(Il y a un peu de NC-17 à la fin de ce chapitre…)
Jour 33...
Cordélia se réveilla avec un énorme sourire et balança les couvertures, ne se souciant pas du tout de l'afflux d'air froid qui frappa son corps. Toutefois, elle se soucia de la piqûre soudaine dans le bas de son dos et elle siffla quand la peau autour de son tatouage la tira. Il l'avait prévenue à ce sujet et lui avait donné de la crème à appliquer sur la surface environnante, lui serinant de ne pas la mettre directement sur le tatouage.
La piqûre disparut aussi vite qu'elle était venue et elle fut à nouveau mademoiselle bonne humeur. Elle souleva sa blouse de pyjama et elle donna une petite secousse à son ventre, souriant comme une idiote quand la barre en acier répondit en se trémoussant. Deux minuscules petites étoiles pourpres lui chatouillèrent la peau et son sourire s'élargit quand elle leur donna une chiquenaude, regardant le bijou scintiller.
Angel avait voulu qu'elle mette les étoiles rouges, mais elle avait exigé les pourpres comme elles iraient bien avec les nuances de son tatouage. Il avait quand même eu ce qu'il voulait avec les joyaux. Elle aurait eu l'améthyste adéquate ou rien du tout. Non pas que ça la dérangeait d'avoir la vraie marchandise bien entendu, mais le tatouage et le piercing étaient gratuits. Si elle additionnait tout ce qu'il avait fait pour elle durant la semaine qui venait de s'écouler, y compris sa voiture et l'hamburger, il avait déboursé plus de 200 dollars pour elle.
Son père était le seul autre homme à dépenser autant d'argent pour elle en une semaine.
Cordélia fronça les sourcils alors qu'une bonne dose de culpabilité commençait à peser lourdement sur sa poitrine. Elle le trompait déjà, maintenant elle dépensait son argent. A quel point pouvait-elle être une horrible personne? Le pire dans tout cela était que Spike avait raison dans ce qu'il disait.
Tous bons sentiments qu'elle avait s'envolèrent par la fenêtre à la vitesse du Concorde jusqu'à ce qu'ils disparaissent en souffle par-delà un horizon lointain. Elle avait envie de le dire à Angel, mais comment réagirait-il? Elle soupçonnait que sa tête roulerait soit par terre, soit qu'elle serait joliment montée sur le mur de sa chambre. Les choses ne seraient pas si graves si ce fichu Cupidon l'avait laissée tranquille, mais ce n'était pas le cas et maintenant, elle tombait rapidement amoureuse de quelqu'un qui se retournerait contre elle à la minute où il découvrirait sa supercherie.
Si elle parvenait à le rendre vraiment, vraiment saoul avant d'avouer, la vision trouble pourrait être utile lorsqu'elle prendrait la fuite. Non pas qu'elle méritait d'échapper à son courroux, pas après l'avoir laisser dépenser autant d'argent pour elle et en le remerciant avec des mensonges.
Elle ne pouvait plus continuer de lui faire ça. Vampire maléfique et méprisable ou non, il ne méritait pas d'être traité de façon irrespectueuse par une prostituée voleuse d'argent et malhonnête, parce que c'était exactement ce qu'elle était. Une jeune femme menteuse, trompeuse et bonne à rien qui ne valait pas mieux qu'une putain moyenne. Non, décida-t-elle, elle n'était pas une putain. Pire que ça, elle était une poule mouillée parce qu'elle avait laissé Spike l'embarquer dans tout ça avec des menaces.
Cordélia savait qu'elle aurait dû aller directement voir Buffy ou Giles et les obliger à l'écouter, à ne pas les laisser l'envoyer balader avec moins qu'un geste de la main. Encore mieux, elle aurait dû le dire à Angel à la première occasion qu'elle avait eue. Bien sûr, il aurait probablement crier un peu, peut-être perdu son calme aussi, mais elle ne doutait pas de la personne qui s'en serait le moins bien sortie, et ce n'était pas elle.
Elle devait le lui dire et elle devait le lui dire très vite.
*~*~*~*~*
"Joli dessin, ce tatouage," dit Spike à travers un nuage de fumée, le sourire sur son visage s'élargissant tandis que Dru continuait de lui câliner et caresser les cheveux. "Je me demande comment tu l'as trouvé."
Angélus but le reste de son café et épingla le blond avec un regard tueur. "Bonne imagination," fut la brusque réponse. Il s'assit, jouant avec la tasse vide et se prenant à fixer le vide. Après avoir ramené Cordélia chez elle hier soir, il avait eu si fichtrement faim, il avait passé la nuit à aspirer quelques bons repas. Ca n'avait pas vraiment fait grand-chose pour rassasier son appétit car ces repas n'avaient pas été tout à fait comme il fallait.
Les yeux trop sombres, les cheveux trop courts, trop grande, mauvais groupe sanguin, sans mentionner l'absence de tatouage et de piercings au nombril.
Il jeta un œil à l'horloge murale. Ca disant huit heure et demi et il soupira. Elle avait école aujourd'hui, ce qui voulait dire qu'il allait s'ennuyer comme pas possible pendant que Spike et Dru remueraient le couteau dans la plaie.
Spike observa silencieusement l'expression lointaine de son grand-sire et garda son sourire suffisant pour lui, ne parlant que lorsqu'Angélus commença à tapoter ses doigts contre la tasse. "Quel est le plan aujourd'hui, alors? Ton morceau qui vient se promener ici pour une tasse de thé et une discussion tranquille?"
Le vampire plus âgé cligna lentement des yeux mais ne dit rien, préférant élaborer un plan. Il supposait qu'il pourrait toujours attendre qu'elle finisse l'école, ou il pourrait aller rôder dans les environ de Sunnydale High, à observer et attendre une occasion de l'arracher de là pour aller s'amuser. Ca n'avait vraiment pas d'importance ce qu'ils feraient, n'importe quoi serait mieux que de traîner ici.
