avantage que représentait Tenzou, lorsqu'il faisait jaillir un hôtel du sol pour camper le soir.

- « Et puis là, je lui ai dit que... »

Mais Hime coupa Anko d'un geste vif de la main tout en se retournant brusquement. Un coup d'œil vers la porte lui apprit que Kakashi venait d'entrer dans le bar, accompagné de Rin. Repérant, le petit groupe, ils se dirigèrent vers eux. Hime détourna les yeux, veillant à ne pas croiser le regard de son (ancien) ami.

- « Bon, désolée les gars, il faut que je file ! » chuchota-t-elle précipitamment.

Une seconde plus tard, elle disparut dans un pof de fumée blanche.


- « Tu es sûre que ça va aller ? »

- « Oui. »

- « Tu n'as rien oublié ? »

- « Non. »

- « Tu es sûre ? S'il y a le moindre problème, n'hésite surtout pas à m'appeler, tu sais que je viendrais aussitôt te voir ! »

Hime laissa échapper un soupir las, et tenta de produire son plus beau sourire rassurant et charmeur. Cela ne sembla pas rasséréner Shuhei, bien au contraire.

- « Je t'ai mis de la nourriture dans le frigo » babilla-t-il, en proie à une grand agitation. « Sur le tableau de la cuisine, j'ai noté le numéro d'urgence à appeler en cas d'empoisonnement. »

- « Oui, Shu, je sais. »

- « Toutes tes affaires sont dans ces cartons-là. Je t'ai acheté des casseroles et des poêles, elles sont dans ces boites. Il y a des assiettes et des couverts dans le placard. Tu vas devoir te débrouiller, tu sais ? Tu y arriveras ? »

Hime se retint de rétorquer que si elle prenait son propre appartement, c'était justement pour pouvoir se débrouiller seule. Au lieu de ça, elle s'appliqua à rassurer du mieux qu'elle pouvait son oncle. Shuhei était en train de subir une crise d'anxiété, à l'idée de voir sa nièce quitter le nid.

- « Ne t'inquiète pas, Tonton, je suis une grande fille, maintenant. »

Shuhei sembla enfin retrouver un semblant de calme, et adressa à celle qu'il considérait comme sa propre fille un sourire désolé.

- « Excuse moi, petite princesse, mais pour moi tu seras toujours la petite peste que Gin m'a collée entre les pattes. J'ai l'impression que c'était hier. »

La jeune fille détourna les yeux, alors qu'un bruit d'os broyés lui revenait en mémoire. Pour elle, la période de son enfance était à des années lumières, mais pas question de donner à Shuhei une raison de plus de s'inquiéter.

- « Tout ira bien, et puis tu pourras venir me voir quand tu voudras ! » sourit-elle.

Il lui fallut encore une heure pour persuader son oncle qu'elle n'allait pas mourir de solitude, ni d'une intoxication alimentaire. Puis il partit enfin, bien qu'en traînant les pieds, et en lui arrachant la promesse de l'appeler au moins une fois par semaine.

Une fois qu'elle fut seule, la première chose qu'Hime fit dans son nouvel appartement fut d'installer des pièges. En tant que spécialiste dans le domaine d'entrer chez les autres, elle savait quels pièges étaient difficiles à déjouer, aussi s'appliqua-t-elle à faire de sa maison un véritable coffre-fort. Depuis qu'elle avait entr'aperçu Kakashi, l'autre jour au bar, il avait à nouveau tenté de la contacter. Si jamais il tentait de s'introduire chez elle pour lui parler, il aurait une mauvaise surprise !

Une fois qu'elle eut terminé, elle s'attela joyeusement au déballage de ses cartons. Son appartement était spacieux, mais pas trop, avec une chambre, une cuisine, un salon et une salle de bain. Avec l'argent qu'elle avait économisé, elle avait acheté des meubles confortables, et se sentait vraiment chez elle. D'ailleurs, la première chose qu'elle fit pour marquer son territoire fut de poser Mia sur l'étagère de sa chambre. Oui, maintenant elle était chez elle.

Tout en chantonnant joyeusement, elle continua à déballer puis à ranger ses affaires. Au bout de trois heures, elle avait terminé. Avec une immense satisfaction, elle entreprit aussitôt de se servir une tasse de thé, avec sa théière, dans une de ses tasses, dans son appartement.

S'installant confortablement sur son canapé, elle bu son thé avec délice (étrangement, il avait bien meilleur goût ainsi, lorsqu'elle le dégustait chez elle). Elle ferma les yeux, profitant à fond du bonheur que lui procurait l'idée d'avoir enfin un appartement à elle. Demain, elle irait voir Naruto, et lui préparerait un gâteau. Il ne saurait jamais ce qu'elle fêtait, mais elle savait que ça lui ferait sûrement très plaisir. Oui... Un gâteau... Ou bien... Des ramen... Il adore les... Ramen...

