Et si…(leur rencontre s'était passée autrement)
Approfondir les relations : chapitre 8/18
Harry se tenait aux côtés de Ron et regardait, avec appréhension, tout comme le reste de la classe, une armoire qui semblait être hantée. Le professeur Lupin qui se tenait initialement derrière tous ses élèves, revint devant la classe, tout en parlant.
- Quelqu'un se risquerait-il à me dire ce qu'il y a dans cette armoire ?
- C'est un épouventard, Monsieur !
- Très bien, M. Thomas. Et qui peut me dire quelle apparence ont les épouventards ?
- Personne ne le sait, répondit Hermione tandis que Ron et Harry échangeaient un regard pour savoir si l'autre avait vu leur amie arriver. Les épouventards prennent la forme de ce qui nous effraie le plus. C'est pour cela qu'ils sont si…
- Si effrayant… oui, oui, oui…
Hermione se tut et le reste de la classe reporta son attention sur le Professeur Lupin, attendant les explications qui allaient assurément venir.
- Pourtant, un simple sort suffit à le rendre inoffensif. Sans baguette, s'il vous plaît. Répétez après-moi : Riddikulus.
- Riddikulus !
- Plus fort et plus distinctement maintenant : Riddikulus !
- Riddikulus !
- C'est son cours qui est riddikulus, marmonna Drago, de manière à ce que seule ses deux acolytes ne l'entendent.
Le professeur Lupin reprit la parole.
- Mais la formule elle-seule ne suffit pas. Ce qu'il faut pour se débarrassé d'un épouventard, c'est le rire. Il faut l'obliger à prendre une forme qui vous amuse. On va essayer maintenant… Venez, Neville…
Le jeune homme s'avança d'un pas mal assuré et s'arrêta devant son professeur, qui le regardait avec un sourire bienveillant.
- Neville, qu'est-ce qui vous effraie le plus ?
- Le Professeur Rogue, murmura-t-il si doucement que personne ne l'entendit.
- Je vous demande pardon ?
- Le Professeur Rogue, répéta-t-il un peu plus fort.
Cela causa le rire de plusieurs personnes dans la classe et même le Professeur Lupin semblait plutôt amusé, mais il essaya de ne pas trop le montrer.
- Le professeur Rogue ?! il fait peur à tout le monde…
La deuxième partie avait seulement été murmurée entre ses dents et personne ne l'avait entendue. Personne sauf Harry qui observait les moindres mouvements et paroles de son nouveau professeur. Il était sûr que Sirius lui poserait plein de question à son sujet car, à en juger par ce qu'il avait entendu pendant l'été, son parrain portait vraiment une grande estime envers Rémus et il lui manquait énormément.
- Je crois savoir que vous habiter chez votre grand-mère, Neville ?
- Oui, c'est vrai, mais je ne veux pas que l'épouventard prenne sa forme.
- Non, non bien sûr que non… répondit vivement le professeur qui ne voulait pas du tout dire cela. Je voudrais que vous visualisiez ses vêtements, seulement ses vêtements. Est-ce que vous y arrivez ?
- Oui… elle porte un sac à main rouge…
- Non, non, non ! ne nous dites rien ! si vous voyez le sac, nous le verrons aussi…
Le Professeur Lupin se déplaça pour se retrouver derrière Neville.
- Voilà ce que nous allons faire. Essayez de visualiser le professeur Rogue dans les vêtements de votre grand-mère, lui murmura-t-il à l'oreille. Vous pouvez faire cela ? Oui ? parfais !
Et ce fut comme cela que le cours commença réellement. Le professeur Lupin leur fit affronter un par un l'épouventard mais, quand vint le tour de Harry, il lui sembla que l'épouventard se transformait en un détraqueur.
Le professeur ne faisait pas grand chose mais quand il vit qui était devant l'épouventard, il prit peur et s'interposa, à la grande surprise de son élève. Celui-ci vit que l'épouventard avait pris la forme d'une pleine lune qui apparaissait derrière les nuages. Il comprenait pourquoi mais doutait sérieusement que d'autres personnes ne le puissent.
- Le cours est termin ! annonça le professeur après avoir transformer la lune en ballon qui finit par se retrouver dans l'armoire. Il ne faut pas abuser des bonnes choses ! Bonne journée à tous.
Harry était encore choqué par la réaction de son professeur et resta encore quelques secondes à observer l'armoire avant de finalement partir lui aussi.
Harry regardait les élèves partirent pour Pré-au-Lard et fit de grand signe à Ron et Hermione. Il leur avait dit qu'il n'avait pas réussi à convaincre le professeur MacGonagall de le laisser aller au village avec eux, mais en fait il n'avait même pas demandé. Il avait son autorisation signée, mais il ne pouvait pas la lui remettre comme cela, pas avec la signature qu'il y avait dessus. Il fallait qu'il parle à Dumbledore et, compte tenu qu'il était en ce moment même, avec plusieurs autres professeurs, donc Rogue, Lupin et MacGonagall, dans la Grande Salle, il savait que cela n'allait pas être triste.