"Oh c'est vrai," Spike se frappa le front, faisant semblant d'avoir oublié. "Elle a école. Est-ce que ça ne te met pas à bouts?" Il rit tout bas quand il ne reçut toujours aucune réponse.
Le bruit d'une voiture se garant à l'extérieur fit taire les deux vampires, mais ce fut Angélus qui réagit. Il était levé et avait ouvert la porte avant que Cordélia n'ait eu l'occasion de frapper. Elle lui tournait le dos, lui donnant une jolie vue de son excellent travail. Une pince pourpre retenait ses cheveux, ses chaussures étaient couleur prune et, la connaissant comme il la connaissait, il devina que ses sous-vêtements étaient d'une nuance pâle de lilas.
"Cordélia," salua-t-il et il recula de quelques pas avant que son ombre ne cache plus le soleil. "C'est une agréable surprise." Ses yeux clignèrent quand elle se retourna pour lui faire face, ses mains remplies par deux gros sacs noirs.
"Ca l'est certainement," La voix intéressée et suffisante de Spike fut ignorée. "Ce n'est pas souvent que la nourriture à emporter se livre toute seule."
"Ce n'est pas pour être grossier mais, tu entres?" Angélus fit un geste dramatique pour qu'elle entre, ses yeux ne quittant jamais les sacs.
"Oh, euh. Merci." Cordélia se déplaça sur le côté pour qu'il ait assez de place pour fermer la porte avant que la lumière n'entre. Elle sentit deux paires d'yeux sur elle, l'une étant d'un bleu brillant et l'autre d'un vert intense et hypnotique qui détenait une essence de folie. Elle déglutit et se rapprocha d'Angélus quand Dru fit traîner sa main le long de son cou d'une façon très suggestive.
La vampiresse ronronna, soutenant son regard tandis qu'elle se penchait pour murmurer quelque chose dans l'oreille de Spike. Elle gloussa de façon enfantine et se couvrit la bouche, mais pas assez vite pour que Cordélia ne voit pas la langue passer sur les lèvres.
Ok, c'était flippant. Cordélia secoua la tête et en vint directement à la raison pour laquelle elle était là. "Il faut qu'on parle." Elle n'allait pas laisser Spike l'intimider jusqu'au silence.
"A propos de quoi?" demanda Angélus.
Spike plissa les yeux lorsqu'un sens d'horreur commença à monter. "Une pouliche qui veut parler, ça ne peut vouloir qu'une chose, mon ami." Il commença à fredonner la marche nuptiale, au plus grand amusement de Dru.
Avec cela, elle jeta un œil au blond et comprit son message. Si elle racontait à Angel, là tout de suite et devant eux, ce qu'il se passait, elle doutait qu'elle le reverrait un jour. Si c'était le cas, ce serait probablement pour le regarder se préparer à la massacrer.
"La ferme, la Guimpe." Grogna à moitié Angélus, puis il retourna son attention sur une Cordélia toute rouge. "Alors parle," il sourit vilainement. "A moins qu'il n'ait raison."
"Quoi?" Cordélia le regarda et vit l'expression effrontée. "Non. Mon Dieu non!" Elle rit, sentant son visage devant encore plus rouge. "Non. Définitivement pas."
Elle chipota nerveusement avec le bord de sa blouse et essaya très fort de garder son courage, mais elle le sentit glisser quand ses yeux sombres lui demandèrent silencieusement si elle allait bien. "J'allais te demander si tu voulais, hum..."Pourquoi c'était si dur de lui demander de sortir avec elle, bordel? Elle n'avait jamais eu autant de difficulté auparavant. "Tu te souviens de ce remerciement que j'ai mentionné?"
"Un remerciement, hein? Tu entends ça, poussin?" Spike tapota le nez de Dru en un geste tendre et gagna un coup de langue sur la joue. "La Reine de Promo veut montrer sa gratitude à papa."
"Elle va montrer beaucoup de choses à papas," soupira-t-elle à moitié. "Comme un anneau de roses, mon Spike. Elles s'effondrent toutes."
Angélus souleva un sourcil devant la réaction de Cordélia face à la prédiction rêveuse de son enfant. "Elle a des visions," expliqua-t-il avec un sourire affecté. "Dru, chérie, viens voir Cordélia." Puis il se recula pour voir voler les étincelles.
Elle gela sur place lorsque la vampiresse glissa jusqu'à elle, n'ayant d'autre choix que de laisser Dru l'englober. "Salut?" Que pouvait-elle dire d'autre, bon sang? Des doigts en porcelaine lui touchèrent les cheveux, un nez s'approcha de sa joue et des lèvres effleurèrent pratiquement sa peau. La vampire lui caressa le cou du devant jusqu'à la nuque alors qu'elle marchait en un cercle lent et gracieux autour d'elle, et Cordélia tremblait visiblement lorsque Dru eut fini.
"Ooh, je l'aime bien. Jolie petite chose. Elle aime jouer avec des poupées et des soldats. Elle est sur la cuspide. Déchirée en deux. Elle empeste l'humanité, polluée par la tueuse." Siffla-t-elle et Cordélia se recula avec une expression perplexe sur le visage. Dru supplia son sire, "Enlève-lui? Rend-la douce."
Spike secoua la tête et se leva pour reculer Dru du morceau. "Allez viens maintenant, voilà une gentille fille. Laissons papa avec sa dame d'amour."
"Elle n'est pas bien, mon chaton." Dru lança un dernier regard à Cordélia alors qu'elle était menée jusqu'au divan.
"Evidemment qu'elle n'est pas bien," approuva le blond. "Elle est avec lui."