Toc toc toc !

Hime ouvrit aussitôt les yeux. Il faisait sombre dans l'appartement, et elle étouffa un bâillement. Depuis combien de temps s'était-elle endormie ?

Toc toc toc !

La jeune fille se leva laborieusement, et alluma la lumière. L'horloge lui indiqua qu'il était deux heures du matin, et un bouffée d'agacement l'envahit. Qui est-ce qui venait frapper à sa porte à cette heure-ci ?!

TOC TOC TOC !

Le bruit se fit plus insistant. Réprimant un grognement, elle ouvrit la porte pour découvrir Kakashi. Son sang s'embrasa, mais elle ravala toutes les insultes et les commentaires sarcastiques qui lui montaient aux lèvres. Au lieu de ça, elle se composa un masque froid et haussa un sourcil.

- « Hatake. Comment sais-tu où j'habite ? »

Elle devina le pli d'un sourire penaud sur le masque de son ami. Non, non, ancien ami j'ai dit.

- « Anko m'a dit que tu emménageais ici ce soir. »

- « OK. Et... Que fais-tu chez moi à une heure aussi tardive ? »

Il y eut un silence. Kakashi et Hime s'affrontèrent du regard, aucun des deux ne voulant se résoudre à baisser les yeux.

- « Je voudrais que tu cesse cette mascarade, et que tu réintègre l'équipe. »

Hime ne bougea pas d'un cil, comme si cette phrase lui était passée au dessus de la tête.

- « … Et je voudrais que tu redeviennes mon amie. » finit par ajouter le jeune homme, avec difficulté. « Tu me manques. »

Au fond d'elle-même, Hime se sentit ébranlée par cette déclaration. Son cœur se mit à battre la chamade, mais elle l'ignora. Au lieu de ça, elle laissa sa colère prendre le dessus, et six mois de non-dits refirent soudain surface.

- « Rin avait un adversaire. Moi, j'en avais trois qui m'attaquaient. Pourquoi l'as-tu choisie elle ?! » explosa-t-elle. « Te souviens-tu de ce que j'ai dû faire pour survivre, pendant que tu défendais ta chère dulcinée ? C'est une technique que je m'étais jurée de ne jamais utiliser, tant elle est horrible ! Toutes les nuits, j'entends encore leurs hurlements et leurs os qui craquent alors que je les broie sans pitié ! Tu m'entends, Hatake ?! Toutes les nuits, ça me hante encore et encore ! Par ta faute ! »

Elle s'arrêta, pantelante, et repris son souffle. Face à elle, Kakashi n'avait pas bougé d'un iota.

- « J'ai promis de protéger Rin. » murmura-t-il.

Hime eut envie de hurler, mais elle se sentit trop fatiguée pour cela. Au lieu de ça, elle regarda longuement Kakashi.

- « C'est tout ce que tu as à me dire ? » demanda-t-elle doucement.

- « Je me suis déjà excusé, il y a six mois. »

- « Et que feras-tu la prochaine fois, Kakashi ? » demanda Hime. « Que feras-tu la prochaine fois que tu m'abandonneras au profit de Rin ? »

S'il répondait « Je ne t'abandonnerais plus », elle savait qu'elle serait prête à se jeter à son cou, lui pardonner et réintégrer l'équipe. Elle savait que s'il prononçait ses mots, elle pourrait lui faire assez confiance pour l'accepter à nouveau comme capitaine et comme ami. Espérant de toute ses forces, elle lui adressa un regard suppliant.

Kakashi fronça les sourcils, et s'absorba dans la contemplation du paillasson. Puis il regarda à nouveau Hime. Celle-ci sut aussitôt ce qu'il allait dire, et son cœur sombra.

- « Je m'excuserais à nouveau. »

Hime ferma les yeux, et serra les lèvres. En cet instant précis, elle n'avait pas d'autre désir que d'enfoncer son poings dans la figure du jeune homme, puis de l'égorger avec un kunai. Mais bon, il devait rester vivant pour être le professeur de Naruto, aussi se força-t-elle à rouvrir les paupières et à le regarder dans les yeux.

Lorsqu'elle parla, elle reconnut à peine sa voix.

- « Ça ne me suffit pas. »

Comment pouvait-elle faire confiance à quelqu'un qui n'aurait aucun remord à l'abandonner pour aller en protéger une autre, même à cause d'une vieille promesse ?

- « Tu as fait ton choix, Hatake. Au revoir. »

En priant de toutes ses force pour qu'il change d'avis et la retienne, elle ferma doucement la porte. Mais rien ne vint, et la poignée émit un petit cliquetis. Hime se positionna dos contre le bois dur, et se laissa glisser au sol.

L'appartement lui parut soudain trop grand, trop sombre, trop silencieux. Elle était seule.

Comme toujours.