Il prit tout de même son courage à deux mains et, repensant au petit discours qu'il avait préparé, entra dans la salle. Ses professeurs se retournèrent vers lui et il y eut plusieurs froncement de sourcils quand ils remarquèrent qu'il se dirigeait vers le Directeur. Celui-ci eut, par ailleurs, un sourire chaleureux à son attention.
- Et bien Harry ! Tu n'es pas à Pré-au-Lard avec tes amis ? demanda-t-il.
Harry se demanda brièvement comment est-ce que Dumbledore pouvait ne pas être au courant du fait qu'il n'avait pas donner son autorisation, mais se reprit bien vite.
- En réalité, Professeur, c'est de cela dont je voulais vous parler…
Il n'eut pas le temps de continuer que sa directrice de maison l'interrompit.
- Potter, si vous n'avez pas l'autorisation, vous ne pouvez pas aller à Pré-au-Lard.
- Mais j'ai l'autorisation ! s'exclama Harry.
- Alors pourrait-on savoir pourquoi est-ce que vous ne l'avez pas donner en même temps que tout le monde Monsieur Potter ? demanda Rogue sur un ton cassant.
Harry respira à fond avant de répondre.
- Parce que ça aurait été très loin d'être une bonne idée. Comme je le disais… un tuteur légal m'a signé l'autorisation, seulement…
Il laissa le dernier mot en suspend et se mordit la lèvre en tendant l'autorisation au Professeur Dumbledore. C'était maintenant qu'il allait voir le résultat de la scène qu'il avait répété. Merci Ginny, de l'avoir aidé en jouant le rôle de leur directeur, alors qu'ils étaient seuls, tous les deux, dans la salle commune.
Le vieil homme prit l'autorisation avec un froncement de sourcil, qui renforçait son expression étonnée. Il se demandait ce qu'avait Harry, du moins jusqu'à ce que ses yeux se posent sur la signature en bas de la feuille.
Harry regardait attentivement le visage de Dumbledore et vit que celui-ci perdait de ses couleurs. Il pria mentalement pour ce qu'avait dit Sirius sur le ton de la plaisanterie ne se passe pas en réalité. Il ne voulait tout de même pas lui donner une attaque cardiaque. Harry déglutit lorsqu'il entendit la respiration de l'homme se faire plus profonde et vit, du coin de l'œil, que les autres professeurs avaient l'air tout aussi inquiet.
- Professeur Dumbledore ? appela-t-il finalement. Est-ce que ça va ?
- Harry… commença très lentement le directeur. Est-ce que tu pourrais me dire quand est-ce que tu as… que tu as rencontré Sirius Black ?
Il y eut des hoquets de surprise partout autour d'eux et Harry lutta pour ne pas regarder les têtes de ses professeurs à présent. Il avait clairement entendu que quelqu'un recrachait la boisson qu'il avait dans la bouche et vu l'importance qu'avait cette conversation, ce n'était sûrement pas le bon moment pour éclater de rire.
- Pendant les vacances… mais Professeur, je vous jure, je ne savais pas qu'il s'était évadé de prison ! Je n'avais absolument aucun moyen de le savoir, sinon croyez-moi, je ne me serais pas amusé à lui tenir compagnie !
Harry avait, pour l'occasion, commencé à parler très vite, si vite que ceux qui regardait pouvait croire que cela devenait presque de l'hystérie. Mais c'était ce qu'il voulait faire croire. Il fallait vraiment que tout le monde pense qu'il était vraiment innocent à propos de toute cette affaire et c'était encore le meilleur moyen qu'il avait trouvé.
- Calme-toi, Harry, calme-toi ! Je suis sûr que tu n'aurais pas intentionnellement été sympathisé avec un meurtrier. Seulement, j'espère que tu comprendras que je me dois de te poser quelques questions ?
- Bien sûr, professeur.
Il s'y attendait. Comment est-ce que Dumbledore aurait pu le laisser aller sans lui demander des explications sur ses rencontres avec Sirius. Il dut lui raconter leur rencontre, et ce qu'ils avaient fait ensemble et Harry essayait de mentir le moins possible, tout en ne révéler rien qui put mettre en danger Sirius. Pendant qu'il racontait son histoire, le jeune homme essaya de regarder le nouveau professeur de défense et voir ce qu'il pensait de tout cela, mais son expression était totalement indéchiffrable. Bien sûr, Harry dut révéler que Sirius avait résidé à Grimmauld Place.
- Bien Harry, merci de t'être montré aussi sincère, remercia Dumbledore si gentiment que cela mis vraiment le jeune étudiant mal à l'aise. Quoi qu'il en soit, bien que Sirius Black soit un criminel, il reste tout de même ton parrain et si tu veux vraiment aller à Pré-au-Lard, je n'ai aucunement le pouvoir de t'en empêcher. Mais il faudra juste que tu sois très prudent.