Angélus roula les yeux, faisant sauter sa tasse dans ses mains, puis il la lança fort sur la tête de Spike, où elle rebondit avec un fracas écoeurant. La mâchoire de Cordélia tomba par terre devant la quantité de jurons qui suivit alors qu'il collait une main sur la large coupure au-dessus de son sourcil. Elle n'avait jamais entendu la moitié des choses qu'il venait de dire, mais devinait qu'elles étaient censées être insultantes.
Dru gloussait alors qu'elle léchait le sang avec un doux ronronnement bas de plaisir.
"Tu parlais du remerciement?" demanda Angélus comme s'il n'avait rien fait. Le seul signe disant qu'il avait commis un acte de violence était le sourire d'autosatisfaction sur son visage.
"On se sent mieux?" demanda Cordélia, ne pouvant empêcher ses lèvres de se courber aux commissures. C'était assez amusant si vous vouliez son avis.
"En fait, oui."
"Contente de l'entendre..."
Ses mots furent interrompit par la forme troublée et volante de Spike devant ses yeux et ce qui lui parvint aux oreilles fut le craquement d'une colonne vertébrale contre un mur. Il lui fallut une seconde ou deux pour réaliser que Spike avait fait un plaquage à Angélus, et une autre seconde plus tard, elle réalisa qu'une guerre à l'échelle vampirique venait de commencer juste devant elle.
Un coup de poing puissant à la mâchoire fit tituber Spike en arrière, Cordélia poussa un cri aigu lorsqu'elle sauta sur le côté pour éviter l'éclaboussure de sang. Des yeux noisettes écarquillés n'eurent d'autres choix que de regarder Angélus recevoir un coup tout aussi costaud et elle sentit la douleur comme si c'était son visage de l'autre côté.
Elle eut à peine assez de temps pour virer Dru du chemin lorsque d'un coup de pied anormalement fort envoya valser Spike dans la direction de la vampiresse. Avec un peu d'espoir, cela mettrait un terme à la bagarre, mais malheureusement, ce ne fût pas le cas. Spike se releva aussi vite qu'il avait été mis à terre et manqua de peu de coincer la tête d'Angélus sous son bras.
"Oh mon Dieu!" hurla Cordélia, tirant Dru le plus loin possible d'eux. "Arrêtez!" cria-t-elle, mais sans résultat.
Angélus essaya de fracasser la tête de Spike contre un mur, mais le blond monta dessus en courant et utilisa le corps de son grand-sire pour effectuer un saut périlleux super cool, laissant donc Angélus se heurter au pauvre mur.
"Ouille," grimaça Cordélia quand elle vit le sang dégouliner de son nez.
La revanche fut pire. Angélus fit claquer sa paume haut et fort directement contre la poitrine de Spike, et elle était sûre qu'elle venait d'entendre un os craquer. "Fils de..." Haleta le plus jeune vampire avec agonie.
Son grand-sire se contenta de rire, mais il fut interrompu par un poing se connectant lourdement contre son menton, faisant claquer sa tête sur le côté. Seigneur, c'était tellement drôle. Le visage d'Angélus se changea et il se tourna vers Spike avec une sérieuse fureur brûlant dans les yeux.
Cordélia était sur le point d'essayer de les arrêter avant qu'ils ne saccagent totalement la maison, mais changea d'avis quand Angélus attrapa Spike par la gorge et l'envoya de l'autre côté de la pièce. Elle n'était pas entièrement sure de ce qui était le plus captivant. Tout ce qu'ils pouvaient endurer ou la puissance brute qu'ils exsudaient. C'était certain, un humain serait mort dans les trois secondes et elle était extrêmement contente de ne pas être la cible de leur colère.
Quand Spike se releva, son visage était également démoniaque. Il prit un moment pour dépoussiérer sa chemise avant de foncer dans son grand-sire à la vitesse de la lumière. Ils atterrirent lourdement sur le divan, cassant efficacement un côté, roulant par terre, l'obligeant à loucher par-dessus le meuble pour voir la suite.
Angélus avait une main sur le visage, pendant que Spike se faisait tirer l'oreille. C'aurait été amusant s'il n'y avait pas eu le sang et les ecchymoses marquant leur chair. Dieu seul savait dans quel était étaient leurs corps.
Tout l'endroit était une pagaille totale de morceaux de bois et de plâtre ici, de morceaux de vêtements et de sang là. En gros, tout ce qu'il restait était deux vampires en sang et battus, couchés côte à côte et haletant inutilement.
Bien sûr, Cordélia avait déjà vu des combats, mais c'était quand Buffy était là. Elle n'avait jamais vraiment vu une bagarre véritable entre deux vampires et elle ne savait absolument pas quoi faire. Devait-elle faire quelque chose pour aider ou rester là et ne rien faire, les laisser virer cela de leur système? Non pas qu'il leur en restait vu comme les choses se présentaient, mais on ne pouvait jamais vraiment être sure dans ces situations.
Elle ne savait pas non plus pourquoi, mais elle regarda Dru pour voir ce qu'elle allait faire, et fronça les sourcils quand elle vit que la vampiresse était recroquevillée dans un coin avec les mains pressées sur ses oreilles, chantant doucement. Pour une raison inconnue, ça l'a mis vraiment en rogne. A quel point, au juste, les hommes pouvaient-ils insensibles?
Cordélia laissa tomber ses sacs par terre et se dirigea d'un pas lourd jusqu'où ils étaient couchés, se fichant totalement de sa propre sécurité alors qu'elle se penchait et attrapait la paire par les oreilles. "Levez-vous," aboya-t-elle, les tirant vers le haut. "Toi par-là," Spike fut poussé dans un coin, "Et toi tu viens avec moi."
"Ca fait mal! Lâche-moi!"
"Tu vas entrer dans un monde de souffrance si tu ne fais pas ce que je te dis."
Le vampire plus âgé commença à rire en entendant son petit-fils se faire réprimander et reçu un enfoncement d'ongles pointus dans son oreille blessée. "Toi, tais-toi."
Cette fois, ce fut Spike qui rit et il reçut un rapide coup de pied dans le tibia. "Ow! Par l'enfer."
"Regardez-vous," hurla Cordélia avant qu'Angélus n'ait l'occasion de recommencer. "Vous êtes couvert d'ecchymoses et... de sang, et la pauvre Dru est terrifiée! Vos mères auraient honte de vous."
"C'est bien vrai," marmonna Spike, une ligne de rouge s'égouttant du coin de sa bouche. "Il a mangé la sienne."
Elle fit une pause pour réfléchir alors que son cerveau digérait cette tranche d'information. "Crois-moi quand je dis ça," Elle prit une respiration profonde et calmante. "Je m'en fiche. Plus rien, et je dis bien rien, ne me surprend."
Se défendant, "Ce n'était pas ma faute."
"Et je suppose que c'était un autre Spike qui est devenu un boulet de canon démoniaque?"
"Il a commencé," cracha Spike. "Il m'a jeté une tasse à la tête."
"Hé bien, duh," fut la réponse facile de Cordélia. "Mais ça ne veut pas dire que tu devais continuer. Maintenant. Je vais emmener Bash Street Angel, ici présent, à l'étage, pendant que tu restes assis ici pour réfléchir à ce que tu as fait. C'est compris?"
Elle souleva un sourcil, ne laissant pas tomber une seconde la voix moralisatrice. "J'attends." Son pied commença à taper le sol de façon impatiente. Environ une minute passa avant qu'elle n'ait le plaisir de regarder un vampire vieux d'un siècle remuer sur ses pieds comme un enfant et marmonner une réponse d'un ton maussade.
"Oui, maman."
"Je peux te faire confiance pour prendre soin de Dru?"
"Oui, maman."
"Bien. Angel, en haut maintenant." Cordélia ne s'embêta jamais à marcher doucement ni à lâcher sa prise sur l'oreille d'Angélus alors qu'elle l'obligeait à la suivre. La seule fois où elle s'arrêta fut pour ramasser ses sacs avant de l'emmener jusqu'à la longue série d'escaliers. Quelque par, à l'arrière de son esprit, se trouvait la raison pour laquelle elle était venue en premier lieu.
*~*~*~*~*
"Ote ta chemise et assied-toi," ordonna-t-elle et elle commença à ouvrir l'un des sacs.
Angélus fit ce qu'on lui dit mais avec une grande difficulté alors que son corps ressentait une énorme quantité de douleur. Malheureusement pour lui, ses grognements de souffrance furent plus ou moins ignorer pour la plus grande partie et il fut obligé de regarder divers articles atterrirent sur son lit. Des crèmes, des paquets de mouchoirs et ce qui ressemblait à un équipement de torture décente. Des ciseaux étrangement formés, de fins bâtonnets de bois pointus, un truc blanc en plastique avec un bouchon orange, des disques en coton et une longue chose vraiment bizarre avec un bout argenté.
Cordélia le regarda enfin et ses yeux s'écarquillèrent. Tout son torse était couvert d'horribles nuances de bleu et de mauve, et son visage n'était pas beaucoup mieux avec des tâches de rouge qui contrastaient avec sa peau pâle. "Oh mon Dieu!" Elle sentit sa détermination à punir lui glisser entre les doigts et, autant qu'elle pouvait essayer, elle n'arrivait pas à rester fâchée contre lui, surtout pas quand il la regardait avec la meilleure paire d'yeux de chien battu qu'elle avait jamais vue.
Autant pour l'école, pensa-t-elle en ouvrant l'igname sauvage. "Ca va aider pour les ecchymoses," expliqua-t-elle d'une voix douce.
Angélus siffla et tressaillit quand la crème froide fut oh si soigneusement appliquée sur chacune des blessures avant que de petits doigts ravissants ne massent ses muscles douloureux. Son grognement commença à manquer d'agonie tandis que son torse se détendait un peu son ses douces caresses. "C'est quoi?"
"De l'igname sauvage. C'est génial pour les muscles douloureux et les bleus. C'est bien pratique après une partie enthousiaste de ballon-chasseur."
"Ca sent bon." Il ouvrit un oeil jaune à temps pour la voir réprimer un sourire. "Quoi?" demanda-t-il comme s'il ne le savait pas déjà.
Cordélia secoua la tête, se débarrassant de la crème au profit de lingettes antiseptiques. "Vous vous battez toujours comme ça?"
"D'habitude, c'est bien pire. Une fois, je lui ai enfoncé un pieu dans le..."
"Et c'est vraiment quelque chose que je n'ai pas besoin de savoir. Tourne la tête sur le côté." Il le fit, grimaçant quand elle tamponna l'antiseptique sur les coupures. "Désolée. J'essaye d'y aller doucement." Elle pouvait dire avec une totale honnêteté qu'elle ne voulait plus jamais voir Angel dans cet état. Plus elle pensait au combat, moins c'était amusant.
Angélus remarqua le changement dans son comportement. "Qu'est-ce qui se passe dans ta tête?"
"Rien, je suis juste dans mes pensées." Les lingettes antiseptiques furent reposées et elle sortit quelques disques de coton.
"Je te donne un sou pour que tu les partages."
"Je déteste te l'apprendre, mais je ne suis pas aussi bon marché."
Il souleva un sourcil. "D'accord. Tout un dollar et un dîner ce soir."
Cordélia fit une pause dans ses soins et lui lança un regard. "Tout un dollar et un diner? Tu sais vraiment comment faire sortir le bateau." Elle vit qu'il n'allait pas céder tant qu'elle ne dirait rien. "Très bien. Ne dis pas que tu n'étais pas prévenu. Je t'ai déjà vu dans des combats, pour et contre Buffy, même là tu te retenais, tu sais? Tu ne t'es jamais battu comme tu viens de le faire et ça m'a fait peur. Enfin, pas peur parce que j'étais en danger ni rien, mais peur parce que je me trompais sur toi."