Harry hocha la tête, remercia son directeur puis partit, laissant les autres professeurs songeurs et inquiets. Il avait pris soin de ne pas les regarder pour ne pas voir quel jugement il portait sur son parrain, il aurait pu faire quelque chose qu'il aurait regretté par la suite.
- Professeur, est-ce que je pourrais vous demander quelque chose ? questionna Harry lorsqu'il fut sur le pont avec Rémus Lupin.
- Vous voulez savoir pourquoi je ne vous ai pas laissé affronter l'épouventard ? Je pensais que c'était plutôt clair. Je suppose qu'il aurait pris la forme de Lord Voldemort.
- C'est vrai que j'ai tout d'abord pensé à Voldemort, révéla Harry, mais ensuite je me suis souvenu de cette nuit, dans le train et du détraqueur.
- Je dois avoué que je suis impressionné Harry, avoua-t-il en regardant son élève qui fronça les sourcils. Ce dont vous avez le plus peur, c'est la peur elle-même. C'est la preuve d'une grande sagesse.
Ils restèrent quelques secondes sans rien dire puis Harry reprit la parole.
- Vous savez, cette nuit-là, j'en entendu quelque chose. Quelqu'un. C'était une femme, elle criait. Je pense que c'était ma mère.
Le professeur eut un air étrange, las, réfléchissant à ce qu'il devait dire au jeune homme devant lui. C'était un sujet délicat.
- Vous savez Harry, la première fois que je vous ai vu, je vous ai tout de suite reconnu. Oh ! pas à votre cicatrice, s'empressa de rajouter son professeur en voyant le garçon lever les yeux au ciel. Mais à vos yeux. Vous avez les yeux de votre mère.
Harry dirigea son regard dans les yeux de son professeur. Celui-ci comprit qu'il voulait qu'il développe un peu plus.
- Oui, Harry, j'ai connu votre mère…
Et il lui parla de ses parents, de comment est-ce qu'ils étaient, des ressemblances qu'il y avait entre eux et Harry. Cela réchauffa le cœur du jeune homme de voir à quel point l'estime du professeur envers ses parents étaient haute. Puis, Lupin sembla se rappeler de quelque chose, quelque chose qu'avait dit Harry à bord du Poudlard Express.
- Moi aussi , j'aurais une question pour vous, Harry…
- Oui ?
- Ce que vous avez dit, dans le train, à propos d'entendre des voix. De quoi vouliez-vous parler ?
- Oh !
Le visage de Harry s'illumina d'un sourire. Pas vraiment au souvenir auquel il avait pensé en disant cela, car c'était loin d'être joyeux, mais plutôt de se rappeler qu'il avait dit cela devant son professeur. Il ne pouvait croire qu'il avait dit cela.
- L'année dernière… j'ai souvent entendu une voix que les autres n'entendaient pas. En fait, c'était la voix d'un basilic et c'est pour ça que j'étais le seul à l'entendre.
- Vous êtes fourchelangue ? s'exclama le Professeur.
Harry se contenta de sourire. Et il lui raconta en quelques mots toute l'histoire avec Ginny et Tom Jedusor. Il n'aurait normalement parlé à personne de cela, mais il savait très bien qu'il pouvait faire confiance au professeur Lupin.
- Hello Ginny ! s'exclama Harry en rentrant dans la salle commune des Griffondors, où se trouvait la jeune fille.
- Harry ! comment ça c'est pass ? s'enquit-elle.
Harry se dépêcha de tout lui raconter et la jeune rouquine se précipita dans ses bras, réellement heureuse pour lui. Il pourra alors aller visiter le village.
- Et au fait, ton entraînement animagus ? demanda-t-elle, se rappelant de ce que faisait Harry.
- Ça avance ! plutôt pas mal, même…
Harry regarda la jeune fille, elle avait l'air de vouloir lui demander quelque chose mais elle semblait ne pas oser. C'était étrange, il pensait pourtant qu'elle avait surmonté sa timidité envers lui. Mais tout à coup. Cela semblait lui reprendre.
- Gin ? Tu sais que tu me parler de tout ce que tu veux ?
- Pourquoi tu me dit cela ?
- Tu as l'air de vouloir me poser une question… fais-le juste.
- Très bien. Je voudrais que tu m'aide à devenir animagus !
- Quoi ???
Le jeune homme était réellement surpris. Bien sûr, il ne voyait aucun inconvénient à le faire, mais cela lui semblait étrange.
- Pourquoi est-ce que tu veux devenir animagus.
- Je ne sais pas… en fait, c'est juste que j'en ai envie. S'il e plaît Harry ! s'il te plaît !
Le jeune homme hocha la tête.
- D'accord, je vais… écrire à Sirius pour lui demander son sortilège d'accélération.