Elle prit une profonde inspiration alors qu'elle essayait de remettre ses pensées en ordre. "Je n'ai jamais vu les conséquences que d'un côté, si tu comprends ça. Je ne savais même pas que les vampires pouvaient avoir des bleus, nom de Dieu! Je suppose que te voir saigner te rend plus..."
"Plus?" encouragea Angélus.
"Touchable," dit-elle après une seconde et elle détourna les yeux de son regard intense. "Plus réel, du genre, tu n'es pas à l'épreuve des balles. Tu peux être blessé et ça me fait peur." Ca lui faisait peur qu'il puisse mourir comme le reste du monde.
Il digéra ses mots et les aborda avec toute la subtilité convenant à un vampire. "A l'épreuve des balles, hein? Ce n'est pas rien et je ne peux pas dire que je ne suis pas flatté. Je suppose que tout ton sauvetage héroïque a fait quelque chose de bien après tout. Alors," il sourit et lui fit un clin d'oeil. "A quel point, exactement, suis-je touchable?"
Cordélia l'épingla avec un regard noir. "Assez touchable pour une mise à tabac si tu n'arrêtes pas de me taquiner."
"C'est la moitié de mon plaisir."
Ouais, et ne le savait-elle pas? "Essaye juste d'éviter les ennuis pendant un jour ou deux, le temps que ça cicatrice, ok?"
Angélus s'appuya sur ses mains et la regarda avec une expression critique et intense. Il y avait une lueur dans ses yeux qu'elle n'aimait vraiment pas. Il l'observa silencieusement alors qu'elle finissait de soigner des blessures qui étaient déjà à la première étape de la cicatrisation. "Dis-moi pour ce remerciement."
"Oh, ça. Je voulais voir si tu voulais qu'on sorte plus tard, c'est moi qui invite. Un bowling peut-être ou peu importe, en plus j'ai amené mes trucs pour te faire ces traitements."
"Si je n'en savait pas plus, je jurerais que tu es en train de craquer pour moi."
*~*~*~*~*
Cordélia eut l'impression d'être un lapin pris dans les phares d'un camion de dix tonnes. Elle ferma les yeux et se demanda si c'était un autre de ces fantasmes cinglés qu'elle avait récemment. Les rouvrir lui dit que non, ce n'était pas un fantasme et Angélus attendait une réponse avec un sourire arrogant et je-sais-tout sur le visage.
"Tu te fais autant d'illusions que tu es psychopathe," dit-elle, malgré l'évidence même du contraire. Si elle tombait amoureuse de lui, alors il serait la dernière personne à le savoir. "Reprends-toi, Angel. Craquer pour toi? Pff! Ouais, c'est ça."
Il ricana d'une façon qui lui donna envie de lui donner une claque. "Bien sûr que tu ne craques pas." Il y eut une pause. "Hey Cor?"
"Hum-hm?" Si elle se concentrait sur son équipement, elle n'aurait pas à le regarder.
"On a dormi ensemble l'autre soir."
"Je l'avais un peu compris toute seule, étant donné que tu as emprunté ma douche et tout ça." Quand elle eut le culot de le regarder, ce fut avec un sourire qui disait clairement peu importe.
Il y eut une autre pause. "Tu te blottissais."
Quoi? La poignée de choses qu'elle avait en main heurta le sol et sa tête se leva brusquement pour le regarder avec surprise. "Je ne l'ai tellement pas fait."
Angélus continua de sourire. "Ouais. J'ai été obligé de faire le 'câlin et roule'. Mince, tu ne peux pas t'agripper à moitié." Il n'avait fait aucune de ces choses, évidemment, mais elle n'était pas obligée de le savoir. Les câlins du petit matin avaient été agréables si vous vouliez son avis. Avoir une femme canon enroulée autour de soi était un fantasme d'homme devenu réalité.
Cordélia lança un regard noir. S'agripper, ses fesses. "Tu donnes l'impression que je suis une sorte de..." Elle agita les mains en cherchant un terme approprié. "Calîneuse en série ou quelque chose comme ça."
Il rit au point que ses côtes défoncées lui firent mal et il toussa. "Ne sois pas trop dure avec toi-même. Je veux dire, qui ne voudrait pas se blottir contre moi?" Il haussa les épaules avec désinvolture. "Puis il fallait s'y attendre puisque je suis le seul homme qui partage ton lit."
"Tu sais ça comment?"
"Tu es en train de me dire que tu as dormi avec un autre homme?" Cette fois, ce fut son comportement qui changea alors qu'il l'imaginait avec quelqu'un d'autre. Ces mains tenant un autre homme, ces jambes par-dessus les hanches d'un autre homme, sa joue contre le torse d'un autre homme. Il pouvait dire sans crainte qu'il n'aimait pas ça du tout. "Qui?" demanda Angélus, le ton de sa voix comme de la soie écorchée.
Cordélia remarqua sa position tendue et savait que ce n'était pas le moment de faire une blague à ses frais, mais elle ne put franchement pas s'en empêcher. "Fais attention, Angel. Tu commences à donner l'impression d'être un peu jaloux."
"Pas jaloux," avertit-il légèrement. "Il n'y a pas eu de sexe."
Elle fronça un peu les sourcils. Pourquoi était-il aussi irrité s'il n'était pas jaloux? "Pas de sexe," confirma-t-elle doucement. "Contrairement à la croyance populaire." Elle se secoua et termina de ranger la plupart de ses affaires. "Je dois aller à l'école..."
"Reste." Devant son regard, il fit remarquer, "Tu es déjà en retard, alors pourquoi ne pas la rater complètement et rester ici?" Il persuada avec un sourire facile. "Tu pourrais faire le remerciement que tu veux désespérément donner."
Cordélia mordilla pensivement sa lèvre et vérifia sa montre. Il avait raison. Elle était en retard et elle savait par expérience comment tout le monde la regarderait quand elle entrerait en classe. Et puis, elle avait de petites éclaboussures de sang sur sa blouse.
Angélus vit qu'il y était presque. "Allez. Sois plus amusante."
Ses épaules se balancèrent d'avant en arrière et sa bouche commença à s'étirer aux coins. Ca serait assez amusant de faire l'école buissonnière avec lui.
"Tu sais que tu en as envie." Il ne lui fallait plus qu'une petite incitation. "Je ferais à manger."
Pourquoi à chaque fois qu'il voulait qu'elle fasse quelque chose, il mentionnait de la nourriture? "Tu dois penser que je suis un porc," commenta-t-elle. "D'accord, je vais rester, mais tu vas devoir leur passer un coup de fil pour moi."
Angélus fit un grand sourire et tendit la main. "Téléphone."
*~*~*~*~*
Cordélia mordit son oreiller alors qu'elle était secouée par des rires. Des larmes coulaient le long de son visage, elle grogna et criailla quand respirer devint trop dur. Elle n'arrivait pas à croire le baratin qu'il racontait au Principal Snyder pour expliquer pourquoi elle n'était pas à l'école. Il s'en occupait depuis dix minutes et il ne semblait pas prêt d'avoir fini.
"Elle a dit que c'était la viande mystérieuse qui a causé l'intoxication," dit Angélus, sa voix basse et rauque, remplie de menaces. "Je vais m'assurer que l'école et ses cuisines soient examinées de façon approfondie par le ministère de la santé. S'ils trouvent ne serait-ce qu'une particule de poussière, que Dieu me vienne en aide, je vous crucifierai."
Oh mon Dieu! Qu'est-ce qu'elle ne donnerait pas pour voir l'expression sur le visage du Troll pendant qu'il se faisait remonter les bretelles par ce qu'il pensait être son père.
"Un accord, vous dites?"
Elle plaqua l'oreiller sur toute sa bouche pour empêcher que ses gloussements ne soient entendus. Un accord ? Le vampire avait du talent, c'était certain.
"Etes-vous en train de mettre un prix sur la santé de ma fille?" Il lui lança un regard et fit un clin d'oeil. "Cela rend cette excuse moins que satisfaisante."
"Combien?" dit silencieusement Cordélia lorsqu'elle osa ôter son bâillon.
Angélus roula ses yeux bruns devant sa réponse prévisible. "Non," grogna-t-il dans le téléphone. "Je ne me calmerais pas avant que sa maladie n'ait été justifiée."
Elle tira sur sa manche. "Combien?"
"Pas votre faute?" Gronda-t-il. "N'est-ce pas votre école, vos employés? Quand ma fille entre dans votre bâtiment, je m'attends entièrement à ce que votre personnel prenne soin d'elle." Il lui jeta un œil quand elle agita une main pour attirer son attention.
"Papa va donner de nouveaux ordinateurs pour les cours d'informatique," dit Cordélia tout bas. Juste un peu plus de munitions à utiliser contre la créature du lagon noir. "Et il accueille six stagiaires par an dans les étudiants en gestion."
"Vous voulez ces nouveaux ordinateurs, non? Bien, on arrive quelque part." Elle ne pouvait qu'imaginer comme le visage de Snyder devait être rouge à cet instant même. Le sourire Angélus s'élargit de plus en plus. "Je vois. Je vois que vous offrez une pauvre compensation monétaire pour couvrir la négligence de l'hygiène dans les locaux de l'école."
Elle observa un sourcil sombre se soulever. "C'est mieux," dit-il. "Il y aura tout de même une enquête mais, comment dirons-nous, un peu plus indulgente." Avec cela, il ferma le téléphone et soupira avec une pure satisfaction.
Cordélia attendit patiemment deux secondes entières pour qu'il lui explique le marché. "Hé bien? Qu'est-ce qu'il a dit?"
Angélus haussa les épaules. "Oh, rien, sauf un accord à l'amiable de deux milles dollar pour ton empoisonnement par la viande mystérieuse."
"Tu peux répéter?" Est-ce qu'il venait de dire deux milles dollar pour un accord à l'amiable? Il devait plaisanter, ce qui était marrant parce qu'il n'avait pas l'air de plaisanter. "Deux milles dollar de la part de Sunnydale High? Pour rien? Mon Dieu ce que j'aime l'Amérique."
"Et la meilleure partie?"
"Qu'est-ce qui est mieux que deux milles dollars?"
"Tu as toute une semaine de congés à passer avec papa." Son sourire fut totalement pervers et elle émit un bruit de dégoût.
"Dégoûtant," s'offusqua Cordélia, changeant de sujet avant qu'il ne puisse commencer sur la question. "Alors, une semaine entière en ta compagnie, hein? J'ai tellement de chance."
"Le sarcasme est la forme la plus basse de l'intelligence."
"Et la plus drôle." Elle sourit. "Très bien alors. Concentrons-nous sur mon remerciement. Il va me falloir quelques petites choses."
"Comme quoi?" demanda Angélus alors qu'il l'observait rouvrir l'un de ses sacs et commencer à sortir divers instruments.
"De l'eau chaude là-dedans..." Elle souleva une sorte de seau et un petit bol. "Un peignoir pour toi, et plusieurs serviettes, chaudes si possible."
"Ce que la dame désire," répondit-il, bien plus qu'un peu intrigué. Il la laissa préparer ses affaires pendant qu'il allait chercher ce qu'elle avait demandé, ignorant le regard trop curieux de Spike lorsqu'il passa à côté de lui sur le chemin jusqu'à son linge.
Lorsqu'il revint, sa chambre était remplie de toutes sortes d'arômes différentes, et elle sortait de sa salle de bain, séchant ses mains. Elle avait pris le temps de changer son haut, maintenant elle portait une blouse blanche avec une montre attachée à la poche au niveau de sa poitrine, tandis que ses cheveux avaient été attachés en un chignon désordonné.
"J'ai ce que tu as demandé, mais elles ne sont pas chaudes." Dit-il, se demandant pourquoi elle avait pris la peine de se changer, tout court.
"Pas grave," Cordélia balaya cela d'une main. Il était temps qu'elle devienne professionnelle. "Si tu veux bien te changer dans ta robe de chambre?"
Puisqu'il était déjà torse nu, Angélus ôta ses chaussures et défit sa ceinture, faisant effrontément glisser son pantalon le long de ses jambes jusqu'à ce qu'il l'envoit en un tas dans un coin. Il ricana quand elle se retourna rapidement en voyant qu'il ne portait pas de sous-vêtement. "J'ai vu le tien, ce n'est qu'équitable que tu puisses voir le mien."
Enfin, ce serait équitable si elle regardait, mais ce n'était pas le cas et il secoua la tête. Seigneur, elle était tellement prude.
"Tu peux te retourner maintenant," dit-il avec beaucoup d'amusement. "Où me veux-tu?" Il aimait les double sens. Ils faisaient tourner le monde.
"Hum, pourquoi pas ce fauteuil? Je vais commencer avec tes pieds et tes jambes, puis je travaillerais en montant pour que tu n'ais plus à bouger plus tard."
Angélus fit ce qu'on lui dit en s'asseyant, ses yeux ne quittant jamais Cordélia alors qu'elle allait mettre deux serviettes sur son épaule et qu'elle amenait le seau d'eau chaude près de lui. Une fois en place, elle sortit un objet ressemblant à une bourse noire du sac, puis vint s'agenouiller à ses pieds et, Seigneur, la position soumise fit immédiatement tendre ses testicules.
Elle testa la température de l'eau avec un doigt puis sortit une lime à ongle de la bourse. "Les ongles d'orteils devraient être coupés pour éviter les ongles incarnés," expliqua-t-elle avec un sourire. "Ca ne prendra pas longtemps."
A peine eut-elle fini avec sa jambe droite qu'elle la mit dans l'eau chaude et la laissa faire trempette pendant qu'elle travaillait sur son autre jambe, rendant chaque ongle propre et soigné. Angélus observait tout cela avec un amusement croissant. "Tu aimes vraiment faire ça aux gens?"
Cordélia lui fit un grand sourire. "La coupe de cheveux parfaite n'a pas de valeur si tes cheveux sont sales, tout comme une magnifique paire de sandales avec de la peau sèche." Elle fit une pause assez longue pour frissonner comiquement à la pensée. "C'est ça que je ne comprends pas avec Buffy. Je veux dire, elle a le temps de tuer un vampire ou deux, mais elle n'a pas le temps de découvrir les joies de l'hydratation. J'ai expliqué plein de fois à cette fille comment soigner ses cheveux, mais m'a-t-elle écoutée?"
Elle secoua la tête. "Non, parce qu'avoir l'air jolie est superficiel, et elle est tout sauf superficielle."
Il fronça les sourcils devant la façon dont elle se cacha de lui. "Ca t'a fait du mal, pas vrai?" Il n'y avait pas besoin de réponse. "Tu veux que je la tue pour toi?"
Il y avait assez de sincérité dans sa voix pour lui faire lever les yeux pour rencontrer son regard et ce qu'elle vit lui serra étroitement la poitrine autour des poumons. "Ne demande pas à quelqu'un de faire quelque chose que tu n'es pas prêt à faire." Une réponse intelligente, si vous vouliez son avis.
"Cordélia," Angélus sourit de sa petite façon charmante. "Tu n'aurais pas besoin de demander."
Oh, et est-ce que ça ne rendait pas tout ça très bien et parfait? "Pourquoi tu ne l'as pas fait? Je veux dire, tu as eu l'occasion de le faire l'année dernière." Elle reposa la lime à ongle et plaça son pied gauche dans l'eau chaude, les laissant tremper un moment pendant qu'elle prenait le long truc avec le bout en argent. "C'est une pierre ponce," expliqua-t-elle, "C'est conçu pour ôter les cellules de peau morte du pied."
Ca ne semblait pas très agréable, mais il la laissa quand même continuer. Après tout, c'était son cadeau. Elle sortit son pied droit et le tapota avec la douce serviette pour le faire sécher, puis elle plaça son talon sur son genou et sur un long morceau de mouchoir.
Elle fut amusée de le voir courber les orteils en réponse à la sensation de chatouille. "Ok," Angélus essaya de lui reprendre son pied. "Tu peux sauter cette partie. Je ne me souciais pas assez d'elle pour la tuer. C'était plus amusant de lui gâcher la vie. J'ai été lui donner des fleurs une fois."
La bouche de Cordélia se pinça en une ligne étroite. La jalouse rendait facile d'ignorer le fait qu'il était chatouilleux des pieds. Elle souleva du talc et un flacon d'huile de massage à l'amande. "Fais ton choix."
"Couvre-moi d'huile, chérie." Il supposait que c'était une bonne partie et agita ses orteils soignés en conséquence. Il s'attendait à un peu de massage, peut-être un peu de caresses sur ses orteils, mais pas à la sensation de ses doigts malaxant son mollet de la cheville au genou. Ses yeux se fermèrent et il grogna, bas dans sa gorge. Oh ouais c'était bon. Tellement, tellement bon.
"Tu lui a donné un dessin et des fleurs? Il me semble que tu te souciais bien d'elle." Elle le connaissait à la fois de réputation et personnellement et elle savait que sa façon d'accorder son affection, c'était de donner des cadeaux du genre macabre. Des fleurs et des dessins se classaient dans le macabre, hein? Qu'est-ce que Buffy avait fait pour mériter des fleurs et des dessins, bon sang?
Oh ouais. Buffy avait essayé de le tuer en retour.
Angélus ouvrit les yeux quand la pression sur ses jambes devint moins appréciable. Il était sur le point de le mentionner mais la teinte verte de sa peau l'arrêta, et il sourit d'un air suffisant. "Jalouse?"
Complètement. "Comme si!"
Il rit doucement et secoua la tête, laissant ses yeux se fermer une nouvelle fois.
Elle répéta les mouvements du massage à l'arrière de sa jambe, puis sur le devant. La pression augmentant alors qu'elle montait, et diminuant lorsqu'elle descendait, le rythme n'hésitant jamais. Ses muscles se détendaient sous ses caresses, sa tête roula en arrière alors qu'il succombait à l'un des luxes de la vie. C'était définitivement une chose à laquelle il pourrait s'habituer.
Angélus n'avait pas la moindre idée du temps passé avant qu'elle n'eut fini, et il ouvrit les yeux quand elle secoua ses membres endormis pour les réveiller. Exigeant, "Pourquoi tu as arrêté?"
Cordélia rayonna, ayant la réaction qu'elle avait cherchée. "Les bras maintenant."
"Tu peux sauter la partie sur le limage des ongles et aller direct au massage. Huile, s'il te plait." Il n'y avait rien de mieux qu'être direct.
Elle gloussa et rougit "Bien sûr." Le truc de pédicure fut poussé sur le côté, elle se mit entre ses genoux et commença à faire à ses bras ce qu'elle avait fait à ses jambes. Sauf que cette fois, il avait l'effet en plus de sa respiration chaude qui passait à travers son peignoir et sur son torse, rendant le tout si fichtrement érotique.
Angélus focalisa des yeux assombrissant sur la fille et sourit à la vue des dents blanches mordillant sa lèvre inférieure. Ses cuisses s'ouvrirent davantage, écartant un peu plus le peignoir et faisant se bloquer sa respiration dans sa gorge lorsqu'elle réalisa que tout ça l'excitait. Ses narines s'évasèrent. Seigneur, son corps répondait au sien et il ne l'avait pas encore touchée.
Elle était comme une fichue Geisha, assise là à prendre soin de lui, les cheveux relevés comme ça et la bouche légèrement ouverte.
Il observa ses mains glisser le long de son torse, ouvrant le peignoir pour pouvoir mieux toucher. Il sentit les ongles se traîner doucement plus bas jusqu'à ce qu'elle atteigne la base de son pénis, ses grands yeux de biche clignant vers lui. "Je peux, Angel?" demanda-t-elle, sa voix toute chuchotante et mignonne. "Je peux?"
"Ouais, tu peux."
Sa bouche douce ne perdit pas de temps pour le gober tout entier, sa langue jouant à l'enfer sur le bout, et une petite main chaude attrapa ses noix tandis qu'elle le suçait pour qu'il atteigne l'oubli.
Angélus grogna et souleva ses hanches en une bourrade, la forçant à prendre plus qu'elle ne pouvait, et il prit un grand plaisir en sentant son gémissement descendre sur son manche dur. "C'est ça, bébé. Suce-le bien. Ouais." Bordel, c'était si fichtrement sexy.
"Angel," souffla-t-elle autour de lui et il savait qu'elle mouillait sa culotte. La garce voulait probablement se faire bien sauter et il serait plus qu'heureux de lui donner satisfaction. Diable, elle l'aurait qu'elle le veuille ou non.
La sensation de lèvres sur son pénis était le paradis après une semaine de bonne conduite et il était déterminé à faire durer cela le plus longtemps possible. Il serra la base épaisse entre son pouce et son index, tout en ne dérangeant pas sa bouche habile. "Tu aimes me regarder le faire se lever, pas vrai? T'aimes me rendre beau et dur. Ca te fait mouiller ta culotte."
"Angel," dit-elle à un nouveau, et plus fort cette fois.
"Angel!"
Angélus ouvrit brusquement les yeux et le monde devint lentement clair, sa poitrine se levant et retombant lourdement. Il jeta un œil hébété à la jolie brunette, remarquant le vif rougeoiement de ses joues et le sourire timide sur son visage. Où est-ce que la pipe était partie?
Cordélia se mordit la lèvre, ne s'embêtant plus à être irrationnellement jalouse de Buffy et ses cadeaux. Elle venait d'avoir quelque chose de tellement mieux qu'un bouquet de fleurs et un dessin.
Tout de même, elle essaya d'être professionnelle, essaya d'ignorer son excitation durcie, mais n'y arriva pas. Son regard ne cessait de s'égarer par-là et à chaque fois, elle sentait une pulsation profondément en elle quand elle serrait fort. Pas besoin de voir son visage pour savoir qu'il pouvait la sentir. Ses ongles raclèrent sa peau, laissant des stries sur sa peau pâle et elle s'empara de ses bras. Elle avait envie de le voir, pas avec une serviette ni quoi que ce soit d'autre, mais vraiment le voir, lui.
Elle n'attendit pas qu'il parle. "Tu, euh, t'es endormi."
Quoi? Endormi? Il donna une sacrée bonne secousse à sa tête cinglée et prit une profonde respiration inutile, baissant les yeux sur sa taille et voyant la preuve solide d'un fantasme sacrément bon.
Il gloussa une seule réponse. "Et tu dis que je me fais des illusions."
Il n'y avait qu'une chose qui l'empêchait de ce faire ce qu'elle avait envie de faire, et c'était de ne pas laisser Spike avoir une victoire facile.
